Grèce du 20 septembre au 9 octobre 2005
Sommaire
Mardi 20 septembre
Athènes
Mercredi 21 septembre
Amorgos
Jeudi 22 septembre
Vendredi 23 septembre
Naxos
Folégandros
Samedi 24 septembre
Dimanche 25 septembre
Lundi 26 septembre
Santorin
Mardi 27 septembre
Mercredi 28 septembre
Jeudi 29 septembre
Athènes
Vendredi 30 septembre
Les Météores
Samedi 1er octobre
Dimanche 2 octobre
Lundi 3 octobre
Nauplie
Mardi 4 octobre
Epidore
Nauplie
Mercredi 5 octobre
Mycènes
Nauplie
Jeudi 6 octobre
Delphes
Vendredi 7 octobre
Samedi 8 octobre
Athènes
Dimanche 9 octobre
Index
Après notre voyage en Iran, mon amie Mathilde et moi avons convenu au printemps dernier de refaire un voyage ensemble. Après avoir envisagé d’aller en Australie nous sommes tombés d’accord pour la Grèce. Nous avons réservé nos billets chez Go voyages et j’ai obtenu une subvention du CE d’IBM pour Mathilde car j’avais déjà utilisé mon droit à subvention pour aller au Sri Lanka en juillet. Cela nous permet tout de même de voyager sur Air France pour moins de 300€ chacun ce qui est tout à fait raisonnable. Nous avons un peu tergiversé pour décider des dates car pour moi c’est la période du Fall Plan 2006 chez IBM et je ne savais pas vraiment à quel moment c’était politiquement correct de partir.
Après avoir longuement hésité à partir avec ou sans mon ordinateur, je finis par décider de l’emporter car j’ai quelques travaux de fond en attente et un voyage de plus de quinze jours devrait me permettre de les réaliser en espérant ne pas trop m’isoler et me couper de la découverte du pays. Je quitte donc la tour Descartes à 16h avec un taxi commandé auprès du service PAM et je me retrouve à Roissy vers 17h. Au comptoir de vente Air France je tombe sur un employé zélé qui tient absolument à compléter mon dossier sur l’ordinateur en y signalant que je suis aveugle et que j’ai besoin d’assistance alors que je persiste à lui demander de simplement m’accompagner au comptoir d’enregistrement. Il finit par m’y emmener et là j’enregistre ainsi que pour Mathilde. Comme elle n’est pas encore là, on m’installe derrière un des comptoirs non utilisé et je sors mon ordinateur en attendant. Plusieurs voyageurs viennent à mon comptoir pour me poser des questions et puis c’est Mathilde une charmante voyageuse qui arrive et qui va présenter son passeport et son sac à dos pour récupérer nos cartes d’embarquement.
Nous passons ensuite le contrôle de sécurité et cherchons à aller au salon business mais ici dans l’aérogare 2D il parait que le salon est en amont du contrôle de sécurité. Il nous faut donc ressortir pour y aller. Nous nous y installons et buvons plusieurs verres et grignotons quelques biscuits en attendant l’heure de notre vol. De là nous allons en salle d’embarquement où au comptoir je demande à être surclassé. Mais l’hôtesse me répond que le vol est complet et que ce n’est pas possible de nous surclasser. Puis nous embarquons. Il s’agit d’un Airbus A320 où pour une fois on a pas mal de place pour ses pieds. En fait au moment où arrive le repas nous réalisons qu’en fait nous avons été surclassés car le repas est soigné avec serviette en tissu, couverts métalliques et cuisine soignée. Effectivement l’employé à l’enregistrement avait été gentil avec moi et m’avait dit nous avoir surclassé mais il m’avait dit cela de façon tellement dégagée que je n’y avais pas vraiment cru. Ou plutôt j’avais cru qu’il nous avait fait passer d’une classe super touriste à une classe touriste normale ou quelque chose comme cela. Bref, nous profitons d’un bon diner et d’un bon Bordeaux qui m’aide à somnoler en attendant l’atterrissage. Mathilde est comme toujours un peu angoissée en avion mais elle a pris une petite pilule et semble bien supporter le vol y compris les légères turbulences que nous rencontrons peu avant l’arrivée.
Nous sommes à Athènes à 22h45 heure locale et il y a une heure de décalage avec Paris. Nous récupérons sans difficulté nos bagages et sur la suggestion de Mathilde nous embarquons dans un bus qui pour moins de 3€ chacun nous conduit au centre ville. De là nous allons à pied jusqu’à l’hôtel que Mathilde a réservé. Heureusement elle a un bon sens de l’orientation et malgré les rues peu fréquentées à cette heure tardive nous trouvons notre chemin et arrivons à l’hôtel dans une petite ruelle sombre.
Il s’agit du Dioskouros au 6 Pitakou street. Le patron qui nous attend nous propose une chambre à deux lits étroite mais propre avec toilettes et douche sur le palier. Après le temps de début d’automne que nous avons quitté à Paris, il fait étonnement chaud ici et le ventilateur qui tourne au plafond est bienvenu. Nous nous installons et nous couchons assez rapidement car il est déjà plus de minuit. Je sacrifie tout de même à mon rituel du lavage de dents et cela me permet de faire à Mathilde une démonstration de mon Victor avec le magazine Histoire auquel nous sommes tous les deux abonnés. Finalement on choisit de dormir sans le ventilateur et je ne mets pas de pyjama en me contentant d’un caleçon et d’un drap.
Je me réveille vers 8h et après avoir hésité entre réveiller Mathilde pour aller prendre le petit déjeuner avant 9h, heure limite où il est servi, ou bien tenter de me rendormir, je choisis la deuxième solution. Et j’ai la grande satisfaction de me rendormir encore une petite heure, ce qui confirme que mes problèmes de sommeil sont psychosomatiques car à peine en vacances je dors parfaitement. En tout cas je me réveille à 9h avec le sentiment si agréable d’avoir fait le plein de sommeil. E vais prendre une douche dans le cabinet de toilettes qui est sur le palier et est impeccablement propre. Puis le temps de m’habiller nous nous retrouvons prêts pour petit déjeuner vers 9h35 mais le patron annonce à Mathilde que c’est trop tard et au mieux nous pouvons prendre un café à la machine distributeur. Nous nous asseyons donc dans la salle à manger cuisine pour que Mathilde prenne un café. Il y a aussi trois jeunes voyageuses anglaises qui se sont aussi réveillées trop tard pour petit déjeuner et on été comme Mathilde confrontées à la rigidité du patron. Puis nous préparons nos affaires avant de confier les bagages au patron pour la journée. Il a tout un système d’étiquetage compliqué avant de ranger les bagages probablement pour éviter les confusions au moment où les clients récupèrent leurs valises. Il règne dans cet hôtel une odeur très agréable de laurier et il y a des arômes méditerranéennes.
Une fois dans la rue nous avisons un peu plus loin une cafeteria où nous nous asseyons en terrasse et commandons un jus d’orange et un croissant au chocolat. On voit arriver une orange pressée délicieuse et un énorme pain au chocolat très bon. Le temps est magnifique et on se sent déjà bien en vacances.
Puis nous marchons jusqu’à l’Acropole qui est toute proche. Grâce à ma canne blanche on
nous laisse entrer sur le site avec deux tickets gratuits. Au pied de la colline on s’assied et Mathilde nous lit le guide Bleu. Puis on va admirer d’abord le théâtre de Dionysos dont il reste une quinzaine de rangées de gradins mais qui pouvait accueillir jusqu’à 14000 spectateurs. On s’assied sur les gradins et on continue la lecture du guide. C’est émouvant de se dire qu’il y a 25 siècles se déclamaient ici les pièces et tragédies classiques d’Aristophane ou de Sophocle. De là on va admirer le théâtre de l’Odéon d’Hérode Athenica qui est tout proche
qui date de l’époque romaine et où se donne encore des spectacles. Il est entouré de grillages et on ne peut donc que l’admirer de loin.
Ensuite on monte et on franchit la porte qui mène dans l’enceinte proprement dite de l’Acropole qui constituait une forteresse sur un éperon rocheux de 3 hectares environ. On grimpe le long d’une des voies sacrées pavée de marbre qui était empruntée par les processions et par les taureaux destinés aux sacrifices. Le marbre est très usé et donc inégal et glissant. On voit d’abord les vestiges des propylées qui étaient des portes sacrées avec des colonnes et des
temples de part et d’autre. Puis il y a le Parthénon
où malheureusement on ne peut pas entrer car il y a de gros travaux de rénovation avec même une grue à l’intérieur. Le guide Bleu nous apprend que c’était le lieu où siégeait une statue monumentale d’Athéna la déesse protectrice de la ville et dans une seconde pièce on entassait le trésor d’Athènes ainsi que le tribut payé par les villes alliées et partenaires de la confédération grecques. Le Parthénon a lui tout seul fait près de 70 mètres de long. C’est Périclès qui domina Athènes entre 440 et 420 avant Jésus Christ qui a entrepris ces énormes travaux pour aménager ainsi l’Acropole. On voit un peu partout des bouts de colonnes monumentales en marbre qui laissent imaginer ce que cela devait être. Malheureusement le site a été de nombreuses fois pillé et transformé en forteresse militaires par les différents occupants francs, puis ottomans puis vénitiens et du coup il faut beaucoup d’imagination pour se rendre compte. A coté du Parthénon il y avait l’Erechthéion qui lui était vraiment le lieu
de culte où priaient les athéniens avec différentes chapelles selon les héros ou divinités auxquelles on s’adressait.
De là nous avons une vue magnifique sur Athènes qui s’étale à nos pieds un peu coincée entre une chaîne de collines et la mer. Ce coté cuvette doit expliquer pourquoi c’est une ville très polluée. En tout cas aujourd’hui la pollution ne se fait pas trop sentir et au contraire le ciel est clair et les arômes de pins et de lauriers sont présentes un peu partout. On va de là au musée de l’Acropole qui est sur le site et où sont regroupées des statues
ou fragments de frise qui ont pu être récupérés dans les fouilles. Une gardienne nous indique que je suis autorisé à toucher, grâce à quoi je peux me rendre compte à quel point les sculptures étaient fines et artistiques. Mathilde me fait en particulier toucher deux bustes de femmes où on peut distinguer sous les doigts non seulement le drapé de leurs vêtements mais aussi les cordelettes qui soutenaient leur poitrine et les agrafes qui refermaient le tissu sur l’épaule droite. La chevelure est aussi particulièrement fine avec les détails des boucles, des nattes et des boucles d’oreille. Je touche également des bas reliefs de guerriers ou de taureaux dévorés par des lions. Ce qui est triste c’est qu’il n’y a aucune statue intacte.
Puis on ressort de l’enceinte de l’Acropole. On prend le métro qui nous conduit au port du Pirée. Le métro est très moderne et il y a déjà trois lignes en service. Nous devons d’ailleurs changer de ligne avant de terminer au port.
Là on se renseigne pour les horaires de bateau pour aller dans les îles. Mathilde suggère que nous allions d’abord à la plus éloignée Amorgos. Il y a un peu partout des agences qui vendent des tickets de bateau. On en fait trois pour avoir des renseignements et pour les recouper car ils ne nous semblent pas d’une fiabilité extrême. On finit par admettre qu’aujourd’hui il y a deux bateaux qui partent pour Amorgos un premier qui quitte le Pirée à 16h pour arriver à Amorgos à 4h du matin et le second qui part à 17h30 pour y arriver à 1h du matin. Le second coûte un peu plus cher mais pas tellement plus que le premier. Nous hésitons car se pose le problème de savoir que faire une fois que nous serons à Amorgos au milieu de la nuit. Mathilde milite pour prendre le premier, tenter de dormir dessus sachant qu’il n’y a pas de couchettes en vente et puis une fois à Amorgos attendre tranquillement le lever du jour. On prend donc des billets dans la troisième agence où on obtient un demi-tarif pour moi aveugle et même après discussion téléphonique entre le vendeur et la compagnie maritime il nous fait même un demi-tarif pour Mathilde. On reprend le métro pour retourner chercher nos bagages à l’hôtel. Il est déjà 14h30 et comme il y a plus d’une demi-heure de métro nous n’avons pas trop de temps devant nous. A l’hôtel on récupère nos bagages et Mathilde échange quelques mots avec le patron qui est plus détendu tandis que je vais aux toilettes. Quand on repart il est déjà 15h30 et on réalise que cela va être difficile d’attraper le bateau de 16h. En effet on arrive au port à 15h55. On se hâte depuis la sortie du métro et Mathilde a beaucoup de mérite pour nous piloter sur des trottoirs étroits ou pour négocier des traversées de larges avenues. Car non seulement elle traine un aveugle mais en plus lui-même traine une valise à roulettes qui alourdit l’équipage. On finit par courir sur le quai pour arriver en vue de notre bateau au moment où il vient de larguer les amarres. Il est très ponctuel car il est à peine 16h03. Mathilde est très frustrée et énervée tandis que je suis plutôt décontracté car je n’ai pas le sentiment que nous ayons perdu inutilement du temps à part le fait d’avoir trainé tout à l’heure dans trois différentes agences nous n’aurions pas pu aller beaucoup plus vite. J’ai bien suggéré de prendre un taxi pour revenir de l’hôtel mais Mathilde m’a répondu que cela n’irait pas plus vite que le métro et il est probable que la circulation ne soit pas très fluide dans cette ville.
Toujours est-il que nous nous retrouvons sur le quai comme des idiots et nous retournons à l’agence de voyage pour tenter de nous faire rembourser nos billets qui nous ont tout de même coûté 20 € même après deux demi-tarifs. Mais le préposé refuse de nous rembourser. Du coup nous allons dans d’autres agences à la recherche si ce n’est d’un remboursement au moins d’autres billets à prix réduit. Pour cela il vaut mieux aller directement au bureau principale de la compagnie qui exploite le bateau de 17h30 qui n’est pas la même compagnie que pour le bateau de 16h. Au bureau de la compagnie on finit par acheter deux tickets dont un à demi tarif pour le bateau de 17h30 ce qui nous coûte 36€. On va ensuite dans un café restaurant du coin pour manger un morceau. Je commande un poisson grillé qui s’avère très bon tandis que Mathilde prend des aubergines.
Puis à 17h35 nous sommes sur le bateau. C’est un énorme ferry avec carrément des escaliers roulants à l’intérieur pour grimper sur les ponts supérieurs. On laisse nos bagages dans une salle consigne fermée à clé et on monte dans les étages. On se met sur une passerelle à l’extérieur car les salons intérieurs sont climatisés. On change d’endroit car le premier où nous nous sommes installés était trop éventé au goût de Mathilde et juste en dessous d’une enceinte qui diffuse des annonces trop bruyantes à mon goût. J’allume mon ordinateur et je commence à rédiger ces notes de voyages. Mais mes batteries doivent être un peu usées car elles s’épuisent rapidement, et je me mets à lire un document en Braille. Ensuite Mathilde revient avec des frites pour elle et une glace pour moi. Elle va changer ma glace qu’elle trouve toute fondue pour une plus dure. Puis on s’installe en chien de fusil sur deux chaises pour dormir un peu. Mais il commence à faire un peu frais et on profite d’une escale dans une île pour que Mathilde aille au local de la consigne et en rapporte son sac à dos avec une polaire qu’elle me prête. Enfin j’en ai marre de dormir en chien de fusil et je préfère rentrer m’installer à l’intérieur sur une banquette où Mathilde m’installe avant de ressortir car elle redoute la climatisation. Pour ma part je dors pas mal du tout j’ai juste un peu froid à mes jambes nues mais je coince mes pieds un peu dans les coussins de la banquette et cela me tient à peu près chaud.
On finit par arriver à 2h du matin au port de Katapola qui est la ville principale de l’île
d’Amorgos. Nous sommes tout un petit groupe de touristes et de grecs à descendre là. Il y a aussi des voitures et des camions qui débarquent du ferry. Sur le port bon surprise il y a plusieurs femmes qui attendaient l’arrivée du bateau pour proposer leurs chambres. L’une d’elles nous sabordent et nous propose une chambre qu’elle prétend être à moins d’une minute d’ici et elle propose la nuit pour deux pour 25€ ce qui nous semble tout à fait raisonnable et on la suit. Effectivement sa pension est toute proche et s’appelle la pension Amorgos. Elle n’a plus qu’une chambre avec un grand lit mais Mathilde,
qui n’a pas réussi à dormir sur le bateau, est trop fatiguée pour faire la difficile et moi cela m’est égal. Nous nous couchons donc rapidement vers 2h30 après que j’ai branché mon ordinateur et mon Victor pour qu’ils se rechargent.
Je me réveille vers 9h, je bouquine un peu en attendant que Mathilde se réveille. Puis après une rapide douche nous descendons petit déjeuner dans un café voisin. Nous croisons notre logeuse qui nous dit avoir une chambre à deux lits pour nous ce soir. Au café je prends un jus d’orange pressée, une omelette bacon, fromages et un pain au chocolat. Avant de remonter dans la pension nous allons faire un tour pour nous renseigner sur les horaires d’autocar pour aller visiter l’île et sur les horaires de bateau pour aller dans les autres îles. Après avoir obtenu les renseignements dans une petite agence de voyages nous rentrons dans la chambre déménager nos affaires dans celle qui a deux lits et qui est au premier étage avec un balcon et en fait de deuxième lit un sofa.
On ressort pour aller se balader. On va attendre l’autocar de 11h30 qui part d’un peu plus loin dans le village. L’île fait 30km de long sur 6 de large donc on pourrait en faire une bonne partie à pied mais on veut se ménager pour le premier jour. Il parait qu’il n’y a que 1850 habitants pour toute l’île. L’autocar nous emmène sur l’autre versant de l’île coté nord où se trouve en particulier un petit monastère accroché à la falaise. Le car nous laisse sur la route en contrebas et on grimpe dans un sentier pierreux plus escalier que chemin mais assez large. Arrivés au pied du monastère proprement dit la falaise est vraiment raide et on voit encore la trace du treuil qui devait permettre d’accéder au monastère à l’époque et qui devait le couper du monde en cas d’attaque. A l’entrée un pope veille et refuse de nous laisser entrer en bermudas. Mathilde s’est couverte les jambes de la serviette de plage que nous avions emportée et de son coupe vent et cela passe. Mais pour moi cela ne passe pas et heureusement le moine accepte de grimper dans une pièce au dessus et de m’en redescendre un grand jean. On peut donc commencer la visite. Le monastère est vraiment accroché à la paroi qui constitue souvent le mur du fond des pièces et celles sont étroites et peu nombreuses à chaque étage. On voit en fait peu de choses deux étages de chapelles où sont exposées des icônes et où il y a des stalles en bois sculpté et des ex votos qui sont accrochés autour des principales icônes. Il y a aussi de nombreux objets en argent ciselé ou gravé qi sont accrochés ou exposés dans des petites vitrines. Il parait qu’il n’y a plus que quatre moines qui vivent ici. On ne voit pas les parties privatives ni la bibliothèque qui était vantée par le guide Michelin. Tout en haut on débouche sur une terrasse qui domine la mer et d’où on a une vue magnifique avec la mer turquoise en dessous et le ciel bleu en dessus. La visite se termine par une pause dans un petit salon où un jeune homme nous apporte des loukoums, des verres d’eau fraiche et des petits verres de liqueur. Cela complète l’ambiance chaleureuse et sereine qui règne ici. Le plus étonnant et agréable c’est que les offrandes ne sont pas sollicitées en échange de cet accueil et comme je suis un peu gêné de ne rien laisser je fais même mine de chercher où je peux laisser un billet et le pope qui est à l’entrée refuse gentiment.
On redescend le long du sentier escalier qui est devenu tout calme avec plus aucun touriste alors qu’il y en avait quelques uns à l’aller. Le ciel s’est également un peu couvert. ON ressort du site du monastère et on continue sur la route pour aller jusqu’à une crique en contrebas où se termine la route et où parait il on peut se baigner. C’est le spot de baignade du coin au point que même l’autocar vient terminer sa course ici. C’est d’ailleurs étonnant qu’il y ait ici une belle route goudronnée qui ne dessert pratiquement rien si ce n’est cette petite crique perdue. Je ne serai pas étonné que ce soit le fruit d’un financement européen vu de Bruxelles le dossier expliquait probablement qu’il s’agissait de l’élargissement d’une route de montagne pour l’aménagement d’une plage de charme pour désenclaver l’île et en faire un complexe touristique.
On arrive dans une toute petite crique où il y a effectivement une dizaine de baigneurs répartis dans les rochers et galets. Il n’y a pas vraiment de plage et on doit se changer dans les rochers. Comme Mathilde me dit que la moitié est déjà nue je choisis de me baigner moi aussi nu et on plonge dans une eau agréable où on fait un petit tour pas trop long car il y a de nombreux rochers qui limitent mes ébats. Puis je reviens sur les rochers et Mathilde me passe mon maillot avant que je ne m’allonge pour une petite sieste sous un soleil voilé.
Au bout d’un moment on décide de quitter ce lieu de paix et on remonte sur la route pour monter jusqu’au village d’Haro qui est sur la crête entre la crique et le village principal de Katapola où se trouve le port. On dépasse une moto qui est en panne sur le bord de la route puis deux jeunes français nous dépassent à pied après s’être eux arrêtés pour tenter d’aider à réparer la moto. On arrive au bout d’une petite heure de marche au village qui est très mignon.
Le village d’haro est formé d’une série de petites maisons basses sans étage toutes blanches de chaux qui sont séparées par des ruelles piétonnes en escaliers. Il y a des lauriers et des fleurs un peu partout et de la verdure qui donne beaucoup de charme au village qui doit cependant être plutôt pauvre. En tout cas si on en juge par la nature plutôt aride qui règne autour avec surtout les rochers qui dominent et quelques buissons d’épineux qui forment toute la végétation. On se demande vraiment de quoi ils vivaient sur cette île avant que le tourisme et probablement la communauté européenne n’apporte sa manne économique. Dans une petite ruelle on s’installe à la terrasse d’un café où on commande une salade grecque pour Mathilde et un sandwich pour moi. On est au calme sous une pergola fleurie et le village est plus que calme il ne doit plus y avoir de nombreux habitants car même si c’est l’heure de la sieste c’est vraiment silencieux et désert.
Puis on reprend notre route. On termine la visite du village. L’église est malheureusement fermée. On revient sur la route qui redescend sur l’autre versant vers le port. Au bout d’un ou deux kilomètres une voiture qui nous dépasse s’arrête et le conducteur nous propose de monter. J’accepte volontiers car mes pieds nus commencent à frotter dans mes chaussures bateau et je ne voudrais pas m’écorcher dès le premier jour. Il s’agit d’un grec très gentil qui est né ici et qui ne se rappelle de ses cours de français que quelques bribes de chansonnettes. Il nous dépose à notre pension où nous nous installons pour nous reposer un peu. Mathilde fait une longue sieste tandis que j’écris ces lignes confortablement installé sur le balcon. J’ai à mes pieds tous les bruits de ce gros bourg, les vrombissements des automobiles et des nombreux cyclomoteurs mais aussi les exclamations joyeuses des touristes qui rentrent de leur randonnée ou les sirènes des bateaux qui rentrent dans la rade.
Puis on ressort d’abord pour acheter nos tickets de bateau pour demain matin. On a du mal à trouver l’agence qui peut nous les vendre. En fait le revendeur est un restaurateur qui tient un petit comptoir de ventes de billets que l’on finit par trouver dans une rue perpendiculaire au quai. Ce qui est étonnant c’est que nous avons demandé à plusieurs et que personne ne semble connaitre où on achète les tickets de bateau alors que c’est tout de même le moyen de transport essentiel. Comme Mathilde trouve que le restaurant est tout à fait typique et qu’elle est encline à y diner plutôt que de retourner sur le quai dans un des restaurants qui fait le plein de touristes, je tente d’amadouer le patron qui nous vend les tickets et qui semble prêt à refuser de nous faire un demi tarif pour aveugle en lui faisant miroiter que nous allons peut-être diner chez lui. Du coup il nous fait bien un ticket à 50%. On s’installe donc à une table en terrasse pour diner et on commande du poulpe c'est-à-dire de l’octopus qui est délicieux dans une petite sauce à la moutarde. Malheureusement il y a un véhicule à moteur qui passe dans la rue au moins toutes les deux minutes donc cela gâche un peu mon plaisir.
Après le diner nous marchons le long de la rade dans la direction où nous n’avons pas encore été. On passe devant plusieurs restaurants et bars pour touristes qui ne sont pas très remplis. Il y a notamment un restaurant où est projette chaque soir le film du grand Bleu qui a été en partie tourné sur l’île. Du coup cela donne un effet étonnant pour Mathilde qui voit tous les clients silencieux et tous tournés dans la même direction alors que de l’extérieur on ne voit pas l’écran et donc pas ce qu’ils regardent tous. Puis on rentre à l’hôtel pour se coucher. Je règle ma montre réveil vibrant à 5h35.
Mon sommeil est quelque peu agité et inégal mais ma montre vibre parfaitement à 5h35. Je prend une douche puis nous quittons l’hôtel et embarquons sur le ferry qui nous attend juste en face de la pension. Nous nous installons dans la cabine commune où il y a déjà plusieurs passagers allongés sur des banquettes. Il y a juste derrière nous un bar où un serveur prépare des cafés. Mathilde en boit un puis elle s’allonge sur la banquette à coté de moi tandis que j’écoute mon Victor et le magazine Histoire. Nous levons l’ancre à 6h. Lorsque mon victor tombe en panne de batterie j’allume mon ordinateur tandis que Mathilde se lève et va à l’air libre sur le pont. Je fais un peu d’ordinateur puis je rejoins Mathilde sur un banc au milieu de tous les passagers car le pont est bien plein. Nous papotons un peu en admirant le paysage des îles qui défilent sur le coté du bateau. On fait d’ailleurs escale de temps en temps pour débarquer ou embarquer quelques véhicules et quelques passagers. Je finis par redescendre dans la cabine pour rallumer mon ordinateur sur lequel je pianote jusqu’à notre arrivée.
On arrive peu après midi à Naxos qui est l’île la plus grande des Cyclades avec 420 kilomètres carrés alors qu’Amorgos n’en comptait qu’environ 120. Tout de suite on sent que c’est plus grand et plus animé. Le port est rempli de bateaux et sur les quais il y a de nombreux bars et restaurants plutôt animés. On va se renseigner sur les horaires de bateau pour l’une des îles où nous compter aller ensuite et on achète deux places sur un bateau qui part de Naxos à 17h40 pour l’île de F.
Cela nous laisse quelques heures pour visiter les environs. Nous laissons nos bagages dans l’agence qui nous a vendu les tickets de bateau et nous partons à la découverte de la ville à l’intérieur des terres. Très vite on se retrouve dans un dédale de ruelles qui fait penser à un souk qui doivent être très animées le matin mais maintenant c’est l’heure du déjeuner et c’est plutôt désert. On cherche un restaurant car nous n’avons pas petit déjeuner mais en vain nous avons beau arpenter les ruelles on ne trouve que des restaurants fermés. En tout cas c’est très typique et il y a des maisons toutes blanches de chaux mais aussi quelques maisons coloniales vestiges de l’occupation vénitienne de l’île. Car lorsque Constantinople est tombée aux mains des Ottomans les francs, les vénitiens et les génois se sont partagés les restes de l’Empire byzantin restés indépendants et l’île de Naxos est revenu à un duc vénitien. Les ottomans n’ont conquis l’île que 150 ans après à la fin du 16ème siècle. A défaut de trouver une gargote typique nous devons nous résigner à revenir vers le bord de mer et à nous installer à la terrasse d’une crêperie pour touristes. Je commande un club sandwich tandis que Mathilde prend une crêpe. Puis en guise de dessert nous prenons un cornet de glace chez un glacier voisin.
Après le déjeuner nous repartons à la découverte de la vieille ville et grimpons à nouveau dans les petites ruelles où ne peuvent circuler que des cyclomoteurs et encore dans les principales qui n’ont pas trop de marches. On arrive à une église catholique qui est un peu en haut d’une colline et qui est très simple avec des gros piliers et une nef presque carrée. Plusieurs fois on tombe sur des ruelles en cul de sac et on doit rebrousser chemin. Les maisons sont souvent fleuries et c’est plutôt agréable de se balader ainsi.
Ensuite nous retournons sur le port et allons un peu à l’écart sur une jetée où l’eau est très claire et où on peut se baigner. Il y a d’ailleurs déjà plusieurs baigneurs. Mathilde retourne prend nos maillots dans nos bagages et nous profitons de cette eau calme et agréable. Puis je fais une petite sieste sur le parapet avant de me rebaigner et de me rhabiller. De là on va à la terrasse d’un café boire un Coca en attendant l’heure du bateau.
Un peu avant l’heure on se met dans une file d’attente grillagée en fonction du bateau que l’on attend et peu après notre ferry arrive sur lequel nous embarquons. On monte sur le pont tout en haut qui est avec un plancher de bois sur lequel on s’assied par terre car la partie équipée de bancs est proche des moteurs donc bruyante et on préfère aller se mettre à l’arrière plus au calme. Le bateau quitte le port de Naxos et longe l’autre grande île de Paros. Le soleil se couche et le jour décline peu à peu. Et peu à peu les îles défilent dans le lointain. On s’arrête dans quelques ports. Les escales sont toujours très brèves et les manœuvres exécutées avec dextérité pour amener le ferry en marche arrière jusqu’au quai avec la passerelle par où descendent les véhicules déjà presque complètement baissée à l’approche et qui termine de se baisser qu’une fois le bateau amarré. Toutes ces opérations fascinent Mathilde qui vient même me chercher dans la cabine où je suis rentré pour me faire remonter admirer l’une d’elles.
Vers 21h on arrive sur l’île de Folégandros. Il n’y a pas de comité d’accueil avec des logeuses pour nous proposer une chambre mais un car qui peut nous conduire depuis le port là et qui nous conduit ainsi que d’autres passagers jusqu’au village principal d’Hora qui est perché en haut d’une falaise de l’autre coté d’une ligne de Crète qui fait plus ou moins toute la longueur de l’île. L’île fait 30 kilomètres carrés donc est nettement plus petite que les deux autres que nous avons déjà vus. Il y a environ 600 habitants. A l’arrivée du car dans le village il y a cette fois ci le comité d’accueil et nous suivons une femme qui nous propose une chambre pour deux pour 25€. Sa maison est juste sur la place et la chambre est petite mais aussi propre et blanche que les autres.
On pose nos affaires et on ressort pour diner. Il y a plusieurs petites placettes dans le village qui est constitué de petites maisons côte à côte et il y a de nombreux cafés ou restaurants qui accueillent des touristes. On s’assied sur une terrasse et on commande un plat de poulet aux pâtes et à la sauce tomate qui est paraît-il une des spécialités locales et qui s’avère très bon. Il fait un peu frais et je suis content d’avoir pris mon gilet. Puis on rentre se coucher.
Je me réveille vers 9h avant Mathilde et je fais attention à ne pas la réveiller car elle était en petite forme hier et il faut probablement qu’elle récupère. J’en profite pour écouter une nouvelle cassette de mon livre sur la mythologie grecque. Puis vers 10h Mathilde se réveille et je vais prendre une longue douche pour me raser et me laver les cheveux.
Il se met à pleuvoir et on attend tranquillement dans notre chambre que cela se calme. Ensuite nous ressortons pour petit déjeuner. Nous avisons une terrasse fleurie où nous nous installons et où je commande une omelette jambon fromages et une salade de fruits qui s’avèrera excellente. De retour à notre chambre la logeuse nous dit qu’il y a un car qui part dans 45 minutes pour aller à la plage où nous apprêtions à aller à pied. Nous attendons donc le départ du car en rangeant nos affaires. J’ai tenté de demander à la logeuse comment je pouvais faire de la lessive mais elle ne semble pas encline à rendre ce type de service et c’est Mathilde qui gentiment entreprend de me laver deux chemises.
Le car arrive et nous emmène sur la route de crêtes deux ou trois kilomètres plus loin sur l’île. De là on descend le long d’une route cimentée jusqu’à la mer. On s’installe sur une plage de sable un peu grossier mais chaud et agréable. L’eau est délicieuse. Puis on bronze sur la plage. Mathilde et moi entreprenons en parallèle la lecture du livre Da Vinci code. Mathilde lit le livre en français tandis que j’écoute des CD en anglais. Cela me permet de temps en temps de l’interrompre pour me lire un passage en français que je n’ai pas bien compris en anglais.
On passe ainsi un long moment en se baignant plusieurs fois et en enchainant les chapitres de nos livres respectifs. Mais le ciel s’assombrit et la pluie menace à nouveau. On va du coup dans un petit bar dans le hameau qui est au bord de la plage. On y boit un Coca cola pendant que la pluie tombe. Puis l’averse cesse et on décide de rentrer à pied ou au moins de remonter sur la Crète pour y attendre le car. Mais au moment d’amorcer l’ascension un touriste qui attend là nous explique que le car descend jusque là et qu’il suffit de l’attendre ici, il ne devrait pas tarder étant prévu à 17h30. Nous ne nous faisons pas prier et renonçons à notre grimpette pédestre.
On passe à la chambre pour que Mathilde se change et puis on ressort pour grimper au sommet de l’île un peu à l’extérieur du village où se trouve une chapelle avec un campanile qui étaient parait il au milieu d’un ancien couvent. En tout cas de là la vue est imprenable avec cette île qui s’étire en longueur et la mer en contrebas de part et d’autre de la ligne de crêtes médiane. On admire les carrés de murets de pierre peints en blanc qui délimitait les parcelles de culture en terrasse mais on se demande ce qu’ils pouvaient cultiver là car on ne voit plus de trace de culture et la végétation est vraiment sèche.
De retour dans le village nous y faisons une longue promenade dans les minuscules ruelles qui serpentent entre les petites maisons blanches peintes à la chaud. On visite en particulier le Castro c'est-à-dire un quartier qui était plus ou moins fortifié pour résister aux éventuelles attaques de pirates avec ses maisons qui sont côte à côte tournant le dos à la falaise sans fenêtre coté mer et qui formait ainsi un rempart dissuasif. La plupart des maisons semble encore habitées mais on voit relativement peu de commerces. On se demande vraiment de quoi ils vivaient ici avant que le tourisme ne constitue la principale ressource. J’ai tout de même l’impression qu’il y a beaucoup de maisons pour un village d’au plus 650 habitants surtout qu’elles semblent à peu près toutes habitées. En tout cas on choisit un petit bistrot typique le Criticos où il y a quelques vieux grecs en train de siroter leur apéritif et on
s’installe pour commander à diner. Je commande une salade grecque et Mathilde prend de la feta grillée qui est très bonne ainsi que du mouton grillé à la broche.
Ensuite on rentre dans notre pension et je rédige ces notes ainsi que des notes sur le livre de la mythologie grecque que je termine. On se prépare à se coucher et on lit le Da Vinci code toujours en parallèle. Mathilde accélère sa lecture et prend de l’avance sur moi.
Je suis réveillé à 5h35 par ma montre qui vibre et j’ai ensuite du mal à me rendormir du coup je me lève et prend deux pilules d’Oephitose. Je me rendors enfin et nous nous réveillons vers 10h. Nous allons petit déjeuner dans le restaurant qui est de l’autre coté de la place où est notre pension. Il y a une petite cour intérieure où nous nous installons juste à coté d’une grande citerne en pierre qui doit accueillir une réserve d’eau. On commande une omelette et une salade de fruits qui sont un peu moins bons que ceux d’hier. Puis on retourne à la pension pour nous préparer.
On quitte le village avec l’intention d’aller visiter un monastère qui est indiqué dans le guide comme étant accessible par un chemin à partir du village en passant à coté de l’héliport. On sort du village et on arrive dans une nature aride avec juste ces petits buissons d’épineux et des cailloux. De temps en temps on rencontre un enclos à chèvres et un bâtiment de ferme avec des citernes à eau en pierre comme celle que nous avons vu dans le restaurant ce matin. On passe à coté de l’héliport mais à partir de là les chemins s’arrêtent et on se met à cheminer dans des sentiers difficilement praticables voir dans pas de sentier du tout. On a bien repéré une église en haut d’une colline isolée qui est probablement ce qui subsiste du monastère mais rien à faire pour y grimper on ne trouve pas de chemin qui y mène. On fait le tour de la colline et on continue pour rejoindre la mer. Nous sommes vraiment au milieu de nulle part dans un calme qi n’est troublé au début par le bruit du moteur d’une pelleteuse qui refait le chemin et ensuite par quelques bruits lointains de moteurs. Il fait un peu chaud mais pas trop car heureusement le soleil est légèrement voilé et heureusement nous avons apporté des bouteilles d’eau. C’est vraiment sympa de marcher ainsi dans la nature. Evidemment lorsqu’on quitte les chemins pour prendre des sentiers caillouteux c’est moins rigolo pour moi qui risque à tout moment de me tordre la cheville et pour Mathilde qui a de grandes frayeurs à chaque fois qu’elle me sent trébucher.
On passe à coté d’un hameau de trois ou quatre fermes avec des paysans qui ne parlent pas un mot d’anglais mais avec qui Mathilde parvient tout de même à échanger pour vérifier le chemin de la plage de Katergo que l’on vise.
Cette plage de Katergo c’est un coin vraiment isolé et le chemin se termine par un sentier qui
descend dans la falaise pour arriver sur cette plage que Mathilde trouve magnifique avec une eau parfaitement limpide et une crique tranquille bordée de sable mêlé de cailloux et entourées des falaises que nous venons de descendre. Il y a quatre ou cinq autres touristes. Nous décidons de nous baigner nus comme certains autres. L’eau est délicieuse et c’est un vrai bonheur d’y nager. Puis on lit allongés sur la plage. On grignote quelques biscuits avant de repartir vers 17h. On regrimpe toute la falaise et on resuit tout le sentier jusqu’au chemin. Puis le chemin nous mène à la route qui conduit au port. Et ensuite on suit la route qui monte jusqu’au village. Cela fait environ trois kilomètres qui montent pas mal mais nous sommes tous les deux bien en forme et nous franchissons cela aisément.
De retour à notre pension nous prenons une rapide douche et puis ressortons diner dans le même restaurant qu’hier soir dont Mathilde garde un souvenir particulièrement bon. Cette fois si je commande la feta grillée et puis un pasticcio qui s’avère être plus ou moins des lasagnes. Après le diner nous passons dans une agence réserver nos tickets pour le bateau qui part demain pour Santorin et nous payons ensuite notre logeuse avant de rentrer dans notre chambre. Je m’installe sur la petite terrasse qui dessert notre chambre ainsi que celle de nos voisins et je rédige ces notes tout en appréciant les bruits du village qui s’assoupit.
Je suis réveillé vers 8h par les cris des enfants qui jouent sur la place avant l’ouverture de l’école qui se trouve être de l’autre coté de la place. Après une douche nous allons petit déjeuner. Après avoir hésité sur le restaurant nous retournons à celui du premier matin. Puis nous rentrons tranquillement à notre chambre où nous prenons notre temps pour ranger nos affaires. En principe la logeuse nous a demandé de libérer la chambre pour 11h30 mais nous prenons la liberté de n’en partir qu’à 11h45 pour aller attendre sur la place le car de midi.
Dans le car Mathilde qui s’est assise à coté de moi se lève pour laisser sa place à une touriste américaine qui a le bras dans le plâtre. Je papote un peu avec elle pendant le temps du trajet de la descente jusqu’au port. Ils sont tout un groupe d’une cinquantaine d’américains en croisière sur un trois mats qui fait le tour des îles et après avoir passé quelques heures ici ils vont partir comme nous pour Santorin. Du coup avec des groupes comme celui-ci qui font escale dans l’île le car est plein et il y a pas mal de passagers debout. En arrivant au port les américains montent dans leur bateau et Mathilde et moi nous cherchons un endroit pour laisser nos bagages et aller à la plage en attendant le ferry qui part à 16h45 pour Santorin. Au bureau de voyages ils refusent de prendre nos sacs, on va dans un café où le patron accepte qu’on les pose dans un coin. On s’est installé pour prendre un Coca. Mathilde m’explique qu’elle n’a pas envie de se baigner juste à coté dans la baie du port et qu’elle préfère aller chercher la crique suivante qui doit être à une bonne demi-heure de marche. Je n’ai pas très envie de marcher sous le soleil de midi juste pour trouver une plage et je préfère rester tranquille au café. Mathilde part donc seule et me laisse son sac. Je sors mon ordinateur et je me lance dans la mise au point d’une feuille de calcul excel. Malheureusement le soleil commence à gagner sur la table où je me trouve et je commence à transpirer à ma table en terrasse. Je rentre dans la boutique qui fait café et je demande au patron une place à l’ombre il ne fait aucun effort pour comprendre ce que je souhaite et demande à son employé de me monter aux toilettes et s’en va. Lorsque je redescends après avoir vérifié qu’il n’avait pas compris ma demande je la renouvelle auprès d’une jeune femme qui tient maintenant le magasin et qui est aussi peu aimable que l’autre. Elle m’explique qu’ils n’ont pas de place à l’ombre et que le magasin est trop petit pour que je me tienne à l’intérieur. Je suis un peu énervé et je me tiens debout à l’entrée de la boutique pendant une dizaine de minutes pour challenger un peu leur réponse. Comme prévu cela finit par la mettre mal à l’aise et elle s’adoucit légèrement en m’adressant à nouveau la parole. Mais elle n’a toujours pas d’ombre a m’offrir et je dois capituler pour retourner à ma place au soleil. Mais en tâtonnant j’avise dans le coin de leur terrasse une espèce de bahut en pierre qui est à l’ombre lui et sur lequel je me hisse avec mon ordinateur. Je reste là une petite heure et puis le soleil gagne aussi de ce coté là et en plus je commence à avoir mal aux fesses sur cette dalle de pierre. Je redescends donc et je me réinstalle à la table initiale où il fait moins chaud car entretemps le soleil a baissé. A un moment il y a un peu plus d’animation sur le port car un ferry est sur le point de partir. Puis vers 16h35 Mathilde revient de la plage dont elle a bien profité et nous reprenons nos affaires pour aller attendre notre ferry.
Celui-ci est plus petit que les autres que nous avons eus jusqu’à présent. On s’installe sur le pont supérieur pendant que le soleil brille encore. Puis je rentre dans la cabine où il fait plus chaud car lorsque le soleil disparaît le vent se rafraichit et même avec mon gilet il fait presque froid. J’écoute le Da Vinci code sur mon Victor puis une fois que j’ai fini un CD je passe aux cassettes où je termine le livre sur la mythologie grecque. On fait différentes escales dans des îles que Mathilde croit être Santorin mais à chaque fois ce n’est pas encore cela.
On finit par y arriver vers 21h. L’entrée dans la rade est impressionnante car il s’agit d’un ancien volcan qui a explosé il y a 35 siècles et qui a fait s’effondré une partie de l’île. Puis la mer s’est engouffré dans ce trou formant ainsi une rade d’une dizaine de kilomètres de diamètre entourée de hautes falaises d’environ 200 mètres de haut. Mathilde me décrit qu’au début on rentre dans la rade comme dans un trou noir avec les hautes falaises de part et d’autre et puis on distingue les lueurs des maisons et des villages qui s’alignent en haut des falaises tout au long de la Crète comme une grande guirlande. En plus au milieu de la baie il y a un énorme paquebot à huit ponts qui brille comme une ville à lui tout seul.
En débarquant nous sommes accueillis par le comité habituel de logeurs et logeuses. Nous tombons d’abord sur un type un peu agressif qui veut à toute force nous fourguer sa chambre et puis son taxi ensuite une autre femme s’approche et reprend au vol les arguments que nous avons évoqué avec le premier. Nous faisons affaire avec elle sans pouvoir vérifier la qualité de ses chambres car les maisons sont dans le village au sommet de la falaise près de Fira. Elle nous fait monter dans un minibus avec une de ses amies et un homme qui est probablement son mari au volant. Notre logeuse s’appelle Barbara et est très bavarde elle parle bien anglais mais finit par être un peu soulante. Ceci dit on rigole bien avec elle et elle fait mine de me fourguer son amie Nicoletta qui apparemment est en manque d’homme. On arrive chez elle et
elle nous propose une grande chambre avec trois lits et une salle de douche aussi nettement plus vaste que ce que nous avons eu jusqu’à présent. Elle nous demande 25€ par nuit et nous fait payer la première nuit d’avance.
On s’installe puis on ressort pour aller diner dans le bourg de Karterados à coté duquel nous sommes. On s’installe à la terrasse d’un bistrot et je commande une cheese pie qui s’avère être des petits feuilletés au fromage réchauffés au micro ondes. Puis on rentre se coucher et on lit un bon moment le Da Vinci code.
Je suis réveillé vers 8h et je bouquine un peu en attendant que Mathilde bouge. Puis je vais prendre une douche et nous sortons pour aller petit déjeuner. Nous marchons en direction de la ville de Fira et nous nous arrêtons en route à la terrasse d’un premier restaurant mais comme le serveur se fait attendre pour venir prendre la commande il nous explique que c’est son premier jour et nous redoutons que cela dure des heures du coup nous partons et allons dans le restaurant voisin. Nous commandons un petit déjeuner désormais classique avec omelette et jus de fruits qui cette fois ci n’est pas frais.
Ensuite nous reprenons la route pour aller jusqu’à la gare routière de Fira qui est grosso modo à une demi heure de notre pension. Tout au long de la route s’alignent des maisons récentes mais qui gardent toute une certaine harmonie avec la couleur blanche de la chaux et les volets bleus cyclades. L’île de Santorin est manifestement beaucoup plus développée que celles où nous étions jusqu’à présent et en particulier la circulation d’automobiles et de vélomoteurs est beaucoup plus importante.
Nous montons dans un car qui doit nous conduire jusqu’à Oia qui est l’autre ville importante de l’île. Au total l’île fait parait il 80 kilomètres carrés et compte environ 13000 habitants donc une densité nettement plus importante que ce que nous avons connu jusqu’ici. Mathilde se lève une fois de plus pour céder sa place à une grecque âgée. Nous roulons un long moment car il n’y a pas moins de 20 km entre les deux villes.
Une fois à Oia nous nous mettons en quête de la boutique d’Ushi une amie de ma cousine
Christine qui habite ici. Nous avons déjà échangé un mail dans lequel elle m’a donné une description précise du chemin à suivre qui permet à Mathilde de la localiser très rapidement. Mais Ushi n’est pas dans sa boutique et c’est une employée anglaise qui nous accueille et nous informe qu’Ushi ne sera là qu’à partir de 13h30. Nous en profitons pour faire un tour dans la ville. C’est très touristique et il y a partout des boutiques de souvenirs et des touristes qui déambulent dans ces petites rues piétonnes qui serpentent entre les maisons toujours peintes à la chaux qui sont perchées en haut de la falaise avec une vue plongeante sur la rade. La falaise n’est pas à pic et on peut admirer quelques hôtels qui sont en contre bas et qui s’étagent en terrasses en dessous du village. Mathilde reconnaît même l’un d’eux dont elle a vu des photos dans le Elle décoration. On s’arrête dans une boutique pour acheter des glaces que l’on déguste sur les marches d’une maison.
On entreprend de descendre par un sentier escalier qui tournicote en contrebas jusqu’au bord de l’eau où se trouve le petit port d’Armeni. Il est plus petit que celui en dessous de Fira mais il y a quelques bateaux qui sont là avec leur cargaison de touristes. On fait quelques pas au bord de l’eau puis on va s’installer à la terrasse d’un café pour y prendre une bouteille d’eau. De là Mathilde avise des chaises longues qui sont sur les galets tout au bord de l’eau là où meurent les vagues et on va s’installer sur ces chaises pendant un petit quart d’heure pour profiter du soleil et de la quiétude du lieu qui contraste avec l’agitation touristique qui règne en haut de la falaise.
Ensuite on entreprend de remonter l’escalier. Je me mets à compter les marches qui sont au nombre de 278 et non pas 212 comme le prétendait le guide Michelin. Dans la montée on voit un muletier qui a quelques bêtes avec lui qui sont sellées et avec lesquelles il fait remonter les touristes qui n’ont pas envie de remonter à pied et que cela amuse de faire une balade à cheval.
Une fois en haut on retourne à la boutique d’Ushi qui y est et qui nous accueille très chaleureusement. Elle nous offre de l’eau car la montée nous a donné chaud et nous fait asseoir sur des chaises déglinguées derrière son comptoir. Elle vend des objets en verre qu’elle a fabriqué elle-même. Il y a des petits objets de bijouterie fantaisie et des plus gros objets style sculpture. On papote pendant plus de deux heures à faire connaissance et elle est vraiment gentille et intéressante. Elle hésite à venir diner avec nous mais a rendez vous ce soir avec sa comptable et préfère que nous remettions cela à demain. Je suis impressionné par le travail que représente sa boutique car elle nous explique qu’elle est ouverte de 9h30 à 22h30 voir minuit en pleine saison. On se donne rendez vous pour 21h demain dans sa boutique où nous commencerons par prendre un verre de vin en attendant qu’elle ferme.
Après cela nous refaisons un petit tour dans le village d’Oia. Mathilde achète des pistaches. Puis nous reprenons le car pour Fira où je fais une petite sieste.
A Fira on se promène un peu dans les rues qui ressemblent beaucoup à celles d’Oia en tout
cas l’ambiance touristique et animée est la même simplement la ville est plus vaste et donc pas uniquement touristique comme à Oia. On sent qu’il y a un peu d’activité locale ne serait ce que par la circulation automobile qui est importante dès que l’on sort du quartier piéton. On va dans un internet café pour demander si je pourrai revenir brancher mon ordinateur mais l’employé qui nous répond refuse en invoquant que pour des raisons de lois sur la sécurité ils n’ont le droit de ne brancher que leurs propres ordinateurs. Puis on va dans une pharmacie pour m’acheter une crème dont j’ai besoin pour mes pieds où j’ai des débuts de champignons.
Ensuite on rentre à notre pension à pied ce qui nous fait une bonne balade mais pas très agréable car il faut longer la circulation avec parfois même pas de trottoir. Une fois arrivée on se précipite pour piquer une tête dans la piscine qui est grande et agréable. Mais on n’y reste pas longtemps car il est déjà plus de 18h et le soleil est bas et la température se rafraichit. Nous rentrons donc dans la chambre et nous nous installons pour lire et écrire. Mathilde finit le Da Vinci code. Elle lit nettement plus vite que moi je n’écoute. Je pense que grosso modo elle doit lire de 150 à 180 pages quand j’en écoute une centaine. En tout cas elle qui dit ne pas aimé ce style de livre et trouver les ficelles trop grosses elle l’a dévoré en trois jours. C’est vrai que cela se lit facilement un peu comme un « Club des 5 ».
Nous ressortons pour diner et allons dans un des restaurants du bourg où je commande une salade de fromage piquante qui s’avère être bon mais très acide. Puis on rentre à notre pension et on se couche. Je lis le Da Vinci code.
Je me suis réveillé plusieurs fois au matin mais à chaque fois ô miracle je me suis rendormi ce qui m’a conduit à dormir jusqu’à presque 10h. Je prends une longue douche en me rasant et découvre le bouton sous le pommeau de douche qui permet d’économiser l’eau sans avoir à toucher aux robinets. Puis nous partons de la pension et nous arrêtons dans un restaurant pour petit déjeuner.
Après un petit déjeuner désormais traditionnel nous allons à un arrêt de bus pour partir visiter le village de Pirgos. Mais après avoir un peu attendu un bus et en avoir vu passer plusieurs qui ne s’arrêtent pas on se met à faire de l’auto-stop. Je tends donc le bras et j’ai de la chance car en moins de dix minutes une voiture s’arrête et deux grecs nous prennent à leur bord. C’est une femme qui conduit et l’homme qui est à coté parle bien anglais et nous raconte qu’il travaille sur une des petites îles à l’entrée de la rade où il y a un chantier archéologique.
Ils nous déposent dans le village de Pirgos qui est plus ou moins au milieu de l’île. On se
promène dans le village qui est aussi ancien mais moins léché qu’Oia ou Fira. Ici il y a une plus grande proportion des anciennes maisons de maitres en pierre qui ne sont donc pas blanchies à la chaux comme les maisons plus modestes où la chaux recouvre des murs en pizé. Malheureusement les familles patriciennes du temps des byzantins ont perdu de leur fortune et les maisons de maitres sont mal entretenues voir parfois en ruines. On monte dans le quartier qui était fortifié où il y a ici aussi des ruelles piétonnes avec des escaliers qui zigzaguent entre les maisons. Mathilde me fait toucher quelques unes des colonnes et décorations des maisons de maitres pour me faire comprendre la différence avec les maisons simples et blanches.
De là nous nous empruntons à pied une route qui monte sur quatre kilomètres jusqu’au
sommet de Profitis Ilias le point culminant de l’île à 567 mètres. Sur la route nous croisons plusieurs cars avec des panneaux Princess Cruz qui transportent des grappes de passagers d’un gros paquebot plein d’américains. En haut de la colline il y a des antennes de téléphone et de télévision ainsi qu’un monastère que l’on ne semble pas pouvoir visiter. Mais on a une vue magnifique sur toute l’île, la rade coté ouest et tout le plateau coté est qui descend en devers de Fira à la mer et qui constitue une vaste étendue fertile qui devait assurer la prospérité de l’île. Il y a quelques américains d’un car Princess cruz qui font quelques pas avant de remonter vite fait dans leur car climatisé.
Puis on redescend toujours par la même route. Jusqu’au village de Pirgos. Là on s’arrête dans un restaurant pour déjeuner. Je commande une purée de lentilles ainsi qu’un fromage frit qui s’avèrent très bons et le serveur est très attentionné avec nous. De là on va à l’arrêt de bus qui est en dessous du restaurant et on se met à attendre un autocar qui ne vient pas. Je fais de l’auto-stop mais sans succès. Enfin au bout d’une grande heure l’autocar arrive et nous pouvons repartir vers fira. Nous descendons même avant dans notre bourg de Carterado d’où nous marchons jusqu’à notre pension.
Là nous allons comme hier piquer une tête dans la piscine avant de nous reposer tranquillement sur le balcon en attendant qu’il soit l’heure de repartir pour diner avec Ushi.
On va à pied jusqu’au bourg puis dans la rue principale on attrape un bus qui passe et qui nous emmène jusqu’à la gare routière de Fira. Là on monte dans un second bus qui part peut après pour Oia. A l’arrivée on va à l’office de tourisme qui est sur la place où s’arrête le car et on demande à se renseigner sur les horaires de train entre Athènes et les Météores mais l’hôtesse n’a pas l’information et leur accès internet est en panne. Ils ferment à 23h donc je demande si je pourrai revenir tenter ma chance pour accéder à internet un peu plus tard mais apparemment ils n’espèrent pas que ce soit rétabli avant demain. Nous allons au magasin d’Ushi qui est à son poste et nous accueille toujours aussi gentiment. Je lui confie mon sac à dos chargé avec mon ordinateur et mon lecteur Victor et nous partons nous promener pour voir la partie du village que nous n’avons pas encore vu.
On marche jusqu’au bout du village tout au bout de la baie où il y a une plate-forme d’où on peut voir des deux cotés coté baie où toutes les lumières s’étagent tout autour de la falaise et du coté de l’autre façade de l’île orientée vers l’est où on voit aussi quelques lumières dans la nuit mis qui sont moins nombreuses. En tout cas l’endroit est sensiblement plus calme que du coté de la boutique d’Ushi et c’est l’endroit idéal pour une promenade d’amoureux. De là on continue à se balader dans toutes une série de ruelles sinueuses en escaliers peu fréquentées et qui grimpent jusqu’au sommet du village où on rencontre des villas patriciennes en pierre plus nombreuses. Il y a aussi des anciens moulins qui servent maintenant d’hôtels ou de restaurants mais qui ont conservé leurs mécanismes apparents à titre de folklore.
Puis on retourne à la boutique d’Ushi on bavarde tous les trois assis sur le parapet devant sa boutique avec la vue plongeante sur la baie. Elle a vraiment un emplacement parfait sur la promenade qu’emprunte presque forcément tous les touristes. Il parait que ce matin il y avait les groupes du Princess Cruz ce gros paquebot qui déversaient ses cars de touristes mais malheureusement ils n’avaient quartier libre que pendant 30mn ce qui laisse peu de temps pour faire des achats une fois que l’on a un minimum visité le site. En tout cas pendant l’heure où on attend avec Ushi il n’y a pratiquement personne qui s’arrête dans sa boutique. Cela doit être difficile et frustrant comme travail d’ainsi attendre des heures un hypothétique client. Il y a cependant un peu de distraction à observer les touristes qui passent et qui sont de toutes origines. Parfois c’est encore plus distrayant lorsqu’ils trébuchent sur la marche qui est juste devant l’entrée de la boutique.
Vers 22h Ushi se met à ranger ses objets qui sont en vitrine et à fermer la boutique avec des volets extérieurs en bois. Puis on va à sa voiture qui est une vieille Ford brinquebalante qui est garée dans une ruelle derrière.
Elle nous conduit en bas en dessous d’Oia coté est au petit port de pécheurs d’Amoudi. Là on
s’installe à la terrasse d’une gargote où on commande différents petits plats dont des calamars excellents et des octopus. Ushi est de très bonne compagnie et a beaucoup d’humour. On prend des photos de nous trois ainsi que de nos plats pour les envoyer à Christine et la faire un peu baver. Ushi nous raconte entre autres l’histoire de son petit ami grec qu’elle avait rencontré en arrivant en Grèce à 20 ans et qui s’étant fait hospitalisé après un petit accident de moto voulait absolument que toute sa famille et elle-même le veille pendant toute la nuit, ainsi que d’envisager un transfert vers un hôpital en angleterre. Ushi s’était fait confirmer par le médecin de l’hôpital qu’il n’avait pratiquement rien et avait du coup refusé d’alerter sa mère et sa famille en pleine nuit et l’avait laissé là. Quand elle est revenue le lendemain la mère chérie et toute la famille était déjà là et elle est passée pour l’amie indigne ce qui lui a démontré la fracture qu’il pouvait y avoir entre son ami et elle et a précipité leur rupture après six années de liaison.
Ushi nous raconte encore une histoire incroyable à propos d’une coutume locale à laquelle elle a participé et qui consiste à déterrer les morts cinq ans après leur décès. En effet un de ses voisins avait perdu son père cinq ans avant et lui a demandé de l’accompagner pour l’aider lors de cette cérémonie. Ils ont déterré le corps qui n’est pas dans un cercueil mais seulement dans un linceul. Puis ils récupèrent les ossements et les confient à un employé chargé de les nettoyer. Ensuite ils se passent les ossements de main en main, les comptent les admirent et éventuellement les comparent avec les ossements d’un autre membre de la famille dont les os sont dans une des boites qui sont empilées dans une chapelle du cimetière. Ensuite la tête du mort est disposée sous un grand mouchoir et chacun l’embrasse pour lui dire adieu. Enfin ses ossements sont rangés dans une boite qui va rejoindre les autres boites étiquetées et empilées dans la chapelle.
Ushi profite de la fascination qu’exercent sur nous ses histoires pour payer l’addition sans que nous ayons la possibilité de réagir. Nous la remercions et quittons le restaurant car il est déjà plus de minuit et les employés ont manifestement envie de se coucher. Ushi nous raccompagne jusqu’à notre pension dans sa guimbarde et nous nous promettons de nous revoir bientôt. Nous nous couchons et je lis un CD du Da Vinci code.
Je me réveille plusieurs fois mais parviens encore à me rendormir jusqu’à 10h du matin. Nous nous préparons et nous apprêtons à partir petit déjeuner. Mais Mathilde qui est partie se renseigner auprès de la logeuse revient en disant que nous devons libérer la chambre tout de suite. Du coup nous remontons boucler nos affaires et redescendons les bagages dans le salon de notre hôtesse. Puis nous allons petit déjeuner nous trouvons cette fois ci un restaurant où il y a du jus d’orange frais et où je prends une omelette très bonne. Puis nous revenons à la pension et nous allons bronzer et paresser au bord de la piscine. J’écoute le Da Vinci code. Au bout d’un moment je rentre dans la maison car je voudrais continuer à l’écouter tout en branchant le Victor sur une prise électrique pour ne pas trop hypothéquer les capacités des batteries avant notre voyage en bateau. Comme nous ne trouvons pas de prise électrique dans le salon je m’installe sur la marche qui mène à la cuisine et je branche mon Victor dans la cuisine. Il y a une jeune hongroise qui a logé aussi ici et qui prend comme nous le bateau.
A 13h30 la logeuse et son mari nous embarquent dans le mini bus et nous conduisent jusqu’au port. Nous nous installons à la terrasse d’un café où il y a un serveur très sympa et avec beaucoup de bagou qui se précipite pour me prendre ma valise au point que je me demande qui vient ainsi se saisir de ma valise sans me prévenir. Mathilde commande une salade et moi juste un Coca. Nous échangeons un peu avec nos voisins un couple suisse et brésilien. Nous attendons le gros ferry de la compagnie blue Star qui doit partir à 15h30 mais avant il y a un bateau rapide qui part à 14h35 et que l’employé qui nous a vendu les tickets en arrivant au port nous a proposé de prendre mais nous savons préférer prendre le bateau moins rapide mais moins cher. Est similaire à celui que nous avons pris la première fois en partant d’Athènes. On s’installe d’abord à l’extérieur et puis comme il fait un peu frais avec le vent qui souffle je rentre m’installer sur des sièges style fauteuil de train de première classe que Mathilde a repéré. J’écris sur mon ordinateur. Je suis délogé par des voyageurs qui montent à une escale et qui apparemment on réservé la place où je suis mais il en reste une de l’autre coté de l’allée où Mathilde s’est installée. J’écoute mon victor avec le Da Vinci code. Puis avec Mathilde nous allons chercher de quoi diner au fast food du bord on prend un hamburger plutôt bon avec des frites et du Coca. Après notre festin je continue à écouter le Da Vinci code jusqu’à l’épuisement des batteries de victor comme je suis plus qu’à 1 CD de la fin j’ai envie de savoir la suite et demande à Mathilde de m’aider à trouver une prise électrique. On en trouve une dans le coin d’un autre salon et je m’assois par terre près de la prise pour écouter la suite de mon livre. Mais le bateau arrive juste avant que je ne termine le livre.
On débarque donc au Pirée vers minuit et à notre déception nous ne sommes démarchés que par des chauffeurs de taxi et par aucun loueur de chambre. Nous marchons donc à la recherche d’un hôtel et Mathilde en repère un dans une rue un peu borgne. L’hôtel semble très vétuste et doit plutôt faire hôtel de passe qu’hôtel de businessmen mais Mathilde est fatiguée et nous nous contentons de l’unique chambre à grand lit que nous propose le gardien de nuit pour 35€. Mathilde se couche rapidement. Je mets un peu plus de temps et notamment je termine enfin le Da Vinci code.
Je me réveille vers 9h Mathilde est passablement énervée car elle a très mal dormie à cause de moustiques et du bruit dans la rue. Elle part se renseigner sur les horaires de train pour les Météores tandis que je prends ma douche. Quand elle revient je suis prêt et nous quittons rapidement l’hôtel.
Nous allons jusqu’au métro pour y laisser nos bagages dans une consigne automatique mais la seule qui reste disponible ne fonctionne pas. Heureusement Mathilde finit par repérer un casier qui s’est libéré de l’autre coté de la cloison. On y range nos bagages et puis on va à la gare de train pas trop éloignée. Là le préposé nous explique qu’il n’y a plus de places disponibles dans le train que nous souhaitions prendre. Mathilde commence à être très contrariée et je file doux. On décide de s’arrêter pour petit déjeuner ce qui déjà nous permettra de relaxer un peu.
Puis on récupère nos bagages et on prend le métro pour quitter le Pirée aller jusqu’à une autre gare de train plus centrale dans la ville. Là Mathilde se renseigne et nous obtient deux places dans un train qui part à 3h. On s’installe donc dans la salle d’attente après avoir hésité à aller visiter un musée ou à aller dans un internet café mais on a la flemme de porter nos valises et il n’y a pas de consignes dans la gare. Il est à peu près 13h et au bout de 2h d’attente on va sur le quai pour apprendre qu’en fait notre train partait à 2h50 et qu’il vient de partir. Alors là Mathilde est découragée et parle de rentrer à Paris. Il faut dire que les grecs que nous rencontrons ici sont particulièrement peu aimables et qu’aux guichets ils ne font aucun effort pour répondre. Je prends nos billets et je vais aux guichets en espérant avoir plus de succès avec ma canne blanche. Mais cela n’inspire que très peu les employés ou les voyageurs auxquels je m’adresse et la plupart se contentent de réponses évasives. Heureusement il y a tout de même de rares personnes aimables qui m’accompagnent de guichet en guichet et je finis par trouver un employé touché par ma situation mais qui ne parle pas du tout anglais et qui se fait aider par une de ses collègues qui parle un peu anglais. Ils m’expliquent que le train suivant prévu à 16h50 est complet et que nous ne pourrons y avoir que des places debout ou bien il nous faudra attendre le train de minuit pour avoir des places assises. Je choisis les places debout et la dame va gentiment me changer mes billets. Je retrouve Mathilde effondrée dans la salle d’attente et je tente tant bien que mal de la distraire. Nous attendons donc encore deux heures et retournons sur le quai pour prendre un train qui s’avère très moderne et climatisé. Pendant que Mathilde range nos bagages je m’installe à des places vides. Nous sommes délogés plusieurs fois par des personnes ayant réservé mais nous finissons par atterrir sur deux places disponibles où nous passons un voyage tranquille.
Jusqu’à une gare où nous devons changer de train. Nous passons sur un autre quai où attend un genre de TER avec seulement deux wagons où nous devons payer au contrôleur deux tickets et qui nous conduit au bout d’une grande heure jusqu’à Kalampaka.
Nous descendons dans la ville de Kalampaka où nous arrivons vers 22h. Nous marchons
jusqu’à un hôtel appelé Météora qui n’est pas trop loin de la gare et que Mathilde a repéré dans le guide du Routard. Là le gardien de nuit nous propose une chambre pour 30€. Au lieu des 35€ du tarif officiel Avec petit déjeuner compris L’hôtel est un peu vieillot mais tout à fait correct. On pose nos affaires et puis on ressort pour trouver un endroit pour diner. Le gardien de l’hôtel nous a conseillé une taverne juste en bas de la pente raide qui mène à
l’hôtel. En effet on y dine très bien. Je prends une moussaka très parfumée et l’ambiance est sympathique. Comme Mathilde a repéré une torche du relais Olympique accrochée au mur nous en parlons au patron qui est tout content d’apprendre que moi aussi j’ai participé au relais. Il a porté la torche lorsque la flamme est passée dans leur ville il y a un peu plus d’un an. Puis on rentre à l’hôtel et on se couche et on passe une bonne nuit notamment Mathilde qui récupère de sa mauvaise journée.
Nous dormons si bien qu’il est 10h passées lorsque nous nous réveillons. Après une douche nous descendons pour vérifier si par hasard on peut encore petit déjeuner mais non seulement c’est trop tard pour le petit déjeuner mais le patron nous apprend que nous devons libérer la chambre aujourd’hui car il attend un groupe de russes pour ce soir qui a réservé toutes ses chambres. Nous remontons boucler nos affaires et le patron appelle un de ses amis qui tient une pension et qui vient nous chercher en voiture. Ce nouveau logeur parle un très bon français. Une fois dans sa voiture on commence à négocier le prix de la chambre. Il commence par nous demander 40€ mais comme très vite il descend à 35, je me dit que l’on doit pouvoir tenter d’obtenir mieux et nous nous appuyons sur le prix de 30€ que nous venons de payer à l’hôtel. Il s’arrête au Carrefour suivant pour téléphoner avec son portable à l’hôtel Météores et vérifier qu’effectivement nous n’avons payé que 30 et puis après avoir consulté sa femme qui est assise à coté de lui il accepte de nous faire le prix de 30€ la nuit mais sans café le matin.
Il nous emmène donc chez lui Alsos house 5 Kanari street 422 00 Kalampaka téléphone
302432024097 site WEB www.alsoshouse.gr qui s’avère être une pension d’excellente qualité avec des chambres confortables, une salle de bain nickel et un petit balcon avec vue sur les Météores qui sont très impressionnantes à voir ainsi d’en bas. Tous les détails ont été pensés et le patron nous explique qu’il a travaillé avant dans l’hôtellerie. Nous sommes nettement mieux qu’à l’hôtel. Il y a une cuisine que l’on traverse pour arriver au couloir des chambres et que l’on peut utiliser pour se préparer de la nourriture.
Malgré la pluie qui est tombée une bonne partie de la nuit et qui continue à tomber bien que moins fort, nous ressortons pour trouver un endroit où déjeuner ou petit déjeuner. Nous nous arrêtons dans un petit restaurant typique où il y a des hommes attablés par petit groupe qui partagent leur apéritif à l’ouzo en piquorant dans une omelette commune. On commande une viande à la broche pour Mathilde et une côte de bœuf grillée au barbecue pour moi. Je prends aussi un verre de vin rosé qui est plutôt médiocre.
Comme il pleut nous décidons de passer une journée tranquille et d’attendre demain pour aller visiter les Météores, d’autant plus que le dernier bus qui y conduit est parti à 13h30 et il est déjà 14h quand nous rentrons à la pension. Nous avons en vain cherché un internet café qui accepte que je branche mon ordinateur portable, ils ont tous la flemme de débrancher un de leurs propres ordinateurs et ont peur que cela perturbe leur installation. Il faut dire qu’à chaque fois nous avons affaire à des jeunes employés qui ne veulent pas prendre de responsabilité. Notre logeur a même tenté d’appeler lui-même le principal internet café mais même en expliquant en grec mon problème ils ont refusé. Je reste donc dans la chambre et je me lance dans le rapprochement des fichiers de facturation des partenaires IBM avec le customer record. Ce sont de très gros fichiers de pratiquement 50000 lignes chacune et il me faut déjà trois heures pour trouver la méthode pour faire ces rapprochements et à chaque opération le temps de réponse est effroyablement lent au point que je me mets à écouter mon Victor avec une biographie de Montesquieu entre chaque opération de l’ordinateur. Mathilde a fait une longue sieste puis elle ressort pour aller consulter ces mails dans un internet café et pour compléter des courses que nous avons fait après notre déjeuner pour nous faire ce soir une salade grecque en guise de diner.
Le soir venu nous allons donc dans la cuisine commune pour nous préparer une bonne salade. Il y a déjà deux danoises qui terminent leur propre repas. Nous dinons après elles et puis nous retournons dans notre chambre pour bouquiner et puis nous coucher.
Nous nous réveillons tôt vers 7h pour prendre une douche et petit déjeuner dans la cuisine commune avec les fruits et le pain acheté la veille. Puis nous sortons pour trouver l’arrêt d’autobus qui doit passer à 8h30 pour nous conduire aux météores. Nous trouvons l’arrêt et nous attendons en compagnie d’autres touristes. En face de l’arrêt il y a une boulangerie où nous achetons des parts d’un cake aux raisins pour compléter notre petit déjeuner. Le bus arrive bien à 8h30 il était temps car je commençais à avoir froid dans une simple chemise certes à manches longues mais pas très chaude compte tenu du temps encore frais à cette heure matinale et avec le ciel qui est toujours couvert mais sans pluie pour l’instant.
L’autobus grimpe par une route sinueuse et fait une dizaine de kilomètres pour rejoindre le pied des Météores qui ne sont pourtant qu’à quelques centaines de mètres de notre pension. Ce sont en fait des dents géantes qui émergent de cette vaste plaine où est la ville de Kalampaka. Selon le guide Bleu c’est le fruit de l’érosion provoquée par le delta d’un fleuve qui se trouvait là lors d’une ère précédente. En tout cas il y a donc une vingtaine d’éperons rocheux de plusieurs centaines de mètres de haut au sommet desquels on été construit des monastères où des ermitages où vivaient des moines acétiques. Après la guerre civile les monastères ont été fermés et parfois démoli mais depuis les années 60 les autorités orthodoxes ont œuvré pour permettre la réouverture de six monastères que l’on peut visiter.
Le premier que l’on voit au pied duquel nous a laissé l’autobus, c’est le monastère du Grand
Météore. Comme son nom l’indique c’est un des plus grands monastères. Il a abrité jusqu’à 300 moines à l’époque de sa prospérité. Il a été fondé par Saint Atanas et Saint Jonaf deux figures importantes des orthodoxes, vers le 14ème siècle comme la plupart des autres monastères. En particulier Saint Jonaf était prince héritier de la couronne Serbe et a refusé le trône préférant entrer au monastère. Il a désigné un régent et bénéficiait d’un régime de faveur dans la règle du monastère qui lui permettait de surveiller un peu son royaume. Il a consacré une bonne partie de sa fortune à l’agrandissement et l’embellissement du monastère qui a prospéré grâce à lui. Pour y accéder à l’époque les moines et les provisions étaient hissées au sommet de la Météore au moyen d’un filet accroché à un treuil. Puis au début du vingtième siècle un escalier a été creusé dans la paroi rocheuse. On monte donc les 140 marches de l’escalier qui sont soit à flanc de falaise soient carrément creusées à l’intérieur de la paroi. En bas Mathilde a fait peur à nos deux voisines danoises qui sont là aussi en leur signalant qu’elles ne pourront pas rentrer en pantalon. Mais en fait à l’entrée de chaque monastère on peut emprunter des jupes pour les femmes. On débouche donc au sommet où se trouve les quelques bâtiments du monastère. Il y a une tour de cinq étages au sommet de laquelle est encore accroché le treuil qui servait à hisser le filet. Il y a aussi une église décorée de fresques très colorées et figuratives et avec des stalles en bois où s’asseyaient probablement les principaux moines. Il y a un trône plus décoré qui servait à l’abbé. Dans le réfectoire on voit des broderies et des icônes exposés dans des vitrines ainsi que de la vaisselle ancienne. Dans un petit musée on voit des costumes de moines militaires avec leurs différents armements selon les époques. Il y a aussi une petite pièce que l’on peut observer par la lucarne de la porte où est conservé un ossuaire avec en particulier certains os de saints. Il y a le crâne d’untel ou la jambe d’un autre, etc.
De là nous allons à pied par une route goudronnée jusqu’à un autre météore où est le monastère de Varlaam. Celui-ci est plus petit mais le météore est encore plus haut et c’est
un vrai nid d’aigle qui devait constituer une forteresse pratiquement imprenable. L’escalier qui grimpe en haut est encore plus étroit et long qu’au Grand Météore. En haut on admire une église décorée de fresques peintes. Il y a aussi des stalles en bois incrustées de nacre
Pour aller jusqu’au troisième monastère visitable il faut descendre dans une combe puis remonter de l’autre coté en haut de météore pour arriver au monastère de Hagia Barbara
qui veut dire Sainte Barbara. C’est un monastère occupé par des nones. Dans l’église on rencontre deux espagnols catalans avec qui Mathilde bavarde un peu tandis que je m’assois dans une des stalles pour prier.
Nous marchons jusqu’au monastère suivant qui est celui de Hagia Trias. Celui-ci, en plus de
l’escalier empruntés par les touristes, est équipé d’un petit téléphérique qui permet de hisser les moines et les provision que l’on verra fonctionner lorsque nous serons de nouveau de l’autre coté de la combe qui est devant le monastère et que deux moins utiliseront le téléphérique pour traverser jusqu’au monastère. En haut de l’escalier nous arrivons sur une plate forme plus étroite que pour les autres monastères. On peut aller sur une véranda en bois qui surplombe le vide et où subsiste le treuil et le filet qui servaient à l’époque. Je suis content de pouvoir toucher et mieux me rendre compte de quoi il s’agissait. Le filet était accroché à une longue corde qui s’enroulait autour d’un axe au moyen d’une roue cannelée où on calait le bras de levier qui servait à faire tourner l’axe. A l’intérieur du monastère on admire des petites cellules d’environ cinq mètres carrés qui étaient juste équipée d’une toute petite lucarne et d’une niche dans laquelle on devait pouvoir accrocher une petite icône. Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est frugal. Grâce aux riches mécènes le monastère disposait pourtant d’un trésor important qui bien que caché dans une niche secrète a été pillé par les allemands pendant la dernière guerre mondiale. On redescend et on reprend la route inachevée qui mène au monastère.
De là on marche jusqu’à un cinquième monastère qui est celui d’Hagios Stefanos. C’est un
des plus grands avec celui du Grand Météore. Il est habité par des nones dont l’une d’elles nous accueille à l’entrée. Il parait qu’à chaque fois il y a une entrée à payer mais que grâce à ma canne blanche on ne nous a jamais rien demandé. On pénètre dans le monastère par un pont piéton qui permet d’aller de la route à l’entrée du monastère donc ici pratiquement pas de marches à monter. D’ailleurs c’est un de ceux qui est le plus fréquenté avec plusieurs cars de touristes qui stationnent à l’entrée en provoquant un certain embouteillage quand ils manoeuvrent pour faire demi-tour. Il y a des grappes de touristes qui sont vomis par les cars et qui rompent un peu le charme de tous ces lieux d’isolement. Ce monastère a beaucoup souffert de la guerre avec des bombardements allemands qui ont endommagé l’église et surtout des soldats vandales qui ont martelé des fresques ou des statues notamment pour écraser des visages orthodoxes. Les religieuses peignent des icônes avec les techniques anciennes et elles les vendent dans leur petite boutique. Mathilde me laisse dehors pour aller visiter le petit musée et puis cette boutique.
En sortant du monastère il est 13h35 et le car pour Kalampaka est à 13h45 mais nous préférons profiter du ciel qui s’est maintenant complètement dégagé et du beau temps pour redescendre à pied au village. On se met donc à marcher. On s’arrête assez vite à un point de vue au bord de la route pour admirer la vue sur les météores et sur la plaine de kalampaka en dessous. Au loin on voit des montagnes qui doivent être assez hautes car certains sommets sont enneigés puis on reprend la route mais un peu plus loin une voiture où se trouve les deux espagnols avec qui Mathilde avait échangé quelques mots, s’arrête et ils nous proposent de nous conduire jusqu’à kalampaka. Eux continuent pour aller jusqu’au Mont Olympe.
Ils nous laissent dans la ville et nous tentons de retourner à la Taverne du premier soir mais c’est fermé. Nous trouvons donc un autre petit restaurant pour déjeuner et je goûte un Souvlaki qi est annoncé comme petit et qui est effectivement pas très gros avec juste une
petite brochette de viande et quelques frites. De là on va à la gare réserver deux places dans le train express qui va demain à 6h30 directement de kalampaka à Athènes et puis on va à la terrasse d’un café où on prend une glace et où Mathilde prend aussi un café. Puis on rentre à la pension où je travaille sur le balcon sur mon ordinateur au rapprochement de mes gros fichiers tandis que Mathilde fait une sieste.
Vers 19h on ressort pour trouver un endroit où diner et pour retirer de l’argent dans un distributeur. Notre logeur qui parle décidément admirablement le français est très sensible à mon handicap et à mon désir d’accéder à internet aussi il nous propose d’essayer sur sa ligne mais malgré plusieurs tentatives je ne parviens pas à me connecter malgré plusieurs essais de changement de câble et de prise téléphonique. C’est probablement à cause de sa ligne ISDN ou à cause des numéros de téléphone d’IBM que je tente d’appeler en Grèce mais qui ne répondent pas. On va donc diner et on s’installe à la terrasse d’une pizzeria où je prends une pizza putanesca. Il y a de jeunes enfants attablés à coté de nous. Puis on rentre à la pension où nous payons notre logeur pour les deux nuits ainsi que 5€ pour la machine de linge que nous a fait sa femme et que nous avons récupéré passablement froissé mais propre. Nous montons ensuite nous coucher assez rapidement car nous devons nous lever tôt demain pour prendre le train.
Ma montre vibre à 5h35 et je vais prendre une douche et me raser puis une fois mes affaires bouclées je vais petit déjeuner dans la cuisine où il nous reste des fruits et du pain et du beurre. D’autres occupants de chambres passent aussi par la cuisine et vont probablement aussi prendre le même train. En descendant on dit au revoir à notre logeur qui a été réveillé par des canadiens qui ne l’avaient pas encore payé. On marche jusqu’à la gare où on arrive à 6h30.
On attend le train une petite demi-heure sur le quai ou dans la gare. Une fois assis à nos places je prends mon ordinateur et j’écris ces notes puis je dors. Le train est moins flambant neuf que celui que nous avions à l’aller mais il met plus ou moins le même temps et nous amène à Athènes vers 11h35.
Là on tente d’aller à pied à la gare de train qui dessert le Péloponèse mais on se perd un peu. On rencontre un grec très gentil qui bien qu’il ne parle pas un mot d’anglais comprend grâce à la traduction en allemand d’autres passants et nous prend à bord de sa camionnette pour nous conduire à la gare. En fait quand on y arrive c’est pour comprendre qu’elle a fermé depuis le mois d’août et que désormais il faut aller ailleurs pour prendre le train. On décide du coup de changer notre fusil d’épaule de prendre un taxi et de lui demander de nous conduire à la gare routière où nous prendrons un autocar. On attend assez peu de temps car un autocar part à 12h30. On ne parvient pas à avoir de prix réduit pour moi alors que jusqu’à présent on nous en a toujours consenti un que ce soit dans les bateaux ou dans les trains. Dans l’autocar Je dors puis j’écoute mon victor avec mon livre sur Montesquieu.
Au bout de 3 heures de route on arrive à la ville de Nauplie qui est dans une presqu’île du Péloponnèse qui est lui-même une presqu’île de la Grèce. La ville est très marquée par l’occupation vénitienne et ressemble plus à une ville italienne avec ses maisons aux toits de tuiles et aux hauts étages pour garder la fraicheur avec des volets typiques italiens. On trouve une pension Acronafplia rue Constantinou pour 30€ où nous avons dans un immeuble désuet
une petite suite avec deux chambres contigües et une salle de bains sur le palier.
Mathilde prend une douche puis nous ressortons pour nous balader. On se promène sur le bord de mer qui fait le tour de la presqu’île qui renferme la vieille ville. On s’installe un moment sur un banc pour observer les promeneurs qui passent et profiter de l’air du temps très paisible avec la mer à nos pieds, quelques palmiers et cactus comme végétation et le soleil qui décline agréablement. Au milieu de cette presqu’île on voit le site de la vieille forteresse Acronauplia qui était sur une colline rocheuse où nous montons. On n’en voit plus que
quelques morceaux de remparts mais cela devait être une formidable forteresse car le site est vaste et naturellement bien défendu par cette colline rocheuse. Les remparts sont savamment agencés en espèce de sinusoïde probablement pour déjouer les boulets de canon. Au milieu du site de la forteresse il y a un hôtel des années 70 très moche mais qui doit avoir une vue imprenable, on se demande vraiment ce qu’il vient faire là. Cela sent la corruption pour l’obtention du permis de construire. Puis on se promène dans les vieilles ruelles pavées de marbre. On s’installe à la terrasse d’un restaurant où l’on commande de quoi diner. Malheureusement ce n’est pas très bon et nous sommes déçus. J’ai commandé un Saganaki fromage grillé ou frit qui s’avère caoutchouteux alors que parfois c’est très bon.
Mais nous passons un bon moment à causer.
Ensuite nous rentrons à la pension où Mathilde choisit de dormir dans la première chambre tandis que je m’installe dans la seconde qui est plus grande mais qui donne sur la rue donc risque d’être plus bruyante. J’essaierai de ne pas trop avoir besoin de traverser sa chambre pendant la nuit.
Nous nous réveillons vers 10h30. Mathilde a fait pratiquement le tour du cadran et moi pas loin. Après ma douche nous quittons notre pension pour aller petit déjeuner et dans la foulée prendre le bus pour le site d’Epidore. Nous trouvons un self service juste à coté de la gare routière. Nous nous installons en terrasse avec un friand au jambon et au fromage et un petit pain au chocolat ainsi que des jus d’orange frais en briques. Puis nous allons attendre le bus qui part à midi de l’autre coté d’un square qui est devant nous.
Au bout de 45mn on arrive au terminus du bus qui se trouve sur le site d’Epidore. Il s’agit d’un grand site antique où était vénéré le dieu Asclépios aussi appelé Esculape en latin. Fils
d’Apollon il avait été élevé par le centaure Chiron qui lui avait appris la médecine et il guérissait ceux qui le vénéraient. Du coup tout un complexe religieux et hospitalier s’est développé à cet endroit. Les pèlerins devaient d’abord se purifier en se lavant et en procédant à des cérémonies sacrificielles. Il fallait bien sûr faire des dons au dieu et au temple. Ensuite le pèlerin s’endormait dans l’enceinte du temple et le dieu lui apparaissait dans ses rêves en lui indiquant les remèdes à employer pour le guérir. Au matin les prêtres du temple étaient là pour aider à l’interprétation des rêves et pour dresser les ordonnances. Il parait que beaucoup repartaient guéris probablement en partie grâce à la foi et à la force de suggestion. En tout cas il n’était pas bien vu de mourir sur place et les prêtres veillaient à raccourcir le séjour de ceux qui auraient pu mourir et dégrader les statistiques de réussite.
On se promène sur le site qui est très vaste. D’abord on va dans le musée qui abrite des restes de statues et de sculptures trouvées sur le site. Une gardienne m’autorise à toucher et du coup je peux apprécier la finesse de différents drapés de femmes qui sont très étonnants avec des détails très précis on peut par exemple distinguer qu’une femme porte deux épaisseurs de tissus. Il y a aussi de nombreux morceaux de colonnes et c’est l’occasion de réviser les différences entre les styles de colonnes. Avec les colonnes corinthiennes qui ont des
chapiteaux ornés de feuilles d’accantes qui descendent en cascade. Tandis que les colonnes doriques ont des décorations en spirale un peu comme deux cornes de bélier. Enfin les
colonnes ioniennes ont des décorations simples avec juste des bandes rectilignes éventuellement un peu en surplomb les unes des autres.
Puis on sort du musée pour faire le tour des différents bâtiments qui ont été mis à jour. A chaque fois il y a des panneaux en grec et en anglais qui expliquent très bien les découvertes faites par les archéologues. La grande époque du site se situe entre les années 400 et 500 avant Jésus Christ, à la grande époque hellénistique.
On voit d’abord un bâtiment où il y avait semble t’il des sacrifices puis des repas qui étaient pris par la foule des pèlerins dans la communion générale pour se régénérer en mangeant la nourriture sacrée. Il parait qu’ensuite ce lieu a servi d’Odéon aux romains lorsqu’ils ont
occupé le site. C'est-à-dire un petit théâtre couvert. Puis on voit un gymnase où avait lieu des compétitions de gymnastique. Il y a aussi un stade aménagé dans un ravinement du terrain où se mesuraient des athlètes et où on voit encore quelques rangées de gradin. Car en fait le lieu était devenu tellement important qu’il y ait de grands rassemblements et c’était régulièrement l’occasion d’organiser des fêtes, spectacles et autres jeux. On voit aussi le temple proprement dit du Dieu où il y avait une zone pour les personnes venues prier et une zone pour stocker les offrandes. Devant le temple il y avait une grande statue du Dieu. Comme nous avons pu le voir dans le musée il est souvent représenté avec un bâton à la main autour duquel s’enroule un serpent. La légende dit qu’Asclépios guérissait si bien tout le monde qu’un jour il s’est mis à non seulement à guérir mais aussi à ressusciter des morts ce qui n’a pas plu à Zeus qui l’a alors transformé en étoile du serpentaire ou de la petite Ourse selon les légendes. Ensuite on voit des bâtiments où pouvaient dormir les malades. Il est à noter que des isolations étaient ménagées entre certains bâtiments pour éviter la propagation d’éventuelles maladies contagieuses.
Enfin on vivoir le théâtre qui est pratiquement intact avec ses gradins qui pouvaient accueillir jusqu’à 14000 personnes. Il s’adosse sur une colline avec environ 50 à 60 rangées de gradins qui sont disposées autour de la scène en formant presqu’un trois quarts de cercle. La scène elle est circulaire avec en son centre un rond qui matérialise le point précis ou l’acoustique est la meilleure et où donc devait se tenir le personnage principal. Derrière la scène il y a un mur qui accueillait peut-être des décors ou bien cachait les coulisses. On monte tout en haut des gradins pour se rendre compte de l’effet que cela fait. On y entend très bien tous les bruits et les voix des personnes qui sont sur la scène pour peu qu’il n’y est pas trop de monde qui parle en même temps. Cela devait imposer au public d’être relativement sage car non seulement on entend très bien ceux qui sont sur la scène mais aussi les autres spectateurs même ceux qui sont à l’autre bout de l’hémicycle et par exemple on entend un type se moucher alors qu’il est presque à l’autre bout. Il parait que l’on peut entendre le bruit d’une pièce de monnaie qui tombe ou d’un papier qui est froissé au milieu de la scène. Du coup les groupes de touristes se succèdent pour tenter l’expérience. Les uns font tomber une pièce, les autres récitent une poésie et certains chantent un refrain. Nous nous sommes entretemps déplacés pour nous installer au milieu en hauteur et en largeur des gradins. Il y a beaucoup de groupes d’allemands. A un moment je me lance mon propre défi et je décide d’aller tenter moi-même de chanter. Je descends l’escalier qui mène à la scène et plus je descends plus je suis intimidé et je me demande comment esquiver ce défi que je me suis lancé. Mais je prends mon courage à deux mains pendant que Mathilde de loin me guide à la voix pour me faire trouver le rond central. Là je me retrouve dans une bulle très spéciale où on ressent la résonnance de tout le théâtre, un peu comme lorsqu’on est au fond d’une citerne. Je me mets à chanter le refrain du Nan iren familial et suis applaudi par les touristes présents à ce moment là. Puis je remonte rejoindre Mathilde et nous écoutons les autres groupes se succéder en attendant qu’il soit l’heure du bus de retour pour Nauplie. Il y a notamment un groupe d’allemands qui forment une chorale et qui chantent un chant avec chacun leur carnet de chant.
Puis on prend le bus de 16h qui nous ramène à Nauplie. J’en profite pour faire une petite sieste. Une fois à Nauplie nous entreprenons d’escalader la colline où se trouve la seconde forteresse de Nauplie c'est-à-dire la Forteresse Palamède. Elle a été construite au début du
18ème siècle par un architecte français et pour le compte des vénitiens, qui tenaient la ville à l’époque, et était réputée imprenable. Mais il parait qu’étant passé du coté des ottomans cet architecte leur a donné les plans de la forteresse et leur a permis de s’en emparer. En tout cas la ville est redevenue turque pendant un siècle jusqu’en 1823 où les partisans de l’indépendance grecque sont venus attaquer la ville et se sont emparés de la forteresse ce qui a permis de libérer la ville des turcs et d’y établir la première capitale de la Grèce indépendant avant que la capitale ne soit transférée à Athènes en 1834. Il parait que parmi les indépendantistes il y avait une femme qui s’appelait Laskarina Bouboulis. Après avoir eu deux maris elle a dirigé elle-même une
entreprise d’armement de bateaux qui a fait fortune notamment en forçant le blocus continental de Napoléon et une fois fortune faite elle a mis ses navires à la disposition des indépendantistes et elle est venu soutenir le siège de la forteresse qui est tombée en ayant affamés la garnison assiégée. Cette femme est morte ensuite dans une vendetta où elle a reçu deux balles dans le front.
On entreprend l’ascension du rocher qui soutient la forteresse. L’accès se fait par un escalier de plus de 900 marches mais qui sont bien régulières et faciles à monter. Cela nous conduit à 200 mètres d’altitude d’où on a une vue magnifique sur toute la presqu’île avec la vieille ville de Nauplie et un peu plus loin la ville nouvelle, ainsi que le port où s’activent des navires et des grues de chargement que l’on peut entendre au loin. On voit aussi les deux autres forteresses celle que l’on a parcourue hier d’Acronauplia qui est beaucoup plus bas et une troisième forteresse qui est construite sur un îlot dans le golfe formée par la presqu’ile. J’imagine que les trois forteresses devaient se soutenir mutuellement et contribuer au caractère imprenable du lieu. En haut de celle où nous sommes il y a les restes de six fortins qui étaient répartis sur la plate forme au sommet du rocher. Chacun des fortins portait le nom d’un célèbre guerrier grec antique. On ne voit que deux ou trois fortins sur les six car ils sont très grands et il devait falloir des centaines d’hommes pour composer les garnisons de tous ces fortins d’où probablement des difficultés d’approvisionnement et le risque d’être affamés. On admire les murs épais et les remparts crénelés qui dominent le vide. A un endroit on voit un cachot qui avait été aménagé dans l’épaisseur d’un des murs et où on rentre par deux portes basses successives et où il fait totalement nuit. Il y a aussi les restes de pièces aménagés dans des arcades adossées aux murs et qui devaient abriter les soldats et les magasins. Puis on redescend par le même escalier. On croise un sportif qui monte en courant et qui nous double quelques minutes après en descendant toujours en courant.
Une fois en bas on se promène au bord de mer et on s’arrête dans un café pour prendre un apéritif. On déguste des pistaches que l’on a achetées peu avant et je bois un ouzo au citron très bon. L’ambiance est très calme et agréable. Puis on repasse à la pension cherché un chandail et on ressort pour diner. Mathilde voudrait trouver un restaurant plus typique que ceux touristiques qui sont dans la vieille ville et nous tentons d’en trouver un dans la ville moderne mais nous ne trouvons rien et atterrissons dans une pizzeria qui doit être bonne car ce sont des italiens qui sont attablés à la table voisine en terrasse. Je commande juste une salade aux palourdes tandis que Mathilde prend une pizza très bonne. Puis on rentre se coucher à l’hôtel où je travaille tardivement sur mon ordinateur à tacher de terminer mon rapprochement de fichiers IBM. Je m’endors à 2h passées.
Mathilde me réveille vers 11h, après une douche rapide nous sortons pour petit déjeuner et prendre le bus pour Mycènes qui part également à midi de la gare routière. Le self où nous nous étions arrêtés hier n’a plus rien pour le petit déjeuner mais nous allons à la terrasse voisine où nous commandons deux omelettes. J’envisage de commander un club sandwich en me disant que ce sera plus facile à transporter le cas échéant dans le bus mais Mathilde n’entend pas ma réflexion et commande les deux omelettes. Elles sont magnifiques avec des pommes de terre sautées très bonnes et nous avons tout juste le temps de les terminer avant qu’il ne soit l’heure d’attraper le bus. Il y a un groupe d’adolescentes françaises qui sont venues s’installer à la table voisine.
Au bout d’une petite heure de bus nous arrivons sur le site de Mycènes qui est le terminus du bus. On rentre sur le site où une fois de plus l’employé nous remet deux billets gratuits. On commence par visiter le musée où on voit toute une série de vitrines avec surtout des céramiques retrouvées dans les fouilles. Mathilde entreprend de me lire les différents panneaux qui expliquent en anglais la situation du lieu et les découvertes faites dans les fouilles. Il s’agit ici d’une capitale beaucoup plus ancienne que le site d’Epidore que nous avons vu hier puisqu’ici l’apogée de cette ville se situe autour des années 1300 avant Jésus Christ. Du coup les restes sont beaucoup moins parlants. Les panneaux explicatifs sont aussi, je trouve, moins dynamiques que ceux d’hier et ici se contentent de donner une description statique du lieu sans s’étendre sur la fonction des différents bâtiments. Après avoir tissé des liens étroits avec la civilisation Minosienne de Crète, après l’âge de pierre et au début de l’ère de bronze c'est-à-dire entre 2 et 3000 avant Jésus Christ Mycènes a étendu son influence sur toute la région et est devenue une grande capitale. Vers l’an 1500