Parti pour une fois pas trop en retard de Descartes je suis vers 19h25 sur le quai du train pour Florence qui part à 19h37. Au moment de m'engager sur le train au bras d'un gentil monsieur qui m'a proposé de m'accompagner, je retrouve Rita et une de ses amies Nathalie. Elles me prennent en main et on va jusqu'à notre wagon le 130 où nous avons six couchettes réservées.
En effet Rita de Labigne m'a appelé il y a un mois environ pour me proposer de venir partager pendant une semaine la location d'une villa en Toscane avec elle et quelques uns de ses amis. Je suis très content de retourner en Toscane où je ne suis pas allé depuis de nombreuses années. Je suis content aussi de revoir Rita avec qui j'ai passé de bons moments. Cela m'amuse de partir avec des gens que je ne connais pas puisque il est prévu que nous serons huit et que je ne connais que Rita; Evidemment c'est une formule de vacances pas très exotique pour moi mais de toute façon les gens prêts à faire des voyages exotiques se font rares et je n'avais pas d'autres projets en vue;
Je me propose de profiter que je suis pour une fois en avance pour aller m'acheter une bouteille d'eau mais Rita, après s'être renseignée m'annonce qu'il y a un wagon restaurant dans le train. Après quelques minutes d'inquiétude à l'idée que le wagon restaurant puisse n'être qu'une voiture bar, je suis tout content à l'idée d'aller dîner au wagon restaurant;
Une fois dans notre compartiment, je monte les bagages des uns et des autres dans le porte bagages. On se retrouve à six avec donc Rita, Nathalie Paulet, Laurence Bonamour, Sophie Desprauges et Didier Freidel.
A peine le train a-t-il démarré que je me lance dans les couloirs pour aller réserver une table au wagon restaurant. Nathalie me suit car elle veut faire déboucher une bouteille de Chianti que Laurence a apportée.
On progresse difficilement dans les couloirs qui sont passablement encombrés de voyageurs qui flaecirc;nent aux fenêtres. Arrivé à la voiture restaurant on ne peut pas y rentrer car la porte qui mène au wagon est verrouillée. Il paraît que même le contrôleur n'a pas réussi à l'ouvrir. On attend donc avec quelques autres voyageurs. C'est amusant de voir la réaction des autres voyageurs qui arrivent après nous et à qui on annonce que c'est fermé. Il y a ceux qui font confiance, ceux qui ne font pas confiance mais n'osent pas directement vérifier eux mêmes du coup ils mènent l'enquête en questionnant, ceux qui ne font pas confiance et n'ont pas honte de le montrer et vont tenter eux mêmes d'ouvrir la porte.
Bref au bout d'une petite demi-heure quelqu'un de l'autre côté finit par ouvrir la porte et on peut rentrer dans le restaurant. Nathalie se fait plus ou moins ouvrir sa bouteille en cuisine. Le personnel français a l'air très peu aimable. On s'assied à une table Le garçon poursuit les passagers qui pourraient vouloir s'asseoir et consommer sans prendre le menu unique qui est proposé. Je tente de commander un apéritif mais le garçon ne nous écoute même pas et s'occupe de faire le tri entre les bons et les mauvais clients.
On se sert donc un petit verre de notre chianti en guise d'apéritif. Rita qui est la seule à vouloir dîner avec moi nous rejoint. Le garçon à qui on a annoncé que l'on serait deux pour dîner a ôté deux couverts à la table de quatre où on s'est assis.
Les tables sont assez sympa avec des nappes blanches et un vrai couvert. Mais le décor est moyen avec des néons pour éclairage et aucune trace de décoration. Le garçon nous sert une coupe de champagne de qualité médiocre en guise d'apéritif, sans nous donner le choix. Je préfère rester au chianti. Didier qui nous a aussi rejoint entre temps se voit proposer une coupe ainsi que Nathalie bien qu'ils n'aient pas l'intention de dîner.
Puis on nous propose des paecirc;tes ou une terrine de lapin. Suivi d'une dorade ou d'un sauté de veau. La dorade est plutôt bonne. Le service reste très simple et la cuisine n'est que réchauffée dans le wagon. Puis je prends du fromage tandis que Rita prend une crème vanille. Pour laisser du chianti aux autres je me suis commandé aussi une bouteille de Côtes du Rhône.
C'est tout de même très sympa de pouvoir dîner dans le train, cela m'évoque des tas de souvenirs, cela a plein de charmes même si ce n'est plus ce que c'était et c'est une bonne façon de faire connaissance avec mes compagnons de voyage. Didier a été relever Laurence et Sophie de la garde des bagages et celles-ci sont venues nous rejoindre un petit moment.
Puis on paie notre dîner, soit 160f par menu, plus le Côtes du Rhône à 55f, la demi-bouteille. Je crois qu'il faut bien savourer ce dîner car c'est probablement un des derniers que l'on peut prendre au wagon restaurant du moins en Europe de l'ouest.
Pendant le dîner on a vu passer le contrôleur à qui les filles trouvent un air tout à fait bcbg et mignon. Ils nous prend nos billets et nos cartes d'identité pour ceux qui l'ont. Je suis étonné qu'il demande les cartes d'identité maintenant que nous sommes sous le régime de Schengen. Mais il m'explique qu'à la frontière les douanes et la police les vérifient.
Puis Nathalie, Rita et moi retournons à notre compartiment où les autres sont déjà couchées. Il n'est pas très tard seulement 22h. Mais on met tout de même en place une des banquettes du milieu pour que Nathalie puisse aussi se coucher Je lui installe sa couchette y compris les draps et couvertures. Et moi-même je me prépare lentement mais sûrement en me lavant les dents et en me mettant en pyjama, après avoir rapatrié en bas mon gros sac et mon ordinateur pour avoir mes petites affaires à portée de main. Je dors en bas, mais malgré l'air conditionné j'ai tout de même chaud pendant la nuit.
Je me lève vers 6h pour aller aux toilettes, je réveille tout le monde en tentant de sortir du compartiment qui est verrouillé au moyen d'un verrou secondaire de l'autre côté de la porte par rapport au verrou normal, sur lequel je m'acharne jusqu'à ce que Didier se lève pour m'aider.
Je plains Didier qui ne parvient pas à dormir du tout dans le train. J'ai du mal à me rendormir après cela. Mais j'y parviens et je ne suis réveillé que vers 8h30, lorsque les autres croient que l'on arrive à Florence. En fait on n'y arrive que vers 9h et j'ai tout le temps de m'habiller et de continuer paresseusement ma nuit en bouquinant, jusqu'à l'arrivée.
En gare de Florence, après avoir descendu tous les bagages, Rita et moi partons le long du quai. On attend les autres au bout, moi avec mon beau chapeau de paille. Mais ils nous passent à côté et on les attend un moment avant que l'un d'eux ne revienne en arrière pour nous dire qu'ils sont à la consigne, où on dépose les bagages. Je ne comprends pas pourquoi on met les bagages à la consigne plutôt que de prendre les voitures de location et de partir à la villa qui nous attend. Mais j'apprends que la villa n'est libre qu'à 17h cet après-midi et que nous allons mettre à profit ce temps pour visiter un peu Florence. Tant mieux.
Je laisse donc toutes mes affaires à la consigne, y compris mon petit blouson. On sort de la gare et sous la conduite de Sophie qui est déjà venue plusieurs fois ici on va à la place Santa Maria Novella où elle se rappelle qu'il y a des cafés sympa pour prendre un petit déjeuner.
On s'installe sous un auvent et on commande des capuccino, du thé et du lait froid pour moi avec des brioches. Cela fait du bien et je recommande une brioche et un lait froid. Didier téléphone avec son mobile pour prévenir Hertz que l'on viendra chercher les deux voitures seulement vers 4h. Laurence nous explique qu'elle a été guide à Rome auprès des soeurs de la Trinité des monts, pendant six mois. Elle me lit le guide Michelin à propos de l'église Santa Maria Novella qui se trouve en face de nous. De l'autre côté de cette grande place qui servait jusqu'au siècle dernier paraît-il pour des courses de char et autres réjouissances populaires.
Laurence et moi faisons une visite approfondie de cette église Santa Maria Novella
Il y a de belles statues notamment en bois. On voit aussi la sacristie avec un lavabo de marbre et un haut relief de terre cuite au-dessus fait par un certain Lucas de la Robia.
De là on va jusqu'à la place du Dôme. En chemin on s'arrête à un petit kiosque de change où Nathalie change des livres anglaises qu'on lui a donné à la Société Générale à Paris alors qu'elle avait demandé des lires. Le cours du change dans ce kiosque est très intéressant mais en fait la commission de change forfaitaire de 50 000 lires s'avère exorbitante et la transaction devient du coup pas du tout intéressante. Nathalie que l'on pousse à se dépêcher se fait avoir et ensuite elle est à juste titre vexée de s'être ainsi laissée prendre au piège et d'avoir perdu bêtement l'équivalent de 75f par rapport à ce qu'elle aurait pu avoir dans une autre banque où on s'arrête pour comparer. En gros on a 300 lires pour 1 franc.
C'est frappant de voir à quel point la place où l'on se trouvait était sans trop de touristes et la différence avec la place du Dôme où on arrive qui est noire de monde. Comme d'habitude les touristes se concentrent sur les points principaux de visite et ne sortent pas des sentiers battus.
On doit même faire la queue pour entrer dans la cathédrale. Heureusement ma canne blanche nous permet de doubler une bonne partie de la queue.
Du Dôme, on va faire la queue pour entrer au baptistère de Saint Jean-Baptiste avec notamment ses grandes portes célèbres pour les vingt panneaux sculptés qui ornent chacune. On voit notamment dans ces panneaux représentées les vertus théologales: Foi, Espérance et Charité, ainsi que les vertus cardinales: Justice, Humilité, Prudence et Tempérance.
Baptistère de Saint Jean-Baptiste
Ici, pour le baptistère, il faut payer 5000 lires par personne pour entrer.
En ressortant, on attend un peu les autres notamment Didier et Sophie qui sont partis à la recherche du grand magasin Renaissance qui pour s'y raser, qui pour y acheter une serviette de bain.
De toute façon, on est forcé de s'arrêter par une grosse averse et on s'abrite sous l'auvent d'un restaurant sur la piazza de la Seigneurie. Du coup, en marchant un peu plus loin comme on passe devant un restaurant qui propose un menu à 23 000 lires ce qui ne semble pas trop cher. Une majorité se dégage et on se retrouve à table.
On est au restaurante Uffizi via del Castellani 22, téléphone 055-219520
Je commande un bruschetta et des paecirc;tes aux champignons à la place du risotto que j'aurais volontiers pris. Mais bizarrement le risotto proposé dans le menu n'est pas disponible à la carte; Après un autre petit débat, il est convenu que chacun paiera sa part de déjeuner. Je crois que c'est la première fois depuis vingt ans que je me retrouve dans une telle situation. C'est plutôt rigolo car cela me rajeunit de me retrouver avec des personnes aussi stressées par ces préoccupations matérielles. D'autant plus rigolo que in fine chacun ayant pris un menu paie 23000 lires plus 1000 lires pour les bouteilles d'eau. Et si on avait simplement pris l'addition et partagé la moyenne serait revenue strictement au même voir un peu moins cher car j'ai pour ma part pris des plats moins chers, donc j'aurai fait baissé la moyenne.
En sortant on se sépare, Didier et moi allons louer les voitures tandis que les filles vont faire des courses notamment dans une librairie;
On marche le long de l'Arno
On passe devant le ponte Vecchio
Puis on continue encore un peu et après avoir demandé à plusieurs personnes on finit par trouver l'agence Hertz dans une petite rue non loin de la gare.
La préposée de Hertz est très gentille et parle très bien anglais; Mais au moment de nous louer les deux voitures que j'ai réservées elle réalise que les permis de Nathalie et Laurence que je lui tends correspondent à une réservation prépayée qu'elle a par ailleurs.
J'ai beau expliquer que cette réservation n'a pas lieu d'être, et que si mes amies avaient effectivement déjà payé d'avance des locations, elles n'auraient pas manqué de me le dire. Elle est troublée, je ne m'explique pas très bien et, comble de malheur pour moi, Didier met son grain de sel et se range de son côté en refusant que nous louions ces voitures avant d'avoir consulté les filles. Je suis passablement énervé d'une telle incapacité à aller de l'avant et ce réflexe "il est urgent d'attendre" m'exaspère, d'autant plus que cela me semble tellement évident que j'ai du mal à comprendre comment les autres peuvent avoir un doute.
On va s'installer à une terrasse de café juste voisine et je prends une glace au café que gentiment Didier m'offre tandis qu'il prend un café. Il est d'ailleurs passablement fébrile et ne tient pas en place. Il veut téléphoner avec son mobile, aller s'acheter un journal, il se lève trois fois pour aller me chercher des serviettes en papier etc.
Les filles finissent par arriver au bout d'une heure alors que je me suis assoupi sur ma chaise, que Didier est parti pour revenir avec une brioche. Sophie confirme qu'elle n'a pas donné suite aux réservations qu'elle avait commencé par faire chez Havas. On peut donc retourner chez Hertz pour louer les deux voitures que j'avais réservées. Heureusement, cela va assez vite et on n'en a que pour vingt minutes. En plus le prix annoncé pour IBMers comprend ici les assurances et donc c'est une bonne surprise. Et même les conducteurs supplémentaires ne sont pas facturés ce qui permet à Laurence de se mettre sur chacune des voitures tandis que Nathalie et Didier se mettent en conducteur principal sur la Ponto et sur la Nissan. Les locations sont en catégorie C et coûtent 400 000 lires soit 1250f pour la semaine. L'une est louée pour une semaine et l'autre pour 15 jours car certains d'entre nous vont rester en deuxième semaine.
On va chercher les voitures dans un garage voisin. On va se garer devant la gare pour récupérer les bagages et les charger; Puis on prend la route vers notre villa. Il faut prendre l'autoroute et rouler pendant environ 50km. J'en profite pour m'isoler un peu et bouquiner ou somnoler.
On arrive dans une région de collines très jolie. On cherche pendant un long moment ladite villa. C'est près de la ville de Monte Catini. De là on cherche longtemps le village de Casore del Monte On demande à plusieurs personnes sur le bord de la route, mais on ne comprend pas bien leur italien, la route qu'il faut prendre est toute petite et on passe plusieurs fois devant sans la prendre et le plan que l'on a reçu au moment de la location de la villa est très mal fait.
On finit par y arriver, notre voiture conduite par Laurence et avec Nathalie arrive après celle des autres qui commençaient même à s'inquiéter pour nous.
On se retrouve dans une maison au-dessus de celle des propriétaires. Le site bénéficie d'une vue très jolie depuis le haut d'une colline. Notre maison est composée de deux chambres, salon salle à manger au rez-de-chaussée et de trois chambres au premier étage. Avec une salle de bains en entresol et une autre au rez-de-chaussée. La maison semble décorée et meublée avec un très mauvais goût et elle est équipée avec le strict minimum. Mais bon c'est sympa on est en vacances. Ce qui est aussi une surprise c'est de découvrir que les lits individuels promis pour toute cette bande de célibataires sont réunis deux par deux et que l'on nous a mis à disposition que des grands draps donc on doit dormir en formule grand lit.
Je choisis une chambre au premier étage qui me plaît car elle semble un peu à l'écart des zones de bruit collectif.
Finalement il paraît que je dormirai seul. Je ne m'en plains pas. Et j'installe mes petites affaires dans l'armoire. Je branche mon ordinateur. Les filles qui sont venues m'aider à faire mon lit avisent les deux bouteilles de champagne que j'ai apportées et se chargent de les mettre au frais.
Pendant que je m'installe, les autres discutent longuement dans le salon, notamment avec le propriétaire. Puis je descends avec mon ordinateur pour remplir le tableau des comptes avec les dépenses du jour. Je réalise soudain qu'il est bientôt dix heures et que l'on ferait mieux d'aller dîner. J'interromps donc un peu leurs jacasseries et je pousse au départ. On met tout de même une bonne dizaine de minutes à décoller. On prend les deux voitures et on repart sur la route. On ne va pas jusqu'à Monte Catini comme certains le planifiaient et on s'arrête à un restaurant la Margarita devant lequel on est passé cet après-midi et qui est à quelques kilomètres de chez nous.
On traverse deux salles bruyantes de clients italiens pour se retrouver dans une arrière salle à peine moins bruyante. La serveuse est très sympa et on commande un bon petit dîner avec trois antipasti pour six que l'on va se partager. Puis je commande des gnocchis aux épinards qui sont très bons. On prend aussi un vin rouge du pays tout à fait agréable.
Quand on ressort, il pleut de nouveau et le temps de rouler jusqu'à la maison il pleut des cordes. Laurence et moi, qui sommes dans une voiture, avons le courage de sortir sous la pluie. Mais on n'a pas la clé de la maison donc on attend un peu les autres à la porte. Comme il restent calfeutrés dans leur voiture, je m'impatiente et décide de redescendre le petit escalier qui mène au parking pour tenter de retrouver la voiture des autres parmi les trois ou quatre voitures qui sont là et pour rapporter la clé. Je retrouve avec juste quelques taecirc;tonnements la bonne voiture et Rita me passe la clé par une des fenêtres. Mais pour retrouver le chemin de retour je cherche longtemps le trou dans la haie qui mène à l'escalier. Je finis par le retrouver mais lorsque j'arrive en haut je suis complètement trempé. On ouvre la maison avec Laurence. J'ôte mon petit blouson qui n'est décidément pas imperméable au point que non seulement il est trempé mais ma chemise en dessous l'est tout autant. On monte dans nos chambres. Laurence s'installe dans la sienne avec sa guitare et se met à chanter. Je m'assied par terre devant elle et l'écoute. Les autres finissent par monter avec le bruit de la pluie et du chant on ne les entendait pas toquer à la porte, heureusement il y avait une autre porte ouverte pour entrer dans la maison.
Je mets mes affaires à sécher. Puis je me prépare à me coucher tandis que les autres rigolent dans la chambre à côté. Didier, qui commence à accuser le coup de sa nuit précédente sans sommeil, se retire pour aller se coucher et renonce à aller chercher les deux autres garçons qui en principe doivent arriver ce soir en avion à Florence, puis de là en taxi jusqu'à la ville de Monte Catini.
En fait une fois que je suis couché, j'entends le taxi de Karl qui arrive à bon port. Je ne sais pas comment le chauffeur qui ne connaît pas le coin a fait pour trouver la maison mais il s'est bien débrouillé et du coup les filles redescendent pour accueillir ledit Karl qui arrive seul car il n'a pas retrouvé comme convenu Aymar à l'aéroport de Florence.
Je suis réveillé peu avant dix heures par les cloches de l'église voisine, qui doivent annoncer la messe. Je vais prendre ma douche mais je réalise alors qu'il n'y a pas d'eau. Nathalie qui me suit de près et que je préviens de l'absence d'eau avant qu'elle ne s'enferme dans la salle de bains, descend demander aux propriétaires qui bavardent sous ma fenêtre comment cela se fait. Il paraît que pour avoir de l'eau il faut rebrancher le compteur électrique qui a dû être coupé par l'orage cette nuit.
Les propriétaires de la maison habitent juste en dessous de nous dans le sous-sol. Ils doivent probablement habiter dans la maison pendant l'hiver et émigrer dans le sous-sol en période de location. Cela fait un peu bizarre d'être surveillés de près par les propriétaires. C'est surtout désagréable parce que la fenêtre de ma chambre donne sur le devant de la maison et ils papotaient ce matin sur le parking des voitures sous ma fenêtre.
On peut donc prendre une douche. Puis je m'habille dans ma chambre et je m'installe pour rédiger ces notes de voyage en attendant que les autres se réveillent et se préparent.
Puis certains vont à la ville de Monte Catini d'où Aymar a téléphoné pour prévenir qu'il y avait dormi et où on espère pouvoir faire quelques courses.
Rita qui est restée vient me rejoindre dans ma chambre et m'aide allongée comme moi sur mon lit, à rédiger ces notes. Puis les autres reviennent et préparent un brunch que l'on prend tous ensemble dans la salle à manger de la maison. Tout était paraît-il fermé à Monte Catini mais ils ont trouvé de quoi faire un brunch chez un restaurant traiteur et dans un bar.
Après le déjeuner je fais la vaisselle puis je remonte écrire encore un peu et faire une petite sieste.
Rita vient me réveiller pour me prévenir qu'un départ se prépare. Je m'ébroue un peu et je descends. On attend un petit moment que tout le monde s'ébranle, puis on monte en voiture. Nathalie a envie de conduire mais Laurence s'est installée d'autorité au volant de la Nissan et du coup Didier a pris les commandes de l'autre voiture. J'ai beau faire remarquer que Didier n'est pas assuré pour conduire la Punto ils restent cramponnés à leur volant et on part.
Le but de la balade est d'aller visiter des petits villages et pour certains d'aller à la messe à 18h30 à la ville voisine de Monte Catini.
On s'arrête dans le premier village de Casore del monte qui est sur le flanc d'une colline; Là on arrive juste au moment de la remise des prix d'un rallye automobile
On rentre aussi dans une petite maison qui sert de musée culturel où sont exposées de vieilles machines domestiques. On y voit une vieille machine à écrire, des moulins à café, des presses à olive, et tous les ustensiles de la maison qui ont du être extirpés des greniers des environs.
On accélère un peu la visite et le départ car l'heure tourne.
on reprend les voitures et on roule jusqu'à Monte Catini. Là on a du mal à se garer car la place centrale et les rues avoisinantes sont bloquées à la circulation.
On marche vers la place centrale, il y a beaucoup de monde dans la rue. Au point que je crois qu'il y a une manifestation genre grand concert qui se prépare. Mais en fait pas du tout on apprendra qu'il s'agit simplement de badauds qui se promènent le soir et déambulent dans cette ville d'eau. Il y a des hôtels un peu partout avec des tas de petits vieux qui sont assis aux terrasses des hôtels.
On demande la cathédrale et on y arrive alors que la messe est déjà commencée. J'hésitais à y aller partagé entre le désir de prier et la crainte de ne rien comprendre à une messe en italien. A peine rentré dans l'église je réalise que je ne vais rien suivre et que je serai incapable de bien me concentrer. Je quitte donc Nathalie avec qui j'étais pour ressortir de l'église.
Alors que je me demande ce que je vais faire pendant une heure et si je vais ou non m'aventurer seul dans les rues de la ville, je tombe sur Didier, qui n'a pas non plus envie d'aller à la messe Nous attendons d'abord un peu Laurence qui était encore en train de garer sa voiture et Didier voudrait être rassuré sur son sort. Mais je le convainc que l'on peut lui faire confiance et que tout doit sûrement bien se passer et on va se balader.
on déambule dans les rues qui sont pleines de flaecirc;neurs endimanchés. Didier s'arrête dans une paecirc;tisserie pour acheter un sac de petits gaecirc;teaux qu'il s'enfile en dix minutes.
En fait il n'y a pas grand chose à voir dans la ville hormis des hôtels et des avenues plutôt modernes mais sympathiques avec tout ces piétons. C'est agréable de ne pas avoir de circulation automobile et de ne pas avoir de touristes : on entend parler presque uniquement l'italien.
On revient, après un grand tour, sur la place centrale et on y retrouve les autres qui sortent de l'église vers 19h30.
On s'assied à la terrasse d'un café et je commande un americano. On grignote des olives et des chips. Aymar est parti s'acheter un ensemble Lacoste, car il y a partout dans cette ville d'eau des boutiques de luxe et notamment de vêtements. Certaines des filles partent d'ailleurs faire un petit tour de lèche-vitrines.
Puis on se retrouve tous à la terrasse du café et on part à la recherche d'un restaurant. Au début, un parti veut trouver un restaurant dans un petit village, puis le parti qui consiste à rester en ville l'emporte et on déambule un peu longuement dans les rues à la recherche d'un restaurant qui convient.
On finit par trouver un restaurant avec une terrasse alors qu'entre-temps la nuit est tombée. On doit attendre quelques minutes pour avoir une table de huit. Puis on s'assied et on commande je prends du jambon de Parme aux figues puis une salade de cèpes, roquette et parmesan. Laurence prend d'excellents raviolis;
Après le dîner on reprend les voitures pour rentrer à la villa. Je descends de ma chambre mon ordinateur pour noter les dépenses des uns et des autres. Puis on va se coucher.
Je me lève le premier vers 10h, je prends une douche. Au moment où je commence à me rincer l'eau vient à manquer. Didier qui est aussi réveillé à ce moment descend rétablir le compteur électrique qui apparemment alimente une pompe nécessaire à l'eau courante. J'utilise pendant ce temps les dernières gouttes qui tombent du pommeau pour vaguement me rincer et puis je retourne dans ma chambre, où je pianote sur mon ordinateur en attendant qu'Aymar revienne du village voisin où je l'ai entendu partir faire des courses.
Peu à peu les autres se lèvent et se préparent un café. Quand Aymar revient les bras chargés de victuailles on s'installe sur la table du jardin en plein soleil. Qui enfin brille aujourd'hui presque sans partage sur le ciel. Je prends un petit déjeuner de lait, de pain, de beurre et de miel. On décide d'aller aujourd'hui du côté de Luc.
Le temps que l'on se prépare je fais une petite sieste et je m'assoupis. Puis je descends attendre prêt sur le parking que les autres soient prêts. On prend nos maillots de bain et serviettes car il est question que l'on pousse jusqu'au bord de la mer.
On est partis vers 13h30. On roule pendant une petite heure pour aller jusqu'à Luc par l'autoroute. On se gare à l'intérieur des remparts et on part à la découverte.
Luc est une ville très jolie et préservée. Des maisons anciennes toujours dans ce style ocre multicolore. Des rues pavées et plutôt étroites dans lesquelles heureusement il n'y a pas trop de circulation automobile, ni trop de vespas. On est à peu près peinards pour se promener. Nathalie me lit l'histoire du guide vert.
Ancienne ville de garnison romaine, Luc est devenue au moyen aecirc;ge une ville libre et riche, graecirc;ce à la fabrication et au commerce de soies. Puis, comme la soie devenait moins prospère, la région s'est transformée en région agricole. Sous le règne de Napoléon il a dévolu cette ville en principauté pour sa soeur Elisa, qui y a régné avec son mari italien de 1805 à 1813.
On arrive à l'église de Frediano avec sa façade de marbre blanc et l'intérieur en style roman pisan construite au 14ème siècle. Elle est très belle car pleine de fresques de couleurs à l'intérieur, malgré une pénombre un peu dense. Elle a la particularité d'être orientée vers l'ouest et non pas vers l'est comme la plupart des églises.
Les quatre garçons ressortent avant les filles et vont les attendre à la terrasse d'un café voisin pour commander un petit verre à boire. Je prends pour ma part juste une bouteille d'eau.
Quand les filles arrivent on repart pour l'église Saint Michel qui a aussi une vaste façade en marbre blanc et vert avec de nombreuses sculptures. L'intérieur est encore assez sombre en style roman. Il y a une grande peinture de la cène peinte par le Tintoret.
Je ne profite pas tellement de l'intérieur et je m'assieds sur un banc en attendant que les autres fassent leur visite.
Puis on continue à marcher dans les rues. On arrive à une place ovale qui est sur l'emplacement d'un ancien amphithéaecirc;tre romain complètement détruit. Les pierres en marbre de l'amphithéaecirc;tre ont servi à faire les façades des églises. Mais en 1830 on a démoli le quartier qui s'était baecirc;ti à cet emplacement et on a percé cette place très belle et très charmante sans voitures ou presque; On s'installe à la terrasse du seul café qui veut bien servir à déjeuner. Et encore une fois que l'on est installé il nous annonce qu'il ne lui reste presque plus rien à cette heure tardive car il est pratiquement 16h. D'ailleurs personnellement je n'ai pas vraiment faim et je ne suis pas tenté par ce qui subsiste à la carte. Du coup je me contente d'un morceau de pain et d'eau.
Cet endroit est très agréable et on passe un bon moment. Puis on se relève et on repart à la découverte de la ville. On va jusqu'au Dôme ou la Cathédrale Saint Martin.
C'est encore une façade en marbre avec de nombreuses sculptures et frises que me commentent Nathalie et Laurence. A l'intérieur, il y a un office. Mais cela n'empêche pas les autres de visiter. Je préfère ressortir car je ne suis pas très tenté par cette ambiance de nouveau très sombre. J'attends sur les marches de l'église où je pique un petit roupillon au soleil. Les autres m'y rejoignent et on prend une photo de groupe sur les marches.
On se rapproche des voitures car il commence à se faire tard. Certains ont encore faim et s'offrent des glaces en chemin. On s'arrête dans un petit marché couvert tout mignon pour y faire des courses pour notre dîner. On est servi de fruits et légumes par une marchande très gentille qui nous donne des conseils de recettes. Les filles sont très raisonnable et ne prennent que peu de choses. On s'arrête après dans un autre magasin pour acheter du pain puis pour acheter du fromage.
On retrouve les voitures et on reprend la route pour rentrer à notre villa, où on arrive vers 20h.
Je monte dans ma chambre m'isoler un peu car j'en ai un peu marre d'être en groupe depuis le début de la journée sans répit. Je bouquine un peu pendant que les filles s'affairent à la cuisine. Je redescends au moment de l'apéro. Il fait nuit et on s'installe sur la table du jardin. Les quatre hommes devisent autour d'un verre de vin, tandis que les filles devisent à la cuisine autour de la casserole de paecirc;tes qui est prévue pour le dîner. Laurence nous joue un peu de guitare en chantant pendant l'apéro. le dîner est très sympathique et ma foi plutôt bon, même si un plat de nouilles n'est pas la cuisine sophistiquée à laquelle on pouvait s'attendre en écoutant tous les plans culinaires autour des étalages de fruits et légumes du marché de tout à l'heure.
Après le dîner, on discute pour savoir ce que l'on va faire dans les prochains jours. Laurence trouve qu'elle n'a pas encore pris un rythme de vacances et voudrait rester se reposer demain et n'aller visiter une ville comme Sienne ou Assise qu'après-demain. Comme elle fait un peu de terrorisme en disant "vous faites ce que vous voulez demain, mais moi je reste à me reposer", je m'oppose à elle en plaidant que si elle considère que la journée d'aujourd'hui a été fatiguante avec un départ à 13h30, je n'ose pas imaginer l'activité qui va régner lors d'une journée reposante. Notre opposition jette un peu de froid mais tout se remet dans l'ordre quand on débarrasse la table et on fait la vaisselle tous ensemble. De toute façon, vu l'inertie du groupe, il est probable que demain on ne fera pas grand chose de plus qu'aujourd'hui. Décidément je n'ai pas le même rythme que mes congénères. Et j'ai du mal à rester plus de trois jours sans faire de sport. Il faudra que demain je me dépense d'une façon ou d'une autre. Après le dîner je note toujours les comptes. Je tente bien de proposer une partie de cartes mais ils ont tous l'air amorti et tout le monde va se coucher. Je monte donc dans ma chambre et je me mets à noter ces lignes.
Puis comme je n'ai vraiment pas sommeil, je redescends faire un petit tour dans la cuisine. J'entends Rita et Sophie qui chuchotent dans leur chambre. Comme je toque à leur porte, elles me disent que je leur ai fait extrêmement peur en faisant du bruit dans la cuisine elles s'imaginaient déjà qu'un inconnu meurtrier s'était introduit dans la maison.
On a décidé de se lever à 9h pour être opérationnels un peu plus tôt que d'habitude. Vers 8h45 je me lève et vais prendre ma douche; Lorsque je descends vers 9h, je suis encore le premier pour me préparer mon petit déjeuner j'en profite pour prendre fruit, tomate, jambon, avant quelques tartines; Entre-temps Karl m'a rejoint, puis peu à peu tous les autres. Il prennent leur petit déjeuner tandis que je remonte me reposer dans ma chambre. De fil en aiguille, le signal du départ n'est donné que vers 11h. Et encore on attend un bon moment sur le parking que tout le monde soit prêt ce qui fait que l'on ne décolle vraiment qu'à 11h30.
On roule pendant deux heures jusqu'à Sienne. Je suis dans la voiture conduite par Didier avec l'air climatisé. On rate à un moment un embranchement d'autoroute ce qui fait que l'on prend un morceau de la route alternative qui sillonne dans les coteaux de Chianti.
On se gare à l'extérieur des remparts de Sienne vers 13h30 et on rentre dans la vieille ville. Laurence a la bonne idée de tenter de relever l'adresse de la rue où on gare les voitures, mais cela ne servira pas à grand chose car elle ne s'en rappellera pas bien et on mettra pas mal de temps à retrouver le parking. Heureusement on repère en rentrant dans la vieille ville que l'on est dans la contrade du porc-épic graecirc;ce aux étendards qui ornent les rues.
En effet la vieille ville de Sienne est divisée en 3 tiers qui sont gouvernés par des gonfaliers
gonfalier Chaque tiers est divisé en quartier appelé Contrade. Il y a encore 17 contrades dans Sienne. Il y en a eu jusqu'à 59 à l'époque faste de la ville. Chaque contrade est administrée par un chef et par un conseil qui ont des pouvoirs de justice et administratifs locaux. Chaque contrade a son église, son musée, ses lieux de réunions. Chaque contrade est aussi placée sous les couleurs d'un animal. Par exemple le porc-épic pour le quartier par lequel nous avons pénétré dans la ville. Et à chaque animal est associée une vertu.
Le temps fort de la vie folklorique de la ville est le palio. C'est une course de chevaux qui a lieu deux fois par an le 2 juillet et le 16 août. Alors 10 contrades sur les 17 participent à une course. Chaque contrade se voit attribuer un cheval tiré au sort. Chaque cheval est monté à cru par un cavalier aux couleurs de la contrade. Et la course consiste à faire trois fois le tour de la place del campo. Tous les coups sont permis y compris passer des alliances entre contrades pour écarter tel ou tel concurrent. Au départ de la course, il y a souvent des faux départs car les chevaux sont très nerveux du fait de toute la foule hurlante et il est donc difficile de les aligner simultanément sur la ligne de départ. La course dure environ 3 à 4 minutes, les chevaux tournent entre deux haies de palissade qui les séparent des spectateurs. Les cavaliers peuvent se pousser dans les palissades ou se faire des queues de poisson, du coup certaines palissades sont renforcées de matelas pour amortir les chutes éventuelles des chevaux et cavaliers.
Les spectateurs sont soit assis sur des gradins disposés autour de la place, soit massés debout au centre de la place. Le tout se passe sur la place del campo dont les accès sont fermés.
On marche dans la vieille ville avec ses maisons très homogènes et très anciennes en briques ou pierre de cette fameuse couleur terre de Sienne, qui fait paraît-il penser à du pain grillé un peu rouge; L'ensemble est très bien conservé et date de la période florissante de Sienne, c'est à dire de 1280 à 1355 dans un style donc plutôt gothique. De nombreuses fenêtres et portes d'immeubles portent la marque de ce style gothique toscan.
On arrive sur la place del Campo. C'est une place étonnante car elle a une forme de coquillage avec le palais du gouvernement qui est en contrebas et les immeubles d'habitation qui sont tout autour dans la partie haute de la place. Il paraît que la coquille est divisée par huit lignes blanches qui tracent des rayons sur le sol et qui symbolisent les neuf parties qui constituent le conseil de la ville. Celui-ci était composé de neuf membres commerçants ou banquiers de la ville à l'époque où c'était une ville libre, concurrente de Florence.
En tout cas cela donne une impression étonnante et Sophie gentiment m'accompagne pour faire le tour de la place et me rendre compte de plus près de cette forme originale de coquillage creux. Tandis que les autres ont déjà faim et ne songent qu'à une chose c'est trouver un restaurant où s'arrêter.
Les filles n'ont tout de même pas très envie de s'arrêter longtemps et préfèrent trouver un endroit pour prendre juste un sandwich. Je suis plutôt leur parti car je suis avide de me balader dans cette ville et de la visiter car décidément je n'y suis jamais venu.
Mais en fait de sandwich rapide il faut aux miss un grand quart d'heure pour se décider sur la boutique où elles vont acheter leurs sandwichs car certaines veulent des pizzas, d'autres des sandwichs, etc. On attend un peu dans le magasin pour se faire servir, puis un autre grand quart d'heure pour trouver un endroit pour s'asseoir et manger nos parts de pizzas, certaines veulent être à l'ombre, d'autres au soleil, etc. Et encore au bout d'un quart d'heure de tergiversations je fais remarquer qu'en principe les pizzas étaient chaudes lorsque on les a achetées et donc on pourrait peut-être se poser pour les manger encore tièdes. On se retrouve donc sur des marches dans une rue avec Sophie et Nathalie tandis que Rita et Laurence sont allées un peu plus loin au soleil. Il y a pas mal de jeunes Français qui viennent pour faire un petit tour touristique avant de converger vers les JMJ à Rome qui ont lieu la semaine prochaine.
Puis on hésite sur l'activité à avoir, certaines veulent trouver un endroit pour prendre un café et une glace d'autres veulent attendre, etc.
On passe devant un cinéma qui projette un petit film sur la fête du Palio. Certains on envie de le regarder. Justement il est 15h30 et il y a une séance qui va commencer. Mais elle sera en anglais et en espagnol alors les autres préfèrent attendre la séance de 16h qui sera en français.
On en profite pour aller prendre une glace dans un magasin non loin. J'ai envie d'une petite glace à une boule mais ce n'est pas possible de prendre qu'une seule boule. Du coup les filles me prennent à la caisse un ticket pour une glace deux boules et je commande une boule café et une boule vanille. Je ne mange que la boule vanille et on met la boule café dans une petit barquette en carton car elle risquait de tomber de mon cornet et c'est quelqu'un d'autre qui va la prendre; Bon an mal an on a mis à peu près 1h30 à déjeuner entre 14h30 et 16h.
On se retrouve au cinéma à 4h moins cinq. On s'installe dans une grande salle pratiquement seuls. On voit un petit film de 20mn très bien fait qui décrit les différentes étapes de préparation du Palio et montre l'épreuve elle-même. Tous les concurrents et leurs acolytes sont costumés en habits du moyen aecirc;ge et cela a beaucoup d'effet. La foule est vraiment en délire et on sent l'esprit rageur des Italiens prêts à tout pour voir leur contrade gagner.
Puis on retourne vers la place du campo pour retrouver les autres à qui on a donné rendez-vous à 16h30. On y arrive à temps et on les retrouve pas trop satisfaits de leur déjeuner car c'était cher et médiocre. Je mets à profit le temps que tout le monde met à se rassembler et se raconter ses petites aventures pour aller accompagner de Sophie téléphoner à Gérard Fromanger dans un café. Mais les deux premiers cafés refusent de nous passer un téléphone ou n'ont que des cabines à carte. Au troisième je dis à Sophie que je vais y entrer seul afin de plus facilement les amadouer. En fait dans celui-ci il y a une cabine à pièces au premier étage. Je téléphone donc à Gérard mais malheureusement je tombe sur un répondeur. J'aurais volontiers été lui rendre une petite visite puisque sa villa est à 22km de Sienne vers le sud et comme nous habitons nous mêmes au nord de Sienne, cela fait trop de route depuis la maison.
De là on se sépare encore car on veut aller voir le Dôme tandis que certains préfèrent rester à se reposer à une terrasse de café.
On marche jusqu'à la place de la cathédrale où s'élève le Dôme qui est très majestueux avec son dôme doré qui m'éblouit même moi avec les reflets du soleil.
A l'intérieur, il y a une grande nef en marbre, qui est un peu sombre. On voit tout au long de la nef, au-dessus des arcades, de part et d'autre des bustes qui représentent les 171 premiers papes.
On achète des tickets pour entrer visiter la bibliothèque attenante à la nef. Là sont exposés de grands manuscrits qui datent du moyen aecirc;ge avec des lettres artistiquement tracées et très grandes, probablement pour être lues dans la pénombre où de loin. Les livres sont aussi illustrés.
Aux murs au-dessus des bibliothèques on peut admirer des fresques très belles, qui représentent différentes scènes de saints.
On admire aussi une majestueuse chaire en marbre, qui repose sur huit piliers, dont quatre ont un socle en statue de lion.
Puis on ressort de la cathédrale pour tenter de monter en haut du campanile. Mais en fait il est déjà fermé. Mais un gardien nous indique à Sophie et à moi que l'on peut monter en haut du musée de la cathédrale qui est dans un baecirc;timent voisin. On attend donc un peu Nathalie et Laurence qui finissent leur visite. Didier et Laurence préfèrent rester sur le parvis. On monte donc à trois dans ce baecirc;timent. Au premier étage on peut admirer des tableaux et des costumes sacerdotaux. On traverse rapidement une galerie qui mène à un escalier en colimaçon étroit. Celui-ci débouche sur une plate-forme assez étroite et un peu longue, qui est nettement moins haute que le campanile, mais tout de même bien au-dessus des toits de la ville. Il paraît que le baecirc;timent sur lequel on est est ce qui subsiste d'un projet d'agrandissement de la cathédrale commencé en 1335. Les Siennois, dans leur rivalité avec Florence, avaient imaginé de construire une cathédrale immense qui aurait été beaucoup plus grande que celle de Florence et qui se serait intégrée à la cathédrale existante, en récupérant la nef de l'ancienne cathédrale pour en faire le transept de la future cathédrale. Mais les travaux qui avaient bien avancé ont été interrompus en 1348 par le début de la grande peste qui a vu la population de la ville réduite de 50 000 habitants à environ 10 000.
On a une très belle vue sur la ville avec une lumière de soleil couchant magnifique. Car pour une fois aujourd'hui on a eu un temps radieux.
Puis on redescend et on va retrouver les autres sur la place del campo. On les cherche pendant quelques minutes avant de les voir. Aymar s'est offert un chandail blanc.
Je retourne dans le café avec le téléphone pour tenter de nouveau d'appeler Gérard, mais c'est de nouveau le répondeur qui décroche.
On quitte cette belle place, on hésite à rester en ville pour la soirée, notamment pour écouter un concert donné par des jeunes musiciens dans une église où Laurence et Didier sont passés tout à l'heure. Il paraît que c'était très beau et que ce sont des jeunes musiciens qui jouent et chantent des airs d'Opéra. Mais le parti de ceux qui s'illusionnent en espérant rentrer à temps pour prendre un bain dans la piscine l'emporte, car on a eu un peu chaud dans la journée alors un bain serait le bienvenu. Ils oublient cependant que notre villa est dans la montagne et que le temps d'y rentrer il sera au moins 20h et donc l'air sera trop frais pour inciter au bain. Moi je serais volontiers resté, car je n'ai pas très envie de passer la soirée à ne rien faire et les jours précédents ont montré qu'après le dîner mes chers compagnons n'ont plus de courage que pour aller se coucher. J'ai tenté en vain de proposer une petite partie de cartes.
Bref on retourne vers les voitures. On met un temps fou à les retrouver car on ne trouve plus la sortie de la ville par laquelle on est entrés. On ne se rappelle plus le nom de la rue où on était, mais on demande aux passants de nous aider à retrouver le quartier du porc épic. On finit après avoir pas mal déambulé dans ces rues charmantes, pavées et anciennes, par retrouver la sortie et nos voitures; Cette dernière balade était une excellente façon de terminer la visite de la ville. La lumière de fin de journée est magnifique, même si les rues étroites ne permettent plus au soleil de briller.
Comme on arrive aux voitures trop tard pour espérer être rentrés à temps pour un bain dans la piscine on se replie sur une visite dans un petit village que connaît Sophie où elle avait loué une autre année une villa.
On roule un petit peu avant d'arriver à ce village de Monte Reggioni
On s'arrêterait volontiers ici pour prendre un petit apéro mais le bar restaurant est fermé et il n'y a d'ouvert qu'un vrai restaurant: Il Castelo
Mais lorsque on est dans le restaurant on nous annonce qu'il n'y a pas de table pour huit disponible en terrasse et qu'il faudra attendre vingt minutes. On hésite à repartir mais heureusement certains en ont marre de tergiverser et préfèrent attendre. On devise donc certains autour d'une petite table en terrasse, d'autres à l'intérieur. Après avoir fait un tour dans des toilettes magnifiques, je m'assieds pour deviser à une table à l'intérieur avec Nathalie.
Puis on se met enfin à table à une belle table au bord de la terrasse avec une vue magnifique sur la vallée plongée dans la nuit. La commande est encore un moment épique, la serveuse nous consacre pratiquement vingt minutes à expliquer les plats aux noms obscurs et à écouter les tergiversations des uns et des autres. Ca y est enfin on a commandé quelques antipasti, j'ai commandé un plat de viande tagliatta à la toscane
Puis on repart. Je monte dans la voiture conduite par Didier avec Rita et Sophie. On rejoint rapidement l'autoroute qui est toute proche. Mais au bout de quelques kilomètres on est bloqués à l'arrêt. On ne sait pas pourquoi mais c'est probablement un accident pour que l'autoroute soit ainsi immobilisé dans un sens sur ses deux voies. On a à côté de nous un camion qui vient de Lituanie. Comme Didier et Sophie s'amusent comme de nombreux autres automobilistes à sortir de la voiture, je leur suggère d'aller demander au chauffeur combien de kilomètres il a fait pour venir jusqu'ici. Mais ils n'osent pas. Ils demandent à d'autres conducteurs sortis de leurs véhicules si ils savent pourquoi on est arrêtés. L'un d'eux dit qu'il s'agit d'un accident à 4km devant nous. Comme cela se prolonge, Didier entreprend d'aller voir derrière si il voit la voiture de nos amis. Il revient nous annoncer qu'ils sont une douzaine de voitures derrière nous. Laurence puis Karl viennent nous rendre visite.
C'est incroyable que l'on soit ainsi totalement bloqués. Le plus bizarre c'est que l'on ne voit pas de secours arriver sur les lieux du drame. On a certes vu trois voitures légères de police passer sur la bande d'arrêt d'urgence mais c'est tout, aucun véhicule lourd, dépanneuse ou ambulance. Il y a un type devant nous qui s'est faufilé et a pris la bande d'arrêt d'urgence en marche arrière. Mais à part cela toutes les voitures restent sagement plongées dans le noir toutes lumières éteintes. J'explique à mes compagnons que néanmoins on peut user et abuser de la radio et même du plafonnier sans crainte de mettre la batterie à plat. Cela fait tout de même plus d'une heure que l'on est ainsi arrêtés.
Je vais avec Karl jusqu'à leur voiture, Nathalie souffre du dos et d'une sciatique. Je lui fais un long massage. Peu après que je me sois arrêté de la masser, on perçoit des frémissements de démarrage dans la file de voitures avec des lumières de phares qui se rallument. Je tente donc de rejoindre ma voiture pour récupérer ma place et faire revenir Karl à la sienne car il est reparti dans l'autre voiture. Mais je ne peux pas avancer très vite entre la glissière centrale et la file de voitures arrêtées. Du coup, à mi-chemin, les voitures que je longe démarrent et de facto la voiture que je poursuis a aussi démarré. Je préfère donc m'immobiliser le long de la glissière pour laisser les voitures passer et attendre la voiture conduite par Laurence. Ils s'arrêtent à ma hauteur et je monte à l'arrière avec Nathalie tandis qu'Aymar est à l'avant.
On fait quelques centaines de mètres assez rapidement puis on avance au pas pendant plusieurs kilomètres. On nous fait d'abord passer sur une seule file, puis on nous fait passer par une ouverture de la glissière centrale, sur une voie de l'autre côté de l'autoroute. On longe ainsi le théaecirc;tre de ce qui a dû être un accident car on voit encore du verre brisé, mais plus aucune trace de voitures ou de blessés, ni même de secouristes. Puis quelques centaines de mètres plus loin on nous fait réintégrer notre côté de l'autoroute et on repart. On est finalement restés bloqués pratiquement deux heures et il est maintenant 1h30 du matin. Heureusement on est en vacances donc épargné par le stress de devoir se réveiller le lendemain. Je trouve cela plutôt rigolo.
On roule sur l'autoroute, pendant un bon moment, attentifs à ne pas rater une sortie Monte Catini, puisque Karl nous a précisé en nous quittant qu'il faut sortir à la sortie Monte Catini. Mais ce qu'il n'a pas précisé et ce à quoi nous ne sommes pas du tout attentifs, c'est qu'avant Monte Catini il y a des embranchements de l'autoroute. On ne prend donc pas la branche vers Pise et on a pris celle vers Bologne. En tout cas c'est ce dont on se rend compte lorsqu'au bout de 3 bons quarts d'heure : on commence à s'inquiéter de ne toujours pas voir indiqué Monte Catini. Le temps de consulter la carte routière et on sort de l'autoroute pour la reprendre en sens inverse. Apparemment on a fait une cinquantaine de kilomètres en trop et comme il faut revenir en arrière jusqu'à l'embranchement vers Pise, cela nous fera environ 100 kilomètres en trop.
S'engage alors une discussion assez vive entre Laurence et Nathalie. Fatiguées et énervées elles se rejettent la responsabilité de ce détour. D'autant plus vivement que Nathalie est énervée par son mal au dos et Laurence est énervée de se sentir un peu responsable. Aymar somnole et laisse courir tandis que je tache de mettre une pointe d'humour, à défaut de parvenir à les faire changer de sujet. Car les deux filles sont tellement accrocheuses qu'elles veulent toutes les deux avoir le dernier mot et il y en a toujours une pour remettre le sujet de l'explication du détour sur le tapis même après cinq ou dix minutes de trêve.
On revient à l'embranchement vers Pise, que l'on prend. Mais on sort de l'autoroute trop tôt à Pistoa au lieu de Monte Catini. Du coup on rerentre dedans sur les indications du caissier du péage. On sort à la bonne sortie de Monte Catini. Puis on prend la route vers notre villa. Mais là encore on rencontre quelques difficultés et les deux filles s'engueulent copieusement à chaque carrefour, car Nathalie trouve que Laurence ne ralentit pas assez pour permettre de lire les panneaux et Laurence n'aime pas se faire dicter sa conduite. Laurence finit par céder le volant à Nathalie. Au moins l'avantage de ces petites escarmouches entre filles c'est que je n'ai pas trop d'effort à faire pour maintenir les chauffeurs éveillés. Je reste néanmoins vigilant, m'interdisant de dormir au cas où il y aurait besoin d'un veilleur.
De nombreux carrefours plus loin, moyennant quelques petits détours et de nombreuses hésitations on finit par arriver à notre villa sur le coup de 4h30. J'aurais crû trouver les autres mortellement inquiets sur notre sort, mais ils n'ont pas résisté à la fatigue et seul Karl émerge lorsque nous arrivons.
On va se coucher sans trop tarder.
Je me réveille vers midi. Peu à peu les uns et les autres descendent et nous prenons le petit déjeuner sur la table du jardin. Comme il était prévu qu'après la journée de visites lointaines on aurait une journée sans trop de route aujourd'hui, cela tombe bien car avec le coucher tardif le rythme du groupe est manifestement lent. J'en profite pour remonter dans ma chambre faire une petite sieste et écrire un peu sur mon ordinateur. Certains vont se baigner à la piscine. Je suis redescendu à un moment de ma chambre pour tenter de recruter un partenaire de footing mais je n'ai pas eu beaucoup de succès, du coup je remonte dans ma chambre. Certains parlent tout de même d'une balade à pied, qui sera toujours mieux que de rester ici bloqués à ne rien faire. De ma chambre je domine le jardin où est disposée la table et où jacasse le petit groupe, du coup je peux surveiller les conversations et me tenir prêt en cas de symptômes d'activité.
Vers 4h30 il commence à y avoir un frémissement de départ. J'empoigne mes affaires et je descends attendre sur le parking le temps que toutes ces demoiselles s'apprêtent. Apparemment j'entends qu'il y a une voiture qui va aller faire la visite de la petite ville voisine de Pistoa, tandis qu'une autre va marcher dans la montagne. Au moment de partir j'entends que les deux voitures se donnent rendez-vous à Casore del Monte. J'aimerai bien savoir ce qu'il y a à visiter à Pistoa et que quelqu'un me lise ce qu'en dit le guide Michelin. Mais dans l'agitation du départ, je ne trouve personne à qui demander et puis je verrai bien à quelle sauce je serai mangé. En fait la voiture de Didier, sur le capot de laquelle je m'appuyais en attendant depuis dix minutes, se remplit sans que j'ai le temps de faire ouf, je monte donc dans l'autre voiture ce qui n'est pas pour me déplaire puisqu'elle est plus féminine. Mais une fois partis en quittant le chemin de terre de la propriété j'apprends que cette voiture ne va pas à Pistoa et qu'il y a certes un rendez-vous à Casore del monte pour les deux voitures mais une fois que l'autre aura déposé ses passagers à Pistoa. Je ne suis pas content car j'aurai préféré aller visiter Pistoa. Je suis d'autant plus énervé que je me suis moi-même laissé prendre au piège et qu'il faut bien avouer que si j'avais été moins passif au départ en posant simplement une ou deux questions sur le parking je serai sur la route de Pistoa.
On se gare à Casore del Monte. J'essaie de digérer mon énervement mais je le manifeste tout de même un peu à Nathalie, Sophie et Laurence qui sont avec moi, ne serait-ce que pour qu'elles sachent que je suis énervé. Laurence aussi est mécontente. Elle aurait aussi préféré aller à Pistoa et surtout elle se sent stressée par ces départs précipités. Elle a même eu en partant de la maison une formule que j'apprécie beaucoup en disant alors qu'elle est la dernière et que nous l'attendons déjà dans la voiture: "décidément on part trop tôt, on a pas le temps de se relaxer". Il est tout de même 17h25 et cela fait cinq bonnes heures que nous sommes debout alors je me demande ce que cela serait pour elle que de partir plus tard et moins vite !
Toujours est-il que nous sommes dans les rues de Casore del Monte. Nous nous promenons en regardant la population paisible qui vit autour de ces petites maisons. Le village n'est pas très grand, et on a vite fait le tour par les rues qui encerclent la petite colline sur laquelle est perchée le village. On refait un tour pour attendre Didier qui doit nous rejoindre. On va voir une petite chapelle qui est indiquée comme étant une des stations de la procession à Marie. On visite aussi le cimetière, qui a la particularité d'avoir un mur truffé de tombes. En effet il y a un grand mur épais de deux mètres environs protégé par un auvent et qui abrite une centaine d'alvéoles dans lesquelles sont enfournés les cercueils avec sur la façade du mur à ce qui doit être la tête de chaque cercueil une petite niche ménagée pour disposer des photos ou des bougies et des épitaphes. Ces alvéoles sont disposées ainsi les unes au-dessus des autres sur environ quatre ou cinq niveaux.
Puis on retrouve Didier dans le village. On reprend les voitures pour aller voir un autre village. On arrive dans un bourg un peu plus loin qui s'appelle Prunettas
Là on fait quelques pas dans les rues. On s'arrête dans une boutique pour faire quelques emplettes. Je suggère d'acheter du pain, mais on me réponds que les autres l'auront sûrement fait et donc ce n'est pas la peine. Je ne vois pas alors pourquoi acheter quoi que ce soit si on pense que les autres font des courses. En repartant du magasin avec Nathalie, je décide que c'est trop bête de manquer de pain et je retourne avec Nathalie qui m'accompagne sans contredire mon petit caprice. On achète du pain, que Nathalie paie car fort du crédit que me donne la location des deux voitures je n'ai pas changé d'argent et donc aucune autonomie à cet égard. Même si j'ai ramassé quelques pièces égarées entre les coussins de la voiture et que je garde au cas où, je n'irai pas loin avec trois ou quatre pièces.
Puis on quitte ce petit village qui n'a pas beaucoup intérêt à part une jolie vue sur la vallée éclairée par une belle lumière de soleil descendant.
On reprend les voitures pour continuer à monter jusqu'au village de San Marcello. La route étant indiquée dans le guide comme très jolie.
Effectivement c'est une route de montagne qui tournicote pas mal et qui monte dans un beau paysage vert de montagne. Peu avant le village on se gare pour terminer la route à pied. Mais au bout de quelques mètres Didier se rend compte que le village n'est pas si près que cela et il retourne chercher la voiture. Il nous rejoint vite et nous propose d'y monter. Seule Sophie l'accompagne, Laurence, Nathalie et moi préférons marcher un peu. Didier très sympa va jusqu'au village et revient pour nous dire qu'il est à environ un ou deux kilomètres. Cela nous va bien de faire une petite balade détendante. Le seul inconvénient c'est que l'on marche le long de la route sur laquelle il y a de la circulation et donc cela manque de charme, on ne peut même pas marcher de front et Laurence s'applique à rester devant nous. Au bout de vingt minutes on arrive au village de San Marcello.
Dans le village il fait frais car le soleil commence à passer de l'autre côté des collines et on est pas mal en altitude. Il paraît qu'ici on est à peu près à 700m d'altitude alors qu'à notre villa on est à 600m. Donc il n'y a pas une différence très sensible. Mais à vrai dire chez nous aussi il fait très frais le soir.
On se promène un peu dans les rues du village. On jette un coup d'oeil à l'église où les filles font une prière. Les rues sont passablement désertes. Bordées de petites maisons blanches qui dominent la vallée.
On revient vers la place centrale pour trouver un bar où on peut boire un verre. J'aimerai bien m'installer à une terrasse pour admirer le coucher de soleil mais il est déjà trop tard et il fait trop frais. Un premier bar est sur le point de fermer et donc on va dans un deuxième où le patron nous envoie sa serveuse très gentille qui parle un peu le français. Elle nous explique qu'à moins d'une heure de route il y a une station de ski. On commande des boissons, je prends un bitter San Pellegrino et une part de pizza. Elle nous apporte aussi des pistaches. Il y a un dessin animé qui passe à la télé. On se réchauffe car il commençait à faire froid dehors dans nos tenues d'été bermuda et manches courtes.
Puis Didier et Laurence vont rechercher la deuxième voiture laissée garée en contrebas du village là où on a commencé notre marche. Ils reviennent nous chercher et on rentre à la villa. Didier nous quitte en route pour aller à Pistoa chercher les autres qui doivent l'y attendre. Tandis que nous rentrons conduit par Laurence.
Il y a encore quelques hésitations et égarements sur la route à prendre. Mais on finit par arriver à la maison. Le challenge que je nous étais fixé était de tacher d'arriver avant Didier alors qu'il a 60km aller et retour à faire là où nous en avons une vingtaine. Mais moyennant quelques engueulades entre Laurence et Nathalie qui se disputent toujours sur la méthode de conduite et de navigation on arrive vers 22h avant les autres.
Le temps de préparer un dîner avec encore des paecirc;tes et on s'installe vers 23h tous les huit à la table dehors dans le jardin avec un chandail car il fait un peu frais. Et avec des bougies car les deux groupes ont pensé à en acheter. En fait nous avons acheté à peu près exactement la même chose y compris le pain.
Le temps de faire la vaisselle et de deviser un peu et il est déjà 1h30. C'est moi qui me met régulièrement à la plonge car cela compense ma totale absence de la cuisine au moment des préparatifs de repas. Je dois dire que Bon an mal an tout le monde met la main à la paecirc;te et que cela se passe très harmonieusement et naturellement.
Puis je vais me coucher. Les autres continuent à deviser un peu bruyamment sous mes fenêtres. Au point que je saisis le prétexte du bruit qu'ils font sous mes fenêtres pour leur rappeler implicitement l'heure tardive car je commence à redouter les réveils très tardifs qui entraînent des départs passablement décalés.
Je me réveille vers 9h. Je prends ma douche habituelle et je descends me préparer un bon petit déjeuner avec toujours des fruits, du jambon, du fromage et des tartines.
Puis je remonte vers 10h30 comme d'habitude dans ma chambre pour y pianoter et m'isoler un peu tandis que les autres peu à peu petit déjeunent et prolongent interminablement leur petit déjeuner par des papotes.
Enfin vers midi un mouvement de départ se dessine une première voiture s'apprête à partir pour la ville voisine de Prato avec Didier, Karl, Sophie, Rita et moi. J'attends comme d'habitude sur le parking un bon moment que les conjectures sur le mode de la balade, le point de rendez-vous avec les autres etc. s'arrêtent. Au moment de partir, je fais remarquer à Didier qu'il s'apprête à conduire la voiture pour laquelle il n'est pas assuré. Il préférerait prendre celle-ci car il l'a trouve plus grande et on doit être cinq. Mais Karl comme moi trouvons cela trop imprudent de conduire non assuré. Du coup on se rabat sur l'autre voiture. Rita comprenant que la voiture est plus petite se désiste et déclare qu'elle partira avec la voiture suivante. C'est dommage, car la différence de taille est selon moi minime et on aurait tout aussi bien pu tenir à cinq.
On part donc à quatre. On roule sous la grosse chaleur mais heureusement la climatisation de la voiture fonctionne bien. :h2.Monte Catini
On s'arrête d'abord à Monte Catini pour y visiter les thermes. Mais, comme je le craignais, lorsqu'on arrive on nous annonce que cela ferme à midi et comme il est midi moins cinq on doit un peu négocier pour avoir le droit de rentrer jeter un coup d'oeil.
On pénètre dans une première cour entourée d'un péristyle de colonnes de style troisième empire relativement dépouillé. Puis il y a une deuxième cour avec des chaises et une estrade où doit certainement avoir lieu le concert donné chaque matin, dont on nous a parlé. Sur un des côtés de cette deuxième cour, on trouve une série de cinq ou six lavabos d'extérieur en pierre et longs avec des robinets d'eau qui coulent en permanence. Derrière chaque évier se trouve un employé qui doit servir les curistes en eau selon la prescription qu'ils ont. Chaque robinet est étiqueté avec un nom différent qui varie probablement selon la teneur en sels de l'eau. Avec Didier on goûte à un ou deux robinets. Elle est assez salée et à chaque fois il y a un robinet d'eau chaude et un d'eau froide. Didier recrache son eau car il la trouve trop salée; Je trouve cela pas désagréable et je goûte plusieurs robinets en leur trouvant une légère différence mais rien d'évident.
Peu à peu les cours se sont vidés et le personnel range et nettoie les lieux. On grappille encore quelques minutes en allant jeter un coup d'oeil aux jardins magnifiques où de part et d'autre de ces cours les curistes doivent pouvoir se promener. Il y a des statues disposées de-ci et de-là dont une d'un escargot ailé faite par Salvador Dali.
Tout cela est magnifique et on imagine vraiment bien l'ambiance de cure telle qu'elle doit être depuis un siècle avec ses petits côtés désuets. Mais je suis gêné de tirer ainsi sur la corde temps et je ne veux pas que l'on se fasse renvoyer. Alors je tire Didier vers la sortie. On récupère notre voiture au parking et on quitte la ville.
On arrive à Prato, qui est une grande ville de cent mille habitants. On se gare à l'extérieur des remparts. L'intérieur semble ici aussi interdit à la circulation, sauf pour les riverains. Ce qui donne une ambiance très agréable dans les rues avec peu de voitures ou de deux roues.
On marche jusqu'à la place de la cathédrale, qui est déserte, écrasée par le soleil de midi. Le Dôme est fermé. On rentre dans un bar climatisé pour prendre un jus d'orange et pour se renseigner. On nous dit que la cathédrale n'ouvre qu'à trois heures et demie.
On en profite donc pour aller visiter le chaecirc;teau de Frédéric 2 qui est non loin de là.
Sur le chemin, alors que l'on est arrêtés à consulter un plan, une voiture qui sort de la place où elle était garée commence à me rouler dessus en marche arrière. Comme je donne quelques vigoureux coups de canne à l'arrière de la voiture qui me bouscule ainsi, l'italien qui est au volant sort et se montre navré.
On arrive au fort, on prend des billets à l'entrée à une caissière qui a sa table en plein courant d'air pour avoir je suppose un peu de fraîcheur.
En fait ce chaecirc;teau de Frédéric 2 n'est qu'un grand quadrilatère de murs avec quelques tours qui émergent. Il ne reste plus aucun des baecirc;timents qui à l'époque au 13ème siècle s'appuyaient côté intérieur sur les remparts. Ce chaecirc;teau était un des points qui permettaient à l'empereur d'Allemagne de garder ses états italiens. Prato étant situé à la croisée de routes commerciales importantes, c'était un point vital.
Aujourd'hui à l'intérieur de la cour il y a de nombreuses chaises qui sont alignées et qui doivent servir pour des projections car il y a un grand écran au fond de la cour.
Puis on retourne à la place de la cathédrale; Là, comme on évalue que les autres à qui on a donné rendez-vous à 13h30 sur cette place devraient arriver aux environs de 14h30, cela nous laisse le temps d'aller déjeuner quelque part car il est 13h30. On trouve un petit bistrot dans une rue avoisinante.
Il propose un menu avec entrée plat et vin pour 15 000 lires par personne. On commande différents plats, je prends juste une assiette d'aubergine frite qui s'avère très bonne avec un maximum d'eau minérale. Au moment de payer une addition particulièrement économique à savoir 50 000 lires soit environ 150 francs pour 4 personnes, les autres de la deuxième voiture nous rejoignent et s'installent pour déjeuner. Il est tout juste 14h30 comme prévu
On les laisse déjeuner pour retourner visiter la ville. Avant de quitter le restaurant je prends une petite tartelette aux cerises en guise de dessert. On passe par la place de la cathédrale et par le bar climatisé pour y acheter des glaces pour les autres. Didier gourmand prend carrément trois boules qui tiennent je ne sais comment dans sa petite coupelle en carton.
Comme on apprend que la cathédrale n'ouvre qu'à 16h, on décide de partir sans attendre pour voir un autre village. On se sépare encore, car ceux de l'autre voiture qui nous ont rejoint préfèrent visiter la cathédrale.
En fait Aymar et Nathalie se joignent à Didier, Karl et moi, tandis que Sophie Laurence et Rita restent dans la deuxième voiture.
On récupère la voiture à l'extérieur des remparts et on quitte la ville.
On arrive dans le petit village de Ceretto guidi, où se trouve une villa ayant appartenu aux Medicis. C'est une grande baecirc;tisse en crépi jaune, baecirc;tie au sommet du village. On y monte à pied, notamment par une série de marches courtes et bordées d'un rebord sur leur tranche, qui devaient probablement permettre aux chevaux de monter sans glisser en arrière.
On achète des tickets à l'entrée, pour une fois il faut un peu insister pour que j'ai une entrée gratuite. D'habitude cela va tout seul. Là la gardienne va demander à son chef l'autorisation de ne pas me faire payer.
On fait le tour de différents salons vastes et clairs qui ne sont plus tellement meublés, à part quelques meubles du 19ème siècle et des vitrines vides qui trônent au milieu de certaines pièces. Cette villa servait de relais de chasse aux Medicis devenus grands ducs de Toscane à la fin du 16ème siècle.
On peut admirer au premier étage une série de portraits des Medicis qui nous permet d'apprendre un bout de leur généalogie. A savoir Cosme 1er, qui a été le premier grand duc vers 1550. Puis son fils François 1er n'ayant pas eu d'enfants, c'est Ferdinand 1er qui lui a succédé. Ferdinand a eu plusieurs enfants dont plusieurs sont morts jeunes. etc.
En fait comme une des filles de Cosme 1er, Isabelle, mariée à un noble italien, a été assassinée dans cette villa, les Medicis ont cessé d'y venir assez vite, en souvenir de cette soeur ou tante défunte, qui était la fille préférée de Cosme 1er.
Puis on voit une belle galerie ornée de fresques, qui fait une terrasse vers le jardin où il devait faire bon prendre l'air.
Puis on redescend de la colline et on va dans le village à la terrasse d'un café pour prendre un verre. Je prends un jus d'orange. On admire une dizaine d'italiens qui devisent aussi à la terrasse en lisant les journaux et en accompagnant leurs commentaires de force gestes.
L'autre voiture nous rejoint là. On recompose les équipages. Certains veulent rentrer à la villa dans l'espoir qui me semble toujours illusoire de pouvoir se baigner dans la piscine. Didier, Nathalie, Aymar et moi continuons pour aller vers Vinci.
On arrive dans le petit village de Vinci qui est encore un de ces petits bourgs perchés sur une colline. On rentre dans une église toute simple sans beaucoup d'intérêt. Puis on passe devant un musée Leonard de Vinci, mais on n'y rentre pas car Didier n'a pas envie de le visiter et de toute façon il doit être fermé à cette heure tardive. On se balade un peu dans les rues; C'est très agréable car le village est sur une colline étroite et du coup bénéficie de la vue des deux côtés; Toute une rangée de maisons voit la vue vers une vallée côté ouest tandis que de l'autre côté il y a une série de maisons qui voient une vallée côté est. Il y a des petites ruelles qui permettent de passer du côté ouest vers l'est. On fait le tour du village, puis on reprend la voiture pour aller visiter la maison natale de Leonard de Vinci. Car il paraît que c'était un enfant illégitime qui du coup a pris le nom de son village natal d'où le nom de Vinci. Il est né ici en 1452 et est mort à Amboise en 1519. Je découvre qu'il n'a passé que les trois dernières années de sa vie en France, puisqu'il a rencontré François 1er en 1516.
Sa maison natale est un peu à l'écart du village. On se gare au début d'un chemin de terre qui croit-on mène à la maison. En fait on marche longtemps le long de ce chemin un peu pierreux. Didier d'ailleurs renonce et retourne assez vite à la voiture. Aymar, Nathalie et moi nous continuons mais nous hésitons plusieurs fois car la maison semble bien loin à l'horizon. En fait on a emprunté un chemin de randonnée qui mène à la maison de Leonard de Vinci, mais il est parallèle à une route goudronnée que Didier prend en voiture et on le retrouvera à la sortie de la maison de Leonard.
En attendant, on marche le long de ce chemin avec toujours une lumière magnifique de soleil couchant qui décidément est une caractéristique de ce pays; Cela fait du bien de marcher un peu et de se dépenser. On est entre les oliviers et les cyprès en pleine nature et c'est sympa.
On finit par arriver à la maison qui est une maison bourgeoise sans intérêt. Elle doit être visitable mais c'est trop tard à cette heure ci. On peut faire un petit tour et aller voir la vue qu'elle offre à l'arrière sur un jardin en contrebas. C'est tout de même émouvant de se retrouver à l'endroit où naquit ce génie inégalé.
On retrouve donc Didier qui nous cueille à la sortie de la maison. Il est vraiment extraordinaire toujours serviable et aimable.
On rentre à la maison par une route qui tournicote. Mais avec Didier cela va tout seul, même si on hésite aussi un peu à quelques croisements.
En arrivant les autres sont déjà là en train de préparer le dîner. On va encore avoir droit à des paecirc;tes, décidément le séjour n'aura pas été très gastronomique. Mais bon l'ambiance est toujours excellente. On sort pour l'apéro une des deux bouteilles de champagne que j'ai apportées. On finit le petit pot de fenouil mariné que Rita a acheté en croyant prendre de la tapenade; Avant le dîner on prend des photos du groupe tous assis sur un petit banc voisin de la table.
Nathalie qui a lancé une machine à laver pendant le dîner doit l'arrêter car les plombs sautent plusieurs fois ne supportant pas d'avoir à la fois la machine de Nathalie et le four électrique où Sophie fait cuire des poivrons.
Après le dîner les filles ne tardent pas à se déclarer fatiguées et à aller se coucher. Du coup j'y vais aussi. Mais en fait de fatiguée Laurence se met à jouer de la guitare et à chanter dans sa chambre. Du coup cela entraîne les autres et elles se mettent à rigoler et à chanter toutes les quatre dans la chambre voisine de la mienne.
Je me réveille toujours vers 9h. Après ma douche je descends petit déjeuner. Je prends deux parts de melon qui restaient d'hier soir, une pêche, une tranche de jambon et une tartine. Je papote un peu avec Karl. Puis je remonte dans ma chambre pour ranger un peu mes affaires et pianoter ces notes. Je laisse Karl papoter avec ceux qui m'ont suivi au petit déjeuner. En fait de ma fenêtre je pourrais observer qu'il tient ainsi compagnie à chacun enchaînant sans se lasser toutes les conversations et toujours prêt à s'intéresser à tout. Je ne pourrai pas faire comme lui, je suis trop vite physiquement fatigué par ces conversations sans fin.
Vers midi je descends pour aller à la piscine alors que les autres sont toujours à papoter autour de la table du petit déjeuner. Ils finissent par me rejoindre un à un à la piscine. Il fait très beau et cela chauffe mais pas trop. Un bain de temps en temps dans la piscine est juste le bienvenu. La piscine n'est pas très profonde puisque l'eau nous arrive à la poitrine mais elle est suffisamment longue pour que l'on puisse nager un peu. Je ne peux cependant pas faire des longueurs car elle est trop étroite et il suffit que je dévie un peu pour me cogner sur un bord. Je bouquine allongé sur ma serviette, les histoires extraordinaires d'Edgar Poe.
Puis Aymar apporte des verres de Martini blanc. Puis Sophie ses poivrons braisés et glacés qui sont succulents. Je déguste tout cela debout dans l'eau de la piscine accoudé sur le bord. Et c'est ma foi plutôt top. Puis on déguste les haricots verts que l'on avait épluchés hier soir et que Rita vient de parfaitement nous cuire. Tout cela est excellent, arrosé d'un petit verre de Chianti.
On reste ainsi à paresser un bon moment, jusqu'à ce que l'heure du départ pour l'avion d'Aymar s'approche. Alors Didier m'apporte mon ordinateur à la piscine pour que chacun puisse me déclarer ses dépenses de la veille et pour que je puisse boucler les comptes; Du moins boucler à aujourd'hui car la location des voitures va continuer à courir et comme finalement Didier et Laurence prolongent leur séjour ils vont devoir garder les deux voitures au moins jusqu'à Lundi soir, où Didier et Laurence reprendront le train. Il faudra donc que je refasse des comptes à Paris en fonction de la facture Hertz que je vais payer puisque c'est une location au tarif IBM.
En fait, à l'origine Nathalie et Sophie, organisatrices de ce séjour, ont décidé de rester elles une semaine de plus. Elles ont loué à cet effet la petite maison qui est en dessous de notre maison principale et qui peut loger quatre ou cinq personnes. Donc demain on rend la grande maison et elles migrent vers la petite pour une semaine. Elles ont des amis qui doivent les y rejoindre, mais comme l'un d'eux n'arrive que Mardi elles peuvent garder Didier et Laurence jusque là. Du coup on m'a suggéré de rentrer dès ce soir avec Rita au lieu de demain comme c'était prévu avec Didier et Laurence. Comme le séjour semble s'étioler dans une certaine inactivité je me dis que ce n'est pas plus mal que j'aille satisfaire ailleurs ma soif de nouveautés et de mouvement.
Bref on rentre donc à la maison. On fait quelques dernières photos de groupe avant qu'Aymar accompagné de Didier, Karl et Sophie ne partent pour l'aéroport.
Rita et moi serons accompagnés par Nathalie et Laurence et comme notre train n'est qu'à 19h44 on a encore une ou deux heures avant de partir. J'en profite pour continuer ces notes de voyage qui ont pris un peu de retard.
Pendant ce temps les trois filles jacassent à qui mieux mieux d'abord dans le salon puis dans leur chambre, où Nathalie fait un défilé des tenues qu'elle a récemment achetées.
Je donne le signal du départ vers 16h45 pour que l'on soit dans la voiture vers 17h. A 17h j'attends encore les filles en savourant un verre de lait assis à la table du jardin pour profiter une dernière fois de l'air pur de ces montagnes toscanes.
Puis on monte en voiture et on roule jusqu'à Florence. On trouve assez facilement la gare ainsi qu'à se garer. Du coup, on arrive à peu près en avance. On retrouve Didier dans le hall de la gare juste lorsqu'on y arrive. J'ai réalisé dans la voiture que je n'ai pas mon billet de train car à l'aller il était géré par un de mes compagnons et depuis on ne me les a pas rendus, ni l'aller ni le retour. Du coup je suis sans billet car celui qui l'a a dû le laisser à la villa. On débat donc pour savoir si je dois ou non en acheter un autre. Finalement on me force à prendre un des deux billets que Laurence a avec elle et qui sont prévus pour demain.
Je monte dans le train avec Rita. Les autres nous accompagnent sur le quai et attendent le départ du train. Rita a une réservation dans un compartiment où avec un peu de chance il y aura une place pour moi. En attendant, je souhaite aller sans tarder au wagon restaurant, de peur qu'on le trouve complet plus tard.
J'y vais devant pendant que Rita discute avec le contrôleur du problème de mon billet. J'arrive dans un wagon restaurant vide et il n'y avait donc aucune raison que je m'inquiète. Rita me rejoint pas très optimiste sur la négociation avec le contrôleur qui semble très borné. On dîne avec le même menu qu'à l'aller. Je prends toujours la dorade qui est très bonne avec en entrée une terrine de lapin cette fois ci. Puis en dessert un tiramisu, le tout arrosé d'un Côtes du Rhône. C'est toujours très sympa d'être ainsi au wagon restaurant. De plus cette fois ci le personnel est aimable.
On retourne dans notre wagon. Le contrôleur se montre effectivement bien borné et veut nous facturer un billet plein tarif alors que j'ai un billet valable pour demain et que je lui demande un au moins un tarif accompagnateur d'aveugle. On manque tout juste de se faecirc;cher. Mais il finit par accepter de nous faire le tarif d'accompagnateur. On le paiera demain car ce soir nous n'avons ni argent liquide ni chéquier. Une fois de plus il s'agit du nouveau système des trains internationaux où la sncf sous prétexte de dérégulation depuis fin 99 se permet de faire tout un tas de complications, qui n'ont pas de contre pouvoir puisqu'il n'y a pas encore de concurrence. Ainsi, un billet valable demain n'est pas utilisable ce soir et il faut acheter un autre billet et se faire rembourser celui de demain. Le contrôleur après nous avoir dit que le train était complet veut bien nous dénicher une couchette deux compartiments à côté de celui de Rita où tous les passagers sont finalement montés aux différentes gares. Car on s'arrête à Pise, Bologne, Mentoue etc.
Je m'allonge sur ma banquette et je termine de pianoter ces notes avant de m'endormir car comme on arrive seulement à 9h du matin on a du temps à perdre.
A la descente du train Rita très honnête donne rendez-vous au contrôleur au bout du quai. Comme elle a une correspondance à prendre pour aller faire une croisière dans les Iles anglo-normandes, je l'engage à partir sans attendre et je lui promets de m'occuper du contrôleur. Je dois avouer que cela ne tiendrait qu'à moi je partirai sans demander mon reste mais pour faire plaisir à Rita j'attends quelques minutes au bout du quai. Comme le contrôleur ne se manifeste pas je commence à m'en aller vers les taxis. Mais au moment où je vais tourner le coin qui débouche à l'extérieur de la gare le contrôleur me rattrape et m'emmène à un distributeur d'argent, où je retire de l'argent pour lui payer un billet au tarif accompagnateur soit 462f.
Comme j'ai du temps, je vais au guichet pour me faire rembourser le billet de retour prévu pour ce soir. Mais là on m'apprend que comme c'est un billet en tarif loisir il n'est pas remboursable ni échangeable une fois que la date de l'aller est passée. Cette souplesse de la SNCF n'incite décidément pas à être honnête car le bilan c'est que j'ai payé deux fois mon billet.
Je vais prendre un taxi pour rentrer rue Vital, d'où je téléphone à Isabelle Bertrand afin de monter un peu à la dernière minute une expédition pour tenter de nouveau le Mont Blanc.
Pages personnelles de Sylvain NIVARD