Après avoir raté le RER et donc le train pour venir à Méry le 24 au soir, les contrariétés continuent. Car après avoir appelé Pascale Hieronimus à Paris pour savoir à quelle heure est notre avion pour Alger, le minitel nous apprend qu'aujourd'hui il n'y a pas de train pour Paris entre 10h38 (qui est en train de partir) et 16h30. Alors que l'avion est à 19h à Orly et mon sac à Vital.
Après avoir envisagé d'aller prendre un tgv à Saint Pierre des Cors, Charlotte se dévoue pour rentrer plus tôt que prévu à Paris avec la voiture d'Eric et m'y emmener. On part alors après le déjeuner et la distribution de cadeaux qui pour une fois a eu lieu le matin.
Mais sur l'autoroute, au niveau d'oRSAY? LES CONTRARI2T2S SE CHANGENT EN ANGOISSES? LORSQUE LA Ford Escorte se met à hoqueter à deux reprises, manifestant une soif de carburant urgente. Mais la providence nous présente une station essence à 100m. Mais j'ai eu le temps d'avoir peur.
Je suis à Vital à 17h, je termine mon sac, Pascale passe me chercher avec ses parents. Depuis le temps que j'en entendait parler, je suis content de faire leur connaissance.
Après avoir enregistré à Orly sud, je téléphone à Maurice Benigeri qui m'annonce que j'ai le job dans son organisation.
Dans l'avion nous ne repérons pas les autres touristes d'Hommes et Montagnes, par contre il y a visiblement plein de gens qui vont faire une ballade dans le desert avec des organisations variées. Je vois Christophe un ami de Nicolas de Pomereu qui m'avait inspiré l'envie d'aller dans le desert. Je l'avais déjà rencontré par hasard rue de Passy il y a quelques jours.
A Alger on passe le controle de police au prix de nombreux coups de tampon. Puis la déclaration de devises, puis le bureau de change, où je change 300 f contre 1200 diram.
A l'extérieur de la zone de douane on retrouve 7 personnes d'hommes et Montagne. On attend monsieur Kenati correspondant à Alger de l'organisation et un chauffeur qui va nous conduire en minibus à l'hotel Albert 1er. Où l'accompagnateur Gilles nous accueille. Il nous attribut des chambres. Je suis avec Pascale. Ceux de Lyon, dont Gonzague Masquelier sont arrivés plus tôt et sont déjà couchés.
On va faire un tour du quartier avec Pascale. Les rues sont calmes, bien que pas très rassurantes, peuplées uniquement d'hommes. Puis on va vite se coucher car il est déjà minuit et nous nous levons à 3h30!
Reveil un peu difficile à 3h30. Surtout quand on sait que si nous étions seuls nous pourrions dormir au moins une heure de plus, mais c'est la prudence et le délai necessaire pour un groupe qui impose cet horaire inhumain.
Mais je ne me laisse pas abbattre pour autant et je petit déjeune solidement à 3h45, en me disant que c'est peut-être notre dernier petit-déjeuner digne de ce nom.
Nous sommes à 4h30 à l'aéroport pour un vol qui décolle à 6h25 pour Tamanraset. On attend donc assez longuement dans l'aérogare. Je bois un verre de jus d'ananas à la buvette. On fait peu à peu connaissance avec les participants au groupe. Il y a pas mal de filles seules et pas très jeunes. Gilles Claye accompagnateur Jenny Sermet enseignante de français à Grenoble Marie-Michèle Blin de l'aérospatiale Toulouse Stéphanie Blin sa fille Pauline Iltis technico-commerciale produits chimiques à Nice Domonique Jacquot tour operator de Paris Marie-Françoise Martin architecte de Paris Anne-Aymone Beres Fnac Livres à Paris Michel Frieh son époux, conseil juridique à Paris Yves Laulan Credit Municipal à Paris Pascale Hieronimus IBM Paris Gonzague Masquelier à Lyon Sylvain Nivard IBM Paris
Je dors profondément dans l'avion. Mais si je n'ai pas été reveillé par l'aterrissage à l'escale de Gouarara, je suis reveillé par l'air glacé qui pénètre dans la carlingue par la porte ouverte. Je vais me laver les dents, qui sait avant combien de temps cela se reproduira?
En arrivant à Tamanraset on va à l'hotel Tara, qui parait il est le
Tamanraset moins mauvais de la ville.
On pose nos bagages et on va se ballader dans la ville. Les filles veulent s'acheter des chechs et des sarouels. On marche dans une rue avec des trottoirs très inégaux et très élevés. On trouve une petite échoppe, où on achète chacun notre chech. A ma grande surprise personne ne marchande. Il n'y a que moi qui achetant le dernier obtient assez facilement un rabais de 220 à 200 diram. :I2 refid=div.diram
On rentre déjeuner à midi et demie à l'hotel Tara; Le déjeuner est assez moyen, mais cela permet de faire un peu mieux connaissance avec les membres de l'expédition. Je suis assis à coté de Jenny, prof de français à Grenoble. Après le déjeuner on s'assoupit dans le bar de l'hotel. Mais j'arrive à me dégager de ma torpeur pour retourner me ballader avec Jenny et Pauline, une fille qui habite Nice et qui y vend des solvants chimiques. On va dans une échoppe où un noir très dynamique et sympa vend des tapis et différents objets pour touristes. Du coup on rentre en retard, on arrive aux abords de l'hotel à 3h20, alors que le rendez vous était à 3h. Sur le chemin on croise les autres qui sont déjà en route dans les voitures.
On fait une demie-heure de route pour sortir de la ville et atteindre le lieu de notre premier bivouac.
Je bouquine à l'écart, alors que l'on atteint l'arrivée des chameaux et des touaregs qui vont nous guider. Ils arrivent en fin d'après-midi ils sont 5 touaregs et 28 chameaux. Il y a Ram-Ram le chef, Bourari le fils d'un autre chef qui fait son apprentissage et plaira beaucoup aux filles, Sidi Arhmed qui est le guerrier du desert, fier et reservé, Mohammed le chamelier travailleur, Baa le rigolo grivois.
A 5h il commence à faire assez frais et j'ajoute par dessus mon polo et mon jean, un chandail et une combinaison en gortex. Je complète le tout avec une cagoule et les gants de ski. Tout le monde se fout un peu de ma gueule, mais par pour longtemps car assez rapidemment chacun rajoute progressivement toutes les couches disponibles. Le seul point faible de mon équipement ce sont les chaussures, car d'une part j'ai froid dans mes chaussures bateau, d'autre part, quand je marche par mégarde sur une épine d'acacias, (ou un autre épineux qui mérite bien son nom) elle me transperce le pied après avoir traversé ma semelle de caoutchoufc! Quand on pense que les chameaux les prennent à pleine gueule avec un plaisir évident, ils doiveznt avoir des palets en béton.
Le soir venu on se met en rond autour du feu. Les touaregs sont tout prêts du feu, alors que nous les touristes nous formons un deuxième cercle, beaucoup moins chaud. Mais il parait que c'est leur apanage d'entretenir le feu et d'économiser le bois rare dans le desert. On dine d'une excellente soupe chaude, à la tomate, dont je prends trois bols. Puis un bol de purée avec des saucisses et un excellent camembert avec du pain frais. Si tout les repas sont comme cela, cela s'annonce plutôt bien! On arrose le tout avec la vodka que j'ai dans mon sac. Après le diner on fait une partie de cartes à plusieurs, mais assez rapidemment il ne reste plus que Gonzague, Dominique et moi.
Puis on va se coucher, chacun s'installe un peu à l'écart. Le desert à cet endroit est parsemé de petits buissons d'épineux, dont nous n'avons rien à craindre à cette saison, parait il car les scorpions et autres vipères qui pourraient en surgir hibernent. Je mets dnc à coté de l'un de ces buissons avec Pascale et Gonzague. J'ai un peu du mal à trouver la meilleure position pour caler convenable*ment, mon drap housse, le sac de couchage gentiment prété par Bruno et le sur-sac. Mais je finis par y arriver. Je bouquine jusqu'à 10h30, alors que les autres dorment déjà depuis longtemps. Mais à cause de la soupe, je fais 5 fois pipi entre 9h du soir et 7h du matin Et autant je suis bien au chaud dans le sac de Bruno, autant, chaque sortie en calecon est plutôt vivifiante.
D'ailleurs il fait tellement bon dans le sac, que je met un temps certain à en sortir et à m'habiller. D'autant plus que s'enfermer dans le sursac, n'eszt pas une bonne formule car ma respiration s'est condensée à l'intérieur et le sac de couchage est trempé sur sa face externe proche de ma tête. Je suis le dernier au petit déjeuner.
On charge les sacs sur les chameaux et la caravane s'ébranle. On marche pendant 3/4 d'heure, jusqu'à 9h30. Lorsque l'athmosphère commence à se réchauffer, on s'arrête pour prendre notre première lecon de chameau.
Le mien est équipé d'une selle spéciale, selle de baecirc;t, qui ressemble plus aux selles de chevaux<. Ce qui fait que je suis assez en arrière par rapport aux autres qui sont sur les épaules et le cou du chameau, avec probablement l'impression qui vont basculer à l'avant si le chameau fait un écart, ou au moins une impression de vulnérabilité que je subis moins. D'autant plus que mon chaemau est tenu à la longe par un touareg : Mohammed, qui n'est pas très bavard et nous donner l'impression d'être le fier guerrier du desert.
On fait 45 mn de chameau, qui ne sont pas désagréable, d'autant plus que l'on peut enfin être un peu au calme, car à pied nous marchons par petits groupes de deux ou trois et cela papote pas mal. Sauf Marie-Françoise qui marche un peu à l'écart et qui du coup se fait au moins traiter de "bizarre".
Nous sommes vraiment dans un univers de cailloux. Le ciel est tout bleu et les lumières changenet pas mal en fonction de la hauteur du soleil, mais sont vraiment magnifiques. Après la première séance de chameau on marche pendant 45 mn sur un petit sentier caillouteux, où l'on distingue tout de même la piste qui sillonne entre les cailloux.
A 11h45 on s'arrête pour déjeuner sous un arbre isolé au milieu des cailloux, des rochers et des petits buissons d'épineux! Son ombre est la bienvenue. On déjeune de patés, de salade verte succulemment fraiche, avec des petits morceaux de citron vert. Le pain est aussi tout frais. Ce qui est encore plus inattendu.
Comme hier soir avant le déjeuner on a droit aux trois petits verre de thé à l'ambre préparé par les touaregs sur leur feu. Ils les boivent en attendant que leur galette de farine : tagala, cuise. Le premier verre est plus amer, alors que le troisième est assez sucré.
La tagala est la base presque unique de l'alimentation des touaregs. C'est une galette de farine, qu'ils enterrent dans le sable, ils recouvrent le sable de braises. Attendre 30mn que cela cuise, nettoyer et servir chaud avec une patate ou un oignon. Les jours de fête avec un morceau de viande. Visiblement ils prennent cela 3 fois par jour. Au moins pendant les caravanes.
On fait une petite sieste à l'ombre de l'arbre, avant de repartir vers 14h.
On marche pour passer un deuxième col, après celui que l'on a passé en foin de matinée. Puis on arrive sur un grand plateau plein de petits cailloux noirs avec en dessous une terre rouge. C'est le plateau du ventre d'Allah, je crois. Certains montent à chameau, mais je préfère continuer à marcher. On marche encore une heure trente. On quitte le grand plateau et on s'arrête dans un oued pour y bivouaquer vers 16h.
Il fait encore assez bon. Mais assez vite on ne se contente plus d'un polo et on accumule les couches. Je remets ma combinaison et tout mon équipement de montagne. Je vais m'installer un peu à l'écart pour bouquiner et profiter un peu du calme du desert. Tandis que chacun vaque à ses occupations. Gonzague part grimper le mamelon qui est à coté.
On aura le temps de s'inquiéter un peu, car il ne rentre que bien après la nuit tombante, alors que nous sommes déjà en train de diner. J'ai sifflé avec mon sifflet pour lui indiquer l'emplacement du camp, mais il parait que cela ne lui a pas été utile.
Après le diner on se met en rond autour du feu et on chante. Je chante les deux airs d'Opéra que je connais. Mais cela décide les touregs à se lancer et à nous chanter plusieurs chants, l'un d'eux fait du tam tam sur un jerrican.
Puis chacun va se coucher dans le coin qu'il a choisit. je dors entre Pascale et Gonzague. Ce qui me permet d'avoir la stéréo-ronflerie. Il fait encore plus froid cette nuit. Au point qu'au matin, ma respiration ne s'est pas contentée de condenser, mais a aussi givrer.
Lever avant le lever du soleil. C'est à dire à 7h. Petit déjeuner de céréales et de pain confiture. J'arrive à maintenir un niveau acceptable pour moi de quantité ingurgitée.
On démarre, les autres partent à pied par un chemin direct, plus joli. Tandis que moi je pars à chameau avec les Touaregs. On monte pendant 2h30 jusqu'à 11h30. On montent dans des vallées étroites, où les chameaux sillonnent entre les rochers. Les touaregs psalmodient des chants. Le décor et le fond musical font un ensemble superbe qui repose bien des papotes du groupe. On passe à coté d'un arbre isolé au milieu des cailloux arides! Il doit y avoir un filet d'eau proche. La couleur du ciel est elle aussi magnifique, d'un bleu lumineux et pur.
On s'arrête pour déjeuner à coté d'un galta, c'est à dire un point d'eau. Il y a là aussi un arbre au bord de l'eau. Je fais une grande toilette totale au milieu des filles qui se mouillent à peine. Il faut dire que l'eau verdatre est peu engageante. On déjeune là. On a encore droit à de la salade verte. Cela devient vraiment du luxe dans ce décor desertique et sec d'avoir cette bouchée de verdure rafraichissante.
On repart vers 14h30. Cette fois ci je marche avec Michel le conseiller juridique. On s'arrête au bout d'une heure de marche, au dessus d'un petit oued, où il y a un peu d'eau.
oued Le paysage est de plus en plus lunaire depuis ce matin. Avec des tas de petits cailloux qui jonchent le sol. On s'arrête donc dans cet oued pour la nuit. Le lieu est assez éventé et la vallée assez large. Il fera probablement encore plus froid car on est maintenant au dessus de 2000m d'altitude.
On installe nos matelas à coté d'un petit muret, dans le vague espoir, qu'il nous abrite du vent. On boit de la vodka pour se réchauffer. On dine d'une omelette que je digère plutôt difficilement. Je chante à la veillée Naniren. Après que Pauline et Stéphanie nous aient mis en scène le petit prince à l'intention des touaregs. Elles se débrouillent plutôt bien. On se couche. Les filles s'alignent à 4 sous une bache de tente, alors que moi je reste seul à coté.
Les effets du dépaysement commencent à se faire sentir, je ne sais vraiment plus quel jour nous sommes.
Autant je n'ai pas froid pendant la nuit et j'apprécie d'être bien au chaud dans le duvet de Bruno alors qu'il gèle dehors, autant le matin je ne sais pas comment les autres font pour être aussi vite debouts. Mais il semble en tout cas que je me fasse une spécialité d'arriver au petit déjeuner parmi les derniers, quand ce n'est pas alors que les affaires sont déjà partiellement remballées. Heureusement Michel est d'une patience et d'une humeur égale et tout le monde s'empresse de me tartiner de confiture les tartines que j'engouffre, quel que soit leur état de fraicheur, brulé ou cendré. A ma décharge je crois qu'il y en a pas mal qui dorment tout habillés et qui n'ont donc pas besoin de prendre leur courage à deux mains por sortir en calecon du sac et se précipiter dans un pantalon.
Bref après un petit-déjeuner ou je suis encore bon dernier, nous marchons pendant une heure jusqu'à un oued. Où ceux qui le veulent peuvent monter à chameau. On a vu au passage sur le bord de l'oued dans lequel nous marchons des coloquintes fraiches que nous rammassons au pied de l'arbre.
Je ne monte pas à chameau et je continue à marcher avec Pascale et Michel. Nous suivons toujours le cours de l'oued.
coloquintes Après deux heures et demie de marche nous arrivons assez fatigués au bout de l'oued. Nous avons longé des paysages très bizarres et beaux. L'effet de l'érosion est très varié. Les pluies torrentielles qui dévalent des montagnes pour se concentrer dans l'oued érodent sur leur passage. On voit des parois très abruptes, puis des roches très friables et découpées. Au fond de l'oued les roches sont devenus sable.
Les lumières sont vraiment superbes et éclairent les roches avec des lueurs rougoyantes et rasantes au début de la matinée qui sont vraiment superbes.
On s'arrête pour déjeuner, je suis un peu abbattu. Je n'avais pas de chapeau et je crois que j'ai attrapé une petite insolation. Heureusment il est décidé que nous resterions sur place non seulement pour déjeuner mais aussi pour le bivouac du soir.
Il y a une option pour aller voir des peintures rupestres, mais je n'y ai pas droit et je reste pour faire une bonne sieste avec les touaregs, pendant que les autres gravissent la montagne qui abritent la grotte avec les peintures rupestres. Le ciel se peuple de quelques nuages gris. Mais il parait que l'on est encore loin du stade pluvieux. Jenny aussi est restée au bivouac. Cette sieste me permet de terminer la digestion de l'omelette de la veille qui a eu un peu de mal à passer!
Le soir je dine légèrement, puis nous jouons aux cartes avec Gonzague et Dominique. Michel me remplace à un moment car j'ai vraiment trop froid aux pieds dans mes chaussures bateau et je vais me réchauffer auprès du feu.
Bourari, le beau touareg, raconte une version revue et corrigée de la li Baba. Puis une histoire assez longue de touareg gardant les chèvres de son oncle,...
On dort dans l'oued. Ce qui nous permet de vérifier que les roches en se décomposant ne donne pas seulement du sable mais aussi une bonne quantité de poussière qui s'infiltre un peu partout et arômatise nos vétements.
Mais décidément le cadre est superbe, surtout les lumières rasantes qui éclairaient ce matin les parois de l'oued avait vraiment des reflets uniques d'un rouge orange lumineux.
Gonzague et Pascale teste leur chaufferettes chimiques qui vont réchauffer leur sac. Mais personnellent le sac de Bruno est toujours sans reproche.
On lève le camp vers 8h. On marche toujours dans l'oued. Puis on quitte les chameaux et on monte sur l'un des versants de l'oued. On passe un col pour continuer à monter de l'autre coté. On rejoint une piste de 4X4 qui serpente en montant vers la Sécrème
On monte le long de cette piste. On croise plusieurs 4X4 et on revoit d'autres hommes après plusieurs jours de solitude absolue. On croise aussi des groupes d'autres touristes marcheurs notamment un groupe de Terres-d-Av.
En haut de la montée on trouve un refuge qui est haut du mont de La Sécrème lui même. ON prend un jus d'orange dans un petit bar-restaurant couplé au refuge.
On monte à La Sécrème par un petit sentier qui tournicote à flanc de côteau. Je marche ferme en tête heureux de pouvoir enfin un peu me dépenser dans ce raidillon. Le sentier est bordé par un petit muret de pierres élevé par les petits frères de Foucault.
En haut nous sommes accueillis par frère Alain. Ils forment une communauté de 2 frères. Je résiste à l'envie de faire des mondanités et lui demander s'il connait Filbus, car le lieu ne s'y prête vraiment pas. Bien que certains s'y laissent aller en parlant à un autre groupe d'Hommes et Montagne qui partage avec nous le plaisir de la vue.
En effet on a une vue exceptionnelle sur tout le coté Est. Malheureusement le soleil est assez haut et la lumière n'est donc pas des plus belles. En face vers l'Est il y a tout proche un autre sommet. Mais à part cela le regard porte à l'infini, on domine vraiment toute la région du haut de ces 2800m.
On déjeune dans un abri ouvert l'est, aménagé dans la paroi de la montagne. A coté il y a la petite maison des frères.
Nous sommes pas tout à fait au sommet et quelques mètres plus au sommet on trouve une chapelle. D'où le point de vue doit être propice à la méditation.
Au sommet vers l'ouest on est sur un grand plateau de cailloux. Je m'y promène un peu avec Dominique avant le déjeuner. On trouve une route goudronnée qui monte par le versant ouest jusqu'à une bicoque entourée de barbelés qui appartient à l'armée algérienne. Car les militaires algériens voulaient faire de La Sécrème un point stratégique. Maqis finalement ils ont laissé tomber.
A coté de la chapelle il y a une table d'orientation.
Après le déjeuner je m'écarte un peu pour méditer. Puis on redescend.
On reprend la piste de 4X4 en descente. Deux jeunes de l'autre groupe d'Hommes et Montagne nous rattrapent Gilles et moi en dévalant la pente. Ils ont couru pour rendre à Gilles son blouson avec son portefeuille, qu'il avait laissé en haut!
On quitte la piste pour repasser un col et retrouver de l'autre coté les touaregs et les chameaux.
On arrive vers 14h30 et les touaregs nous font la tête car nous sommes en retard.
On monte à chameau pendant 2 heures à un rythme plus ou moins rapide. Je fais même de l'amble à un moment.
amble L'amble est une allure caractéristique du chameau, qui ressemble au trot sauf que le chameau avance simultanément un antérieur et un postérieur du même coté au lieu de croiser. Je me cache le nez qui commence à être assez rouge, derrière mon chech. Du coup je masque aussi mes yeux et me laisse transporter comme un paquet.
Les touaregs nous font soudain descendre de chameau et on se met à marcher. Alors que les touaregs nous larguent et partent devant avec les chameaux sans nous donner d'explication. Visiblement ils ont été très contrarié par notre retard.
Je marche avec Gonzague pendant une demie-heure puis on arrive au campement, vers 16h45. Il commence déjà à faire un peu frais.
On s'arrête au fond d'un oued au pied du Tahat. Qui est le sommet le plus d'algérie à plus de 2900m.
On retrouve BAA (un des touaregs). qui s'était éclipsé pour aller dans sa tribu. Il revient avec une chèvre que nous lui avions commandé. Qu'i a même réussi à nous faire payer. Comme il parait que c'est un gros bouc nous avons droit à payer une rallonge de 1000 à 1500 dinar. 1000 étant le prix prévu pour une petite chèvre. Je dois dire que leur gros bouc est minuscule, mais cela n'a pas d'importance, l'essentiel c'est que nous ayons l'occasion de go–ter de la chèvre.
Du coup on dine car il faut laisser au bouc de cuire sur le feu. En guise d'apéritif Ram Ram le chef touareg nous distribue des morceaux de foie de bouc grillé. C'est divin, cela fond dans la bouche, c'est cuit et salé jusque ce qu'il faut. On est obligé de se retenir pour ne pas piquer le morceau de son voisin, car le bouc n'aviat pas un grand foie le bougre.
Puis on attend en rond autour du feu que le reste du bouc cuise. Comme je remarque à voix suffisamment haute, que c'est tout de même paradoxal que le personnel (les touaregs forment le premier cercle bien au chaud autour du feu, alors que les touristes clients forment un deuxième cercle frileusement pelotonnés depuis 4 jours; Ram-Ram prend l'initiative de dire "maintenant nous jouons aux touristes" et ils nous cèdent la place autour du feu. Ce qui est appréciable, pour une fois je n'ai pas froid aux pieds pendant la veillée.
Bourari nous pose la devinette des 3 bouteilles d'huile de 3, 5, 8 litres. Celle de 8l est pleine et il faut la vider à moitié dans celle de 5l. Puis la devinette des charges de 40, 40, 80kg à passer sur un bac qui n'en supporte que 80.
Je dors à coté de Gonzague et Gilles qui vient nous rejoindre, au pied d'une pente couverte de cailloux ronds comme une plage de galets. Je m'y aventure pour aller déféquer et l'absence de vent me permet de br–ler facilement mon papier hygiénique.
L'absence de vent nous accord aussi une nuit assez tempérée, malgré l'altitude encore haute.
Comme chaque jour, pendant que nous petit déjeunons les touaregs rassemblent les chameaux qui sont restés entravés pendant la nuit. Mais cette fois ci il y en a un qui s'est amusé à s'éloigner suffisamment loin du campement pour que Mohammed mette une grande demie heure à le retrouver. Pourtant les campements sont toujours choisis là où il y a un minimum d'arbustes et acacias, pour que les chameaux ne soient pas tentés de s'éloigner trop. Mais il faut tout de même les laisser s'éloigner car la végétation est rare et il faut qu'il puisse brouter de ci de là.
On part donc un peu en retard, on marche pendant 45 mn, avant de monter à chameau pendant 1h30 le long d'une piste carrossable au fond d'un défilé magnifique, dominé par éperon rocheux, le tout éclairé toujours par cette lumière rougoyante du matin, décor pas banal! On descend de plus en plus dans le défilé pour s'arréter pique niquer au fond de l'oued. On a rencontré des voitures et un groupe.
Pour le déjeuner on a encore droit à de la salade, qui commence à peine à défraichir! Le décor est toujours aussi superbe, surveillé au loin par cet éperon rocheux qui émerge du défilé. Je fais une sieste sur le sable les doigts de pieds en éventail.
Au moment de repartir on m'installe sans vraiment me demander mon avis sur le chameau de Gilles, pour que j'essaie les selles de cavaliers. J'en fais 5mn, mais je ne suis pas emballé. Il est vrai que c'est plus confortable que ma selle de baecirc;t, mais cette position très en avant sur le cou du chameau donne un sentiment d'instabilité et d'insécurité. On se sent plus à l'abri d'une chute en marchant à pied! Je continue donc à marcher avec Gonzague, avec qui j'avais déjà marché ce matin.
On marche au fond d'un oued qui a de l'eau, il y a même des flaques d'eau en surface. La présence de cette nappe a attiré les touaregs et on traverse deux petits hameaux qui sont installés dans cet oued. Il y a des potagers autour de ces maisons, cela sent bon la menthe, le cresson. Il y a aussi des lavoirs, des arbres fruitiers ou non, tamaris ou palmiers
Après ces deux villages on passe au pied d'une falaise que la piste contourne et qui a resisté à l'érosion. On s'établit un peu plus loin au fond de l'oued pour camper. Il y a de l'eau dans une mare, donc ceux qui n'ont pas renoncé à se laver peuvent y aller. Il y a même quelques nuages qui se balladent dans le ciel.
J'en profite pour m'allonger sur mon matelas et bouquiner un peu à l'écart. Pendant ce temps les autres entament l'apéro, à coups de Polonais ou d'Ecossais, comme nous appellons les alcools qui circulent entre nous, pour ne pas prononcer les noms quipourraient choquer les touaregs musulmans.
On m'appelle au moment où les côtelettes de chèvre sont cuîtes. Elles sont succulentes, grillées sur le feu. Dommage qu'elles soient si petites. Le foie du chevreau grillé aussi sur le feu, circule en petits morceaux. Alors ce n'est plus excellent, mais c'est un superlatif qui est mérité, plein de go–t, un peu salé, sans gras. Pas beaucoup de morceau comme celui que l'on puisse trouver à l'étal de Roger.
On s'installe pour diner. En guise de repas de fête, on partage la Tagala des touaregs. Galette de farine, qu'ils ont enterré dans le sable avec des braises par dessus, pour que cela cuise pendant 30mn, avant de la déterrer, de la complèter avec des oignons ou des patates. Voir quelques morceaux de viande les jours de fête comme aujourd'hui. Et cela constitue leur menu unique matin, midi et soir. Au moins pendant toute la durée de la caravane.
Ce n'est pas fameux. En tout cas c'est super bourraf, on en prend moins d'un bol et on a vraiment plus faim.
Pour la veillée, je suis assis entre Yves et Gonzague et la conversation menée par Yves va bon train sur la politique, son métier de banquier ou préteur sur gages et sur le journalisme.
Vers 10h on va se coucher, alors que les autres font la farandole autour des touaregs qui chantent et battent la mesure sur un jerrican. Stéphanie vient gentiment nous chercher pour que l'on participe à la fête. Mais elle se fait violemment jetter par Yves. Elle fond en larmes, du coup, je sors de mon sac de couchage pour retourner avec elle autour du feu.
Mais finalement tout le monde va se coucher vers 10h30. Je bouquine dans mon sac pendant encore une heure.
Ram-Ram nous reveille en nous souhaitant la bonne année. Pour changer je suis en retard au petit déjeuner. Je prends néammoins des céréales qui sont très bonnes.
On repart pour se séparer assez rapidemment. Ram-Ram conduit le gros de la troupe dans une gorge qu'ils vont emprunter, alors que je reste avec Gilles et les chameaux sur la piste. Nous marchons sur une piste en terre rouge qui a juste la largeur des sabots de chameaux entre les cailloux qui pavent le grand plateau que nous traversons.
On arrive au bord d'un oued, où l'on monte à chameau pendant 2h30, jusqu'à un col. Ces périodes de chameau sont toujours d'un grand calme et repos pour l'esprit, même si ce n'est pas le cas pour les fesses, les jambes et surtout les couilles. Au col les autres nous rejoignent, qui arrivent de la gorge qui aurait parait il été assez difficile pour moi. Je descend de chameau et Michel m'aide à descendre sur l'autre versant du col.
On arrive dans un oued, où il doit y avoir de l'eau car le décor est très vert. Il y a des bouquets d'arbres, de verdure variée, presque abondante. On s'arrête pour déjeuner, je me mets en short. On déjeune encore d'une salade!
Après le déjeuner on marche encore 300m difficile dans la pierraille qui parsème un tapis de sable. On descend vers une guelta. Sorte de mare reservoir d'eau, qui nous est encore masquée par un rideau de roseaux assez épais.
Mais une fois que l'on a traversé ce bouquet de roseaux, on arrive sur une petite plage au bord de la guelta. L'eau est assez fraiche, alors on hésite un peu à y aller. Mais Michèle et Stéphanie y vont courageusement les premières.
Face à la plage, la guelta est dominée par une paroi rocheuse, qu'Yves essaie de parcourir dans la longueur, mais il lache prise sur un surplomb difficile et tombe à l'au. Alors que Gilles qui passe derrière, parvient à faire toute la longueur sans tomber. Malgré nos tentatives pour le faire rire et le déconcentrer.
Je me suis baigné en short et c'était froid mais bien agréable. Le soleil tape fort. Les touaregs qui sont restés sur le plateau au dessus de la guelta ne sont pas encore habitués à ces crises de dépense d'energie inutile, que nous appelons sport!
On redémarre vers 3h30, alors que le soleil commence un peu à se voiler. On marche dans une caillasse pas très bonne avant d'arriver dans une grande plaine comme celle du permier jour, où on établit notre bivouac.
Les touaregs qui décidémment maitrisent bien leur métier de guide, maintenant que nous avons bien sympathisé avec eux, nous sortent de leur sacs de quoi faire un mini souk, où nous sommes invités à venir piocher et acheter des colifichets. C'est un moment que je trouve assez pénible, car on réalise qu'ils sont restés tout le long du voyage très professionnels et cela nous ramène aux dures réalités merkantiles, que nous avions presque oubliées. Même si tout cela est emballé dans une gentilles, une simplicité et bonhommie toujurs égale de la part des touaregs. Evidemment Yves et moi, sommes ni assez spontanés, ni assez tendres pour leur acheter quelque chose et s'encombrer d'une babiole.
Un chameau est malade. On ne sait pas ce qu'il a, mais les touaregs attendent Tam pour le faire soigner.
Ici le bois ne manque pas et ce soir le feu est assez grand pour que tout le monde puisse se tenir autour. On dine d'un riz très bon, bien qu'un peu trop salé par Gilles et morceaux de chèvre. Je discute avec Marie-Françoise, qui est la plus reservée de nos compagnes, on prend une bonne crème Mont-Blanc comme dessert.
Pour la veillée, Yves nous chante des chansons de Brassens, ainsi que des chansons du Middle West américain. Les touaregs chantent aussi et chacun lance un petit refrain. Malheureusement il n'y a pas de chansons connue de tous. Je chante aussi un ou deux airs d'Opéra.
On va se coucher, comme il n'y a pas de vent et que l'altitude a bien baissé depuis quelques jours, il ne fait vraiment plus froid.
Je me décide à mettre de la crème sur mon visage, qui commence vraiment à être tout sec. Avant de nous coucher, nous allumons avec Gonzague un brasier dans les rochers à coté desquels nous avons établi notre campement. Heureusement que nous l'avons allumé dans le creux des rochers, car le vent se lève et il menace presque l'acacias qui est à coté et qui nbe demanderait pas mieux que de bruler. En fait de nuit tempérée, elle s'avère assez fraiche et heureusement cette barrière de rochers au pied de laquelle nous sommes nous protège du vent.
Au petit matin le chameau qui était malade commence à rendre l'aecirc;me et les touaregs se précipitent pour l'égorger avant qu'il ne meurt de maladie, car le Coran impose de ne manger que de la viande égorgée. Une fois que la bête a été saignée et que nous avons petit déjeuner nous sommes invités à assister ou à aider au dépecage.
C'est comme pour un lapin, ils tirent la peau à un bout et tout ient. C'est assez impressionnant.
Ensuite on commence à découper la bête. D'abord simplement à l'opinel, puis un touareg va emprunter une haecirc;che dans un village qui est voisin derrière les rochers. L'outil a beau être très rudimentaire il permet de casser la colonne vertebrale et de détacher les côtes. La peau qui a été retirée d'un seul tenant est étalée sous la bête pour recueillir les morceaux qui tombent. On découpe d'abord les pattes, antérieurs puis postérieurs, puis les côtes.
L'estomac crevé deverse un flot de bile, que l'un des touareg arrête en mettant son poing dans le trou, puis un morceau de bidoche. La bosse elle est pleine de graisse, et non pas d'eau comme certains pourraient le croire.
Tout cela va assez vite malgré le peu d'outils. Les touaregs restent de bonne humeur et plaisantent malgré ce malheur qui les frappe, ou qui en frappe au moins un d'entre eux. Car le chameau est quand même leur outil de travail. C'est assez impressionnant de voir cette ambiance de fête, fébrile qui nous anime tous. Certains d'entre nous mettent la main à la paecirc;te pour transporter les quartiers de viande sur les rochers, où on les découpera plus finement. Un homme du village voisin est venu pour acheter une partie de la viande.
Cette boucherie permet de voir de plus près les pattes du chameau. Elles ont en dessous de chaque doigt un coussin un peu comme une patte de chat, mais en géant. Ces coussins leurs permettent de marcher sur les cailloux sans se blesser. Il parait que une bête qui est habituée aux cailloux ne marche pas bien sur le sable et vice-versa. La bouche et la dentition sont difficiles à voir car les dents sont crispées et on ne peut pas apprécier le palet en béton qu'il doit avoir pour arriver à manger les terribles épines d'acacias, dont j'ai mesuré certaines à 10cm!
Tout ce travail se termine vers 10h30, les touaregs voudraient rester sur place pour déjeuner, mais nous demandons à repartir. Nous marchons pendant 2h pour quitter cette plaine. On arrive dans une autre plaine, où nous nous arrétons pour déjeuner.
Cette fois ci il n'y a plus de salade verte et elle est remplacée par une salade de haricots verts assez moyenne;
Après le déjeuner les garcons et une ou deux filles se lancent dans l'escalade d'une petite montagne voisine. Je suis aidé par Michel et Gilles qui me guident tout au long de l'ascension. Il y a même des moments où il m'assure avec une corde pour passer les passages difficiles. Le difficile c'est surtout d'éviter de se cogner sur tous les rochers qui peuvent déborder d'un peu partout, y compris en surplomb! C'est ainsi que j'ai failli m'assomer en me relevant après l'ascension d'un goulot alors qu'il y avit un rocher au dessus.
On monte en une heure et demie. En haut il y a une plate forme avec une vue assez jolie. On voit jusqu'à l'aérodrome de Tamanracet. La montée n'a pas été trop fatiguante, car nous ne sommes pas allés très vite. Mais c'était surtout amusant, car je me suis fait tout un cinéma en imaginant les vides les plus vertigineux là où il y devait y avoir des trous de 30cm. Cela me donne assez envie de refaire de l'escalade, il faudra que je m'y mette en France.
En rentrant au campement on retrouve les filles qui ont été faire une ballade. Elles ont failli se perdre pour retrouver le bivouac. Gonzague et moi nous retirons pour terminer la composition d'une chanson que nous avons composé pendant la marche sur l'ensemble du groupe.
Sur l'air d'"Oh when the saints" Nous sommes touristes Oui, mais sympa Nous sommes touristes Oui mais sympa Nous sommes touristes Oui mais sympa Nous allons dans le desert Faire une belle méharée .sp 2 Il y a le père Gilles C'est le plsu habile (ter) Car à son ordre on court on trotte C'est lui qui a le stock de papillotes .sp 2 Il y a un vieux cow-boy C'est le père Yves (ter) Tous ses muscles sont fait d'acier Un acier qui a pt-être même un peu trempé .sp 2 Il y a super Genie Et ses soucis (ter) Elle refuse jamais le pastaga Et ca nous débarasse de ses tracas .sp 2 C-que vous ne savez pas C'est qu'Anne-Aymone (ter) Chargeait tellement de bouquins son chameau Qu'il a crevé sous le fardeau .sp 2 Il y a la chach Oui c'est Pauline (ter) Elle raconte de telles histoires Que l'on a peur quand vient le soir .sp 2 Y a Msieur j-sais tout Oui c'est Michel (ter) La seule chose qu'il ne sache pas faire C'est la sieste après mangé .sp 2 La plus jolie C'est Stéphanie (ter) Elle voudrait bien rester ici Mais elle a pas encore trouvé son beau targui .sp 2 Marie-Françoise N'aime pas l'armoise (ter) Mais depuis qu'elle en a mangé Elle est complétement transformée .sp 2 Et Dominique Et Dominique C'est la plus chic (ter) C-qui est vraiment du dernier cri C'est de rester vraiment sali .sp 2 La belle Michèle C'est la plus belle (ter) Mais dès qu'elle fait la targui On ne comprend vraiment plus ce qu'elle dit .sp 2 Il y a Pascale Et son Saroual (ter) Ca lui va vraiment très bien Mais quand elle l'ôte c'est pas vilain .sp 2 Marche en zig-zag C'est le père Gonzague (ter) Surtout quand il a pris du whisky Mais jamais quand on parle zizi .sp 2 Il y a Sylvain Qui ronge son frein (ter) Il marche toujours à 100 à l'heure Sauf quand faudrait être à l'heure .sp 2 Il y a Ram-Ram Et son tam-tam Sidi Arhmed Et Mohammed Et Bourari Et son kiki Même quand l-beau Baa tombe de chameau Ils trouvent cela très rigolo
On chante cette chanson Gonzague et moi pendant la veillée. Les touaregs nous dansent une dernière danse. Ram-Ram lui même se met à danser. Ils se défoulent particulièrement. Ce qui montre une fois de plus que les occasions précédentes étaient plutôt professionnelles. En tout cas l'ambiance est sympa.
Comme il fait assez doux ce matin, je ne suis presque pas en retard au petit déjeuner! On a une superbe lumière à l'est au soleil levant, à 7h25.
On part vers 8h, on marche un peu puis on monte à chameau.
J'aoi la figure de plus en plus cartonnée. C'est vraiment bizarre, car je n'ai pas abusé du soleil. Et c'est pourquoi je pensai qu'il n'é"tait pas necessaire de me crèmer. Résultat avec la sècheresse de l'air, j'ai la peau du visage dure comme du carton. Cela me fait mal au front quand j'ouvre la bouche! C'est assez impressionnant à sentir et même à voir je crois. Je mets de nombreuses couches de crème qui sont bues en quelques minutes. Malgré la beauté du paysage qui nous environne, je mets mon chech sur le visage pour m'abriter du soleil. On fait deux heures de chameau. Puis ceux qui veulent marcher peuvent descendre de monture. Ce que je fais avec Gonzague.
Je suis victime d'un phénomène assez surprenant de psychosomatisme. Alors que pendant tout le séjour je me suis parfaitement contenté d'une toilette réduite à néant après les 24 premières heures, et notamment je n'ai pas une seule fois éprouvé le besoin de me laver les dents. Brusquement aujourd'hui, en plein milieu du desert, alors que rien ne manifeste encore notre retour à la civilisation, si ce n'est une anticipation psychologique, je suis pris d'une furieuse envie de me laver les dents! (En rédigant cela j'ai aussi envie de me laver les dents!)
On marche encore pendant une heure avant de s'arréter dans une plaine qui pour une fois a plus de sable qsue de cailloux. On s'installe pour déjeuner.
Une distribution d'objets superflu s'organise au profit des touaregs. Chacun donne ce qui lui pèse trop. Je donne deux t-shirt. Mais certains sont beaucoup plus généreux que moi ou avaient beaucoup d'objets inutiles.
Je vais bruler du pq derrière une petite montagne de cailloux. Du coup je me ballade en cherchant un endroit propice.
On déjeune de morceaux grillés de chameau et d'un peu tous les restes, sardines, saucisson... On boit du lait de chèvre, que Baa a rapporté du village de sa famille où il s'est éclipsé hier. Ce qui nous a donné l'occasion de le voir dans ses beaux habits de fête.
Les touaregs se partagent discrètement nos dons. On reprend notre marche. Il commence à faire très chaud, maintenant qu'il n'y a plus l'altitude pour nous apporter de la fraicheur et du vent. Je suis en short. Je marche avec Pauline puis avec Gonzague. Le relief est de moins en moins montagneux.
Les chameaux font un peu de trot. On suit à pied les chameaux de baecirc;t. On arrive dans la plaine où nous avions trouvé la caravane le premier jour. On est à 3h30 au rendez vous, où des voitures nous attendent.
On dit adieu au touaregs, de facon assez brève et sans effusion. Il fait chaud et chacun à l'air pressé. Ils étaient tout de mêm sympa et vraiment d'une richesse de coeur extraordinaire. Très fins et intelligents, pas des indigènes barbares ou perverti par la consommation. r.
On monte dans les voitures avec les bagages. On dit aussi adieu aux chameaux. On quitte le desert qui s'estompe dans la poussière de la piste.
On rencontre une autre voiture d'Hommes et Montagnes avec Madame Bernoza qui cherche son mari.
On passe devant un des camps militaires qui entourent Tamanracet. Puis on arrive à l'hotel Taat. On décharge les bagages.
C'est en principe le meilleur hotel de la ville. On n'ose pas imaginer comment doit être le plus mauvais. On se précipite au bar pour prendre une bière. Moi je me contente d'une bouteille d'eau, pour me ménager un retour progressif à la civilisation. Mais un type à la table voisine profite d'un moment d'inattention pour me voler cette bouteille, me rappelant brutalement les dures réalités.
Certains prennent une douche avant que nous ressortions flaner dans la ville; Pascale, Gonzague et moi commencons par un magasin de souvenirs où Pascale achète une statuette, graecirc;ce aux 100 f qui me restent et que je n'avais pas déclaré à Alger.
Puis on va au marché, où on achète des dattes. Le marché est assez typique, petit mais local. On y voit beaucoup de touristes. On voit aussi pas mal de baba kool, qui visiblement habitent ici. Il y a aussi pas mal d'algériens qui se mèlent aux nombreux touaregs sédentarisés. Je rentre à l'hotel avec Pascale, car j'en ai un peu marre. Mais Gonzague reste à flaner dans la rue.
En rentrant à l'hotel je ne peux pas résister plus longtemps à l'appel de la douche. Pascale reste dans ma chambre, car la sienne est occupée par Dominique, qui y fête son anniversaire. Puis avant le diner que nous prenons tous ensemble dans la salle à manger de l'hotel, Dominique nous paie un pot au bar pour fêter ses 30 ANS.
Il y a deux ou trois groupes Hommes et Montagnes qui dinent ce soir. Je ne parle pas beaucoup, car j'ai vraiment la peau du visage, qui tire sous l'effet du simple mouvement des lèvres. J'ai même du mal à manger.
Après le diner on va se coucher assez rapidemment, car on doit se lever à 6h.
Je ne sais pas si c'est un effet secondaire du retour à la civilisation, en tout cas, ce matin, je me reveille tout seul à 6h avant que Dominique vienne frapper à notre porte. Et je suis prêt en avance au point que j'ai le temps de bouquiner un peu sur mon lit avant d'aller petit déjeuner à 6h30. A 7h on prend les voitures qui doivent nous emmener à l'aéroport. On voit Monsieur Bernosa, que l'on avait déjà vu au restaurant de l'hotel la veille au soir.
A l'aéroport, on attend assez longtemps, au milieu d'une certaine inorganisation bureaucratique pour pouvoir enregistrer nos bagages. Puis graecirc;ce à un gentil policier, je passe assez rapidemment avec Pascale les formalités de police. On prend l'avion pour Alger avec d'autres groupes d'hommes et montagne.L
Dans l'avion, l'en cas qui nous est proposé, comporte un fenouil excellent.
A Alger on change de terminal, pour aller dans le terminal international.. Là on attend encore assez longtemps. On monte prendre un thé au salon de thé. Où on s'installe en terrasse, c'est à dire dans la galerie marchande. Pauline est partie prendre son avion, toute seule, sans qu'on lui dise au revoir. Mais on se ratrappe en disant au revoir à Michèle et Stéphanie qui prennent leur vol pour Toulouse.
Puis on attend encore dans la salle d'attente, avant d'embraquer, les uns pour Paris, les autres pour Lyon (Jenny, Gonzague et Gilles).
Dans l'avion j'ai une longue conversation avec Anne-Aymone assise à coté de moi. A peine entrecoupée par le diner en cas. On arrive à Paris vers 20h. Je récupère mon sac et Yves me raccompagne gentiment avec son chauffeurqui est venu le chercher. J'arrive à Vital pour commencer une déscouamation sérieuse de chaque millimètre carré de mon visage. Ce qui me met dans un état assez impressionnant de décomposition.
Pages personnelles de Sylvain NIVARD