Vendredi 28 septembre

Tchécoslovaquie

Nous arrivons Grégoire Ader et moi 20 mn en avance à la gare de l'Est, pour le train de 23h00 à destination de Prague. Ce qui compte tenu de nos ascendances est à proprement parler un exploit. Ce qui nous donne le temps de prendre notre première bière sur le quai de la gare. Nous montons dans le train avant d'avoir trouver notre wagon. Ce qui nous oblige à traverser plusieurs voitures où le sac à dos de Grégoire a d– mal à se frayer un passage. Enfin, après avoir traverser le fourgon à bagages, nous voici dans notre compartiment. Où nous ne tardons pas à nous endormir.

Samedi 29 septembre

Malgré les nombreuses heures qui nous restent avant l'arrivée, pas moyen de faire la grasse matinée. Le steward de la voiture nous reveille à 8h pour récupèrer les draps!

Le fourgon à bagages s'est avantageusement transformé en wagon restaurant pendant la nuit. Mais nous pouvons en profiter car il faut payer en mark que nous n'avons pas. Ce qui est vraiment dommage. Car mon manque d'appetit pendant les voyages n'aurait sans doute pas resister au plaisir des wagons restaurants.

C'est alors que je réalise, qu'en voulant finasser, pour éviter de perdre mon passeport le plus récent. J'ai pris un passeport qui était périmé! Il n'y a plus qu'à prier pour que l'on me laisse pas trop moisir à la frontière Tchèque. Car du coeur de l'Allemagne, on ne peut vraiment rien faire. Au moins le controleur allemand ne fait pas de difficultés pour accepter ma carte française comme titre de transport pour mon accompagnateur.

Nous passons la journée à somnoler dans le compartiment, dont les couchettes ont été relevées. J'ai une cassette de Michelet pour m'aider à m'assoupir!

La population du train a bien changé depuis Frankfort. Et en fait seulement deux ou trois voitures font tout le trajet Paris-Prague. On s'arrête dans des tas de petites gares. Où on suppose que l'on embarque des Tchèques qui rentre passer le week-end chez eux.

Nous voici à la frontière. Les choses ne s'annoncent pas très bien car les douaniers remarquent mon passeport périmé et ils sont deux. Mais après quelques minutes d'hésitation et de sermon. Ils me laissent rentrer. Grégoire change de l'argent dans le train à des femmes qui parcourent le train. Ce qui lui permet de payer l'équivalent de 4F, une bière au wagon restaurant. Alors que la première lui avait co–té 15F!

Nous papotons avec nos compagnons de compartiment. C'est à dire un couple de jeunes en vacances comme nous et deux roumaines, mère et fille qui sont venues visiter Paris. La mère parle très bien français, qu'elle a appris dans une école française en Roumanie entre les deux guerres. En fait c'est surtout Grégoire et elle qui parlent.

On arrive à Prague à 18h au lieu de 17h30. On est accueillis par Vlastimil et Suzanne, mes correspondants de Servas et leur fils Philippe de trois ans.

On aide les Roumaines à prendre le métro, car elles doivent changer de gare avec toutes leurs valises! Puis on prend nous même le métro. Puis le bus. On arrive chez eux. Dans un peit deux pièces du sud de Prague. On discute en buvant du vin de Moravie.

Moravie

On refuse une collation et on se couche vers 10h. Grégoire sur un lit de camp et moi sur le canapé du salon.

Dimanche 30 septembre

L'ordinaire du petit déjeuner est largement amélioré par un excellent quatre-quarts que nous a fait Suzanne la veille au soir. A notre surprise on capte Europe2 très bien. Ce qui nous permet de vérifier qu'en France on est passé à l'heure d'hiver. Mais à Prague, nos hôtes ne savent pas. Il faudra attendre de lire l'horloge dans le métro.

Après le petit déjeuner nous décollons tous les 5 pour aller dans le centre ville. C'est à dire Grégoire, Suzanne Vlastimil, Philippe leur fils de 3 ans et moi. Pour cela nous prenons dabord le bus jusqu'au métro puis le métro, et enfin le tramway qui nous dépose non loin du palais royal. Qui est devenu le palais présidentiel habité par l'homme, qui sans nul doute est l'homme le plus populaire de Tchécoslovaquie. En tout cas on voit son effigie partout. Il est gardé par des gardes qui ont un nouvel uniforme bleu-gris et qui restent tout à fait impassibles même à notre passage sous la voute pour pénétrer dans l'enceinte du palais.

Nous faisons le tour des batiments, pour aller à la Cathédrale Saint Guy qui est juste à coté.

cathédrale Saint Guy

Cette cathédrale est plus ou moins de style gothique construite en trois phases dont la dernière date seulement du début du 20ième siècle. L'intérieur est claire, avec la nef en trois parties distinctes suivant les trois périodes de construction. Avec quelques petites chapelles sur les cotés. On rencontre des amis de Vlastik qui promène un anglais.

De la cathédrale on va à l'église Saint Georges.

église Saint Georges Qui est une église plus jolie. Avec une tribune à la place du coeur qui doit accueillir des concerts.

On se balade aussi dans une petite ruelle, qui s'appelle la ruelle dorée. Et qui fait le plein de touristes. Car elle est assez typique avec de très vieilles et très petites maisons, de couleurs assez variées, vertes, rouges, briques, avec des colombages ou non,...Parmi elles au numéro 22 se trouve une maison où a habité Kafka.

On s'arrête dans un petit café sur le parvis de l'église Saint Georges. Où on prend un verre en terrasse sous les ombrages de quelques arbres. Ici aussi ils écoutent Europe2. Cet endroit est vraiment très agréable.

Ensuite on retraverse l'enceinte du chateau pour ressortir du coté qui a une belle vue sur la ville. Et qui est l'entrée officielle du palais. On redescend de la colline sur laquelle se trouve le palais, en cherchant un restaurant. Que l'on ne trouve pas car ceux qui se présentent ne sont pas au go–t de nos amis, ou trop chers. Aussi on reprend le tramway pour aller dans le quartier de l'école ou Vlastimil dispense ses cours de peinture. Je demande un plat typiquement tchèque, aussi je me retrouve avec une côte de porc pommes de terre, au demeurant assez bon.

Vers 15h on se sépare car nos hôtes commencent à être fatigués, notamment Philippe. Et Grégoire et moi continuons à marcher on retourne près du palais. Puis on prend le tramway pour aller dans un quartier moins touristique.

On marche un peu dans le centre sur l'avenue perpendiculaire à l'avenue Venseslas, avant de prendre une bière à la terrasse d'un café. Puis on reprend un taxi pour retourner à la maison. Où on arrive à 19h après avoir eu un peu de mal à trouver l'immeuble car les numéros sont très mal indiqués et il fait nuit. Puis on a du mal à entrer dans l'immeuble car l'interphone ne marche pas. On est obligé de déranger un voisin.

On prend une douche, puis on dine avec Suzanne et Vlastik. La soirée tire un peu en longueur car on est assez fatigué par notre journée de marche et eux n'ont pas l'air décidé à aller se coucher. Finalement ils nous laissent seuls et je bouquine jusqu'à 2h du matin.

Lundi 1er octobre

Petit déjeuner avec Vlasitmil puis on prend le bus et le métro avec lui.

On va dans la vieille ville. En commencant par la place de l'hotel de ville avec l'église Saint Vit, l'église Saint Nicolas et la tour de l'hotel de ville.

église Saint Vit

église Saint Nicolas

On monte dans la tour de l'hotel de ville dabord par l'ascenseur que met à notre disposition le gardien, puis par un grand plan incliné hélicoidal qui mène à un étage du sommet et en montant encore un étage on a une coursive qui fait le tour de la tour et qui offre une belle vue dominante sur toute la ville. Puis on redescend sur la place.

On attend midi en lisant le guide pour assister au sonner de l'horloge de la tour qui s'accompagne d'une sortie des personnages associés au mécanisme, dont les 12 apôtres. Il y a beaucoup de monde sur la place pour assister à ce spectacle, pas aussi exceptionnel que cela.

Puis on entre dans l'hotel de ville pour le visiter. En fait c'est l'ancien hotel de ville qui sert encore pour certaines receptions, mais qui a été relayé par un autre plus moderne dans la nouvelle ville. La guide nous décrit dabord en allemand pour tout le groupe, puis elle nous retient après pour nous refaire une visite particulière en français pour Grégoire et moi.

On visite dabord la nouvelle salle du conseil. Puis une grande salle de reception ornée de deux grands tableaux. Un sur le concile de Constance avec un hérétique brulé à Prague en 1415, essayant de convaincre les membres du concile des réformes qu'il proposait. Et un autre avec les deux fils de Charles IV qui se sont opposés étant nés de mère différentes. Puis l'ancienne salle du conseil. Tout en bois foncé, bien conservé et très agréable.

Puis on descend et notre guide sort du programme officiel de visite pour nous montrer la chapelle, qui servait de garde meubles avant la Révolution de 89. Du coup après ces 40 années de délaissement la chapelle et la pièce qui y mène sont en cours de réfection. Elle nous explique comment se passent les receptions officielles, notamment celle du Président Mitterand

En sortant on essaie de visiter les autres églises de la place, mais elles sont toutes fermées.

On va vers le quartier de l'ancien cimetière juif. On voit dabord un premier musée, avec des draps brodés qui servent à recouvrir la Tora. Un deuxième musée, avec une ancienne synagogue au sous-sol. Qui est une des plus anciennes synagogues d'Europe, avec ses stelles en bois et son plafond qui donne une athmosphère chaude et pieuse. Dans un troisième immeuble on voit un autre bout de musée avec des dessins d'enfants faits dans les camps et des extraits de journaux publiés par des équipes de jeunes dans les différents foyers des camps. On visite encore un bout de musée. Une partie des objets de ces musées ont été rassemblés par les allemands eux mêmes dans les différentes synagogues de Bohême car ils voulaient constituer un musée d'une nation disparue! Puis on va voir l'ancien cimetière juif. Qui est en fait un enchevétrement de pierres dont on peut tout juste faire le tour. On y a enterré des juifs du 14ième au 17ième siècle. Puis au 17ième on a arrété car il n'y avait plus de place. En effet on estime à 12 000 le nombre de sépultures sur jusqu'à 15 niveaux différents. On voit assez souvent des inscriptions, mais jamais de dates. Le tout forme un ensemble assez chaotique mais impressionnant.

On va boire une bière dans un bar décoré par des photos pornos au mur et deux ou trois femmes, bien amorties parmi tous les hommes.

On se balade encore un peu avant d'atterrir dans un bistrot où on nous sert des knoddels et de la viande. Trois punks s'asseyent à notre table. Dont un un qui a vécu 7 ans sur le port d'Amsterdam. Puis deux vieux les remplacent. On lit le guide pendant que la pluie tombe dehors.

Puis quand la pluie cesse, on va se promener sur l'avenue Venseslas. Qui est la grande avenue où on eu lieu les manifestations de 89. Justement il y a une manifestation qui réclame plus de progrès et de réformes. On descend puis on remonte chaque coté de cette avenue qui est visiblement la plus animée de la ville. On essaie sans beaucoup de succès d'aborder quelques filles. On va dans le bar CKD qui a l'air a la mode, c'est en tout cas ce que nous a affirmé une des filles abordées. Mais il se trouve en bas de l'avenue Venseslas avec en fait un bar, qui ressemble à un bar à putes, qui ne nous tente pas et un autre qui est fermé!

Du coup on s'arr.te au bar le Slavi, qui a l'air très chic. Je prends une vodka car je commence à en avoir marre de la bière. Avant on était monté à l'étage pour essayer de suatter un concert de Mozart où un buffet attendait les invités. Mais on a été éconduits. On prend aussi un sandwich.

Après avoir fait toute une série de cartes postales on prend un taxi pour rentrer à la maison. Le taxi qui est venu à Paris et a testé les putes de lar ue Saint Denis nous dresse un panorama assez complet des possibilités locales en matière de prostitution. Dans le flot d'adresses qu'il nous cite on arrive à avoir quelques adresses de boites de nuit et de clubs de jazz.

En rentrant une part de gateau à la Chantilly nous attend, on papote un peu avec Suzanne, avant que Vlastik ne rentre. Puis on se couche.

Mardi 2 octobre

Lever assez tôt vers 8h30. Mais on trainasse un peu avant de décoller vers 11h30. Le petit déjeuner était constitué de restes de gaecirc;teaux dont une crêpe à fourrée de crême dégueulasse.

On va à l'église Saint Nicolas

église Saint Nicolas qui est au centre de Prague. L'église est à l'emplacement d'anciennes églises et au milieu d'un quartier qui date du 10ième siècle. On voit encore les deux places devant et derrière l'église qui formaient le centre ville. Maintenant ces places sont entourées de palais. L'intérieur de l'église est en marbre rose et gris assez clair, dans un style baroque.

De là on retourne au chateau pour visiter le musée Sternberg

musée Sternberg Mais dabord on s'accorde une petite sieste au soleil sur un banc du square au milieu de la place face au palais. On voit les collections de peintures de l'Europe du 16ième et 17ième siècle. Avec notamment des Duhrer et Rubens. Nous sommes la proix des petites vieilles gardiennes de salles qui sont ravies de se distraire en nous expliquant en long et en large leur trésors et parlant fiérement quelques mots d'allemand, voir de français. Il n'y a pas beaucoup de monde dans les salles et elles ont l'air d'avoir pas mal d'affection inoccupée. Grégoire et moi formons un couple parfait ma canne blanche les attire et le tchèque de Grégoire les retient!

Après avoir admiré les toiles de Craaner on passe aux collections du 19ième, qui sont moins interessantes, qui se terminene tpar quelques impressionistes, dont un Van-Gogh et deux Gaugin très beaux.

Du musée Sternberg on va au palais présidentiel. Mais l'entrée principale est interdite et tout un attroupement attend la sortie prochaine du président Vavel.

aussi on fait le tour pour rentrer. On visite la grande galerie. Refaite à l'époque baroque, elle date de l'époque médiévale. C'est une immense galerie au parquet assez défoncé. A l'origine, une rampe d'accès permettait d'y faire rentrer des cavaliers pour des joutes ou des spectacles! Cela a une certaine ressemblance avec la galerie ou siège Ottokar dans Tintin! Puis on voit la salle du trône qui donne dans cette galerie perpendiculairement. Avec le dais du trone entre deux fenêtres. On voit aussi à l'autre bout de la galerie la salle du conseil de la defenestration, où à l'issue d'un conseil houleux des conseillers protestants ont defenestrés des conseillers catholiques. Ce qui fut le signal d'une révolte ratée, qui accentua la domination autrichienne en 1628.

On ressort du palais pour aller visiter le cloitre Saint Georges

cloitre Saint Georges qui est à coté de la basilique Saint Georges, que l'on a déjà visité le premier jour. Le cloitre abrite un musée. Le cloitre est tot à fait moderne et sans interêt. On descend au deuxième sous sol, pour commencer la visite. Ce qui semble annoncer une visite assez longue. Car Grégoire est très exhaustif. Mais cela s'vaêre pas trop long. On voit des collections de peintures du 15ième, dont certaines très jolies. Grégoire se fait encore draguer par les vieilles gardiennes. Ce qui doit lui permettre de faire de bons progrès en allemend et en tchèque. Car cette fois ci on ne le prend plus pour un polonais.

On redescend de la colline du palais pour aller à l'église de Notre Dame de Lorette

église Notre Dame de Lorette qui est fermée car il est plus de 17h et on a raté le carillon de 17h qui parait il est spécial.

De là on prend le tramway puis le métro pur aller jusqu'à la place Venseslas. On achète de la viande séchée et du lard que l'on va manger avec une bière dans un bar à coté. On est à 20h à la statue de Venseslas où on a rendez vous avec Suzanne. Elle un peu en retard car Vlastik est malade. On descend l'avenue Venseslas pour aller en face du CKD attendre un collègue de Vlastik avec on a rendez vous à 20h30. Mais il n'arrive qu'à 21h. En attendant on écoute un groupe de gitans qui joue de la musique dont un saxo. Puis des gitanes qui prennent le relais en chantant avec une guitare. C'est très bon enfant et assez joli. Il y a souvent quelques groupe qui profitent de cette liberté nouvelle de pouvoir jouer dans la rue. Les gitans n'ont pas très bonne réputation et ne sont pas très aimés en tout cas leurs chants sont jolis.

Le copain finit par arriver, au moment où on allait abandonner, il a un comparse qui nous abandonnera vite. Le copain nous explique que c'est dommage que nous voulions sortir ce soir car Jeudi il y a un excellent programme. Mais Jeudi nous avons prévu d'être à Bratislava.

Comme club de jazz on a le choix entre le Parnasse assez cher et chic ou le Redouta plus abordable. On va donc au Redouta, où il y a un programme de Dixieland très classique. Il y a de la queue pour rentrer. On finit par y arriver. Mais il n'y a plus de place assises dans la salle du concert, donc on s'assied dans la salle du bar en bas de quelques marches. Que l'on monte pour aller faire des incursions dans la salle de concert de temps en temps. Je prends des vodka orange pour changer de la bière. Malheureusement dans ce pays leur vodka est vraiment sans interêt. Le copain de Vlastik qui est un professionnel de guitare, va se coucher assez rapidemment car il doit se lever à 5h. On reste jusqu'à minuit et on prend un taxi tous les trois pour rentrer.

Mercredi 3 octobre

Encore un nouveau gaecirc;teau pour le petit déjeuner. Cette fois ci Suzanne nous a fait un gateau aux pommes. Après l'avoir bien entamé nous partons assez tôt vers 11h pour aller visiter le musée national à la station de métro Museum. Qui se trouve en haut de l'avenue Venseslas.

Ce musée d'histoire naturelle, comme on les faisait il y a pas mal d'années avec escalier monumental et autre décor prestigieux pour entourer la mémoire tchèque. Il contient notamment une salle d'histoire assez interessante. On passe un long moment à détailler chaque vitrine. Dans l'une d'elles on trouve une déclaration de l'Empereur d'Autriche de 1781 par laquelle il abolit le servage en Bohême. On trouve aussi la constitution de la Tchècoslovaquie en 1921.

musée national Et un traité entre la Tchècoslovaquie et la Roumanie pour se protèger mutuellement contre la Hongrie....

Dans les salles d'histoire naturelle il y a notamment une maquette de requin marteau, qui me permet de voir cet animal, que je n'avais encore jamais approché, avec ces yeux latéraux. Il y a aussi une autruche géante, qui parait vraiment irreelle. On passe assez rapidemment devant les vitrines de minéralogie pas très passionnantes.

On redescend en ascenseur graecirc;ce encore à une vieille gardienne, qui nous drague.

On va se balader dans un quartier que l'on avait pas encore vu. Puis on prend un taxi car j'ai envie de rentrer à la maison. Grégoire me dépose. A 17h30 je retrouve Grégoire à la statue de Venseslas devant le Museum, j'ai pris tout seul le bus puis le métro, sans problème sauf que je ne me rappellai plus livré à moi même comment on dit bonjour et merci à ceux qui m'ont aidé sur le parcours. Alors que ce sont les deux seuls mots que j'avais réussi à apprendre!

On se balade dans les rues. On achète un petit cadeau pour le fils Philippe de nos hotes. Dans un grand magasin, j'achète des piles et un rasoir est allemand.

On marche assez longtemps pour atteindre un restaurant qui est conseillé par un de nos guides. Le restaurant s'avêre être une grande brasserie avec pas mal de touristes allemands et des lustres au plafond au dessus des tables bien disposées. Assez serrées, mais pas trop. C'est un peu bruyant mais assez sympa. La carte n'est pas très typique locale. Mais je prends ce qui a l'air le plus exotique. Qui s'av‰re des oeufs sur le plat au jambon puis une choucro–te améliorée. On a vraiment plus faim en sortant de table. ON refait une série de cartes postales.

On prend un taxi pour rentrer à la maison. On téléphone à Bratislava, avec l'annuaire de Servas pour essayer de trouver des hôtes. Puis j'appelle Ivanna et Emmanuella, deux filles qui sont venues chez moi quinze jours avant, que j'essaie de convaincre de venir nous rejoindre à Bratislava pour 24h. Alors qu'elle dans une ville à 300km de là. Elles reservent leur réponse pour le lendemain.

On papote un peu tout en jetant un coup d'oeil à Fanfan la Tulipe et le bal des Vampires qui passent à la télé. On se couche alors que nos amis doivent nous reveiller le lendemain à 5h45 pour le départ à Bratislava. Ils essaient vainement de nous dissuader d'aller visiter la capitale de leur rivaux slovaques.

Je montre ostensiblement que j'ai envie de me coucher en m'allongeant sur la moquette avec mon walkman.

Jeudi 4 octobre

On se reveille à 6h. Apparemment nos amis ont oublié, ou fait exprès de ne pas nous reveiller.. Malheureusement Suzanne passe un coup de fil. Ce qui fait qu'elle découvre le billet de 100 couronnes que j'avais caché sous le combiné pour rembousrer les communications de la veille au soir. Ils le refusent trop energiquement pour que l'on puisse insister.

On va dans une gare qui n'est pas celle que nous connaissons pour prendre le train pour Bratislava à 7h38. On n'a pas le temps d'acheter dans la gare de quoi petit déjeuner. De toute facon je suis encore en train de digérer la charcuterie de la veille au soir. Après un voyage assez ensommeillé, on arrive à Bratislava à 12h59.

Bratislava

On pose nos bagages à la consigne. Puis on marche en direction du centre ville. Mais comme le guide nous indique que la gare est assez loin du centre, on termine avec un tramway.

On voit l'hotel de ville, dont la facade garde encore la trace du passage de Napoléon avec la marque d'un boulet. Sur la place il doit y avoir une fontaine, mais elle est en restauration. On voit aussi une jolie église qui est à coté.

Dans une petite rue, on trouve une cabine téléphonique. On essaie de téléphoner aux membres de Servas pour trouver des hôtes. Mais on ne sait plus lesquels on a déjà appelés la veille! Un type à l'haleine assez avinée et pressé de téléphoner, nous expulse de la cabine, sous prexte que cela fait plus de trois minutes que l'on est dedans. On en vient pratiquement aux mains, tellement il est désagréable. Il s'avère être serveur au bar d'à coté. Et il prend bien sur un malin plaisir à faire durer sa conversation téléphonique. Alors que nous nous sommes assis sur une margelle de pot de fleurs, il nous provoque encore, pendant que nous essayons de trouver les personnes auprès de qui nous avons encore une chance en téléphonant. Car déjà beaucoup ont refusé.

C'est alors qu'un grand jeune homme nous aborde en nous demandant si l'annuaire que nous avons à la main signifie que nous faisons partie de Servas. Il nous propose dabord dans un assez bon anglais de nous aider à trouver un hôte. Puis après un coup de fil infructueux, nous propose de nous héberger. Il a voyagé trois mois aux Etats Unis et c'est beauoup servi de Servas à ce moment.

On prend le tramway avec Milan pour aller à la gare récupérer nos bagages, avant de reprendre un tramway pour aller chez lui. Il habite avec sa petite amie dans une grande maison, dont il loue deux pièces grandes et propre au sous sol. On donne sur la nature. Et c'est très calme. Milan, n'a pas de travail et cherche à être journaliste, Ida sa petite amie travaille comme comptable. A 16h30 elle rentre de son travail . Elle parle surtout allemand. On repart en ville tous les quatre à bord de la scoda de Milan qui date de 1965 et qui a un peu du mal à démarrer!

On se balade dans le centre ville. On revoit l'hotel de ville. On voit plusieurs églises, notamment une église toute bleue à l'exterieur et avec un plafond jaune et des nuages bleus à l'intérieur. Milan essaie de nous expliquer le style cessesion qui dominait au début du siècle dans l'architecture. Style qui rompt avec le style académique et qui se veut plus naturel. A rapprocher des impressionistes.

style cessesion Les couleurs sont plus vives et les formes plus arrondies. On voit comme cela plusieurs batiments.

Puis on s'arrête à la terrasse d'un café pour boire une bière, la nuit tombe. Et l'ambiance est vraiment très agréable. On sent la décontraction d'une ville de province. Ici on entend fun-radio.

On tergiverse un peu pour savoir à quoi va t'on consacrer la soirée. L'opéra l'emporte finalement sur le théatre.

On abrège la deuxième bière de Grégoire pour aller à l'opéra car le spectacle commence à 19h. Il s'agit de la Dame de Pique de Tchaikowski. La salle est presque vide. On a des voisines hongroises qui n'arrêtent pas de glousser. On écoute les deux premières parties dont un très bel air de femme. Puis on va diner car Ida a faim.

On va dans un restaurant pas loin. On prend un fromage fumé en entrée et un plat de pommes de terre avec du fromage de brebis ensuite, spécialité régionale. Tout cela est très bon. La conversation part sur Le Pen qu'ils connaissent, puis sur les illusions coloniales de la France. Après le diner on demande à s'arréter dans une cabine pour rappeler comme convenu Emmanuella et Ivanna. Mais après avoir fait un détour pour trouver une cabine. Au moment d'appeler on réalise que l'on n'a pas le numéro.

On repart à la maison toujours avec la vieille scoda. A la maison on trouve quelques filles qui fêtent l'anniversaire de l'une d'entre elles fille du propriétaire. Une trèS VULGAIRE EST TRès fière de ses dix mots de français. On papote un peu dans l'escalier. Puis on descend tous prendre une infusion chez nos amis. On se couche vers minuit et demie. On dort dans le grand lit de Milan. Alors qu'il dort par terre à coté du petit lit d'Ida dans le salon.

Vendredi 5 octobre

On dort jusqu'à 9h30. On hésite à reveiller Milan on se décide à le faire à 10h. Ida est partie à son travail pour y être à 7h! On petit déjeune avec Milan qui nous prépare des oeufs sur le plat très bons et des tas d'assortiments également très bons: radis, saucisson, cornichons, pain,...

Puis on part tous les trois avec la scoda pour le Davin castle

chateau Davin qui est en dehors de la ville sur les bords du Danube. Pour y aller la route longe la frontière avec l'Autriche où il y avait encore l'année dernière un rideau de fer.

Le chateau Davin domine les confluents du Danube et de la Moravia.

Danube

Moravia Le Danube fait un coude à cet endroit et est assez étroit. On voit l'Autriche juste en face. Passage qui fut tenté par de nombreux occidentophiles, plus ou moins chanceux, par les moyens les plus divers: delta, planche,...En aval le fleuve s'élargit nettement après le coude.

On va dabord au bord de l'eau à l'emplacement d'un ancien théaecirc;tre antique. Construit par les Romains qui sont venus jusqu'ici. L'hémicycle fait face au fleuve et était d'accès interdit avant la révolution, car le bord de l'eau était gardé par les militaires. Je montre à Milan le point d'acoustique optimum pour l'amphitéaecirc;tre.

Puis on monte sur la colline dans les ruines du chateau. On admire la vue à partir d'une terrasse en bois. Je fais tomber ma canne dans un petit trou entre les planches de cette terrasse. En rampant pour se glisser sous la terrasse Milan parvient à la récupérer. Ce que les deux gardiens alertés n'auraient certainement pas p– faire tellement ils sont gros.

Ensuite on fait un peu le tour des ruines qui a été détruit en 1809 par Napoléon, après en avoir fait le siège. On jette de l'eau dans un puits de 65m de profondeur.

On visite le petit musée sur la France: la révolution française avec un jeu de l'oie révolutionnaire très amusant; Napoléon et les campagnes qu'il a fait par ici; les relations entre la France et la Tchécoslovaquie, avec la visite du président Mitterand.

On redescend au parking où on trouve une cabine. Milan essaie de téléphoner à la gare pour nous avoir les horaires de train. Mais c'est occupé aussi il demande à sa mère. Puis nous laissons un message à Emmanuella et Ivanna qui sont parties en week-end.

On rentre à Bratislava. On se balade dans la ville. On regarde quelques églises. Puis après avoir tenté plusieurs restaurants, Milan nous emmène dans un restaurant assez bien caché où il y a de la cuisine locale. Je prends ce qui me parait le plus exotique, ce qui s'avère être une côte de porc avec du riz.

On va au chateau de Bratislava. Pour cela il faut passer près de la cathédrale et contourner le nouveau pont sur le Danube. Ce nouveau pont qui semble être contesté car pour le construire on a d– abbattre quelques maisons et une synagogue. Il permet de relier deux parties de Bratislava, car une nouvelle ville qui a l'air très type hlm se développe de l'autre coté.

chateau de Bratislava

Le chateau de Bratislava est donc sur une colline qui domine le Danube. Il n'en reste plus grand chose si ce n'est le batiment central qui sert maintenant au conseil municipal. Mais qui a été la résidence des rois de Hongrie. Notamment Marie-Thérèse qui a entrepris des travaux pour en faire une résidence confortable.

On redescend la colline, on repasse sous le pont et on va visiter la cathédrale Saint Martin

cathédrale Saint Martin qui est une grande église assez sombre avec un grand tapis rouge. La cathédrale servait pour le couronnement des rois de Hongrie.

En allant vers un café où Milan à rendez vous avec un éditeur à 17h, on passe par la place centrale où débute une manifestation pour l'indépendance de la slovaquie. La manifestation n'est pas très animée. Sauf au moment où ils chantent l'humne slovaque. Il y a pas mal de vieux et peu de jeunes.

On prend un jus d'orange au café où Milan a rendez vous. L'éditeur ne vient. Milan suppose que c'est parce qu'il est resté à la manifestation. On rentre à la maison vers 18h. Il est trop tard pour prendre le train de 18h30. Je me repose un peu pendant que Grégoire regarde les photos du voyage aux états-unis. On explique à Milan qui n'avait pas compris que l'on partait aujourd'hui que l'on souhaite prendre le train de 20h. Aussi il nous emmène à la gare où on trouve des couchettes dans un train qui part à 22h30. On peut reserver nos couchettes même deux heures avant le départ!

Puis on va chez les parents d'Ida. qui nous offrent à diner, avec des boulettes de viande très bonnes et une salade de tomate. On boit de l'alcool local, genre gin et le vin blanc qu'il fabrique eux mêmes et qui est meilleur que ce à quoi on s'attend. On y retrouve Ida, sa soeur le petit copain de la soeur qui a vraiment l'air baba-kool et les parents. Le père a l'air d'avoir quelques responsabilités dans son usine de textile. En tout cas il est très sympa. Grégoire lui parle russe.

On repart pour la gare. Je réalise que le train est à 22h30. Car Milan m'avait dit twenty two ten. Mais j'avais compris twenty to ten. On monte dans le train. Nos amis nous disent adieu sur le quai.

On est dabord tout seuls dans notre compartiment. On commande du thé à la fille du wagon pour le reveil. A une certaine station des compagnons rentrent dans notre compartiment. Heureusement je suis déjà couché en bas et on n'ose pas me déloger. Je dors très bien.

Samedi 6 octobre

On arrive à Prague à 7h. On dépose nos bagages à la consigne. Car on ne veut pas arriver trop chez nos amis. On va se balader dans les rues qui sont assez desertes le Samedi matin de si bonne heure.

On arrive à l'université Carolina. Qui est une vieille université dont on ne voit rien car elle est en rénovation. Ainsi que l'église qui est à coté.

université Carolina

On va à la place de l'hotel de ville. Où on voit les préparatifs d'un concert de stars italiennes. Avec des tas de camions et des ouvriers qui montent les tribunes.

De là on continue en passant par quelques jolis jardins. On parvient à rentrer dans quelques églises qui étaient fermées jusque là.

Vers midi on va déjeuner à l'entrée. Il y a déjà une file d'attente de personnes avant l'ouverture du restaurant. Après quelques minutes d'attente on a une table pour deux qui donne sur la place Venseslas. La formule est assez occidentalisée. Ce qui explique une partie du succès du lieu. Auprès des indigènes et des touristes en mal de steak et de coca. Il y a un buffet de crudités et de salades à volonté. Avec une sauce particulièrement forte! Puis je prends une côte de porc avec jambon fromage et riz au safran. Le tout est assez bien organisé et ils assurent une bonne rotation. Ainsi on change plusieurs fois de voisins.

On téléphone à nos amis pour leur annoncer notre retour et leur donner rendez vous à 15h à Notre Dame de Lorette. Mais finalement Grégoire est fatigué par la nuit de train et préfère repasser à la maison prendre une douche. On va donc à la gare prendre nos bagages et on rentre à la maison, où on arrive à 15h35. On en repart après s'être un peu reposé. C'est à dire en ce qui me concerne avoir fait un pas de plus vers la fin du Roi Vert de Sulizzer.

On repart vers 16h30 16h30. Ce qui fait que l'on arrive après 17h à Notre Dame de Lorette qui est donc encore fermée et l'heure du carillon est passée. Mais on se balade dans le coin.

Dans le tramway qui nous a monté sur la colline, j'ai discuté avec une fille assise en face de moi. Et après deux ou trois banalités échangées elle m'a proposé de l'accompagner au cinéma pour voir un film avec Claudia Cardinal. Bien que séduit par cette approche rapide je décline la proposition car il est difficile de laisser tomber les autres.

On arrive aux abords d'un monastère où se trouve la grande bibliothèque. Qui est fermée bien sur à cette heure ci.

De là on va chez la soeur du Suzanne pour déposer Philippe qui nous avait accompagné jusque là. Elle habite dans un immense appartement du centre ville. Au cinquième étage d'un immeuble ancien. C'est vraiment très inattendu après les interieurs que nous avons p– voir. Il semble que ce soit graecirc;ce au fait que le mari faisait partie d'une équipe de basket d'assez bon niveau pour avoir du piston. Je joue un peu sur le piano qui est complétement pourri. La grand pièce est décorée par la soeur de facon assez moderne. On laisse Philippe avec sa cousine de 7 ans.

Puis on part au restaurant qui est à coté où Suzanne et Vlastik on eu leur déjeuner de mariage. Il y a des tziganes qui jouent du violon et d'un autre instrument à cordes qu'ils appellent la cymbale. Suzanne me choisit un plat typique qui s'avère être un steak trop cuit. On chante sur certains airs de l'orchestre.

Après on va dans une boite à coté qui nous a été conseillé par des jeunes à une table voisine. Mais c'est un striptease qui a l'air vraiment nul.

Alors on prend un taxi pour aller dans la boite Disco 2000 qui est une boite sous un chapiteau installé en périphérie de Prague. C'est tenu par des types qui ont travaillé au cirque Pindar à Paris. Ils nous trouvent une table et je rentre gratuitement. L'ambiance n'est pas géniale et les gens viennent visiblement pour draguer. Mais cela fait toujours du bine de danser. Je rencontre un routier français qui m'explique sa technique de drague des tchèques avec petit cadeau à l'appui. On rentre vers 3h.

Dimanche 7 octobre

Après les préparatifs de départ on dépose nos bagages à la consigne de la gare vers 11h. Il est trop tard pour aller visiter la grande bibliothèque. Aussi on va voir la maison de la culture qui est sur une colline où se trouvait une citadelle des premiers rois de Bohème au 10ième siècle. On se promène dans le jardin. Il y a un cimetière où sont enterrés les grands artistes tchèques. Notamment Dvorak et Stepana.

On retourne à la gare où on arrive à 12h30. Grégoire achète des tomates et de la bière. Le train part à 12h43. On a des places assises avec dans notre compartiment des norvégiens et un espagnol. Suzanne et Vlastik nous font leur adieux sur le quai. Vlastik est passé par son atelier pour prendre deux petites toiles qu'il nous offre. Il a même pensé à faire un certificat pour la douane. Le seul ennui c'est qu'à supposer qu'on montre nos tableaux aux douaniers. Je pense qu'ils trouveraient que l'on aurait p– nettoyer ou jeter les cartons qui ont supporté notre pique nique.

A Frankfort des voitures couchettes sont accrochées et on trouve des places pour nous deux. On déménage donc et on se retrouve seuls dans notre compartiment, en contrepartie du fait que l'on a pas de couvertures.

Lundi 8 octobre

On arrive à la gare de l'Est à 7h. On prend un taxi et on petit déjeune avec Victoire rue Vital. Avant que je n'aille à la Défense.

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