Pologne du 15 au 18 juin 2007

Vendredi 15 juin

Après avoir été avec Virginie au diner en blanc place de l’Etoile je rentre vers minuit et demie avec sa table de bridge sous le bras et le ventre bien plein. Le temps de terminer ma valise, je ne suis au lit qu’à 1h alors que le réveil sonne à 5h. Je me lève d’un bon pour être sur de ne pas me rendormir et je me précipite sous la douche pour me raser. Je suis ponctuellement sur le trottoir à 5h30 comme convenu avec Nathalie qui doit passer me chercher en taxi avec sa fille Indianna et une de ses amies Johannna. J’attend une dizaine de minutes et puis en entendant un camion poubelle s’engager dans la rue Vital, je me dirige vers l’angle de la rue de Passy pour les attendre là bas. C’est là que Nathalie me fait peur en venant à ma rencontre.

Le taxi nous emmène jusqu’à Roissy 1. Là nous faisons la queue pour l’enregistrement puis montons dans le satellite où nous ne tardons pas trop à passer la sécurité et à embarquer dans un avion tout neuf Je suis assis à coté de Nathalie et après avoir papoté sur les génocides et la capacité ou non des acteurs à avoir conscience de l’atrocité de leurs actes nous nous mettons à écouter les Bienveillantes en partageant les oreillettes de mon lecteur de CD Daisy. On interrompt notre lecture pour prendre le petit déjeuner qu’on nous sert. Nathalie est très tentée par mon projet de partir au Ruanda rendre visite à Maurice. Puis nous reprenons l’écoute des Bienveillantes jusqu’à l’arrivée à Varsovie.

Varsovie

Il n’y a pas d’heure de décalage entre Paris et Varosovie. Nous attendons assez longuement nos bagages dans l’aérogare. Nous en profitons pour aller au bureau ede change changer cent euros contre 350 slotis. Puis nous sortons pour prendre un taxi qui nous conduit à l’intérieur de Varsovie qui n’est qu’à 7 kilomètres de l’aéroport pour 28 slotis. Il fait plus chaud que ce à quoi nous nous attendions et en tout cas plus chaud qu’à Paris. 27° parait il.

On arrive à l’hotel Pologna Palace vers 11h mais il n’y a que les deux chambres singles qui sont prêtes pour Nathalie et moi et il n’y a pas encore de chambre double disponible pour les filles. Elle vont donc s’installer chez Nathalie en 409 pour faire une sieste tandis que moi je vais m’assoupir en chambre 404 et Nathalie préfère aller faire un premier tour de reconnaissance dans le quartier. Les chambres sont spacieuses et magnifiques. Tout l’hotel a été refait il y a deux ans et il est très moderne.

Elle nous réveille vers 12h pour que nous allions déjeuner. A la reception on lui a conseillé un petit restaurant tenu parait il par des canadiens polonais qui s’avère plutôt sympa. On y prend une salade et des raviolis polonais avec de l’eau pétillante.

Nous rentrons à deux heures à l’hotel pour y rencontrer Anna Lebeuf anna.lebeuf@poczta.onet.pl téléphone portable 0488873333211 notre guide pour cet après-midi. Elle parle remarquablement français bien qu’elle prétende ne jamais avoir suivi de cours. En fait elle est mariée à un français et de fait elle fait régulièrmeent des erreurs grammaticale. Elle nous fait monter dans une grosse Mercedès mono-space agréablmeent climatisée et conduite par un chauffeur. Il nous emmène tout d’abord dans un institut où Anna nous achète des billets d’entrée puis nous mène dans une salle au premier étage où on regarde un documentaire monté à partir d’images d’archives sur l’histoire du ghetto de Varsovie. Les commentaires sont en anglais et le film est plutôt cru et quelque peu direct sur les atrocités commises par les nazis.

Je découvre qu’alors que les allemands ont occupés Varsovie à partir de début octobre 1939, dès ddécembre 1939 ils ont commencé à prendre des mesures sévères contre les juifs par exemple en fermant les écoles de l’enseinement privé juif. Puis on voit lorsque le quartier juif a été bouclé à l’été 1940 avec environ 460000 juifs sur 412 hectares.Soit 100000 personnes au kilomètre carré. En moyenne il y avait 8 personnes par pièce. Avant la guerre il y avait environ 380000 juifs à Varsovie (ce qui représentait la seconde communauté juive après celle de New-York) mais ils ont accueilli des juifs réfugiés des régions en guerre. En Pologne il y avait 3,5 millions de personnes soit 12% de la population de Pologne qui comptait environ 40% de minorités. La vie dans le ghetto continuait pourtant avec des restaurants, des artisans, des usines qui produisaient. Les juifs qui avaient un papier comme quoi ils travaillaient pour les allemands étaient un peu moins maltraités que les autres. Il y avait un découpage très biscornu du mur d’enceinte car les différentes corruptions avaient bien tordu son tracé initial pour permettre à de nombreuses personnes et leur maison de ne pas se retrouver dans l’enceinte. La famine régnait ainsi que les maladies et les cadavres qui s’entassaient dans les rues. A partir de 1942 on comptait environ 10000 morts par jour. A l’été 1942 il y avait déjà environ 100000 habitants du ghetto qui étaient morts, lorsque les allemands ont décidé de le liquider et on demandé à ce qu’on leur livre 5000 personnes par jour sous pretexte de les déporter en camp de travail. Ces déportations ont duré de juillet à septembre 42 jusqu’à ce qu’il ne reste officiellement plus que 35000 juifs dans le ghetto qui travaillaient pour les allemands et probablement 35000 autres clandestins cachés. Les survivants enfermés dans le ghetto ont alors décider de s’organiser pour se révolter et ils se sont soulevés en avril 43. Pendant six semaines retranchés dans des immeubles ils ont réussi à résister aux incursions des allemands qui tentaient d’investir le ghetto. Mais ensuite les allemands se sont mis à brûler les immeubles un par un pour obliger les résistants à en sortir. Alors certains juifs ont tout de même réussi à s’échapper dans le reste de la ville. Notamment ceux qui pouvaient avoir l’air de polonais et qui parlaient polonais sans trop d’accent yeddish et qui pouvaient bénéficier de complicité de polonais pour les cacher. En août 44 il y a eu une autre insurrection de l’ensemble de Varsovie cette fois ci à laquelle les survivants juifs ont pris part.

Après le film la guide anna nous conduit au travers de différentes salles où sont exposés des archives et des photos récupérées dans le ghetto. Notamment d’un scientifique juif qui a pris beaucoup de notes et qui a fait de nombreuses observations statistiques et qui entouré de toute une équipe d’intellectuels avait fait en sorte que leurs observations soient cachés en trois exemplaires pour témoigner de ce qui leur ai arrivé.La guide nous explique qu’au 18ème siècle la Pologne était un grand royaume qui accordait aux juifs des droits à peu près équivalents à ceux des chrétiens du coup il y avaient de nombreux juifs qui avaient été poussés vers l’est par les vexations des différents régimes occidentaux. On estime qu’au 18ème siècle il y avait en Pologne 80% des juifs du monde qui cohabitaient plus ou moins bien avec les chrétiens. La plupart des chrétiens étaient paysans tandis que les juifs n’ayant pas le droit de posséder la terre étaient cantonnés dans des métiers de services ou de commerce et du coup les paysans trouvaient que les juifs travaillaient moins dur qu’eux et s’enrichissaient plus. D’autre part grosso modo la moitié des commercants étaient juifs et l’autre moitié chrétiens. Les commercants chrétiens appartenaient à des confrérie qui les obligeaient à augmenter leurs coûts avec des caisses de solidarité et des charges d’apprentissage et du coup les juifs qui n’avaient pas ces charges leur faisait de la concurrence en vendant moins cher qu’eux. D’où une autre forme de jalousie à l’égard des juifs. Ce qui fait que par exemple traditionellement au moment de Pâques les chrétiens brimaient un peu les juifs en les traitant de Judas et en leur tirant sur la barbe ; Mais à Pâques 40 les allemands ont laissé dégénérer ces exactions pour pouvoir justifier que pour leur sécurité il valait mieux regrouper les juifs dans des zones fermées et ils ont fermer le ghetto en avril 40.

Ensuite on ressort de l’Institut et on reprend notre voiture qui nous conduit sur différents sites où on voit les traces du ghetto. Notre guide est étonnée de réaliser que nous ne nous interessons qu’au Varsovie juif sans être nous-mêmes descendants de juifs. En tout cas elle est très interessante et connaît parfaitmeent son sujet. Elle nous montre des mémorials, des maisons avec quatre batiments de briques de quatre ou cinq étages autour d’une petite cour intérieure où s’entassaient environ 400 personnes. On voit aussi des vestiges du mur qui enfermait le ghetto.

Puis le chauffeur nous dépose à 18h à l’hotel. On lui dit au revoir ainsi qu’à Anna en leur glissant un pourboire et puis Anna nous suit dans l’hotel pour nous indiquer où nous pourrions aller diner dans la vieille ville ce soir. On remonte dans nos chambres pour nous reposer. Je pianote un peu sur mon ordinateur avant de m’écrouler épuisé sur mon lit où je dors une bonne heure. Avant d’être réveillé grâce au téléphone. J’écris encore quelques lignes de ces notes avant que Nathalie passe me chercher et que nous descendions pour sortir diner. On nous appelle un taxi qui nous conduit à l’église Sainte anne. Où il y a un office religieux qui semble très traditionnel.

On déambule un peu dans la vieille ville où les rues sont piétonnes et pavées à l’ancienne bordées d’immeubles homogènes et anciens. Cela a du charme et d’ailleurs c’est touristique. Alors que le reste de la ville est plutôt très moderne et surtout très écléctique. Le restaurant suggéré par Anna est complet en terrasse alors on va s’installer à un autre un peu plus loin sur une jolie place. Je commande un canard aux pommmes qui est passablement bon. Je suis encore très ensuké par ma sieste et le service est plutôt lent. Indianna et Johanna nous décrivent le groupe Daft Funk qu’elles ont été écouter hier soir à Bercy.

Puis après le diner on se dirige de nouveau vers la partie moderne pour récupérer un taxi. Au passsage les filles se sont acheté des glaces. On rentre à l’hotel et je monte à ma chambre terminer mes notes du jour et me coucher.

Samedi 16 juin

Je me réveille vers 5h30 et j’ai peur de ne pas être en forme pour cette journée de visite et pour écouter notre guide mais je parviens à me rendormir jusqu’à 6h45 ce qui me fait pratiquement 7h de sommeil en plus des deux siestes donc je suis rassuré. Après ma douche, je lis mes revues de presse éléctroniques. Puis je descend vers 8h avec nathalie qui est passée me chercher. Il y a un buffet de petit déjeuner qui est énorme . Je comence par demander à Nathalie une assiette de fruits frais puis une assiette de saumon mariné excellent avec quelques crudités. Puis Nathalie me prépare des tartines dans un excellent pain frais. Indianna et Johanna nous rejoignent et petit déjeunent avec nous. Avec nathalie nous remontons chercher nos affaires avant de descendre faire le check out et nous marchons rapidemment jusqu’à la gare qui est toute proche.

On descend sur le quai où Nathalie avise un petit groupe de chinois à qui elle demande en mandarin si nous sommes bien sur le quai d’où partira le train pour Cracovie. Les chinois sont bien étonnés de trouver quelqu’un qui parle leur langue. Du coup ils dialoguent pendant un bon moment en attendant le train. Il parait que leur chef est le secrétaire général du conseil municipal d’Ushi.

Le train arrive et nous montons dans une voiture de première où nous avons quatre places reservées dans un compartiment où nous restons seuls. Le voyage se passe tranquillement. Avec Nathalie nous écoutons les Bienveillantes en vitesse un peu accélérée. Mon lecteur Daisy est un peu agacant car à chaque fois que j’arrète je pose un signet car il y a peu de chapitres mais ensuite je ne peux revenir qu’au signet précédent et il faut retrouver en marche avant rapide l’endroit où nous en étions effectivement. Nous nous plongeons avec le héros dans l’Ukraine occupée de 1941 42 puis en Crimée où il est envoyé se reposer puis muté.

Cracovie

Le train a mis environ 3h50 et nous amène peu avant midi à Cracovie. A la descente du train, sur le quai, il y a un chauffeur qui nous attend et prend en charge nos valises en nous guidant à sa voiture qui attend sur le parking juste à la sortie de la gare. Je suis impressionné car la sortie se fait très facilement comme si nous étions dans une petite gare de province alors que la ville compte environ 1 million d’habitants. Le chauffeur nous conduit jusqu’à l’hotel qui nous a été reservé. Il est moins chic que celui de Varsovie mais juste à coté de la vieille ville. Il est encore trop tôt pour avoir toutes nos chambres mais nous en obtenons une pour installer nos valises et pour passer aux toilettes. Nous ressortons et le chauffeur nous conduit jusqu’à auschwitz qui est à peu près à une grande heure de route où nous avons rendez vous à 14h avec notre guide.

Auschwitz

A l’entrée du camp nous trouvons Magdalena notre guide qui parle très bien français. Elle nous emmène dans les différents bâtiments qui était dans le camp ainsi que ceux qui sont juste à l’exterieur et qui servaient de garnison aux allemands. Auschwitz était proche d’un nœud ferroviaire tout en étant isolé d’où le choix du site. Les allemands ont vidé le secteur en déplacant les habitants dans un périmètre de quarante kilomètres. Le camp couvrait une superficie de 7 hectares et avant la guerre c’était une garnisons polonaise. En 1939 et 1940 se sont surtout des prisoniers politiques et des prisonniers de guerre russes qui sont enfermés là. Puis peu à peu il y a des juifs et des tziganes qui viennent s’entasser. Il y a jusqu’à 30000 prisonniers qui sont dans les 27 batiments du camp. Certains batiments sont en briques à deux niveaux. Il y a le grand batiment de la cuisine, le batiment disciplinaire où on voit les cellules où les prisonniers devaient soit se tenir en permanence debout, soit subir d’autres mauvais traitements. Il y a un batiment soit disant hopital où étaient pratiquées des expériences par le docteur Menguelé. On visite aussi les dortoirs avec les chalis couchettes superposées sur trois niveaux où on dormait à quatre par couchettes. Je suis étonné de voir que ce sont que des planchettes côte à côte. Les conditions d’hygiène étaient évidemment épouvantables et c’est très émouvant de voir tout cela. Les pièces dans les batiments sont vastes tout en longueur et il y a de grandes vitrines qui montrent de nombreuses photos prisent soit par les allemands eux-mêmes soit par les russes lorsqu’ils ont libérés le camp le 27 janvier 1945 alors que les allemands avaient pratiquement tout détruit et évacués le camp. Il y a aussi et surtout des vitrines entières remplies des objets qui ont été trouvé par les russes. Avec une vitrine entière pleine de paires de lunettes où bien une autre pleine de milliers de chaussures ou bien une autre pleine de valises. On voit aussi la chambre à gaz numéro 1 et le four crématoire. Au début les exterminations se faisait avec des piquûres puis en septembre 1941 il y a eu les premiers tests de chambre à gaz avec le cyclon B. C’est un insecticide qui se présente en cristaux et lorsqu’on ouvre sa boite au contact de l’air il dégage un gaz mortel. Au début ce produit servait d’insecticide pour traiter les vétements des militaires et puis cela a été adapté avec ces tests. Avec les premières expériences il fallait enfermer les victimes pendant deux heures dans la chambre à gaz pour qu’elles meurent et puis à la fin de la guerre dans les chambres à gaz de Birkenau la technique s’est amélioré et il ne fallait plus que 20 à 30 minutes. Les chambres à gaz 2, 3, 4 et 5 ont été installées à Birkenau à trois kiomètres de là et on prises le relais de celle d’Auschwitz qui étaient moins performantes.

On reprend notre voiture et notre chauffeur nous conduit à Birkenau tandis que Magdalena a pris sa propre voiture. Elle est assez agacante car elle nous fait des descriptions interessantes mais elle répète au moins deux ou trois fois ses formules et elle s’impatiente dès que nous nous dispersons un peu ou que nous ne marchons pas à son rythme. Par exemple lorsqu’elle parle des risques d’épidémies elle répète au moins une dizaine de fois pendant les quatre heures que nous passons avec elle la formule : risque d’épidémies, diarrés, dissentries, typhus, exemple thématique.

A Birkenau c’était un camp construit de toute pièces avec jusqu’à 300 batiments sur une surface de 175 hectares. Il n’accueillait que des juifs et des tziganes destinés à être exterminés. Il y avait jusqu’à 100000 prisonniers entassés. Mais comme ils étaient beaucoup plus faibles et qu’ils vivaient moins longtemps donc n’avaient pas le temps de s’organiser il suffisait de 500 allemands pour encadrer les capos, prisonniers convertis en gardiens, et les auxiliaires ukrainiens pour garder l’ensemble du camp. Tandis qu’à Auschwitz il y avait des prisonniers de guerre et des prisonniers de droit commun ou politiques et du coup il fallait 3000 allemands pour garder les 30000 prisonniers. A Birkenau on voit les baraquements qui sont en bois tout en longueur. Les challis étaient plus grands et les prisonniers s’allongeaient jusqu’à quinze par étagère. On voit la voie ferrée qui arrivait jusqu’à l’entrée du camp et qui passait sous le mur d’enceinte et une tour de garde. Il y avait parfois deux ou trois trains par jour. Avec à la descente du train une séléction, les faibles, femmes ou enfants ou handicapés qui étaient envoyés directmeent aux chambres à gaz, déshabillés et puis gazés. Ensuite on les tondait pour récupérer les cheveux pour être tissés. Les objets personels étaient stockés dans des baraquements entrepots baptisés canada. Puis les corps étaient brûlés par fournée d’une centaine. Il fallait environ deux ou trois heures pour obtenir des cendres qui étaient jettés dans une fosse ou dans la rivière proche. Les chambres à gaz pouvait asphyxier environ deux cent personnes d’un coup. On pouvait ainsi tuer environ 15000 personnes par jour avec des pointes jusqu’à 50000 à la fin de la guerre lorsque le système a été bien huilé. D’où un stock tampon d’environ 50000 prisonniers qui attendaient leur tour. Il y avait aussi environ 50000 prisonniers qui étaient là pour travailler sur des chantiers environnants. Les prisonniers qui passaient la séléction à l’arrivée étaient souvent redirigés sur des camps de travail de la région où dans des usines qui réclamaient de la main d’œuvre. Comme l’usine d’Oscar Schingler à Cracovie. En tout on estime à 1100000 personnes qui sont mortes à Auschwitz ou dans les camps associés. Lorsque les russes sont arrivés il n’y avait que 7000 survivants à Birkenau dont Simone Veil qui y était arrivée fin 44 avec l’un des derniers convois. Les allemands en évacuant le camp ont emmené avec eux 40000 prisonniers qu’ils ont tenté de convoyer vers l’ouest pour avoir encore de la main d’œuvre. Mais cette marche baptisée marche de la mort en plein mois de janvier a été très meurtrière pour des prisonniers déjà exangues, affamés et à peine couverts de treillis pyjama.

On ressort du camp. Les filles insistent pour monter au sommet de la tour au dessus de la porte d’entrée. Magdaléna tente de nous en dissuader car elle souhaite arréter la visite. En tout cas elle nous quitte un peu sèchement en redescendant de la tour en nous expliquant que la visite a suffisamment durée pendant quatre heures alors qu’en principe c’est prévu pour trois heures et demie. Nous retrouvons notre chauffeur et notre voiture qui nous ramène à Cracovie. J’écoute encore les Bienveillantes plus ou moins en somnolant pendant le trajet.

Cracovie

On arrive à Cracovie vers 18h30 on s’installe dans nos chambres où on se repose un peu avant de se retrouver à la reception à 19h30. Nous sommes dans l’hotel Attrium et je suis dans la chambre 308 petite avec un petit lit mais confortable et fonctionnelle.

On ressort donc pour aller se promener dans la vieille ville. On déambule sur une large avenue piétonne qui est la voie royale qui menait de la ville au palais royal situé sur la colline de Wawel. Il y a de nombreuses terrasses de café et de l’animation. On tente de s’installer dans plusieurs restaurants qui ont l’air sympa mais ils sont complets. Au moment de quitter une terrasse où deux serveuses nous ont toutes les deux dit qu’ils sont complets ce soir, un homme arrive et s’adresse à nous dans un français parfait. On lui explique que l’on cherche une table et en papotant avec lui Nathalie découvre qu’il a habité à Paris rue des Plantes à trois numéros de la maison de Nathalie. Le monde est vraiment petit. Ce serveur nous libère donc une table qui était reservée pour je ne sais quoi. Le restaurant s’appelle Szara Kamienica Rynek Glowny 6. Je commande des boulettes de veau qui parait il sont une spécialité locale qui sont très bonnes. Nous buvons une bouteille de malbeck argentin et passons un agréable moment à cette terrasse tous les cinq.

Puis on rentre à l’hotel en achetant des glaces sur le chemin du retour. Une Indianna vient dans ma chambre avec moi pour m’aider à me connecter à internet. Comme je ne parviens pas à me connecter à un des réseaux wifi du coin, on utilise ma carte orange 3g qui fonctionne très bien. Puis dans ma chambre je rédige un peu de ces notes mais rapidemment je tombe de sommeil et je me couche.

Dimanche 17 juin

Je suis réveillé à 6h du matin. Je me douche et je me rase avant de m’installer sur mon lit avec mon ordinateur. J’écoute en même temps la télé sur laquelle j’ai trouvé la chaine francophone TV5 Monde. A 8h15 je descend petit déjeuner. Je me retrouve le premier dans la salle à manger avec aucun employé pour m’aider. Je reste planté là à attendre que quelqu’un veuille bien m’aider. Une des clientes attablée finit par se dévouer pour se lever et pour me servir un verre de jus d’orange et pour m’installer à une table. Il y a enfin une serveuse qui est appelée par la receptionniste et qui vient me proposer son aide. C’est alors que Nathalie arrive et sauve la situation. Elle s’occupe très gentiment de moi et je me régale de tartines et de thé avec en plus quelques fraises fraiches.

A 9h on retrouve notre guide du jour dans le hall de l’hotel. Elle s’appelle Margarita alias Malgorzata Skoczynska-Janowska msj2@poczta.fm téléphone 048126547095 et parle elle aussi remarquablement français. On remonte dans nos chambres cinq minutes pour nous préparer. Je descend la bouteille de champagne que j’ai apporté de Paris et que Candice fait mettre au réfrigérateur.

Margarita nous fait monter dans une voiture avec un chaffeur qui nous conduit dans le quartier où se trouvait le ghetto pendant la guerre. Il parait qu’en 1939 la ville de Cracovie comptait 200000 habitants dont 65000 juifs. Pas mal de juifs ont déménagé ou ont pû fuir en allant notamment vers l’Ukraine avant que les frontières ne soient fermées. Lorsque les allemands ont occuper la ville ils ont donné deux semaines aux juifs pour déménager et pour s’installer dans un quartier pauvre qu’ils avaient choisi pour devenir le ghetto. Il y a 16000 personnes qui se sont entassées dans les 320 maisons du quartier soit en moyenne 50 personne dans chacune de ces petites maisons à un niveau. Les allemands ont construit un mur autour du quartier pour isoler le ghetto. Sur la place centrale on voit des chaises en bronze qui ont été sculptées en souvenir des chaises que les juifs y apportaient pour venir s’asseoir pendant les longues heures d’appel que leur infligeait les juifs et pendant lesquelles ils prélévaient ceux qui étaient déportés dans des camps. La guide nous raconte aussi l’histoire du pharmacien qui donnait sur la place et qui était le seul non juif a avoir refusé de quitter le quartier et qui pendant toute la guerre a aidé les juifs. Il s’appelait Pankévitch et fait partie des 6000 justes polonais qui ont été distingués à la libération pour avoir aidé les juifs.

On reprend la voiture pour aller dans le quartier de Kazimierz qui était un village autonome il y a deux cent ans avant d’être intégré comme faubourg de la ville. Là viviait de nombreux juifs en bonne harmonie avec les catholiques. On voit plusieurs anciennes synagogues dont une est encore un lieu de culte. En fait il parait que maintenant il n’y a plus que quelques centaines de juifs à Cracovie et donc la plupart des deux cent synagogues lieux de culte ont été transformés en musée ou en mémorial. On y voit de beaux mobiliers de culte avec les armoires qui enfermaient la Tora et les banc sculptés où s’asseyaient les fidèles. On visite aussi l’ancien cimetière qui a été détruit par les allemands mais en fait il y avait des tombes sur plusieurs couches et du coup après la guerre on en a dégagé qui n’avaient pas été détruites. Il y a aussi la tombe d’un certain Moïse qui était un rabbin très célèbre au 17ème siècle et donc la tombe était vénérée et on ne sait pour quelle raison les allemands n’ont pas démoli sa tombe. Le qurtier qui entoure ce cimetière était ahabité par des juifs plus orthodoxes qui ne se mélangeaient pas avec les chrétiens et qui avaient même érigé un mur autour de leur quartier pour éviter les contacts.

Ensuite Margarita notre guide nous conduit dans un petit snack qu’elle connaît où on nous sert des pergozis ces raviolis polonais très bons . Il y en a notamment à la fraise qui sont originaux et que je trouve délicieux. Je bois avec une grande bière polonaise qui est aussi très bonne. Nous discutons nathalie et moi avec Margarita de la situation politique en Pologne pour laquelle elle est plutôt critique et de sa vie avant 1989.

L’après-midi nous alllons dans un jardin public qui se trouve devant le palais épiscopale. C’est là q’a habité Jean-Paul 2 pendant les années où il était archevêque de Cracovie. Puis lorsqu’il est venu à 8 reprises en pologne une fois élu pape. Margarita nous raconte avec beaucoup d’émotion comment se passaient les veillées et les prières de tout le peuple de Cracovie au moment de son ultime maladie avec des milliers de bougies qui étaient allumées au pied de la fenêtre où il se montrait à l’époque et des milliers de personnes priant jour et nuit. On visite aussi l’église franciscaine qui est voisine. A Cracovie il y a encore plus de 70 églises et il parait qu’on en construit encore tellement les polonais sont nombreux à pratiquer, surtout depuis le pontificat de Jean-Paul 2.

Ensuite nous montons sur la colline du Wawel où se trouve le palais royal et la cathédrale. Nous visitons d’abord le palais royal qui a été reconstruit au 16ème siècle dans le style de la Rennaissance. Les batiments sont sur trois niveaux tout autour d’une immense cour pavée. Le rez de chaussée était pour les serviteurs, le premier étage était les appartements de la cour tandis que les pièces de reception étaient au second étage qui est deux fois plus haut que les étages inférieurs. Il y a des arcades à chaque étage et sur tout le long des facades. On monte dans les pièces de reception qui sont décorées de mobilier offert par des mécènes car le palais a été pillé par les différents envahisseurs de la Pologne et du coup il ne reste plus rien du mobilier royal. On admire aussi les plafonds à caisson avec des sculptures et des peintures et on voit surtout les tapisseries qui ornent les murs et qui ont été commandés par un roi à la manufacture de Bruxelles au 14ème siècle. Il avait commandé 300 tapisseries très grandes et luxueuses. Il n’en reste plus que 140 car notamment Catherine 2 de Russie en a emporté et abimé de nombreuses. Ces tapisseries appartiennent à l’histoire et au patrimoine culturel de la Pologne et pendant la seconde guerre mondiale elles ont été décrochées et cachées puis transportées jusqu’au canada pour être à l’abri des allemands et elles ne sont revenues qu’en 1956.

Puis on va visiter la cathédrale qui est à coté et où on été couonné et enterré la plupart des rois de Pologne et des grands personnages polonais. Il y a au milieu un grand baldaquin doré qui abrite le tombeau de Saint Stanislas.

Puis nous retraversons la vieille ville avec dans l’avenue principale de nombreux touristes et des calèches pour les transporter ainsi que des hommes statues pour les amuser. Nous rentrons nous reposer à l’hotel. Je m’assoupis un tout petit peu mais je réussis à ne pas dormir pour ne pas hypothéquer ma nuit prochaine. A 18h30 nous nous retrouvons tous les cinq dans le restaurant de l’hotel pour boire la bouteille de champagne que nous avons mise au frais ce matin. Puis nous allons diner dans le plus vieux restaurant de la ville qui date du 14ème siècle. Je commande du veau et du jambon. Nous buvons un merlot du chili. Candice nous quitte au milieu du repas pour aller attraper le train qui l’emmènera à l’aéroport et l’avion pour Londres. Puis nous rentrons à l’hotel nous coucher. Je suis épuisé et je m’endors en notant sur mon ordinateur les dépenses du jour.

Lundi 18 juin

J’ai passé une nuit excellente à dormir plus de huit heures. Du coup j’ai tout juste le temps de me préparer et de descendre pour être comme convenu à 7h au petit déjeuner. J’y retrouve Nathalie qui m’aide avec toujours autant de gentillessse et de disponiblité.

Nous retrouvons un peu après notre rendez vous de 7h45 notre chauffeur qui nous attend à la porte de l’hotel. Il nous conduit jusqu’à la mine de sel de Wieliczka. On s’arrète quelques minutes à un distributeur de billets où je prend deux cent slotis pour la journée. Je profite de la petite demi heure de trajet pour écouter un peu des Bienveillantes. Là le chauffeur va nous acheter les billets d’entrée car les prestations retenues par Nathalie sont tout compris et puis il trouve le guide qui nous ai reservé. Il s’appelle Georges et c’est un polonais d’âge mûr qui parle lui aussi admirablement bien français. Il nous explique qu’il est ingénieur en éléctricité et qu’il a enseigné au Maroc et en Algérie en français. On nous fait descendre Nathalie et moi par un ascenseur brinquebalant tandis que Indianna, Johanna et Georges descendent par un escalier jusqu’au premier niveau de la mine qui se situe à -64 mètres en dessous du sol. Il parait qu’il y a jusqu’à 9 niveaux qui descendent jusqu’à -300 mètres. Mais il n’y a que trois niveaux qui sont ouverts au public et nous ne descendrons que jusqu’à -135 mètres. On arrive dans une grande salle qui a été creusée par les mineurs. Il parait que la mine est exploitée depuis le 14ème siècle, l’exploitation s’est accélérée au 19ème siècle lorsque les moyens techniques se sont améliorés, en 1800 ils n’avaient creusé que jusqu’au troisième niveau à -135 mètres. L’exploitation ne s’est arrétée qu’en 1996 alors que les isites touristiques avaient commencé dès la fin du 18ème siècle. On voit d’ailleurs une statue de sel de Goethe qui a visité la mine en 1790. Le terrain étant un mélange de chlorure de sodium et d’argile les mineurs font attention à laisser une croute de sel d’environ un mètre un peu partout pour éviter les effondrements de l’argile plus friable. D’ailleurs un peu partout il y a des soutènements avec des poutres en bois horizontales et verticales le long des parois. On parcourt différents couloirs on traverse de grandes salles décorées de statutes de sel ou de bas relief. Ce qui m’étonne c’est qu’au toucher le sel poli est très lisse presque comme du marbre. ICrtaines salles sont vraiment immenses avec notamment une grande chapelle de 12 mètres de haut, et une surface d’environ cinquante mètres sur dix. Il y avait plus de 2000 mineurs qui travaillaient là et plus de deux cent chevaux pour les aider avec des kilomètres de wagonnets dont on voit encore les rails. On voit aussi différentes machineries qui aidaient à l’extraction de la terre et du sel et à la descente du bois de soutènement. Il parait que les chevaux ne pouvaient pas rester plus de six mois en dessous et qu’on les remontait alors pendant trois semaines pour éviter qu’ils deviennent aveugles. En tout cas c’est très impressionant de voir comment on peut ainsi creuser dans le ventre de la terre. Je me demande d’ailleurs comment ils faisaient pour laisser juste ce qu’il faut de croute de sel. Presqu’au bout de la visite notre guide nous laisse 15mn dans une grande salle où il y a un bar et des boutiques qui sont à notre disposition. On tente en vain de casser un billet de cent slotis en perspective du pourboire que l’on voudra lui donner. Mais à toutes les boutiques on nous le refuse et finalement c’est Georges lui-même qui nous le casse en gardant dix slotis pour son pourboire. Il en profite pour nous demander de lui changer dix euros en pièces contre un billet de dix euros qu’il pourra changer à la banque. Puis on termine la visite et on remonte par un ascenseur qui est fait de quatre cages superposées deux par deux qui contiennent chacune une dizaine de personnes.

De retour à la surface on dit au revoir à Geogres et on retrouve notre chauffeur qui nous conduit jusqu’à l’aéroport. Mais Nathalie a demandé à ce que l’on fasse un arrêt par le monument de Patchouf où se trouvait un camp de concentration et qui est juste dans les faubourgs de Cracovie. Il ne subsiste plus qu’un jardin public avec un monument au milieu où se trouve une inscription d’un coté en polonais et de l’autre en hébreu. Nous faisons le tour avec Nathalie tandis que les autres sont restés dans l’automobile.

Puis nous arrivons à l’aéroport où nous disons au revoir au chauffeur. Il est moins de midi et on est largement en avance pour le vol de 14h du coup l’hotesse nous propose de prendre le vol précédent et on enregistre nos bagages qui iront directement jusquà’ Paris. On passe la sécurité et puis on monte dans un ATR72 où je suis assis à coté de Nathalie. Le vol dure à peine 45mn. Une fois à Varsovie on monte à l’étage des départs internationaux. En attendant notre vol pour Paris on s’installe à la cafeteria où on prend une salade et un croissant aux amandes. Nous continuons nos débats avec Nathalie et les filles sur les enseignements à tirer de la choa. Ensuite nous passons la sécurité et le contrôle de police avant de monter dans un Boeing 737. Je fais une petite sieste au décollage et puis je sors mon ordinateur pour terminer les comptes de notre séjour et pour poursuivre la rédaction de ces notes. On arrive à Paris un peu en retard vers 19h. Il est trop tard pour que j’aille au pot de départ de Daniel chez iBM mais encore temps pour arriver chez moi rue Vital et participer à la répétition de chorale qui doit y avoir commencer pour le mariage de Colombine. On prend un taxi tous les quatre et on dépose d’abord Johanna avant de me déposer rue Vital où je retrouve Rémi sur le trottoir qui arrive un peu en retard pour la répétition.

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