New-York

Etats Unis d'Amérique

Tout a commencé quand en juin dernier j'ai fait état dans un diner parisien que ce qui me manque pour aller au marathon de New-York ce n'est pas l'envie mais un accompagnateur. Un type assis en face de moi m'a répondu "moi si tu veux Sylvain, je t'accompagne". Mais le plus incroyable c'est que cette parole mondaine sans conséquences f–t suivi d'un coup de fil où Guillaume m'a rappelé pour me dire qu'il était sérieux et que quand je voulais on commencait à s'entrainer. Il m'a dit avoir déjà fait New-York en 3h. Je me suis donc pas fait prier et nous avons commencé à passer quelques Samedis matins ensemble pour courir au bois de Boulogne.

Mais alors que nous courions un Vendredi soir début septembre, je me suis fait une entorse de la cheville en prenant mal une marche de trottoir que pourtant Guillaume m'avait très bien indiquée. Des radios et une consultation dans une clinique du sport m'ont appris le lendemain matin qu'il me faudrait 4 semaines de kiné, avant de reprendre l'entrainement. Ce qui reduisit mon entrainement au marathon aux trois ou quatre semaines d'octobre. Mais j'ai vite récupéré de ce mois de septembre d'abstinence sportive. Entre mon premier footing début octobre qui m'a donné de belles courbatures et le dernier le Dimanche 26, où j'ai couru 2h30 sans fatigue.

Mais cette dernière longue sortie m'a réveillé une douleur au genou gauche, qui m'a pas mal inquiété et fait mal. Dimanche et Lundi je ne pouvais pas faire un pas sans faire la grimace. Mardi et Mercredi je sentai mon genou à chaque pas. Jeudi et Vendredi je sentai encore mon genou à chaque marche d'escalier.

Mais une de mes amies osthéopathe consultée Lundi et qui m' massé partout sauf le genou , s'est montré rassurante et m'a dit que je pouvais y aller sans craintes, mon marathon se passerait bien.

Vendredi 31 octobre

En principe je devrais être déjà à New-York depuis Mercredi soir mais compte tenu de mon désir de partager la peine de Marie-Laure Féral en étant présent aux obsèques de son père hier à Charlie nous avons décalé notre départ Guillaume d'Andlau et moi. C'est Jo La Rivière qui est un peu décu car du coup j'ai annulé notre séjour chez lui ce qui aurait un peu égayé son antre de paperasses. Mais cela nous donnera le plaisir de voyager avec Hani Roumieh qui s'est arrangé pour prendre une semaine de vacances à New-York en même temps que mon séjour pour le marathon. Il avait même songé à un moment à faire lui même le marathon.

Mais l'idée n'a pas fait long feu et l'entrainement va certainement lui manquer. Comme il risque de manquer à Guillaume qui est un peu grippé depuis quinze jours. Et comme il risque de me manquer car j'ai eu une entorse à la cheville pendant tout le mois de septembre et du coup je n'ai à mon actif que trois semaines d'entrainement. De plus un long footing Dimanche dernier a réveillé une vieille douleur au genou, Dimanche et Lundi je ne pouvais presque pas le plier, Mercredi et Jeudi je sentai mon genou gauche à chaque pas, aujourd'hui je le sens encore lorsque je monte des escaliers. Alors je me demande comment cela ira Dimanche après 42km. Si la douleur ne se réveille qu'à la fin, on fera avec, mais si elle se réveille au 10ème kilomètre, cela risque d'être dur. Laurence Leguidard, amie osthéopathe m'a massé Lundi et m'a assuré que cela irait. On verra bien. En tout cas à part cela je me sens en pleine forme. Et le pronostic d'Yves Collette d'un marathon à 3h30 ne me parait pas hors de portée. Je rève même secrètement de franchir enfin la barre des 3h30.

Toujours est il que reculant devant le prix élevé des forfaits proposés par l'Association Française des Coureurs de Fond j'avais moi même téléphoné à New-York pour obtenir notre inscription d'abord à l'organisation du marathon au 1-2124232244 puis à l'association Achille qui s'occupe des handicapés au 1-212-3540300 tandis que Guillaume s'est occupé via la Croix Rouge de nos billets d'avion sur Air France. Finalement nous ferons l'aller sur Continental graecirc;ce à des places que j'ai trouvé il y a seulement deux jours par le CE d'IBM.

Ce Vendredi matin je prépare ma valise, comme souvent le plus long c'est de décider de la taille de la valise qu'il convient d'emmener.

Vers 11h j'appelle un taxi à la Muette qui me conduit boulevard Gouvion Saint Cyr devant chez Hani. Guillaume m'y attend déjà et on attend un peu qu'Hani descende probablement retenu à faire ses adieux à sa jeune épousée.

A Roissy 2D on récupère nos billets au comptoir Nouvelles Frontières. Nous avons tous les trois des billets aller simples. Car Hani a un retour qui lui ai payé par EMC et Guillaume et moi avons notre retour d'origine prévu sur Air France. J'ai réussi à prendre ces billetsz aller sur Continental seulement Mardi dernier. On doit ensuite retourner au terminal 2C pour enregistrer sur Continental.

On nous pose le jeu habituel de questions sur la sécurité de nos bagages. Puis on embarque sur un DC10. On se retrouve assis au milieu de la rangée du milieu. Hani et moi à coté l'un de l'autre et Guillaume sur la rangée derrière nous. Il y a pas mal de marathoniens français qui font le voyage comme nous.

On prend un déjeuner au poulet et une tarte aux pommes excellente. Mais Hani m'arrète juste avant que je n'attaque le dessert et sort de son sac un petit balluchon de fromages et nous nous offrons des bons fromages bien de chez nous. C'est quelque chose à quoi je n'ai jamais pensé mais je retiens l'idée d'agrémenter soi même les repas frustres des compagnies aériennes avec son propre fromage.

Puis je veux regarder le film "Le 5ème élément". A un moment je crois qu'il commence alors j'interrompt ma sieste pour empoigner le casque et écouter un film catastrophe sur un bateau. En fait cela s'avère être la deuxième moitié du film précédent qui doit être speed 2. Pas terrible en tout cas. Je suis donc déjà un peu fatigué quand le 5ème élément commence. Mais comme j'ai envie de le regarder je le suis dans la foulée. C'est un peu décevant de regarder ces films à grand spectacle sur des petits écrans et avec un casque d'avion. Cela doit surement être mieux dans une grande salle.

New-York

Décollé de Paris à 13h30, on aterrit à New-Yark vers 15h. On passe sans problème les formalités de douane et de police. On prend un taxi jaune à la sortie. C'est un chauffeur ha‹tien qui nous conduit jusque chez Hani sur la 12ème rue. Ici il fait très doux voir chaud et cela contraste avec Paris où on a eu brutalement l'hiver depuis le début de la semaine.

On pose nos affaires dans le studio de Michael appartement 12A. Puis on redescend se balader un peu dans le quartier. Aujourd'hui c'est Halloween et le dorman nous explique qu'il y aura notamment une grande parade à 19h sur la 6ème avenue à l'angle de laquelle nous sommes.

Halloween

On décide donc de ne pas trop s'éloigner. On se balade dans les rues voisines. La 6ème avenue se remplit peu à peu de badauds qui y convergent pour assister à la parade. L'avenue est déjà bordée de barrières métalliques et interdite à la circulation. Dans les rues voisines il y a quelques attroupements autour de scènes avec des groupes de musique qui jouent. On voit pas mal de personnes déguisées, notamment avec des masques. Puisque Halloween c'est la fête du déguisement, pendant laquelle on évoque les diables et les sorcières probablement à l'origine pour les conjurer le reste du temps.

On fait un tour dans la boutique de Balducci qui est un magasin traiteur italien avec des tas de produits attrayants sur la 6ème avenue entre la 9 et 10ème rue.

Balducci

Puis après avoir pas mal marché jusqu'à l'East village puis être revenu coté ouest on s'installe dans le bar Orienta qui est un nouveau bar sur la 6ème avenue tout près de chez Hani. Son enseigne le qualifie de french south-east asia. Et en effet il sert une bière artisanale française. Que Hani me conseille de prendre suite à la dégustation de bière récente que j'ai raté.

Orienta

Vers 19h30 enfin les premiers chars de la parade apparaissent au loin et remontent la 6ème avenue. On quitte le bar et on se met sur le trottoir déjà bondé de badauds. On voit passer les premiers chars avec des personnes plus ou moins bien déguisés en monstre et sorcières.

A un moment où il y a une pause entre deux chars on croit que c'est terminé et comme on en a un peu marre on décide de s'éclipser pour aller diner. On apprendra que ce n'était que le début du défilé mais de toute facon on en a vu l'esprit.

On va dans un restaurant italien le Borgo antico 22 east 13th street téléphone 8071313

Borgo antico où Hani a reservé tout à l'heure. Après en avoir appelé plusieurs en vain car le Vendredi soir les restaurants sympas sont pris d'assaut à New-York.

On prend bien s–r des paecirc;tes pour préparer notre marathon. On est installé au premier étage au milieu de tables qui sont particulièrement espacées, je trouve, compte tenu du prix du mètre carré qui doit être en vigueur ici.

Mes nioccis sont pas terribles mais très bien aromatisés de fines herbes.

Puis on ne tarde pas à rentrer se coucher car l'effet du décalage horaire se fait sentir. Je me couche avec Guillaume dans le canapé chauffeuse. Hani refuse catégoriquement d'ouvrir la fenêtre.

Samedi 1er novembre

Je me réveille vers 2h, crevant de chaud et n'ayant plus trop sommeil. J'ai peur qu'avec le décalage horaire je ne puisse plus me rendormir mais pas du tout je parviens à dormir encore jusqu'à 9h du matin.

On prend un excellent petit déjeuner sur les provisions de la cousine de Michael qui en principe habite ici mais qui s'est absentée pour le week-end d'où la possibilité de nous heberger.

Puis on prend le métro pour remonter up-town. Hani va au Metropolitan Opera pour nous reserver des places pour le spectacle de Carmen ce soir. Tandis que Guillaume et moi nous descendons à l'arrêt précédent pour aller sur la 59ème à Colombus Circus au Coliseum. C'est en principe un grand palais des sports. aujourd'hui c'est le lieu où on peut venir retirer son dossart pour le marathon.

Coliseum

Avec trente mille inscrits cette année, la queue est longue devant l'entrée. Heureusement graecirc;ce à ma canne nous doublons tout cela et nous nous retrouvons devant une file d'attente d'handicapés qui viennent comme moi retirer leur dossart. C'est un peu la cour des miracles avec des fauteuils roulants, des tetraplegiques, des poliomélites boiteux, etc. Il y a tout plein de volontaires sympa qui sont là pour nous aiguiller et nous renseigner. Je m'impatiente un peu car on attend longtemps, je ne sais pas ce que font les quelques handicapés qui sont devant nous. Un type passe dans les rangs en distribuant aux handicapés et pas à leur guide un imperméable nike. C'est super car justement je n'ai rien apporté de Paris contre la pluie.

Enfin la file bouge et on avance après au moins 20mn immobiles. Evidemment pas question de doubler les autres handicapés. Mais c'est enfin notre tour. Guillaume remplit un bulletin d'inscription et on nous donne un sac avec le t-shirt le dossart etc. Pendant que j'attendai Guillaume a eu le temps d'aller chercher son dossart de volontaire à un autre stand. Hani nous a rejoint entretemps et se demande si on ne pourrait pas atrapper le train de 11h49 au lieu de celui de 12h49 qui doit nous emmener déjeuner chez Loren et Doug.

Mais on doit aller au stand de la matching session car Guillaume n'est pas s–r de pouvoir assurer ma conduite tout du long du marathon. Il y a un local avec pas mal de personnes qui sont volontaires pour accompagner des handicapé. J'en récuse quelques uns qui ne tablent que sur 3h45 alors que je préfère afficher 3h"0 pour être s–r d'avoir un bon guide. Finalement on s'arrange avec trois volontaires. Bill viendra faire la première moitié avec Guillaume. Puis à la moitié on done rendez vous à Jessica et Scott qui prendront le relais. Jessica est étudiante en médecine. Scott semble être un coureur expériementé.

Enfin on ressort Hani et moi pour courir tenter d'atrapper le train de 11h49. Guillaume va de son coté pour déjeuner avec une de ses amies. Une fois dans la station de métro Hani réalise sur le plan que l'on doit changer pour aller jusqu'à Grand Central station et donc on a peu de chances d'atrapper le train dans moins de 20mn. Du coup on prend notre temps on revient dans le Coliseum pour voir si je peux y acheter un survétement. Mais on nous dit qu'il n'y a pas ici de ventes d'équipements. Ce qui m'étonne beaucoup. Mais on a pas trop le temps de s'entéter.

Grand Central station

On prend le métro et on arrive à Grand Central Station. On fait quelques pas dans le quartier puisque l'on est un peu en avance. Dans un magasin d'éléctronique je demande la montre la plus simple possible qui fasse chronomètre. Afin d'avoir demain un moyen pour réguler notre course. Le vendeur un juif probablement tunisien car il parle très bien français me propose une montre soit disant toute simple pour 50 dollars. Elle a des tas de fonctions compliquées. Comme je me montre peu tenté et que je m'apprète à repartir il finit par sortir de derrière les fagots une montre beaucoup plus simple qui a tout de même 5 fonctions différentes et qui ne vaut que 25 dollars. Je la négocie pour 20 dollars et il accepte plus facilement que ce à quoi je m'attendai. on entre aussi dans un magasin de vétements pour voir s'ils ont des survétements mais le vendeur tarde à venir nous renseigner et on repart sans attendre prendre notre train. On prend deux billets pour Katonah. J'ai droit comme aveugle à une réduction de 20%.

Le trajet dure environ une heure dans un train de banlieue qui traverse la banlieue nord de New-York. Il y a pas mal de verdure et bois qui bordent la voie. On passe par White Plains et pas loin d'Armonk qui sont les hauts lieux d'IBM.

Katonah

A l'arrivée à Katonah on retrouve Doug qui nosu embrasse chaleureusement. Il nous conduti jusqu'à leur maison. Il est très fier de l'allée de 75 yards qui mène de la route à chez eux.

Leur maison est vaste et luxueuse. Avec notamment une grande cuisine bar, salle à manger. On visite la maison. Ils ont l'air vraiment heureux avec leur grande maison et leur deux enfants. Loren travaille beaucoup de chez elle et comme chasseuse de têtes elle fait la plupart de ses entretiens par téléphone. Les affaires de Doug marchent aussi très bien. Et depuis qu'ils sont chacun à leur compte leur revenu ont été multipiliés par 5 en 5 ans.

On s'installe à la table magnifiquement dressée pour nous avec l'argenterie et la nappe. On a une soupe très bonne suivie d'un poisson aux petits légumes très bons aussi. On boit presque trois bouteilles de vin blanc à quatre, avec d'abord du chardonnet puis du sauvignon de Californie bien s–r.

Puis je vais faire une grande balade dans les bois environnants avec Doug et leur fille Eva. Il pleut et je suis cntent d'avoir mis des bottines de doug. Mais c'est super de pouvoir ainsi se balader dans les bois juste à coté de chez soi.

On papote encore un peu dans leur cuisine. Loren me vante notamment les mérites de leur amie Rosane qu'elle va appeler pour nous ménager une rencontre. Elle me donne aussi un vieux k-way et un vieux chandail de Doug, que je pourrai sans scrupules mettre en attendant le départ du marathon puis jetter sur le bord de la route quand je n'en aurai plus besoin.

Puis Doug nous raccompagne à la gare. On reprend le train pour Manhattan. Je roupille un peu dedans.

A Grand Central on prend un taxi jusqu'au Metropolitan Opera.

Metropolitan Opera

On a deux places debout au fond de l'orchestre sous le premier balcon. Ces places debout sont tout de même numérotées et placées en rang avec une balustrade sur laquelle on peut s'appuyer et devant chaque place un petit écran, comme sur les places assises, où s'affiche si on le souhaite le texte de l'Opéra.

Heureusement le spectacle de ce soir avec Carmen est assez facile, car à cause du décalage horaire cela aurait été plus dur de suivre un Opéra wagnerien. A l'entracte on va se marcher un peu dans les couloirs et à la boutique de l'Opéra. Puis au lieu de revenir à ma place je préfère rester un peu en retrait pour pouvoir m'asseoir par terre le long du mur. Car je redoute qu'une station debout trop prolongée ne soit pas trop bonne pour mon genou. Le spectacle est très beau et cela me fait plaisir d'entendre tous ces beaux airs que je n'ai pas écouté depuis longtemps.

Puis on reprend le métro pour rentrer chez Hani. Hani a machinalement emprunté le couloir du métro alors que j'aurai plutôt pris un taxi. Surtout que l'on rate de justesse une rame et que l'on doit attendre longtemps la suivante. On arrive après minuit chez Hani. Il se fait un sandwich avant de se coucher. Tandis que je prépare toutes mes affaires pour demain. On a réveillé Guillaume qui s'était déjà couché. Il est rentré seul graecirc;ce à la clé que nous avons laissé au doorman.

Dimanche 2 novembre

Dans mon programme minuté hier, j'avais h'ésité à inclure le rasage. Mais comme je me suis réveillé à 5h50 avant ma nouvelle montre réveil, réglée pour 6h, j'ai pris le temps de me raser mécaniquement sous la douche. Puis on prend un petit déjeuner costaud avec des paecirc;tes assaisonnées de sauce tomate et des petits pains ronds.

On prend un taxi vers 7h pour être à 7h35 à l'angle de la 38ème rue et de la 5ème avenue; Qui est le lieu de rendez vous pour tous les handicapés du marathon inscrits auprès de l'association Achille qui gère les handicapés.

Achille

On y retrouve Bill très ponctuel. Il m'explique qu'il a 29 ans et est courtier en assurance maladie pour des entreprises moyennes.

On attend un bon moment que les fauteuils soient chargés dans un bus spécial. Puis on monte nous même dans un autre bus normal. Une fois à bord on attend encore assez longtemps qu'il parte. Enfin vers 8h30 il démarre. On aurait p– rester une heure de plus au lit. Mais je parviens à somnoler un peu pendant le voyage. Malgré des gouttes d'eau de la clim qui me tombe dessus. Je suis assis à coté de Guillaume et on parle pas mal de Anne-Waleska.

Après un bon bout de route qui a permis au bus de rejoindre l'île de Statten Island, il nous débarque non loin de la ligne de départ sur la berge de Statten Island du pont de Verraziano.

Statten Island

pont de Verraziano

On attend encore un moment tous rassemblés dans un espace reservé pour les handicapés. Comme il crachine un peu on s'abrite sous une toile de tente. On profite des cabines de toilettes préfabriquées. Pour une fois c'est bien mon petit déjeuner sera loin lorsque l'on va démarrer.

Enfin on nous dit de rapprocher de la ligne de départ. En fait il y a trois voies d'accès au pont dont le début est le départ. Une voie pour les hommes sur notre droite, une voie pour les femmes sur notre gauche et une voie pour les handicapés au milieu.

Les fauteuils roulants partent vers 10h35, alors que leur départ était prévu pour 10h30. Il y avait aussi un départ spécial à 8h30 pour les grands handicapés. Mais pour pouvoir prendre ce départ anticipé il fallait prévoir de mettre plus de 6h et il parait que si on est surpris à aller plus vite que le rythme annoncé on peut être disqualifié. En tout cas le départ pour les aveugles et autres handicapés légers se fait en même temps que tout le monde, simplement on a notre voie privilégiée.

Il y a quelques mouvements de foule qui n'ont pas l'air très bien controlés par les services d'ordre. On fait attention à ne pas se perdre Guilaume, Bill et moi. On fait un dernier pipi le long d'un muret qui nous sépare de la voie de droite des hommes. Le mair de New-York fait une petite allocution encourageante, (il parait que ce sont les éléctions dans deux jours, Mardi). Et ca y est c'est parti. Je crois que l'on est parti un peu avance sur l'horaire planifié. Les trois colonnes s'ébranlent et s'engagent sur les deux étages du pont de Verraziano. On nous a bien recommandé de courir pas trop près du bord car sinon on risque de recevoir les ultimes besoins de ceux qui sont partis de l'étage supérieur. Il parait que le pont fait deux miles de long avec un premier légérement en faux plat de montée puis un deuxième en légère descente.

Graecirc;ce à notre voie privilégiée on peut commencer à courir tout de suite. Au bout de quelques foulées je me rappele que ce serait mieux si je démarrai ma montre chronomètre spécialement achetée hier. Il va falloir aussi s'habituer à compter en mile. Mon plan de route est simple 5mn du kilomètre c'est à dire 8mn du mile. C'est dommage d'ailleurs que cela tombe juste comme cela car un nombre plus compliqué m'aurait permis de m'occuper à faire plus de calcul pendant la course.

Bref nous voici sur le pont. Ca monte gentiment et je ralentis un peu Guillaume qui a tendance à partir un peu vite, alors que l'on ne s'est pas beaucoup échauffé avant le départ, hormis quelques petits sautillements sur place. Le pont est un de ces énormes et vieux ponts métalliques plutôt sordide et pas franchement poétique. Il y a quelques voiture qui sont encore autorisées à rouler dans l'autre sens. Au départ sur les quelques dizaines de mètres avant le pont il y avait pas mal de foule pour nous encourager mais sur le pont on se retrouve seuls. Très seuls d'ailleurs car il y a peu de coureurs de notre niveau dans notre colonne et on s'échelonne assez vite sur le pont.

Ma montre me dit que nous faisons le premier mile en 7mn45 et le deuxième en 10mn45. Il doit y donc y avoir quelque chose qui cloche. De toute facon peu importe car le coup classique se produit j'ai du la cogner au bras de Bill qui court sur ma gauche car au troisième mile elle s'avèrera arrétée. Je la remettrai en route encore deux fois mais à chaque fois elle s'arrète suite à un choc donc au bout du quatrième ou cinquième mile je renonce et on se contentera du temps de la montre de Bill qui semble d'ailleurs indiquer une heure aussi bonne que partout ailleurs.

Mais en attendant nous débouchons du pont de Verraziano dans le quartier de Brooklyn. Et là commence ce qui me semble le plus remarquable de ce marathon de New-York, c'est la qualité de la foule. De ce deuxième mile au 26ème (42km) la route est bordée par une foule ininterrompue de supporters qui non content de nous applaudir avec enthousiasme s'époumonnent pour nous encourager en criant les acclamations les plus positives. Je crois qu'à partir de ce moment on a pas du courir plus de deux cents mètres sans être dans une haie continue d'applaudissements. Alors qu'au marathon de Paris il y a pas mal de discontinuités notamment dans le bois de Vincennes. Ceci dit ceux qui arriveront après moi me diront que la foule s'éclaircit un peu lorsque l'on passe après. En tout cas au rythme où je fais la course, c'est l'ambiance que je connais sur les Champs-Elysées mais là sur 42km. Une autre chose qui a tendance à disparaitre sur le parcours de Paris et qui est bien présente ici ce sont les orchestres qui s'échelonnent au moins à chaque mile. En fait dans la mesure où on passe plus dans des zones habitées les gens n'ont qu'à descendre de chez eux pour voir le marathon.

Nous déroulons ainsi une foulée bien régulière, en collant à mon plan de route. Il ne fait ni chaud ni froid. Je me suis débarassé sur le bord de notre route au milieu du pont d'abord du vieux k-way puis du vieux chandail que j'avais mis pour attendre le départ. Maintenant je suis en short et en t-shirt. Avec comme d'habitude mon dossart brodé aveugle et blind en plus du dossart de la course. Nous avons des t-shirt spéciaux Achille qui nous font reconnaitre des autres coureurs et de la foule. Alors nous avons souvent des encouragements au nom d'Achille.

La chaussée est plutôt bonne, on va d'abord longtemps tout droit sur la 4ème avenue de Brooklyn puis on oblique un peu. On passe dans des quartiers résidentiels entre des petites maisons avec pas mal d'arbres au bord de la route.

Ce qu'il y a de super ici pour quelqu'un comme moi qui aime bien boire souvent un peu, c'est que les ravitaillements sont à chaque mile (1609m), au lieu de 5km à Paris. Mais ici les ravitaillements ne sont que liquides avec eau ou boisson énergétique et il n'y a rien de solide à se mettre sous la dent. Je trouve cela bizarre de la part des américains qui sont super organisés. En tout cas pour l'instant les paecirc;tes du petit déjeuner me tiennent bien au corps mais sur la fin je risque de regretter les fruits secs des marathons parisiens.

Au cinquième mile Guillaume commence à emettre un souffle un peu éssouflé à mon go–t, d'ailleurs il ne cause pas, alors que moi je suis assez bien pour badiner un peu avec Bill. Puis il me dit qu'il est au maximum.

En effet au 8ème mile alors que l'on est en 1h03 pour un plan de route à 64mn, il décroche dans un léger faux plat. Je continue sur mon rythme avec Bill, tout en encourageant Guillaume de la voix. Dans la descente qui suit on ralentit un peu pour l'attendre mais il ne raccroche pas et a disparu dans le flot de coureurs. J'éhsite à attendre vraiment mais il n'avait vraiment pas l'air bien et il risque probablement de redécrocher un peu plus loin, alors autant ne pas perdre de temps. D'autant plus que je me sens bien et que j'ai un espoir secret de franchir la barre fatidique des 3h30. J'encourage Bill en espérant qu'il tiendra le coup et on continue notre petit bonhomme de chemin.

Cela va toujours très bien, la seule chose qui me surprend c'est que l'on continue à se faire en permanence dépasser par des tas de coureurs beaucoup plus rapide. Je me demande ce que fichaient tous ces bolides depuis plu sd'une heure. Ce n'est qu'après la moitié du parcours que nous seront à peu près stabilisés dans notre rythme. Ils ont du pas mal piétiner au départ. En tout cas c'est sympa comme cela car graecirc;ce à notre rythme correct on est pas noyés dans les coureurs et on ne se bouscule pas. Il y a toujours des coureurs autour de nous mais la route est large ou si non il y a plusieurs passages et donc pas de bousculades. Du moins à notre niveau.

Voici la moitié du parcours qui approche. On a rendez vous avec Jessica et Scott sur le coté gauche de la route. Mais en fait les indications ne sont pas très précises ou Bill ne les voit pas bien. En tout cas la moitié devrait être à 13 miles et 1/"10 et cela se trouve être sur un pont. On ralentit, on fait même quelques pas en marchant. Mais non rien à faire Bill ne voit pas nos relais. Il décide courageusement de continuer quand même avec moi. Il avait bien prévu de faire tout le marathon mais il pensait s'arréter au 14ème mile pour attendre des copains et terminer plus lentement avec eux.

Heureusement qu'il est là et qu'il est courageux. On repart donc, on a perdu quelques poignées de secondes à chercher, mais on est toujours bien dans les temps et on était arrivé à la moitié en 1h44.

Les miles et les ravitaillements en eau s'égrennent donc de plus belle. La foule est toujours aussi enthousiaste et cela me porte vraiment. Je cours sur un petit nuage sans penser à rien, en tout cas à rien de négatif style mal aux jambes, ou aux genoux. Certes les jambes comencent à être un peu plus lourdes et de temps en temps j'ai des petites menaces de point de coté. Mais rien d'inquiétant et le souffle lui se porte comme un charme, je continue d'ailleurs à si ce n'est à papoter du moins à échanger des paroles encourageantes avec Bill. Enfin je ne transpire presque pas. Je bois pourtant un peu à chaque mile. L'eau nous est distribuée dans des gobelets en carton. Au début j'ai regretté les bouteilles de Paris mais en fait les ravitaillements sont tellements fréquents que peu importe si avec les gobelets on en met la moitié à coté en buvant en courant; Car aujourd'hui vu ma belle forme je n'ai pas de peine à appliquer ma théorie du "moins on s'arrète, moins on a du mal à redémarrer". Donc on ne cessera pratiquement pas de courir du début à la fin de ce marathon.

Cela nous amène en 2h03 au 15ème mile et en 2h30 au 17ème. On doit probablement commencer à ralentir un peu notre rythme car la montre de Bill donne plus souvent des miles à 9mn qu'à 8. Mais cela va toujours très bien et je suis vraiment dans mon rythme, sans forcer du tout. Bill semble très bien aussi. D'ailleurs c'est lui qui suggère à un moment que l'on pourra peut-être accélérer sur les 3 derniers miles. Je crois que je l'aurai embrassé à ce moment là. Moi qui redoutait qu'il ne flanche voilà que c'est lui qui parle d'accélérer sur la fin alors que d'habitude c'est plutôt moi qui pousse pour que l'on sprinte. Pour l'instant on est donc vraiment bien. Et d'ailleurs vers ce 17ème mile on commence à gentiment dépasser d'autres coureurs. A partir de maintenant on va plutôt plus vite que le flot qui nous entoure et on grignote lentement mais surement la plupart des coureurs.

Mais avec tout cela on est passé de Brooklyn au quartier de Queens. Qui vu par moi n'est pas sensiblement différent de Brooklyn avec toujours des rangées de petites maisons à deux ou trois étages.

Puis on emprunte un pont sur l'East river

Queens

Brooklyn

East river

Bronx qui nous conduit sur l'île de Manhattan. C'est à peu près à ce moment là que la pluie s'est remise à tomber. On avait eu jusque là juste une forte mais courte ondée. Mais à partir de maintenant c'est une pluie ininterrompue qui commence à tomber et qui peu à peu va se transformer en déluge.

Après un petit moment sur Manhattan on repasse un pont pour aller faire un petit tour dans le Bronx. Ici manifestement c'est le quartier pauvre. Plus de jolies petites maisons, ni d'arbres au bord de la route. Mais des immeubles d'une dizaine d'étages séparés par des terrains vagues. Mais toujours autant d'acclamations sur le bord de la route. Et le début de la pluie ne décourage pas cette foule bon enfant qui manifeste bruyamment ses encouragements.

On repasse encore un pont pour revenir dans Manhattan.

La pluie commence à être diluvienne. Heureusement il n'y a pas trop de vent mais la pluie nous frappe à grosses gouttes. Et je suis trempé des pieds à la tête. Il est loin le mile où Bill me faisait faire des petits écarts pour éviter des flaques d'eau. Et si graecirc;ce à mes chaussures épaisses et graecirc;ce aux chaussettes bien ajustées de Patrick mes pieds ont un peu tardé à être mouillés. Lorsque on doit courir dans une rivière d'eau il n'est plus question de faire attention à l'eau qui dégouline de partout mais à faire attention à ne pas glisser. On aura ainsi l'occasion trois ou quatre fois de courir dans ce que j'appelle des rivières, c'est à dire de faire une dizaine de foulées avec de l'eau jusqu'aux chevilles. J'ai vraiment l'impression d'être au bord de la mer et de courir dans le ressac. Les éclairs strient le ciel et lorsque l'on passe le pont pour revenir du Bronx à Manhattan on a l'impression que la nuit est en train de tomber et en exagérant un peu je dirai que les lampadaires qui sont alumés ne sont pas du luxe. L'avantage c'est que l'on ne déshydrate que peu et du coup je ne bois plus qu'à un ravitaillement sur deux.

Mais je commence à avoir un peu faim et heureusement Bill a des provisions dans une sacoche banane. Il me passe des petits sachets genre moutarde qui contiennent une paecirc;te genre lait concentré Nestlé au go–t de banane. C'est super car c'est nourrissant sans être solide, donc facile à digérer.

Et nous voici après le 20ème mile (32km) en 2h44, à descendre la 5ème avenue. Il y a un marquage en kilomètre tous les 5 bornes. Il y a toujours autant de public qui vous porte malgré vous. Je ne sens ni fatigue, ni la pluie qui pourtant m'inonde.

Au 23ème mile on entre dans Central Park. La foule devient de plus en plus dense et encore plus enthousiaste si c'est possible. Ils sont vraiment courageux de rester ainsi sous la pluie à gueuler à tue tête. On commence à tournicoter un peu dans Central Park. Et comme prévu avec Bill on allonge un peu la foulée. C'est là que l'on voit que cela a beau allez très bien je manque tout de même un peu de jus et accélérer c'est plus facile à dire qu'à faire. On était en 3h33 dans Central Park et donc il va falloir renoncer aux 3h30 mais on est sur la trajectoire des 3h40 voir 3h35. Bill tient magnifiquement le coup et il a même l'air d'avoir encore plus de jus que moi. En tout cas il a le moral et je nous encourage de la voix mais je sens que cela s'adresse plus à moi qu'à lui On commence à doubler de plus en plus de monde au fur et à mesure que l'on allonge nos foulées. Il commence à falloir slalommer un peu entre les coureurs. On traverse encore quelques rivières d'eau. Et la pluie redouble, ce sont vraiment des seaux d'eau qui tombe. Je crois que même au Cambodge ou en Chine je n'ai pas vu des pluies pareilles.

Le marquage du dernier mile n'est pas très bien fait et les gens sur le bord de la route nous donne des encouragements contradictoires certains c'est le dernier mile, d'autres c'est le dernier demi-mile. Alors je ne sais pas trop quand il faut jetter ses dernières forces. Mais on accélére encore très légérement le rythme. Disons pour être plus honnète, compte tenu de la fatigue naturelle, que l'on maintient le rythme.

Je commence à trouver cela un peu long et j'aimerai bien que l'arrivée se profile à l'horizon. Puis Bill me dit enfin qu'il ne reste plus que cent mètres, alors je me lance dans un beau sprint. Mais le vache là où il en voyait cent il y en a bien cinq cents des mètres. Je dois donc ralentir mon sprint puis le reprendre quand effectivement je sens au bruit des haut parleurs que l'on proche de l'arrivée. Enfin Bill ralentit et me fait comprendre que c'est fini. Cela tombe bien car je commencai à en avoir marre de sprinter.

Le chrono officiel indique 3h36, la montre de Bill plutôt 3h42. En tout cas c'est un temps tout à fait honnète et je suis ravi d'avoir fait ce marathon avec tant de facilités, ou en tout cas sans souffrances. J'ai bien une petite ampoule sous le gros orteil gauche, mais c'est pas grand chose. Comme quoi quand on court dans son rythme, sans forcer on tient mieux qu'en partant trop vite.

Après l'arrivée, la remise du coupon attaché au dossart, on nous remet une cape en couverture de survie, qu'ensuite une fille nous attache avec du scotch. Puis les couloirs d'arrivée nous conduisent à des hotesses qui nous remettent la médaille. Ensuite on arrive dans une zone où mon cousin Bertrand me guette de sous son parapluie.

Je remercie chaleureusement Bill qui prend la carte de visite de Bertrand pour pouvoir m'envoyer des photos car il a pris quelques photos tout en courant. Il est aussi très content car c'est son meilleur temps au marathon, puisqu'il n'a jamais fait qu'une fois Boston en 3h50. Il me laisse aux mains de Bertrand et va récupérer ses affaires confiées au départ au camion Achile, pour se changer.

Mon cousin Bertrand Petit habite à Philadelphie et est venu avec toute sa petite famille pour passer la journée à New-York. Pendant qu'il m'attend patiemment sous son parapluie ses garcons sont partis avec leur mère voir un magasin de jouets non loin.

On attend qu'ils reviennent en s'asseyant sur le bord du trottoir. Je dévore une pomme et une barre power. On reste à l'endroit du point de rencontre Achille, en espèrant que Hani et Helen Serebin à qui j'ai donné rendez vous là parviennent à nous retrouver. Mais en principe le point de rencontre Achille aurait d– être à coté des family meeting point, qui en fait sont bien plus loin. Il parait que là bas se trouvent toute une série de camions rangés par lettre de l'alphabet pour que chacun puisse se retrouver à sa lettre. C'est probablement là que Hani doit être en train de me chercher avec mon sac rouge plein d'affaires de rechange.

Nous nous étions donné un rendez vous de back-up chez Helen Serebin qui habite pas trop loin. J'y appelle avec le portable de Bertrand mais Rob qui me répond me dit qu'il n' pas de nouvelles des autres. Alors quand enfin Sylvie et les garcons reviennent, je décide comme je commence à avoir froid d'aller prendre une douche plutôt chez Hani que chez Helen car chez Hani j'aurai des affaires de rechange. On va donc retrouver la voiture de Bertrand et on descend dow-town pour me déposer chez Hani.

Jean-Frédéric et Pierre-Edouard m'y accompagnent tandis que leur parents remontent up-town pour aller chercher Emelyne et une cousine Anne-Claire qui sont en train de se balader dans la ville. D'ailleurs elles appelent pour dire où elles sont car elles n'arrivent pas à joindre le portable de Bertrand. Heureusement on arrive à le joindre et on transmet le message. Une fois que je suis séché et rhabillé on se retrouve tous dans la voiture de Bertrand. Hani est rentré entretemps mais préfère aller se balader de son coté.

On se retrouve à 7 dans un restaurant chinois Canton 45 division street téléphone 9667492

Canton que connaissait Bertrand et Sylvie. Il parait que le chinois c'est la fête pour les enfants, alors même si je ne suis pas fana on y va. D'ailleurs il est plutôt très bon.

Puis les Petit me redéposent chez Hani. Guillaume est rentré et a fini en 4h35. Il est arrivé vers 3h35 alors que nous sommes partis avec les Petit du point Achille vers 3h30 donc on a pas d– se rater de beaucoup. Je fais une petite sieste sur le lit d'Hani. J'ai téléphoné à Helen et on s'est donné rendez vous à 21h à un angle de Broadway pour aller prendre un dessert ensemble.

Un peu avant que l'on parte Hani retre. Il préfère ne pas nous accompagner car il veut rester surveiller son lit ne voulant pas être pris de vitesse par la cousine qui rentre ce soir et du coup obligé de facto de dormir dans le canapé lit.

On prend un taxi avec Guillaume et toutes nos affaires; On arrive un peu en retard au rendez vous. On marche quelques blocs avant de se retrouver chez the Evelyn 78 Colombus avenue téléphone 7242363

Evelyn où on commande un dessert. Je prends un macaron avec de la glace à la vanille. Le décor est assez chaud avec des petits box en bois dans lequel nous sommes assis.

Puis nous marchons jusqu'à chez Helen et Rub. Ils habitent un grand deux pièces 175 west 93rd street. Ils ont trois chats qui font un peu la loi dans la maison. L'un des deux est assez sauvage et a mordu plusieurs fois Rub du coup il reste dans une grande cage. Helen veut absolument que nous nous installions dans leur lit tandis que Rub et Helen seront dans le foutong du salon. Elle nous met des draps propres qui graecirc;ce aux machines à laver américaines à programme super court sentent encore un peu la transpiration. De toute facon nous sommes tout de même passablement fatigués et dormirions un pe n'importe où. On a suspendu au dessus de la baignoire notre équipement de marathonien encore trempé.

Lundi 3 novembre

Je mre réveille vers 8h30. Je petit déjeune tandis qu'Helen de retour de sa séance de gymnastique se prépare à aller travailler. Elle nous a acheté d'excellents petits pains ronds à la bonne boulangerie où elle m'avait déjà emmené la dernière fois. Puis je prends une douche dans la salle de bains, que Guillaume ne trouve pas très propre, avec trop de cheveux dans la baignoire.

Très gentiment Doug appelle pour me donner les coordonnées de son ophtalmo qu'il me recommande d'aller voir ce matin. Il parait que je peux y aller vers 10h. J'hésite un peu plutôt que d'aller visiter un musée ou se balader, on ne sait jamais cela peut valoir le coup de consulter dans ce pays. J'appelle l'assistance Premier à Paris en PCV pour savoir s'ils prendront en charge la consultation que Doug m'annonce être aux environs de 150 dollars. Pour appeler Paris en PCV il faut appeler un numéro 800 de France Telecom, où d'emblée on me parle français.

A Premier assistance je tombe sur un type qui doit être nouveau car il est pas trop s–r de ce qu'il m'annonce mais enfin en principe je dois pouvoir me faire rembourser.

Je prends un taxi et je vais avec Guillaume qui me dépose sur la 79ème et 27me. Je débarque dans un cabinet avec une salle d'attente bien remplie et tout un staff d'assistantes qui me recoivent gentiment. Je suis d'abord examiné par un docteur en blouse blanche avant de voir le docteur Shulman. Il pense qu'il peut y avoir quelque chose à faire sur ma cornée et sur mon cristallin simultanément. Il me recommande au docteur Mackool et va me m'obtenir un rendez vous avec lui pour demain matin. Ce qui est amusant c'est que dès que je dis que j'ai fait le marathon tout le monde se détend et devient amical. Y compris le docteur Shulman qui me dit l'avoir lui même fait plusieurs fois.

En sortant au comptoir les assitantes me demandent 170 dollars d'honoraires. Mais je négocie une réduction à 85 dollars.

Je téléphone du cabinet à Jo La Rivière pour le prévenir que je serai en retard. Je vais marcher jusqu'à chez lui puisqu'il n'y a qu'une vingtaine de blocs et que le temps est magnifique aujourd'hui.

J'arrive chez Jo au 1200 5th street vers 13h. Il m'attend avec impatience. Comme je sais que je n'ai pas beaucoup de temps je m'assieds d'emblée à la table de salle à manger. O miracle elle est complètement dégagée de tous papiers et il y a même deux chaises sur lesquelles on peut s'asseoir. On prend des avocats, du poulet cuit avec des légumes et des paecirc;tes très bons. Le tout arrosé de vin rouge. Je gardai un souvenir très médiocre de la cuisine de Jo mais aujourd'hui je dois dire que c'est très bon même la vinaigrette pour les avocats est bonne. Il n'y a que la tarte aux pommes en dessert qui laisse à désirer.

Guillaume appelle pour me proposer d'aller visiter un nouveau musée qui a ouvert sur l'île Ellis, le musée de l'immigration. On se donne rendez vous à l'embarquement du ferry down-town, pour le bateau de 3h.

Je fais un petit tour de l'appartement de Jo qui est toujours aussi sale et encombré de papiers. On peut tout de même accèder au canapé sans trop de difficultés; Il est maintenant équipés d'ordinateurs, mais il ne sait pas s'en servir lui même.

Il descend avec moi pour m'aider à prendre un taxi vers 14h30. Le taxi passe par l'autoroute sur le bord de l'Hudson river

Hudson river On arrive vers 14h50 au débarcadère des ferries. Mais là le chauffeur de taxi cherche en vain quelqu'un à qui il puisse confier le soin de m'accompagner jusqu'au quai. Je erre un peu et m'enerve car je risque de rater le bateau avant d'enfin trouver un gardien qui veut bien m'emmener. J'achète en vitesse un billet et je me retrouve au dernier moment sur le bateau de 15h pour Ellis island.

Ellis island

En principe Guillaume et son amie doivent être déjà à bord, mais j'ai beau parcourir les différents ponts du bateau je ne les trouve pas. Je rencontre des marathoniens argentins et deux filles de californie qui ont aussi couru le marathon: l'une Teresa en 6h et l'autre Form en 5h30.

Le bateau fait une escale à l'île de la Statue de la Liberté. IL repart dans quinze minutes à 3h30 et ensuite il y a encore un autre bateau qui sera le dernier pour Ellis island à 3h45. Je descends avec les deux fills et je les accompagne pour aller faire le tour de la Statue de la Liberté;

statue de la Liberté On traverse l'île qui est plus longue que ce à quoi je m'attendai avec une allée d'arbres qui mène au socle de la statue. Dans sa base se trouve une grande salle avec des boutiques et où on peut acheter des tickets pour monter au sommet. Il parait qu'à partir de 3h on ne peut plus monter jusqu'au niveau de la couronne et que l'on doit s'arréter au niveau du haut du piedestal.

On hésite un peu à rentrer car j'ai peur de rater le bateau. Mais un gardien nous dit qu'il va nous aider à doubler la queue et en effet il nous fait passer sur le coté et nous fait monter par un ascenseur sur la plate forme du piedestal.

On fait le tour de la statue sur cette plate forme plutôt étroite. Puis on redescend, mais les filles veulent encore prendre des photos de la statue puis de nous ensemble. Alors que je sens la montre tourner et que le dernier bateau de 3h45 doit être sur le point de partir. J'essaie de les pousser à accélérer le retour au débarcadère car c'est trop loin pour que je puisse y retourner seul. On finit par prendre le chemin du retour pour voir le bateau qui au loin quitte le quai.

Du coup je suis un peu enervé et je dois renoncer à mon objectif de visite du musée de l'immigration sur Ellis island. C'est une excellente lecon pour apprendre à ne pas m'accrocher à mes objectifs et à ne pas perdre de vue mes motivations qui sont de passer un bon moment. On attend donc sagement sur le débarcadère le prochain bateau qui pourra nous ramener à Manhattan. On l'attend un long moment à mon go–t. Surtout que je trouve la conversation des deux filles pas passionnante, bien qu'elles soient très gentilles. Elles m'expliquent qu'elles travaillent ensemble à l'archevéché de Los Angoles. Evidemment dès que Teresa qui semble la plus mignonne évoque son petit ami elles perdent beaucoup d'interêt à mes yeux;

Le bateau finit par arriver, on passe la traversée sur le pont à respirer l'air frais. Une fois à Manhattan les deux filles s'attardent un peu à des étalages de souvenirs et de t-shirts. Puis elles m'amènent au métro. Elles ne savent même pas lire sur le plan et on doit demander pour trouver notre direction. On prend la ligne qui remonte vers le nord.

Je les quitte à la 42ème pour prendre le shuttle qui peut m'amener de l'est vers l'ouest. Mais la fille à qui je demande sur le quai, me conduit sur le quai de la ligne 7 au lieu du quai du schuttle. Du coup il y a deux stations jusqu'à Time square où je descends pour prendre la ligne C qui monte vers le nord coté ouest. Je descends à la 96ème sur la 6ème avenue qui longe Central Park. De là je vais avec l'aide d'un passant jusqu'à chez Helen.

Je n'y reste pas très longtemps juste le temps de m'allonger et bouquiner quelques minutes, avant de redescendre pour prendre un taxi qui me conduit au 148 west 51st street au steak house Ruth Chris téléphone 212-2459600

Ruth Chris où nous avons rendez vous à 19h30 avec Roy et Gillian Frasier, Hani et Michael et aussi Rosane l'amie de Loren que j'ai conviée à se joindre à nous;

Nous prenons des viandes très tendres mais très chères. Le diner est plutôt sympa avec le garcon qui n'arrète pas d'intervenir pour nous conseiller ceci ou cela. 65 dollars par personne ne reflète pas la qualité de ce restaurant qui nous a été vivement conseillé par Jean-Pierre;

De là on prend la voiture de Roy et Gillian pour aller dans le village on dépose d'abord Michael qui vient d'arriver de Paris et est donc sous le décalage horaire;

Puis on va dans une petite boite de jazz, où ils ne servent pas d'alcool. Mais on peut venir avec ses propres bouteilles. Hani ressort donc nous acheter une bouteille de vin à l'épicerie du coin. Je papote surtout avec Rosane.

Mardi 4 novembre

Je téléphone à Air France pour tenter de changer nos reservations d'avion sur le vol qui arrive un peu plus tôt à Paris et en tout cas pour reserver nos sièges car je tiens à avoir un fauteuil avec hublot. Mais l'hotesse me dit que c'est pas possible sur les deux points. Nos sièges sont déjà attribués par je ne sais qui en B et C. Il faudra voir ce soir si c'est possible de changer.

Avec Rosane nous allons petit déjeuner dans un petit restaurant de son quartier. Ils servent surtout des produits naturels et l'ambiance y est chaleureuse. C'est le Drovers 270 Bleecker street téléphone 3523060

Drovers

De là on remonte à pied vers la 20ème rue où j'ai rendez vous avec le docteur Mackool au 7th Grammacy Park. Je quitte Rosane peu avant car elle doit aller à so nbureau qu'elle a déjà séché ce matin sous pretexte qu'elle doit aller voir un dermatologue à midi et qu'elle stresse trop à l'idée des résultats d'analyse qu'il doit lui communiquer;

Le docteur Mackool consulte dans un sous-sol. Je suis d'abord interviewé par un technicien qui lui aussi se déride lorsque j'annonce que j'ai fait le marathon. Hani me rejoint au moment où le docteur Mackool rentre dans le bureau où je suis. La consultation est assez interessante. Il me propose de m'opérer mon oeil droit le plus mauvais que les autres médecins ont renoncé à toucher. Comme dit Hani dans le pire des cas il aura au moins ramassé 10 000 dollars au passage. Il a une attitude assez désinvolte.

A la sortie les assitantes au comptoir me demandent 200 dollars. Comme je m'étrangle et demande une réduction l'une d'elles va voir le docteur Mackool qui lui dit de me laisser partir sans payer avec une facture à présenter à mon assurance, charge à moi de le payer plus tard avec ou sans le remboursement de l'assurance.

Guillaume que j'ai tenté en vain de joindre depuis hier soir en laissant des messages sur le répondeur d'Helen nous a rejoint et nous quittons le cabinet médical, pour aller retrouver Michael qui nous attend dans une boutique proche.

C'est une boutique amusante de vétements d'occasion qui ont servi pour des films ou des pièces de théatre. Michael y a acheté une paire de chaussures.

De là Hani nous conduit dans un restaurant à la mode avec des spécialités du sud-ouest américain. Mesa grill 102 5th avenue téléphone 8077400

Mesa grill Je prends un bon hamburger avec des frites du sud-ouest qui sont excellentes.

Michael nous quitte pour aller elle aussi chez un médecin. Tandis que Guillaume Hani et moi marchons dans le quartier à la découverte des galeries d'art. Hani doit visiter une galerie en étage pour un de ses copains qui pourrait y exposer bientôt. On en visite quelques unes d'autres. A chaque fois les tableaux ne semblent pas passionner les autres, alors que moi vraiment je ne peux plus en profiter. Dans une boutique de cadeaux Portico bed and bath 139 spring street

Portico bed and bath j'achète des sels de bains comme cadeau d'anniversaire pour ma soeur Isabelle.

On continue notre marche dans So-Ho

So-Ho jusqu'à s'arréter dans un bar le caffe Reggio 119 Mac Dougal street

caffe Reggio célèbre car ils exposent une très vieille machine à café. L'ambiance y est assez jeune. Je prends un thé glacé. En ressortant on cherche un salon de thé où j'avais été avec Cécile la dernière fois que je suis venu à New-York. On le trouve un peu plus loin mais il est moins bien que dans mon souvenir.

On raccompagne Hani presque jusqu'à chez lui puis Guillaume et moi prenons le métro ligne 2 pour arriver sur Broadway pas loin de chez Helen.

On prend une douche, on boucle nos bagages et on laisse une bouteille de champagne que l'on a acheté pour remercier Helen et Rub. Puis on prend un taxi sur Colombus avenue au pied de la maison.

Le taxi nous amène à l'aéroport de JFK

JFK airport Le chauffeur est un ha‹tien qui semble assez évolué avec qui Guillaume échange des considérations politiques sur son pays.

A l'aéroport on s'enregistre au comptoir Air France. Contrairement à ce que je redoutai je n'ai pas de difficulté à obtenir un fauteuil près d'un hublot pour pouvoir dormir. L'hotesse qui plus est nous donne des invitations pour aller attendre dans le salon business.

Je m'y installe confortablement pour bouquiner en me faisant servir deux bons chocolats chauds avec des petits biscuits. Tandis que Guillaume va explorer les boutiques de Duty Free.

Notre vol est appelé avec un peu de retard, nous devons partir vers 23h35 au lieu de 22h50. Je m'installe confortablement près du hublot, j'hésite à attendre le diner, puis je décide de dormir je prends une pilule de mélatonine. Qui contribue probablement à me faire dormir tout de suite, au point que je ne sens qu'à peine le décollage et je passe toute la nuit profondément endormi.

Mercredi 5 novembre

Je suis réveillé par le petit déjeuner très médiocre avec juste un petit croissant pas frais et un yoghourt. Je vais me changer dans les toilettes pour passer mon bleu de travail. On aterrit à Roissy vers midi. N'ayant pas enregistré mes bagages, je prends tout de suite un taxi qui m'emmène à IBM Rives de Seine.

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