Après un diner Lundi soir chez Kathia Tcherbakoff, à 4h du matin je me promène encore dans les couloirs de l'immeuble de Vital en robe de chambre avec une caisse de vin sous le bras, que je remonte de la cave. Heureusement je ne croise personne.
Comme prévu à 8h35 Inès Maureau sonne à ma porte nous descendons avec mon sac et ma caisse de vin de Valencay. Nous partons pour la gare de Lyon avec 3 des soeurs Froidefond, dont Jeanne, qui partage la direction de l'expedition "tandem et lumière" avec Louis de La Tour du Pain. La première parole de Jeanne de Froidefond dans le hall de Vital est "Sylvain, que c'est sympathique de faire ta connaissance!" Qui me laisse craindre le pire sur le caractère patronage scout de la galère où je monte. Car à part Inès avec qui j'ai déjeuné une fois à Descartes je ne connais aucun des membres de l'équipage. Alors je m'attends au pire.
Dans la voiture il y a aussi Magali et Gabrielle soeurs de Jeanne. A la gare de Lyon, nous chipons à un brave monsieur la place sur laquelle il était sur le point de se garer. On se retrouve sur le quai 3 quarts d'heure en avance. Ce qui nous laisse le temps de nous présenter les uns aux autres. Jeanne peut donner libre cours à son go–t visible pour les mondainités. Finalement nous serons 7 tandems, qui sont déjà partis dans la camionnette conduite par deux camarades cantiniers.
Nous disons adieu à Magali, Inès et Pascale qui restent à Paris et nous partons dans le même wagon qu'une colonie de vacances qui heureusement est sur le départ et ils ne se connaissent donc pas encore assez pour faire les 400 coups. A la Roche Migeaine je téléphone à Eric Pierson pour lui laisser un message. On prend une micheline qui nous emmène à Auxerre en une demi-heure.
A Auxerre on s'installe à la terrasse du bar en face de la gare pour attendre la camionnette. Je prends mon premier pastis des vacances et j'offre la tournée.
La camionnette arrive peu après, on décharge les tandems et les équipes se constituent assez facilement. Je tire un numéro qui semble assez bon en la personne de Quentin, franco-britannique navigateur sur Tornado dans la RAF.
Les équipages se composent comme suit: Jeanne de Froidefond et Didier Le Henaff Louis de La Tour du Pain et Laurence Jamet Gabrielle de Froidefond et Antoine de Maupeou Osmonde de La Rochefoucauld et Olivia Pfortner Thibault La Flaquière et Arnauld de Bonald Nicolas Maurice et Philippe de Mareu‹l Quentin Darcy et Sylvain Nivard Charles-Eric Gottiniaux et Benoît de Montgolfier qui sont nos cantiniers
On quitte Auxerre, mais à peine dans la campagne on s'aperçoit que l'on a perdu un équipage. On les attend sur le bord de la route en s'allongeant dans l'herbe au soleil. Puis on repart pour s'arréter pique-niquer au bord de l'Yonne. Histoire de complèter l'image que j'ai déjà donné de moi en arrivant avec ma caisse de vin, je réclame des cornichons pour agrémenter le sandwich au jambon qui est vraiment sec, sans beurre ni agrémentation.
Avant le déjeuner Quentin et moi avions pris un bain dans l'Yonne, qui est très agréable malgré les algues assez nombreuses qui entravent un peu notre nage. Mais le soleil est radieux et cela a vraiment un go–t de vacances.
On remonte en selle. Chacun a profité de la pause déjeuner pour règler son tandem et troquer sa tenue de voyage contre celle de combat. Avec notamment la culotte de cycliste noire, moulante, avec le fond tapissé de peau de chamois pour protèger nos fesses délicates de parisiens des frottements sur la selle.
Chaque équipe a aussi droit avant de repartir à une carte de notre itinéraire. On traverse les villages de: Craven, Brasard puis Prégilbert. Là notre tandem va tellement vite poussé par les jambes sportives de Quentin et mon envie de me dépenser, que l'on ne voit pas l'embranchement pour Maille la ville où on a rendez vous avec la camionnette pour le go–ter.
Du coup nous arrivons directement à Chatel Censoir, assez en avance sur le reste du peloton. Car en plus il semble que nous oyons l'une des équipes les plus rapides, souvent en t.te, malgré les chutes fréquentes de ma gourde et de ma canne, que nous n'arrivons pas encore très bien à fixer sur le porte bagages.
Nous profitons de cette avance pour boire une menthe au bar en face de la gare. Je suis assez surpris de voir une gare dans ce patelin qui n'a plus que 700 habitants.
On monte tout en haut du village à coté de l'église pour aller au 14 rue Champion chez Louisette. C'est une vieille dame très gentille qui nous offre l'hospitalité.
On arrive à diner tous les 16 chez elle, presque tous sur sa table de salle à manger rallongée. Le diner se compose de produits dont l'origine est un peu mystèrieuse. Il semble qu'ils ont été livrés à Louisette et offerts par le super-marché du coin, graecirc;ce à l'intercession d'un protecteur inconnu qui se fait appeler monsieur Perrier.
Malgré ses 77 ans et son habitude d'habiter seulement à deux avec monsieur Guy qui dine avec nous, Louisette ne laisse pas perturber par la révolution qu'amène notre débarquement massif et un débat s'engage sur la facon de faire le catéchisme, où elle semble avoir des pratiques pleine de bon sens, bien qu'un peu démodées (le péché se surmonte par la crainte). Elle est aussi musicienne, mais refuse de nous démontrer le synthétiseur ou l'orgue qui sont chez elle.
Tandis que la plupart d'entre nous s'entasse dans une chambre unique, quelques uns dont je fais partie préfèrent le parfum de la belle étoile, aux arômes d'étable. Comme je n'ai pas de sac de couchage Jeanne m'emballe avec doigté dans deux couvertures qui complètent efficacement mon drap sncf.
Après une excellente nuit dans notre chemin de traverse on est reveillé à 7h par l'angélus de l'église de Chatel Censoir. On peit-déjeune chez Louisette. Il n'y a pas de beurre, mais le pain et la confiture sont abondants.
Avant de partir on embrasse Louisette comme du bon pain. Elle est décidément charmante. Puis on redescend la côte de Chatel Censoir en direction de Vezelay. Il parait que l'on rentre dans le Morvan.
Après une longue côte, une belle descente et l'ascension de la colline de Vezelay on arrive à la basilique.
basilique de Vezelay Nous nous reposons un peu à la porte en attendant les deux guides du CASA qui nous commentent la visite de la basilique. Le CASA est le Centre d'Accueil des Sites Artistiques, ce sont des volontaires amoureux des sites, qui sont à la disposition des visiteurs.
En les attendant nous sommes aussi allés dans la crypte de la basilique, pour être un peu au frais et au calme. On chante "Alleluia au Seigneur", en plusieurs langues que l'on apprend à Quentin.
Quand les deux guides arrivent Nous nous partageons en deux groupes et je suis Gérard qui est le chef des guides, l'intendant. Ils nous ont préparé une maquette en relief du typan central du nartex.
Ce qui nous permet d'imaginer au centre de ce tympan principal, le Christ avec en dessous de lui les apôtres. En bas à gauche on trouve les peuples pa‹ens qui n'écoutent pas la parole qui leur est transmise par les apôtres et en bas à droite les peuplades qui bien que bizarres et inconnus écoutent la parole. Sur le pourtour en demi-cercle qui entoure le tympan on reconnait les peuples connus de l'antiquité.
Après avoir été accueillis dans le nartex, où l'avant-nef, on suit le chemin qu'empr–ntaient les pélerins en pénétrant dans la nef par la porte nord (coté des ténèbres), qui la sépare du nartex. Comme ils étaient encore impurs et avaient besoin d'être purifiés les pélerins passaient par un pédiluve qui rappelaient le baptême.
On fait le tour du déanbulatoire. En s'arrétant devant les principaux chapiteaux. Il y a d'abord des chapiteaux floraux, puis ceux sur la tentation de Saint Antoine. Ensuite celui sur Moîse en Egypte, celui sur Sainte Eugénie, qui devenue abbé d'une abbaye a d– se déshabiller et montrer qu'en fait ce n'était pas un homme, pour se disculper d'une calomnie de viol d'une jeune fille.
La basilique est exceptionnellement grande, par rapport à toutes les églises romanes que je peux connaître, d'autant plus qu'elle est particulièrement claire avec deux étages de fenêtres. Les fenêtres du haut étant plus claires, la lumière doit venir du ciel ou du choeur, alors que les fenêtres du bas dégagent moins la lumière avec leur coté inférieur qui reste horizontal. Les vo–tes sont arêtes, c'est à dire qu'il y a deux berceaux qui se croisent. C'est la fin du roman avant le début du gothique avec les croisées d'ogive.
Le choeur lui date de l'époque gothique, la lumière y circule bien graecirc;ce aux murs qui séparent les petites chapelles et qui ne font que deux mètres de haut.
Après avoir fait le tour du choeur, on reprend la série des chapiteaux coté sud, avec notamment le chapiteau sur le moulin miraculeux où l'on voit Mo‹se avec des juifs deversant du blé dans un moulin, d'où la farine ressort pour les peuples pa‹ens.
De là on descend dans la crypte. Où se trouvaient les reliques de Marie-Madeleine, dont l'origine est douteuse, mais qui ont fait la réputation de l'abbaye de Vezelay, qui est devenue un lieu de pélerinage célèbre.
Après cette visite passionnante, qui nous change des visites à l'américaine, où en général on abreuve les visiteurs d'une pluie de nombres, taille, poids, dates, on va déjeuner sur une terrasse qui domine la vallée, proôche de la basilique.
Cette fois ci j'ai mes cornichons! En plus du riz et d'une salade excellente. Olivia m'obtient diplomatiquement une bouteille de Valencay.
On quitte Vezelay après le déjeuner et on donne rendez vous à la camionnette à Saint Germain des champs distant de 18 km. Quentin et moi nous partons prenons assez vite de l'avance, malgré un petit détour que nous faisons préfèrant des petites routes isolées et charmantes à la départementales plus directe. On avale sans trop de difficulté la longue côte qui précède Saint Germain des champs, où on arrive avec presque une heure et demie d'avance sur les autres>. Au point que l'on finit par s'inquièter avec nos deux cantiniers qui sont arrivés juste avant nous. Ils nous empruntent notre tandem pour aller voir, tandis que nous allons chez des gens pour nous laver les mains. Ce couple nous indique un barrage à 4 km où l'on pourra se baigner.
Enfin les autres arrivent, en fait ils ont fait une pause, ils boivent et récupèrent un peu avant que nous quittions le village de Saint Germain, pour aller au barrage. Cette fois ci je fais équipe avec Charlie, alias Charles-Eric.
Le barrage de Clairvaux est un barrage EDF, où la baignade est officiellement interdite, mais pas mal de monde y vient et le bain y est très agréable. Assez chaude en surface, l'eau est vraiment froide au fond et mes essais de plongée ne vont pas très loin, de toute facon il parait qu'il y a 20 m de fond. Après avoir bien nagé, on reprend les tandems, on repasse le petit pont sur la digue du barrage, on passe à Montigny en direction de Carré les Tombes
Il s'averera que nous sommes passés tout près du chateau des Chatellus.
Charlie et moi formons encore une équipe très sympathique et nous arrivons à Carré les Tombes, où nous sommes accueillis par le maire sur la place au moment où nous nous apprétions à nous asseoir à la terrasse du café.
Nous nous installons dans le préau de l'école maternelle, qui nous est prété pour la nuit. Je prends une douche avec le jet d'eau froide qui est accroché aux lavabos. Même si c'est un peu rustique cela fait du bien. Nous partageons le préau avec une bande de louveteaux et jeannettes qui sont hébérgés dans la salle voisine.
Nous sommes invités à diner par le Rotary d'Avallon, dans le restaurant du coin.
Rotary Club Nous mettons tous un T-shirt "tandem et lumière". Je suis assis à coté du président du club, en face de Louis et du maire. Nous avons une conversation assez interessante, où le maire nous raconte les histoires de Carré les Tombes.
On a retrouvé à Carré, plein de sarcophages mérovingiens, 112 subsistent encore, mais il y en avait au moins 2 000. On ne sait pas très bien à quoi est d– cette concentration exceptionnelle. Peut-être est ce parce que la fabrication de sarcophages était une spécialité de Carré, peut-.tre voulaient .tre enterrés sous la protection de Saint Georges qui est le Saint Patron de l'église de Carré. D'où le suffixe de Tombes à Carré. Carré étant d– à la présence d'une forteresse carrée en bois.
Le maire nous raconte aussi les histoires à propos des comtes de Chatellus et de leur chateau, qui sont assez attachés aux traditions.
On parle aussi de la route "la pénétrante", qui désenclave depuis peu de temps le Morvan et permet aux tourisme de se développer. Il y a notamment pas mal de hollandais, qui vivent un peu trop en autarcie au go–t des commercants. Car Carré les Tombes a deux médecins, un pharmacien et pas mal de commercant, malgré seulement 700 habitants. Mais à la fin du 19ième il y avait 2 200 habitants et la construction des premières routes qui a rompu l'isolement du Morvan et a enclenché l'exode rural.
Le maire nous raconte encore l'histoire de Vauban qui est né pas loin d'ici, mort à Bazoche, localité prôche, son coeur f–t transporté à Paris aux Invalides par deux cavaliers qui l'ont oublié en route dans une auberge.
De son coté le président du Rotary Club d'Avallon exploite une carrière de sable et de graviers. Dine aussi avec nous le fameux monsieur Perrier. Bref c'est un peu le stéréotype de la province-bourgeoise-agée et les parisiens-aristo-jeunes qui tentent de dialoguer. Le diner est au diapason des conversations, copieux mais sans saveur.
On rentre au préau, je voudrais bien dormir de nouveau dehors, mais sans couverture, il parait plus prudent de rester dans le préau. Ce qui me donne le plaisir un peu maso de dormir sur le béton.
Ce qui ne m'empêche d'être le dernier reveillé vers 8h30. On petit déjeune dans la cour de l'école maternelle. On cueille quelques groseilles qui sont sur un lopin de terre juste derrière le mur de la cour.
Deux tandems ont cassés à la fin de l'étape d'hier, un son dérailleur et l'autre un tube du guidon. Aussi la camionnette part avec Louis et Quentin pour les emporter dans un magasin de cycles d'Avallon.
monastère de la Pierre qui vire
Je pédale donc avec Charlie, on va jusqu'au monastère de la Pierre qui vire.
On voit un petit film sur le monastère avec des interviews des moines qui expliquent qu'ils se partagent entre l'exercie d'un métier et l'accueil des visiteurs qui séjournent en général deux ou trois jours au monastère. En moyenne il y a autant de visiteurs que de moines. Tout ceci s'ajoutant bien s–r à leurs activités classiques de moines bénédictins
bénédictin méditations, prières, offices,...
On fait un petit tour des batiments et du parc qui les entourent, puis une petite sieste dans un coin ombragé et isolé, en attendant qu'il soit midi et demi: heure d'un office.
Office auquel on assiste, il dure un quart d'heure et n'a pas spécialement d'interêt.
On déjeune dans une clairière à coté du monastère, une petite sieste puis on remonte en selle pour aller se baigner au lac de Saint Aignan
Mais peu à près notre départ je réalise que nous n'avons pas pris nos maillots et la camionnette est partie nous chercher un gîte pour ce soir. Heureusement nous sommes deux tandems un peu trainards et encore sur le troncon commun de nos itinéraires lorsqu'ils nous doublent. On peut donc prendre un sac à dos et y mettre tous les maillots de bains que l'on trouve.
Je pédale de nouveau avec Quentin, on arrive au lac de Saint Aignan On se baigne, l'eau est très agréable et le soleil brille toujours autant. Je fais une bataille avec Didier pour essayer de le couler, mais nous terminons sans pouvoir nous départager.
J'essaie en vain d'attrapper Gabrielle, qui m'a fait je ne sais plus quoi, mais qui court trop vite pour moi. On fait une petite sieste au soleil avant de repartir pour l'étape que nous ont trouvé nos deux cantiniers de choc.
Il s'agit de la maison du père Gabriel, où il recoit des jeunes pà Paecirc;ques pour les révisions et pendant les vacances. La maison a été entièrement rénovée et peut accueillir pas mal de monde. Comme ils ne sont pas trop nombreux en ce moment nous pouvons presque tous être logés. De toute facon nous sommes quelques irréductibles amateurs de la nuit à la belle.
Le père Gabriel semble assez autoritaire, ou au moins castrateur. Il a un avis sur tout et il faut que cela marche au pas. Mais malgré cela il semble avoir du succès et les jeunes apprécient l'ambiance saine et amicale qu'il sait maintenir. Même si à 15-18 ans on est facilement malléables, il doit surement y avoir quelque chose pour qu'il ait un tel succès. En tout cas il n'hésite pas à taquiner et à l'air d'accepter qu'on lui réponde. Ce qui est le plus génant c'est que ses idées n'ont pas l'air de laisser beaucoup de place dans son esprit pour celles des autres. Et qu'au mieux il considère que ceux qui n'ont pas ses convictions n'ont vraiment pas de chance.
Nous ne laissons pas le temps au padre de nous donner son avis sur notre intention de faire un footing et nous partons à quatre ou cinq sous la direction de Quentin. On ne va pas très loin, puisque l'on fait demi-tour au cirque qui s'est installé à environ un kilomètre de là. C'est un cirque qui fait le tour de la région et que l'on a déjà v– lors de nos étapes précèdentes. Le spectacle est en cours, mais il n'y a pas l'air d'y avoir foule.
En rentrant on joue un peu au ping-pong. Je ne suis pas très brillant! Puis je fais une petite lessive avant le diner.
Diner que l'on prend tous dehors sur des tables tréteaux. Nous sommes 23. Je ne peux pas éviter d'être à coté du padre, mais si j'aurai préféré, le voisinage de la robe d'une de ses pensionnaires plutôt que celui de sa soutane. J'envisage avec Gabrielle de faire quelques bétises, mais elle refuse de s'y mouiller. Le padre entreprend de demander à chacun ce qu'il fait, mais il a l'iar de ne pas oser demander aux aveugles et ne le fait que lorsqu'il y est poussé. Il interroge tout le monde sauf moi?
Ensuite on fait la vaisselle, je suis préposé à l'essuyage des casseroles. La cuisine est vraiment parfaitement équipée avec tout le materiel pour collectivités. Y compris un lave vaisselle qui lave en 5mn sans sècher.
Ensuite le père invite tout le monde dans le salon pour écouter l'histoire des demoiselles, qui lui ont lègué cette maison. Il y avait deux demoiselles Suzanne et Andrée, vieilles filles institutrices, la première était po‰te et la seconde peignait. Et le merveilleux de l'histoire c'est la conversion inattendue de Suzanne juste avant de mourir, juste 75 ans après son baptême! Heureusement j'arrive à échapper à cette histoire interminable qui semble être un passage obligé pour tout visiteur. J'en profite pour aller bouquiner dans la prairie, puis papoté avec deux disciples du padre qui ont été dispensé d'histoire car ils ne sont pas à leur premier stage.
Après l'histoire des demoiselles, tout le monde se transporte dans la chapelle pour le vêpres que je sèche aussi, n'ayant aucune envie d'écouter des psaumes chantés.
Comme le règlement intérieur interdit toute improvisation de boum, on va se coucher, dans l'herbe à coté de la maison.
Il se met à pleuvoir vers 4h du matin, au début pas trop et les arbres sous lesquels nous sommes allongés nous abritent. Mais il se met à pleuvoir de plus en plus fort et à 6h je suis un peu surpris de n'avoir que le haut du corps trempé. En fait c'est graecirc;ce à la prudence de l'un d'entre nous qui a étalé une toile de tente sur nos couches. Quentin qui était à coté lui est rempé, comme ma lessive que j'avais laissé sèché dehors. Il n'y a que Charlie qui n'a pas souffert ayant la bonne idée de se coucher sous la table de ping-pong. Mais la douche du ciel ne suffit pas à nous reveiller complètement et il faut toute la puissance de la chaine du padre pour nous obliger à nous lever. Là vraiment pas moyen de resister, à 7h45, il met une cassette qui est hurlée par les hauts parleus disséminés dans toute la maison. Malgré ce reveil coercitif, ma bonne volonté matinale n'est pas assez entamée pour me faire sècher les laudes. Qui sont chantés dans la chapelle. Ensuite on petit-déjeune tous dans la salle à manger. Cette fois ci je sui affecté en face du padre, mais à coté de Valérie, avec qui je prends un peu le temps de converser dans le flot de mes tartines. Je go–te la confiture de cornouillers, fabriquée par les parents du padre. Les cornouillers sont des espèces de petites olives. C'est un peu bizarre, mais pas mauvais.
Avant la messe on essaie de choisir avec Olivia quelques chants qui sont connus de nous. La messe est dite dans la chapelle. Le padre fait un paralèle assez banal entre les aveugles et ceux qui cherchent leur voie dans la foi.
Ensuite le padre nous fait signer le livre d'or et prend la photo du groupe devant la barrière du jardin.
On enfourche nos tandems et on part pour un parc animalier prôche. Mais arrivé dans le village, on renonce au parc animalier car le temps est toujours maussade et le charcutier du coin ne nous incite pas à y aller.
On va donc directement au saut de Goulou.
saut de Goulou C'est une chute d'eau d'une taille assez conséquente. La plupart d'entre nous restons prudemment à quelque distance de son pied pour l'admirer. Mais quelque uns, dont super Didier, entreprennent son ascension. Ce n'est pas facile car les pierres sont glissantes, mais on ne déplore aucun accident.
On déjeune un peu plus loin dans les sous bois. On fait une petite sieste, vant de repartir pour le lac de Cèton.
On se baigne dans le lac de Cèton. L'eau y est un peu froide, mais c'est toujours aussi agréable de faire du sport. Surtout quand il est suivi d'une petite sieste.
De là la plupart d'entre nous faisons un petit détour par Aligny pour y visiter son église.
église d'Aligny On a un peu du mal à trouver la dame qui détient les clés de l'église. Mais elle nous fait très gentiment visiter les lieux. Il s'agit en fait d'une église construite en 1837 et rénovée dans les années 60 par le dernier curé du village.
De là on va à Chassagne, où on trouve en haut du village la maison de madame de Vancay. C'est une vieille qui a des rhumatismes et est un peu sourde, mais nous offre très généreusement l'hospitalité.
Evidemment la maison n'est pas équipée comme celle du padre pour accueillir des meutes et là où il y avait 5 douches à notre disposition, içi il n'y en a plus qu'une, avec un volume limité d'eau chaude, d'où un certain temps de flottement. Avant que nous ne dinions dehors au pied de la maison. Je dine en face de Sophie la petite fille de notre hôtesse.
Après le diner on va faire une passe à dix dans le champ d'à coté. Je me débrouille pas trop mal une fois que j'ai le ballon, mais pour l'attraper ce n'est pas evident de foncer dans le tas de personnes où il semble être sans faire trop de morts. C'est ainsi que j'écrase Philippe à une ou deux reprises.
En rentrant Olivia et moi organisons une boum dans le paradis. Qui est la salle de jeux sous les combles, qui nous a été assigné comme dortoir de garçons. Sophie nous prête un petit magnétophone et on passe une cassette d'Olivia, mais seuls 3 couples sont de la partie.Cela ne nous empêche pas de bien nous dépenser, jusqu'à ce que les couche-tôt nous poussent dehors.
Comme je redoute un peu la température et l'odeur qui risquent de régner dans ce paradis, investi par une dizaine de cyclistes plus ou moins douchés, je préfère aller dormir dans la camionnette garée dans le jardin. Je suis reveillé une première fois par le chien qui vient me renifler, puis par une voiture de cousins Vancay qui arrivent à 1h30.
On petit-déjeune dehors. La tante Maya de Vancay est toujours aussi gentille, alors que ses deux fils, ne cessent pas de se disputer. C'est la caricature du cadet qui veut sans arrêt s'imposer face à son ainé.
On remonte sur nos tandems, après être redescendu dans le village de Chassagen on attaque une côte assez raide.
La journée est assez chaude et on fait plusieurs haltes, dont une où on emprunte le jet d'eau d'une maison au bord de la route, d'abord pour remplir nos gourdes,...
Puis on s'arrête pour déjeuner dans un champ, plein de chardons. Au moment où chacun à trouver un endroit où poser ses fesses délicates, le maire du patelin arrive. Et malgré nos prières il nous expulse du champ en question en nous autorisant à pique-niquer sur un terrain communal voisin. Il fait vraiment très chaud et l'ombre de quelques arbres est vraiment la bienvenue. Osmonde se prête à mon caprice de dicter des cartes postales.
On repart en pleine chaleur. Cette fois ci je pdéle derrière Louis. Notre équipage a un peu plus de mal à avaler les côtes. mais cela fait du bien de se dépenser et cela ne me fait pas de mal de me faire un peu doubler. Car avec Quentin je me suis vite accoutumé à la position de tête. Par contre en descente Louis et moi faisons le poids face à tous les équipages.
On quitte le Morvan pour déboucher dans une vallée où le contraste est frappant. Aux paysages boisés succèdent, celui d'une nationale, de la ligne du tgv, des cateners de l'EDF...dont nous avions un peu oublié l'existence.
Comme notre itinéraire passe à coté du prieuré de Saint Benoît du val, où sont cloitrées deux tantes de Philippe, et qu'il nous a assurer qu'elles offraient un go–ter à leurs visiteurs nous faisons un crochet pour leur rendre visite.
prieuré de Saint Benoît du val
Le prieuré est au milieu des bois et les derniers kilomètres ombragés pour y parvenir sont très agréables, malgré une ascension assez longue.
On a effectivement droit à un go–ter sur lequel on se jette de facon plus ou moins civilisée. Les tantes de Philippe sont très accueillantes et gentilles. On respire le calme du lieu. On assiste aux vèpres, d'où je m'éclipse au bout d'un moment, car ces prières sont encore vraiment trop monotone pour moi. Je crois d'ailleurs que je ne suis pas le seul à ne pas pouvoir y résister et le sommeil gagne nos rangs dans la chapelle, alors que je suis allongé sur le gazon avec Arnauld.
Après le havre du prieuré, on retourne sur la nationale pour remonter jusqu'au chateau du Haut-Puy. Cette fois ci je pédale avec Benoît.
Nous sommes accueillis par madame de Noiron, qui a la bonne idée de nous montrer sa piscine et de nous proposer de nous y baigner. Après deux jours sans douche, dont celle que nous faisons de vivre, particulièrement chaude, surtout sans bob ni t-shirt, je ne suis pas le dernier dans l'eau.
Puis je bouquine un peu dans l'herbe pour profiter du dernier rayon de soleil dans ce jardin, impeccablement entretenu. Avec de nombreux massifs de fleurs et des buis taillés partout. Une propriété comme on en voit plus beaucoup. Nous n'avons pas le droit de visiter l'intérieur. Mais peut-être est ce simplement parceque nous n'en n'avons pas exprimé le désir.
Inès Maureau et Marielle de La Bedoyère arrivent en voiture de Paris. On dine tous ensemble sur la terrasse derrière le chateau. Puis on s'installe pour une veillée sous les arbres avec la guitare de Marielle et la voix d'Olivia. Cela manque un peu d'ambiance, notamment graecirc;ce à mon anti-jeu taquineur. Ce soir tout le monde dort à la belle et la remise qui nous était affectée n'abrite que les bagages.
J'accueille Olivia sous et sur les toiles de tente.
Après un petit déjeuner un peu éventé sur la terrasse je vais prendre un bain rapide dans la piscine. Mais j'ai un peu du mal à la retrouver au milieu de tous ces massifs, heureusement Gabrielle m'aide. madame de Noiron nous salue et assiste à notre départ. Olivia a un chapeau qui ne laisse pas indifférent et alors qu'hier chez les Vancay il avait été comparé à un casque d'assyrien, aujourd'hui madame de Noiron lui trouve une ressemblance certaine avec une capote anglaise du 18ième.
Je fais équipe avec Charlie. On descend du chateau du Haut-Puy jusqu'à la nationale, on passe part Sully.
On va à la messe dans un patelin prôche. Je suis assis à coté d'un retraité américain, qui partage sa vie entre la Floride et la Bourgogne. Après la messe il nous invite à boire un verre chez lui pour nous présenter à son épouse. On retourne chercher nos tandems que l'on a abandonnés enchaînés entre eux à quelques kilomètres de là, de peur d'arriver en retard à la messe.
L'épouse de Jack nous propose des tas de bonnes petites choses dont des mini-cuisses de poulet (bufallo wings). Je bois du vin rouge. Ils habitent dans une grande maison meublée à l'américaine, dont nous avons d– traverser plusieurs pièces avant d'arriver sur la terrasse. Ils sont vraiment très aimables et ce n'est pas étonnant qu'ils aient l'air apprécié dans le pays.
Après cette pause aussi inattendue que sympathique nous reprenons la route. Nous longeons un canal.
On y voit des new-yorkais qui vont jusqu'à Nevers en péniche et qui commencent à s'emmerder au rythme des écluses. On passe deux ou trois écluses avant de passer sur l'autre rive et grimper vers Bouligny.
Le Boudeau puis le patelin de la Grande avant celui du Boudeau.
On s'arrête pour déjeuner au bord d'un champ, le long de la route.
Puis on repart. Je fais cette fois ci équipe avec Louis. On dévale une longue descente qui serpente dans les champs. Malheureusement on doit s'arréter sur la fin car ma gourde est tombée. On a un peu du mal à la trouver.
Enfin on grimpe jusqu'à l'abbaye de Rimon, où on arrive vers 4h. On attend assez longtemps avant de savoir où on peut déposer nos sacs. Mais dès qu'ils sont déposés on repart pour aller se baigner dans un étang voisin. Tandis que les autres s'entassent dans la camionnette, je monte dans la 104 de Louis avec Marielle et Inès. C'est tellement plus confortable que la camionnette, qu'une guèpe ne s'y trompe pas et s'invite dans la voiture et me pique à l'oreille.
A l'étang il y a un monde fou, d'autant plus que l'on est Dimanche. Il y a vraiment de tout, des planches à voile, des campeurs, des roulottes, des barbecues, des pétanques,...
On arrive à trouver un coin moins bondé, l'eau est assez chaude et agréable, bien qu'assez vaseuse. On nage jusqu'à l'autre rive. Puis j'essaie de savonner, mais c'est assez symbolique avec l'eau vaseuse.
On rentre à l'abbaye de Rimon. On dine dehors dans un coin assez éventé, mais agréable. Deux frères viennent dialoguer avec nous dont un yougoslave, le frère Drago. Il nous raconte un peu sa vie.
On fait une petite veillée, sous un mur qui nous abrite du vent en contrebas des batiments. C'est là où ceux qui veulent dormir dehors resteront.
Osmonde nous conduit gentiment Laurence et moi jusqu'aux douches qui sont dans un autre batiment assez éloigné. Cela ne fait vraiment pas de mal de prendre une bonne douche chaude. Pendant que les autres vont se laver le coeur, je préfère parachever mon lavage vénal en faisant une petite lessive dans les lavabos du batiment où est la salle de cours qui nous a été affectée. Tout a presque le temps de sècher avant que l'on ne parte. On attend notamment Jeanne dont l'appétit mondain ne sait pas contenté des quelques frères que nous avons croisé depuis notre arrivée et elle est partie rendre visite à une petite partie de tous ceux qu'elle connait.
On s'assied à l'ombre d'un arbre dans l'herbe à coté de notre campement pour écouter le frère Drago, qui nous explique un peu les tenants et aboutissants de ce monastère. Le débat s'élève assez vite et le frère Drago nous explique comment notamment il est juste et bon de rendre graecirc;ce à Dieu.
Louis nous quitte pour aller directement à Paray le Monnial, où il va suivre une session spéciale pour les coopérants de la FIDESCO qui commence dès ce soir.
On ne quitte le monastère qu'à midi et quart. Ce qui nous amène à Bucsy seulement à 12h45. Alors que la coopérative viticole que nous espèrions visiter est fermée. On se repose un peu à l'ombre du quai de chargement des camions. Puis on remonte la côte que l'on a descendu pour arriver à Bucsy et qui est bordée de vignes très jolies. Mais le soleil tape et l'ombre est rare. Malgré cette chaleur accablante Inès, avec qui je fais équipe aujourd'hui, et moi surmontons assez bien cette longue et pénible ascension. Il faut dire que c'est plus agréable et donc plus motivant de se cramponner aux hanches d'Inès, qu'à celles un peu frustes de Quentin.
Après ces 5km de côte on arrive vers 15h30 à l'étang de Berthaud.On hésite entre un emplacement un peu isolé au soleil, où l'ombre assez fréquentée des arbres qui bordent l'étang. On déjeune sous ces arbres, il y a pas mal de monde autour de nous, mais l'eau est bonne et le repos bien mérité.
On reprend la route vers 5h, car on doit être à 6h30à Blansy. On ne sait pas très bien pourquoi c'est horaire nous a été imposé, mais on va taecirc;cher de le respecter. On passe par Montchanin le haut. La route est assez facile. Nous restons presque tout le temps sur le grand plateau avec Inès.
On arrive à l'heure à Blansy. En fait le rendez vous est dans un centre de formation qui a l'air de drainer pas mal de ch.meurs plus ou moins paumés. Et l'horaire fixé était celui de l'ouverture de la cantine. Car le Rotary Club de Montceaux les Mines dont nous sommes les invités ce soir, ce sont et nous ont dispensé de la corvée d'un diner en commun en nous offrant une nuit de pension dans ce centre de formation. La cantine me rappelle furieusement le RU, mais c'est tout de même notre première viande depuis une semaine et même si cela ne m'a pas vraiment manqué, ce n'est pas désagréable.
On termine de diner à 19h30 et Philippe nous propose d'aller assister à un office dans le temple tibetin du Boulaye. Cela commence à 20h et dure 1h30, d'après les renseignements pris par téléphone. Tout d'abord il y a peu d'amateurs, au point que l'on est presque obligé d'y renoncer, puis finalement on s'entasse tous dans la camionnette.
Du coup on arrive là bas seulement à 8h45. Il y a un chateau Rennaissance, qui doit accueillir des séminaires et des hôtes et un temple à l'allure tout a fait oriental, qui a été construit récemment, car Inès ne l'avait pas v– lors d'une première visite. Quelques uns d'entre nous rentrent dans le temple. Je m'assieds en tailleur en tachant de garder le dos bien droit sans m'affaler. Les prières et les mélopées alternent avec les temps de méditation. Le tout cadencée par une musique de gongs ou de tambours. L'athmosphère est très recueillie et c'est assez impressionant. On oserait pas se gratter le nez de peur que toute l'assemblée ne sursaute. En sortant on pose quelques questions à deux participants qui ont l'air au courant. On nous apporte une assiette de fruits bénis.
Au moment de monter dans la camionnette, un type qui se prétend un des seuls fidèles sérieux du temple nous rejoint et se propose de répondre à nos questions. Il a l'air assez calé et nous explique pas mal de choses. M lgré quelques reflexions un peu na‹ves ou impatientes de certains d'entre nous. Le genre de reflexions un peu faciles et gamines, mais qui ne sont pas bien vues quand on les fait dans une église.
C'est l'éternel choix entre une vie insipide mais qui ne dérange pas son voisin et une vie plus déliée qui choque. En plus de la nuit perturbée à Nîmes, je taecirc;cherai de tenir compte du dérangement provoaué par les ouvertures multiples de la porte du temple et des reflexions sur le go–t des fruits bénis. Est on bon juge des limites à ne pas dépasser? /p.Le boudhiste nous explique notamment les différentes étapes de la sagesse:
Puis il nous résume les trois formes de boudhisme:
Mais dans les trois il convient de parcourir sa roue du Carma avant de parvenir au Nirvanna
On rentre au centre de formation. Des dortoirs nous sont affectés au quatrième étage. Notre retour bien que tardif (vers 23h), ne passe surement pas inapercu car les portes de douches claquent assez violemment et la musique s'entend bien dans ces pièces sans rideaux.
Je vais dormir sur la pelouse dehors avec quelques filles. Dont Inès, qui me guérit d'un hoquet simplement en se placant debout derrière moi. C'est d'une efficacité impressionnante. Il parait que c'est un don de famille.
Après le petit-déjeuner dans la cantine du centre on s'apprète à partir. Comme le tandem de Nicolas et Philippe est cassé il faut redistribuer les équipes.
Nicolas veut bien rester dans la camionnette, mais Philippe a assez envie de pédaler. De surcroit bien qu'amblyope il ambitionne de conduire une équipe, pour voir! De son coté Inès veut bien aussi rester dans la camionnette, du coup Philippe se retrouve devant moi. Personne n'ose lui refuser cette coquetterie. Je le crois assez clairvoyant pour connaître ses limites. Mais je ne suis vraiment pas rassuré, d'autant plus que l'impression d'insécurité est renforcée par une impression d'instabilité. Sa courte taille rendant chaque arrêt et départ hasardeux, car ses pieds ne touchent pas le sol quand il est sur la selle. Bref je serre les fesses et nous partons.
Heureusement dans la campagne on acquiert un rythme de croisière et les dangers sont moins nombreux. On longe le canal pendant une vingtaine de kilomètres, toujours sur le grand plateau. La route est plate hormis aux ponts. Nous essayons tout de même d'avoir toujours un autre tandem devant à portée de vue et un derrière. Mais cela reste un voeu.
Aussi après avoir rejoint la départementale on arrive dans Paray le Monnial, où on roule trop vite pour ne pas predre les autres de vue. Et au détour d'un virage, Philippe ne voit pas assez pour parer l'inattendu qui se présente sous la forme d'une voiture en stationnement, dans laquelle nous rentrons.
Je passe par dessus Philippe pour aller embrasser le trottoir. Je pisse pas mal de sang et je crois tout d'abord m'être cassé le nez. Mais finalement c'est surtout le tandem et la voiture qui sont cassés, car Philippe et moi n'avons rien de cassé.
Osmonde toujours disponible veut bien m'accomagner jusqu'à l'hopital qui est à 100m de là. On y va à pied, l'accueil y est assez aimable et efficace. Bien que comme d'habitude dans les hopitaux personne ne se présente avant de vous palper. Je subis tout un processus de diagnostic en cas d'accident. On me fait des radios, qui confirment qu'il n'y a rien de cassé. Et je ressors de l'hopital avec un pansement sur le nez et un sur le genou. On erre un peu dans les couloirs avec Inès et Louis, qui a été averti d'urgence, pour trouver la caisse où on nous dit que l'on n'aura qu'à payer Vendredi quand je reviendrai refaire les pansements. Louis a fait un constat avec le propriétaire de la voiture où il a déclaré que c'était lui le pilote du tandem.
Nous sommes tous logés dans une grande maison 10 bd du Dauphin Louis, prétée par des amis des parents d'Inès. C'est vraiment idéal, à deux pas du lieu de la session et très confortable. Je téléphone à ma soeur Isabelle pour qu'elle m'envoie ma carte de sécurité sociale.
J'ai droit en apéro à un verre de pinot. On déjeune sur la pelouse de la maison. Après une petite sieste, je vais avec Inès inscrire à la session ceux d'entre nous qui ne le sont pas encore. Il y a plein de guichets dans des batiments préfabriqué, cela a l'air d'être très bien organisé. On se fait saucer par un orage qui éclate.
Pendant que les autres vont se baigner dans la piscine d'autres amis des Maureau, je reste pour prendre un bain et faire une sieste.
On me reveille à 6h moins 5, pour aller à la messe d'ouverture qu'après quelques hésitations nous trouvons à la basilique. Il y a beaucoup de monde, mais le service d'ordre nous trouve deux places pour Arnauld et moi. La messe est dite par Monseigneur Albert, évêque de Palmié, qui soutient la communauté d'Emmanuel.
communauté d'Emmanuel Il y a pas mal de chants et de personnes qui tapent dans leurs mains. L'homélie est pas mal. L'évêque parle du Christ dont l'amour est infini et qui mendie la possibilité de nous aimer.
Pour le diner on s'installe sur le mobilier de jardin. On dine d'une excellente omelette aux champignons et d'une bouteille de vin, avec une montagne de paecirc;tes pour les affamés.
Puis on va à la veillée qui débute à 21h sous la grande tente, il y a beaucoup de monde (3 à 4000 personnes), mais nous trouvons sans problème des places aux premiers rangs qui sont reservés pour les handicapés.
La veillée est animée par un très bon speaker, qui nous explique qu'il ne faut pas attendre des miracles d'une session à Paray, mais qu'il ne faut pas non plus faire sa valise dès le premier soir, il faut laisser le temps à notre coeur de s'ouvrir pour accueillir l'amour du Christ. Après lui le père Gabriel Prioux reprend ce message en expliquant qu'il ne faut pas jouer ni au hérisson, ni au lézard, mais il faut jouer le jeu et s'abandonner à l'amour du Christ et lui donner tout ce qu'il attend de nous. Il ne faut pas non plus se sentir indigne ou trop desespéré pour Jésus, car il a plus souffert que celui qui souffre le plus, il a été plus desespéré que celui qui est le plus desespéré. Donc Jésus s'est mis à la portée de ceux qui souffrent, il ne faut donc avoir aucune honte. Bref la soirée est consacrée à faire du marketing pour Paray le Monnial et à rassurer les gens. On entend deux témoignages, de personnes particulièrement banales qui sont repartis de Paray sans que rien ne ce soit passé, mais qui se sont convertis au bout de quelques semaines. Puis il y a un numéro de marketing pour les sessions enfants et jeunes. Tout cela a l'air superbement organisé. Il y a une session pour les jeunes enfants, une pour les 13-17 ans et une pour les 18-30 ans. Avec des activités qui sont organisées pour chaque tranche de deux d'aecirc;ge. Seule la session 18-30 ans n'a pas droit à beaucoup de pub.
En rentrant on boit un verre d'eau avant d'aller se coucher. La distribution des lits n'est pas tout à fait évidente, car il en manque quelques uns. Je me retrouve sur un lit entier dans une chambre que je partage avec Louis. J'ai un peu de mal à m'endormir, je ne sais pas si c'est du au manque d'habitude d'avoir un lit perdu depuis une semaine, ou à mes pansements.
Lever à 7h30, puis petit-déjeuner sur la terrasse, avant de partir pour être à 9h aux laudes sous la grande tente où a eu lieu la veillée de la veille. On prie, on chante, c'est toujours le même animateur. Cette fois ci nous sommes assis au milieu de la tente, sauf certains d'entre nous qui sont dans la chorale, notamment Olivia et Inès.
De 10h à 11h, on suit un enseignement fait un Jésuite, le père Goulain, résident à Paray le Monial, qui nous raconte l'histoire de l'apparition de Paray le Monnial. En 1675, Jésus est apparu à Saint Marguerite-Marie dans la chapelle Notre Dame du couvent qui était là à l'époque prôche de son domicile. Jésus lui a montré son coeur, qui brillait comme un soleil, tellement il déborde d'amour pour nous. Jésus mendi auprès de nous un peu d'amour pour lui, comme il l'a fait auprès de Pierre en lui demandant 3 fois s'il l'aimait alors que Pierre l'avait renié trois fois. Jésus nous demande d'entrebailler notre coeur pour y laisser pénétrer son amour.
La conférence est assez interessante, bien qu'interrompue par une panne d'éléctricité. Mais heureusment la Vierge invoquée dans un chant a vite fait de rétablir le courant.
De 11h à 12h nous participons à la messe dite par Monseigneur Albert. Il y a une lecture en slovaque à l'intention des slovaques qui sont parmi nous. Car cette session est très internationaleet Quentin ne peut pas d'ailleurs résister à un appel vibrant pour des volontaires interprètes.
Il s'inscrit donc pour traduire une des conférences en étant dans une des cabines où sont installés les interprètes avec un emetteur fm, que les étrangers dans la salle peuvent capter dans leur langue avec un casque fourni par l'organisation, ou avec un walman fm. Tout est très bien organisé comme cela, la seule chose qui manque c'est la main d'oeuvre et chaque soir des appels sont faits pour palier au manque de volontaires dans telle ou telle corvée.
Après la messe je vais à la tente librairie avec Quentin pour acheter deux cassettes du père Tardif pour papa. Puis on rentre déjeuner avant de faire une petite sieste.
De 14h à 15h30, c'est l'heure des fraternités de partage. On va dans la tente des jeunes 18-30 ans avant de s'éparpiller dans la plaine derrière la grande tente en petits groupes d'une huitaine. On tergiverse pour savoir si on va rester ensemble ou si on va se répartir dans des groupes d'inconnus. Finalement comme j'ai envie de renconter des personnes d'autres horizons, j'aterris dans un groupe international, où on parle anglais. Il y a deux slovaines, issus de l'un des 4 cars venus de Slovainie, des hollandaises, des autrichiennes, et une antillaise. L'animatrice est hollandaise, elle fait partie de la communauté d'Emmanuel, mais elle n'a pas l'air d'être très douée pour l'animation de groupes. Néammoins c'est assez interessant: chacun raconte ce qu'il a ressenti depuis le début de la session, ses motivations,...cela permet de voir le cheminement des autres et de profiter des déclics qu'ils ont p– avoir ou de se qui les a marqué. Il y a des niveaux dans la foi assez divers.
De 16h à 17h, je vais au carrefour "comment prier". C'est dans une salle de cinéma près de la basilique. Le couple d'orateurs décortique le "cela se fait" de la prière, où, quand, comment,...Ils donnent une définition interessante de la prière: La prière c'est l'élévation de notre aecirc;me vers Dieu, en l'adorant, en le remerciant, en lui demandant pardon, pour obtenir ses graecirc;ces.
Ainsi ils nous conseillent notamment:
la prière d'adorer le Dieu chrétien. Il ne faut pas se faire son Dieu à soi, mais prier celui qui est précher par l'Eglise. de prier avec régularité. pour faire face à la distraction, englober cette distraction dans sa prière. C'est à dire si je pense à ma fiancée, je me mets à prier pour elle. dans les phases d'aridité, il ne faut pas juger son aridité, ni la richesse de sa prière? Peu importe que ce soit aride, ce qui compte c'est de prier, Dieu retrouvera les siens.
Ensuite je rentre à la maison, graecirc;ce des passants qui veulent bien me guider au boulevard du Dauphin Louis, car j'étais seul du groupe à aller à ce carrefour. Je bouquine un peu sur la pelouse, avant d'aller à la poste avec Inès car il y avait un avis de chrono-poste dans la boite à lettre pour moi. Mais la poste est fermée. On en profite tout de m.me pour boire un verre au bar Le Maconais conseillé par Inès qui a vécu à Paray le Monnial.
Après le diner on va à la veillée, toujours dans la grande tente. On écoute d'aboird le témoignage de trois coopérants qui reviennent de Côte d'Ivoire, dont celui que Louis va remplacer. Puis les chants des 4 cars de slovaines vant ceux des quelques slovaques qui sont présents.
Régulièrement après des chants notamment, nous sommes les témoins de charisme en langue. C'est à dire que les langues de certains ce dénouent et l'Esprit Saint parle ou chante dans leur bouche. C'est en général incompréhensible et à mon go–t pas très mélodieux. Cela me rappelle plutôt nos anniversaires familiaux! L'initiative n'est pas complètement spontanée, car souvent les langues restent bridées tant que l'animateur n'a pas lachée la sienne. Après c'est le père Serrac qui témoigne. C'est un Jésuite qui est depuis 50 ans en Inde, et dans les camps de réfugiés cambodgien e n Thailande.
Il est dans un camp avec 180 000 cambodgiens, qui est bombardé régulièrement. Il est présent avec eux et les aime. Voir qu'il y en a au moins un qui les aime, leur donne une lueur d'espoir si ce n'est une raison de vivre, eux qui sont délaissés et qui ne font que survivre. Il explique que l'ombre est la lumière de Dieu "ombre lux D ei" (selong Peguy). C'est à dire que s'il n'y avait pas l'imbre de l'aiguille du cadran solaire, on ne pourrait pas connaître l'heure ni comprendre qu'il y a un soleil. Ainsi Dieu existe parce qu'il y a des zones d'ombre qu'il doit illuminer.
Enfin il nous raconte comment les cambodgiens espèrent desespèrement trouver un pays qui leur offre un asile et ne plus être "rejected". Puis plusieurs anecdotes qui ne peuvent pas laisser indifférent et me font verser une larme.
On rentre et je me couche assez tôt avant tout le monde.
Après un bain dans la salle de bain du haut, toujours avec le genou hors de la baignoire, nous petit-déjeunons sur la terrasse. Peu à peu nous reprenons les habitudes de notre civilisation avec ce matin beurre et confiture.
Louis m'emmène à la poste chercher ma carte de sécurité sociale qu4eric m'a gentiment envoyé en chrono-poste. Puis on va aux laudes, où on se retrouve au premier rang malgré notre retard. Après les laudes je trouve un cabine à coté de la grande tente pour déplacer le rendez vous que j'ai demain à l'hopital, afin de ne pas rater l'enseignement.
L'enseignement du jour est fait par Jacques Fichfeu, qui nous parle du péché et du sacrement de réconciliation. Pourquoi se réconcilier? Dans sa première partie il développe l'amour que Dieu a pour nous. Dieu a fait lhomme à son image et l'amour infini qu'il éprouve pour l'homme a été brisé par le péché originel. Alors Dieu a envoyé le Christ comme un pont entre l'homme et lui, pour rétablir le lien d'amour qui nous unit.
Ensuite il explique comment le péché n'est pas une faute visà vis d'une loi ou d'une morale, encore moins un mal ou un virus diabolique, effet d'un vent du diable. Mais le péché est simplement un défaut d'amour vis à vis de Dieu.
Il développe en disant qu'il n'y a pas de péché inavouable, dont on puisse avoir honte, puisque Dieu a été homme et a connu les mêmes difficultés que nous. Mais il ne faut pas non plus se déculpabiliser. On a souvent trop tendance à se trouver toutes les bonnes excuses. Il ne faut pas regarder son péché tout seul, car on peut alors avoir des problèmes d'orgueil et se sentir au dessus du péché.
Puis il nous met en garde contre les 3 péchés sociaux qui gagne notre société:
Ensuite on participe à la messe, que Quentin traduit dans une des cabines d'interprète. Je l'écoute sur mon walman fm. Il avait déjà traduit les annonces entre les laudes et l'enseignement. Mais l'enseignement a été traduit par un français, qui a plus l'habitude que Quentin de la technique d'interprétariat, qui audiblement ne s'improvise pas. Notamment la gestion de la mémoire tampon.
On rentre déjeuner. Pour une fois j'aide à la cuisine en préparant la salade de tomate. Cela ne m'empèche pas de faire ma petite sieste après le déjeuner. J'hésite à aller à la fraternité car le temps est plutot pluvieux, mais il faut jouer le jeu jusqu'au bout.
Je retrouve mon groupe, on commence dehors mais on se réfugie sous la tente quand il pleut. Le groupe s'est enrichi d'un roumain, qui veut construire un monastère en Roumanie.
Catherine la martiniquaise nous raconte sa conversion, hier soir à la veillée une parole prophétique a annoncé qu'une personne qui avait une béquille intérieure allait perdre cette béquille interne. C'est elle qui se sentait handicapée spirituellement et quand cela a été annoncé hier soir elle a eu un choc, elle a pleuré puis prié.
Notre groupe heberge une autre convertie, moins convaincante, en la personne d'une petite autrichienne de 19 ans qui ne parlant pas bien anglais avait marqué ses péchés sur un petit papier avant d'aller se confesser. Et après sa confession elle se sentait toujours lourde, jusqu'à ce qu'elle réalise qu'elle avait toujours ce petit papier dans la poche, l'ayant jeté elle s'est sentie tout de suite apaisée.
L'animatrice n'est pas très bonne et au lieu d'exploiter ses témoignages on se contente de chanter des louanges et de passer à l'histoire suivante.
Ensuite je vais dans la prairie en quète d'un pretre pour me confesser. Je tombe sur un pretre assez décevant avec qui j'espère discuter de mon manque d'amour pour Dieu et qui balaie ce péché pour me ramener dans les banalités de la rancune et de la gourmandise...Comme je n'ai pas de relations suivies avec une fille j'ai droit à l'absolution, avec en prime une grande claque dans le dos et le voeu que je me sente apaisé. De là je vais prier un peu dans la tente d'adoration.
Puis je retourne dans la tente des jeunes pour écouter le carrefour du père Serrac. Il raconte à peu près les mêmes anecdotes que la veille, auxquelles il rajoute celle d'une cambodgienne religieuse dans un couvent pillé par les vietnamiens. Elle a été prise en otage par les vietnamiens, qui lui ont dit qu'elle serait libre lorsqu'elle leur aurait fait deux enfants. En attendant elle serait leur esclave. Libérée elle est arrivée dans le camp du père Serrac, alors que l'assistant d'un sénateur américain était en visite dans le camp. Le père Serrac l'a présentée à l'assistant qui ému a envoyé un telex au sénateur en lui racontant cette histoire. Le sénateur a recu le telex alors qu'il déjeunait avec Georges Schultz. Emu à son tour le secrétaire d'Etat a ordonné que l'on fasse en sorte que cette cambodgienne soit à Washington dans trois semaines malgré les difficultés administratives.
Puis je demande au père Serrac quel espoir il peut donner à ces réfugiés, dans quelle direction ils peuvent regarder ensemble. Il explique que l'espoir qu'il leur donne c'est de leur montrer notre expérience de l'amour de Dieu. Plus en montrant cette expérience on montre que Dieu nous aime, plus on montre que Dieu est de leur coté. Et comme disait je ne sais plus qi à partir du moment ou Dieu est de mon coté, comme Dieu est infini, nous sommes la majorité. On se sent plus fort et on a l'espoir.
Je vais le voir apèrs pour lui demander si par hasard il connait Isabelle Viellard et en effet elle était dans son équipe. Il semble en garder un excellent souvenir. Il a diné avec elle il y a deux jours à Paris. Il se met à pleuvoir des cordes. Je sors tout de même de la tente pour rentrer à la maison, je herre un peu dans le quartier pour trouver la maison, car la pluie battante a chassé tout les passants. Je me sèche, puis je fais une petite sieste avant le diner que l'on prend sur la terrasse malgré la pluie qui recommence.
Marie-Antoinette de Froidefond soeur de Gabrielle et de Jeanne est arrivée. On accueille aussi une amie d'Olivia et des amis de Louis.
A la veillée on écoute des témoignages dont celui d'un couple qui a failli divorcé et celui d'une femme qui avait un kyste au pied qu'elle a guéri en y appliquant des cotons imbibés d'eau de Lourdes.
Puis le témoignage de Jacques Le Breton qui pendant la guerre a perdu la vue et les deux mains. Il nous explique qu'il sent que c'est par l'amour de Dieu que son courage est revenu et qu'il a hissé la voile, en faisant des projets. Après une période de révolte non pas contre Dieu, mais simplement contre la souffrance. Puis il s'est laissé griser par l'action. Il a oublié la fin et s'est laissé absorbé par les moyens. Heureusement il a eu une deuxième conversion.
En rentrant à la maison on boit un verre avec le père Dominique Rey et le roumain de ma fraternité, qui nous propose de participer à une randonnée en Roumanie.
Thibaut et Arnauld partent avec la navette de l'Emmanuel qui passe les chercher. On petit déjeune dans la cuisine car il fait froid dehors.
Aux laudes je suis à coté de Jacques Le Breton à qui on demande un rendez vous. J'en fais aussi demander un au père Gabriel Prioux qui m'avait bien pl–.
L'enseignement du jour est fait par un père résidant à Lourdes sur l'appel de Marie et le chemin que l'on doit faire avec elle. Il explique comment Dieu n'a pas eu peur de passer par les entrailles d'une femme pour se faire homme. Et qu'au contraire s'il a choisi de passer par le ventre de Marie s'est pour être vraiment homme. Et s'il n'avait pas vécu la même chose que les hommes, il aurait été un demi-Dieu ou un prophète aterri sur la terre.
Ce qui explique l'immaculée conception de Marie car si elle avait eu un péché Dieu n'aurait pas p– venir en elle. Car qui dit péché, dit ombre. Et Dieu peut tout faire sauf aller dans un coeur où on le refuse. L'absence d'ombre est donc la garantie qu'il n'y a pas de refus qui s'y cache. Si Marie n'avait pas librement accepté son role, Dieu ne serait pas venu en elle.
Puis il explique comment Dieu en se faisant homme est venu un peu dans chacun de nous et comment puisque il est passé par Marie elle est un peu la quatrième partie de la trinité et un peu divinisé par ce passage de Dieu dans ses entrailles.
Dans une deuxième partie il commente la parabole de l'enfant prodigue, en disant qu'il faut non seulement se convertir du péché, mais aussi se convertir de la vertu. Le fils ainé qui est très vertueux, ne le fait pas gratuitement il le fait en recherchant la reconnaissance de son père et mériter sa part d'héritage. Il faut donc que lorsque l'on donne ce soit gratuitement et que l'on veille au péché de vertu.
Dans une troisième partie il développe le fait que Marie s'est complètement abandonnée à Dieu, elle a fait le vide en elle même pour laisser un maximum de place à l'amour de Dieu qui désirait pénétrer en elle.
Après l'enseignement je pars avec Osmonde à l'hopital, je vois le docteur Bezin, qui me refait mes pansements en y mettant un tulle de gras. IL ne fait pas beaucoup de commentaires sur l'état de mon nez. Mais cela a l'air de le satisfaire. Finalement graecirc;ce à ma carte de sécu, je ne paie rien, tout passera par ma prise en charge à 100%. Je repars avec mes radios du nez. Le service est toujours aussi efficace et le tout ne m'a pris qu'une heure.
On passe par le marché où on achète des olives et des graines de Lupin pour améliorer l'ordinaire. Dans une cave à coté on achète une bouteille de Muscat et une bouteille de Nuit Saint Georges.
On peut donc offrir un apéro au père Gabriel Prioux qui vient déjeuner avec nous. Je discute un peu avec lui à la fin du repas à propos de mes recherches. Il me conseille de me faire plus accompagner dans ma recherche et dans la prière.
Ceux qui ont encore le courage partent pour leur fraternité. Je retrouve mon groupe d'étrangers. On se met sur la grande pelouse et ceux qui veulent invoque la prière des autres. C'est à dire que le volontaire se met au milieu du cercle, chacun lui appose les mains et il appelle la prière des autres à se méler à la sienne. On termine chaque prière par des chants et par des charismens en langue. Tout cela doit être assez grotesque à observer, mais je mets tout de même en pratique les conseils du père Prioux. Nous prions pour que l'Esprit Saint m'aide à ouvrir mon coeur à l'amour de Dieu. Mais je dois confesser que je suis encore trop imperméable, car je crains que l'émotion que je ressens quand la jeune autrichienne me caresse l'épaule ne soit pas encore un effet de l'Esprit Saint.
De là je vais accompagnée par une hollandaise à la chapelle de la Colombière écouter le carrfeour sur "Dieu dans la vie active", traduit par Quentin.
Mais l'acoustique de l'église est telle qu'aussi bien l'orateur qui parle pourtant sans micro, que la traduction de Quentin sont assez inaudibles. De toute facon cela n'a vraiment pas l'air passionnant. Avec des témoignages de gens qui racontent qu'ils font une petite prière en attendant leur copie devant la photocopieuse; un autre qui est caissier et qui au lieu de compter les billets par série de 10 chiffres, récite un prière de 10 syllabes;...
Je rentre avec Quentin pour écouter Jacques Le Breton qui vient vers 5h. Il nous raconte plus en détail sa vie, notamment la période où il s'est grisé dans l'action, par une vie de revendications, aux cotés des prêtres ouvriers et autres militants.
Après son accident il a commencé par se révolter contre la souffrance seulement et non pas aussi contre Dieu ("Dieu si tu existe arrête cette souffrance insupportable" et non pas "Dieu ne peut pas exister et permettre cette souffrance"). Puis il a pardonné, a commencé à faire des projets de vie: avoir un travail, se marier, ...A partir de là il a repris espoir et vraiment pardonné, y compris à son voisin qui avait provoqué l'accident en dégoupillant une grenade. Pardonné c'est à dire qu'il vit sa vie sans considérer que c'est l'effet de la fatalité. Il explique qu'il faut avoir un sens dans sa vie. Le maçon construit la maison pour gagner de l'argent, mais aussi parce que cela rend service à quelqu'un.
Mais quand les copains vont manifester pour réclamer de l'assistance, difficile de dire moi je préfère me prendre en main moi-même et prier pendant que vous aller à la manif. Alors on y va et lorsque le gouvernement cède aux revendications on devient des assistés.
Je lui propose de venir place Vendôme au centre IBM de démonstration de materiel pour handicapés.
Pendant le diner une conversation animée s'engage pour savoir si c'est justifié d'avoir besoin d'un nom de baptême chrétien pour être baptisé.
Puis on va à la veillée. C'est la veillée retape. On nous présente tous les témoignages des différentes actions de la communauté de l'Emmanuel: prêtre, soeur consacrée, missionnaire, coopérant de la Fidesco, mère célibataire participant aux week-ends spécialisés, membres des antennes à l'étranger, y compris un gitan dont on ne sait pas très bien ce qu'il vient faire là. Au début je crois que c'est seulement pour susciter des vocations, mais en fait tout cela se termine par l'annonce d'une quète qui sera faite le lendemain, où les chèques seront les mieux-venus que les pièces.
On a acclamé Louis lorsqu'il est passé sur l'estrade avec les coopérants de la Fidesco.
On a aussi eu un skètche d'une jeune slovaine qui parle très bien français et qui a joué une conversation téléphonique avec Dieu, où elle découvre qu'il l'aime et qu'il attendra son appel chaque jour. Alors elle réalise qu'elle l'aime aussi.
Le reveil est un peu difficile pour certains qui n'ont content de prolonger la soirée par un tour à l'ado (prière silencieuse dans la chapelle Notre Dame), ils ont fait la foire dans la maison jusqu'à 2h du matin.
Je vais acheter le pain avec Marie-Rose l'amie d'Olivia. On fait un peu le tour du quartier avant de trouver la boulangerie. Puis on petit-déjeune dans la cuisine.
On va aux laudes, puis on assiste à un enseignement pas terrible. La messe par contre me plait plus, présidée par l'évêque Albert. Je serre le moignon de Jacques Le Breton en guise de salut, car je suis assis à coté de lui.
On déjeune à la maison avec Henri et Paul qui suivent la session de Louis. Henri revient de Côte d'Ivoire. Il y a aussi Eléonore une amie des Froidefond. Les trois soeurs Froidefond sont toujours aussi bruyantes.
Après le déjeuner les trois soeurs, Inès, Marielle et moi partons nous baigner dans la piscine des amis des Maureau, Marie-Antoinette se retrouve toute habillée dans l'eau! pendant que les autres vont à la marche jusqu'à Notre Dame de Romé.
Sauf le pauvre Didier qui est malade et qui reste allongé à la maison.
En rentrant je fais une grande sieste. Puis on va à la veillée, qui est moins interessante que les autres, à moins que ce ne soit mon interêt qui s'éffrite. On écoute des témoignages divers, dont celui d'une qui avait une malade la condannant à des transfusions sanguines mais qui graecirc;ce à la prière à p– peu à peu s'en passer. Puis une autre fille qui s'est convertie du théatre au groupe d'évangélisation de l'õEmmanuel.
La veillée se termine un peu plus tôt que prévue car il y a des vigiles qui sont prévues à la basilique. En sortant de la tente je suis abordé par Irène une hollandaise de mon groupe de fraternité, qui m'offre au nom du groupe un coeur en braille qu'ils m'ont tous dédicacés. C'est une attention tout à fait émouvante.
J'essaie de rentrer à la maison et d'échapper aux vigiles, mais les autres m'entrainenet. Le service d'ordre veille à ce que l'on ne chante pas jusqu'à la basilique pour ne pas déranger les riverains. A la basilique ces vigiles sont une bonne occasion de prier, car cela dure une bonne heure et cela devient vraiment interminable. Là aussi nous sommes au premier rang. On a une bougie à la main et on chante des chants assez beaux.
En rentrant j'ai une bonne papote avec Olivia sur les marches de l'escalier, avant d'aller me coucher.
Le reveil est un peu dur pour les couche-tard, mais on finit par décoller plus ou moins à l'heure pour aller aux laudes.
Après les laudes on écoute l'ultime enseignement dispensé par Monseigneur Albert. Il ne nous parle d'abord du baptême, puis nous explique qu'il ne faut pas hésiter à consacrer au Seigneur nos petites contrariétés de notre vie quotidienne.
Puis un peu avant 11h la grand messe commence. 18 enfants vont faire le première communion. Pas mal de gens de la paroisse sont venus se joindre à nous. Ce qui fait que les 3 nefs de la grande tente sont bien pleines. Je recois la communion des mains de l'évêque. A la fin de la messe, comme Didier a encore mal à la tête, on part assez rapidemment avec Jeanne. Mais on croise l'évêque qui nous reconnait comme faisant partie des randonneurs en tandem et nous bénis Didier et moi.
Je vais à la boutique pendant que Didier va à l'infirmerie. J'achète des cassettes et des cartes postales.
On déjeune d'un pique nique au soleil. Je fais une petite sieste, qui est interrompue par l'aspirateur, qui vient sans ménagements troubler, mon sommeil paresseux!
Après un dernier bain de soleil dans le jardin, la navette de la communauté d'Emmanuel passe nous chercher à 16h35, pour nous emmener au Creusot.
D'où malgré une avance confortable on arrive à prendre le tgv au vol.Je sui sassis à coté de Nicolas.
A la gare de Lyon, on se dit adieu. Le père de Didier nous raccompagne aimablement Olivia et moi.
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