Mongolie en 1995

Lundi 26 juin

Une fois de plus je me suis couché à trois heures du matin pour finir mon courrier, ma messagerie, mes bagages.

J'ai rendez vous à 10h précises en bas de chez moi. Mais sur le palier je réalise que j'ai oublié de mettre mon sac de couchage dans ma valise. je l'avais prété pour le week-end à mon voisin Philippe qui me la rendu hier soir en le déposant n'importe où sur un fauteuil et du coup il n'est passé sous mes mains pendant mes préparatifs et mes sondages de placard. Je croise Agnès sur le palier qui venait me chercher. C'est la mère de Sidonie qui nous accompagne gentiment à l'aéroport avec une Espace pour contenir tous les bages. Je fais connaissance sur le trottoir de Vital avec Sidonie Waymel et je retrouve François-Xavier de Villemagne et Agnès Lafont.

On arrive à Roissy pour s'enregistrer sur le vol Aéroflot qui part à 12h30, direction Moscou. L'hotesse qui nous enregistre n'a jamais entendu parler dOulan-bator. Nous avosn nos premières émotions dans l'aérogare, car chacun vaque à ses petits achats de cartes postales, de médicaments ou d'ultimes coups de fil. Et on se retrouve dans la salle d'embarquement du satellite. Mais Sidonie n'y est toujours pas alors que l'embarquement est annoncé, puis terminé. Agnès commence à s'inquiéter sérieusement, on se dit qu'elle nous attend peut-être au controle de police que nous avons passé par la petite porte graecirc;ce à ma canne. Enfin les portes de l'avion vont bientôt se fermer et nous invite à y monter si on ne veut pas le rater, François-Xavier est reparti voir au controle de sécurité. Nou sfaisns passer une annonce. puis finalement les hotesses alertées vérifient l'embarquement et nous disent que Sidonie est déjà dans l'avion. On y monte donc et on se retrouve tous dans une rangée du milieu d'un bel Airbus tout neuf, qui dément la mauvaise réputation des appareils de l'Aéroflot.

Le déjeuner que l'on nous sert est franchement mauvais. A commencer par la bouteille de vin blanc que je me suis laissé aller à prendre en guise d'apéritif. Par contre le dessin animé qui est projetté semble très drole en tout cas il fait beaucoup rire dans l'avion. Pendant ce temps je commence à lire la "Rue de la Soie".

On arrive à Moscou vers 18h heure locale. On nous dit qu'il nous faut nous présenter à 8h au comptoir d'information transit pour avoir notre ticket de diner. Puis qu'on nous emmènera à l'autre terminal prendre notre vol pour Oulan-bator. Pour l'instant tout marche comme sur des roulettes et après l'expérience de Gilles et Virginie Barbet sur les traces de qui nous sommes et qui l'année dernière avait raté leur correspondance, je me sens plus rassuré.

On papote un peu avec des français qui vont aussi à Oulan-bator. ils sont aussi passés par voyageurs du monde et par l'association Adrepack, que j'avais contacté en Bretagne. Et un des deux couples avec qui nous parlons est aussi attendu par Siizkhuu.

Je monte au premier étage où nous sommes passés tout à l'heue et où j'avais repéré qu'il y a de la moquette ainsi que des gens affalés par terre. Je décide de faire comme eux et de m'y allonger pour faire une sieste. Car ma nuit a été tout de même courte.

A 8h nous nous présentons au comptoir d'information transit. On nous explique qu'il est trop tard pour alle rdiner et que nous devons attendre le bus qui va nous transporter de ce terminal international à un autre terminal domestic. Nous sommes parqués en attendant dans une salle avec entre autres un groupe de 50 allemands qui vont aussi en Mongolie. Je parle avec certaisn d'entre eux, ce qui me permet de pratiquer mon allemand. Ils appartiennent à une organisation chretienne Help International basée près de Dusseldorf et ils vont distribuer des médicaments en Mongolie et faire un peu d'évangélisation.

On nous rend nos billets d'avion que l'on nous avait pris en rentrant dans la zone de transit. Ce qui avait beaucoup inquiété Agnès. Et on nous fait monter dans un bus qui nous emmène dans l'autre terminal. On doit encore attendre parqué dans une grande salle avec peu de sièges. François-Xavier nous a quitté pour aller prendre son vol pour Pékin. Car probablement à cause du groupe d'allemands nous n'avons pas réussi à avoir quatre places sur le Moscou Oulan-bator et l'un de nous doit passer par Pékin.

En rentrant dans ce nouveau terminal on nous a distribué manuellement des cartes d'embarquement. j'ai réussi à en négocier une près du hublot. On finti par nous faire monter dans un Tupolev qui semble avoir bien vécu. A en juger au moisn par la vétusté des sièges. Les places désignées sur les cartes d'embarquement semblent être très symboliques et les filles viennent s'installer près de moi sans que cela ne pose de problème. De toute facon l'équipage est tout à fait absent et se cantonne à l'avant de l'appareil. On finit par décoller après sept heures d'attente à Moscou. Fort de l'expérience du premier vol, je me contente d'un jus d'orange et ne prend pas de diner, je préfère dormir pendant ce temps là conscient de ne rien rater de gastronomique. L'avion fait un bruit incroyble et il n'y a pas moyen d'écouter la moindre cassette.

Ce qui est impressionnant c'est qu'en montant dans l'avion à Moscou la nuit tombait, pendant le décollage il faisait nuit mais à peine en lair nous voyons au loin vers l'est les lueurs magnifiques du lever du soleil. Donc nous avons eu une nuit de quelques minutes. Très vite il fait grand jour et les belles lumières du lever s'estompent.

Mardi 27 juin

Vers 7h du matin on aterrit sur un petit aéroport. On croit d'abord qu'il s'agit déjà de Oulan-bator. Mais après une annonce en russe et dans un anglais incompréhensible, on nous laisse assis dans l'appareil. On comprend qu'il s'agit juste d'une escale pour faire le plein à Novosibirsk.

Novosibirsk

Oulan-batorl

On repart au bout d'une heure pour arriver enfin à Oulan-bator vers 10h30. Je commencai à en avoir marre de ce tintamarre des réacteurs et cette immobilité forcée. A l'aterissage je suis moyennement rassuré, car à Novosibirsk le pilote a carrément dérapé en aterrissant et j'ai bien senti comme on chassait avant qu'il ne rétablisse l'appareil. J'espère qu'ici cela se passera mieux. Heureuseent cela se passe mieux ici, on dérape mais à peine.

On marche sur la piste pour arriver dans une aérogare vraiment vieillote. Le hall n'est pas éclairé à l'éléctricité et cela ressemble lus à un entrepot qu'à une aérogare. Il y a tout de même un tapis roulant pour les bagages. On passe toute une série de formalités de police, de douane, de récupération de tickets des bagages. Le pays semble bien englué dans une bureaucratie à la soviétique.

On finit tout de même par sortir avec tous nos bagages, pour retrouver deux charmantes guides mongoles qui parlent relativement bien français apparemment et qui se présentent comme étant envoyées par Siizkhuu, une pour le couple de français qui nous accompagnait et qui ont l'intention de faire un petit périple à la carte de quelques jurs et l'autre pour notre groupe. Notre interprète s'appelle Sara-toya, ce qui veut dire parait il "rayon de lune".

On prend tous un mini-bus qu nous dépose à notre hotel Bayan Gold

Bayan Gold Cela semble être un hotel plutôt luxueux, avec de gros fauteuils en faux simili ska‹ dans le hall. On enregistre et on nous fait monter dans deux grandes belles chambres au 9ième étage. Ce sont des chambres très vastes presque des suites, avec une petite entrée, une salle de bains et uen vaste chambre. Tout cela se veut très luxueux mais n'est tout de même pas très moderne.

Au début on croit que l'éléctricité ne marche pas. Même Sara qui n'est manifestement jamais venue dans un établissement de cette classe, ne sait pas pourquoi il n'y a pa sde courant. Heureusement Agnès a déjà vu ce système en Chine qui consiste à avoir sur le porte clé de la chambre une partie métallisé afin de faire contact. On enfonce le porte clé dans une fente à l'entrée de la chambre et cela rétablit le courant pour toute la chambre. L'éléctricité est précieuse dans ce pays. Cela interdit les pertes d'energie avec personne dans la chambre. On redescend pour aller déjeuner dans la salle à manger de l'hotel. Qui se trouve sous une grande verrière, avec un bassin d'eau au miliue et des installations de sonorisation qui doivent servir pour les soirée de gala à l'hotel.

On déjeune avec Sara qui s'avère parler parfaitement le français. Elle a obtenu parait il le diplôme rouge de l'université, ce qui est la meilleure distinction et je crois qu'elle la mérite. Nous sommes son premier groupe de touristes et elle vient tout juste de terminer ses études. Elle ambitionne de poursuivre par des études de tourisme peut-être en France si elle obtient une bourse. Je méfie des tomates que l'on nous sert, mais je les mange tout de même.

L'après-midi on va au musée d'histoire naturelle.

musée d'histoire naturelle On voit des collections de cailloux, des animaux empaillés, dont un énorme vautour, vraiment impressionnant. A ce demander si ce n'est pas une blague, il doit avoir presque deux mètres de haut. On voit aussi pas mal d'autres specimens d'oiseaux, de mammifères, souvent des animaux que l'on chasse ou que l'on chassait. Ce musée n'est pas passionnant mais somme toute pas ininteressant. En tout cas on en fait vite le tour, car il est tout petit et on est pas dérangé par des groupes de touristes bruyants, car nous sommes pratiquemment seuls. Il parait qu'il y a pas mal de vitrines qui sont vides et que l'ensemble est plutôt sale et mal entretenu. Avec par exemple des bocaux à moitié plein de chloroforme.

De là on reprend le mini-bus qui parait il va nous accompagner pendant tout notre séjour ainsi que son chauffeur. Le chauffeur a l'air très gentil bien que peu bavard. Il est plus agé autour de la cinquantaine. Le mini-bus se compose d'une douzaine de places assises à l'avant, puis trois rangées de deux et un puis une rangée de quatre sièges au fond.

On va dans le grand magasin de la ville. Il se compose de quatre étages de rayons avec dans les étages inférieurs tout pour la vie qutodienne des mongols et à l'étage supérieur les articles de luxe, essentiellement destinés aux touristes payables seulement en dollars. Je suis à la recherche d'une grande couverture pour couvrir mon lit de Paris pendant les demi saisons. On passe un bon moment à choisir la couverture qui plait le plus aux filles. Une fois que l'on a choisi uen couverture à 3000 touldrik c'est à dire environ 30f, je déplie la couverture pour vérifier qu'elle fait bien les 2m sur 2m40 que j'aidemandés. Et alors on réalise qu'en fait il n'y a que des couvertures de 2m sur 1m40. Les mongols ne connaissent pas les grands lits. Il y a aussi des couvertures en poil de chameau qui valent beaucoup plus chères, c'est à dire environ 250f.

On abandonne donc les couvertures décus pour aller à l'étage supérieur vooir les soies et le rayon des cachemires. C'est à peu près le même prix qu'à Pékin mais la qualité n'a pas l'air terrible ici.

En gros la monnaie locale le Touldrik vaut un centime, puisque le change se fait à 450 touldrik pour un dollar alors que l'on a 5f pour un dollar.

touldrik C'est assez difficile de se faire une idée rapide sur le pouvoir d'achat surtout quand on en voit pas les étiquettes mais d'après ce que j'ai compris des prix dans le magasin et notre conversation du déjeuner sur les salaires (dont celui du père de Sara qui est de 30 000 touldrik par mois) le pouvoir d'achat doit être de cinq à six fois moins élevé.

On s'est arrété plusieurs fois dans des bureaux de poste miteux qui font très bureaux de poste du tiers monde avec des petites bonnes femmes qui extirpent difficilement de la poussière cinq cartes postales bien moches et des timbres au compte goutte. Du coup on doit en faire plusieurs car les filles veulent envoyer près de cinquante cartes. Mêle à la poste principale ils sont en travaux et du coup nous sommes recus à deux petits bureaux de fer dans une verranda pré-fabriquée devant le batiment.

Agnès reste dans le mini-bus et accuse la fatigue de la nuit blanche du voyage. Moi le grand magasin m'a plutôt réveillé et c'est le musée que j'ai fait en somnolan.

On rentre à l'hotel pour se reposer avant le diner. Pendant le diner je découvre l'esprit taquin de Sidonie avec qui je m'accorde assez bien pour charrier Agnès. Sara nous apprend que c'est peut-être son premier et son dernier jour avec nous car elle a été recu à un concours pour aller passer deux mois en France et que le départ en principe est prévu pour le 1er juillet. On en saura plus demain, notamment en voyant Siizkhuu. Car jusqu'à présent il a implicitement maintenu les distances d–es à son rang de chef en ne faisant pas son apparition.

On remonte dans nos chambres. Je suis pour l'instant seul dans la miene en attendant que François-Xavier arrive demain. Je fais venir un technicien pour me régler la télé. Car Sara nous a expliqué que le Mardi et le Jeudi on pouvait regarder Canal France International. Ce soir l'image de la France est véhiculée par une émission de variétés Taratata, pas franchement très intellectuelle, mais peut-être représentative des go–ts des français aujourd'hui.

Une serveuse du restaurant vien tme réclamer 1 dollar pour la bière que j'ai commandée pendant le diner, car il parait que le forfait ne comprend qu'une boisson non alcoolisée.

Agnès écrit gentiment sous ma dictée quelques cartes postales. Car même si de voyage en voyage j'en envoie de moins en moins on ne fait pas tous les jours un voyage de ce style.

Mercredi 28 juin

Assez bizarrement je suis réveillé à 6h du matin. Alors que le décalage horaire aurait d– me faire dormir beaucoup plus tard. C'est le lever du jour sur Oulan-bator. Il n'y a pas un bruit, hormis les chants de nombreux oiseaux. Cest assez incroyable d'être dans une capitaleet de n'entendre que les oiseaux. De temps en temps un véhicule perce le silence, on se dirait vraiment sur une petite route de campagne. Je bouquine assez longuement puis je me rendors tout de même de 8h à 9h.

On va petit déjeuner vers 9h. On a droit à un petit déjeuner plutôt occidental avec du thé, des oeufs, du yoghourt très acide que je sucre abondamment et du pain.

On passe au bureau de Siizkhuu. Il nous recoit dans son bureau décoré de tapis épais et de meubles cossus. Alors que l'on a traversé des pièces un peu miteuses avec du linoléum pour y parvenir. Il est assisté par un monstre qui parait il est sa femme. Après les salamaleques d'usage il nous demande de passer encore une nuit à Oulan-bator, alors que par téléphone j'avais demandé à en partir tout de suite après l'arrivée de François-Xavier. Il nous brosse un peu le programme qui nous attend. Pusi il lache à la fin en réponse à une question d'Agnès qu'en contre partie de cette nuit suplémentaire à Oulan-bator nous aurons une nuit de moins en camp touristiques. Je ne réagis pas sur le coup car il a glissé cela incidemment mais j'ai le sentiment que l'on se fait roule. D'autant plus que Virginie Barbet m'a dit que les camps touristiques on était sous une yourte et que c'était très bien.

monastère d'Oulan-bator

Puis on prend le mini-bus qui nous emmène d'abord visiter un ancien monastère boudhiste. C'était autour de ce monastère que c'est construit la ville d'Oulan-bator. D'abord ce n'était qu'un monastère avec quelques yourtes autour puis c'est devenu cette ville de 500 000 habitants. C'est dire à quel point les monastères avaient un role culturel et économique. Et notamment celui ci. Mais presque tout a été détruit pendant les années trente, où une pression du communisme a balayé toute trace de religion dans le pays.

Dans ce monastère il parait qu'il y a eu jusqu'à 10 000 moines. Aujourd'hui il reste quelques rares batiments. Dans l'un d'eux, qui est un temple, on voit des moines lamas qui boivent du thé au centre de la pièce. Notre guide Sara hésite à rentrer pour ne pas les déranger, mais nous emboitons le pas à d'autres touristes qui rentrent sans scrupules.

La pièce est éclairée par des néons, avec un plancher en bois. L'impression est plutôt pauvre et sale. On fait le tour de la pièce autour des bancs qu'utilisent les fidèles.

Le monastère se distribue autour d'une grande plaine herbeuse avec quelques batiments subsistants. Tout cela n'est pas très impressionnant.

De là on va au musée d'art national.

musée d'art national Sara comme partout, achète pour nous les billets. nous sommes complètement pris en charge par l'organisation de Siizkhuu. On pourrait venir en Mongolie sans un centime de plus que l'argent qui lui est destiné. impressionnant. Ce musée est tellement fréquenté que les gardiennes se précipitent devant nous pour nous allumer le premier étage. Sara nous raconte que ce batiment abritait autrefois l'ancien grand magasin de la ville. Et que sa grand mère raconte qu'elle s'y perdait tellement elle trouvait cela grand. Alors qu'il y a au plus trois ou quatre cent mètres carrés par étage. Mais à l'époque c'était l'immeuble le plus grand de la ville, qui comptait surtout des yourtes. On voit un certain nombre de peintures sur soie. Notamment une monumentale au premier étage, qui a été faite en 92 pour célébrer la gloire de la Mongolie. Elle a 12m sur 7. il y a un livre d'or devant que nous sommes les premiers occidentaux à signer. Tout cela ne nous fait pas beaucoup d'effet bien que Sara nous explique qu'il y a des toiles connues. Ici aussi c'est plutôt sale, mal entretenu.

On rentre déjeuner à l'hotel. On nous sert une viande de boulettes vraiment dégueulasse que même moi avec mon sens du devoir je ne finis pas. La salade en entrée par contre était potable.

Après le déjeuner on reprend le minibus pour aller visiter l'ancien palais royal.

palais royal d'Oulan-bator Il reste suite à un incendie quelques pavillons autour d'une grande cour de terre battue. Ces pavillons sont assez mignons, en bois avec des fenêtres grillagées de bois ou des vitraux. A l'intérieur il y a des restes de mobiliers, des autels boudhistes et de nombreuses brodeires sur soie très blles et très colorées. Avec des couleurs que parait il on ne sait plus reproduire aujourd'hui.

On passe par un autre musée, mais il est fermé. Alors on rentre à l'hotel faire une petite sieste. Je propose de retourner au grand magasin pour m'acheter une robe et un chapeau mongol qui me feront un excellent déguisement pour les soirées parisiennes. Mais on a pas le temps car il faut ller à l'aéroport chercher François-Xavier et les filles ne veulent pas prendre le risque de le faire attendre. On va à l'aéroport en une quinzaine de minutes.

On attend dans la salle des arivées. Les passagers sortent au compte gouttes de la zone internationale. Il arrive par un vol de la Miat

Miat la compagnie nationale mongole, de Pékin. Il était dans un bel Iliouchine.

En attendant un petit garcon m'aide à monter par l'escalier qui mène à la salle des départs au dessus. Du coup Agnès lui donne un ballon. Vu le trafic aérien la salle des départs est rigoureusement vide.

François-Xavier fait son apparition. Il parait qu'à son arrivée hier à Pékin il a été fouillé de fond en comble. On reprend le bus, on fait faire un petit tour de la ville pour François-Xavier.

On dine tous ensemble à l'hotel, d'une viande assez bonne. Et d'une bière que cette fois ci je ne paie que 80 cents et le serveur me rend des pièces américaines.

On retrouve Siizkhuu dans le hall de l'hotel. Comme on a un peu trainé il nous attend depusi une demi-heure. Il est venu lui même avec sa femme de comptable qui au départ devait venir seul récolter notre argent. Mais j'ai fait demander par Sara qu'il revienne, pour que l'on puisse renégocier le prix ou les prestations car l'affaire de la nuit en moins en camp touristique me reste en travers de la gorge, estimant que c'est lui que cela arrange que nous passions une nuit de plus à Oulan-bator. Nous montons discuter le bout de gras dans notre chambre. Agnès assiste à la négociation. Je laisse François-Xavier mener la discussion car j'ai peur de tomber dans mon travers de ton tranchant. François-Xavier se fait enfermé dans une négociation de bout de chandelles, où Siizkhuu commence par accdepter de nous faire une réduction de deux dollars sur les 85 par jour prévu. Il pousse même l'enfermement jusqu'à répondre à une de mes interventions en acceptant de nous compter que l'essence que nous avons bruler pour aller chercher François-Xavier au lieu de nous compter le co–t du chauffeur! Finalement au bout d'une heure il nous a longuement décrit notre semaine dans le desert, pour laquelle nous n'avions que peu d'informations et il accepte de nous faire payer que 80 dolars par jour. Ce qui fait toujours 400 dollars d'économie au total. Merci François-Xavier, c'est pas énorme par rapport au total mais c'est plus que ce à quoi je croyai moi même. Ils nous ont avec sa femme fait un petit numéro rigolo et classique, soit disant il n'était que pour traduire et c'est elle qui décide des questions d'argent et avant chaque réponse à nos négociations elle pianotait sur une calculette et il parlementait avant de nous dire oui ou non. Mais il est certain qu'il est heureux qu'ils aient été là tous les deux ce soir, car l'un absent l'autre se serait abrité derrière pour ne rien lacher.

Une fois que l'on s'est mis d'accord sur le prix de 80 dollars par jour et que nous avons payé 50% en beaux dollars, que la comptable vérifie soigneusement car ici comme dans beaucoup de pays, la moindre griffure ou déchirure sur le billet et il est refusé. Et en plus ils n'acceptent pas les billets antérieurs à 1992! Siizkhuu nous quitte et nous décidons de sortir pour aller prendre un dernier verre en ville et voir à quoi ressemble le Oulan-bator by night.

Nous retrouvons dans des rues avec quelques rares lampadaires, quelques voitures et des passants aux mnes plus ou moins rassurantes. On ne sait pas si notre quartier est supposé être animé en tout cas il n'y a pas grand chse d'ouvert de part et d'autre de ces larges avenues à la soviétique. On finit par trouver un grande yourte qui abrite un restaurant, où un serveur qui bizarrement parle un peu italien, nous fait d'abord patienter le temps que l'on nous dresse une table, puis nous introduit sous la yourte elle même. Il n'y a qu'une seule table de clients qui terminent manifestement un repas d'affaires, qui parait il célèbre la signature d'un contrat d'achat de 45 bus par la municipalité. On boit une bière puis on retourne à l'hotel.

Agnès n'est que moyennement rassurée, car quelqu'un lui a colporté que les mongols ne se génait pas pour abuser des femmes.

Jeudi 29 juin

On petit déjeune d'oeufs, de charcuterie et de jus de tomate. Sara n'est pas là ce matin, mais en fait elle nous attendait dans le hall.

On remonte boucler nos bagages. Je pompe de l'eau au robinet de la salle de bains pour remplir les différentes gourdes. Car pour éviter les amibes nous nous sommes équipés graecirc;ce à Agnès d'une pompe filtrante. C'est assez fatiguant de pomper filet d'eau par filet d'eau, mais cela vaut la peine si cela peut nous éviter quelque tourista et autre maladie aqueusement transmissible.

On descend nos bagages, je cherche à acheter un chandail en cachemire dans le magasin de l'hotel comme vient de le faire François-Xavier et l'ont fait les files hier soir. Mais justement la boutique est fermée, la vendeuse est partie prendre un café où je ne sais quoi. Tant pis, avec le temps qui s'annonce assez frais j'ai un peu peur de manquer de chandail mais on verra bien.

Il faut dire que depuis trois jours que l'on est ici. Le temps s'est maintenu avec constance à la pluie et on a à peie entrevu le soleil entre deux averses. Je pense à Gilles et Virginie qui l'année dernière n'ont eu que de la pluie pendant tout leur voyage et je redoute que nous ayons le mêm sort. Il faut dire que nous arrivons exactement à la saison des pluies. Et que si l'année dernière on leur avait dit que c'était tout à fait exceptionnel qu'il pleuve autant, si cela se trouve ils disentexactement la même chose chaque année aux touristes na‹fs qui croient les guides qui racontent que la saison des pluies n'est pas mouillée dans ce pays.

On monte dans le mini-bus vers 10h. Siizkhuu est là pour nous dire au revoir, ainsi que sa femme qui a une grosse bague. Nous faisns connaissance avec Djarra qui sera notre cuisinier. Il parait que Djarra signifie "bonheur".

On sort d'Oulan-bator par une route goudronnée que l'on suit sur 300km. Mais la route n'est pas très bonne et n dépasse difficilement le 40 ou 50 à l'heure. Ce qui promet lorsque nous serons su les pistes que nous a annoncé Siizkhuu.

En effet on quitte la route goudronnée pour prendre une piste de terre sur les 50 derniers kilomètres et là on ne dépasse pas le vingt à l'heure avec des énormes cahots provoqués par des trous dans la piste ou par des petites rivières dans le lit desquelles il faut descendre puis remonter de l'autre coté. Quelque fois la tr aversée est assez périlleuse d'autant plus que notre mni-bus n'a que deux roues motrices à l'arrière. Et il faut que notre chauffeur vise bien pour savoir à quel endroit la traversée de ces petits ruisseaux est la plus propice.

On voit de part et d'autre de la piste des troupeaux de moutons, de chèvres, de vaches ou de chevaux. Qui sont les quatre éléments de base de l'élevage mongol. Mais on voit aussi des marmottes qui courent à toute vitesse dans les prairies de part et d'autre de la piste. Il y a aussi pas mal d'oiseaux. Avec notamment des faucons et des vautours qui flanent au dessus de nous.

Bref nous sommes tout de suite plongés dans le vif du sujet au milieu des grandes stepes de prairies herbeuses à perte de vue. Selon les endroits l'herbe est plus ou moisn grasse et dense, mais dans tous les cas il n'y a pas un arbre à l'horizon et pas non plus de cloture pour contenir les troupeaux.

Dans le mini-bus, je commence déjà à avoir mal aux fesses sur mon siège et je somnole pas mal. j'arrive même à un moment à disposer de deux sièges pour m'allonger. Je résiste à la tentation de lire mes bouquins sur cassettes pour économiser celles ci et je me contente de lire mon bouquin en braille.

On s'arrète pour déjeuner près d'un troupeau et de son berger. puis on repart pour encore une après-midi de route. On finit par arriver au camp touristique où nous devons passer la nuit après onze heures de mini-bus.

Roudjirk

Il s'agit d'un camp composé d'une trentaine de yourte montée les unes à coté des autres, entourée d'une cloture. Avec quelques batiments en dur pour abriter les douches, les cuisines et autres installations communes. Ce camp est à quelques pas de du chef lieu du département qui se dit Som en mngol dont le nom est Roudjirk.

On se retrouve dans une yourte avec quatre lits disposés le long des murs; Une table au milieu et un po‰le. Ici notre yourte est éclairée éléctriquement ce qui ne doit pas être le cas dans la yourte au milieu des steppes. En tout cas c'est sympa de se retrouver dans cette tente en feutre blanc typique et bien plus amusante que notre hotel de béton d'Oulan-bator.

On va diner dans une grande yourte qui fait salle à manger. A part nous il n'y a qu'un groupe de japonais. Apparemment il n'y a pas trop de touristes dans ce camp. I y a un bungalow où on peut se doucher mais l'eau y est dissuasivement glacée. Aussi on s'abstient pour ce soir. On se fit allumer un feu dans notre po‰le et on se couche. Il se remet à pleuvoir et on peut éprouver l'étanchéité de la yourte. On recoit tout de même quelques gouttes par le trou au sommet destiné au tuyau de po‰le et qui peut se fermer plus ou moins à volonté mais nous ne savons pas comment le boucher à fond.

Vendredi 30 juin

Je suis réveillé à 6h du matin et je bouquine dans mon lit jusqu'à 9h. On a un peu du mal à se lever au moins Sidonie et moi. Agnès m'ejecte manu-militari de mon lit. Elle nous exhorte a nous dépécher, car nous ne respectons pas l'horaire de 9h au petit déjeuner qui nous avait été proposé hier soir. "les chevaux doivent être là à 10h et on sera en retard". Finalement après le petit déjeuner dans la grande yourte et quelques tentatives de toilette à l'eau par certains, nous devons attendre patiemment l'arrivée des chevaux dont l'horaire de 10h n'était bien s–r que théorique.

On a eu droit à un petit déjeuner copieux avec du riz aux oignons et à la viande.

Agnès et François-Xavier achètent des bottes en cuir à des nomades de passage car ils n'ont apporté que des chaussures bateau pour monter et vu que le climat s'annnce plutôt pluvieux. Ce matin D'ailleurs ce matin il pleut encore un peu. Du coup je retourne bouquiner bie au chaud au lit pour attendre les chevaux.

Mais le soleil finit par percer les nuages et j'ai un rayon très agréable qui vient me caresser en passant par le trou au sommet de la yourte. Les chevaux finissent par arriver. je sors de la yourte. Et on va faire leur connaissance.

On choisit chacun le notre, je me vois affecté un cheval gris qui parait il est le plus sympa. ils sont en tout cas tout petits et leur garrot nous arrivent à peu près au sternum. Sidonie n'a pas tout de suite son cheval car un mongol est parti avec au village voisin de Roudjirk pour acheter des bandes de tissu qui servent de chaussettes pour les nouvelles bottes d'Agnès et François-Xavier. Les mongols se nouent les bandes de tissus autour des chevilles et cela rend les bottes beaucoup plus confortables car sinon elles sont plutôt d'un cuir rigide.

Il parait que mon cheval est un ancien champion, il est arrivé 3ième dans une course parmi 100 chevaux lorsqu'il avait 3 ans et 7ième l'année d'après. Mais il semble très sympa même s'il est parfois un peu capricieux. Par exemple il a toujours un peu tendance à se déporter sur la droite. Ce qui me permet de faire plaisir au mongol en disant de lui qu'il n'aime pas les communistes.

Le guide des chevaux s'appelle Aougui et semble être très sympa. Il semble que ce soit son frère qui était le guide de Gilles et Virginie l'année dernière.

Donc nous nous sommes mis en branle et avons quitté à cheval le camp touristique. Nous commencons par du pas. puis après un moment le guide nous lance au trot. Cela fait une drole d'impression, car étant tout petits ces chevaux ont un trot très cadencé et ce n'est pas facile de trouver le rythme pour faire du trot en levé. Quant au trot assis mon assiette toujours aussi mauvaise ne me permet pas d'en faire longtemps et confortablement. De même au galop le petit galop s'avèr etrès confortable, mais le grand galop est assez cadencé et la petite taille des chevaux fait que les genoux frottent pas mal sur les cotés de la selle. Ainsi que les fesses qui frottent sur la selle mais dans ce cas je crains que ce ne soit plutôt d– à ma facon de monter. Et je ne devrais pas trop me plaindre car j'ai droit à une selle rembourrée d'une sur-selle en tissu jaune.

Les selles sont constituées d'un dispositif ingénieux qui protège au maximum la colonne vertebrale du cheval. A savoir deux arcons métalliques à l'avant et à l'arrière, avec une tige de cuir rigide pour relier les deux au dessus de la colonne vertebrale et de part et d'autre deux barres de bois. Le tout recouvert d'une couche de cuir, formant ainsi une espèce de toît au dessus du dos du cheval. L'inconvénient de ce système c'est la tige rigide en cuir (faîte du toît) qui a une facheuse tendance à rentrer dans la raie des fesses. Mais ceci est le système adopté pour les selles de cavaliers amateurs comme les touristes, car les cavaliers de la steppe eux ont des selles en bois, qui rappelle un peu les selles des dromadaires du desert avec des montants en bois assez haut à l'avant et à l'arrière. Le tout vaguement amorti par une couche de tissu.

On fait un grand galop dans les paturages à perte de vue des steppes mongoles. Il n'y a vraiment aucun obstacle à l'horizon et c'est vraiment grisant de galoper ainsi à perte de vue.

steppe mongole photo

On finit par rejoindre le mini-bus qui nous avait doublé peu après notre départ et qui nous attend au bord d'un étang. On voit des yacks et de nombreux aigles qui tournent autour de notre campement. On va faire une petite balade au bord de l'étang avant le déjeuner. C'est impressionnant de voir ces aigles aussi nombreux ici alors que c'est une race protégée en France.

On déjeune au soleil sur une toile cirée improvisée en nappe. Djarra nous a préparer un plat assez bon. On fait une petite sieste por se reposer les fesses avant de repartir. Je m'enduis de crème mitosile à titre préventif, car je sens que cela commence pas mal à frotter.

Puis on remonte à cheval vers 4h. Ce matin le soleil faisait de timides apparitions mais cette après-midi ca y est il fait carrément chaud et le temps pluivieux est bien oublié. Tant mieux. J'ôte mon chandail et le noue autour du cou en tentant de ne pas effrayer mon cheval, car ils s'effraient assez facilement des gestes amples de leur cavalier. Et pour la première fois depuis trois jours je reste avec plaisir en chemisette.

On met pied à terre devant une yourte habitée par une famille qui élève des yacks et des vaches. Ils habitent à six dedans, les deux parents et quatre enfants.

yourte et enclos mongols photoOn pénètre à l'intérieur en tentant de ne pas heurter le seuil en bois de la porte car il parait que dans la tradition c'est signe que l'on amène les mauvais esprits avec soi. On nous offre un bol de lait caillé de jument qui circule de mains en mains. On ne trouve pas cela terrible très acide. Puis on nous offre du fromage de vache qui n'est pas mauvais. On a droit à trois sortes de fromages un sec assez bon, un insipide et un troisième très acide. Il parait qu'il sson ttous les trois de vache.

famille mongole sous la yourte photo

Ils sont très hospitaliers et offrent facilement ainsi à boire et à manger aux voyageurs. La conversation est néammoins peu animée et il est de bon ton semble t'il de se borner aux banalités. Ainsi Sara filtre les quelques questions que nous souhaitons leur poser et qu'elle interprète. Par exemple j'ai voulu demander ce qu'il faisait de leur bétail s'il allait le vendre à un marché en ville où sii c'est le marchand qui venait l'acheter sur place, mais elle a refusé de traduire cette question considérant que c'était indiscret.

Avant de repartir on assiste à la traite des yacks qui ressemble tout à fait à la traite des vaches telle qu'on la connait. Pour ce faire ils rassemblent les yacks femelles dans un enclos de bois d'où ils les sortent une par une pour les traire.

On se remet à cheval, il nous reste plus beaucoup de kilomètres à faire sur les 35 que comptera parait il cette première journée. Le solei brille encore de tous ses feux.

On voit passer pas loin de nous une course d'uen trentaine de chevaux montés par des enfants de sept ou huit qui s'entrainent pour la course du Nadam la fête nationale du 11 juillet. Mon cheval qui est un ancien coursier est assez excité lorsqu'isl passent à coté de nous. Ils passent en hululant dans un grand nuage de poussière au grand galop.

On arrive au campement installé par le chauffeur et le cuisinier au pied d'une petite cascade sur la rivière. Lorsque l'on arrive le soleil n'est pas encore couché. Alors j'en profite pour alle me baigner et le laver dans la rivière. J'adopte une technique assez sioux pour palier à fraicheur de l'eau et à sa faible profondeur, je commence par me savonner plus ou moins à sec puis une fois que je suis plein de savon je suis bien forcé de m'allonger dans les vingt centimètres d'eau frisquette pour me rincer. Mais c'est tout de même très agréable au point que je m'allonge deux fois dans l'eau. J'en profite aussi pour faire une petite lessive et on remplit aussi les gourdes avec la pompe filtrante.

On retourne au campement qui est à quleques mètres de là pour diner. Malheureusement on ne dine pas autour d'un feu de bois car ici le bois est assez rare. Et on mange notre platée de féculents poivron autour de la toile cirée - nappe. On boit du thé et du sirop de grenadine. On papote un peu, je me bats gentiment avec Agnès qui me surprend par sa force. Puis je vais me laver les dents au bord de la rivière. Et je mets ma lessive à sècher dans le mini-bus.

On dort dans des tentes. Il y a une tente pour les filles, une pour les garcons et une pour les mongols qui est heureusement pour eux un peu plus grande. Djarra dort dans le mini-bus. Comme les tentes sont plus larges que profondes François-Xavier et moi décidons de dormir en travers.

Samedi 1er juillet

J'ai pas très bien dormi pour une première nuit sur le sol et surtout j'ai été réveillé plusieurs fois par le froid qui gagnait mes pieds car je ne suis pas très bien protégé dans mon petit sac de couchage. Du coup j'ai un peu du mal à me lever et je paresse dans mon sac alors que les autres sont déjà levés. J'espère arriver à la fin de ma cassette. La chef Agnès me houspille et cela m'agace.

On petit déjeune sous un très beau soleil. Je mets un peu les choses au point avec Agnès en lui demandant de me faire des vacances, car nous faisons une surenchère de taquinerie qui finit par être fatiguante. Et puis elle est un peu trop maternant e à mon égard.

Avant que nous remontions en selle les mongols démontent et plient les tentes, je me crème les fesses et les cuisses au mitosil. François-Xavier a eu le courage d'aller se baigner dans la rivière malgré le petit vent frais qui souffle.

Ce matin on fait une assez longue étape. On s'arrète dans une yourte où on nous offre encore du lait cailé de jument et du fromage. qui cette fois ci est particulièrement acide. Je me contente donc de mordre un gramme de fromage dans le morceau qui m'est échu de l'assiette qui circule. Je garde le reste dans le creux de ma main et je le jetterai une fois remonté à cheval. On nous fait aussi gouter l'eau de vie de lait de vache.

On nous explique que c'est fait à partir du lait fermenté de la vache. On le distile pour obtenir un liquide à peu près transparant, issu de la vapeur de lait. En principe le résultat titre à 12 en degré d'alcool. Ce n'est pas mauvais mais cela manque d'interêt on comprend que les normands malgré leur lait abondant ce soit rabbattu sur le calva.

eau de vie de lait de vache

aillerak

Le lait de jument fermenté s'appelle l'aillerak. Il est placé une fosi trait dans une grande outre traditionnellement en entrant à gauche dans la yourte. Et on le bat avec un baton pour accèlerer la fermantation. C'est là où on va en puiser un bol pour en offrir aux voyageurs de passage comme nous.

Cette fois ci nous avons été assis à la place d'honneur sur le lit-coffre situé au nord de la yourte. Car les yourtes ont toujours la porte orienté au sud. On a un beau rayon de soleil qui vient nous éclairer par le toit. Les enfants s'amusent beaucoup avec les ballons gonflables que nous leurs distribuons.

Ici ils ont un enclos et une petite bergerie en bois pour leur moutons qu'ils retrouvent chaque année lorsqu'ils reviennent planter la yourte pour l'été.

En fait tous les mongols qui habitent à la campagne sont encore très nomades et ils changent leur yourte de place quatre fosi par an. En tournant sur des emplacements que la tradition leur a attribué. Il n'y a pas de propriété foncière. Mais il parait qu'il n'y a pas de problème et que l'on ne retrouve pas son emplacement occupé.

C'est vraiment extraordinaire de voir ces hommes nomades, qui semblent si bien intégrer dans la nature qui les entourent. Ils ont l'air vraiment heureux. Et si il doit y avoir quelques difficultés à passer le cap des trois ans avec une mortalité infantile encore importante vu les conditions d'hygiène dans lesquelles ils vivient. Au delà du cap des trois ans, ce doit vraiment être le bonheur.

Il parait que l'apport de la modernité c'est qu'à chaque déménagement ils louent ou empruntent un camion pour déménager leur yourte et leur famille jusqu'à la case suivante. Alors qu'avant ils se transportaient en char à beoufs. Mais à part cela ils vivent pratiquemment comme il y a trois cent ans.

On rencontre tout de même sur les pistes d'herbe qui parcourent la steppe, de temps en temps uen moto, très rarement un camion ou un 4X4. La plupart du temps ils se déplacent à cheval. Il parait que les femmes vont aussi désormais accoucher à l'hopital du chef lieu. Ce qui est un autre progrès notable, probablement un des bienfaits du communisme avec la scolarisation obligatoire.

A chaque fois que l'on rencontre un cheval ou un véhicule motorisé notre guide s'arrète pour échanger des salutations, des informatiosn sur l'état des chemins où pour se repérer.

On fait encore des longs galops géniaux. Il y a un beau soleil sympa. On passe au milieu des troupeaux de yack.

On voit encore passer une course de chevaux avec des enfants dessus, qui s'entrainent pour le Nadam. Je tourne la tête de mon cheval de l'autre coté pour éviter qu'il s'excite.

On a du mal à retrouver le mini-bus au milieu de la steppe. Et Aougui le guide doit utiliser les jumelles de François-Xavier pour le repérer au loin. On arrive au campement de déjeuner vers 4h. On est content de s'arréter un epu car l'étape a été longue. J'ai notamment les cuisses qui frottent sur des petits sacs qui se sont formés de part et d'autre à l'avant de ma selle. Pour les fesses cela va pas trop mal car j'ai utilisé ce matin la sur-selle que mman m'a gentiment offerte, et avec la selel plus les deux sur-selle je me retrouve assez bien rembourré.

On s'est arrété pas très loin de la rivière. On descend jusqu'à l'eau par une pente douce qui y mène sur une distance de 500m environ. On peut constater que l'on est tout de même assez fatigué car on a du mal à remonter la pente et les courbatures commencent à se manifester.

Je me bande la cuisse droit pour me la protéger des frottements car elle commence à être bien rouge et je voudrai prévenir les blessures. Agnès a la bonne idée de me faire racourcir mes étriers ce qui m'aide aussi à moins frotter. De toute facon cette après-midi l'étape doit être courte.

On arrive après un grand galop fantastique qui n'en finissait plus. On a galopé pendant au moisn vingt minutes et c'était vraiment génial. On arrive donc près d'une espèce de camp touristiques avec des baraques au lieu de yourtes, toujours ceintes d'une cloture de bois. Ce sont vraiment les seules occasions de voir des clotures, hormis les enclos pour parquer les animaux près des yourtes. On retrouve le mini-bus un peu plus loin.

François-Xavier part faire un petit tour sur mon cheval pour l'essayer. Mais on voit revenir le cheval tout seul et François-Xavier à pied un peu plus tard. Il est tombé en plus dans une belle bouse.

Le campement est encore près de la rivière. ici il y a encore des rapides. On va rapidemment se baigner pour se rafraichir et se laver. L'eau est un peu vaseuse mais il y a des endroits où on a pas pied et où on peut nager. C'est vraiment super agréable. On joue dans l'eau, on se lave et on paresse un peu au bord de l'eau au soleil qui chauffe encore.

On dine puis on va se balader dans la gorge qui est toute proche et où la rivière tombe en cascade. Il parait que c'est un ancien cratère de volcan. Ce qui explique pourquoi la vallée dans la quelle nous faisons notre randonnée est parsemée de roches volcaniques. On descend un peu en escalade dans la gorge, car c'est assez abrupt.

On se balade au fond. Il y a des arbres qui sont à l'abri des vents d'hiver et parviennent à pousser. Il y a une petite plage au bord de la rivière qui reprend son cours après la cascade. On est bien encaissé, il parait que la cascade fait 35m d'après les mongols, il nous semble que c'est plutôt une dizaine de mètres. Mais nous avosn déjà p– constater avec la longueur et la durée des étapes que les mètres et les heures mongoles n'avaient pas uen valeur tout à fait égale aux notres. On joue à envoyer des pierres de l'autre coté de la rivière. Puis après avor fait uen bonne balade dans ce décor et cette végétation tout à fait inattendue on remonte dans la steppe. Comme d'habitude la montée est plus aisée que la descente.

On a vu le soleil se coucher sur les parois des gorges se qui était tout à fait magnifique avec des très belles couleurs. On a vu aussi une petite caverne dans la paroi. Et puis on a respecté la tradition superstitieuse mongole qui veut que l'on fasse trois fois le tour des tas de pierre sacré comme celui qu'i y avait au fond.

Je me lave les dents avant de me coucher. Mais je veux attendre la tombée de la nuit car j'ai enfin besoin de m'isoler et avec ces steppes à perte de vue sans un arbre, c'est plus facile dans l'obscurité. Du coup je fais un effort pour patienter.

Dimanche 2 juillet

François-Xavier s'est levé à 7h, pour retourner à la fraiche voir la cascade. J'en profite pour m'enfiler dans son sac de couchage par dessus le mien, pour me réchauffer les pieds qui sont encore glacés. Au bout d'un moment que je passe à bouquiner il revient de sa balade et je lui rends son sac de couchage, bien que poliment il prétende ne pas en avoir besoin. Finalement on se lève à 8h45. Le temps de petit déjeuner et de se préparer on est en selle qu'à 10h45. Et j'ai pas mal contribué à la trainerie générale en ayant un processus de préparation de plus en plus long entre la crème, la bande sur la cuiss

Aujourd'hui nous avons petit déjeuner dans une de nos tentes car il y a un vent assez frais qui souffle et on est mieux à l'abri. Cette fois ci le petit déjeuner était assez léger avec juste quelques beignets et quelques tartines. Mais comme presque à chaque repas Agnès touche à peine à sa part et nous nous la partageons avec François-Xavier, ce qui nous cale bien.

On traverse une plaine pour retourner en direction de l'endroi toù nous étions hier. En fait nous sommes arrivés aupoint le plus extrême dans la vallée de notre balade et désormais nous allons revenir vers Roudjirk en sillonnant la vallée un peu dans ous les sens. Aussi on demande au moins à ne pas revenir camper exactement au même endroit et qu'ils se débrouillent pour nous trouver un autre endroit près de la rivière qui ne soit pas la petite cascade.

On fait encore des grands galops géniaux, je me sens un peu moins à l'aise car ma selle est de traviole et j'ai un peu peur de verser sur le coté.

Le vent est tombé et nous parcourons des paturages baignés par un soleil éclatant. Au point que j'ai l'impression que la plaine est blanchie par le soleil. En tout cas il fait chaud, il n'est pas question de garder le chandail que le vent nous avait incité à prendre. La lumière du soleil est éblouissante. On fait des grands galops très sympas, à perte de vue. On fait des courses entre nous et mon cheval n'est pas en reste. J'ai à peine besoin de le pousser et il est toujours le premier à partir dès qu'un galop s'annonce. Avec son energie je suis facilement dans les chevaux de tête.

On a encore une étape longue à faire aujourd'hui. En milieu de matinée c'est à dire vers 13h vu l'heure à laquelle nous sommes partis, Agnès me suggère avec son autorité naturelle de changer de cheval. Je fais donc un échange avec François-Xavieer, ce qui va lui permettre de tester vraiment le mien. Je me rends comte à quel point, j'ai beau me plaindre de mes pauvres petites fesses malmenées sur mes deux sur-selles, ce n'est rien par rapport au confort de François-Xavier, où là on sent vraiment la tige transversale de la selle et où on est à la dure. Je ne sais pas dans quel était est le postérieur de François-Xavier, mais je suis impressionné par son sto‹cisme car il ne se plaint pas du tout. Cela nous donne une bonne lecon de courage. Au point que s'en est parfois humiliant de ne jamais l'entendre se plaindre. Du coup je passe le reste de l'étape en extension que l'on soit au trot ou au galop. Il n'y a que le pas que je fais assis afin de ménager mes rapports avec cette tige transversale et puis quelques galps assis que je m'autorise de temps en temps. Au moins l'avantage avec cette selle c'est que mes cuisses ne frottent pas sur les cotés. A part cela son cheval a du mal à démarrer. On l'a d'ailleurs baptisé vieille branche. Il parait qu'il a 23 ans et il faut pas mal le cravacher pour obtenir de lui de passer du trot qu'i affectionne au galop. En fait le fait de lever la cravache suffit en général à lui donner l'impulsion.

Bizarrement les mongols dont la vie semble tellement tourner autour des chevaux ne leur donne pas de nom. Peut-être parcequ'ils ont trop de chevaux. En tout cas nous n'avons pas tardé à baptiser les notres. J'ai appelé le mien Agnès car il a quelques similitudes avec notre compagne de voyage. Notamment il a besoin d'affection et a toujours tendance à aller fourrer son nez dans le cul du cheval qui le précède. Agnès a surnommé le sien pétrolette. Celui de Sidonie s'appelle Germaine, celui de François-Xavier vieille branche. Et Sara a baptisé le sien petit pote.

On s'arrète pour le déjeuner. Bétement j'accroche volontairement mal ma cravache à l'arçon avant de ma selle, pensant éviter ainsi à Augui du mal pour la détacher lorsqu'il desellera les chevaux. Mais en fait il ne deselle pas les chevaux et du coup vieille branche par brouter dans les environs avec sa cravache qu'elle s'empresse de laisser tomber et de perdre dans la steppe avoisinante.

Il faudrait peut-être que je me décide à moins me cramponner à l'arçon de la selle pendant les galops car je le cramponne tellement fort et les galops sont tellement longs que je commence à avoir mal aux pouces que je serre autour de l'arçon.

On déjeune à l'ombre du camion. Car il fait vraiment trop chaud pour rester en plein soleil. La pluie d'Oulan-bator est bien oubliée. Puis tandis qu'Agnès et François-Xavier vont pomper de l'eau à la rivière toute proche, je reste allongé sur les genoux à faire une petite sieste et à deviser avec elle et Sara.

On remonte en selle vers 5h. Je crois qu'il vaut mieux que je récupère mon confortable destrier car sinon les autres risquent de prendre l'habitude de me l'emprunter. On fait encore un long galop.

Jusqu'à une yourte que parait il on voyait déjà comme un point à l'horizon de notre étape de déjeuner. Car le regard porte très loin dans cet univers à découvert. On met pied à terre devant la yourte. En fait il s'agit de la yourte où nous nous sommes déjà arrétés, qui avait une bergerie en bois. On nous fait gouter du fromage blanc et boire de l'Aillerak, c'est à dire le lait de jument fermenté.

Les couleurs du ciel sont magnifiques car le temps est orageux et on entend d'ailleurs l'orage gronder au loin et peu à peu nous ratrapper.

En quittant la yourte où nous avons encore été très bien accueillis nous faisons un beau galop dans le vent qui se lève. Cette fois ci dans la yourte la famille n'était pas au complet et certains doivent vaquer à leurs occupations ou bien probablement nous ne représentons plus autant d'interêt qu'au premier jour.

On arrive dans un coin de la vallée où sont disposées des tas de cailloux qui ressemblent vaguement à des séries de dolmens et de mennhirs. Il parait qu'il s'agit des restes d'un cimetierre qui devaient abriter les aristocrates d'une civilisation antérieure. Cela ne nous passionne pas beaucoup et nous nous contentons d'une curiosité polie à l'égard de nos amis mongols.

On grimpe le long du ravin qui borde la rivière pour redescendre vers la rivière. On finit par apercevoir le mini-bus qui nous attend. Et nous y arrive juste à temps alors qu'il se met à pleuvoir quelques gouttes. Et à peine sommes nous réfugiés dans le mini-bus qu'il se met à tomber des cordes.

Dès que la pluie se calme je vais à la rivière pour faire ma toilette. J'ai l'intention de m'y laver les cheveux, mais en fait je recule devant le petit vent froid qui souffle et qui rend la toilette peu attractive. Mes bonnes intentions se réduisent donc finalement à un gant de toilette sur la figure. Puis on remonte diner au mini-bus.

Après le diner je propose une partie de cartes, mais les autres préfèrent aller se coucher ou rédiger leur journal de bord.

Lundi 3 juillet

On se réveille assez tôt. On petit déjeune léger avec juste des beignets, de la confiture et du beurre, qui commence un peu à rancir. De jour en jour j'en prends des noix de plus en plus petites, et deux tartines. de pain, dont manifestement nous arrivons au bout de notre stock.

On reprend les chevaux. Aujourd'hui je sens que je commence à avoir les fesses légèrement tannées donc je m'essaie au galop assis. D'autant plus que j'ai les cuisses épuisées à force de rester en extension. Notamment hier avec vieille branche j'ai fait tous les trots et tous les galops en extension et du coup je suis arrivé extenué à l'étape. Mais en trot assis j'ai l'impression d'avoir un petit pois qui ballote dans ma tête et la migraine me guette et en trot en lever la cadence de ces petits chevaux est tellement rapide que ce n'est pas facile d'atrapper le rythme, d'autant plus que je me mets à faire du trot en lever seulement quand je suis crevé de faire du trot en extension d'où une nervosité et une fatigue qui me rend d'autant plus difficile les autres positions.

Nous nous engageons dans une petite vallée perpendiculaire à la grande plaine et qui s'enfonce dans les collines. Le paysage change complètement, c'est extrèmement vert et les collines sont toutes proches. Nous montons peu à peu entre des champs fantastiques de fleurs. Il y en a des tapis tellement vastes et denses que même moi j'arrive à percevoir ces étendues de couleur blanches ou jaunes. On monte entre un champ de fleurs blanches à notre droite et un champ de fleurs jaunes à notre gauche, c'est vraiment superbe.

Au fond de cette vallée qui doit être bien abritée du vent glacial de l'hiver et être bien irriguée par les ruisseaux qui descendent des collines on trouve carrément un petit vallon de sapins. C'est très impressionnant après plusieurs jours sans pratiquement un arbre de tout d'un coup se retrouver dans une forêt de sapins. Leur parfum est excellent, on progresse dans de très hautes herbes et le terrain est assez marécageux.

Aougui, notre guide, perd plusieurs fois son chemin et donc nous progressons en tournicotant à la recherche du meilleur endroit pour faire passer les chevaux. plusieurs fois nous faisons demi-tour et nous devons même poser pied à terre pour traverser des ruisseaux au sol marécageux incertain. Je suis le seul à avoir la permisson d'Aougui de rester sur mon cheval pour franchir ces flaques, pendant que les autres progressent difficilement en voyant à peine entre les hautes herbes sur quoi il pose les pieds.

Il fait particulièrmeent chaud, mais aujourd'hui je garde mon chandail pour protéger mes bras qui commencaient à bruler ce matin et je me suis mis de l'écran total pour me faire une journée sans soleil. Ce matin on a pas pris de gourdes, contrairement à ce que je préconisai et on s'est contenté d'ue petite bouteille d'eau en plastique que je porte dans le sac à dos. Et on apprend en cours de route qu'aujourd'hui on ne retrouvera pas le mini-bus pour déjeuner et qu'Aougui a un pique nique dans son sac. Je trouve que pour une fois Sara a commis une erreur et aurait d– nous prévenir afin que nous nous préparions en conséquence.

On commence à desespèrer de jamais sortir de ce labyrinthe de sapins et de marécages. On a l'air d'être pas mal paumés. En tout cas je suis ravi le paysage est magnifique, cela nous fait un peu d'émotion et nous change del l'ordinaire. On finit par obliquer vers le sommet d'une colline voisine. D'où Aougui scrute l'horizon avec les jumelles. Il finit par repérer l'ermitage qui est l'objectif de notre balade. Aougui et Sara hésitent à y aller, mais on leur demande d'y aller, car ce serait dommage de renoncer à l'objectif de la journée alors qu'aougui pense qu'il ne nous reste plus qu'une demi-heure de marche. D'autant plus qu'il parait que l'on pourra faire le retour par une voie plus facile.

Donc on reprend les chevaux pour traverser uen dernière portion de forêt vant d'arriver au pied de la colline qui abrite l'ermitage.

On attache les chevaux et on s'installe sous un arbre pour pique niquer. Enfin on est à l'ombre d'un arbre après ces derniers jours où la seule ombre que nous pouvions trouver à des kilomètres à la ronde était celledu mini-bus, qui n'est pas bien grande à l'heure du déjeuner. Il y a certainement dans ce vallon plus d'arbre que nous n'en avons vu depuis notre départ d'Oulan-bator. Je n'ai pas souvent été en été dans les Alpes, mais cela doit y ressembler en tout cas c'est très beau.

On déjeune d'un plat de nouilles tenu au chaud dans un thermos, on boit du sirop de framboise et on prend nos petites barres de céréales en guise de dessert.

C'est la première fois que je puise dans nos provisions personnelles. Mais les autres et notamment Agnès pour les bonbons y ont déjà largement fait honneur. En effet sur la recommandation des deux groupes de français que j'ai contacté et qui sont venus ici l'année dernière, nous nous sommes munis d'abondantes provisions. Dans un double objectif : avoir un apport en sucre, car leur alimentation ici est dépourvue de tout sucre. Ce qui est à modérer en l'ocurrence car Djarra améliore souvent l'ordinaire par un gobelet de fruits au sirop. Mais malgré tout il parait qe l'on se manque vite de sucre et que l'on ressent le besoin de se jetter sur une barre de céréales ou un bonbon à défaut de plaquette de chocolat qui risqueraient de ne pas apprécier le voyage dans l'été des steppes. Le deuxième objectif de ces provisions est de rompre avec la monotonie des plats de mouton bouilli, féculent qui nous sont servis scrupuleusement à chaue repas. Du coup Agnès et Sidonie se sont chargés à Paris de ces courses et sont arrivés avec deux énormes sacs pleins de barres de céréales, de fromages, de bonbons, de saucisson, et autres fruits séchés. J'ai d'abord l'impression qu'il y en a beaucoup trop mais en fait l'expérience montrera qu'il n'y a rien de trop et avc l'aide des mongols qui apprécient nos sucreries nous ne finirons qu'avec un saucisson inmangé. Qui reviendra à Paris et terminera dans la voiture de Marie-Laure.

Après avoir déjeuner au pied de l'ermitage, on laisse les chevaux attachés et on monte à pied jusqu'à cet ermitage. Nous sommes accueillis par un lama jaune dont le signe distinctifest une étolle orange qu'il porte autour du cou. Il a environ 35 ans. En ce moment il est tout seul car les trois autres lamas qui normalement habitent avec lui sont partis voir leurs parents.

temple boudhiste photo

Lorsque nous arrivons il est dans la première pièce du petit temple en train d'égrener des prières. Il psalmodie sur un rythme très rituel des prières en tibetin qu'il connat par coeur. Il chante cela sur une cadence très rapide et le simple fait d'être capable d'articuler à cette vitesse est déjà une performance.

Puis lorsqu'il a terminé il nous fait entrer dans la deuxième pièce, celle du fond, qui contient un autel, des bouddhas, des décorations colorées. Il y a une assiette pleine d'offrandes avec des céréales au dessus de pierre de topaze, d'or et d'argent. Il y a des morceaux de tissus brodés qui sont suspendus aux murs.

Je pose quelques questiosn via Sara sur leur vie monastique. il parait qu'ils n'ont pas de règles monastique sur leur vie quotidienne et que la seule contrainte est qu'ils sont censés priés de midi à trois heures, le reste du temps ils sont libres de l'organiser selon leurs voeux. Mais dans la pratique ils passent beaucoup de temps à prier.

Ensuite ils nous emmènent un peu plus haut sur la colline pour voir la caverne qu'a habitée un ermite qui s'est réfugié ici pendant neuf ans durant la période de repression des années trente. Il habitait uen petite caverne il faut vraiment se baisse pour franchir lentrée. Il y a un bas flanc de pierre, un foyer pour le feu. L'entrée est bouchée à moitié par un petit mur de pierre empilées de facon très sommaire et qui doit largement laisser passer le vent et le froid de l'hiver. Je me vois mal passant neuf hivers ici.

On voit aussi une autre caverne que le lama réfuigé ici pendant les années trente s'est creusée parait il avec une simple hache. C'est vraiment rustique et petit mais au moisn cela devait être un peu plus hermetique.

Il parait que nous sommes aussi sur les lieux de l'ermitage du premier lama envoyé en Mongolie par le Dala‹ au 16ième siècle.

Les autres continuent de grimper sur la colline en suivant le lama. Mais je commence à avoir vraiment chaude et soif et je préèfre rester en bas plutôt que de continuer à grimper pour voir des cavernes. Il parait qu'au sommet de la colline ils ont visité une toute petite caverne, qu'en principe on ne montre pas aux étrangers mais que notre hôte nous a montré profitant de ce qu'il est seul et que cela ne lui pose pas de problème de conscience de la faire visiter. Cette petite caverne symbolise la renaissance que l'on peut vivre à l'issue de chacune de nos vies et on pénètre aufond d'un boyau très étroit et en ressortant on renait, la collne accouchant d'un nouvel être. La légende veut que lorsque l'on est à quatre pattes ond de ce petit boyau plus on arrive à faire demi-tour rapidemment moins on a fait de péchers. Il parait que c'est Agnès qui accomplit le demi-tour le plus laborieux!

Pendant ce temps j'ai profité de l'air du temps et de la solitude de cet endroit en faisant quelques pas sur le flanc de cette colline. Ces pas m'ont portés jusqu'à la yourte qu'habitent les quatre lamas de l'ermitage. Ils sont toutde même bien installés dans une yourte pour affronter les hivers. Je m'accroupis derrière la yourte, à l'ombre de celle ci pour y faire une petite sieste, ce qui fait que les autres ont un peu du mal à me retrouver lorsqu'ils redescendent de leur expérience de rennaissance.

A coté de la yourte il y a un puit qui est plein d'une eau un peu jaune. C'est un phénomène qui témoigne du caractère sacré de cette colline d'avoir ainsi un puit plein d'eau au sommet d'une colline. On se demande d'où vient toute cette eau. Ainsi la montagne étant sacrée, Sara nous explique que même les lamas descendent en bas pour épancher leur besoins et pour ne pas la souiller.

Du coup nous hésitons à demander la permission de remplir nos gourdes de l'eau sacrée du puit, mais le lama accepte sans difficulté et nous voici pompant pour filtrer cette eau fraiche mais jaunasse.

Le lama nous raccompagne en bas de la colline jusqu'à nos chevaux, manifestement il est tès content d'avoir eu de la visite. Il parait que c'est la deuxième fois qu'il a de la visite en dix jours et que nous sommes seulement le deuxième groupe d'étrangers qu'il a jamais eu l'occasion de rencontrer.

Puis on redescend dans le vallon au travers de la forêt. On commence par faire du pas. Mais on se remet assez vite à faire du trot. Aujourd'hui cela a vraiment été la journée trot. Je suis absolument épuisé à force d'être en extension. Il faut dire que je suisprisonnier d'une spirale, moins j'essaie de faire du trot en lever et du trot assis et plus j'ai du mal à en faire correctement. Je suis tellement épuisé, que je commence par me plaindre d'être fatigué, puis je m'enerve contre mon cheval qui fort de mon manque d'autorité, est complètement grgaire et démarre au trot dès que les autres démarrent. J'essaie desèspérément de le retenir au pas, mais j'ai du mal, je manque vraiment d'autorité sur lui. Je m'enerve en remplissant la steppe que nous avons regagné après être sorti du vallon alpin, d'injures contre mon cheval. je suis aussi enervé parceque j'ai chaud sous le sweet-shirt que m'a passé Sidonie et qui a beau être moins chaud que mon chandail, l'est tout de même trop par le temps qu'il fait, mais je veux toujours protéger mes bras rouges du soleil d'hier. On trotte ainsi pendant un bon moment, on fait quelques petits bouts de galop mais à peine.

On passe à proximité d'une yourte dont les habitants nous appellent pour nous inviter à nous arréter. La femme du logis est très belle, la yourte est magnifiquement décorée avec des tissus brodés suspendus aux murs de la yourte. Il y a un petit bébé qui se balance dans un berceau attaché par quatre fils au sommet de la yourte. On nous fait go–ter un fromage qui est très acide. J'en prends juste une miette, mais je n'arrive même pas à la manger tellement il est acide. On boit bien s–r aussi dans un bol d'Aillerak. François-Xavier commence à apprécier cela et être assis à son coté commence à être une place rechercher car le niveau du bol baisse considérablement a son passage. Cette yourte est équipée de trois lits disposés le long des murs sous les décorations. Cette pause est la bienvenue car elle me permet de me reposer.

On remonte à cheval pour reprendre les trots mais on fait aussi de longs galops sympas. On retraverse la rivière que l'on avait déjà traversé ce matin. On a de l'eau jusqu'au poitrail des chevaux et on est content d'être en bottes. C'est très amusant car la rivière est assez large et on a le temps d'avoir l'impression d'être un aventurier dont le cheval lutte contre le courant de la rivière. je ne sais pas d'ailleurs comment les chevaux font pour marcher d'un pas aussi s–r et ferme dans ce lit de rivière plein de pierres et agité par le courant. En principe il y a un pont de bois qui traverse cette rivière et nous aurions d– la traverser hier ainsi que le mini-bus. Mais le pont a été emporté par les crues suite aux pluies exceptionnelles de l'année dernière et le pont est encore en reconstruction. On l'a vu au loin, il manquait encore quelques mètres de pourtres transversales pour qu'il soit pratiquable.

Une fois de l'autre coté de la rivière on la longe en faisant encore un galop géant. J'arrive de meux en mieux à profiter du galop assis. Et c'est vraiment fantastique on galope avec le soleil qui décline au délà de la rivière sur notre gauche, nous galopons en fendant des troupeaux de yacks ou de chèvres. Nous foncons en ordre un peu dispersé chacun à notre rythme. Sara et Sidonie un peu malades sont restées derrière alors qu'Agnès à qui Aougui a prété sa jument est en tête. On arrive ainsi ravis au mini-bus qui s'est établi au bord de la rivière.

Il est déjà 9h30 ou 10h mais je vais prendre un bain de la rivière bien qu'elle soit un peu vaseuse e que l'eau soit assez froide. Il me faut un courage certain pour me mettre la tête sous l'eau afin de me laver enfin les cheveux. Cela fait tout de même beaucoup de bien. Je n'ai plus de complexe à évoluer nu dans l'eau et ne regardent que ceux qui ont envie de voir. L'eau est assez difficile d'accès car les bergesz sont boueuses mais c'est super. On dine alors que la nuit commence à tomber. Je grelotte encore du froid de mon bain pendant le diner. Je fais des moulinets des bras et des pompes pour me réchauffer. Puis on va se coucher sans avoir le temps de faire une partie de cartes. De toute facon n est épuisé. François-Xavier décide de dormir dehors dans son sac de couchage et son sur-sac. J'hésite à en faire autant, mais je crains la rosée du matin avec mon petit sac de couchage et je reste seul dans la tente.

Mardi 4 juillet

Je me réveille assez tard vers 10h. Alors que François-Xavier s'est réveillé beaucoup plus tôt pour remplir son journal de bord, faire sa balade matinale, etc. On petit déjeune. aujourd'hui nous n'avons droit qu'à des beignets, ce qui est un peu léger. et même avec la part d'Agnès qui persiste à faire maigre, cela ne me suffit pas et je complète avec quelques barres de céréales. Je prends toujours beaucoup de thé, trois ou quatre tasses minimum, parceque j'ai soif et aussi parceque je ne tiens pas du tout à me déshydrater et à avoir un calcule dans ce pays paumé.

On monte en selle sauf Sara qui a parait il les fesses en piteux état. Elle qui à Oulan-bator nous avait dit que bien qu'elle n'était pas monté à cheval depuis son enfance se sentait confiance dans la perspective d'en faire quinze jours. En tout cas cela tombe bien car pétrolette s'est blessée hier et il convient qu'elle ne soit pas montée aujourd'hui. Donc Agnès monte aujourd'hui petit pote le cheval de Sara, puis la jument d'Aougui car elle a la faveur d'Aougui qui lui passe souvent sa jument bien que celle ci ne soit pas encore vraiment dressée.

On traverse la vallée il fait encore un soleil de plomb la steppe est toute blanche de lumière et de chaleur. On va jusqu'au pied de collines qui sont à un bout de la vallée. Puis on s'enfonce dans un petit renfoncement de la vallée, pas très large. Sidonie a mal aux genoux et reste au pas à l'arrière et comme moi j'ai quelques croutes qui se sont formées sur les fesses cela me va très bien de ne pas trop les agiter en lui tenant compagnie. J'essaie de faire preuve d'un peu plus d'autorité sur mon cheval pour éviter qu'il fasse du trot intempestivement. Je tente de ne faire que du pas ou du galop. Mais j'ai du mal et de temps en temps je me fais embarquer autrot lorsqueles autres démarrent.

On retrouve le mini-bus au milieu de nulle part pour déjeuner. Il fait une chaleur de bête. On est à coté d'une yourte qui est habité par un copain d'Aougui. Ils se sont connus à l'armée. Il parait que tout le monde se connait à l'intérieur d'un même canton ou au moins tout le monde sait qui est qui à force de déménager de balader ses ses troupeaux et d'être accueillants comme ils le sont ils finissent toujours par se croiser. Mais ici nous sommes en présence d'un cas plus classique d'amitié de régiment. Il parait que nous allons rester près de chez cet ami ce soir et qu'il va nous montrer comment on fait le dressage des étalons et la traite des juments.

Pour l'instant on laisse le mini-bus au milieu de la plaine avec Sõidonie pour s'y reposer car elle a mal au genou. Et nous reprenons les chevaux pour parcourir les 500m qui nous séparent de la yourte.

il parait que si on veut on peut dormir ce soir dans la yourte. Le maitre de maison n'y est pas pour le moment mais on y est tout de même accueilli et on rentre à l'intérieur pour voir comment c'est et si cela nous convient pour la nuit. La yourte est un petit peu décorée, il y a des tapis par terre et cela semble parfait pour dormir. De toute facon cela nous amuse tellement de dormir chez l'habitant que l'on aurait accepter quelque soit l'intérieur. Bien s–r on nous offre de l'aillerak et un petit bout de fromage sec. Il y a aussi un bol de crème fraiche qui circule que l'on peut étaler sur le fromage séché comme sur une tartine. Mais j'ai vraiment trop peur des réactions de mon foie fragile pour m'y lancer.

Puis on revient à cheval en faisant un beau petit galop jusqu'au mini-bus. Où nous rendons compte à Sidonie. On tente de déjeuner à l'ombre du mini-bus. Mais comme le soleil tourne l'ombre n'est plus sur le coté mais à l'avant du camion où se sont déjà installés les mongols. Dnc on décide que plutôt de faire la sieste au soleil au milieu de rien on va aller au bord de la rivière. De toute facon le maitre de maison ne rentrera pas parait il avant le coucher du soleil et donc nous avons quartier libre pour l'après-midi. Car il faut attendre son retour pour voir la traite des juments.

On reprend donc le mini-bus pour aller a bord de la rivière qui n'est pas toute proche. Je reste avec Sidonie dans le mini-bus pour me reposer, alors que les autres suivent à cheval et préfèrent avoir le sentiment vaniteux, qui je dois dire m'a fait hésiter, d'avoir tout fait à cheval.

Le mini-bus nous emmène sur quelques kilomètres jusqu'au bord de la rivière. Il nous arrète d'abord à un endroit. On descend on prend nos affaires pour aller nous baigner mais au moment où je vais entrer dans l'eau, le chauffeur nous fait signe que nous ne sommes pas au bon endroit qu'ici il y a parait il des tourbillons et qu'il faut aller plus loin. On remonte donc dans le mini-bus. On finit par trouver un endroit plus propice au bord de l'eau, les autres à cheval nous y rejoignent. Le mini-bus s'est garé assez loin du bord de l'eau, mais ils finissent par le rapprocher. Mais sans attendre nous avons été nous baigner et profiter de cette chaude après-midi au bord de l'eau.

On fait une grande lessive. François-Xavier va jusqu'à laver sa culotte de cheval et sa serviette. Je me lave et me baigne. l'eau est particulièrement chaude ou en tout cas douce, car on en peut pas vraiment parler de chaud. Ensuite on fait une longue sieste au soleil à bouquiner ou à roupiller. Il y a des enfants venus probablement de yourtes voisines que l'on ne voit pas, qui viennent jouer autour de nous. Ils s'enhardissent à jouer avec nos appareils de photos et à nous demander de les prendre en photo alors qu'en général les enfants du voisinage de nos étapes sont toujours restés à distance et très discrets. Ici après la première phase d'observation ils ont manifestement surmontés leur timidité et deviennent un peu collants. Néammoins ils ne sont pas du tout interessés ou corrompus et restent très naturels. :.Après cette bon après-midi de farniente on dine puis on reprend le mini-bus lorsque le soleil commence à décliner. Je reste avec Sidonie dans le mini-bus qui nous emmène jusqu'à la yourte de l'ami. Tandis que les autres y vont à cheval. Ils doivent se faire un bon galop au soleil couchant et je regrette un peu d'avoir été paresseux.

nous sommes accueillis dans la yourte alors que la nuit commence à tomber. Le maitre de maison est enfin de retour mais maintenant il est trop tard pourla traite t ce sera pour demain matin. On boit de l'aillerak. De la vodka mongole servi dans des petis verres en dé à coudre.

On joue au jeu des doigts mongol : où chacun des deux joueurs sort un doigt en même temps que l'autre et celui qui a le doigt le plus fort gagne un point. A condition que les doigts sortis soient voisins. Si non c'est un coup nul. Si les deux sont les mêmes le coup est aussi nul. Ains le pouce est plus fort que l'index et l'auriculaire plus fort que le pouce.

jeu de doigts mongol

On joue assez longuement à ce jeu. On chante un peu. Moi j'hésite à chanter tout seul. Finalement c'est Agnès et François-Xavier qui se décident à chanter en duo. Je chante ensuite un peuvexé d'avoir été trop timide et coiffé sur le poteau, bien que le moment soit un peu passé. On sort des jeux de dominos. On s'éclaire avec des bougies et des chandelles. La vodka circule. D'un coté de la yourte on joue aux dominos, de l'autre coté on joue aux osselets. Il parait qu'i y a plein de jeux différents qui se pratiquent avec les osselets de mouton. En tout cas il y a une bonne ambiance et c'est uen veillée comme on les rève.

La maitresse de maison sort un gros morceau de viande séchée qui doit dater d'il y a quelques années et se met à la couper en petits carrés, après l'avoir débarrassé des herbes qui la couvrait. Elle fait cuire dans un chaudron sur le po‰le des espèces de paecirc;tes qu'elle a fait avec de la farine. Puis elle ajoute dans la marmite les carrés de viande. Et elle sert des bols de ce bouillon où flottent les paecirc;tes et la viande séchée. Ce n'est pas trop mauvais, mais les morceaux de viande doivent être bien vieux car isl sont vraiment inmasticables.

Vers minuit les mongols continuent à jouer de plus belle, mais on commence malgré cela à apporter nos affaires du mini-bus pour commencer à nous installer pour la nuit. Et au fur et à mesure que l'on s'étale pour se coucher ils vont jouer dans l'autre yurte qui est à coté. Car en fait entre les huit personnes de notre groupe plus toute la famille de l'ami venue des deux yourtes voisines nous étions bien une vingtaine dans cette yourte.

C'est très sympa de dormir ainsi chez l'habitant. oN s'installe sur les tapis je dors au pied de la maitresse de maison qui est sur son lit de fer. On a remarqué parmi les objets domestiques de la yourte un fer à repasser dont le fil est coupé et qu'ils doivent chauffer en le placant sur le feu. :.Il y a aussi une grande outre en peau pleine d'une dizaine de litres de lait de jument qu'i faut battre parait 5000 fois avec un baton pour accèlerer la fermentation et en faire de l'aillerak. Chacun des familiers va battre le baton dans l'utre quand il a le temps et l'envie. Chacun de nous y a contribué dans la première partie de la soirée, alors que le jour baissait. Je m'y suis moi même attelé et comme j'aime bien faire les choses à fond et surtout dépasser les autres, j'ai battu pendant beaucoup plus longtemps que tout le monde. Le batn en fait est muni d'une plaque de bois à sa base afin d'agiter au maximum le lait à chaque mouvement du bras. Chacun bat à l'aillerak y compris les filles, le chauffeur et Djarra.

Mercredi 5 juillet

On dort assez bien, il ne fait pas trop froid. Seulement au réveil mon petit sac rouge dans lequel je transporte toutes mes affaires personnelles et que j'avais laissé sous le lit de la mère est trempé ainsi qu'une partie des affaires. C'est vraiment bizarre car je ne vois pas comment il a p– être mouillé en étant ainsi protégé par le lit. Mais au fur et à mesure que cela sèche je réalise qu'il s'agit de pipi et que c'est probablement un des enfants qui est venu voir sa mère au petit matin.

En tout cas je me lève vers 8h, ce qui me semble assez tôt mes les autres sont déjà réveillés. Je m'habille avant de sortir de mon sac de couchage car je n'avias pas dérogé à mon habitude de dormir en pyjama. Je fais cela devant la maitresse de maison qui pendant ce temps fait son ménage du matin. Je sors de la yourte, on petit déjeune au pied du camion de beignets. je mange encore une fois la part d'Agnès.

Tandis que nous attendons l'heure du dressage en dvisant sur un tas de bois devant la yourte. Je parle notamment avec Sõara, on voit Aougui sortir de la yourte, manifestement il a la gueule de bois. Ils ont d– continuer à jouer tard dans l'autre yourte et la vodka a du continuer à couler sec. C'est amusant de le voir sortir hagard et titubant.

Puis on va assister au dressage des étalons et à la traite des juments. Ils commencent par parquer les poulains pour que les juments se laissent faire pour pour la traite.

Puis ils attrappent des chevaux avec leur ourgua. C'est à dire un grand baton d'environ 5m formées de deux branches de merisier bout à bout, avec une boucle de cuir au bout. Et le but du jeu c'est de passer la boucle autour de l'encolure du cheval lorsqu'il passe à portée. Il y a des mongols à cheval qui rabattent les chevaux d'un bout à l'autre du petit vallon dans lequel ils se sont disposés. Puis les autres essaient d'attrapper un étalon au passage d'une petite chicane. Lorsque l'un d'eux parvient à en attrapper et à l'arréter avec son ourgua sans se faire trop trainer ni trop mal. Il monte dessus en ne lui ayant attaché autour du poitrail qu'une ceinture de cuir et c'est le rodéo. Le cheval laché part comme un fou en général et il convient de rester dessus le plus longtemps possible. En fait les chevaux sont tellement grégaires que dès qu'on les lache il foncent rejoindre les autres. Mais il y fonce de facon desordonnée et excitée qui maltraite pas mal son cavalier. Il y a même l'un des mongol qui est précipité dans le ruisseu voisin. Mais la partie la plus délicate semble tout de même être d'atrapper le cheval avec l'ourgua car le cheval essaie de leur échapper bien s–r et nombreux sont les mongols qui se font trainer cramponnés à leur ourgua.

C'est un peu la fête pour tous. Tous les mongols qui ne participent pas assistent au bord du ruisseau alors que nous sommes plutôt de l'autre coté sur le flanc de la colline au bas de laquelle a lieu le dressage. Le soleil est encore de plomb et le ciel tout bleu. Nous sommes encore une bonne vingtaine. Il n'y a que deux mongols qui sont partis ce matin avec les troupeaux de moutons et de chèvres qui sont sortis de la bergerie qui est à coté de la yourte au petit matin.

Puis on voit la traite des juments. Le poulain est pris dans le parc pour être amené à sa mère. Il démarre la traite, puis la femme prend le relais. Elle obtient un lait très dru, graecirc;ce à un coup de main energique. En général elle se contente d'environ un demi litre de lait par jument pour en laisser au poulain. Agnès essaie la traite, elle obtient un petit filet, moins dru que celui de la femme mongole, mais c'est un bon début. Je demande à essayer, mais il parait que je ne peux pas car c'est une taecirc;che reservée aux femmes et ce ne serait pas convenable que je m'y mette.

On remercie vivement nos hôtes pour leur accueil si chaleureux. C'était vraiment super de vivre ains douze heures parmi eux.

On reprend les chevaux pour continuer notre balade jusqu'à l'heure du déjeuner. On s'arrète au bord de la rivière. Le soleil cogne dur et pendant que Djarra prépare le déjeuner, on va au bord de la rivière pour s'y baigner. L'eau est plutôt fraiche mais c'est très agréable avec le soleil de plomb qui règne sans partage. Malheureusement une fois de plus elle n'est pas assez profonde pour pouvoir nager et je dois me contenter de m'allonger dans l'eau. Je reste avec Sidonie tandis que François-Xvier est parti lire calé dans un rocher en forme de fauteuil.

On déjeune à l'ombre du mini-bus. Puis on revient au bord de la rivière. On décide de rester là à faire une sieste prolongée en attendant que les heures chaudes soient passées. J'alterne les bains et les séances de lecture bronzage avec crème solaire. Je termine le livre sur la débalce allemande et commence celui de la cravache d'or.

On dine vers 7h puis on reprend les chevaux. Cette fois ci il n'y a que François-Xvier et moi qui montons car Sidonie a toujours mal au genou, Sara aux fesses et Agnès à une vertèbre. En fait on ne monte pas très longtemps et on s'arrète au coucher du soleil pour établir le campement toujours au bord de la rivière.

Comme pour une fois il n'est pas trop tard et la journée n'a pas été trop dure, on fait une partie de canasta. Agnès est très en forme et fait plein de blagues qui mettent une excellente ambiance. Elle doit être moins fatiguée aujourd'hui, car cela fait plaisir de la voir comme cela. Elle même le remarque. On joue jusqu'à la tombée de la nuit. Puis on va se coucher, je bouquine pas mal avant de m'endormir.

Jeudi 6 juillet

Apparemment nous avons établi notre campement juste à coté de l'autoroute local car pendant la nuit j'ai entendu trois camions passer sur la piste qui est à coté, ainsi qu'un moto. Et c'est vraiment un record de voir une telle densité de trafic. En fait c'est que l'on s'approche de la ville de Caracoroum. Ce matin il y a encore quelques véhicules qui passent. En tout cas c'est amusant de voir passer ces camions qui progressent tès lentement sur la piste, avec de nuit leur phares qui peu à peu trouent l'obscurité. Ils suivent d'ailleurs plus ou moins la piste selon son état et selon ses sinuso‹des, car la steppe a beau être sans limite la piste tourne pas mal, selon un code mystérieux, qui n'est pas forcément seulement celui du relief.

Pour une fois je me lève rapidemment et je suis le premier prêt. Je suis du coup volontaire pour aller pomper l'eau de la rivière et remplir les gourdes, avec Agnès qui m'aide tout en faisant sa toilette.

On monte à cheval et on part sauf Sara qui reste encore aujourd'hui dans le mini-bus.

On s'arrète au bout de peu de kilomètres dans une yourte. C'est manifestement une famille assez pauvre avec petite yourte, seulement deux lits bien qu'ils soient huit à vivre là dedans quatre adultes et quatre enfants. Il y a une grande planche sur laquelle doivent dormir les deux autres adultes. On nous offre de l'aillerak qui même au go–t de François-Xavier n'est pas terrible. C'est dire combien nous l'apprécions! Pourtant la femme a concensieusement battu le lait dans l'outre avant de nous en servir. Mais en tout il semble être du go–t d4aougui qui manifestement c'est arrété pour cela et y fait honneur. Comme d'habitude on distribue quelques ballons aux enfants, ainsi que des crayons de couleur. On prend aussi du fromage séché qui n'est pas trop mauvais tellement il est sec. Puis on repart. Sans Sara notre contact a été assez limité avec eux, mais chacun semble content.

Le soleil cogne toujours fort, on traverse une espèce de steppe plutôt desertique avec une herbe très rare. La plaine me semble encore blanchede chaleur et de poussière.

Et puis on aborde une série de collines. Au sommet de l'une d'elles on découvre la ville de Caracoroum.

Caracoroum

Caracoroum est une ville qui nous semble sans interêt et en tout cas très moche. On voit même de loin une usine. Et puis les quartiers de maisons en dur entourées de palissades. En fait il s'agit d'un gros bourg.

On descend dans la ville. On se retrouve dans la rue principale. On a l'impression d'être un peu dans le far west ainsi à cheval dans une rue de sable avec de part et d'autre des palissades qui entourent des cahutes de bois ou de tôles ondulées.

Les rues ne sont pas goudronnées sauf une qui mène à un pont qui traverse la rivière. On emprunte ce pon. On retrouve le mini-bus de l'autre coté. On hésite à 'arréter là pour déjeuner. Mais on demande à repartir car c'est vraiment trop sordide. On est sur une espèce de terrain vague avec presque pas de verdure autour et un décor de banlieu industrielle. Il fait chaud et la vue sur la ville est laide. On décide de repartir au prix d'uen petite discussion entre les mongols, qui semblent partagés.

On trouve un endroit beaucoup mieux avec des arbres, au bord de la rivière, une belle herbe verte plus ou moins ombragée. Malheureusement comme on est descendu en altitude pour arriver à Caracoroum ici il y a beaucoup de mouches.

On s'installe donc là. Je vais vite me baigner avec Sidonie car il fait chaud. On fait un peu de lessive, puis on se lave et on se baigne. Pour une fois on peut nager car il y a pas mal de fond. Il y a aussi du courant et je nage presque sur place. Je me fais une série très sympa des quatre nages. Au moment où on s'installe sur le sable à l'ombre des arbres on nous appelle pour aller déjeuner. Donc on laisse notre linge à sécher et on va déjeuner.

Pour une fois je déjeune avec plaisir au soleil, trouvant qu'il ne fais pas si chaud, car je sors de l'eau.

Après le déjeuner on laisse æDjarra pour garder nos affaires et les chevaux et on prend le mini-bus pour aller visiter le temple de Caracoroum.

temple 'Erdene zou

Il parait que ce temple d'Erden zou à Caracoroum est un des plus anciens temples de mongolie. Il a été fondé en 1586. il y a eu jusqu'à 1000 moines lamas dedans. Caracoroum était l'ancienne capitale des mongols et aussi un grand centre lama‹ste. Mais dans les années trente le temple ici aussi a subi la repression stalinienne. Et l'esentiel du temple a été détruit. Sur les 70 pavillons qu'il comportait seuls trois subsistent.

On rentre dans une grande cour herbeuse de 400m de coté, qui est ceinte d'un rempart. Sur le rempart on peut admirer répartis tout autour 108 stoupas. Qui sont des petites tourelles. Le nombre de 108 symbolise le nombre de apôtres qui entouraient Bouddha.

stoupa LLes pavillons sont disposés de chaque coté de cette cour. Le ttéléphone du gardien sonn alors que nous arrivons. Cela fait tout drole d'entendre une sonnerie de téléphone. C'est un objet que nous n'avions bien sur pas revu depuis Oulan-bator. Puis le gardien ouvre les pavillons spécialement pour nous les faire visiter.

C'est uen gardienne qui nous accompagne dans notre visite et qui nous explique les différentes significations des peintures murales sur soie que l'on peut admirer dans les pavillons. On voit aussi des plafonds en caisson de bois, de nombreux bouddhas. Il parait que les coleurs des peintures sur soie sont naturelles et anciennes et que l'on a perdu le secret de leur fabrication. Donc on ne sait plus les restaurer. Tout cela est très joli. On voit ainsi les trois petits pavillons.

puis on revient dans la cour principale pour gagner l'enceinte d'uen autre cour, où se trouve un autre pavillon d'architecture tibétenne. Il parait que ce batiment est toujours en usage. Il contient deux pièces. Une premire dont on fait le tour avec les banquettes au milieu sur lesquelles les fidèles peuvent prier. Un peu comme le temple à Oulan-bator. Puis à coté se trouve une deuxième pièce où des musiciens jouent. On en fait aussi le tou. Elle contient au milieu un grand plateau suspendu au plafond qui supporte des bougies et de l'encens.

On fait le tour de ces deux pièces toujours dans le sens des aiguilles d'une montre, selon la tradition. D'ailleurs pour aller d'une pièce à l'autre; Comme la porte de la première pièce se trouve à droite de la porte de la deuxième pièce, on ne peut pas aller directement de 'luen à l'autre. Cela ne respecterai pas le sens sacré de la rotation du soleil. Donc on est obligé de faire le tour du batiment par l'exterieur ainsi que tous les autres fidèles pour rejoindre la deuxième porte. Ily a pas mal de fidèles qui sont autour de nous et qui viennent aussi visiter ou prier. Il parait que l'on a croisé deux touristes américains, qu'heureusement je n'ai pas vu.

On prie aussien faisant tourner les moulins à prière toujours dans le sens des aiguilles d'une montre. Il parait que cela porte bonheur de les faire tourner. Certains des moulins à prière snt carrément énormes. Ils sont en général abrités par un petit auvent et plus ou moins décorés ou peints.

On remonte dans le mini-bus juste au moment où un orage éclate, il commence à y avoir les premières guttes et les premiers grondements de tonnerre. Mais le temps d'arriver au campement la tempête se déchaine. Le vent est tellement fort que l'eau tombe carrément horizontalement. Il y a des torrents d'eau qui s'abbattent sur nous, comme on en a rarement vus.

Djarra qui était resté au campement a gentiment mis notre petite lessive, que nous avions laissé à sécher sur la pelouse, à l'abri sous la toile cirée de la nappe. Il a tenté aussi d'abriter les selles. On enfourne tout cela précipitamment dans le mini-bus. On attend un peu que la pluie se calme. Sidonie et moi faisons quelques pas dehors sous la pluie, c'est assez agréable.

Puis Aougui décide de partir avec les chevaux malgré la pluie pendant que nous partirons avec le mini-bus. Mais François-Xavier se propose pour l'accompagner. Agnès aussi, j'hésite à en faire autant. Mais je décide de rester dans le mini-bus une des raisons qui m'a incité à resterc'est la crainte de mouiller ma sur-selle et de l'abimer. Et justement François-Xavier me demande s'il peut me l'emprunter et je me vois mal lui refusant. Donc tout mon harnachement sera mouillé car il va monter mon cheval. Ainsi que l'harnachement de Sidonie car elle aussi reste dans le mini-bus mais Agnès va monter son cheval. Ils partent devant avec les chevaux, ceux qui ne sont pas montés tenus en longe derrière.

Dans le mini-bus nous avons péniblement sur la piste car elle est complètement inondée et on doit éviter des ornières et des flaques d'eau géantes. Le chauffeur sort souvent de la piste pour contourner des flaques d'uen taille impressionnante, qui cachent peut-êre un bourbier qu'il ne vaut probablement pas tenter de traverser.

Sur le bord de la piste on voit un bouc qui a d– être foudroyé et que les paysans sont déjà en train de dépecer. Incroyable qu'ils aient déjà eu le temps de repérer qu'une tête de bétail manquait et d'être déjà à pied d'oeuvre pour le débiter.

On s'arrète pour camper au bout d'une dizaine de kilomètres. On est à un endroit où il n'y a pas d'eau et heureusement nous avions fait le plein à la rivière vec Sidonie avant d'en partir. Avec l'orage l'eau y était tellemnt boueuse que l'on devait nettoyer e filtre de la pompe toutes les demi-gourdes et le pompage devenait très vite très dur. Heureusement Djarra m'a aidé a pompé et Sara nous aidait à nettoyer le filtre.

On dine dans le mini-bus car il pleut encore dehors et en plus le coin est plein de mouches. On se fait donc un espèce de wagon salon à l'intérieur du mini-bus pour y diner. Ce n'est pas si désagréable et au moins on est au sec. Il parait que la balade à cheval était super sous la pluie et je regrette un peu de ne pas y avoir été.

Il y a des enfants qui viennent nous voir ils sont sur leur chevaux et visiblement s'entrainent pour la course du Nadam. Il y a aussi des moutons aux alentours et nos chevaux paisent entre nos tentes.

Avant d'aller me coucher je fais un petit massage à Agnès dans leur tente et on rigole pas mal.

Nos tentes sont malgré les conditions difficiles toujours impeccablement orientées vers le sud. Comme l'entrée des yourtes. C'est traditionnel et manifestement très respecté, au point donc qu'isl montent scrupuleusement nos tentes quelque soit le terrain porte vers le sud. Même d'ailleurs si on pouvait bénéficier d'une bele vue en la tournant de l'autre coté.

Vendredi 7 juillet

On passe la matinée dans le car, car il parait qu'il faut attendre que les chevaux se reposent des émotions de la veille. Et comme il pleut encore un peu on petit déjeune et on attend dans le mini-bus. Finalement on prend la route tous dans le mini-bus sauf Aougui qui emmène les chevaux.

On va voir les ruines d'une ancienne capitale du peuple tourouk qui peuplait la mongolie avant les mongols. Il parait que cette ville est morte depuis 1200 ans.

tourouk

Arpalgas Cette ancienne capitale s'appelle Arpalgas et aurai tété construite au deuxième siècle avant Jésus Christ. On en voit plus que les vestiges du plais royal. Dont il ne reste qu'un grand carré d'environ quarante mètres de coté. avec un grand mur de terre et de pierres qui servaient de remparts et d'enceinte au palais. Puis on voit un gros monticule au centre. Tout cela est couvert d'une végétation assez herbeuse. on fait le tour en marchant sur le fa‹t des remparts qui doivent avoir à peu près deux mètres de haut. Puis on descend dans l'enceinte au fond il reste quelques cailloux deci delà. On monte sur le monticule du milieu d'où on a des beaux points de vue sur la plaine environnante. On voit aussi quelques tas de pierre qui doivent être les restes de tourelles.

Ce site mériterait surement d'être fouillé, mais vu l'état des finances du gouvernement mongol ce ne doit pas être dans leur priorités surtout qu'il s'agit d'une civilisation antérieure àla leur.

En repartant on s'arrète dans une yourte dont les habitants sont venus sur le site des ruines pour nous inviter à nous arréter chez eux. C'est vraiment incroyable comme le téléphone arabe fonctionne bien et dès que l'on arrive quelque part ils sont au courant et apparaissent de derrière les collines là où on ne soupconnait pas de présence humaine.

Dans la yourte l'ailleak et le fromage sec circule. Il y a un cousin de la famille qui est venu passer ses vacances chez eux. Il baragouine quelques mots d'anglais et nous raconte qu'il travaille à Oulan-bator comme économiste. Il échange sa carte de visite avec François-Xavier quand il aprrend que celui travaille dans une banque. Il nous explique aussi qu'il a une fille de quinze ans qui est mannequin. J'aimerai bien demander si elle est célibataire mais Sara, bien s–r filre la question! Elle filtre aussi une blague que je voudrais raconter sur les économistes russes. De toute facon elle nous explique que cela la gène de s'adresser à une personne plus agée à qui elle doit le respect. D'autant plus qu'il s'agit d'un homme. Cette yourte nous parait plus grande car elle ne comporte que deux lits.

On reprend le mini-bus pour aller etrouver Aougui à l'endroit de notre déjeuner. On déjeune dans le mini-bus car c'est encore trempé dehors, même s'il ne pleut plus vraiment.

On reprend avec plaisir les chevaux, car on commence à en avoir marre d'être confiné dans le mini-bus et cela me démange de monter. On va donc à cheval jusqu'à Caracoroum. Je demande à m'arréter pour faires de soucres ou au moins pour voir comment sont les magasins locaux. Mais je sens un réticence certaine de la part notamment d'Aougui à ce que l'on s'arrète ici. Avec mon mauvais esprit habituel j'interprète cela comme étant une préférence marquée pour que nous fassions nos courses à Roudjirk. Car c'est le chef lieu de ce canton et il doit connaitre les commercants et y avoir des retro-cessions qui l'y attendent. Mais peut-être est ce simplement la honte de nous montrer des magasins pas très bien achalandés. En tout cas la réticence est là. Ils nous expliquent que cela ne vaut pas la peine de s'arréter. Mais j'insiste en utilisant auprès de Sara l'argument décisif puisque c'est en plein dans sa mission auprès de nous. Car je lui dis que c'est une facette de la vie locale que je souhaite voir. Entretemps on a de nouveau traversé la ville far-west avec ces rues de sable, ces palissades de part et d'autre et les chevaux aumilieu de ces avenues larges. On voit aussi pas mal de mongols circuler à vélo dans la ville.

Je descends de cheval ainsi que François-Xavier devant les quelques magasins qui se jouxtent dans la rue principale. Les filles restent à papoter à cheval. Dans la première boutique on voit une bonne vieille balance Roventhal. Il y a un comptoir qui sépare la pièce en deux avec 5m carrés pour les clients et tout le reste de la pièce de l'autre coté avec un vendeur derrière et tout son stock de materiel de toute sorte : de la bouffe, des jouets, une radio,... Il y a justement un client qui essaie une radio en tentant desespérément de capter une station. C'est le vrai petit bazar de bourg.

Puis on va dans un deuxième magasin qui est un plus vaste avec différents stands indépendants alignés le long du mur. On peut y acheter surtout des vétements. je tente de demander le prix de bottes en cuir pour comparer avec le prix de 60 dollars que l'on a fait payé à François-Xavier l'autre jour. Mais on ne demande pas lors de notre première tour de piste et les bottes ont disparu à notre deuxième tour. J'aimerai acheter un dehl qui est le vétement traditionnel qu'il porte tous.

Dehl Mais Aougui m'a proposé de me revendre un des siens le jour où on doit passer chez lui. Donc cela semble difficile d'en acheter u ailleurs.

On voit une troisième boutique qui comporte une balance un peu plus moderne avec un cadran à aiguille. Ici on vend notamment des morceaux de tissus que l'on peut utiliser pour décorer son dehl ou sa blague à tabac.

Puis on remonte en selle. Je suis content d'avoir vu cela. On retraverse la ville, puis le pont goudronné. On va jusqu'aux collines qui sont aux alentours de la ville. Afin de sortir de cette ambiance citadine et poussiéreuse.

Au sommet de la colline où nous allons se trouve une tortue géante en pierre. Qui était supposée protéger la ville de Caracoroum des mauvais esprits. Il y a avait ainsi quatre tortues géantes disposées aux quatre points cardinaux de la ville sur des sommets de colline. Mais seule celle ci subsiste ainsi que celle qui est au temple d'Erden zou et qui commémore l'emplacement où a été posé la première pierre de la ville.

On établit le campement pour la nuit non loin de la tortue. On descend la colline sous la conduite d'Aougui jusqu'à une sculpture qui ressemble à une sorte de sexe masculin. La légende veut que cela remonte à la période où le temple d'Erden zou comptait beaucoup de moines lamas très courir de jupons. Alors un sculpteur qui voulait rétablir les bonnes moeurs a déposé cette sculpture au bord de la route très fréquentée qui menait à Carcoroum. Et depuis les moins sont beaucoup plus sages. Il y a aussi des femmes stériles qui vienent prier au pied de ce monument pour être plus fertiles. En tout cas la sculpture est entourée d'un grillage qui la protège dont ne sait quoi.

On remonte sur la colline. D'en haut près de notre campement on a une très jlie vue sur tous les alentours. On a un très beau coucher de soleil; On dine puis on se met à jouer à un jeu de cartes mongol. Après avoir apris à Sara à jouer au barbu. Puis on joue tous ensemble avec les mongols, aux bouchons. On apprend la version mongol des bouchons. C'est à dire que le premier a avoir le carré doit faire un signe apparent aux autres (chanter, se lever, agiter les brasà et le dernier à le reproduire à perdu. On apprend aussi un jeu de cartes mongol, très amusant. On rigole beaucoup , notamment graecirc;ce à Aougui qui est assez comédien.

Samedi 8 juillet

Pour une fois au petit déjeuner on a pas de beignets mais des galettes de pommes de terre aux oignons et au lard. Qui font penser pour Agnès à des flamme kuche. En tout cas cela change et c'est bon. On a encore petit déjeuner dans le mini-bus. Ce matin il y a un vent à décorner les boeufs. On a été réveillé par le vent. Notre tente était tellement sous le vent qu'elle se pliait et nous tombait dessus. Mais moi cela ne m'a pas empéché de dormir et je suis réveillé par François-Xavier juste avant le petit déjeuner. Du coup on ne tarde pas trop à se préparer.

Enfin nous avons une bonne journée de cheval devant, car cela faisait longtemps que nous ne faisions plus que des petits bouts de galops et l'absence de sport et surtout des grands galops dans la steppe me manquent. Aujourd'hui on a trente ou quarante kilomètre à faire.

Oncommence par traverser un beau paysage de collines assez vertes. Au milieu de la matinée on fait une pause pendant laquelle je propose à François-Xavier d'échanger os chevaux. Du coup je me retrouve sur vieille branche avec ma sur-selle en peau de mouton. Car depuis hier j'ai décidé que je pouvais m'en passer et je l'ai proposé à Sara, mais Aougui l'a attribué d'autorité à François-Xavier. Ce qui est une reconnaissance implicite qu'il doit avoir la plus mauvaise selle ou monture ou les deux. Du coup je me retrouve avec des frottements de la sur-selle dont je me serai bien passé. En tout cas vieille branche a un trot de plus en plus embétant. Elle ne veut pas faire de galop elle est de plus en plus fatiguée et il faut vraiment la houspiller pour qu'elle s'y lance ce qui change d'Agnès mon cheval qui part au moindre signal.

On s'arrète dans une yourte où on nous offre de l'aillerak et du fromage.

On s'arète pour déjeuner au bord de la rivière. On est à coté de ce qui ressemble à un village de yourtes. C'est à dire une trentaine de yourtes rassemblées au bord de la rivière. Mais en fait il parait qu'il n s'agit pas d'un village ou une tribu car il ne nomadise pas ensemble et s'il se sont retrouver là, ils en partiront par deux ou trois yourtes selon leur cellule familiale habituelle.

Du coup il y a pas mal d'enfants qui tournent autour de nous. Il y a en plusieurs à cheval qui s'entrainent pour les courses du Nadam. Avant le déjeuner je m'étends au soleil, mais après je préfère me mettre à l'ombre pour une petite sieste et, comme il n'y a aucune ombre digne de ce nom à des kilomètres à la ronde, je me couche sous le mini-bus.

Puis on repart, cette fois ci je monte Germaine, tandis que François-Xavier prend Agnès et Sidonie vieille branche. Aougui nous a dit que Germaine était un cheval difficile mais en fait il est surtout peureux donc il faut être prudent car un rien l'effraye. Pas question d'oter son chandail sans mettre pied à terre, sinon il fait un écart.

Pas très loin du village où nous avons déjeuner, nous nous arrétons au milieu de la steppe, où il y a déjà un rassemblement de mongols à pied, ou à cheval ou un ou d