Dimanche 16 mai

J'ai recu il y a quatre semaines un appel téléphonique d'un certain Stéphane Auberger de l'ambassade de France à Tokyo qui m'a dit être en train do'rganiser une mission de contacts entre les aveugles français et les aveugles japonais. Et je figurai sur la recommandation du GIAA et de philippe Perez parmi les invités possibles de la mission. Philippe Perez avait été un de mes lecteurs lorsqu'il était étudiant aux Telecomm à Paris. Les quelques questions posées à Stéphane Auberger on montré que leur projet était encore bien vague, mais au fil du temps il s'est précisé et il ont construit un programme de visite varié et très riche. Finalement j'ai été séléctionné pour participer à cette mission organisé par le service scientifique de l'Ambassade. Donc délibérément les invités étaient plutôt à profil scientifique. Ainsi outre moi qui me présenterai comme un utilisateur-expert, la mission comprend Guillaume Dubourguet, ingénieur développeur mal-voyant, Nadine Vigouroux chercheuse au CNRS de Toulouse sur les problèmes d'interfaces homme machine pour non-voyants et René Farcy chercheur au CNRS d'Orsay sur les problèmes de mobilité des non voyants; Les trois autres sont déjà partis hier par des vols avec correspondance, tandis que je ne pars qu'aujourd'hui avec le vol direct.

J'ai vainement cherché autour de moi une personne voulant bien m'accompagner au Japon, pour pouvoir y aller quelques jours avant le début officile de la mission organisée par l'ambassade de France à Tokyo. J'aurai voulu passer trois ou quatre jours avant à Kyoto. Car parait il ce serait dommage de faire tout se voyage sans voir Kyoto. Mais les trois ou quatre personnes susceptibles de m'accompagner se sont avérées toutes des jeunes femmes qui les unes après les autres se sont pris les pieds dans le tapis des scrupules: scrupules de ne pas avoir d'argent pour se payer le voyage, scrupules de se le faire offrir, scrupules d'avoir du temps à consacrer à un voyage alors qu'officiellement elles doivent se chercher d'arrache pied un travail.

Bref pour une fois j'ai réusis à démordre de mon objectif initial. A annuler ma participation au stage de pilotage d'avions organisé par les mirauds volants sur l'aérodrome d'Auch et que je me faisais une joie de suivre dans la foulée du voyage au Japon. Je n'irai pas quelques jours avant la mission et je resterai à la place du stage de pilotage quelques jours après pour pouvoir aller à Kyoto. En espèrant que sur place je trouverai le guide qui m'est necessaire dans un pays où même pour un voyant c'est difficile de se débrouiller. Les choses devraient d'ailleurs bien se passer, puisque mon amie Aya, une voyageuse Servas que j'ai accueilli il y a quelques mois et qui fais ses études à San francisco, sollicitée par messagerie éléctronique a renvoyé ma demande de guide à ses copines du Japon d'où elle vient et m'a renvoyé deux réponses d'une de ses amies à Tokyo qui se dit prête à me guide un bout de chemin et d'une amie d'amie à Kyoto qui m'attend aussi prète à me guider.

J'ai donc finalement arrété mes dates de voyage avec l'agence Carlson WWagon lits du ministère des Affaires Etrangères, en gardant cependant une flexibilité sur la date de retour car je ne sais pas si je rentrerai le Lundi 24 ou le Mardi 25. Au début l'agence de voyages qui a pour mission de proposer les billets les moins chers m'a proposé de prendre des vols non directs passant par Londres ou par Francfort, mais j'ai négocié de pouvoir prendre Air France en vol direct, ce qui sera plus court et confortable, même si cela co–te au contribuable 8500f (et encore en tarif négocié car le tarif normal Air France est à 10 500f) versus les environs 4000f necessaires pour les vols non directs. C'est Anne ma jeune fille au pair, qui est allé chercher mon billet à l'agence de voyages, une fois que ceux ci ont recu l'ordre de mission du ministère.

J'ai donc passé les quatre jours du week-end de l'Ascension à Paris. Ce qui doit bien être la première fois que cela m'arrive de passer ainsi un week-end prolongé à Paris; Je l'ai passé en partie avec Vincent et Catherine de Bruxelles qui sont venus faire une petite visite d'amoureux dans notre capitale. Puis avec Catherine d'Ottawa qui est venue aussi passer des vacances entre Paris et Rome.

Mon voyage ne commence pas très bien car d'abord j'avais reservé le taxi que depuis quelques temps je fais travaillé en direct. Mais une fois sur le trottoir avec mes valises, je ne vois pas sa voiture. Je remonte donc chez moi et apelé monsieur Otman me dit qu'il est désolé mais qu'il ne s'est pas réveillé. J'appelle donc un autre taxi à la borne de la muette. Celui ci prend la route de roissy, mais peu avant l'arrivée son moteur se met à faire un bruit de moteur à deux temps. Il se gare donc sur une aire de repos et arrète un autre taxi qui veut bien m'emmener. Le premier me demande tout de même le prix de la course soit 225f en condescendant à me faire un prix à 200f. Une fois qu'il a placé ma valise dans le coffre de son collègue, je condescends à lui donner 150f, ce qui est peut-être encore trop. En tout cas il n'élève aucune protestation et les accepte même volontiers.

Le deuxième chauffeur avait déjà une cliente à son bord et m'installe à l'avant. Il nous dépose tous les deux dans le nouveau terminal 2F qui vient d'ouvrir au début du mois de mai.

Une fois dans l'aérogare, je trouve un comptoir Air France. On m'appelle un agent pour me conduire au bon comptoir. L'agent finit par arriver. Au comptoir d'enregistrement il reste heureusement des hublots disponibles car avec ces petites péripéties il ne reste plus que 10 minutes avant la fermeture de l'enregistrement et je commencai à craindre qu'il ne reste plus de hublot pour y appuyer ma tête et dormir.

L'agent d'Air France m'accompagne jusqu'à la salle d'embarquement. On fait un petit détour par une boutique de parfums au sous-sol, où j'achète une bouteille de parfum Christian Dior. Je ne sais pas encore très bien comment je vais remercier les amies d'Aya si effectivement elles veulent bien me guider. Mais je redoute de faire un impair selon la culture japonaise en leur offrant de l'argent. pourtant il faudra QUE JE FASSE QUELQUE CHOSE SI ELLES SE PLIENT EN QUATRE POUR MOI COMME LE LAISSENT ENTENDRE LEUR MAILS. L'une d'elles a même parlé de prendre des jours de congés pour me guider; Alors on verra bien mais une bouteille de parfum pourrait bien être utile.

Dans la salle d'embarquement, je demande en vain à être surclassé, sous pretexte de ma carte fréquence + rouge et ma canne blanche. On refuse gentiment et on m'installe sur une chaise pas trop confortable. On nous annonce que la société Société Server qui livre les repas à bord est en grève et que l'on attend les plateaux repas; Du coup le vol est annoncé avec 45mn de retard. Je demande à aller au salon Air France, où au moins je pourrai téléphoner et boire un coup. S'il n'y a pas de plateaux repas à bord on a peut-être interêt à faire des reserves.

Je bouquine et je somnole dans un confortable fauteuil en cuir avec une vodka tomate et une coupelle de noix de cajou. Cela me permet d'attendre sagement que le départ de mon vol 276 d'Air France prévu à 13h30 soit annoncé vers 15h. J'ai branché mon ordinateur portable pou rretrouver le numéro de téléphone au domicile de Philippe perez et le prévenir de mon retard. J'appelle du comptoir du salon car ils n'ont pas encore installé les cabines téléphoniques dans ce nouveau salon.

Une hotesse m'emmène dans l'avion, en repassant dans la salle d'embarquement je redemande à tout hasards si je peux être surclassé, mais je suis de nouveau débouté. Le préposé avec qui j'engage un peu la négociation me renvoie tous les arguments de barrages classiques, pas le droit, pas de plateaux en surplus etc. Auxquels d'expérience je ne prète aucne foi.

Dans l'avion au moment de m'installer à mon hublot en 48A à l'arrière d'un Boeing 747, l'hotesse qui m'a accueilli négocie très gentiment pour moi que mon voisin se déplace et cela me permet de me retrouver seul sur une rangée de trois sièges. Je suis content je vais pouvoir m'allonger;

Le diner tarde un peu à venir, il est déjà très japonais, alors que j'aurai préféré un dernier repas français. Mais c'est pas mauvais.

Puis j'avale une pilule de mélatonine et je m'allonge. Je dors relativement bien au défaut des sièges près qui me laboure un peu le dos.

Lundi 17 mai

Je suis révillé vers 4h heure de Tokyo et me mets à pianoter sur mon clavier, jusqu'au petit déjeuner. Qu'une charmante hotesse m'apporte. Elle s'est mise à me parler en anglais depuis le début du vol et il faudrait à un moment ou à un autre que je la détrompe en lui répondant dans mon meilleur français. L'occasion me sera fournit lorsque peu après elle me propose de m'aider pour remplir la fiche d'immigration au Japon et qu'elle me demande mon passeport, alors elle réalise que je parle et que je suis français.

Tokyo

On aterrit à 9h45 au lieu des 8h prévues.

Une fois aterri à Tokyo, au lieu de Philippe Perez qui en principe devait m'attendre à la porte de l'avion, je suis pris en charge par une hotesse au sol qui me conduit par des couloirs et un ascenseur. Je lui explique que je ne veux pas prendre de trajet spécifique car je dois rencontrer quelqu'un de l'ambassade qui m'attend peut-être sur le trajet normal des passagers. Elle me ramène donc dans le droit chemin. Dans la salle du controle de police, il me faut faire la queue comme tout le monde, dans ce pays discipliné il ne semble pas y avoir de passe droit pour les aveugles ou du moins l'hotesse ne veut pas se faire remarquer en doublant toute la queue et préfère attendre. C'est là que Philippe Perez me rejoint arborant un badge diplomatique qui lui a permis de passer en deçà du poste frontière. Il me dit que dans mon avion il y avait Raymon Barre qui est venu pour une cérémonie pour féter le cinquentenaire du jumelage entre Lyon et une ville japonaise. Du coup il y avait pas mal d'effervescence à l'ambassade et à l'aéroport pour préparer son arrivée.

D'ailleurs on croise Raymon Barre et son aéropage autour de la safrane de l'ambassadeur, sur le chemin de la voiture de Philippe. Il va rendre son badge diplomatique puis on quitte l'aéroport de Narita.

Lorsque Philippe m'installe à ce que je crois être la place du conducteur, je suis très étonné d'apprendre qu'ici la conduite se fait à droite.

Narita

L'aéroport de Narita est l'un des plus éloignés au monde de la ville q'il dessert, avec l'aéroport de Meribelle pour Montreal. On a environ 60 kilomètres d'autoroute avant d'arriver en ville. On passe à coté d'un quartier d'affaires qui est né aux moment des années fastes, fin des années 80, mais qui aujourd'hui avec la crise est pratiquemment abandonné. On voit aussi des échangeurs à trois étages d'autoroutes qui sont assez impressionants.

On passe à coté de la Tour de Tokyo qui est une imitation de notre Tour Eiffel. Il parait qu'elle est ratée et très moche. En tout cas bien s–r les japonais l'ont construite quelques mètres plus grande que la Tour Eiffel.

Tour de Tokyo :p;On voit aussi une espèce de tobbogan géant qui parait il contient deux pistes de ski. C'est très chic de pouvoir aller à l'heure du déjeuner ou le soir faire une ou deux descentes de ski à cet endroit; On peut arriver en costume-cravate, louer l'ensemble du materiel et descendre l'une ou l'autre de ces deux pistes artificielles; C'est l'usine à skieurs en intérieur avec la lumière éléctrique et les hauts parleurs qui braillent de la musique.

Arrivé dans Tokyo, Philippe appelle sa secrétaire Icoyo qui est japonaise comme une bonne partie du personnel de l'ambassade mais parle français. Il doit être à l'ambassade à 14h30 mais comme cela roule bien il a le temps de me déposer au premier rendez vous où sont déjà les autres.

Ils sont depuis 10h au National Rehabilitation Center For The Disabled (NRCD) pour rencontrer M. Akira TERASHIMA, directeur de l'International Cooperation Promoting Office M. Kenji YANASHIMA, directeur, Vision Rehabilitation M. Yasoichi NAKAJIMA, directeur, département Sensory & Communicative Disorders Car Ce centre propose de larges services de réhabilitation, mène des activités de recherche et développement pour de nouvelles techniques de réhabilitation, effectue de la formation de personnel et s'occupe également de la collecte et de la diffusion d'informations sur le sujet. Recherche sur la navigation, sur la compréhension des zones du cerveau responsables de la vision etc.. Lorsque nous arrivons avec Philippe, nous croisons dans la cour Stéphane Auberger que Philippe reconnait à peine de loin car il n'est pas habitué à le voir avec une cravate, il est poliment venu à notre rencontre. La réunion est presque finie et on en est à la partie informelle qui accompagne des plateaux repas. Je me présente brièvement, certains des responsables présents s'éclipsent car ils n'ont pas le temps de rester au delà du temps prévu. Deux ou trois restent pour poursuivre la conversation, qui s'est engagée en anglais sur les différences notamment en matière réglementaire entre les aveugles français et les aveugles japonais. Je n'ai pas trop faim et touche à peine aux sandwichs proposés, je bois par contre beaucoup d'eau. /P.Philippe Perez nous quitte pour retourner à l'ambassade, où il est attendu. On reste encore un peu avant de redescendre accompagné par un des responsables qui parle très bien anglais et qui nous ramène à notre voiture. C'est une Espace de l'ambassade avec un chauffeur Philippe qui est moitié japonais et français et a vécu à Marseille.

Il nous conduit à notre deuxième rendez vous qui est plus dans le centre de Tokyo. Je profite du trajet assis à l'avant, pour faire un peu connaissance avec les deux membres de la mission que je ne connais pas.

A 15h on arrive au JSRPD (Japanese Society for Rehabilitation of Persons with Disabilities) On a rendez vous avec M. Hiroshi KAWAMURA, directeur du centre qui est le promoteur du projet DAISY. Il nous réunit dans une grande salle de réunion avec toute une série de stagiaires qui assistent eux aussi à la réunion. Il nous fait une démonstration de son système Daisy qui permet d'enregistrer des livres en digitalisant l'enregistrement et en le synchronisant sur le texte visible à l'écran. Ce qui permet d'avoir une navigation dans la version vocale et de se déplacer de chapitres en chapitre ou de paragraphe en paragraphe; Il parait que c'est un standard qui commence à se répandre et que le consorsium qui le gère est ouvert à toute organisation qui voudrait y participer. Les livres une fois enregistrés sont disponibles sur cd-rom et on peut les lire sur un lecteur spécifique qui offrre les fonctions de navigation. Il y a une variante de Daisy qui permet de lire le contenu d'écran en utilisant une sunthèse vocale pour lire le contenu textuel de l'écran; On peut ainsi naviguer sur internet et aller lire le contenu de différents liens mais cela suppose que les sites lus respectent une norme d'accessibilité pour que Daisy puisse reconnaitre les différents paragraphes et se synchroniser dessus. En tout cas notre interlocuteur est passionné et il ne jure que par Daisy. Nadine Vigouroux qui connait déjà le système est là pour lui renvoyer la réplique.

De là le chauffeur nous reconduit à notre hotel. L'hotel Ibis où on a à peine vingt minutes pour poser nos affaires. Je découvre une chambre que je partage avec Guillaume au 11ème étage et qui est plutôt petite avec juste une petite salle de douches et deux lits. Il n'y a même pas la place pour poser nos deux valises à plat.

On se retrouve vers 18h45 à la reception de l'hotel qui est bizarrement au 5ème étage. Puis on descend au 1er qui au Japon est le rez de chaussée. Pour prendre le métro et aller dans le quartier de l'ambassade de France. Derrière l'ambassade se trouve les résidences des principaux fonctionnaires dont celle de Philippe Perez avec sa femme et ses 4 enfants et celle de son chef le conseiller pour la science et la technologie.

Ce soir il y a un diner officiel chez ce conseiiller de l'ambassade Henri ANGELINO, Conseiller pour la Science et la Technologie avec en plus de nous quatre missionnaires, Philippe Perez, Stéphane Auberger, l'interprète du service Sanae WATANABE, les invités sont Akira TERASHIMA, National Rehabilitation Center for the disabled Hiroshi KAWAMURA, JSRD Mme Eiko INOUE, Vocational Development Center for the Blind in Japan Mme SHOJI, IBM Japon .br Et parmi les personnes dont nous ne visiterons pas les locaux pendant la semaine: Yu MOCHIZUKI, fondateur et président d'Amedia Corporation. Amedia est le plus gros fournisseur de logiciels informatiques pour les aveugles au Japon. Amedia développe et vend ses propres logiciels, mais vend également des logiciels issus d'autres sociétés et importe quelques produits: logiciel de traitement de texte, logiciel d'aide à la lecture d'un livre couplé à un scanner, logiciel de navigation sur Internet. Shinichi OKADA, chercheur au NIVR. Le National Institute of Vocational Rehabilitation (NIVR) est le centre coordonateur de l'action des centres professionnels locaux et régionaux pour les personnes handicapés, sous l'égide de la Japan Association for Employment of the Disabled (JAED). Les autres fonctions du centre sont la promotion pour l'insertion professionnelle des personnes handicapées ainsi que de la collecte, analyse et diffusion d'informations sur l'emploi des personnes handicapées. Il propose également des stages de préparation et des cours spécifiques pour les handicapés. Il sert de conseiller pour les employeurs sur l'embauche des personnes handicapées. Hiroyuki MIYAMOTO, professeur au département d'informatique au Chiba Institute of Technology Koichi ODA, professeur à la Tokyo Woman's Christian University (Faculty of Culture and Communication)

Le diner est assez sympa avec de la rascasse à la ratatouille ou de la pintade aux petits légumes. Il y a un vin de Fronsac et l'ambiance est détendue. Guillaume parle pas mal avec un inspecteur général de l'Education National qui est venu squatter le diner invité par le conseiller. Cet inspecteur général est à Tokyo pour représenter son ministre Claude à Allègre à une réunion de l'OCDE sur le problème de la violence dans l'enseignement. Il ne semble pas très tendre à l'égard de nos hommes politiques qui d'après lui non pas le courage de prendre les décisions necessaires. Je parle longuement avec le promoteur de Daisy qui semble bien connaitre la situation des aveugles japonais.

Puis Philippe nous raccompagne très gentiment en voiture jusqu'à l'hotel alors qu'il habite à deux pas.

Mardi 18 mai

Après une douche et un petit déjeuner au 1er étage de l'hotel. Petit déjeuner que guillaume me sert avec des hash-braun délicieux et en se pliant à mon besoin d'un ballet continu de verres de lait frais. Puis Stéphane qui est passé nous chercher à l'hotel nous conduit en métro jusqu'à l'ambassade. En tant qu'aveugle je ne paie pas les transports en commun et je passe dans le métro par un portillon latéral que le préposé m'ouvre. Encore un pays où on est beaucoup moins automatisé qu'en France et où on a su preserver des petits boulots comme préposé de stations de métro.

A l'ambassade je vais à la caisse avec René et tous les deux nous retirons 170 000 yens qui sont nos indemnités de mission payés par le ministère. Les autres les ont touché avant le départ à Paris. Le cours du yen est de 0,51 centimes pour 1 yen.

Puis on monte dans le bureau de Stéphane qu'il partage avec un autre coopérant. Les locaux sont un peu vétustes. D'ailleurs il y a un projet de reconstruction complète de l'ambassade qui traine faute de budget et de volonté ppour le lancer; Au départ il était question de trouver un autre emplacement pour y construire une nouvelle ambassade mais vu les prix du terrain à Tokyo il a été décidé de garder le terrain actuel et de procèder à une reconstruction. Il y a deux batiments de bureaux en plus des résidences qui sont derrière. En tout 240 personnes travaillent là et à peu près la moitié sont des employés japonais. Chaque année le 14 juillet fait l'objet d'une grande fête comme dans toutes les ambassades mais celle ci accueille plus de 1500 invités ce jour là.

René m'aide à paramètrer sur mon ordinateur l'accès à Lig pour que je puisse lorsque l'on aura le temps interroger ma messagerie Notes en appelant un numéro d'IBM Tokyo. On prend la voiture pour aller au premier rendez vous de la journée.

Qui est à 10h à Dai Nippon Printing Co. avec M. MIMURA (Public Relations) Cette société peut faire des Impression en Braille sur du papier ordinaire avec un ruban spécial adapté des rubans encreurs qui servent dans les fax ou les imprimantes classiques. Ici le ruban est particulièrement chauffé de facon à ce que l'encre fonde et forme une petite mousse à la surface du papier qui constituent les points braille. Le problème c'est que le co–t de ce ruban est encore très cher. L'entretien se passe en japonais et français avec l'aide de l'interprète de l'ambassade. Force cartes de visite sont encore échangées et depuis hier j'en ai écoulé déjà pas mal. En fait les entretiens sont très francs mais il faut passer par un formalisme un peu lourd où chacun se présente, dit qu'il est heureux de voir l'autre etc.

En repartant on s'arrète dans un petit restaurant où n'ayant pas faim, je me contente d'un saumon grillé qui est très bon, avec une sauce succulente.

Puis on arrive au deuxième rendez vous à 13h30 Japan Braille Library avec M. Tetsuji TANAKA, Directeur de la plus grande bibliothèque pour aveugles au Japon D'abord on se réunit dans une salle de réunion où je pose une série de questions sur le fonctionnement de la bibliothèque. Puis des représentants de la société KGS dont M KUREMATSU, nous montre leurs produits. Ils font des cellules de braille éphémères beaucoup plus petites que ce qui existe sur le marché aujourd'hui. Ce qui permet d'avoir des barrettes de 40 caractères tout à fait transportable. Puis on se balade un peu dans le centre.

De là on va pour 15h30 AU Vocational Development Center For The Blind In Japan voir Mme Eiko INOUE, Chief, training and evaluation division Ce centre a souhaité diversifier les possibilités d'emploi pour les personnes aveugles en mettant l'accent sur l'innovation et propose des stages de formation. On visite des équipements et salles de formation ou de stage du centre. après avoir subi un speech soporifique dans une salle trop petite. On voit une salle où des aveugles sont alignés à des postes de travail informatiques avec des casques sur la tête. Leur boulot consiste à retranscrire des texte de conférence enregistrées. Donc ils écoutent en alternance un magneto qui déroule le texte à transcrire et leur synthèse vocale qui leur permet d'utiliser un ordinateur pour la transcription. Ils ont ausis beaucoup de commandes pour taper les sous-titres de films à l'intention des télé-spectateurs sourds. A la fin on nous réunit encore dans une salle au sous sol où plusieurs aveugles sont invités à nous poser des questions. René fait une démonstration avec deux aveugles désignés volontaires des appareils qu'il a inventé. A savoir un badge d'alarme qui emet des infra-rouge et vibre lorsque le rayon infra-rouge rencontre des obstacles sur le chemin de l'aveugle. Et une canne éléctronique qui sous l'aspect d'un pistolet avec un rayon laser qui va frapper là où on le dirige, le son ou la vibration émis par le retour du laser varie en fonction de la distance parcourue par le rayon laser entre le pistolet et le rebond rencontré. Ici ausis on passe par l'interprète pour dialoguer.

Puis on rentre à l'ambassade où je me connecte à Lig pour faire une réplication. Puis on va diner dans un restaurant japonais où nous conduit stéphane sur la recommandation de Philippe Perez. Le dit Philippe Perez que l'on n'a pas vu de la journée à aucun rendez vous alors qu'il était prévu. Heureusement Stéphane a tout bien organisé et se débrouille très bien même seul responsable;

On arrive dans un restaurant japonais traditionnel avec un petit jardin au milieu. On nous installe au premier étage autour d'une table basse. Il faut plier les jambes. Il n'y a pas de menu en anglais alors stéphane commande au hasard un menu à 5000 yens dont Philippe lui a parlé. On nous sert une série de petits plats pas très copieux mais très bons avec du poisson, des crevettes, de la viande, des boulettes, des légumes et enfin seule chose identifiable avec certitude une boule de glace à la vanille dans un petit bol. Le tout nous co–te tout de même plus de 400f chacun. C'est incroyable à quel point la vie est chère dans ce pays. Et en particulier la nourriture, mais aussi les transports, le logement et d'ailleurs pratiquemment tout.

A l'hotel j'emprunte à la reception un transformateur éléctrique qui combiné à un adaptateur prété hier par le conseiller scientifique va me permettre d'utiliser mon ordinateur.

Mercredi 19 mai

Après ma douche je descends retrouver Guillaume qui est déjà descendu au petit déjeuner. J'ai du mal à trouver l'entrée de la salle du restaurant car comme souvent dans ce pays les cloisons de la salle à manger ne sont pas pleines et laisse passer apparemment entre 2m et le plafond les bruits de la salle à manger et les conversations. Du coup à chaque fois que j'entends une conversation toute proche je crois que c'est la porte d'entrée, je m'approche et je ne rencontre que le mur. Il me faut faire tout le tour pour trouver l'entrée. Guillaume est déjà remonté et nos ascenseurs ont d– se croiser. Du coup c'est une des serveuses très gentille qui s'occupe de moi et avec qui je parviens à bien communiquer.

Je remonte dans la chambre pour y être à 9h30 quand Naoko Takano s'annoncera. On peut appeler Naoko au (042-372-2507) ou sur son portable 070-52251175 C'est une amie d'Aya, que j'ai contacté par e-mail depuis Paris et au téléphone hier soir. Elle va me guider pendant la matinée de quartier libre que nous avons ce matin. Guillaume décide de venir avec nous. J'offre à Naoko une écharpe que j'ai apporté de Paris. Elle propose de nous conduire au temple d'Asakusa

temple d'Asakusa qui est le principal temple ancien qui subsiste à Tokyo et dont nous a parlé Stéphane.

Avant d'aller prendre le métro on va s'installer dans un petit café pour que Naoko puisse prendre un petit café que j'ai oublié de lui offrir à l'hotel. On fait un peu connaissance. Elle travaillait jusqu'à il y a peu de temps dans une maison d'édition mais elle y bossait comme une damnée et ne rentrait chez elle qu'à minuit chaque soir. Aussi elle a déménagé et recherche du travail. Elle aimerait devenir interprète en anglais, mais cela risque d'être difficile car son anglais n'est pas parfait et il doit y avoir de la concurrence dans le domaine.

On prend le métro pour aller jusqu'au temple. Il se trouve au bout d'une longue allée bordée de tas d'échoppes de souvenirs avec une cohue de touristes japonais qui sont venus voir le temple.

Malheureusement Naoko ne connait pas du tout l'histoire de son pays et de ce temple en particulier. D'ailleurs chacune des jeunes filles que nous rencontrerons pendant ce voyage, disputera aux autres le prix de l'ignorance culturelle. Aucune ne sait dire quoique que ce soit sur l'histoire, la religion ou les traditions de son pays. A vrai dire je ne suis pas s–r que la jeunesse française connaisse mieux l'histoire de France. En tout cas la culture a clairement évolué chez cette génération. Toujours est il que nou faisons le tour du temple avec Guillaume qui fait de son mieux pour décrire ce qu'il voit. Naoko sait nous expliquer comment marche les cuves où on peut jetter des pièces en guise de porte bonheur ou les papiers qui prédisent l'avenir. C'est une boite remplie de baguettes dont un petit trou permet d'en faire sortir une seule. On l'agite et on en fait sortir une au hasard. Un peu comme si on tirait à la courte paille. Sur la baguette sortie figure un numéro qui désigne un des petits tiroirs qui sont alignés sur un meuble. Dans ce tiroir on prend un des papiers qui nous prédit des tas de bonnes choses. Alors pour que cela se réalise on noud le papier sur un fil à coté de tous ceux qui ont déjà été noués par nos predecesseurs.

Puis on repart, je suis un peu frustré car j'aurai voulu avoir plus d'explications sur le temple et en voir un peu plus. Je n'ai même pas vu s'il y avait une pièce intérieure puisque l'on s'est contenté de faire le tour du peristyle exterieur. On reprend le métro pour aller à l'ambassade de France où on a rendez vous à midi et demie. On dit au revoir à Naoko. on doit la retrouver ce soir avec une de ses copines pour aller diner tous ensemble. Pendant ce temps elle va se balader et notamment m'acheter des revues tendance qu'Isabelle ma soeur m'a demandé. Elle ne rentre pas chez elle car elle habite à une heure d'ici donc ce serait trop court.

A l'ambassade on retrouve Stéphane et Philippe qui pour une fois va venir avec nous. On doit être à 13h00 chez NEC Corporation pour rencontrer M. Aston BRIDGMAN un anglais qui parle très bien japonais et qui fait la traduction pour un de ses collègues qui nous démontre un nouvel outil à base d'une souris classique, montée sur des barres de guidage, couplée à un synthétiseur vocal et une transcription tactile des objets rencontrée par la souris. On peut ainsi savoir en touchant le dessus de la souris si on est sur une icône, un graphique, une boite de dialogue et il y a une synthèse vocale qui lit le contenu.

Puis de là on va chez la société RICOH rencontrer M. NARITA Cette société a développé un logiciel de dessin, XY Plotter qui permet d'imprimer en braille et en relief des images qui contiendrait des dessins avec des légendes textuelles.

Puis on rentre à l'ambassade. On y attend Naoko et son amie qui arrivent ponctuellement à 19h. De là on va prendre un apéritif dans un bar pas très éloigné tandis que Philippe passe chez lui pour se changer. La copine de Naoko a du tempérament à revendre et fait du rentre dedans à Philippe lorsqu'il nous a rejoint.

On va tous dans un restaurant français chez Pierre

Chez Pierre On forme une table de 8 personnes, on doit parler un peu anglais car Naoko ne parle pas le français mais son amie qui parle comme une new-yorkaise se débrouille très bien en français. D'ailleurs elle travaille à l'exportation chez Honda et s'occupe des pays francophones d'Afrique. On commence par une coupe de champagne, puis un bordeaux puis un bourgogne. Tout cela pour arroser une salade landaise excellente et une queue de boeuf particulièrement tendre. Je termine par des fromages roquefort, chèvre et un genre brie qui sont aussi très bons.

A la fin du diner i y a pas mal d'ambiance, l'amie de Naoko est décidément beaucoup trop extravertie pour être une vraie japonaise, d'ailleurs elle a aussi des formes qui font plus américaines que japonaise. Elle va probablement rater son dernier train qui part à 22h30 mais Philippe la raccompagne en voiture jusqu'à la gare où elle doit avoir son changement, ainsi que Naoko et stéphane. Tandis que nous quatre missionnaires rentrons à l'hotel en taxi.

Jeudi 20 mai

Après une douche et encore un petit déjeuner partiellement seul, où la serveuse connait maintenant mes habitudes et m'a apporté d'emblée mon jus d'orange et mon verre de lait.

On se retrouve à l'ambassade à 9h. De là on va en voiture pour être 10h00 à Ikeno Tsuken Co. Ltd. On est recu par M. Hiromichi HATANAKA, Directeur (Ukima Office General Manager) M. Masayoshi NAKAYAMA, Directeur (Welfare Instrument Development Dept.) M. Kunimi KARAHASHI, Deputy Manager M. Takayoshi MATSUMURA, Chief, Welfare System Section M. MURATANI, Président de l'Association des Aveugles au Japon

Il nous présente des produits qu'ils fabriquent pour faciliter la navigation en ville des aveugles. C'est à dire des bornes sonores que l'on peut déclencher avec un petit émetteur, ou bien des bandes en relief à poser sur le sol ou bien des plans en reliefs de batiments publics à afficher à l'entrée. Ils ont aussi imaginer et vendus déjà dans 300 lieux publics des cannes vibrantes qui permettent de suivre les couloirs de ces 300 établissements publics. On équipe l'établissement de bandes magnétiques de 50cm de large sou sles moquettes des couloirs et cette canne capte le signal magnétique et vibre lorsqu'elle est au dessus;

Le président de la principale association d'aveugles est le conseiller de cette société, ce qui doit leur permettre non seulement d'avoir facilement des cobayes pour tester leurs produits mais surtout d'être en cheville avec celui qui négocie avec les pouvoirs publics. Lorsque le président va faire pression sur le ministère des transports pour que les couloirs du métro soient équipés de bandes en relief il doit au moins faire passer l'information à cette société dont il est le conseiller si ce n'est s'arranger pour que ce soit elle qui soit retenue;

On nous sert dans la salle de réunion des plateaux repas qui sont des petits sets de produits japonais très bons mais je n'ai pas du tout faim et je me contente de manger les morceaux de poisson cru. Il y a l'interprète avec nous qui traduit nos questions et leurs réponses; En face ils ne nous posent pratiquemment aucune question sur la situation en France, qui semble leur être tout à fait indifférent.

De là on va à IBM Japon. On est recu par le directeur du secteur public, qui fait l'introduction d'une réunion où il viennent s'asseoir à 8 en face de nous. Comme souvent on a beau être chez IBM, le patron parle très bien anglais mais cela se dégrade dès que l'on descend dans la pyramide. Après des exposés formels avec transparants, qui m'amusent beaucoup à observer pour une fois que je suis de l'autre coté de la barrière. Au début le directeur voyant que j'étais aveugle a bien sur eu le reflexe de supposer que j'étais technico-commercial, je me suis fait un plaisir d'expliquer ma position de directeur commercial manager of comme lui.

Ce qui est étonnant c'est que le centre pour personnes handicapées rapportait jusqu'à il y a peu de temps à la direction commerciale du secteur public et que maintenant cela répond au laboratoire de recherche de Yamato. C'était probablement dans le secteur public car c'est un outil pour être bien vu du MITI le ministère du commerce qui est surement un client du secteur public. En France le centre pour handicapés d'IBM répond à la DRH. On a notamment des présentations de M. Keijiroh KANEKO, d'intégration de système. Et Mme M. SHOJI, Acessibility Center qui était au diner chez le conseiller Lundi soir.

Après les présentations on va dans le centre de démonstration voir home page reader, un outil de saisie de livres en braille qui permet d'utiliser le clavier classique du pc comme clavier de Perkins et de voir à l'écran le texte en iragana ou categana qui est tapé par les bénévoles; IBM Japon a donné 1800 vieux pc qui sont équipés de ce programme et qui ont été distribués à des bénévoles qui font la saisie de livres braille; On voit aussi une intégration de via-voice et de home-pége-reéader qui permet de surfer sur internet sans passer de commandes au clavier.

En principe j'avais rendez vous à 17h30 avec un japonais aveugle d'IBM Japon Shinichi Torihara mais on a fini à 16h30 et comme je n'ai pas spécialement envie de le voir, je laisse à son intention une bouteille de Bordeaux Fleur Chambot que je lui avais promis dans une de mes notes et puis on repart.

Le chauffeur nous dépose à l'ambassade, où l'interprète s'est occupée cet après-midi de nous trouver un hotel pour kyoto ce week-end pour Guillaume et pour moi. Malheureusement de nombreux hotels sont complets et le seul qui a de la place est un hotel de luxe le Ana hotel qui est à 17 000 yens la nuit pour deux compte tenu d'un discount de 30% pour l'ambassade et encore pour Samedi soir comme ils ont de la demande ils refusent de nous accorder le discount ambassade. Comme on peut pas prendre le risque de se retrouver deux bigleux errants dans Kyoto pour trouver un hotel on reserve à l'hotel Ana;

De l'ambassade je rentre à l'hotel avec Nadine tandis que les autres sont allés acheter des billets de train pour aller je ne sais où demain matin.

En sortant de l'ambassade Guillaume a rencontré par hasard un de ses copains qui fait sa coopé à l'ambassade sur le projet de la reconstruction de l'ambassade car c'est un ancien élève de TPE. Du coup Guillaume va diner avec son copain et je vais diner avec nadine et René.

On déambule tous les trois à la recherche d'un restaurant dans le quartier de l'hotel. qui s'appelle Roppongi,

Roppongi, C'est un quartier animé de Tokyo avec pas mal de bars et de boites. Sur les trottoirs il n'est pas rare de voir des jeunes filles en mini-jupe qui sont là pour racoler le client au profit de ces boites ou restaurants. Il parait que ce sont des étudiantes qui se font ainsi de l'argent de poche. Il y a aussi quelques professionnelles de la luxure qui se distingue par des comportements encore plus provoquants.

On choisit un petit restaurant japonais où je commande des sachimi, c'est à dire du poisson cru avec en plus un bol de riz pour accompagner le poisson. Je me régale et nous papotons surtout des potins du CNRS où d'après mes deux compères il règne une ambiance sacrément politique et hypocrite dans la chasse aux budgets de recherche et aux bons postes. A les entendre ils doivent être les seuls intègres et modestes.

En rentrant à l'hotel comme il est un peu plus tard que tout à l'heure, on croise une foule croissante et bigarrée qui se promne dans ce quartier plutôt chaud. Il faut faire attention dans cette immense ville où on s'aventure car les rues n'ont pas de nom et donc pour se repérer on ne se déplace que par repères visuels. Ce qui doit rendre pas toujours facile la vie des badauds qui flanent et qui n'ont pas trop le sens de l'orientation. C'est tout de même étonnant lorsqu'on vous indique une adresse on vous dit c'est à coté de telle grande avenue, car les grandes avenues ont tout de même un nom et c'est à l'angle de la boulangerie puis la deuxième à droite à la maison avec un arbre devant ou quelque chose comme cela; Heureusement les plans sont assez précis. :p;En rentrant à l'hotel je tléphone à Kiyomi qui doit être ma guide à Kyoto pour nous donner rendez vous à l'hotel Ana.

Vendredi 21 mai

On se réveille plus tôt vers 6h35 car Stéphane doit venir nous chercher à 7h40 pour que nous allions prendre le train pour Chisouoka et il faut aussi que nous préparions nos bagages pour être prêt à partir pour Kyoto ce soir. Je paie notre chambre avec ma carte VISA. ET on met nos valises pour la journée dans la chambre de Nadine.

On part à 7h45 pour la gare de Tokyo d'où partent les trains rapides. On monte dans un de ces trains qui doit nous conduire à presque 300km heure. Comme les rails pour ces trains ont été fait spécialement et qu'ils ne circulent pas sur le réseau traditionnel les japonais en ont profiter pour faire des wagons plus larges; Ainsi on peut s'asseoir à 5 de front, sur deux banquettes une de trois sièges et l'autre de deux. Au bout du wagon les toilettes comportent une cabine urinoir en plus de la cabine classique. Il y a aussi une voiture bar.

Je profite du voyage pour commencer à rédiger ma partie du rapport que nous sommes censés faire à l'ambassade à l'issue de notre mission. J'ai pris pour Guillaume et pour moi la première partie sur la vie sociale des aveugles au Japon.

Chisouoka

Quand on arrive à Chisouoka on prend un autre train de banlieue cette fois ci qui nous conduit dans une petite ville DE BANLIEUE. De la ggare on prend deux taxis car on est cinq pour aller jusqu'à l'université DE Chisouoka 10h30-12h00 Université de Shizuoka

On est accueilli par M Jun ISHIKAWA, Professeur, Department of International Relations dont la page WEB personnelle est http://www.u-shizuoka-ken.ac.jp/~ishikawa/ M. Ishikawa est sociologue et technologue. Il est par exemple l'auteur d' un ouvrage intitulé "Invitation to the disabilties studies". Il développe également des logiciels de transcription de candgi en braille; Il développe toujours sous DOS et semble passionné par ce qu'il fait. On a une conversation très interessante où je le bombarde de questions.

Puis on reprend deux taxis qui nous conduisent directement à la gare de Chisouoka en nouvs évitant le train de banlieue. Là comme on a raté de justesse le train pour Tokyo et que l'on a du temps avant le prochain on cherche un endroit pour déjeuner car les autres ont faim et surtout Nadine. J'ai personnellement encore mon petit déjeuner dans le ventre et je n'avalerai pas grand chose. Après avoir un peu érré dans la gare qui est très vaste comme toutes les gares japonaises. On trouve dans un coin un petit café où les autres commandent des sandwichs. Les sandwichs aux légumes arrivent surmontés de crème chantilly. De mon coté je me suis laissé tenté par un gateau au chocolat qui ma foi n'est pas mauvais avec une génoise et une crème chocolat ma‹zena.

On reprend le train pour Tokyo, ce train à grande vitesse qui s'appelle le shinkansen

shinkansen Comme il y a du monde dans le train et que l'on a pris des billets sans reservation je dois faire tout le train accompagné de stéphane pour trouver deux places et encore on déloge sans vraiment le faire exprès un couple qui s'y trouvait. Je continue mon rapport de mission en sortant mon ordinateur, tandis que les autres restent debout pendant l'heure du trajet.

De retour à Tokyo, le chauffeur et l'interprète nous attendent avec la voiture à la sortie de la gare. On va rencontrer à 15h00 la Japan Blind Golf Association on a Rendez-vous au Shiba Course - c'est à dire un club de golf en plein centre de Tokyo à deux pas de la Tour de Tokyo. En fait il s'agit d'un club de practice, il n'y a pas de parcours. Cependant les practice sont à l'air libre et on a une belle étendue de verdure alors que l'on est entouré de toits de buildings. On est d'abord recu dans une salle de réunion par M. Toshu FUKAMI, président honoraire et Mme Emiko KAWAHARA on dialogue via l'interprète sur les mérites du golf pour les aveugles; Le Président de l'association est un businessman qui manifestement a les moyens de désormais consacrer son temps au golf. On peut supposer que la cécité l'a fait basculer d'un mode travail à un mode loisirs. En tout cas toute cette petite société aveugle et aisée semble beaucoup s'amuser. Ils nous expliquent que comme de nombreux japonais ils font surtout du practice et qu'ils ne font un vrai parcours qu'environ une fois par mois.

Puis on sort de la salle de réunion pour une séance de démonstration. On va d'abord aux practice. En fait ici ce sont des box qui sont loués par les membres à l'année. Le prix de la cotisation doit être exorbitant vu le co–t de la vie à Tokyo et la situation du club au milieu de la ville. Il y a donc deux ou trois tapis de drive qui forme un grand box pour nos amis aveugles et qui est fermé par des grillages comme chacun des box qui s'alignent sur trois étages; Tous les joueurs tapent leurs balles vers l'infini qui est limité en ce qui concerne leur coup par des pancartes qui jalonnent la pelouse devant les box de practice. Il y a des pancartes qui indiquent jusqu'à 200 yards. Cela permet à chacun de savoir qu'elle a été la distance parcourue par son drive.

On m'installe sur un des tapis, la professionnelle de golf qui s'occupe de l'association comme prof s'occupe de moi et me montre le mouvement, tout en me placant mon club derrière la balle. Je fais quelques beaux coups qui alternent avec quelques patates infames; Le tout est suffisamment bon pour que la prof me demande si par hasard je n'aurai pas déjà joué au golf. J'avoue que si et je laisse la place aux autres qui ont plus ou moins envie de se lancer dans l'aventure du premier swing.

Puis on monte sur le toit de l'immeuble où se trouve un green artificiel en pelouse synthétique qui m'envoie une décharge éléctrique lorsque je le touche avec ma canne. On fait quelques puts. Je fais un concours avec l'interprès pour voir qui saura mettre la balle dans le trou en moins de coups. Il fait beau avec un soleil couchant magnifique sur ces toits de Tokyo. C'est étonnant de se retrouver ainsi là au milieu de la ville avec une impression champètre.

Ensuite nous sommes présentés à un professeur de français à la retraite qui est venu pour nous rencontrer et pour que nous lui présentions une synthèse vocale en français. Il a d– avoir son diplôme de français dans une pochette surprise car il parle de facon horrible. De plus il est atteint de parkinsons et ne connait rien aux ordinateurs. On va s'installer dans la cafeteria où je déballe mon ordinateur pour lui faire une démonstration de la synthèse vocale Apollo. Nadine a aussi apporté sa synthèse vocal mais elle est à court de batterie. On expedie le bonhomme en une grande demi-heure et puis enfin on peut retourner à l'hotel.

Guilaume et moi on y change nos valises et nos vétements; Au moment de partir à la gare, un type s'annonce à la reception qui m'appelle dans la chambre de René. C'est un des types d'IBM qui vient de la part de l'ibmer aveugle pour m'apporter une bouteille de saké en remerciement de ma bouteille de Bordeaux.

Le japonais d'IBM se propose même pour nous accompagner à la gare de Tokyo. C'est incroyablement généreux car je dois avouer qu'il est probable que je ne perdrai pas ainsi une soirée entière avec des étrangers pour aller leur montrer la gare sncf la plus proche; En tout cas il nous accompagne Guillaume et moi, ce qui permet de rendre sa liberté à Stéphane qui était venu pour nous accompagner. On dit adieu à Stéphane, René, et Nadine qui restent à Tokyo.?

on prend donc le métro pour aller à la gare, avec notre ange gardien d'IBM. Là il prend même un ticket de quai pour avoir le droit de nous accompagner jusqu'au quai du train.

Le voyage en shinkansen dure environ 2h30

Kyoto

On arrive à Kyoto vers 22h on prend un taxi à la sortie de la gare. Il connait l'Anah hotel. C'est en fait un hotel de luxe superbe avec une grande chambre pour nous deux, une piscine, des bars et des restaurants. En arrivant je demande un transformateur éléctrique que l'on me prète mais qui s'avère ne pas marcher. Il faudra attendre demain et un employé de l'hotel qui maitrise mieux l'anglais pour s'expliquer;

hotel Ana

La salle de bains est plutôt luxueuse vaste avec de la moquette dans sa première moitié coté lavabo. En plus des gadgets habituels il y a un dispositif aménagé dans la cuvette de wc qui permet de s'envoyer un jet d'eau dans le cul. C'est très rigolo surtout la première fois que j'appuie sur le bouton pour voir de quoi il s'agit et que du coup j'ai recu par surprise un jet d'eau bien placé. Ma foi c'est pas désagréable et il faudra que je pense à m'en resservir.

On se couche sans pouvoir ouvrir la fenêtre qui est condannée car c'est une baie vitrée et on est au 8ème étage;

Samedi 22 mai

On se réveille tardivement vers 9h alors que j'ai rendez vous à 9h30 à la reception avec Kiyomi. On n'a donc pas le temps de petit déjeuner avant de la retrouver. De toute facon le petit déjeuner n'est pas compris dans le prix de la chambre et à 2000 yen le petit déjeuner ce serait dommage de le bacler.

A la reception je suis en train de demander à ce que l'on vérifie pourquoi le transformateur qui m'a été prété hier ne marche pas, lorsque Kiyomi Okamoto se présente à nous. C'est une amie d'amie d'Aya avec qui j'ai échangé des messages internet. Elle est à notre disposition pendant toute la journée.

On quitte l'hotel et on va dans un coffee shop non loin de là où je prends un jus d'orange et des toasts au fromage. Kiyomi a l'air très gentille mais pas très bavarde et pas très cultivée. Elle me guide plutôt bien, cependant elle ne marche pas très vite et je dois souvent la tirer pour accélèrer, ce qui m'impatiente un peu.

On va visiter le chateau Naja qui est pas très loin de l'hotel.

chateau Naja C'est un palais construit au début du 17ème siècle et qui a été la résidence des généraux qui commandait la ville de Kyoto.

A l'entrée il y a des jeannettes qui chantent en faisant la quète pour une oeuvre quelconque. Je les encourage en leur donnant une pièce;

Je dois payer un ticket d'entrée même comme aveugle et on rentre tous les trois Guillaume Kiyomi et moi. Je tiens Kiyomi par le bras qu'elle a très fin. Elle ne pense pas trop à me décrire le paysage et c'est Guillaume qui gentiment le fait dans la mesure de ses moyens qui ma foi sont encore assez vastes.

Il y a un grand jardin autour de cette demeure toute en bois; Le batiment principal ne comporte qu'un rez de chaussée avec un toit en pente qui monte en pointe en son centre. Le tout est bati sur pilotis d'environ un mètre.

On doit se déchausser à l'entrée; L'intérieur est entièrement en bois avec certains pans de murs qui sont en papier épais et impeccablement conservés. Toutes les fenêtres sont coulissantes et en papier fin qui laisse passer le jour. On a pas le droit de faire jouer les coulisses mais on peut voir que les rainures sont peu profondes et que c'est du travail parfait. Le plancher est impeccablement lisse et on ne doit pas risquer d'atrapper d'échardes. Il grince sous les pas ce qui permettait d'entendre éventuellement des intrus arriver.

Il y a des bornes qui donnent des explications vocales en japonais et Kiyomo ne parle pas assez bien anglais pour nous en faire la traduction. On a donc un peu de mal à se représenter le plan architectural de l'ensemble mais c'est tout de même impressionnant et cela donne une bonne idée de ce que devait être le mode de vie à l'époque;

En sortant on atrappe un taxi qui nous conduit à la gare, où Guillaume a rendez vous avec deux amis français. On tournicote un peu dans la gare et dans un super-marché de souvenirs avant de trouver l'office de tourisme où se situe le lieu du rendez vous; On retrouve Guillaume et Pierre qui partent avec mon Guillaume tandis que je reste avec Kiyomi. Je profite de l'office de tourisme pour demander le numéro d'Air France que je peux appeler pour confirmer ma reservation de retour à Paris Lundi soir;

Avec Kiyomi on prend le métro qui nous amène sur l'avenue principal. Là on se balade un peu entre les boutiques. On va dans un magasin d'éléctronique pour que je regarde les walkmans. Mais je n'ai pas mon vieux walmkan pour comparer la puissanfce et j'en veux un aussi puissant si ce n'est plus; Le vendeur me dit par Kiyomi interposé qu'ici tous les walkmans ont la même puissance; Apparemment l'éléctronique n'est pas moins cher, voir plutôt plus qu'à Paris;

On va visiter un temple Chineto, qui est la religion spécifiquement japonaise. Manifestement les religions sont peu pratiquées et dans ce temple on ne voit que des touristes japonais badeauds qui viennent secouer une corde qui actionne des cloches porte-bonheur ou bien déambuler entre les piliers du temple. On ne voit pas trop de lieu de prière et après s'être un peu balladés dans un jardin très agréable on ressort. Je suis un peu frustré d'explications historico-culturelles et de la lecture d'un guide mais c'est quand même sympa de sentir l'ambiance locale; Il y a très peu de touristes occidentaux dans cette ville et ils sont noyés au milieu de tous les touristes japonais qui doivent venir passer ici le week-end;

De là on va déjeuner. Je propose à Kiyomi de l'emmener dans le restaurant de son choix et voir même dans un restaurant français mais elle n'en connait pas. Et on aterrit au premier étage d'un grand magasin dans un restaurant qui sert des suchis ma foi très bons; Ce son tdes morceaux de poissons posés sur une boule de riz ou bien des morceaux d'algues qui entourent un morceau de légume ou de poisson mélangés avec du riz. Le poisson est bien s–r cru et on trempe le tout dans une sauce au soja salée qui évite le go–t fade. Je bois une bière avec cela tandis que Kiyomi prend un thé; Avec les suchis vient un petit bol d'omelette sucrée que je prends à la cuillère, c'est ausis très bon.

Kiyomi m'explique que son père est camionneur, elle a un frère et une soeur. Mais apparemment il y a peu de communication au sein de la famille. Par exemple sa soeur travaille comme vendeuse dans un grand magasin et elle ne sait même pas à quel rayon. Elle m'explique que les relations restent très pudiques en famille et avec les amis. Ainsi pour saluer ses amis elle se contente de leur faire un signe de main, sans contact physique. Elle habite avec ses parents, comme souvent, bien que cela ne semble pas être un problème pour une jeune fille d'aller habiter seule. Cependant elle n'habitera pas seule avec un garçon du moins certainement pas officiellement. Elle n'a aucune foi religieuse comme d'ailleurs toutes les jeunes filles que nous avons rencontré. Elle m'explique comme l'avait déjà fait Naoko que si on nait souvent bouddhiste et que l'on meurt souvent selon le rite bouddhiste, ce qui se fait s'est de se marier à la mode chrétienne. Il y a d'ailleurs des faux pretres et fausses églises dont on peut louer les services le temps d'une cérémonie et des photos. Bref les repères culturels traditionnels sont bien oubliés par la jeunesse et la culture d'aujourd'hui c'est internet, les téléphones mobiles et la société de consommation. Tous les jeunes ont une boite e-mail. Kiyomi m'explique aussi que la plupart des maisons sont équipées de meubles à l'occidentale avec des chaises normales au détriment des tatami que l'on ne trouve presque plus en tout cas en ville. De même le kimono n'est plus porté et d'ailleurs peu de personnes savent encore le mettre. C'est trop long à fermer et il faut au moins cinq à dix minutes à quelqu'un d'experimenté pour le fermer à la facon traditionnelle et un temps beaucoup plus long pour quelqu'un qui n'aurait pas l'habitude; Elle Kiyomi comme elle travaille comme serveuse dans un restaurant où il y a pas mal de touristes elle porte un kimono pour y travailler et du coup elle sait se le mettre.

De là on se balade encore dans les rues. On va dans un quartier où il y a des petites rues plus ou moins étroites, bordées de maisons anciennes dont certaines en bois. Ici les fenêtres qui donnent sur l'exterieur sont en verre mais il est probable qu'à l'intérieur les parois d'une pièce à l'autre soient en papier coulissantes.

On va dans un temple bouddhiste. Là aussi il y a surtout des touristes. Il faut oter ses chaussures à l'entrée. C'est un temple tout à fait classique avec de grosses colonnes de bois qui supportent le tout. Un déambulatoire qui entoure une zone centrale reservée à la prière. Ici on est dans un batiment fermé. On s'assied quelques minutes sur les marches de la sortie après y avoir remis nos chaussures pour savourer le lieu.

On continue à marcher dans un quartier assez populaire avec de petites maisons et des rues sinueuses. Je rentre dans différentes boutiques pour me rendre compte de leur intérieur. Notamment l'échoppe d'un cordonnier qui fabrique des chaussures traditionnelles c'est à dire des sandales à semelle de bois. On passe aussi dans une petite superette où on achète des canettes. je prends une canette de thé japonais glacé, qui est très désaltérant, même si je trouve le go–t un peu fort.

De là on prend le bus pour rentrer à l'hotel Ana. Je quitte Kiyomi à la reception, car elle doit aller travailler dans son restaurant. A la reception de l'hotel j'insiste pour avoir un transformateur éléctrique. Après m'avoir simplement dit qu'il était désolé mais que celui prété la veille était cassé, le receptionniste s'arrange pour s'en faire préter un par un hotel voisin et il me dit qu'il me le fera monter dans ma chambre.

En attendant je fais une petite sieste en bouquinant mon nouveau bouquin The Client de John Grisham. Le transformateur arrive et il marche. Le type qui me l'apporte est très gentil et compétent. Je lui donnerai volontiers un pourboire mais apparemment cela ne se fait pas de donner des pourboires dans ce pays, même dans les hotels de luxe comme celui ci. Je peux me raser et me mettre à pianoter sur mon clavier d'ordinateur, pendant une petite heure avant que Guillaume ne rentre peu après 7h comme convenu.

Il a passé la journée avec ses deux copains à se balader de temple en temple; Les deux autres attendent dans le hall de l'hotel et donc on descend les retrouver. Je me renseigne sur le prix d'une nuit pour moi seul demain soir et après avoir négocié le prix réduit pour l'ambassade de France soit 14 000 yens au lieu de 22 000 yens pour le prix tarif, nous reprenons le métro pour aller diner.

On va dans le quartier au bord de la rivière on déambule quelque peu à la recherche d'un restaurant attrayant. Finalement les deux garçons voyants Pierre et Guillaume jettent leur dévolu sur un restaurant japonais qui s'avère parfait;

Je prends un sachimi, c'est à dire simplement du poisson cru, tandis que les autres se lancent dans des sets d'assortiments de différents plats.

sachimi Je dois faire attention pour ne pas confondre la boule de moutarde de reford qui accompagne mon plat avec un des morceaux de poisson.

Guillaume et Pierre on tvécu au Vietnam et Guillaume a connu Claude Vincent du Laos;

En sortant du restaurant on reprend le métro. Les deux garçons vont dormir dans un hotel traditionnel japonais avec tatami et foutoung. Tandis que nous continuons quelques stations plus loin pour aller rejoindre notre hotel de luxe le Ana hotel. On a un peu de mal à deux bigleux à retrouver l'hotel à partir de la sortie du métro. Mais en demandant notre chemin à des passants on tombe sur une jeune fille qui très gentiment nous y conduit en nous précédent.

Dimanche 23 mai

On se réveille vers 7h30. Le temps de prendre une douche et de s'habiller on est prêt largement en avance pour notre rendez vous de 9h35 avec ma guide du jour Meri Takada. On décide de s'abstenir encore une fois du petit déjeuner et je pianote sur mon ordinateur en attendant qu'il soit l'heure. J'ai laissé un autre message sur le mobile de Meri au 090-85275912 pour lui demander d'être là à 9h35.

Guillaume me résume ce qu'il a compris au cours de nos différents entretiens des différentes écritures japonaises; En fait il y a une écriture d'origine chinoise avec des caractère idéogrammes qui exprime des idées ou des choses. Ces caractères chinois ont été simplifiés notamment dans leur dessin par les japonais pour devenir les candgi. Ces candgis ne peuvent être lus et prononcés que si on les connait. Face à un candgi que l'on a jamais vu, on ne sait pas comment le lire ni le prononcer; D'autre part selon le contexte un même candgi peut avoir plusieurs significations et peut se prononcer de plusieurs facons différentes; Ceci dit il n'y a pas en japonais des différences tonales comme en chinois, donc la différence de prononciation des deux sens d'un candgi équivoque sera nette et ne portera pas sur la tonalité d'une de ses syllabes.

Pour éviter ces inconvénients et pour permettre aux personnes moins cultivées de lire certains textes, une deuxième écriture est venue s'ajouter à celle des candgi. Ce sont les iraganas. En fait il s'agit d'une cinquentaine de signes qui représentent les différentes syllabes possibles dans la langue japonaise. Au moins tout le monde peut lire ces caractères qui associés forment la transcription phonétique d'un mot. Il n'y a pas besoin de connaitre le mot pour le lire.

Enfin on trouve une troisième écriture avec les catékanas. Ce sont des caractères aussi syllabiques destinés à représenter les mots d'origine étrangère et qui donc ne se prononcent pas avec des syllabes japonaises classiques.

C'est pour cela que c'est plus facile en informatique de traiter des caractères iraganas que des candgis. Par exemple pour la reconnaissance optique de caractères si le scaner lit une suite d'iraganas il saura tout de suite de facon univoque ce qu'il veut dire et pourra le digitaliser à l'écran. Alors que face à des candgis le scaner va avoir besoin d'un dictionnaire avec un maximum de candgis pour connaitre sa signification. Et encore sur certains il hésitera entre plusieurs possibilités et donc proposera plusieurs digitalisations possibles en iraganas.

Pour compliquer le tout les candgis sont écrits de bas en haut et de droite à gauche, sans interruption, c'est à dire qu'il n'y a pas de blancs pour les séparer. Donc lorsqu'un mot japonais est formé de plusieurs candgis associés par exemple une idée racine avec une autre idée en suffixe il faudra savoir selon le contexte que ces deux candgis sont associés et qu'il faut les lire ensemble bien qu'ils ne soient pas distingués des autres par des blancs;

Le braille japonais est en fait la transcription de caractères iraganas.

candgi

iragana

catekana

A 9h35 précises le téléphone de la chambre sonne et c'est Meri qui nous attend en bas. En descendant on la croise dans le couloir de notre chambre. Elle est d'accord pour nous accompagner retrouver Pierre et Guillaume et aller visiter des temples en dehors de la ville; Meri parle un peu français pas trop mal d'ailleurs et un petit peu plus d'anglais;

Le chasseur de l'hotel très fier de nous montrer son anglais presqu'impeccable nous appelle un taxi en m'expliquant en long en large et en travers comment sont les deux marches à la sortie de l'hotel.

Le taxi nous conduit à la gare centrale. On a un peu de mal à retrouver l'office de tourisme mais on y parvient et on y retrouve Pierre et Guillaume qui viennent aussi d'y arriver en retard sur le rendez vous de 9h30.

On retourne dans la gare Pierre et Guillaume laissent leurs sacs à la consigne. On prend des billets pour aller à Byodouin.

J'achète avec l'aide de Meri des petits biscuits dans une échoppe de la gare. ce son tdes biscuits au chocolat emballés presque un par un. C'est plutôt bon et cela nou sservira de petit déjeuner.

Meri me conduit très gentiment mais je suis un peu énervé parfois car elle passe son bras devant mon corps pour venir poser sa main sur ma canne, ce qui a pour effet de freiner mon avancée et de m'impatienter. Je comprends que cela veut dire "attention" mais cela manque de sens car elle le fait aussi bien quand le passage est étroit, que lorsqu'il faut tourner ou bien lorsqu'il faut s'arréter.

On monte dans un train de banlieue qui est pas mal plein du coup seuls Meri et moi sommes assis. Au bout de 40mn on descend à la station de Byodouin.

On marche un petit peu dans la petite ville avant d'arriver à l'entrée du temple. C'était parait il à l'origine une résidence du premier conseiller de l'Empereur mais à partir du 12ème siècle c'est devenu un temple. C'est une batisse tout en bois située sur une île au milieu d'un grand étang.

Ce temple est très connu car il figure sur les pièces de 10 yens. Et comme on est Dimanche il y a beaucoup de touristes japonais qui affluent ainsi que des groupes scolaires; Du coup il y a plus d'une demi-heure d'attente pour aller sur l'île visiter le temple. J'essaie de doubler la queue graecirc;ce à ma canne blanche. Mais cela ne marche pas et on est arrété par une gardienne qui nous interdit le passage. Meri semble avoir le caractère très discipliné des japonais et elle ne discute que très mollement l'interdiction de doubler;

On se contente donc de faire un tour dans le jardin qui est très beau avec des grands arbres et des allées qui mènent à plusieurs petits temples secondaires. Qui eux sont deserts. On peut les visiter autant que l'on veut. A l'entrée des temples on trouve souvent une colonne de pierre qui soutenait une lanterne en pierre dans laquelle on pouvait allumer une bougie; Avec des bas-reliefs sculptés dans la pierre de ces colonnes et des inscriptions en candgi.

temple de Byodouin

On reprend le train pour Kyoto. Ce train de banlieue est plus moderne que celui de ce matin. Il est climatisé et surtout les fauteuils peuvent se basculer à volonté dans un sens ou dans l'autre. C'est très ingénieux si on veut être ou non dans le sens de la marche on peut basculer le dossier de chaque banquette à deux places. Ce qui est étonnant c'est qu'il n'y a rien pour vérouiller un dossier en position donc en cas de coup de frein violent on doit être applati par son dossier. Mais comme les dossiers sont assez lourds et légérement penchés en arrière lorsqu'ils sont en position, du coup leur poids doit éviter qu'ils bougent trop.

On s'arrète une station avant la gare centrale pour aller voir le temple de Toufukuji.

temple de Toufukuji

Avant d'aller visiter le temple on s'arrète dans un petit bistrot typique pour déjeuner. On s'assied à la traditionnelle en tailleur sur un tatami et autour d'une table basse; On a retiré nos chaussures et on est assis sur un coussin. Je commande une soupe de nouilles avec boeuf qui est assez bonne. Meri a un peu du mal à suivre les conversations en français mais elle ne reste pas trop à l'écart et est plus bavarde que kiyomi.

En sortant on cherche le temple de Toufukuji. En le cherchant on entre dans plusieurs petits jardins du quartier qui sont très mignons et impeccablement entretenus avec des sanctuaires de prière au milieu.

Puis on trouve le temple de Toufukuji. C'est un temple Zen. Il est situé au haut d'une colline perdue dans un vaste jardin très calme et très beau; Après la porte d'entrée on arrive dans une petite vallée que l'on enjambe par un pont-gallerie en bois. En contrebas il y a des arbres et des massifs de plantes et une petite rivière. Puis on monte quelques marches au bout du pont qui mène à une gallerie à colonnes tout en bois et qui forme les trois cotés d'un quadrilatère comme le déambulatoire d'un cloitre. Sur le quatrième coté il y a une allée qui sépare un jardin plein de verdure qui est à l'exterieur du carré et un jardin zen qui est à l'intérieur du carré.

Le jardin Zen consiste en une étendue de graviers toute simple avec éventuellement quelques galets éparpillés. Le gravier est méticuleusement ratissé pour dessiner des petits carrés de cinquante centimètres de coté et qui alternativement sont vides ou pleins de rainures de ratissage. Il y a plusieurs personnes qui méditent dans les galleries en contemplant ce jardin Zen. Il y a un petit batiment qui doit servir aussi à la pratique Zen mais qui n'est pas ouvert. Je regrette que Meri me fasse faire le tour du carré un peu rapidemment et que l'on redescende même en avance sur les autres. Je serai bien un peu resté pour savourer cette ambiance calme;

En redescendant on va voir des temples annexes qui sont de part et d'autre de la petite vallée. Certains sont précédés d'une série de pas de portes alignés que l'on franchit comme une série de filtre pour se purifier avant d'arriver à un sanctuaire de prière. Ce Il parait que cela s'appelle un turii. C'est à dire un couloir à ciel ouvert avec des colonnes qui supportent des linteaux et qui sont disposés tous les deux mètres environ. Il parait que dans la région il y en a un qui comporte deux mille portes ainsi alignées.

turii

On voit aussi une porte Zen qui parait il est la plus grande du Japon. En effet elle est très large et haute. Avec trois passages dans sa largeur chacun avec deux battants de bois qui sont ouverts; On ne peut malheureusement pas s'en approcher car elle est entourée de barbelés.

de là on va prendre une autre ligne de train que celle qui nous a amené ici pour pouvoir aller directement au temple à Sanjusangendou qui est presque au centre de kyoto.

Sanjusangendou

Là se trouve un temple construit par l'Empereur Goshirakawa. Cet Empereur du Japon vécut au 12ème siècle. Au milieu de son règne il a abdiqué pour entrer dans un monastère et a fait construire ce temple en le dédiant à la déesse Kannon.

déesse Kannon

Empereur Goshirakawa Ce temple contient 100 statues qui représentent toutes la déesse Kannon il y en a une centrale très grande où on la voit avec tous ses bras qui portent différent attributs de sa puissance, et qui fait environ trois ou quatre mètres de haut. Elle est encadrée par de série de statues qui la représente à taille humaine toujours avec des tas de bras. Ces statues sont alignées de chaque coté de la statue centrale à raison de cinq rangées de 10 de profondeur. Derrière ces statues il y a un mur et devant 33 embrasures de fenêtres toutes équipées de fenêtres en papier coulissantes qui laisse passer la lumière. Ces 33 fenêtres représentent les 33 états que la déesse Kannon peut prendre pour venir éclairer les hommes de sa sagesse. Ici on a retiré nos chaussures comme dans la plupart des temples. Ensuite on se balade un peu dans le jardin qui est très joli et a aussi quelques dépendances.

Puis on se sépare Pierre et Guillaume Dubourguet vont à la gare où Guillaume va prendre le train pour Tokyo, tandis que Meri, Guillaume et moi reprenons le metro pour aller plus en centre ville. Guillaume va faire du shopping avant de reprendre aussi le train pour Tokyo où il travaille chez Russel Uclaf.

Je vais seul avec Meri à mon hotel Ana; Elle monte dans ma chambre pour me donner les noms des temples que l'on a visité aujourd'hui et pour que je lui donne une bouteille de vin de Fleur Chambot que j'ai apporté de France. Je lui propose de repasser ce soir pour que l'on boive du champagne ensemble mais elle n'est pas sur de pouvoir.

En attendant je me mets à mon ordinateur. Puis je descend dans le hall de l'hotel pour trouver la piscine; Une jeune groom m'y conduit. C'est au sous-sol. Je prends un long bain en faisant des longueurs. Il y a au début juste un couple de japonais et puis je suis seul dans le bassin. La piscine n'est pas très profonde mais assez longue environ 12m.

Après mon bain le garcon qui m'a aidé à me changer me montre les appareils de musculation où je fais quelques exercices avant d'aller au sauna.

Dans le sauna il y a une télé qui braille un peu trop à mon go–t. La température n'y est pas excessive. J'y fais deux séjours d'environ cinq minutes entrecoupés de plongeon dans une baignoire froide. C'est très agréable et je me sens tout détendu en remontant dans ma chambre; Avant de remonter j'ai un peu erré dans les vestiaires de la piscine. J'ai même tournicoté dans le bar. En croyant y être seul je mettai mes mains un peu partout jusqu'à ce que je les ai posé sur la tête d'un monsieur qui devait être là très silencieusement. En tout cas il n'a pas bougé pour m'aider et j'ai d– errer encore un peu pour enfin tomber sur le garcon qui m'avait aidé et qui m'a raccompagné à ma chambre;

Je pianote encore sur mon ordinateur pendant quelques temps. Mais assez vite mes paupières s'alourdissent et je me couche vers 21h30 après avoir téléphone à Kiyomi pour lui donner rendez vous demain matin et à Philippe Perez pour lui donner rendez vous à l'ambassade de Tokyo demain soir.

Lundi 24 mai

Je suis réveillé à 4h du matin, je bouquine un peu puis je prends un long bain. J'écoute CNN en m'habillant il parle presqu'uniquement de la guerre au Cossovo et ne dise que deux phrases sur le festival de Cannes qui s'est apparemment terminé hier.

J'écris sur mon ordinateur jusqu'à 7h30 où je descends pour petit déjeuner. Une de ces charmantes hotesses groom me prend en charge dans le hall pour me conduire à la salle à manger; Une autre femme qui parle pas mal anglais me fait choisir entre différents petits déjeuners, je commande un petit déjeuner américain avec en plus des hash-braun, moyennant un supplément de 500 yens.

On m'apporte un jus d'orange et du lait et des croissants. Enfin je go–te ces croissants dont Pierre et guillaume ont plusieurs fois parlé. Il parait que l'on trouve un peu partout au Japon des croissanteries comme chez nous qui propose des croissants. D'ailleurs Pierre nous a raconté qu'hier matin il est sorti de l'hotel pour aller en acheter en guise de petit déjeuner. J'en go–te donc un qui s'avère excellent, certes un peu gras. Ici c'est considéré comme une forme de pain, au même titre que l'on a le choix chez nous entre pain blanc et pain noir. Quand je demande du pain pour aller avec mes oeufs brouillés on m'apporte un nouveau croissant; J'en prendrai d'ailleurs encore deux de plus. Lorsqu'on m'a apporté une assiette soit disant de hash-braun j'ai réclamé car ce sont certes des pommes de terre mais pas du tout grillées; La serveuse m'a dit que de toute facon cela ne me serait pas facturé. Bref sans avoir diner hier soir, je m'autorise un solide petit déjeuner et je signe une facture de 2350 yens, c'est à dire qu'ici les prix sont exprimés en brut le petit déjeuner est à 2000 yens. Mais il y a en plus 10% de service, 5% de tva et une taxe locale;

Il parait qu'il y a en ce moment toute une polémique pour savoir si la tva à 5% est ou non un frein à la reprise économique et certains plaident pour qu'elle soit baissée ! Certains de nos décideurs de Bercy avec notre tva à 20.6% devrait venir faire un tour par ici.

Je remonte dans ma chambre et retravaille sur mon think-pad en attendant l'arrivée de Kiyomi. On a rendez vous à 10h. J'ai prévu de descendre peu avant pour régler ma note en l'attendant. Evidemment je descend en retard car j'ai tenu à finir une journée de mon récit avant de descendre. Du coup elle est déjà là et je dois payer devant elle ce qui me gène un peu de lui montrer combien co–te ce genre d'endroit à elle qui ne doit pas rouler sur l'or. Je m'en tire pour 23500 yens pour un prix de base de la chambre à 14 000 yens. Encore une fois toutes les taxes et frais de services sont passés par là, plus mon petit déjeuner et mon sauna d'hier;

Kiyomi me raccompagne dans ma chambre pour que je termine ma valise; Je lui offre une petite bouteille de parfum Christian Dior que j'ai acheté à Roissy. Elle semble très contente. On descend mes bagages et je rends la clé de ma chambre.

On prend un taxi avec mes bagages pour la gare, où je laisse mes trois sacs à la consigne. De là on va faire un tour dans le supermarché de souvenirs voisin mais en fait cela s'avère surtout être un supermarché de nourriture donc pas très interessant pour moi.

Kiyomi m'a proposé qu'aujourd'hui on fasse du shopping, ce qui m'agrée car je dois acheter un cadeau pour ma filleule Armelle dont c'est la comunion le week-end prochain. On prend le métro pour aller sur l'avenue principale. Kiyomi m'emmène dans un magasin d'éléctronique pour que je choisisse un nouveau walkman.

J'hésite assez longuement devant des touts petits walkmans qui ont l'air très sympa mais sont chers et avec un fonctionnement plus ou moins éléctronique donc cela prend quelques dixièmes de seconde de déclencher les marche avant et arrière. Moi qui en use pas mal avec mes bouquins, je ne trouve pas cela très pratique en plus ils fonctionnent avec une batterie spécifique et il faut rajouter un dispositif pour avoir une pile exterieure. Du coup je me rabats sur un walkman enregistreur et radio qui fait un peu tout et qui n'est pas trop cher à 10 000 yens; Le vendeur ne m'a proposé que des appareils Sony ce qui doit être la marque sur laquelle il a la plus grosse marge.

De là on va dans un grand magasin voisin. J'y choisis un kimono d'enfant pour Armelle avec une large ceinture en soie rouge. Ces kimonos sont très chers et d'abord on hésite à un rayon avec des kimonos à plus de 20 000 yens la pièce puis on change de rayon où on en trouve à des prix plus raisonnables, mais cela me coute tout de même 9 000 yens kimono plus ceinture. Une américaine que Kiyomi aide pour traduire son besoin de kimono nous renseigne sur l'endroit où je peux trouver des boites en laque car quand j'explique à kiyomo elle ne comprend pas de quoi je veux parler;

On trouve au 6ème étage un rayon avec des laques, je choisis une boite à étages comme cadeau d'anniversaire pour Juliette ma soeur. Au rez de chaussée on passe au rayon détaxe pou rrécupérer la tva avec mon passeport français; Mais à raison de 5% je ne récupère que 600 yens qui ne font que 30f.

De là on reprend le métro pour la gare centrale. J'achète un ticket pou rle train de tokyo à 14h57. Je récupère mes valises à la consigne. Kiyomi doit me laisser à l'entrée de la zone des quais car il faut un billet pour aller plus loin. Elle a été vraiment charmante et je suis triste de la quitter. Elle me confie à un employé de la gare qui me porte ma valise et me conduit à ma place dans le train. Il peine en portant ma valise et je suis bien content que ce soit lui qui le fasse. En me quittant je lui fais comprendre que j'aimerai bien qu'à l'arrivée à Tokyo il y ait quelqu'un comme lui pour me prendre en charge; Apparemment il a compris et me dit qu'il va téléphoner;

Une fois dans le train qui s'est arrété juste quelques minutes venant d'Osaka jusqu'à Tokyo, je m'installe près de la fenêtre; Comme je veux aller boire un coup au bar, je parcours une ou deux voitures en cherchant la voiture bar. J'essaie de demander aux personnes qui passent mais ce n'est pas facile, car déjà il faut leur faire comprendre par signe que je veux boire et puis ensuite avec leur pudeur et leur habitude de ne pas se toucher ils me montrent du doigt la direction et j'ai du mal à savoir dans quel sens c'est. En fait un type me propose de l'eau à une fontaine disposée entre deux wagons; Il m'explique avec quelques mots d'anglais qu'il n'y a pas de bar dans ce train, juste un service chariot qui va passer.

Je retourne à ma place. Là un controleur arrive et m'enjoint de changer de place car je me suis assis à coté de la fenêtre alors que mon billet indique que je devrais être sur le fauteuil d'à coté; C'est incroyable ils ont tellement le sens de l'ordre qu'il n'y a rien à faire et je ne peux m'en débarasser qu'en me décalant d'une place. Et encore il voudrait que j'aille dans la place coté couloir car je suis dans une rangée de trois sièges mais là je lui fais fermement comprendre que je n'ai pas envie d'être coté couloir; Comme je suis dans la première rangée du wagon il n'y a qu'une toute petite tablette accrochée au mur devant mon siège, pas assez large pour y poser mon ordinateur, que je sors sur mes genoux; J'écris presque tout le long du voyage jusqu'à Tokyo. Les stations sont annoncées en japonais et en anglais, donc je peux me préparer à l'arrivée.

Là un employé de la gare est ponctuellement à la porte du wagon et me conduit aux taxis. C'est très pratique et je suis presque un peu décu car j'espèrai que ce petit voyage seul serait pour moi l'occasion de tester si je suis capable de me débrouiller à peu près tout seul perdu dans une gare inconnue et hostile. Tant pis je n'aurai pas mené l'expérience jusqu'au bout. Bien que le simple fait de parvenir à demander au départ qu el'on m'attende à l'arrivée faisait déjà partie de l'expérience.

Je tombe sur un chauffeur de taxi qui parle bien anglais et qui a vécu 3 ans à New-York en y faisant de l'import export. Il a d– sortir du business malgré lui et comme depuis 5 ans il ne parvient pas à se remettre dans le circuit, il fait le chauffeur de taxi. Il y a un peu d'encombrements, je lui montre le papier que m'a donné Philippe Perez et qui indique en japonais et en anglais le plan de l'ambassade. Il me dépose donc à l'ambassade vers 18h35 et me demande 2660 yens pour la course.

Je salue Philippe, qui m'installe de nouveau dans le bureau de stéphane pour que je puisse faire une réplication de notes; Stéphane est manifestement dans une longue conversation privée avec la métropole et il ne raccroche pas avant une bonne demi-heure. J'ai un peu de mal à me connecter et la réplication est un peu longue. Mais pendant ce temps je transfers quelques affaires de mon petit sac rouge à ma valise. Puis on part vers 19h35 dans la voiture de Philippe qui très gentiment m'accompagne à l'aéroport. On discute des frais de mission qui sont alloués par le ministère et que je trouve tout à fait correct. 8500f pour ce séjour qui m'aura couté environ 11 000f, compte tenu du week-end en plus à Kyoto, cela fait des frais de mission vraisemblablement honnètes mais sans excès. On parle aussi de son prochain poste à Wellington en Nouvelle Zélande prévu pour cet été;

La circulation est fluide et on arrive à 20h35 à l'aéroport. J'enregistre avec un stewart masculin qui n'a aucune intention de céder à mon coup de charme pour tenter d'être surclassé. Philippe va chercher un badge diplomatique et m'accompagne en salle d'embarquement. Là je redmande à un autre stewart à être surclassé, de nouveau sans succès. Alors je lui demande d'aller au salon Air France et en profite pour lui montrer ma carte fréquence + rouge. Il nous accompagne au salon qui est à l'étage. Sur le chemin je le gratifie de quelques compliments. Le salon est bien plein. philippe y retrouve un certain Jean Barthelemy responsable de la Datar pour l'Asie qui travaille à l'ambassade; C'est lui qui s'occupe de motiver les entrprises asiatiques à investir en France et à venir y installer des usines. C'est lui qui par exemple à négocier et conduit le projet Toyota à Valenciennes. Je lui demande au détour d'une phrase combien cela a couté au contribuable et il me répond que cela n'a pas été cher, et que de toute facon cela ne pouvait pas co–ter cher car la commission de bruxelles veille à ce que ce genre de marché soit fait de facon équitable vis à vis des autres pays concurrents où l'usine aurait aussi p– s'installer. Il parait que seul l'ambassadeur voyage en classe affaires et que Philippe comme monsieur Barthelemy sont en classe économique, lorsqu'ils voyagent. Cependant quelqu'un comme Raymond Barre voyage en première classe.

On trouve tout de même deux places pour s'asseoir et Philippe me prend un jus de tomate dans un frigo self-service. Alors que je suis en train de me goinffrer de cacahuètes japonaises pas trop bonnes, le stewart de l'embarquement arrive et annonce à Philippe qu'il m'a surclassé en me donnant ma nouvelle carte d'embarquement; Je suis bien content;

J'embarque peu après. Philippe m'accompagne jusqu'à la porte de l'avion. On me fait monter au pont supérieur où je m'assi à coté du hublot. Une hotesse vient m'expliquer comment marche la vidéo et les différents boutons des accoudoirs.

Les autres passagers embarquent et je me retrouve avec le directeur général de Sony Espagne comme voisin. C'est un catalan de barcelone qui parle bien français. On dine côte à côte d'un filet de boeuf assez bon. Je bois un Saitn Emilion très moyen et avant le champagne de l'apéritif était vraiment décevant; Bref le repas n'est pas terrible mais c'est sympa d'avoir la nappe, la place de poser ses couverts et la possiblité de redmander du vin à volonté.

Vin qui d'ailleurs ne tarde pas à m'ensommeiller, je pianote un peu sur mon ordinateur puis je m'endors en allongeant mon fauteuil jambes et dossier. Je ne prends pas de mélatonine our voir si je vais bien dormir dans ces fauteuils; En fait j'ai un peu tort car je ne dors que deux ou trois heures et je me réveille. Je lis un peu avant de me remettre à mon ordinateur. Je me sens un peu coincé du coté hublot avec mon voisin qui dort ou somnole, alors que j'irai volontiers me balader un peu dans l'avion pour visiter ces recoins à l'avant qui me sont pas trop connus;

Il finit par se réveiller et je vais un peu me promener. Je demande notamment à une hotesse où est le bar qui nous a été annoncé à l'arrière de la cabine du premier étage. En fait de bar que j'imaginai au milieu d'un salon avec des hommes accoudés autour, il s'agit d'un dessus de placard de 40 centimètres carrés, avec quelques bouteilles dessus, juste à coté de l'escalier. Ma promenade est limitée par le chariot du petit déjeuner qui commence à circuler.

Je retourne m'asseoir et je me régale avec un bon petit déjeuner constitué d'une omelette trop cuite, mais de croissants bons, de lait froid à volonté et d'un bon petit pot de confiture.

On arrive à Paris, le stewart qui m'attend à la descente de l'avion doit aussi accompagner des enfants mais comme je refuse d'attendre, il m'accompagne gentiment jusqu'au controle de police; Là je demande de l'aide à un passager qui passe par là. Cela s'avère être Jean Barthelemy. Il me conduit jusqu'au tapis à bagages et m'aide à retrouver ma valise. C'est généreux de sa part d'avoir ainsi attendu avec moi, car lui n'avait pas de valise enregistrée. L'aérogare est deserte, c'est le nouveau hall F. C'est assez pratique car à part un escalator on ne descend aucun escalier entre l'avion et la sortie et ce n'est pas trop loin. On n'attend pas longtemps les bagages. On sort et monsieur Barthelemy me met dans un taxi qui lui même me conduit à Vital. On a aterrit à 4h35, je suis chez moi à 5h30. Je branche mon ordinateur pour faire une réplication. Je vide un peu ma valise et je me couche pour dormir une paire d'heures avant de recevoir mon lecteur et d'aller à Descartes.

Pages personnelles de Sylvain NIVARD