Au printemps 2000 une amie Mathilde des Noes me dit à l'occasion de notre rencontre dans un cocktail d'amis, qu'elle compte aller en octobre en Iran et tout de suite je saute sur l'occasion et lui demande si elle m'emmenerait avec elle. Comme elle accepte il n'y a plus qu'à attendre la date du départ qui tarde à venir;
Pour se mettre dans le bain du pays, nous allons, dans le cadre d'un festival iranien qui se déroule à Paris, voir le spectacle traditionnel iranien à la Villette. Cela s'appelle le Tazieh et c'est un peu le spectacle culte d'Iran. C'est l'histoire de l'assassinat d'un émir au moment du schisme entre Sunite et Chihites. Cela se joue et se chante accompagné par quelques instruments dont tambours et cymbales; C'est plutôt émouvant et joli.
Nous nous sommes aussi documentés avant notre départ sur les Grands Rois Perses à l'époque antique notamment en lisant le livre de Pierre Briand de Cyrus à Alexandre.
Puis c'est le jour du départ. J'ai passé la matinée à mon bureau à Descartes, avec notamment notre réunion hebdomadaire de managers. Puis au moment de partir un des commerciaux de mon équipe Sébastien qui déboule dans mon bureau pour me dire qu'il ne sent pas tellement le métier de commercial et qu'il se verrait plutôt dans le marketing. Je tente de le rassurer un peu en espèrant qu'il ne me mette pas une durite pendant mon absence, tout en regardant ma montre.
Je prends un taxi et j'arive à 14h30 à Orly sud pour un avion à 15h30 donc je suis plutôt large. J'ai rarement eu autant d'avance. Mais Mathilde est affolée en m'attendant et même s'il reste 25 minutes avant la cloture de l'enregistrement elle s'imaginait déjà que je ne serai pas là à temps. Et en plus c'est moi qui est les billets.
J'enregistre deux gros sacs plus mon petit sac rouge que je garde à la main. J'ai plusieurs paquets à l'intention de mon oncle Pierre Humblot qui habite à Téhéran depuis 32 ans;
On monte dans la salle d'embarquement; Mathilde veut prendre une dernière boisson alcoolisée tandis que je prends un orangina; Puis on embarque;
On est assis plutôt vers l'avant de ce Boeing 747. Il y a une place inhabituellement grande entre les rangées de fauteuils ce qui permet de presque allonger les jambes; Il y a plusieurs groupes de touristes français qui montent dans l'avion, notamment des groupes du troisième aecirc;ge.
Pendant que les autres passagers embarquent j'en profite pour me balader vers l'avant de l'avion. Je monte sur le pont supérieur de ce 747. Personne ne me demande rien au contraire en haut les stewards que je rencontre sont très sympas avec moi et me laisse visiter; Ils m'expliquent que la classe affaires et la première sont en bas et qu'ici se sont des places touristes laissées libres au cas où. En tout cas les iraniens semblent très sympathiques car sur toute autre compagnie on m'aurait refoulé à ma place depuis longtemps.
On nous fait attendre une bonn heure assis dans l'avion. D'abord il parait que l'on attend des ultimes passagers en retard. Puis il semble qu'il y a un incident technique au niveau d'un réacteur du 747 qui doit nous transporter. Au point qu'ils doivent nous refaire descendre en salle d'embarquement.
J'appelle Franck, commercial dans mon équipe qui me remplace pour qu'il me donne le numéro de mon oncle dont je ne me rappelle plus, afin que nous le prévenions du retard vraissamblable. à l'arrivée à Téhéran. Puis on essaie de sortir de la salle d'embarquement notamment pour acheter de la solutricine que mon oncle vient de nous demander. Mais on nous refuse de ressortir de l'espace d'embarquement.
Du coup on reste dans un coin sur une banquette où nous somnolons tous les deux. Mathilde a pris des comprimés d'exomédine pour calmer ses angoisses en avion, du coup elle est plus que zen.
Au bout d'une bonne heure on nous fait remonter dans l'avion, il parait que tout est ok.. On s'installe et on s'endort immédiatement on ne sent même pas le décollage. Mathilde est tellement assommée par les 2 comprimés d'Exomedine qu'elle a absorbé qu'elle réalise à peine que l'on est parti.
On nous sert un diner avec un poulet tout à fait médiocre et une salade non moins médiocre. Heureusement j'ai apporté un reste de fromage de chèvre que j'avais dans mon réfrigérateur, qui est bien go–tu. Nous n'avons déjà plus droit à une seule goutte d'alcool et il nous faut nous contenter de Coca.
De son coté Mathilde est déjà voilée avec une large écharpe qu'elle a disposée sur sa tête.
Le vol dure 5h. On peut suivre notre progression sur l'écran qui affiche un planisphère et des données sur notre route.
On aterrit à minuit heure de Paris c'est à dire 1h30 heure de téhéran. Il y a qu'une heure et demie de décalage au lieu des heures et demie car en ce moment l'Iran est déjà passé à l'heure d'hiver tandis que la France est encore en heure d'été. De plus la demi-heure de décalage est d–e au fait que l'Iran s'étale de l'ouest à l'est sur tout un fuseau horaire et pour ne pas faire de jaloux ils ont décidé de couper la poire en deux et de se caler sur la moitié d'un fuseau horaire.
On attend assez longuement pour passer le controle de police; Notamment parcequ'il y a des femmes iraniennes qui nous doublent avec leurs famille sans vergogne. A la sortie il y a plusieurs accueils de groupes avec des types qui brandissent des pancartes de Tour Operator dont Nouvelles Frontières pour rassembler leurs brebis. On retrouve mon oncle Pierre qui nous attend très gentiment malgré l'heure tardive pour lui. Comme annoncé il ressemble effectivement beaucoup à Antoine Thomassin autant que je puisse en juger.
Il nous fait monter dans sa petite Renault 5 et nous conduit à travers la ville endormie jusqu'à chez lui.
Comme il est deux heures du matin pour lui on ne papote pas trop longtemps; On sort simplement les provisions de fromage et de Nescafé que nous avons apporté, ainsi qu'une belle quantité de tablettes de chocolat;
On va se coucher rapidemment.
Pierre habite dans une maison à trois étages qui est essentiellement occupée par les bureaux du Centre qu'il dirige et dont la mission est de traduire en persan et de publier des textes théologiques chrétiens. Il fait cela en relation avec les autres églises chrétiennes, notamment pour définir les nouveaux mots qu'il leur faut inventer pour traduire des concepts chrétiens récents ou étrangers aux iraniens. Le troisième étage est aménagé avec une salle de séjour centrale qui dessert d'une part la chambre de Piere et son bureau et d'autres part une chambre d'ami et un autre bureau occupé le jour par des collaborateurs de Pierre, qui pendant la durée de notre séjour vont migrer à l'étage inférieur. Il parait qu'ici ils sont à peu prêt une douzaine à travailler en permanence sur les ordinateurs qui servent de postes de traduction ou bien à l''atelier de reprographie; Pierre nous montre son dernier ouvrage qui sont les Actes du Concile Vatican 2 qu'il a publié à 50 exemplaires. C'est d'ailleurs graecirc;ce au petit nombre d'exemplaires tiré qu'il peut jouer sur les mots vis à vis de la police politico-religieuse, et prétendre ne pas faire de l'édition mais juste de la ronéo à usage privé pour quelques amis. De même il a acheté la ronéo la plus grosse possible en dessous du seuil de celle qui demandent d'avoir une autorisation du gouvernement.
Je m'installe dans la chambre d'amis tandis que Mathilde prend un lit de camp dans le bureau voisin.
La salle de bains est équipé d'une baignoire et il parait que l'on peut boire sans crainte de l'eau du robinet pratiquemment partout en Iran. La seule chose qui nous change, nous occidentaux c'est la présence de cabinets à la turque.
On boit un verre d'eau et on regarde un peu la carte avant d'aller se coucher. Puis on va se coucher. Je suis déjà tout content car je me sens déjà tout détendu. Ce pays semble très sympa. Et en plus la température semble tout à fait agréable, certes un peu fraiche cette nuit où l'on supporte un petit chandail mais certainement plus supportable que les grosses chaleurs d'été.
Le temps de faire notre toilette et de nous installer on se couche tout de même à 4h heure locale. Pourtant j'ai du mal à m'endormir.
On se réveille vers 10h. On va petit déjeuner dans la salle de séjour qui est équipée d'un velux au plafond qui la rend très claire. On prend du thé et des galettes de pain toutes minces que l'on tartine soit du fromage de chèvre que j'ai apporté de Paris et qui sent maintenant très fort ou de la confiture de griottes qui est très bonne, ou encore du miel.
On papote longuement avec Pierre notamment pour tenter d'esquisser un programme de notre voyage. Pierre est un peu long à mon go–t pour nous donner ses conseils car il fait de nombreuses disgressions et il débite lentement ses idées. Je suis un peu impatient car je voulai simplement que l'on jette en cinq minutes sur le papier les principales étapes de notre voyage pour avoir une idée de ce que l'on peut ambitionner de faire en trois semaines. Et en fait cela nous prend plus d'une heure. Mais au moins l'ambiance est très sympa et on en profite pour faire connaissance. Cela permet aussi de nous mettre bien en phase Mathilde et moi sur le mode de notre voyage. Et ce qui me fait plaisir c'est que nous sommes d'accord à peu près sur tout.
Il y a quelques uns des collaborateurs de Pierre qui monte pour dire bonjour, et pour nous donner quelques conseils sur les régions qu'ils connaissent. Pierre fait l'interprète, il parle manifestement très bien le persan et il est le seul occidental dans le centre, du moins parmi les permanents.
Puis on monte sur le toit terrasse de la maison pour admirer la vue sur la ville. Comme elle se situe sur le piemont d'une chaine de montagnes la ville est plutôt en pente avec la chaine de montagnes au nord dont on voit quelques sommets enneigés et qui nous sépare de la mer Caspienne; Comme souvent la partie haute de la ville est plus residentielle et plus riche que la partie basse car il y fait plus frais donc les maisons valent plus chères.
La chaine de montagnes est orientée est-ouest au nord de la ville qui s'étale sur les trois autres cotés. Teheran qui ne comptait que deux cent mile habitants en 1920 en compte aujourd'hui 16 millions et c'est manifestement très pollué on voit des nuages de fumée qui stagnent. Vers le sud la ville s'étend en direction du plateau iranien et du desert qu'il contient. Le plateau iranien est un vaste plateau pris entre la chaine de montagnes du nord et une autre chaine plus au sud qui est orientée nord-ouest sud-est au delà de laquelle se trouve le golfe persique à peu près dans le même axe.
On redescend je fais une petite siest puis vers midi on déjeune toujours dans la salle de séjour
Entretemps un des copains de Pierre comme il aime à les appeler, a été changer de l'argent pour nous. Je lui ai confié 3000f en espèces et il est revenu avec plus de 3 millions de Reals l'ancienne monnaie locale qui valent aujourd'hui 300 000 tomans qui est la nouvelle monnaie. Mais les billets sont toujours marqués en reals. Ce qui fait qu'un franc vaut 100 tomans ou bien 1000 reals.
On déjeune avec un repas qui est apporté tous les jours de l'évéché à Pierre dans une gamelle déjà pré-cuite. Ce qui lui permet de ne pas avoir à se préoccuper de sa cuisine. Aujourd'hui il s'agit de viande avec du riz et des haricots; C'est plutôt bon. Le tout est arrosé d'un verre de vin artisanal qui est fabriqué par un copain de Pierre. C'est franchement mauvais, cela sent encore beaucoup le jus de raisin et c'est tout juste fermenté. Puis on go–te un des fromages que j'ai apporté de Paris. Le Roblochon qui est succulent, bien conservé dans l'emballage sous vide que m'a fait la fromagère pour chacun des fromages.
L'après-midi un des collaborateurs iranien de Pierre nous conduit en voiture jusqu'au musée des tapis où il nous dépose. On y arrive en même temps que deux groupes de français. On s'insère parmi eux ce qui nous permet de ne même pas payer l'entrée car un de leurs guides nous fait passer avec ses brebis. On suit un peu les explications des guides mais elles ne sont pas très interessantes. Il s'agit plutôt de vanter les mérites des tapis iraniens et leurs méthodes de fabrication. J'ai l'impression qu'ils sont en train de mettre en condition leurs groupes pour des futurs achats.
On fait un peu le tour des différentes salles il y a des tapis d'un peu toutes les régions avec différents styles et beaucoup de couleurs. Mais comme il n'y a pas d'explications sur la symbolique ou sur les origines de chaque tapis je ne suis pas très interessé ne les voyant pas.
Du musée on va se balader dans un parc public qui se situe à coté. Où il y a une exposition consacrée au Balouchistan qui est une région de l'est de 'lIran. Il y a toute une série de petites tentes qui proposent des produits folkloriques de la région soit artisanaux soit des produits frais.
On voit passer quelqu'un qui doit être une huile qui visite l'exposition car il est suivit par une troupe de photographes, par une caméra de télé et par tout un aéropage d'une cinquantaine de personnes qui sont en rang d'oignons derrière l'air très sérieux.
Il fait très beau et on va s'aseoir sur une pelouse pour profiter de ce temps très agréable et pour lire un peu le guide avec notamment l'histoire de l'Iran. On lit d'abord en anglais dans le Lonely Planet. Il y a des jeunes qui viennent nous proposer des glaces, une femme qui vient nous proposer de lire la bonne aventure. On lit aussi un guide Bleu qui date de 1967 et un guide Najel qui date lui de 1964 et que Pierre nous a prété. C'est amusant de lire leur version de l'histoire sachant que cela a été écrit avant la révolution. Notamment le guide Najel parle de l'ère d'un état musulman qui s'achève au vingtième siècle !
Le soleil tombe et il commence à faire un peu frais. On se relève et on décide de rentrer à pied bien que pierre nous a conseillé de revenir en taxi on a envie de respirer un peu la pulsation de la ville;
Les trottoirs sont assez casse gueules pour moi, notamment avec des caniveaux incroyablement profonds et larges. Parfois profond de cinquante centimètres avec carrément des torrents d'eau qui coulent dedans il ne vaut mieux pas y mettre le pied. Les trottoirs eux mêmes sont très irréguliers mais Mathilde me guide très bien. Les carrefours non plus ne sont pas faciles à traverser car il y a peu de feux rouges et pratiquemment pas de passages pour piétons donc il faut y aller au culot pour traverser des avenues qui peuvent faire deux fois quatre voies. Les voitures bien s–r ne s'arrètent pas facilement et préfèrent jouer de l'avertisseur et foncer avant de s'arréter inextremisse. Je pense que ce serait vraiment difficile pour un aveugle de faire plus d'un paté de maison seul.
On marche ainsi vers l'ouest pour retourner vers la maison de Pierre; Il nous a donné une petite carte de visite avec son adresse marquée en persan ce qui nous permet de demander notre chemin en la montrant. Car les personnes qui parlent ne serait ce que quatre mots d'anglais ne sont pas nombreuses. Heureusement sur la carte de visite il y a aussi le nom de la grande avenue à coté de la petite où habite Pierre donc c'est relativement facile de se faire indiquer le chemin en sondant un passant de loin en loin. On passe devant de nombreuses boutiques notamment pas mal de petites épiceries avec des légumes de toutes sortes mais pas très différents de ceux de chez nous. De même pour les boutiques de biens de consommation elles semblent avoir tous les produits modernes. Les gens dans la rue sont très sympa. Les femmes ont toutes un foulard sur la tête qui cachent les cheveux mais le visage dégagé. Par contre des robes longues qui recouvrent souvent un pantalon et descendent jusqu'aux chevilles.
On arrive chez Pierre alors que la nuit est tombée. C'est malheureusement l'heure de la messe quotidienne qui est dite par Pierre pour la petite communauté qui l'entoure, du coup on dérange quelqu'un qui sort de la chapelle située au premier étage pour descendre nous ouvrir. Pierre fait partie de l'association des religieux du Prado mais a été détaché dans l'église caldéenne qui est une église du Prôche Orient plutôt proche du catholicisme.
On monte se reposer dans nos chambres pendant que la messe se termine. Puis vient Bernadette une femme convertie de l'Islam au christianisme qui a environ quarante ans et qui demande avec insistance depuis plus de vingt ans à être baptisée. L'évêque a été jusqu'à présent très réticent car baptiser un musulman c'est l'exposer à des gros risques de représailles de la part de la police politico-religieuse qui peuvent aller jusqu'à la condannation à mort. Mais il semble que ca y est c'est décidé elle se prépare au baptême pour ientôt. En tout cas elle est toute excitée par la venue des neveux de Piere et elle a décidé de nous préparer un repas de cuisine iranienne pour nous souhaiter la bienvenue. Elle investit donc la cuisine pour y terminer les préparatifs du repas qu'elle a apporté.
On se met à table vers huit heures. La table est envahie de petits plats tous plus appétissants les uns que les autres. Il y a notamment pour chacun une assiette de cresson très parfumé, une assiette de salade de légumes concombres, tomates et poivrons. Il y a un plat de viande à la confiture de grenade qui est très bon. Des petits radis, du riz cuit d'une facon très spéciale et minutieuse en trois fois où je ne sais quoi. Il y a aussi du fromage blanc avec des herbes et un autre plat de viande aux fèves et pistaches. Le tout est arrosé de Coca cCola, ce qui est un peu dommage;
On papote malheureusement Bernadette ne parle pratiquemment pas anglais. Pierre fait l'interprète. Elle s'en va après le diner après avoir fait la vaisselle. Pierre lui appelle un taxi. Puis on reste à parler à trois; Pierre nous explique que Bernadette a été dénoncée à la police par ses frères et soeurs pour sa conversion. Son propre fils la renié et refuse de la voir, etc. Pierre nous parle aussi des rapports cordiaux entre les différentes églises chrétiennes, notamment pour coopérer à son travail de traduction et pour s'accorder sur les mots qu'il convient d'inventer dans la langue perse pour traduire des concepts plus ou moins nouveaux. Il nous raconte aussi ses aventures pendant la révolution comme ambulancier. Cet engagement qui lui a permis d'obtenir sa nationalité iranienne. Qui elle même lui a évité juste à temps de se faire expulser comme la plupart des religieux occidentaux pendant les années 80. Puis on va se coucher pas trop tard vers 22h30.
Pierre vient me réveiller comme convenu à 7h30. Je n'ai pas bien dormi pendant la nuit, probablement à cause de la digestion du festin d'hier soir. Pendant la nuit j'ai entendu un balayeur qui balayait la rue vers 3h du matin. Drole d'heure pour balayer les rues. J'ai aussi entendu passer un cheval deux fois de suite.
Je prends une douche, puis on petit déjeune toujours avec le pain galette, le fromage à tartiner et la confiture de griottes arrosés de thé. Pendant ce temps un des "copains" de Pierre est monté s'installer à coté de nous pour lire le journal et pour papoter un peu avec nous; Lui parle très bien anglais.
Puis on prend nos affaires et on part; J'ai laissé un de mes deux gros sacs chez Pierre avec quelques unes de mes affaires dont je ne pense pas avoir besoin en route. C'est notre ami chauffeur d'hier qui nous reprend dans la voiture et qui nous emmène à la gare terminal de bus de l'ouest.
Pierre nous fait des adieux chaleureux et nous recommande de l'appeler de temps en temps pour lui donner des nouvelles.
Il fait très beau. On arrive un peu en retard sur notre horaire planifié à la gare routière. Il est 9h et le prochain car pour Tabrise est à 10h. Donc il nous faut attendre une heure sur une des chaises de la grande salle d'attente de la gare. Il y a plusieurs compagnies qui desservent les villes de l'ouest du pays. La concurrence joue et il y a de nombreux crieurs qui hurlent dans la gare la destination du prochain bus de leur compagnie afin d'y attirer le chaland. Le copain de Pierre nous a aidé à acheter notre billet; Cela co–te 50 000 reals pour aller de Teheran à Tabrise, soit 50 francs.
Au bout d'une heure d'attente dans ce hall un peu ruyant, que l'on a passé à papoter et à observer les indigènes on sort du cotés des départs de car.
Notre car nous attend là et on se retrouve dans un autocar tout moderne. Nous sommes pratiquemment déçus car nous nous faisions l'un comme l'autre presque une joie de se retrouver dans une ambiance authentique de bus brinquebalant. L'avantage c'est que l'on est bien assis et qu'il y a même un vague air conditionné. Il y a même un petit frigo avec une petite fontaine à eau. On nous distribue des journaux, des biscuits. L'ambiance est plutôt chic et de nombreux passagers lisent le journal. Il y a aussi une télé qui projette un film bruyant.
On longe la chaîne montagneuse par le sud sur une route à deux fois trois voies. La vitesse est limitée à 80km/h pour les autocars et camions; Le trafic n'est pas très important surtout comte tenu de la largeur et de la qualité de la route;
On s'arrète pour déjeuner, devant un restaurant de route tout moderne, installé dans un batiment lui aussi moderne. Nous nous installons sur des chaises métalliques et devant une table elle aussi métallique; On commande des chicken kebab c'est à dire soit disant des brochettes de poulet, mais en fait ce sont des morceaux de poulet insipides et très gras accompagné par un riz pas terrible aussi. Le tout nous co–te 50 000 reals c'est à dire 50f ce qui peut paraitre peu cher mais ce sera l'un des repas les plus chers de notre séjour, comparable à ceux dans les grands hotels que nous fréquenterons parfois. Je trouve cela d'ailleurs d'emblée très cher car Pierre m'a indiqué qu'en général un repas pour deux devrait co–ter entre 20 et 30 mille réals. On comprend mieux pourquoi aucun autre des passagers du car ne s'est installé à table, sauf les chauffeurs qui doivent avoir des bons pour repas ou quelque chose comme cela. Tous les autres sont restés dehors à pique niquer. On remonte dans le car et on repart.
La route devient plus étroite avec seulement quatre voies. On arrive à Tabrise vers 20h après 10h de voyage.
Il fait nuit et froid. On se couvre vite fait de nos chandails. Un des autres passagers de l'autocar se propose spontanément pour nous aider. Il est médecin et parle un peu anglais. Il a ouvert un laboratoire médical avec sa femme. Il y a aussi un autre passager qui est comme nous en rade. Notre copain médecin nous explique que le gars a sa femme qui devait venir le chercher à l'arrivée du car mais il vient d'apprendre en téléphonant que leur voiture est en panne donc il doit rentrer chez lui par ses propres moyens. On monte tous dans une voiture banalisée qui fait apparemment taxi officieux. Comme cela semble souvent être le cas. Il suffit de lever la main pour qu'une voiture s'arrète et vous emmène.
Le taxi nous dépose devant l'hotel que l'on a choisi dans le Lonely Planet. On quitte notre ami médecin. Il nous laisse ses coordonnées en nous invitant à lui rendre visite dans son laboratoire et à ne pas hésiter à solliciter son aide.
Dans l'hotel Morvaride
hotel Morvaride on prend une chambre au rez de chaussée, qui s'avère un peu petite, à moitié en sous sol mais économique puisque le receptionniste nous l'annonce pour 54 mille reals. Pour nous indiquer les nombres qui ne figurent pas dans son vocabulaire anglais restreint il pianote sur sa calculette le prix de la chambre.
Dans le frigo outre les deux lits et l'armoire il y a un grand frigo qui est pratiquemment vide sauf un brot d'eau qui rafraichit. Sur le réfrigérateur trone une mini-télé et sur la table de nuit un vieux téléphone à cadran. Au lustre il y a un cintre qui est resté accroché depuis on ne sait quelle aventure; Il y a aussi une douche avec une cuvette de wc mais pas de papier toilette et un petit tuyau d'eau pour se torcher à la méthode orientale.
On ressort pour faire un tour dans la ville. On s'arrète dans un petit bistrot pour prendre un autre chicken kibab. Cette fois ci c'est meilleur qu'à midi avec quelques cornichons et des herbes sur lesquelles on grillé les morceaux de poulet. Mathilde me raconte avec émotion son voyage au Yemen d'il y a deux ans; Chaque année elle fait un voyage seule et c'est la première fois qu'elle voyage avec quelqu'un d'autre. Il y a personne d'autres dans le restaurant à part une famille qui est arrivée après nous et repartie avant.
On fait un petit tour dans le quartier; Il y a quelques boutiques ouvertes. On s'arète dans l'une d'elles pour y acheter des pistaches. Puis on rentre à l'hotel pour se coucher; Il est 22h. Mais ayant dormi toute la journée dans l'autocar je ne suis pas s–r de parvenir à dormir;
En effet la nuit est plutôt mauvaise; Je suis réveillé par quelqu'un qui rentre dans la chambre voisine à 2h30 du matin. Et je reste éveillé de 2h30 à 6h à bouquiner avec mon walkman. Mais cela ne dure pas longtemps car je n'ose pas me relever pour aller fouiller dans mes affaires y prendre la cassette suivante de l'histoire de Cyrus à Alexandre de peur de réveiller Mathilde. Du coup je compte et recompte les départements et prefectures. Il fait une chaleur de bête bien que l'on ait ouvert un peu la fenêtre.
Je me réveille vers 7h45 alors que le petit déjeuner nous a été annoncé comme commencant à 8h. On y va vers 8h35 après une douche. On se retrouve dans une salle au sous-sol très glauque à peine éclairée par quelques ampoules. Il y a déjà plusieurs personnes qui terminent leur petit déjeuner, dont des femmes qui sont déjà voilées même si tôt le matin.
On prend des oeufs brouillés, du fromage plutôt aigre, des galettes de pain le tout arrosé de thé;
Puis on repasse par notre chambre pour que je me lave les mains et que l'on y prenne nos affaires avant de sortir de l'hotel.
On tente d'aller à pied jusqu'à l'office de tourisme. On demande à plusieurs personnes dans la rue; Mais on a un peu du mal à se faire comprendre. D'explication en explication et avec l'aide du plan du Lonely Planet on arrive sur une place au bord de laquelle devrait se trouver l'Office de Tourisme. Mais on a beau tourner autour on ne voit rien qui y ressemble. On finit par tomber sur un ingénieur sympa qui parle relativement bien anglais et qui se propose pour nous aider. Il nous fait comprendre que nous devons prendre un taxi. On tente de lui expliquer que l'on peut y aller à pied puisque cela doit être tout proche; Mais il insiste et arrête un taxi dans lequel il monte même avec nous. Il pousse la gentillesse jusqu'à monter avec nous dans le taxi et à nous accompagner jusqu'à destination. En fait le dit Office de Tourisme se trouve tout à fait dans un autre quartier de la ville et il était hors de question d'y aller à pied. Notre ami nous laisse devant la porte car il doit aller à son travail qui l'attend et il a déjà traversé toute la ville rien que par sens de l'hospitalité pour les étrangers. Il travaille dans une usine de boite de vitesses qui travaille sous licence allemande.
L'Office de Tourisme est dans un immeuble gouvernemental très grand et moderne; C'est juste à coté du bazar. on monte au premier étage de l'immeuble. Il y a un employé qui nous recoit et nous invite à nous asseoir dans des canapés plutôt confortables.
Nous sommes les seuls clients et ils sont deux ou trois pour s'occuper de nous. Ils sont très sympa et l'un d'eux parle à peu près bien anglais; Il est très sympa et nous met tout de suite à l'aise.
Il nous promet qu'il va nous organiser un petit programme sur mesure et pas cher. Il est tellement sympa que cela en devient louche. Je me demande s'il ne veut pas nous fourguer quelque chose. D'ailleurs après nous avoir fait miroité une ou deux excursions il nous explique que pour cela il faut obtenir une autorisation. Tout de suite je me dis nous y voilà il va nous demander un back-chich pour pouvoir avoir l'autorisation sans tarder. Mais non pas du tout tout semble aller tout seul et sa gentillesse est tout à fait gratuite.
A Paris une relation qui est déjà venu en Iran nous avait recommandé de visiter dans ce coin la chapelle Sainte Adèle située à la frontière de l'Azerbadjan. En consultant le guide on voit une chapelle qui semble correspondre et qui s'appelle San Stefanus. On demande donc à la voir. Le responsable du bureau de tourisme nous concote donc un petit programme pour aller visiter cette chapelle puis un petit village troglodyte qui se trouve à l'opposé par rapport à Tabrise mais qui parait il vaut la peine. Pour cela on doit louer les services d'une voiture avec chauffeur. Il nous propose de nous trouver un chauffeur pour nous emmener et de nous négocier l'affaire pour 22 dollars tout compris. Il téléphone pour nous reserver un taxi. Il annonce qu'il en a demandé un propre. Il nous fait apporter un thé par son collègue qui était en train de pique niquer à coté, d'un sandwich fromage et patates alors qu'il n'est que 9h30.
On aurai bien profiter de l'attente du taxi pour aller visiter le bazar mais on a pas le temps car on doit prendre un taxi qui nous emmène au siège de la police pour demander notre autorisation. Le responsable de tourisme est descendu avec nous dans la rue et négocie pour nous la course avec un taxi pour 3000 reals. Il nous quitte là avec de nombreuses marques d'amitié.
Au siège de la police on monte au premier étage et on s'assied dans un bureau surchauffé où trone un fonctionnaire. Il doit être important car toutes les personnes qui entrent et sortent dans le bureau sont très déférentes avec lui et toquent cérémonieusement avant d'entrer. Après avoir un peu attendu notre tour il nous signe notre papier d'autorisation.
Puis en sortant de la police alors que lon cherche à arréter un taxi, une espèce de voiture break, simili corbillard s'arrète et nous fait monter. Le passager qui était à l'avant monte s'aseoir sur une des banquettes qui sont disposées en longueur à l'arrière, tandis que nous nous installons tous les deux à coté du chauffeur. Cela ressemble soit à un corbillard soit à une limousine.
En tout cas ils nous déposent à l'Office de Tourisme et c'est vraiment très gentil. Le gars monté à l'arrière nous laisse sa carte de visite et ne nous demande rien d'autre. Décidément ces iraniens sont accueillants.
De retour à l'Office de Tourisme le responsable nous reprend en charge et téléphone pour nous demander une voiture.
Il nous raccompagne encore jusque dans la rue et nous confie à notre chauffeur. On roule pendant environ deux heures; D'abord le long d'une route à deux fois trois voies. Puis sur une petite route de montagne mais de bonne qualité.
Au bout de deux heures on arive à la ville de Jolfa
Là on doit faire valider notre autorisation auprès de la police. Notre chauffeur s'arrète sur une place en centre ville. Il demande pour nous à un policier à l'entrée d'un siège de police. On s'installe dans un café pour prendre un thé en attendant. Cela dure assez longtemps environ 45 minutes. Puis on nous rend nos papiers et notre chauffeur nous accompagne à l'entrée d'une caserne à la sortie de la ville. Là on attend encore un bon moment pour qu'un policier sorte et monte en voiture avec nous car il va nous accompagner.
Tout cela nous fait perdre pas mal de temps et on n'arrive au monastère que vers 3h. Le chauffeur se gare au bas d'un petit raidillon qui mène au monastère et que l'on monte à pied tous les quatre.
Nous sommes dans un paysage magnifique entouré de montagnes aux sommets enneigés. Dans le creux de cette vallée non loin de la frontière avec l'Azerbadjan se trouve ce petit monastère qui était fortifié car pas mal soumi aux turbulences des différentes invasions. Il n'en reste plus grand chose. Les ruines sont en cours de restauration.
On voit les restes du cloitre. On rentre dans une chapelle qui est à peu près intact. On peut monter par escalier sur ce qui subsiste d'un palier. Puis on redescend sur un des cotés du cloitre la galerie est encore couverte et il y a des cellules de moines qui ont été restaurées et qui sont toutes neuves avec des huisseries toutes neuves et du platre tout neuf dans le style ancien.
Notre chauffeur et le gendarme nous suivent de loin en nous surveillant et nous devisant, de suffisamment près pour ne pas nous perdre des yeux; Je suis un peu décu par ce monastère. Mais c'est probablement parceque je ne vois pas le décor grandiose car Mathilde semble ravie. Nous apprendrons plus tard que le monastère de Sainte Adèle que l'on nous a vivement recommandé est encore un autre monastère et que croyant que c'était le même nous sommes venus ici en croyant aller à Sainte Adèle.
Puis on redescend et on retourne à la voiture. On a rencontré personne et l'endroit est on ne peut plus calme. On repasse par la ville de Jolfa où on dépose le gendarme qui n'aura pas fait beaucoup d'efforts pour sympathiser avec nous. Même le chauffeur qui a devisé avec lui semble plutôt content de le voir partir avec son air sérieux.
Puis on refait deux heures de route pour rentrer à Tabrise; On arrive aux abords de la ville vers 17H45 et la nuit commence à tomber. On a plus le temps d'aller voir le village troglodyte de l'autre coté de Tabrise. Car nous n'avons pas envie de le visiter de nuit. On demande donc à notre chauffeur de nous ramener à notre hotel.
En y arrivant on lui donne 20 dollars sur les 22 du contrat prévu, puisque on a fait qu'une des deux excursions. Mais ne connaissant pas le cours du dollar il nous demande 150 000 reals qui ne valent pas les 20 dollars. On demande au receptionniste de l'hotel de se faire l'interprète et de lui expliquer qu'il y gagne à accepter nos 20 dollars. IL finit par comprendre et par s'en aller.
On rentre dans notre chambre pour se reposer un peu avant de ressortir. J'essaie en vain de téléphoner à Pierre pour lui donner des nouvelles, mais cela ne répond pas.
On ressort pour aller diner dans une pizzeria. Je commande une pizza à la viande, mais c'est Mathilde qui la recoit et moi j'ai celle qu'elle a commandé aux saucisses qui est franchement insipide. Cela semble très jeune et chic de venir diner dans une pizzeria mais c'est vraiment sans interêt.
En sortant on se balade un peu dans les rues. Mais comme il fait plutôt froid on ne s'attarde pas trop. On s'arrète dans une patisserie pour y acheter des macarons très bons en guise de dessert. Le marchand parle très bien anglais avec un fort accent américain.
Puis on va se coucher. Cette fois ci on a repéré comment éteindre le radiateur de la chambre. Mais même fermé le radiateur continue à chauffer à moitié et malgré la fenêtre ouverte il fait encore très chaud. En plus j'ai encore copieusement dormi pendant les longs trajets de voiture d'aujourd'hui. Du coup je reste éveillé de 3h à 6h, qui est l'heure où on a réglé le réveil. En plus j'ai attrappé un courant d'air et j'ai un petit mal de gorge inquiétant.
Après une douche rapide, je sors de la chambre en devancant un peu Mathilde pour tacher de trouver un receptionniste à qui on ppuisse payer notre d–. Je rencontre un autre client, un américain qui se balade aussi en pantoufles dans le hall à la recherche d'un thé. On finit par faire suffisamment de bruit à fureter pour que le receptionniste sorte de la tanière où il dort dans une pièce derrière le comptoir. On le paie puis il nous ouvre la porte de l'hotel qui est verrouillée.
Il est peu avant 7h et il fait déjà jour. Dehors on prend un taxi qui nous emmène jusqu'au terminal de bus.
On monte dans un bus pour Ourmiyé qui part à peine 5 minutes après que l'on soit arrivé. C'est encore un bus plutôt moderne. C'est un peu décevant nous qui aimons cocher la case authentique et l'authentique étant plus palpable dans les cahots d'un car brinquebalant.
A coté de nous il y a deux femmes dont une a un bébé dans les bras à qui elle donnera le sein emballé dans une couverture pour rester politiquement correcte. Je bouquine et je dors passablement. On a environ quatre heures de route. On essaie aussi de lire les guides Najels et Bleus sur les villes que nous allons visiter mais ils sont passablement périmés et de plus c'est difficile d'y trouver ce que l'on cherche. Ne serait ce que parceque les noms des villes monuments ou rues ont changé depuis la révolution.
La route longe le lac d'Ourmiyé avec le long de la rive des maisons basses qui ont la caractéristique d'avoir des meules de foin disposées sur leur toit.
lac d'Ourmiyé Il y a aussi de nombreux vergers et des prairies maréchaires.
On arrive à Ourmiyé vers midi. Un taxi nous emmène jusqu'à l'hotel que l'on a repéré dans le Lonely Planet.
Dans l'hotel Khorram
hotel Khorram on trouve une chambre pour 60 000 reals. Elle est au deuxième étage plutôt vaste avec deux lits confortables. Par rapport à hier il n'y a pas la télé mais nous préférons largement l'espace à la télé. Il y a aussi toujours un radiateur qui chauffe comme une bête.
On ressort de l'hotel pour aller visiter la ville. On passe un petit moment dans le bazar qui est animé et très local.
On s'arrète dans un restaurant pour déjeuner. On nous fait monter au premier étage. Ici ils ne parlent pas un mot d'anglais et par signe on se fait apporter de quoi manger qui s'avère être une soupe de légumes suivie de brochettes de viande et de riz pas trop mauvais. A coté un petit groupe de locaux de race manifestement turque comme la plupart des personnes ici, est venu s'installer et déguste une grande soupe de légumes et de viande dans laquelle ils trempent des morceaux de pain, comme hier à Jolfa à la table voisine de là où on s'est arrété pour prendre un thé en attendant que notre autorisation soit validée;
Mathilde trouve que ces turcs ne sont pas beaux avec des visages durs et des traits taillés au couteau. Ils sont d'ethnie très différente des personnes que l'on voyait à Téhéran et même de ceux de tabrise;
En ressortant on retourne dans le bazar et on se balade plus longuement dans les petites allées de ce vaste batiment. Il y a de nombreuses échoppes alignées qui exposent leurs marchandises à moitié dans le couloir. Le soir ils doivent tout ranger dans les petits réduits qui ont un rideaux de fer et qui sont de part et d'autre de l'allée. On vend des épices, du tissu, des vétements, du poisson, des légumes. Les allées sont un peu spécialisées mais pas tellement. On passe notamment chez un marchand de laine brute qui est encore toute sale et rèche. On voit aussi des pains de sucre.
On va à la gare de bus pour tacher d'y trouver un bus pour le lac d'Ourmiyé qui est à quelques kilomètres de la ville. Mais au terminal on rencontre une petite jeune fille qui baragouine anglais et qui nous prend en charge quand on lui demande un renseignement. Elle nous explique qu'il n'y a pas de bus pour aller au lac mais qu'un taxi nous y emmenera pour seulement 5000 reals car la distance n'est que de 15km. Elle nous arrète un taxi et négocie pour nous la course;
Le taxi nous dépose non loin du lac. Il fait très beau. L'endroit est très calme; Il y a une nuée d'oiseaux sur des arbres à coté de la route. Ils s'envolent en bande. On marche jusqu'à une plage.
Un homme vient à notre rencontre et nous offre des macarons. Puis ils nous invitent à venir rejoindre sa femme et sa mère qui sont à quelques mètres de là. Ils ont étendu une natte par terre à coté de leur voiture et y go–te. Le jeune couple habite à Téhéran et ils sont en voyage de noces, venus rendre visite à la mère du mari. Lui est étudiant en architecture.
On s'installe sur la natte et ils nous offrent du thé et d'autres petits gateaux; On papote en faisant connaissance. Lui parle bien anglais et elle un peu. La mère aussi parle un peu elle a ahbité 2 ans aux USA avec son mari qui était pilote d'avion militaire et qui avait été envoyé là bas en formation avant la Révolution. Depuis il est mort pendant la guerre Iran Irak.
On fait quelques pas sur la plage pour admirer le lac. Il parait que l'on y péche des larves très précieuses qui servent à la fabrication de la péniciline et qui font l'objet d'un monopole d'Etat et sont reservées à l'exportation.
Le lac fait parait il 6000 kilomètres carrés et est rempli d'eau salée dont la salinité varie de 15 à 23 selon la saison car ce sont des rivières d'eau douce qui se deversent dedans et dont le débit grossit à la fonte des neiges des montagnes proches.
On reprend la voiture pour aller jusqu'au village de Band On s'y arrète dans un petit kiosque. On s'installe derrière une haite sur des chaises de jardin et on nous sert du thé et des brochettes de foies d'agneau qui nous sont offerts par nos nouveaux amis. Malheureusement il fait un peu froid car la nuit tombe. Et comme j'ai attrappé froid la nuit dernière j'ai mal à la gorge. Nos amis me prète un petit blouson.
De là on va en voiture jusqu'au petit hameau de Sier qui est juste au dessus de Band. C'est un petit village chrétien où habite une communauté de l'église assyrienne. Il y a quelques familles dans 7 maisons.
On fait appel à un habitant du hameau qui détient les clés d'un portail qui empèche d'approcher d'une chapelle. Il nous ouvre la grille et on fait le tour de la chapelle tous ensemble; A un angle il y a un baptisthère creusé dans le sol dans lequel on plonge les nouveaux baptisés. La chapelle est de forme rectangulaire plutôt massive, sans ouverture à part d'une petite porte.
Puis le chrétien nous ouvre la porte de la chapelle. C'est une porte extrement basse et il faut se baisser pour la franchir; Ce qui je suppose était destinée à empécher ou du moins géner l'intrusion d'hommes armés. A l'intérieur il y a des tapis et des tapisseries aux murs. On papote un peu avec le chrétien par l'intermédiaire de notre ami architecte qui fait l'interprète. IL nous explique qu'en principe le gouvernement interdit les mélanges de religion et donc les musulmans n'ont pas le droit de rentrer ici. Mais nos amis ont tout de même p– nous accompagner, puisqu'il n'y a personne aux alentours. Une fois par an il y a un grand rassemblement des chrétiens assyriens et ils sont plusieurs centaines à venir ici. Ils n'ont pas d– avoir la vie facile tous les jours au milieu d'un monde musulman.
Puis on rentre à Ourmiyé toujours dans la voiture de nos amis; On s'arrète à un bureau où notre ami nous achète nos billets de bus pour aller le lendemain à Amaden. En arrivant à l'hotel où ils nous déposent, je suis presque obligé d'insister pour lui rembourser le prix de ces billets. Ces iraniens sont décidément très accueilants. On se quitte devant l'hotel.
On monte dans notre chambre faire une petite sieste avant de ressortir. On réalise qu'en fait on ne veut pas aller à Amaden mais plutôt à Tekab. On s'arrète dans un de ces bureaux de vente de billets de car qui sont dans les rues pour demander les horaires. Puis on va diner dans un restaurant conseillé par nos amis. Il se trouve dans un sous-sol, une vaste salle où on est pratiquement seuls comme d'habitude. Le menu est lui aussi comme d'habitude; Je saute les brochettes et le riz et je me contente d'une soupe et d'un yoghourt. Ils n'ont pas d'eau minérale et on doit boire du faux Coca appelé Pipi Zam-Zam. IL y a très peu souvent de l'eau minérale dans les restaurants et même dans les magasins d'alimentation. On paie à un bureau proche de l'escalier de sortie. On avise sur le bureau une photo de Leonardo de Caprio. C'est une des rares manifestations publiques de la culture occidentale que l'on ait vu jusqu'ici.
On remonte dans l'hotel. après avoir acheté du nougat à un vieux monsieur dans sa boutique. Dans notre chambre il fait une chaleur terrible.
Je commence à avoir un bon rhume et je ne dors pas de la nuit. Rien à faire pour m'endormir. Vers 4h au moment où je m'assoupis enfin je suis réveillé au bout de quelques secondes par mon nez qui coule. Enfin vers 6h je parviens à somnoler un peu, jusqu'à 8h.
Après cette nuit épouvantable, je me lève vers 8h. Je prends une douche puis nous descendons petit déjeuner. On nous installe à une petite table basse ce qui n'est pas très pratique pour manger et sous une télé qui déclame des trucs religieux. Apparemment la télé marche en permanence car je pouvais déjà l'entendre hier lorsque nous sommes passés à la reception, je croyai même que c'était un séminaire qui se tenait à l'hotel avec la voix d'un animateur que l'on aurait entendu dans la pièce voisine. Actuellement la télé transmet une cérémonie dans une mosquée où le peuple bat des mains en mesure tandis qu'un molla chante en l'honneur de l'anniversaire de la mort de Mahomet qui est célébrée aujourd'hui. Du coup aujourd'hui c'est un jour férié.
Les oeufs du petit déjeuner ne sont pas trop mauvais. Puis on remonte dans la chambre avant de ressortir. On prend un taxi qui nous conduit dans le quartier où se trouvent les bureaux de compagnies d'autocars; Dans un de ces bureaux on achète des billets pour aller à Tekab. Le préposé est un vieux monsieur qui nous fait payer 16220 reals. Nous n'avons pas encore eu de prix aussi pointu ce qui nous donne l'occasion d'avoir pour la première fois des pièces en retour de nos billets de mille. Mathilde est toute contente car elle compte en garder pour ses neveux.
On rentre à l'hotel à pied en passant par un marché de fruits et de légumes qui se tient à l'exterieur puis en passant par le bazar qui est à l'intérieur. On s'arrète dans une échoppe pour prendre un jus d'oranges pressées et manger une banane. Cela fait du bien à mon rh–me. Je suis méchamment pris du nez et des sinus.
A l'hotel il fait toujours une chaleur de bête dans notre chambre. J'ouvre la fenêtre et je pique un petit roupillon avant que l'on ne reparte vers 11h30.
On va à la gare routière pour prendre le bus à 12h30. On attend le bus dans la cour de la gare routière pendant quinze à vingt minutes avec nos sacs sur l'épaule. Enfin le bus arrive il parait qu'il avait un pneu crevé et que c'est pour cela qu'il est en retard. Car d'habitude les bus sont plutôt ponctuels.
On s'embarque pour 5 heures de route. Je dors assez facilement vu mon retard de sommeil. Il y a un autre passager non loin de nous qui parle français et avec qui Mathilde sympathise.
On a l'impression que la route n'en finit pas pendant ces cinq heures de trajet. Elle est très droite et monte au travers de collines au milieu d'un paysage desertique tout pelé; Puis de l'autre coté de ces colines on redescend. Deci de là on voit quelques troupeaux de moutons et quelques touffes d'herbe. Il y a aussi encore quelques rares maisons avec leur meule de foin sur le toit;
Le passager qui parle français et qui voyage avec deux enfants jumeaux descend au milieu de nulle part. Il nous propose de venir chez lui on est tenté mais comme on ne sait pas comment on gagnera Tekab qui est encore loin, on finit par décliner 'linvitation.
A l'arrivée du car à Tekab deux passagers qui étaient derrière nous se proposent pour nous guider jusqu'à notre hotel. Une fois de plus les gens de ce pays se montrent adorables.
On arrive à l'hotel Randji
hotel Randji Malheureusement là on nous annonce que l'hotel est plein et qu'il n'y en a pas d'autre dans la ville. Ici c'est plein notamment parcequ'il y a un groupe de 23 suisses qui ont reservé et débarquent alors que nous attendons assis sur le canapé du hall de l'hotel une hypothétique solution. On fait la connaissance d'un iranien qui se tient aussi dans le lobby et qui parle très bien anglais. Il a habité aux USA et conduit désormais des groupes de touristes. Il y a aussi le guide iranien du groupe de suisses qui parle moins bien anglais; Tous deux plaident notre cause auprès du receptionniste qui lui parle très mal anglais, pour qu'il nous trouve une solution, ne serait ce qu'un petit coin pour dormir. On Je trouve la situation plutôt drole et je pense que l'on finira bien par nous trouver quelque chose; D'ailleurs le guide anglophone évoque le fait que l'on pourrait être hebergé dans la maison voisine du propriétaire de l'hotel.
En attendant on nous suggère de diner au restaurant de l'hotel. On s'installe à une petite table. On prend un plat de Roscht
roscht c'est un des plats que nous a préparé Bernadette à Téhéran, celui avait des petites baies rouges et sucrées qui sont mélangées au riz; Le groupe de suisses vient diner à une grande table à coté de la notre. On fait connaissance avec une vieille dame suisse prénommée Sonia qui apparemment voyage beaucou. Elle est descendue pour diner dans une grande djellaba rose.
Puis finalement on nous a installé deux matelas dans un office derrière la cuisine au sous-sol. On s'y installe tant ien que mal. A vrai dire c'est pas si mal, au moins cela sera probablement pas surchauffé comme les autres nuits et on nous a installé des draps et des couvertures sur nos matelas. Il y a une douche dans une pièce voisine où Mathilde a un peu de mal à se doucher car les cuisiniers n'arrètent pas d'aller et venir sous pretexte de leur travail mais certainement aussi pour reluquer la jolie occidentale. Et la dite pièce ne ferme que par un vague rideau en plastique. Donc Mathilde attend qu'ils soient définitivement tous partis. Il parait que cette salle de bains est particulièrement dégueulasse et Mathilde m'invite à utiliser ses petites sandales tong pour y aller.
On se couche mais je ne dors toujours que peu car je passe mon temps à avoir le nez qui coule. Et à peine assoupi je suis réveillé par une goutte qui coule.
On est réveillé à 6h par les garcons de cuisine qui commencent à y descendre et à s'activer; A 7h on monte petit déjeuner après s'être douché. L'escalier qui monte de la cuisine à la salle à manger est plutôt étroit et tourne et je me cogne la tête à une cuve qui contient de l'eau fraiche. Dans la salle à manger il fait toujours très chaud.
A 8h on est paré et on se renseigne pour trouver un moyen d'aller voir les sites des environs qui sont à visiter. On hésite à y aller en transport en commun c'est à dire par des mini-bus. Le groupe de suisses s'en va dans un car particulier. Le gentil guide anglophone continue à nous aider. Je reste un peu dans mon coin car je suis passablement de mauvaise humeur avec mon rh–me et ma mauvaise nuit. On finit par opter pour louer les services d'un chauffeur de 4X4 qui pourra nous emmener à la fois au site du trône de Salomon et aux grottes de Karaftour qui ne sont accessibles qu'en 4X4. On négocie les deux excursions pour 80 000 reals.
On laisse nos bagages à l'hotel mais on paie notre nuit. Le receptionniste nous explique dans son baragouin d'anglais qu'il va nous faire une fleur en nous faisant payer seulement 20 dollars au lieu des 25 que co–te une chambre normale. Vu la qualité de la nuit on ne se laisse pas faire et on négocie le prix à la moitié à 10 dollars c'est à dire 80 000 reals ce qui est déjà plus cher que tous les hotels que nous avons payé jusqu'à présent. Il nous faut payer aussi notre diner plus le petit déjeuner à 10 000 reals par personne.
On monte dans le 4X4 avec un chauffeur qui ne parle pas un mot d'anglais; Il fait froid, il pleut; On roule pendant une heure pour arriver sur le site du trône de Salomon. Aussi appelé Takht é Soleiman
Il s'agit d'une ancienne cité qui a eu son apogée à la période Sassanides au début de notre ère. Les Sassanides était la dynastie qui a suivie les Parthes issus des généraux d'Alexandre qui eux mêmes ont suivi la dynastie des Achéménides.
Cette cité est perdue au milieu d'un paysage pelé de collines à perte de vue avec deci delà quelques troupeaux de moutons ou quelques champs de betteraves ou de patates. C'est assez difficile d'imaginer qu'ici il y avait un centre urbain important avec tout ce que cela doit supposer comme activité fourmillante dans les environs.
On arrive donc sur le site. Là se trouvait un ancien volcan. La ville était entourée d'épais remparts en briques. Cette ville était notamment le siège d'un sanctuaire important dédié au Dieu du feu. C'est dans cette vill eque les rois Sassanides venaient se faire introniser religieusement.
Notre chauffeur nous attend à la voiture à l'exterieur de la ville. On pénètre dans l'enceinte des murailles. Un gardien surgit d'une bicoque et nous réclame 25 000 reals chacun en guise de prix d'entrée. Ce qui est un prix exorbitant. D'ailleurs le tarif pour indigènes est de 2 500 reals. Le temps est très gris.
On se promène dans ce qui reste des différentes salles qui composaient le complexe religieux du sanctuaire. Au centre de la ville on voit une piscine d'eau salée de quelques centaines de mètres carrés. Le guide Bleu nous apprend que c'était l'emplacement du cratère de ce volcan éteint, qui s'est rempli d'eau salée par les minéraux volcaniques.
On se promène un peu partout. Il fait un peu froid mais ce n'est pas désagréable. On est pratiquemment tous seuls. Il y a quelques ouvriers qui travaillent à des fouilles. C'est très impressionant de voir ce site paumé qui pourtant est relativement bien conservé. Il se dégage une aecirc;me de ce site perdu.
puis on ressort de l'enceinte. On retrouve notre chauffeur qui nous reconduit à Tekab. D'où on repart immédiatement pour les caves de Karaftour
On roule un peu moins longtemps dans un paysage encore plus desertique. On arrive aux caves de Karaftour. Notre chauffeur nous accompagne pour grimper vers les grottes qui sont perchées dans le flanc d'une colline. Il y a des ouvriers qui sont là en train de construire un escalier qui devrait bientôt desservir les grottes. Ils sont aussi en train de poser un cablage éléctrique. Manifestement dans peu de temps ce sera ici un centre touristique couru. En attendant on emprunte l'escalier tout moderne qui monte presque jusqu'en haut. Pour la dernière partie il faut emprunter une échelle de fer. Il y a un gars qui est peut-être un contremaitre ou un gardien du site qui se met à notre tête pour nous guider bien que l'on ne lui ai rien demandé. Il se munie d'une lampe torche.
Nous pénétrons dans des grottes dont la plupart sont artificiellement creusées dans la colline probablement à des fins religieuses notamment pour le culte mesdranien
mesdranisme Il y a plusieurs galeries qui communiquent. Certaines sont ornées d'inscriptions gravées dans le mur. Dont une inscription qui célèbre le culte d'Hercule, qui date de l'époque Parse et donc est écrite en grec. La dynastie des Parses est celle qui a succédée à Alexandre le Grand.
Certaines grottes ont des fenêtres percées dans la falaise et on a une vue magnifique sur la vallée. On fait tout un tour à l'intérieur certaines sont grandes comme une cathédrale d'autres sont toutes petites, les passages sont parfois difficiles à passer il faut presque escalader à un certain moment. Il parait que l'on ne sait que peu de choses sur le pourquoi de ces grottes. L'athmosphère y est chargée de poussière.
En ressortant notre guide contremaitre nous invite à pénétrer dans ce qui doit être son logis c'est à dire une petite grotte sur le coté dont la porte est faite d'un tapis suspendu et dont le sol est couvert d'autres tapis. Il y a une bache en plastique qui protège la gfenêtre du vent frais qui souffle par ici. Il nous offre du thé. Puis quand on décide de partir il nous demande explicitement de l'argent. Je lui tends les 5 000 reals que j'avais préparé (ce qui fait pas loin de l'équivalent de 50f en pouvoir d'achat) mais il nous fait comprendre par gestes que ce n'est pas assez et demande à avoir 10 000 reals. Je trouve cela beaucoup trop et commence par refuser mais comme Mathilde intercède pour lui je sors un deuxième billet;
On reprend la voiture et on se met à rouler vers le chemin du retour. Le paysage est toujours aussi désolé. Ce coin est tellement isolé que notre chauffeur est lui même paumé. Manifestement il n'est jamais venu par là et il a du mal à retrouver le chemin. On passe heureusement à coté de quelques hameaux de paysans à qui il demande sa route;
On rentre à l'hotel, vers 14h. On demande des renseignements sur les horaires de bus pour aller à Amaden la ville suivante de notre périple. La receptionniste de l'hotel affirme qu'il n'y a plus de bus aujourd'hui et qu'il nous faudra attendre demain matin; On préfère tout de même tenter notre chance plutôt que de rester dans cette petite ville qui manque de charme pour nous retenir.
On demande à notre chauffeur que nous avons retenu de nous accompagner jusqu'à la gare de bus. Là on trouve un mini-bus qui va nous permettre d'aller jusqu'à la ville intermédiaire de Bigar.
Dans cette ville intermédiaire on se retrouve dans le bureau de la gare d'autocars et là on nous annonce qu'il n'y a pas de car pour Amaden avant le lendemain puis en discutant on comprend qu'il devrait y en avoir un vers 21h ce soir alors qu'il est maintenant à peine 5h.
Rameuté par la présence de deux étrangers, il y a carrément tout un groupe d'hommes qui nous entourent et nous pressent de toutes parts. Dans n'importe quel autre pays on pourrait craindre que leurs intentions en nous pressant ainsi soit mercantiles, voir malhonnètes mais ici pas du tout ils nous entourent seulement pour nous aider, nous renseigner de facon tout à fait gratuite. Evidemment chacun a un avis différent et la quinzaines de voix parlent en même temps. On envisage de prendre un taxi plutôt que d'attendre l'heure du car. Alors on va nous chercher un chauffeur de taxi et tout le groupe qui nous entoure se met à négocier pour nous avec le chauffeur. Après quelques minutes de négociation on lui propose 60 000 reals pour la course jusqu'à Amaden et manifestement une bonne partie du groupe pousse le chauffeur à accepter notre offre ou au moins à s'en rapprocher. On finit par se mettre d'accord pour 65 000 reals.
On prend la route. Le chauffeur conduit très vite sur une route excelente sauf à un endroit où il y a des petits trous. Une fois que la nuit est tombée notre chauffeur conduit toujours trop vite en déboitant au dernier moment etc. Du coup Mathilde n'est pas très rassurée. Il y a pour une fois de la bonne musique que malheureusement notre chauffeur met à tue tête par des hauts parleurs situés sur la plage arrière. Il fume et m'emprunte mon briquet qu'il oubliera de me rendre.
On arrive à Amaden vers 19h. On a choisi d'aller dans un hotel confortable pour se remettre de la nuit précédente. Dans l' hotel Bouali
hotel Bouali il n'y a plus que des chambres avec un seul grand lit. Cela gène un peu Mathilde de partager un lit avec moi. De mon coté mon inquiétude est toute entière tournée vers le chauffage. Je redoute qu'il démarre inopinément pendant la nuit et qu'il fasse encore une fois trop chaud. Je voudrai bien enfin faire une vraie nuit. Je me suis forcé à ne pas dormir pendant nos trajets en voiture aujourd'hui pour garder toute ma capacité de sommeil intacte pour la nuit et tacher de rompre ce cercle vicieux qui me décale depuis plusieurs jours.
On descend diner dans le restaurant de l'hotel qui se trouve au sous-sol accessible par un escalier d'apparat avec un tapis épais. Le restaurant est très vanté par le Lonely Planet. Mais ce qui plait aux éclaireurs australiens du Lonely Planet c'est probablement plus le mobilier de style ancien et la nourriture de style occidental avec steaks et escalopes. Nous sommes nous plutôt décus par une nourriture insipide.
Ensuite nous sortons faire un tour dans le quartier. Amaden est une grande ville construite à l'emplacement de Egbatame qui était la capitale du royaume Mède avant d'être une des capitale des Rois Perses. Mais il ne subsiste plus grand chose de ces périodes antiques.
Puis on revient dans notre chambre. Je prends un bon bain excellent dans une baignoire très grande. J'ai d'ailleurs eu du mal à expliquer tout à l'heure à la reception qu'il manquait le bouchon de la baignoire car ce n'est pas facile à expliquer par gestes. En effet même dans cet hotel qui se veut de luxe le receptionniste baragouine à peine l'anglais. Mais on a tout de même obtenu un bouchon de baignoire.
Avant de me coucher je fais aussi un scandale au téléphone pour faire monter un garçon qui puisse arréter le radiateur qui s'est mis en route car il commence à faire encore une chaleur de bête dans la chambre. Quand il arrive Mathilde va se cacher dans la salle de bains car elle est en peignoir, le temps qu'il me montre où se trouve le robinet du radiateur caché derrière.
Je passe une nuit fantastiquement bonne. je me réveille tout de même à 6h mais je me rendors ensuite jusqu'à 9h, où je suis réveillé par Mathilde qui se lève. Je suis explosé de bonheur d'avoir si bien dormi. Je me sens enfin remis d'aplomb avec plus qu'un simple rh–me à gérer. On descend petit déjeuner au restaurant très chic de l'hotel. Mais là encore c'est décevant on a droit à un oeuf sur le plat trop gras accompagné de petits cornichons pas bons. Le tout pour le prix exhorbitant de 13 000 reals par personne. L'endroit est cependant bien fréquenté et on entend même des téléphones mobiles sonner aux tables voisines.
A la reception de l'hotel on se renseigne sur la possiblité d'aller aux caves d'Alissadre en taxi. Mais le concierge nous montre sur une carte murale que c'est assez loin et que cela risque de nous co–ter 100 000 reals. On décide alors d'y aller en mini-bus. On prend un taxi jusqu'à la gare des bus;
Comme on a déjà p– le constater plusieurs fois à l'exterieur de l'enceinte de la gare d'autocars il y a quelques chauffeurs de taxi qui haranguent les prospects mais dès que l'on a franchi l'encinte et notamment dès que l'on pénètre dans le batiment de la gare il n'y a plus que des gens gentils qui nous abordent dans l'intention de nous aider.
Ici dès que l'on rentre dans le batiment un type qui parle bien anglais nous saute dessus; Moi méfiant je me met sur la défensive et je me dis que c'est quelqu'un qui veut nous refiler quelque marchandise. Mais une fois de plus c'est quelqu'un de très gentil comme toujours dans ce pays. C'est vraiment étonnant toutes les personnes qui s'approchent spontanément de nous c'est toujours pour nous proposer de l'aide. En l'occurence c'est carrément le chef de la gare routière. Il nous explique qu'il est un ancien de l'Air Force Iranienne et qu'il a une formation d'ingénieur. l'Oncle Pierre nous avait en effet expliqué que les anciens combattants se sont vus attribué de nombreux postes de responsabilité dans des établissements publics; Celui ci parle vraiment bien anglais et il nous accompagne jusqu'à un mini-bus et fait en sorte pour qu'il ne tarde pas à partir sans attendre d'être plein.
Il y a pratiquemment pour 2 heures de mini-bus avant d'arriver aux caves; On paie les mini-bus à posteriori en descendant. Notre chauffeur nous réclame 10 000 reals pour nous deux ce qui est beaucoup plus cher que ce qu'il a demandé aux autres passagers. Mais on commence à être habitué aux tarifs incohérents. Par exemple j'ai payé les piles pour mon walkman une fois 7 000 reals et une autre fois seulement 3 000 reals pour les mêmes piles.
On arrive donc sur le site des caves d'Alissadre
caves d'Alissadre On se trouve devant un grand batiment en béton style départ de téléphérique de sports d'hiver, c'est à dire très moche. En fait c'est un batiment qui a été construit accolé à l'entrée de la grotte. On fait la queue un petit moment à un guichet pour acheter nos tickets d'entrée. On a évidemment droit au prix fort pour touristes c'est à dire 30 000 reals chacun. On laisse nos bagages en dépot dans un bureau.
Puis on attend quelques minutes au soleil que notre tour soit appelé car les entrées se font par vagues successives. On pénètre ensuite dans une grotte immense où on marche quelques mètres avant d'arriver à une rivière souterraine. Là on refait un peu la queue pour embarquer dans des petites barques avec chacune deux ou trois bancs de deux places. On constitue ainsi des petits trains de trois barques qui sont tirées par un pédalo avec deux employés aux pédales du pédalo.
Il y a beaucoup de touristes iraniens car on est Vendredi donc un jour de repos. On papote un peu dans la queue avec trois femmes qui sont là avec leurs enfants et leurs maris.
On se fait tirer ainsi dans la rivière souterraine pendant un long moment. Chaque convoi se suit à plus ou moins grande distance. Il y a des spots qui éclairent les grottes. On passe dans des galeries plus ou moins étroites parfois il n'y a que deux ou trois mètres de large juste assez pour nous faire passer. D'ailleurs parfois la dernière barque n'arrive pas à négocier un virage et il faut qu'un des hommes du pédalo descende et revienne en arrière sur la berge de la rivière pour dégager la barque coincée. A d'autres moments on débouche dans des grottes immenses comme des cathédrales dont on ne voit qu'à peine le sommet. En tout cas c'est très impressionnant de voir ce que la nature est capable de faire. C'est probablement le résultat d'un tremblement de terre ou d'un glissement de terrain qui a ménagé ces failles souterraines. Il parait que cela a été découvert par hasard il y a que peu de temps. On passe même le long d'une petite île avec les convois de barque qui vont d'un coté et qui reviennent de l'autre.
Au bout d'une demi-heure de navigation on accoste au pied d'un escalier. On descend tous et on monte le long de cet escalier pour déboucher dans une autre immense salle que l'on peut admirer avant de redescendre au bord de la rivière par un autre escalier. Il y a des roches de différentes sortes. Ce qui est étonnant c'est que c'est relativement peu humide et que certaines des roches que je touche sont carrément sèches. Toute la balade à pied est bien aménagée pour la visite avec un dallage tout du long et des escaliers larges.
On remonte dans un autre bateau qui se reforme en convoi pour repartir. ON navigue encore pendant une demi-heure pour atteindre la sortie. Toute cette balade se fait dans un calme impressionnant, les touristes sont plutôt silencieux et graecirc;ce au système des pédalos qui est aussi plutôt silencieux on profite au mieux de la majesté du lieu. Il y a seulement certains pédalos qui s'amusent à tenter de doubler le convoi qui les précéde et il se font un peu la course dans les passages larges.
Lorsque on ressort au soleil on va prendre un faux coca Pipi-Zamzam à un café voisin. On le paie incroyablement peu cher c'est à dire 1 000 reals les deux. Il faut dire que c'est passablement mauvais. Mais ici aussi il n'y a pas d'eau minérale donc c'est Pipi-Zazam ou bien Fanta. On entend non loin de là des chants de mezzuine qui appellent à la prière même sur les lieux touristiques. Pour nous c'est plutôt agréable et folklorique d'avoir ces chants qui égaient l'athmosphère pour les iraniens non pratiquants cela doit être plutôt agacants de se sentir poursuivis même sur leur lieu de détente.
Puis on se place sur le bord de la route pour attendre un mini-bus. Mais on nous explique qu'il n'y a plus de mini-bus à cette heure ci pour retourner à la ville. Il y a des chauffeurs de taxi qui nous haranguent pour nous embarquer; On finit par admettre qu'il ne nous mente pas et qu'il n'y a effectivement pas de mini-bus à attendre. On accepte donc un taxi qui nous demande 10 000 reals chacun. On monte dans un taxi collectif où on est cinq à payer 10 000 reals. Il faut dire que la distance est assez longue. Ils n'attendaient plus que nous pour partir on est six avec le chaufeur. D'où l'insistance à nous faire accepter l'offre que l'on a sentie de la part non seulement du chauffeur mais des hommes qui se trouvaient autour et qui s'avèrent être nos compagnons de route qui attendaient que la voiture soit pleine.
On roule pendant 1h30 pour arriver jusqu'à Amaden. On se fait déposer au terminal de bus. On cherche à prendre un bus pour Khorramadad mais il n'y en a plus non plus ce soir. Il y a un gentil monsieur qui parle correctement l'anglais qui nous prend en charge dans la gare des bus. Il nous explique que l'on peut éventuellement prendre un mini-bus. Il nous conduit dehors pour en chercher un. En fait comme il n'y a pas non plus de mini-bus il nous conduit aux taxis. il nous aide à négocier le prix de la course jusqu'à Khorramadad. Le chauffeur qui s'est proposé en premier nous demande 120 000 reals puis 70 000 pour aller jusqu'à une ville intermédiaire puis on conclut pour 100 000 reals pour aller jusqu'à Khorramadad. Graecirc;ce au monsieur qui nous accompagne et qui s'est pratiquement fait engueuler par le groupe de chauffeurs de taxis présents qui lui reprochaient de défendre nos interêts. On monte dans un taxi qui amorce un départ. Mais on nou sfait descendre de cette première voiture et monter dans une autre car les chauffeurs se disputent pour avoir la course. Il semble qu'il y ait une histoire de retro-cessio ou quelque chose comme cela qui se négocie. En tout cas on monte dans une deuxième voiture où nos bagages sont transférés. Notre ami nous dit adieu en nous expliquant qu'il est un officier de police et que l'on peut avoir confiance en lui. Le chauffeur qui nous conduit semble plus raisonable dans ssa conduite que celui d'hier. On part pour environ 200 kilomètres de route.
Au premier gros village notre chauffeur interpelle un autre taxi qui passe par là et il nous semble comprendre qu'il tente de négocier pour que l'autre prenne le relais et fasse les deux tiers restant de la route. Mais l'autre chauffeur refuse;
On continue donc. Il y a la musique dans la voiture qui est moins forte que celle d'hier mais moins bonne aussi. Il fait assez vite nuit. On roule à peu près à 60km heure. On rencontre un barrage de police comme à chaque entrée de ville. Mais à celui de Khorramadad notre voiture est arrétée et notre chauffeur interrogé. Les deux policiers qui s'occupent de notre voiture cherchent manifestement un pretexte pour nous taxer un peu d'argent. Ayant demandé nos passeports mais rien trouvé à y redire ils nous font descendre pour verifier nos bagages dans le coffre mais là encore ils cherchent en vain un défaut. L'un d'eux est un peu atendri par ma canne blanche mais l'autre est tenace et ne nous laisse repartir qu'à contrecoeur.
Notre taxi nous dépose devant un hotel plutôt médiocre. Mathilde descend demander s'il reste une chambre. Elle revient en indiquant qu'il en reste à 50 000 reals la nuit. Mais lorsque il apprend que nous sommes venus en taxi depuis Amaden la chambre passe à 70 000 reals. On négocie pour ne payer que le premier prix annoncé de 50 000 reals. Mais il nous demande de payer d'avance. Comme je suis un peu enervé et que je n'aime pas que l'on me dicte ce que je dois faire, je monte d'abord dans notre chambre pour m'installer avant de payer les 50 000 reals demandés. La chambre s'avère pas propre et bruyante située sur la route principale où passe tous les camions.
Il y a des cafards dans la salle de bains qui sent très mauvais malgré les trois chasses d'eau qui l'équipent ! C'est à dire qu'il y a les vestiges de deux générations précédentes de chasse d'eau mais qu'en fait on ne peut utiliser que le désormais classique robinet avec tuyau au bout. De toute facon le Lonely Planet n'indique pas d'autre hotel plus convenable que cet hotel Karoun
hotel Karoun dans cette petite ville étape. La ville est très polluée au point que j'ai du mal à m'endormir car mon rh–me d'une part et l'excès de gazs carbonique dans l'air me rendent la respiration par la bouche difficile.
Mais avant de se coucher on est sorti faire un tour et tenter de trouver un endroit pour diner. On s'est d'abord assis à une table au fond d'un marchand de chich-kebab. Mais entre la table qui était vraiment sale et le fait qu'ils n'offraient que des brochettes de coeur et de foie de mouton ce que Mathilde n'aime pas on décide de déménager et on aterrit dans un autre bistrot qui est un peu plus propre mais qui nous sert des espèces de sandwich bourrés de chair à saucisses dégueulasses, au point que je ne finis pas le mien. On ne trouve toujours pas d'eau minérale et on doit se contenter de Pipi-Zamzam. Il nous demande 10 00 reals pour le tout ce que je trouve cher. Sur le chemin du retour on s'arrète dans une patisserie pour choisir des gateaux le marchand veut nous les offrir mais comme on ne comprend pas on insiste pour le payer et il ne nous demande qu'un prix symbolique;
Après la douche, l'hotel ne disposant pas de restaurant on va petit déjeuner dans une échoppe voisine très propre où ils servent des petits déjeuners. Je me content edes biscuits qui restent d'hier soir. Tandis que Mathilde s'enfile les oeufs habituels. Cet endroit ne sert apparemment que des petits déjeuners et il y a des habitués qui viennent s'installer sur un des banc alignés aux murs devant des petites tables.
Puis comme on passe devant une agence d'Irén Air Mathilde a la bonne idée de nous y faire rentrer. Comme à Paris les locaux sont solennels vastes et décorés de marbres avec personne à l'intérieur à part un employé vétéran de la guerre. On essaie de faire une reservation pour aller à Ispahan en avion. C'est un peu compliqué car il n'y a pas de terminal informatique connecté donc il faut téléphoner au siège régional d'où ils n'ont pas non plus de système de reservation direct donc ils doivent eux mêmes appeler au centre national avant de nous rappeler avec la réponse positive.
De là on se balade dans la ville. On passe à coté du bazar pour aller jusqu'à la forteresse.
forteresse de Khorramadad On monte le long d'un chemin en pente qui longe les remparts et arrive à la poterne de la forteresse. Là on rencontre une responsable du lieu qui nous prend en main. Elle nous fait rentrer dans une bibliothèque dont elle s'avère être la responsable. Elle montre avec fierté à Mathilde tous les bouquins en français dont elle dispose. Il y a de nombreux jeunes étudiants qui entrent et sortent.
De là on va visiter le petit musée qui est aménagé dans la citadelle de la forteresse. On y voit des poteries et autres choses anciennes.
Puis on monte sur le toit de la forteresse d'où on a une belle vue sur la ville de Khorramadad avec bruissement du bazar qui monte jusqu'à nous. Il fait très beau aujourd'hui.
De là on retourne à l'hotel pour y prendre nos bagages, récupérer nos passeports et aller à la gare de bus. Mais là le receptionniste de jour nous réclame encore 50 000 reals pour la nuit.
On entre dans une négociation assez serrée car il a nos passepors en otage et on a aucune envie de payer deux fois pour cette chambre minable. Le receptionniste ne parle pas un mot d'anglais mais il nous montre un papier en persan où soit disant son collègue de la veille au soir a inscrit que nous n'avions pas payé. Il semble lui de bonne foi mais incapable de prendre la moins initiative. On demande à ce qu'il appelle le patron ou bien le receptionniste de la veille qui était encore là lorsque nous sommes sortis petit déjeuner. Il y a un autre employé qui est arrivé entre temps à la rescousse du gardien mais ils ont beau tout les deux nous affirmer que le receptionniste du soir ne va pas tarder on attend et chacun reste sur sa position. Comme on réclame d'appeler la police ils commencent à se sentir un peu déstabilisés. J'obtiens d'appeler mon oncle Pierre à Téhéran qui fait l'interprète et les engueule copieusement au téléphone. Du coup le second part pour aller chercher le receptionniste de la veille qui parait il est allé se coucher. Comme Pierre les a menacés d'appeler la police et que nous aussi nous menacons de le faire le petit jeune gardien est de plus en plus mal. A un moment Mathilde furieuse monte dans la chambre avec le gardien pour lui montrer à quel point la chambre était sale et comme quoi il n'y a pas de raison que l'on paie le prix fort. J'en profite pour me faufiler derrière le comptoir et tacher de retrouver nos passeports. Mais ils redescendent avant que je n'ai eu le temps de les trouver.
Alors on repart dans des palabres sans fin. Jusqu'à ce que j'envoie Mathilde dehors pour appeler un policier de la rue. Du coup le gardien la suit pour la dissuader d'appeler un flic. J'en profite encore pour aller derrière le comptoir et pour fouiller avec mes mains du coté où je n'ai pas eu le temps de chercher tout à l'heure; Je trouve le bac qui contient toute une série de pochettes. Et dans les pochettes il y a des papiers qui pourraient bien être des passeports et des cartes d'identité; Dans l'une d'elles je sens deux objets qui ont le même format équivalent à nos passeports français; Je suppose que se sont les notres et je les prends au moment où Mathilde et le gardien reviennent dans l'hotel. Le temps que le gardien arrive au comptoir je suis en train de m'en extraire sans cacher que j'ai les deux passeports à la main que Mathilde reconnait comme étant les notres; De là nous n'avons plus qu'à empoigner nos bagages et à sortir dignement avec le gardien qui ne sait plus quoi faire pour éviter de se faire engueuler par son patron. Je le nargue même avant de quitter l'hotel en lui proposant d'appeler la police s'il ne veut pas que l'on parte. Mais il s'en garde bien et nou ssuit dehors pour nous voir monter rapidemment dans un taxi.
On se fait conduire jusqu'à la gare de bus où nous étions déjà allés après le petit déjeuner pour avoir les horaires de bus pour la ville suivante. On savait donc qu'il devait y avoir un bus vers midi et du coup on était un peu tendu pendant la négociation des passeports car on avait peur de rater l'heure du bus.
On prend un mini-bus qui met quatre heures et demie à nous conduire jusqu'à la ville d'Endimèchke. La route est assez longue et on est un peu serrés mais ce n'est pas trop désagréable car au moins car on a une petite fenêtre ouverte qui nous permet d'avoir de l'air.
A l'arrivée dans la ville d'Endimèchke le chauffeur du mini-bus nous dépose devant l' hotel Ekbal
hotel Ekbal que l'on a repéré dans le Lonely Planet. A la reception le gardien commence par nous demander 150 000 reals pour une nuit mais comme on négocie il redescend vite à 50 000 reals. Ceci pour une grande chambre à trois lits avec une slale de bains qui a l'air propre.
On s'installe tranquillement. Il parait que l'été il fait très chaud dans cette ville. D'ailleurs les fenêtres sont équipées de moustiquiaires et il y a des machines d'air climatisé très primaires et bruyantes, accrochées à la fenêtre. Ce soir la température est plutôt douce et agréable. On a plus besoin du petit chandail qui ne nous quittait pas beaucoup depuis notre arrivée. Il parait que l'été c'est infernal ici à cause des mouches qui pullulent. Heureusement à cette saison il n'y en a pas beaucoup.
On quitte l'hotel pour aller se balader dans la ville. On fait le tour du bazar assez animé qui s'étale dans plusieurs rues.
Depuis notre arrivée Mathilde porte un pantalon large avec une chemise qui lui descend jusqu'au dessus du genou. Mais malgré cela elle a l'apparence d'une femme occidentale facile et elle subit des regards comcupissants de la part de nombreux hommes; Du coup elle décide d'acquérir une robe qui descendent jusqu'aux chevilles comme les femmes locales. On repère une djellaba qui lui irait bien mais on tente de négocier le prix et la négociation tourne court car le marchand refuse de bouger son prix ne serait ce que symboliquement. Mathilde finit par trouver un grand tissu dans une autre échoppe qu'elle s'enroulera autour de la taille comme une jupe longue.
On passe aussi devant de nombreux étalages de fruits et légumes magnifiques. Il y a la plupart des légumes que l'on trouve en France.
On rentre à l'hotel où on essaie en vain d'appeler Pierre pour le rassurer sur notre sort après la mésaventure des passeports. On va diner au restaurant de l'hotel qui est accolé à celui ci avec une porte de communication. Mais cela semble néammoins être deux établissements différents en tout cas le restaurant à pignon sur rue. On n'y trouve toujours pas d'Obémadani c'est à dire d'eau minérale. Pendant notre balade dans le bazar on a même demandé à un gentil iranien qui parle anglais et qui s'est proposé de nous aider de nou strouver une bouteille d'eau. Il a fait pour nous plusieurs boutiques dans le quartier sans parvenir à en trouver une seule. On peut noter aussi que l'on ne trouve nulle part des cartes postales. Ce qui est aussi étonnant.
Puis on remonte dans notre chambre. Mathilde me lit l'historique de l'Iran dans le guide Najel.
Mathilde n'a pas très bien dormi. Malheureusement elle est enrh–mée à son tour. On se demande qui a bien p– lui refiler cela. De mon coté j'ai plutôt bien dormi malgré des rèves d'incendie. On se réveille vers 8h. On descend petit déjeuner au restaurant de l'hotel, d'un oeuf un peu gras, du pain et du thé. On appelle Pierre depuis la reception de l'hotel pour lui donner des nouvelles. Puis on remonte prendre nos affaires dans notre chambre. On hésite à rester dans cet hotel la nuit suivante puisqu'il est propre et confortable, ou bien à dormir dans la ville d'Ahvaz où on ne sait pas comment sera l'hotel. Mais en fait on réalise que les sites que l'on veut visiter aujourd'hui sont à mi chemin entre ici et Ahvaz donc ce serait dommage de faire demi-tour pour revenir dormir ici. Il vaut mieux que l'on soit à Ahvaz ce soir comme cela on ira dans un bon hotel et on aura du temps pour se reposer demain matin et souffler un peu. J'ai repéré dans le Lonely Planet un hotel à Ahvaz qui dispose d'une piscine, au bord de laquelle Mathilde pourra se reposer car elle semble assez fatiguée.
De l'hotel on prend un taxi qui nous conduit jusqu'à la gare de mini-bus. De là on prend un mini-bus qui nous emmène jusqu'à Soush.
Dans le mini-bus nous sommes assis sur la banquette du fond. Je suis à coté d'un petit jeune homme qui nous propose de ces petites graines qu'ils grignotent pour passer le temps pendant les trajets. Il faut mordre dans une coquille assez dure pour en extraire une petite graine sans beaucoup d'interêt. Je renonce à le faire car j'ai peur de me faire mal aux dents.
Arrivés à Soush notre jeune voisin nous aide gentiment à porter nos paquets. De fil en aiguille il nous aide carrément à aller jusqu'au site archéologique de Suse; Car Soush est le nom moderne de la ville antique de Suse qui était la capitale du peuple Elamites puis une des capitales des rois Perses.
A l'entrée du site on nous demande de payer 30 000 reals chacun. On laisse nos bagages dans la cahute du caissier. Puis on voit d'abord un chateau fort construit au 19ème siècle par les archéologues français qui devaient se protéger contre les bandes de pillards qui les attaquaient régulièrement. Le chateau est de style médiéval on arrive jusqu'à l'entrée par une rampe mais on ne peut pas y pénétrer.
Donc on redescend et on va voir les quatre différents tells. Un tell c'est une colline artificielle composée avec les restes de fouilles.
A coté du chateau il y a le tell de la citadelle. C'est à dire au pied duquel on a dégagé les restes d'une citadelle antique.
Puis on voit le quartier où on a dégagé un Palais Royal qui date de l'époque Achéménides, construit par Darius le Grand.
On y voit notamment les restes de l'Apannada c'est à dire une grande salle d'apparat qui était composée de 36 colonnes soit six rangées de six. C'était la porte du Palais Royal. C'est à dire le batiment qui en marquait l'entrée et où stationnaient les portiers et où les gens étaient filtrés avant d'obtenir une audience.
Il ne reste plus que des morceaux de colonnes de moins d'un mètre de haut. Mais cela devait être très impressionnant à l'époque quand on sait que ces colonnes faisaient à peu près 15 mètres de haut, qu'elles supportaient toute une toiture en bois ou en terre. On peut s'imaginer un simple sujet du Grand Roi habitant dans une hutte en terre battue convoqué au Palais et confronté à ces édifices géants en pierre. Il devait y avoir de quoi être dans ses petits souliers.
On voit aussi deux statues de taureau assis.
Puis on continue mais on ne s'attarde pas trop au troisième tell qui domine les restes de la ville royale qui était aux abords du palais et où on a retrouvé parait il de nombreux vestiges archéologiques; Il y a aussi le quatrième tell qui est celui de la ville où habitait les artisans et commercants. Il parait qu'à cet endroit on a trouvé jusqu'à neuf couches différentes de civilisation jusqu'à une couche correspondant au début de l'époque islamique;
Il fait beau, même chaud. Il y a quelques arbres avec notamment des pins qui donne un tout petit peu d'ombre. Il y a très peu de touristes. Et pour les gens comme nous qi n'y connaissent pas grand chose on manque d'explications. Du coup le sie ne nous semble pas aussi passionnant qu'il mérite probablement de l'être.
Notre jeune ami qui s'appelle Cyrus nous accompagne toujours. Il nous emmène jusqu'au tombeau de Daniel qui est juste à coté. C'est une mosquée construite au 19ème siècle. C'est un lieu de pélerinage pour les musulmans chihites car c'est supposé être le lieu du tombeau du prophète Daniel.
Je me déchausse à l'entrée et j'y rentre du coté des hommes accompagné par Cyrus. Cyrus m'invite à glisser une offrande entre les barreaux de la grille en bois qui entoure le tombeauK. Comme je me propose d'y mettre 2000 reals Cyrus refuse et me demande de mettre plutôt 10 000 reals. Comme il a été très gentil jusqu'à présent avec nous je ne peux pas lui refuser cela. D'ailleurs il ne demande rien pour lui. Il veut même nous offrir les jus de melon que l'on commande dans une échoppe à la sortie du tombeau.
Dans l'échoppe Cyrus commande un taxi par téléphone pour nous conduire chez lui.
On monte dans le taxi qui nous conduit dans la ville voisine où habite Cyrus avec sa famille. En fait lui Cyrus est militaire et revient pour une permission de un ou deux jours. Le chauffeur s'avère parler relativement bien anglais avec surtout un excellent accent meilleur que son vocabulaire qui finalement est plutôt limité.
On roule une quinzaine de kilomètres avant d'arriver chez Cyrus. dans le village d'Aftapé
On nous invite à nous déchausser dans la cour d'une petite maison moderne. La maison est équipée d'air conditionné, de télévision, de magnetoscope. Il y a des tapis un peu partout. On s'assied d'abord sur des tapis dans une première salle puis assez vite dans une deuxième où se trouve la télé. On nous offre du thé. Comme il est midi le chauffeur qui semble pratiquant s'éclipse pour faire sa prière. Mais il nou srejoint et s'installe avec nous au milieu de la famille. Le chauffeur fait mine de s'en aller mais on l'invite à rester avec nous. Le père qui est parait il garagiste s'instale avec nous tandis que la mère s'affaire à la cuisine pour nous préparer un repas; Cyrus ne reste pas longtemps avec nous et s'en va. Le père nous propose carrément de passer la nuit chez eux. Ils ont cinq enfants dont un deuxième fils que l'on apercoit et une fille Fatima qui restera tout le temps avec nous et qui a une quinzaine d'années. Elle s'affiche politiquement pour les conservateurs tandis que son père est pour le président Catami, président réformateur très populaire. Le chauffeur est lui aussi plutôt conservateur.
La mère ne se prononce pas et nous sert un excellent déjeuner avec du poulet et du riz, on sent avec plaisir que cela a été cuit au feu de bois. Les femmes portent toujours leur voile à l'intérieur en notre présence. Une des copines Laéla voisine de Fatima vient nous voir puis repart déjeuner chez elle. On regarde la télé avec des cassettes de danse folkloriques filmées parait il aux Etats Unis dans la communauté de réfugiés iraniens. Du coup les danseuses sont passablement dévétues, en petite jupette et cheveux apparents. On nous fait aussi admirer une cassette d'un film de Schwarzeneger qui bien s–r fait la guerre et on voit des morceaux de match de football à la télévision. Le chauffeur s'impatiente un peu car il devrait rentrer chez lui. Nous aussi on se dit qu'il faudrait que l'on aille plus loin mais on n'ose pas interrompre cette ambiance chaleureuse. Le décor est étonnant car très dénudé avec que peu de choses sur les murs et pas de fenêtres. Il doit faire très chaud l'été pour qu'ils construisent ainsi des maisons sans fenêtres.
On va dans le petit jardinet qui jouxte la maison pour y prendre des photos de groupe. Puis on fait des adieux chaleureux à nos AMIS après avoir échangé force adresse et avant de remonter dans le taxi. Je manque me casser la gueule dans le caniveau ici aussi très profond en voulant monter dans le taxi.
Notre chauffeur nous conduit jusqu'au site archéologique voisin. du village de Tchougazambil il s'arrange pour que l'on en paie pas l'entrée. Et il nous y accompagne car son devoir d'hospitalité lui interdit de laisser des étrangers ainsi sans moyen de locomotion.
Sur le site il n'y a personne hormis le groupe de touristes suisses que nous avions rencontré à Takeb. On y retrouve notamment la suissesse avec qui nous avions un peu sympathisé et à qui je demande si elle peut intercéder pour nous auprès de leur guide pour nous obtenir deux places dans leur car ju'squ'à Ahvaz où ils vont également ce soir.
On fait le tour du site qui est en fait un grand tertre appelé Zigourate. C'est à dire une pyramide formée de trois étages de temples
zigourate superposés. Avec à chaque étage des terrasses en dessous desquelles se trouvent des pièces aménagées dans l'épaisseur, sans fenêtres. Il parait qu'avant il y avait carrément cinq étages de temples là où il n'en subsiste plus que trois. Cela servait de nécropole pour les rois et en même temps de temple pour les preêtres qui gardaient les tombeaux des rois.
On suit le groupe de suisses et leurs guides. ils ont une guide allemande très érudite parait il et un guide iranien plutôt pour la logistique; Lorsque l'on demande à la guide allemande si elle peut nous ménager une place dans leur car elle manque se prendre les pieds dans le tapis d'histoires d'assurance et autres points formels mais heureusement elle s'en remet à son collègue guide iranien qui lui ne s'encombre pas de telles considérations et est d'accord pour que l'on monte dans le car.
On annonce cela à notre chauffeur qui nous a suivi pendant tout ce temps là. Il rend graecirc;ce à Dieu d'être enfin libéré car il trépignait de devoir rentrer à son bureau d'attache à Soush où on l'attend, mais il n'osait pas nou abandonner seuls. On s'embrasse en se quittant. C'est extraordinaire à quel point les gens sont gentils dans ce pays. Ainsi ce chauffeur attendait avec fatalisme et sans impatience que l'on veuille bien le libérer. Il nous demande tout de même 60 000 reals en paiement des quatre heures qu'il a passé avec nous.
Une fois qu'il est parti on rejoint le groupe suisse qui est parti à pied à une centaine de mètres voir un autre site de fouilles où se situait un palais antique. On y reconnait la marque de pièces d'habitations avec encore les parois, les couloirs et certaines fenêtres. Les courageux descendent le long d'un escalier qui se termine dans une tombe où il y a une odeur très forte et désagréable genre accumulation de gazs d'excréments de chauve-souris. En tout cas je m'amuse à aller seul en tatant avec ma canne jusqu'à toucher le mur au fond de ce caveau. Il y fait très noir et donc cela sent très mauvais donc je suis tout seul à environ 15 mètres de profondeur.
On monte dans le car des suisses. qui est très moderne avec un air conditionné qui souffle trop fort au point que je doit mettre mon chandail.
On retourne jusqu'à la ville où habite Cyrus pour y voir un autre site archéologique. une autre zigourate
En descendant du car Mathilde m'indique qu'il faut sauter pour traverser un obstacle. Je comprends qu'il s'agit de sauter pour descendre une marche que d'ailleurs je sens avec ma canne. Mais en fait il s'agissait de sauter en longueur une grande flaque d'eau certes légèrement en contrebas de nous. Du coup je saute dans cette petite rivière et je me retrouve avec un pied dans l'eau ce qui fait rire tout le monde. Ou plutôt cela doit leur faire tous peur.
On se balade un peu sur le site. Le guide iranien s'occupe gentiment de nous tandis que la guide suisse allemande egyptologue parle en allemand à ses protégés;
Puis on remonte dans le car. On roule pendant deux heures, du thé et des petits biscuits circulent. Il y fait toujours trop froid. Je suis assis à coté d'un vieux monsieur très gentil.
Quand on arrive à Ahvaz on s'arrète devant l'hotel de luxe de la ville que j'ai repéré dans le Lonely Planet. le Fajr
hotel Fajr Les chambres y valent 95 dollars la nuit. Mais on se retrouve dans une grande chambre confortable. Malheureusement la piscine ne fonctionne que l'été. On se retrouve chambre 410 au 4ème étage avec une belle vue sur la rivière et ses ponts illuminés la nuit.
On redescend pour diner. La carte du restaurant de l'hotel nous semble tout à fait banale du coup on décide de sortir dehors. Mais dans le quartier on déambule sans trouver un seul restaurant. C'est bizarre dans ce pays ce n'est pas la première fois que l'on remarque qu'il y a très peu de restaurants. Déjà on trouve difficilement des marchands de chich-kebab mais il y a encore moins de vrais restaurants. Ici c'est au point que l'on doit demander à un passant où se trouve un endroit pour manger car on ne trouve rien. Il nous indique de descendre le long des berges de la rivière où effectivement on trouve un restaurant assez moderne avec éclairage au néon mais très propre.
On y mange très bien pour 37 000 reals. J'ai pris du poisson et du riz. Il y a un petit jeune homme qui s'est approché de notre table et qui a sollicité la permission de venir s'entrainer à parler anglais en bavardant avec nous. Il est étudiant en traduction et parle très bien anglais.
Il nous apprend des tas de choses sur la vie des iraniens; Notamment que les hommes se marient en choississant eux mêmes leur femme. Ce n'est plus arrangé par les parents. Les jeunes hommes vont voir leur futur beau-père et négocient le mariage. Ils doivent pouvoir disposer d'une certaine somme qui se négocie et qui servira à l'installation du couple. Ainsi les parents de la fille s'assure que le futur mari a un capital suffisant pour subvenir aux standing de leur fille. Ils se marient donc en général entre 20 et 25 ans dès qu'ils disposent d'une somme suffisante. Notre jeune ami semble homosexuel aux yeux de Mathilde. En tout cas il insiste pour nous accompagner à l'hotel et n'a pas très envie de nous quitter. Il a été très marqué par la guerre et refuse de beaucoup en parler. Devant l'hotel on doit le quitter un peu brutalement car on en a un peu marre et surtout j'ai un besoin pressant. On échange bien s–r les adresses; Mathilde consciensieusement récupère les adresses de tout le monde. Elle me dit que dans ses voyages précédents il lui ai arrivé de rester en contact avec des gens rencontrés.
On remonte dans notre chambre de luxe et on s'apprète à passer une bonne nuit.
On se réveille paresseusement. On descend tout de même à 9h pour petit déjeuner car c'est l'heure limite. On prend des oeufs brouillés, du thé du pain, beurre et confiture. Pour une fois il y a du lait à la carte mais lorsque j'en commande le garçon revient m'expliquer qu'il n'y en a plus. Le service est plutôt stylé et le petit déjeuner bon. Il y a notamment une confiture de carotte qui est très bonne.
Puis on remonte dans notre chambre pour paresser jusqu'à midi. Je tente d'appeler ma secrétaire véronique mais au bout de plusieurs essais persistants je finis par tomber sur une de ses collègues qui me dit qu'elle a pris une journée de congé. Je bouquine longuement et je dors un peu. Mathilde se repose un peu elle est toujours enrhumée et donc un peu flagada.
On a une belle vue de notre chambre sur la rivière.
Vers 14h on quitte notre chambre et on descend faire le check-out car c'est l'heure limite indiquée. On paie cent dollars pour la nuit dont 5 dollars pour le petit déjeuner. Bien que le billet de cent dollars de Mathilde soit impeccable le caissier commence par le refuser car il date de 1990. Comme on insiste un peu ils finissent par l'accepter. Ils ne nous font pas payer ni le téléphone, ni la bouteille d'eau consommée. Car dans cet hotel il y a de l'eau minérale.
On fait un petit tour dehors. Mais comme c'est l'heure de la sieste tout est fermé. On ne trouve pas une seule échoppe ouverte; On va au restaurant d'hier soir mais ils ont fini de servir. On envisage d'aller déjeuner dans un snack devant lequel on est passé hier soir mais il est aussi fermé. Le soleil tape un peu, heureusement il y a du vent notamment au bord de la rivière. Il n'y a pratiquement personne dans les rues. On a plus qu'à rentrer à l'hotel.
Là on s'installe dans le lobby à bouquiner, à boire du thé et à manger quelques biscuits qui nous reste; Vers 15h30 on demande un taxi pour nous emmener à l'aéroport. Il nous demande 7 000 reals pour aller jusqu'à l'aéroport qui est tout proche de la ville.
L'aérogare est toute petite et il n'y a personne lorsqu'on y arrive vers 15h30. On s'assied dans un coin et on attend tout seuls. Vers 16h35 cela commence un peu à s'agiter il y a des personnes qui arrivent au comptoir. Mathilde va nous enregistrer pendant que je garde nos sièges. Mais elle a des soucis pour faire accepter nos billets et revient me chercher pour l'aider à négocier;
Evidemment on présente des billets qui sont inscrits Téhéran Ispahan alors que l'on a reservé par téléphone un Ahvaz Ispahan. Comme on insiste on nous envoie au premier étage voir un chef. Celui ci nous écoute lui expliquer que le pass que l'on a acheté à Paris nous donne droit en principe de faire deux parcours intérieurs quelqu'ils soient et que les trajets qui sont indiqués sur nos billets ne sont qu'indicatifs. Il nous dit pas de problème. On redescend au comptoir où on nous prend nos billets en nous disant pas de problème. Mais on attend quelques minutes et manifestement rien ne se pass. Si on attend encore on va tout droit où ils vont nous dire désolé le vol est complet. On avise un gros homme encore plus gros que le chef. Mathilde pense que c'est surement le chef du chef. On l'aborde pour lui expliquer notre situation. Il nous dit 'mais vou sn'avez pas de billet" ce qui sous entend que la version qu'on lui a rapportée c'est que nous étions sans billet; Cela m'agace un peu mais heureusement j'arrive à rester calme et à expliquer notre problème. Lui aussi nous répond pas de problème. Mais cette fois ci les choses se débloquent et on nous apporte des cartes d'embarquement.
On passe dans la salle d'embarquement; On y achète une barre Mars et un Pepsi-Cola qui nous coutent 10 00 reals.
Puis on monte dans l'avion. C'est un Bpoeing 737 un peu vieux. Au point qu'il n'y a même pas de coffre à bagages, il n'y a que des étagères non fermées, ce qui montre une conception ancienne de l'avion. On a pour une heure de vol. Mathilde est toujours tendue mais prend des pilules pour rse décontracter un peu. On papote longuement pour la distraire et je lui tiens la main. On nous offre une mandarine et un quatre-quart assez bon.
On aterrit à Ispahan. On attend assez longuement nos bagages assis sur des chaises dans l'aérogare; Puis on prend un taxi qui nous demande 20 000 reals pour aller jusqu'à la ville.
Il nous dépose à l' hotel Saphir Là on trouve un receptionniste qui parle très bien français. Il nous explique qu'il a habité et travaillé à Paris pendant deux ans. Il nous attribut une des suites de l'hotel car il n'a plus de chambre libre pour ce soir.
Après avoir posé nos affaires on va faire un petit tour dans la ville. Cela semble être une très grande ville animée; On fait un petit tour du quartier. Il y a pas mal de magasins. On en trouve même un qui vend de l'eau minérale. On revient vers le coin où parait il se trouvent les restaurants. On s'arrète dans un chich-kebab où il y a beaucoup de monde ce qui est plutôt bon signe. On nous y sert une salade cresson excellente. Puis des kebabs avec viande hachée et tomates qui sont très bons aussi.
On rentre à l'hotel. Non sans s'être arrété dans une patisserie appétissante non loin de l'hotel où on fait le plein de patisseries diverses. On a essuyé aussi une averse. Dans notre suite on déguste quelques gateaux en lisant les guides pour faire un peu notre planning. Puis on va se coucher. En fait notre suite se compose d'une chambre à deux lits avec une salle de bains très moderne et propre et avant la chambre une grande pièce qui donne sur le couloir et qui se compose d'un bar, de fauteuils, d'une table basse et de deux lits d'appoint, où doivent pouvoir dormir des enfants;
Lorsque l'on descend petit déjeuner dans la salle de restaurant située au sous-sol de l'hotel, le gars qui surveille l'entrée du restaurant et relève les numéros de chambre glisse un billet à Mathilde en lui disant que c'est un secret. Mathilde se lève de table pour aller s'entretenir avec lui pendant quelques minutes. Elle br–le de me révéler l'objet de cette conversation mais comme le gars lui a demandé le secret elle n'ose pas le trahir et je ne fais rien pour l'y encourager.
Plus tard dans la journée Mathilde se considèrera relevée de son secret et m'expliquera que sur le billet l'employé a expliqué que la veille en expliquant chez lui qu'un aveugle était arrivé à l'hotel et sa fille lui a demandé comment un aveugle peut être interessé à voyager. Question à laquelle il n'a pas s– répondre et qu'il se permet de transmettre à Mathilde. C'est pourquoi elle s'est levée pour aller lui expliquer.
Pendant ce temps je petit déjeune d'oeufs brouillés froids, de pastèque et des galettes de pain tartinées de fromage. Puis on remonte un peu dans notre chambre avant de ressortir pour marcher dans la ville.
On arrive au pavillon Acht Behech Palace de l'époque Safavides C'est un pavillon supportée par 40 colonnes en bois qui lui donne une allure légère et aérée, au milieu d'un jardin très vert et agréable. On ne peut pas rentrer dans le pavillon mais on voit au loin qu'il est très ajouré et qu'il y a des fresques à l'intérieur.
Aujourd'hui le temps est couvert et un peu frais mais on supporte tout de même facilement de rester en polo, du moins en ce qui me concerne, car Mathilde est toujours couverte de la tête aux pieds et ne risque pas d'avoir froid.
Puis on va sur la place Royale rebaptisée Imam Jomeni square depuis la Révolution où
Imam Jomeni square on voit la mosquée de l'Imam
dôme et minarets de la mosquée de l'Imam

On peut y pénétrer. Elle est très grande et presque entièrement décorée de céramiques bleues magnifiques. Mathilde me fait gentiment toucher certaines des céramiques à portée de main. C'est impressionnant le travail que cela a d– représenter. Il y a parait il du bleu foncé, du turquoise, du jaune, du vert, etc. On visite les différentes cours de la mosquée. Je ne comprends pas très bien l'organisation interne d'une mosquée et j'aimerai bien avoir une explication sur la logique et la fonction de ces différents espaces.
On passe sous le auvent d'une cour où se trouvent des ouvrier qui sont en train de refaire certaines céramiques. Ils nous montrent comment ils font: ils martèlent des plaques de terre cuite sur lesquelles on a fait cuire de l'émail. Ils martèlent de facon à casser des morceaux qui ont la taille hadoc et pourront s'emboiter dans le puzzle formé par les pièce de céramiques voisines. Ils nous font même cadeau d'un petit morceau d'émail.
Puis de là on va à la mosquée des femmes apelée Lotfola qui se trouve aussi sur la place Royale. Il parait que cette mosquée communiquait avec le palais royal par un souterrain qui en permettait l'accès aux femmes du harem. D'où le nom de la mosquée.
mosquée des Femmes En tout cas cette mosquée est plus petite que celle de l'Imam et beaucoup moins claire. Notamment parceque la plupart des fenêtres sont munies de moucharabier. A l'intérieur il y a ausis des céramiques magnifiques.
Puis on va au palais Ali Gapou
palais Ali Gapou qui se trouve aussi sur la place Royale. On pénètre d'abord dans la poterne du palais c'est à dire un premier batiment qui desservait le parc et les différents batiments administratifs du palais. Dans ce batiment de la Porte le roi y avait sa salle du trone au premier étage où il recevait les ambassadeurs étrangers. on voit aussi différentes salles de reception. Tandis qu'au troisième étage se trouvaient des appartements privés au roi