Vendredi 1er aout

Pour une fois oh, extraordinaire je suis prêt en avance. Mon sac est bouclé et je tourne dix fois dans mon appartement en me demandant ce que je peux oublier. J'ai même le temps de jouer un peu de piano et d'appeler à IBM, histoire de montrer que je m'interesse à un ultime problèème de reporting que nous demande les anglais d'IBM Europe.

On s'appelle plusieurs fois avec Anne Savelli pour savoir comment on va à l'aéroport et si je passe ou non la chercher en taxi. Finalement elle a un voisin qui peut l'emmener à l'aéroport et je pars de mon coté. Je prends un taxi qui n'est pas content car il veut absolument mettre mon sac à dos dans son coffre et je refuse. Tant pis pour ce premier taxi je vais offrir ma course à Roissy au taxi suivant de la station de la Muette.

Mon sac à dos est tout neuf j'etrenne le cadeau de ma soeur Isabelle pour mon anniversaire. J'étais passablement triste ce matin en le remplissant seul. Puisque Marie-Laure Féral a annulé sa participation à ce beau périple.

Je retrouve Anne devant le comptoir Katé Pacific à l'aérogare A de Roissy. Je ne connais pas très bien cette aérogare. Au comptoir Anne a rencontré en m'attendant un employé de Katé qui lui a fait miroiter un surclassement possible vu que l'avion sera probablement plein. Anne est toute excitée à cette perspective. Mais en fait cela ne marche pas. Car on nous répond que l'avion est plein aussi en business.

A tout hasard on redemande tout de même à l'embarquement avant de monter dans l'avion. On se retrouve donc rang 37 places a et b. Anne prend la place près du hublot pour pouvoir dormir. Car elle s'est couchée à 5h du matin après une longue papote avec son copain Guillaume de Hong-Kong. Anne semble dormir plutot bien tandis que je ne fais que somnoler tout en lisant une brochure en braille sur le ministère du budget et nos impots.

On mange un peu d'un repas qui se veut plus ou moins chinois. Je bois un gin tonic et une bière qui ne parviennent pas à m'assoupir. Il y a un film débile au cinéma. Je vais me balader un peu dans le 747, puis je me lave les dents longuement en espèrant faire passer le noeud qui m'habite.

Hong-Kong

Hong6Kong

Samedi 2 aout

Après un vol direct de 12 heures on aterrit à Hong-Kong à 7h du matin. Il y a pas mal de vent à l'arrivée et Anne n'est pas trop rassurée. Mais l'aterrissage se fait tout en douceur.

Une fois dans la zone de transit on s'installe dans un coin pour attendre notre vol pour Cheng-Du qui doit partir à 11h. On en pense pas tout de suite à enregistrer pour ce vol suivant et on va d'abord prendre un bol de céréales à la cafeteria. Puis on tente en vain de me trouver un magasin d'éléctronique pour me permettre de faire une première étude de marché sur ce qu'il yy a à acheter.

A l'enregistrement pour Cheng-Du on ne nous signale rien d'anormal et en principe on part toujours à 11h sur un Boeing 737. On téléphone à une amie de Laetitia LuneauGuenaelle Ansieau qui habite sur une île à coté de Hong-Kong. Elle nous prévient que la télé annonce l'approche d'un typhon et nous souhaite de pouvoir décoller avant son passage.

Effectivement à l'heure de notre vol il n'est toujours pas annoncé sur les écrans de controle. On reste ainsi à attendre jusqu'à 7h du soir à roupiller sur une banquette de la cafeteria. Et encore heureusement que l'on a trouvé ces banquettes car la salle de transit est bien pleine et on commence à être fatigués. Je dors assez profondément. Tandis qu'Anne est plus inquiète et va voir toutes les demi-heures au guichet s'ils ont plus d'information sur le devenir de notre vol. Mais les employés comme toujours ne savent rien eux mêmes et se content de subir les assauts des clients furieux qui font le siège du comptoir.

Finalement je me décide à y aller moi même tandis qu'Anne garde nos sacs. Je fends une foule de chinois agglutinée au comptoir. Là j'insiste un peu en expliquant que je suis aveugle et on finit par me donner deux voichers pour un hotel. L'hotesse qui s'est occupée de moi nous prend en charge. Elle me raccompagne pour retrouver Anne et nous conduit là où il faut attendre la navette pour l'hotel. En principe l'hotel devait être à 5mn de l'aéroport, mais en fait on va dans un autre de la même chaîne, qui est en centre ville et beaucoup lus luxueux: le Regal Hong-Kong Hotel.

Regal Hong-Kong hotel

Le typhon manifestement ce n'est pas du chiqué et on est pris dans une bourrasque assez violent rien que pour faire les deux mètres de trottoir entre le car et l'hotel. Il pleut par rafale. Il s'avèrera que ce typhon aura provoqué un mort sur Hong-Kong et plusieurs dizaines sur Canton.

On se retrouve dans cet hotel très luxueux dans un grande chambre avec deux larges lits. Cela pourrait être paradisiaque pour des amoureux. Anne prend un bain dans la baignoire triangulaire. Je bouquine et regarde la télé. Puis on dort.

Plus tard dans la soirée on se réveille. On renonce à descendre diner. Notamment un peu échaudés par le prix auxquels doivent être les menus sachant qu'avec notre bon de chambre on a pas eu ni bon de diner ni bon de petit déjeuner. Je veux aussi téléphoner aux différents contacts que j'ai à Hong-Kong. Mais en fait la ligne de notre téléphone n'est même pas branchée et il faut descendre à la reception pour laisser un deposit pour avoir la ligne. De toute facon il est déjà tard et il serait difficile d'aller en ville avec le typhon.

Je descends tout de même en bas. Je fais quelques pas sur le trottoir avec l'aide d'un groom pour aller sentir l'importance du typhon. Ca souffle bien fort et les voitures qui circulent sont rares.

Anne téléphone à Cheng-Du à l'hotel où on a rendez vous avec son ami Mike pour tacher de le prévenir. Mais l'employée qui lui répond lui dit qu'il n'y a pas de Mike Goldman dans l'hotel.

Dimanche 3 aout

Paradoxalement, vu notre décalage horaire, je me réveille naturellement à 6h30. Mais compte tenu de ce que tout ce que l'on a dormi depuis hier 8h du soir ce n'est pas si paradoxal que cela.

Je prends un bon et long bain alterné avec une douche glacée dans la cabine de douche. Puis je réveille Ane vers 7h30. Le temps d'hésiter sur le parti à prendre et de se préparer on ne descend que vers 9h.

On va dans la salle à manger dans le lobby de l'hotel. Je prends un petit déjeuner plutôt succin pour une fois. J'ai très faim, mais je suis très noué et peu de choses passent. Je prends tout de même une salade de fruits, un croissant, une tranche de brioche et un bol de céréales. Ce qui compte tenu de l'absence de diner hier soir est peu de choses pour moi.

On demande à la reception de se renseigner pour nous sur l'état de la circulation aérienne. Mais comme l'aéroport sonne toujours occupé on se décide à aller voir nous même. J'ai dans l'idée qu'il ne faut pas trop que l'on tarde car il y a des chances que le vol d'hier soit purement annulé et que l'on puisse prendre le vol d'aujourd'hui à 11h. A l'aéroport on nous avait promis un bus pour nous raccompagner à l'aéroport comme on nous en avait trouvé un pour venir à l'hotel, mais on nous laisse dans l'ignorance totale. Du coup on prend un taxi. Il continue à pleuvoir et le plafond est très gris et bas. Mais manifestement la tempète est finie.

On prend le tunnel qui relie l'île de Hong-Kong sur laquelle est notre hotel avec la presqu'île du continent; En fait il parait qu'il y a carrément trois tunnels qui relie l'île au continent. On arrive ainsi à l'aéroport. Il s'agit de l'ancien aéroport sur le continent, car un nouvel aéroport sera bientôt ouvert sur une île proche.

Dans l'aérogare une fille nous indique gentiment qu'il faut que nous allions hall B comptoir 14. Là en effet on trouve des employés qui ont l'air au courant et qui nous disent que l'on n'a pas besoin de repayer la taxe d'aéroport et que notre carte d'embarquement sur le vol d'hier est toujours valable sur le vol d'aujourd'hui.

On s'assied par terre dans un coin de ce grand hall, d'où on peut surveiller les écrans informatiques en attendant que notre vol soit annoncé. On joue aux cartes, au gin en attendant.

Finalement l'écran affiche la porte 5 comme porte d'embarquement de notre vol. On passe la police et la douane pour rejoindre cette porte. Il y a pas mal de monde un peu partout. Cette aérogare fait vraiment un effet de poulailler avec tous ces chinois qui parlent dans tous les sens, les chariots qui cavalent. Il y a pas mal d'activité même en ce' Dimanche matin.

Les portes d'embarquement partent perpendiculairement de part et d'autre d'un long couloir. On arrive à la porte 5. Un bus nous conduit jusqu'à l'avion. C'est un Boeing 737. Je ne sais pas comment ils ont fait pour gérer tous les passagers d'hier plus ceux d'aujourd'hui. Il parait que bon nombre de ceux d'hier on renoncer à partir. On attend une heure dans l'avion avant de décoller; Il parait que 'lon attend des passagers en retard.

Dans l'avion on nous sert un poulet à la noix de coco pas trop mal. Le vol dure deux heures. Je somnole pas mal. j'essaie de lire mon livre en braille du ministère du budget mais cela contribue à mon noeud.

Sichuan

Cheng-Du

On aterrit à Cheng-Du où il fait encore très humide même s'il ne pleut plus. C'est la capitale de la province du Sichuan. On sort de l'avion par une coursive comme celles qui en général mène jusqu'à l'intérieur de l'aérogare. Mais ici c'est la première fois que je vois cela, la coursive mène à un escalier qui nous descend sur la piste à l'exterieur de l'aérogare, et nous devons faire queqlues mètres à l'exterieur pour rentrer dans le batiment.

En entrant Anne trouve tout de suite son sac à dos sur le tapis à bagages. Il est mouillé et à d– recevoir un peu de typhon quelque part entre Paris et ici. Anne est tout de même contente de le retrouver.

On passe facilement les formalités et on prend un taxi pour aller jusqu'à la ville; C'est un taxi de luxe et il nous demande 90 huyan pour nous déposer au Traffic hotel

Traffic hotel

A la reception de l'hotel Anne demande en chinois à la préposée si Mike Goldman est là. Mais elle nous répond que non. On demande à regarder le registre des entrées. Où effectivement on ne voit pas son nom. On s'apprète à reserver une chambre. On demande à lui laisser un mot. C'est alors que l'autre préposée intervient et nous dit Mike Golkdman cela me dit quelque chose. Et en effet il est à l'hotel depuis hier. On lui téléphone dans sa chambre, où il nous attendait sagement.

Il descend nous retrouver. Il parle très bien chinois. Manifestement un moins accent que celui d'Anne, où transperce son origine américaine. Mais il parle de facon très à l'aise;

On va boire une bière à la terrasse du restaurant de l'hotel. Mike nous propose une alternative comme programme de voyage. Soit d'aller au Tibet, où il n'est jamais allé et où il se trouve qu'en ce moment c'est ouvert aux touristes. Soit d'aller dans le nord du Sichuan et dans le Gansu la province plus au nord, qu'il conait déjà mais dont il garde un excellent souvenir. On est très partagé par les deux idées. Pour ma part je trouverai sympa de cocher la case Tibet, mais d'un autre coté j'ai la chance de voyager avec des personnes qui parle chinois et ce serait dommage de ne pas en profiter à fond. Et puis il y aura probablement moins de touristes dans le nord qu'au Tibet. Et puis au Tibet j'ai un peu peur que ce soit surtout Lassa avec beaucoup de pagodes et d'ambiances citadines. Donc finalement c'est le tour dans le nord que choisit Anne à qui revenait la voix prépondérante. On tente d'interviewer quelqu'un qui reviendrait du Tibet en interrogeant les autres tables de touristes qui sont autour de nous. Mais personne n'y est encore allé.Il y a un routard qui nous dit qu'il a l'intention d'y aller vers le mois d'octobre. Cela laisse réveur sur le rythme de voyage de certains, alors que nous n'avons que 2 maigres semaines.

On fait une balade sur les bords de la rivière voisine. Il y a un sentier qui longe la rive dans des bosquets de verdure. Il y a là pas mal de chinois qui se reposent en fin de journée.

On va diner au restaurant de l'hotel, où on prend un poulet aux cacahuètes, spécialité de la région. Avec du riz et une bière.

Mike m'explique qu'il veut devenir prof de politique ou éventuellement diplomate.

On remonte dans la chambre à trois lits que l'on a reservée. Je fais un petit tour sur le balcon qui est au bout du couloir. C'est très agréable d'avoir une vue nocturne de la ville. Il fait un peu plus frais que dans la journée. On entend les bruits de la ville qui s'agite encore. Je vois aussi quelques lumières.

Pendant que je me lave les dents Anne et Mike jouent avec un ordinateur dictionnaire qu'a Mike. On peut pianoter un mot en anglais ou en chinois et il donne la traduction. Pour les caractères chinois on peut les rentrer avec leur transcription dans notre alphabet où les dessiner sur l'écran avec un crayon tactyle.

Je donne à l'employée qui veille à notre étage, un t-shirt et un calecon pour qu'ils soient nettoyés.

Lundi 4 aout

Je me réveille vers 4h du matin et plus rien à faire pour me rendormir avant 8h. J'essaie de me changer les idées en bouqinant, puis en allant prendre un bain vers 6h30. Enfin vers 8h je me rendors un peu et on somnole jusqu'à 11h. Mike en a profité pour aller faire un footing.

Puis on descend petit déjeuner à la terrasse du restaurant de l'hotel qui est dressée devant l'hotel. On prend des crèpes. Mike a rencontré une française qui se remet difficilement d'une grosse tourista et du coup qui est resté à l'hotel tandis que son groupe est parti en randonnée de deux jours; Il lui a proposé que nous fasions un tour dans la ville ensemble cet après-midi.

On va à la gare de bus voisine de l'hotel pour reserver nos billets de bus pour aller à Son Pan. Mais cela dépend d'une autre gare de bus plus loin. Mike se dévoue pour y aller seul tandis qu'Anne et moi faisons un petit tour du quartier.

On se promène dans des peites ruelles où les gens vivent sur le pas de leur porte. On voit une femme laver son bébé dans une bassine posée sur le trottoir, des hommes assis devant leur porte. De nombreux hommes sont torse nus. Il y a de nombreuses petites maisons pauvres, avec des escaliers qui descendent dans la maison en contrebas de la rue. De nombreuses échoppes proposent un peu de tout.

On fait ainsi tout un tour du quartier. On s'arrète pour acheter des timbres dans une poste. Mais ils ne les vendent que par timbres de 1 huyan et il en faudrait donc 5 sur une carte postale pour la France, ce qui fait beaucoup. On rentre en pousse pousse à l'hotel. En empruntant la large avenue qui mène à la rivière. On négocie avec le pousse-pousse qui veut nous emmener pour 8 huyan et Anne tient pour 7. Elle est très à l'aise et parle très bien avec son accen qui est très impressionnant de clarté. Le type pédale vigoureusement dans la chaleur moite qui nous fait transpirer même assis sur la banquette arrière de son triporteur.

Dans l'hotel on retrouve Mike qui a les bilets de bus.

Notre Traffic hotel est vraiment bien tenu et très propre. Il y a même un liftier qui reste en permanence à manoeuvrer l'ascenseur entre les 7 étages de l'hotel. Et des receptionnistes à chaque étage qui parle un peu anglais et qui vous ouvrent la chambre en échange du bon qui atteste que l'on a payé au rez de chaussée.

A 14h on retrouve à l'entrée de l'hotel Chrystèle la française rencontrée par Mike. C'est une commerciale de Lille qui a l'air plutôt sympa.

On va ensemble d'abord au monastère Weng-Chu C'est un grand monastère

monastère Weng-Chu qui comprend parait il dans son enceinte 194 batiments différents. On parcourt les différentes cours. Il y a pas mal d'encens qui brule un peu partout, avec les batons allumés par les fidèles. On fait un petit tour dans les différents jardins qui séparent tous ces batiments. Il y a des bosquets et des allées. C'est assez agréable d'avoir cet îlot de calme et de verdure dans cette grande ville.

On s'installe sous un arbre de la maison de thé. Cela grouille de chinois qui se reposentet boivent du thé. Beaucoup sont torse nus. Il pleut un peu et on déplace notre table pour être plus à l'abri.

On attend Mike qui s'est une fois de plus dévoué pour traverser la ville et aller à la banque changer de l'argent pour chacun de nous. Le huyan vaut aujourd'hui 76 centimes français.

huyan

De là on prend un taxi qui nous offre dix minutes d'air climatisé pour nous conduire au jardin du peuple.

jardin du Peuple C'est un grand jardin public avec pas mal d'ombrages. Dommage que les allées y soient goudronnées, cela rompt un peu le coté champètre. Il y a quelques jeux pour enfants, style manège et tobbogans. Il y a aussi une maison à thé avec pas mal de monde.

Mais on va plutôt se poser au sommet d'une petite colline. Où on s'assied sur des tabourets. On s'imagine très bien comme un de ces petits groupes de chinois qui se réunissent là en fin de journée pour deviser et probablement aussi pour écouter les cours d'éducation politique.

On marche encore un peu dans le jardin avant d'en ressortir. On voit le monument à l'entrée du parc à la gloire des ouvriers qui ont protégés les lignes de chemin de fer.

On marche pour aller jusqu'à un restaurant où on a choisit de diner. On traverse différents quartiers animés. On doit arriver au restaurant pas trop tard car il parait qu'ils arètent de servir à 8h.

On voit un peu partout des immeubles en construction. Ou d'autres gros cubes de béton achevés récemment. Manifestement il n'y a aucun souci d'urbanisme. Et il n'y a aucune cohérence entre toutes ces immeubles qui poussent de facon désordonnée. Ce qui ne donne pas un effet joli. Mais la ville est visiblement en plein boum. Le symbole c'est la statue géante de Mao qui trone sur la place principale dont le bras pointait avant sur des affiches avec les principaux personnages du communisme et qui maintenant pointe sur des affiches publicitaires géantes. Ils sont en train de dégager encore plus cette lace en ayant abbattu les vieilles maisons et cela deviendra une vaste esplanade.

On arrive au restaurant le Cheng-Du small eat city qui se trouve sur Shang-Dong street

Cheng-Du small eat city Arrivés là on a le choix entre le restaurant proprement dit au premier étage qui semble très chic. Ou bien du rez de chaussée où on vous propose des assortiments de petites assiettes. On décide de s'installer au rez de chaussée qui semble plus amusant. On trouve une table au bord de la pièce d'eau intérieure. On s'installe en passant par dessus une balustrade pour se mettre comme dans un box. Des français que l'on rencontrera plus tard, nous diront qu'ils ont quitté le premier étage tellement le personnel était peu aimable.

Comme Chrystèle est encore pas bien on commande que pour 3 personnes Et on voit arriver 45 etites assiettes qui sont disposées tant bien que mal sur la table basse qui est au milieu de nous. Ainsi le menu d'assortiments comprend 15 plats différents. Même si les assiettes sont toutes petites et qu'il s'agit de quelques bouchées à chaque fois. C'est impressionnant de voir cette foule d'assiettes ainsi disposées. Il y a de tout des choses plus ou moins bonnes, plus ou moins visqueueses et plus ou moins identifiables. De la viande, du poisson séché, des oeufs pourris, des paecirc;tes, de la soupe. On boit avec cela de la bière et du thé.

On reprend un taxi pour aller jusqu'à l'hotel. On passe Anne et moi dans la chambre de Chrystèle pour échanger nos adresses. Mike qui n'aime pas être à l'écart de nos conversations en français est parti directement dans sa chambre. On reste un peu avec Chrystèle pour papoter puis on remonte dans notre chambre. Il s'est mis à pleuvoir assez fort.

Je me sens un peu patraque. Je ne sais pas si c'est mon noeud au ventre, la nourriture de ce soir ou simplement la peur que la nourriture de ce soir ne passe pas bien.

Mardi 5 aout

Le réveil sonne à 6h. Je me suis encore offert une insomnie de 3h30 à 5h30; Je prends une douche rapide puis on part pour la gare de bus.

Dans le hall de l'hotel on rencontre un chauffeur de mini-bus qui nous propose ses services pour nous conduire là bas. On arrive à la gare de bus un peu avant 7h.

Anne achète dans la ruelle qui y mène une espèce de pain brioché sous plastique, qui s'avèrera sentir l'huile rance. Et deux bouteilles d'eau.

On monte dans un vieux car bringuebalant . D'emblée il est bien plein avec des caisses qui s'empilent partout dans le couloir. Et des tas de bagages sur le toit. Sous pretexte que j'ai mes médicaments dans mon sac à dos, j'ai refusé qu'il aille sur le toit craignant qu'il n'y soit victime de la pluie;

On démarre et on sort de Cheng-Du. Avec la vitesse il y a un peu d'air frais qui passe par les fenêtres et il fait plutôt bon. Mais dès que l'on s'arrète il fait un peu chaud. On a un trajet d'une durée théorique de 11h. Au fur et à mesure des arrêts on embarque des passagers supplémentaires, ce qui fait que le bus devient franchement bondé. Heureusement nous sommes à l'avant et donc en principe moins secoués.

La route est goudronnée pendant deux heures ou deux heures et demie. Mais après cela devient de la piste de terre cahotante, avec quelques passages goudronnés. Manifestement il y a eu beaucoup d'éboulements des collines qui nous surplombent et du coup il y a des caillasses un peu partout sur la route et des cantonniers qui travaillent à rénover la route à la pioche. Ils ne doivent pas avoir par ici de machines d'escavation et donc les éboulis doivent être plus fréquents que les remise en état.

On passe à coté de précipices parait il impressionnant. En tout cas Anne assise à coté de moi n'est pas trop rassurée. En fait on longe à flanc de coteau toute une vallée qui traverse une chaines de petites montagnes. On emprunte la vallée de bout en bout. Au début on avait une végétation assez verte dans un paysage très urbain. En fait les villages se suivent sans discontinuer. Et puis à partir du moment où la route n'a plus été goudronnée alors on a commencé à traverser un paysage desertique: des montagnes pelées avec des cailloux. Là il n'y a plus une seule maison. Et ceci pendant quatre ou cinq heures. Jusqu'à ce que l'on ressorte de l'autre coté de la chaine de montagnes. Et alors le paysage redevient verdoyant et plus campagnard, avec beaucoup moin de maisons.

On a fait plusieurs pauses pipis et autres pauses éboulis. On s'est arrété aussi pour déjeuner dans un petit village. On a bouffé un bol de nouilles dans une petite gargotte face à l'arrêt du bus; On déjeune avec un couple d'israeliens qui est dans le bus avec nous.

A un arrêt plusieurs passagers veulent monter. Mais il y en a un qui a trop de paquets et qui se fait refouler. Il s'engueule copieusement avec le chauffeur mais rien n'y fait il reste sur le bord de la route.

Je suis un peu fatigué par ma courte nuit. Le paysage doit être propice aux mauvaises pensées car Anne a peur et moi je songe à un duel à faire; Tandis que Mike lui se dit que c'est le dernier voyage qu'il fait en Chine. J'essaie d'écouter mon bouquin pour me distraire mais le son n'est pas audible.

Song-Pan

Le car arrive à Song-Pan vers 6 ou 7h. Avant d'entrer dans la ville il y a deux types qui montent dans le car pour proposer aux passagers touristes des excursions à cheval.

Une fois dans la ville on fait un grand tour à la recherche d'un hotel. Mais tous nous paraissent soit trop chers, soi trop sales, soit les deux. On nous a conseillé un hotel mais il s'avère être un hotel d'Etat et donc interdit aux étrangers. On s'est d'ailleurs fait jetté Anne et moi par le garde qui fait les cent pas devant la prison voisine de l'hotel. Tandis que nous attendions Mike qui est parti en reconnaissance pour un hotel.

On aterrit dans un hotel à 15 huyan la nuit en chambre à 3, soit 45 huyan pour nous trois. Il y a une douche un peu miteuse à l'autre bout de la cour. Heureusement les hotels dans ce pays fournissent des petites sandales en plastique que l'on trouve dans toutes les chambres et qui peuvent servir pour aller aux toilettes ou à la douche.

On retrouve un des démarcheurs pour randonnée à cheval qui était monté dans le bus. Il nous aide à nous installer dans notre hotel.

Il nous accompagne pour diner et partage notre repas. Je suis assez impressionné car il insiste pour payer sa part du diner. Le patron du restaurant profite de ce qu'Anne et Mike parlent chinois pour se faire complèter latraduction de sa carte en anglais.

On discute pas mal avec Rick le petit guide. Ils nous explique qu'il habite chez ses parents qui sont des fermiers.

Mike me fait gentiment la traductions de la conversation et 'explique qu'ici ils n'ont qu'une semaine de vacances par an. D'habitude ils la prennent au moment du nouvel an chinois ce qui leur permet d'en profiter pour retourner dans le village natal.

Notre nouveau copain Rick nous explique qu'il peut si on le souhaite nous organiser une randonnée à cheval. en sortant du restaurant on va dans le karaoké voisin. Mais c'est mort. On se contente de passer la tête par la porte.

Sur le chemin de l'hotel je m'achète une écharpe en laine brodée pour me protéger des courants d'air. Car ici il fait plus frais et j'ai un peu froid à la gorge. Il parait que l'on est déjà à 1800m d'altitude. Ce qui doit expliquer le mal au craecirc;ne assez prononcé qui me travaile ce soir.

Mercredi 6 aout

On passe une très mauvaise nuit. Je ne m'endors qu'à 4h du matin. Mike et Anne partagent aussi un moment ensemble cette insomnie et en profitent pour se rapprocher et papoter.

On est réveillé à 8h30 alors que l'on a rendez vous à 9h pour le départ de notre excursion à cheval. Je vais prendre une rapide douche qui me fait du bien.

Le guide Rick passe nous chercher dans notre chambre. On le suit jusqu'à la petite boutique qui leur sert de bureau. Il fait un beau soleil et la ville est toute illuminée. On va s'installer à coté du bureau pour manger une galette de pain insipide et bourraf avec une canette de Coca, en guise de petit déjeuner. On achète des bouteilles d'eau.

On monte sur les chevaux qui ne semblent pas trop farouches et ressemblent plus à des bons gros mulets surtout chargés de tous les sacs. On est assis très en avant sur les épaules du cheval à cause des sacs arrimés à l'arrière. La selle est confortable et on a des étriers, de part et d'autre de son encolure.

On traverse la ville à cheval. C'est très amusant de la voir ainsi. On passe devant toutes les petites maisons en bois qui font le charme de cette ville. Dans les faubourgs on passe devant de nombreux petits jardins en espaliers avec les maisons qui s'alignent sur le flanc de la colline que nous longeons. Les gens nous disent bonjour en passant, ou plutot "hello". Ce qui m'agace un peu intellectuellement car la cause de la langue française est belle et bien perdue.

On longe ainsi une petite vallée où coule une petite rivière au fond en contrebas de nous sur la gauche. Le chemin serpente à flanc de coteau. Les chevaux savent parfaitement où il doivent aller d'ailleurs il n'y a pratiquement pas de bifurcation, on en rencontrera seulement deux ou trois dans la journée. Mon cheval se porte facilement en tête et est très facile. La route en terre est bonne.

On passe une bonne partie de la matinée à longer cette vallée, dans un terrain plus ou moins rocailleux avec pas mal de végétation. On fait des pauses de temps en temps notamment pour boire de l'eau, car il fait assez chaud.

Puis on passe un col par un sentier assez raide qui sillonne entre les rochers, pour passer dans une autre vallée beaucoup plus verte. Avec sur l'autre versant que celui où nous nous trouvons des bois de sapins.

On passe d'ailleurs sur cet autre versant et on met pied à terre pour marcher dans la forêt de sapins. On marche car cela descend asez raide et les chevaux risquent de déraper. Puis on remonte à cheval pour parcourir le dernier morceau de l'étape. On arrive même sur un beau chemin plat où je peux pousser mon cheval au trot. J'irai volontiers au galop mais je ne suis pas sur à 100% de pouvoir le retenir et je suis sur que cela affolerait nos guides de me voir partir ainsi au galop.

Notre équipe de guides est constituée de 3 chinois 1 agé et experimenté et qui reste à cheval et 2 petits jeunes de 16 et 17 ans dont c'est la première expérience d'accompagnement de groupe. Ils courent tous les deux à coté de nos chevaux et sont aux petits soins avec nous prévenant le moindre de nos désirs. Notamment dès que je mets pied à terre il y en a au moins un si ce n'est les deux qui se précipitent à mes cotés pour me soutenir et m'aider à marcher, surtout bien sur dans les passages rocailleux ou pentus.

On arrive à l'entrée d'une reserve naturelle où il faut payer 33 huyan par personne pour entrer.

On continue à chevaucher dans des bois de sapins avec ces paysages de cette vallée très verte et très belle. On arrive au campement dans une grande clairière avec une grande chute d'eau en contrebas. Come il ne semble pas y avoir beaucoup d'espace disponible pour camper, tous les touristes sont regroupés ici. On se retrouve donc avec deux autres groupes un de dix et un de 6 touristes. Nos guides dessellent les chevaux et les laissent aller brouter sur la colline voisine probablement après les avoir entravés. Ils montent une tente pour nous tous. Tente avec des piquets en bois et une seule grosse toile. Ils n'ont jamais vu de tente igloo.

On mange une autre galette de pain légèrement sucrée ce qui la rend moins insipide. Je ne parviens tout de même pas à en manger plus de la moitié.

On a envie d'aller voir la chute d'eau si ce n'est de se baigner dedans. Comme je sais que je ne résisterai pas à l'appel du bain je me change et je prends mon maillot. Il faut descendre dans un vallon assez profond par un sentier plutôt raide puis par des escaliers en bois qui sont aménagés là. Il y a tout un ensemble d'escaliers et de paserelles assez extraordinaire dans ce coin paumé qui permet de descendre jusqu'au pied de la chute. Come les marches sont assez rustiques si ce n'est très inégales j'ai besoin de l'aide précieuse d'Anne pour descendre. Je mets mon maillot sur la première passerelle en croyant qu'elle aboutit à la chute mais en fait ce n'est que le début de toute une série d'escaliers suspendus et de passerelles. On arrive enfin à une petite terrasse qui domine la chute, où reste Anne. Tandis que Mike et moi descendons encore un peu pour arriver jusqu'au pont qui traverse la chute.

On se baigne tous les deux dans la flaque d'eau qui est au pied de la chute. L'eau est très froide mais cela fait incontestablement beaucoup de bien. Mike s'amuse à grimper par une espèce de tronc taillé en échelle jusqu'à une grotte sous la chute.

Puis on remonte jusqu'au campement. Alors qu'il y avait un petit soleil doux au moment où on s'est baigné, maintenant cela se couvre et il se met même à pleuvoir.

On se met à l'abri sous la tente, à jouer aux cartes. En attendant que nos guides nous mitonnent notre diner sur le feu de bois qu'ils ont allumé devant la tente.

Je bouquine en attaquant 5 semaines en ballon de Jules Verne et je dors un peu aussi.

On dine sous la tente car il continue à pleuvoir. Je n'ai toujours pas faim et les guides sont un peu décus que je ne fasse pas honneur à leur bouillabaisse qui semble bien bourraf de patates, riz et nouilles. Heureusement Mike y fait honneur. Comme on a bu toute notre eau pendant la journée on doit se contenter de thé en espèrant que l'eau ait été un minimum bouillie.

C'est un conseil à retenir pour les gourmands ou les amoureux du confort qui veulent faire cette balade, il faut s'attendre au plus rustique. Apporter donc vos friandises, vos boissons et vos couvertures en laine fine de cachemire. Car celles fournies sont de gros edredons douteux. De même il était précisé par le guide qu'il fournissait la tente mais on a omis de se faire préciser si cela comprenait un tapis de sol. Bref c'est très rustique mais très sympa. L'emplacement du camping ne me parait pas génial non plus car on est loin d'un point d'eau mais il semble que ce soit le seul endroit propice aux alentours.

Nous avons choisi de faire une balade seulement sur deux jours alors que d'habitude cela se fait sur trois voir sur plus. Les touristes des autres groupes nous expliquent que le troisième jour permet d'aller dans la vallée suivante où on traverse des alternances de forêts et de lacs très mignons, avec des eaux turquoises et bleues. Il parait que le paysage y est encore plus beau qu'ici, avec une impression d'Alpes calmes et inhabitées. On arrive ensuite parait il dans des prairies verdoyantes avec des troupeaux de moutons et de chevaux.

Je reste sous notre tente à jouer au 8 américain avec Anne. Tandis que Mike se joint aux guides et aux autres touristes autour de leur feu de camp qui est à une vingtaine de mètres du notre. . La pluie s'est heureusement arrétée.

Notre jeu est un peu interminable, mais je finis par gagner et on rejoint les autres qui commencaient à nous trouver bégueules.

On se joint au cercle assis autour d'une belle flambée. On est assis sur des petites poutres de bois qui nous isolent de l'herbe pouillée.

Il y a une tasse de leur tort boyau local qui circule. C'est vraiment du tort boyau au sens propre. j'ai beau à chaque fois que la timbale passe ni tremper que les lèvres j'ai assez vite l'estomac qui se révulse et je me contente de faire passer la timbale. Il

Il y a pas mal de nationalités différentes, avec un notamment un semi-chinois semi-coréen de nationalité suisse. Il parle du coup bien français et chinois. Il y a aussi une finlandaise blonde à souhaitqui se fait draguer effrontément par le coréen-suisse et par un israélien malgré la présence de petit copain qui joue aux cartes un peu plus loin. Il y a aussi deux françaises Sophie et Gaelle qui voyagent autour du monde depuis 2 ans. Elles marquent des pauses notamment dans les DOM-TOM pour faire des petits boulots et regarnir leur bourse. Sophie est infirmière et trouve facilement du travail dans les territoires français où l'on manque de personnel hospitalier compétent. Il y a quelques tentatives de faire chanter le groupe mais cela ne prend pas. Il y en a quelques uns que le tort boyau ne fait pas reculer et qui en abusent un peu. Il y en a même qui vont faire le plein dans une échoppe qui se trouve à l'entrée de la reserve.

Nos guides viennent vers 10h30 gentiment nous chercher pour qu'on aille se coucher car ils sont fatigués. Je réussis à faire comprendre par gestes à celui qui m'accompagne que je veux aller à l'écart pour des besoins.

Jeudi 7 aout

On se retrouve tous les 6 3 guides et 3 touristes, sous la tente; Je ne m'endors pas avant 2h et suis réveillé à 6h. En plus des troubles habituels la nuit n'a pas été très confortable, serré que j'étais contre la toile de tente humide. Je me réveille encore avec un mal de tête sérieux. On petit déjeune toujours d'une de ces galettes de painn non salée, cette fois ci frite en beignet, avec un bol de pommes de terre avec des nouilles pas trop mauvais.

On s'apprète à partir. Nos guides sont toujours aussi attentionnés. Ils se précipitent pour prévenir le mondre de mes désirs et notamment me donner ma canne avant que je ne la cherche. Comme il se met à pleuvoir de nouveau, les préparatifs de départ sont interrompus et on se réfugie tous sous la tente. Je bouqine et somnole un peu en attendant que cela se calme. Au bout de 45 minutes les guides donnent le signal du départ, il parait que si on attend que la pluie s'arrète complètement cela peut durer longtemps. On sort un peu à contrecoeur de notre abri. Les guides démontent et plient la tente.

On se met à marcher dans la gadoue, pour ressortir de cette clairière et de ce bois et retrouver le chemin. La pluie a heureusement légèrement molli. Mais le sentier est vraiment en piteux état. Et très vite le problème n'est plus de preserver ses chaussures de la boue mais de rester debout et de ne pas glisser dedans. D'ailleurs à un moment je glisse en contrebas du chemin avec Anne qui me guidait. Du coup c'est un des guides qui prend le relais et qui se cramponne à moi pour m'éviter de reglisser. La pluie redouble alors que l'on rejoint le chemin qui n'est plus qu'une suite de flaques. Démuni de tout vétement de pluie, les guides me prétent un de leur manteau tibétain. C'est du solide, bien lourd et bien chaud. Là dedans on doit pouvoir affronter les hivers les plus rudes. En tout cas je suis bien content de l'avoir et de me retrouver à l'abri de cette pluie battante.

Une fois que le chemin ne descend plus trop on remonte sur les chevaux. J'ai vraiment l'impression d'être un homme local dans mon manteau et sur mon cheval. J'ai décidé pour me distraire de chanter un cantique à chaque fois que je me surprends à penser à Marie-Laure. Du coup je chante un paquet de cantiques.

La pluie se calme un peu par moments mais ce sont de brèves accalmies. Les chevaux pataugent vraiment dans la boue. Pour certains passages en pente on doit mettre pied à terre et déraper nous mêmes dans les raidillons de boue. Il y a d'autres moments où le chemin est bien plat et on peut trotter. Je parviens même à faire quelques pas de galop. On chemine avec les deux autres groupes de touristes avec qui nous avons partagé le campement.

Le chemin passe en contrebas d'un petit monastère tibétain. On s'arrète et on monte voir. Il semble que ce monastère rassemble surtout des étudiants venus apprendre on ne sait trop quoi. Il en a pas mal habillés en moine avec une robe rouge. Il y a tout un cloitre avec des moulins à prières tout autour. On a une jolie vue sur la vallée, malheureusement bouchée par le mauvais temps. Dans une salle les moines étudiants se font haranguer par un autre moine et ils rient bruyamment. On fait le tour de cette salle de temple tandis qu'ils sont assis au milieu.

On remonte à cheval et on repart. Les moines viennent nous saluer de la corniche qui surplombe le chemin.

Les chevaux des autres groupes avec qui je trotte finissent par prendre de l'avance sur mes compagnons et mon cheval s'enerve de ne plus être avec ses copains. Du coup je dois rester en arrière pour attendre les autres qui marchent au pas. Les guides courent à pied pour me ratrapper et me faire attendre.

On remet pied à terre pour passer le col en marchant. Je troque mon beau manteau tibétain avec le pancho en plastique de Mike car j'ai peur de salir le manteau en marchant dessus dans la boue car il est très grand. De l'autre coté du col on redescend à pied aussi. Puis on remonte à cheval pour la dernière partie de la route, jusqu'au village. On croise quelques touristes qui partent en randonnée à cheval. On les plaint vraiment s'ils le ciel veut qu'ils soient en route pour 3 jours de pluie comme cela.

C'est vraiment bizarre de vivre une de ces journées teles qu'on les imagine en Asie et qu'on en voit peu en Europe avec une journée presque continue de grosse pluie. Arrivés à Song-Pan la pluie se calme un peu.

On retrouve dans la boutique des excursions les membres des autres groupes. Où on prend un bon thé chaud et une galette de pain soupoudrée de sucre.

On part à la recherche d'un hotel. On est prêt à se payer un hotel de luxe pour pouvoir se décrotter tranquillement. On aterrit dans un hotel un peu meilleur que celui de la veille. On a une chambre au deuxième étage qui donne sur une galerie qui fait le tour d'une grande cour intérieure. Il n'y a pas d'eau chaude avant 7h donc il faudra attendre pour se laver. Mais il y a déjà de l'eau bouillante au robinet des lavabos qui sont dans la cour. J'y rince à grande eau mes chaussures qui en avaient bien besoin. Mike et Anne se font plutôt un bain de pieds dans les bassines qui sont dans la chambre et avec l'eau des thermos pour le thé.

On va dans un petit bistrot, où Mike a repéré qu'ils proposent des frites. Mais finalement on prend que de la cuisine chinoise toujours aussi bonne: poulet aux cacahuètes, beouf braisé et toffou. Ce légume insipide et mou que les chinois mettent à toutes les sauces.

toffou On prend comme d'habitude unplat de chaque que l'on se partage. Il y a un américain à la table d'à coté qui finit par nous coller pendant toute la soirée après le diner.

Anne et moi retournons à l'hotel d'hier chercher la lessive que Mike y avait laissé. Pendant ce temps il va nous acheter les billets de bus pour notre voyage de demain.

On rentre à l'hotel. On va se doucher. Anne m'accompagne jusqu'à la porte des douches des hommes. Mais on a un peu de mal à entrer car il y a un gardien qui nous réclame le bordereau qui permet d'entrer aux douches. Comme on ne sait plus ce que l'on en a fait Anne négocie.

Les douches ne sont pas très propres mais il y a de l'eau très chaude. Et j'en profite pour me laver les cheveux et me raser. Avec mon caractère rationnel et peu spontané j'hésite à utiliser ma serviette de peur qu'après elle soit mouillée et pas sèche demain. Je parviens tout de même à réaliser que si j'ai une serviette c'est pour l'utiliser; C'est ce genre de prudence qui peut faire croire à certains que je suis mesquin. De même cet après-midi Anne s'est arrété sur la route du retour dans une boutique pour y acheter un paquet de biscuits. J'avais faim mais ait hésité quand elle m'en a proposé me demandant si c'était bien l'heure de manger, si ce serait pas trop mauvais, si je n'aurai pas l'air bête de picorer ainsi dans son paquet.

Mike va téléphoner pour prévenir ses parents de son retour. On s'apprète à l'accompagner et je songe à téléphoner aussi quand au moment de partir Anne comprend qu'il a envie d'y aller seul.

On se couche, mais je suis tellement enervé que je vais faire pipi 4 fois dans la courte nuit.

Vendredi 8 aout

Le réveil de Mike sonne à 5h35. On quitte l'hotel pour aller à la gare de bus où on doit prendre un bus à 6h. Pour changer il pleut, mais la pluie se calme lorsque l'on sort de l'hotel. Et c'est sous un petit crachin que l'on traverse la ville encore endormie et dans l'obscurité.

On se retrouve dans un vieux bus bringuebalant. On est assis à 3 par banquette. Il fait assez froid et je n'ai pas mon chandail qui est dans mon sac à l'avant du bus. Heureusement j'ai mis un pantalon. Mais j'aurai surtout très froid aux pieds car j'ai remis mes chaussures mouillées, bien qu'hier soir nous ayons fait l'acquisition d'une paire de tennis pour que j'ai une deuxième paire de chaussures.

On traverse d'abord toute une série de villages aux maisons en bois comme à Song-Pan. Souvent les maisons sont sculptées et de toutes les couleurs. C'est parait il très joli.

Comme la route n'est pas trop mauvaise et que 'lon est assis assez loin du bruit du moteur, je parviens écouter mes cassettes de Jules Verne. Ce qui m'évite de trop penser.

Notre bus est bien bondé avec une dizaine de personnes debouts dans le couloir et surtout toute une quantité de caisses et de ballots qui s'entassent partout. A un arrêt pipi je vais tout de même plonger dans mon sac pour récupérer dautres cassettes et mon chandail.

Malgré les cahots et le coté surbondé du bus, l'ambiance y est excellente et est gaie. Plusieurs à l'arrière n'arrètent pas de chanter ou de rire.

On a ainsi 7h30 de bus sur une route cahotante mais pas dangereuse. On monte progressivement sur les premiers plateaux tibétains. On voit des grandes prairies toutes vertes avec des troupeaux de yack et des tentes de nomades. Cela me rappelle vraiment la Mongolie. Rien de plus dépaysant. Le bus s'arrète au milieu de nulle part avec juste au loin une paire de tentes et on débarque ainsi de loin en loin un tibétain avec tous ses paquets.

On voit de loin en loin des bergers à cheval qui surveillent leur troupeau. A un moment on a même 2 cavaliers qui se mettent en travers de la piste en croisant leur lance comme pour nous bloquer le passage puis ils lèvent leur lance pour nous laisser passer.

Je réalise que l'odeur forte que l'on sent dans le bus et que transportent nos compagnons tibétains doit venir de leur lait et fromage de yack. Cela me rappelle furieusement les odeurs mongoles.

Zo‹gé

Zo‹gé est une petite ville sans histoires à la croisée de chemins de bus. Ici on doit prendre un autre bus demain matin. On trouve un petit hotel tranquille avec des chambres très propres. La salle de douche est un peu plus douteuse, mais cela fera l'afaire, il suffira d'y aller en se bouchant hermetiquement le nez.

On descend déjeuner dans le petit restaurant attenant à l'hotel. La cuisine y est très bonne. On prend du boeuf aux cacahuètes, du poulet aux haricots et du porc. On arrive vraiment dansdes régions reculées, ici la carte n'est écrite qu'en chinois. Heureusement Mike sait reconnaitre les caractères gastronomiques.

Puis on va faire un petit tour dans le marché qui est en face de l'hotel. Il y a des étalages d'un peu tout. Des tas de légumes, de fruits. Je suis surpris de voir de belles pèches blanches comme chez nous. On s'arrète longuement auprès d'une marchande d'épices qui a toute sorte de sacs contenant toutes les herbes et graines possibles. Elle nous emballe des petits sacs de poivre à yun rythme qui ferait craquer un maitre en yoga.

Il y a un beau soleil et on se promène en t-shirt, malgré les 3000m d'altitude qui nous ont permis de très bien supporter jusque là un chandail.

On fait un petit tour dans la ville, il y a des boutiques un peu partout, de part et d'autre de rues non goudronnées mais larges et claires. Avec des trottoirs et de nombreux étalages sur ces trottoirs. Lorsque ce ne sont pas des terrasses de café qui installent leurs tables de billard sur le trottoir. Il n'y a pas beaucoup de circulation et encore moins de voitures particulières.

On retourne à l'hotel faire une longue sieste de 5 à 8h. Puis on redescend dans le restaurant d'à coté. Anne a rencontré un belge syrien qi voyage depuis vingt ans et qui vit en achetant un peu partout en Asie des bagues anciennes qu'il revend aux bijouteries occidentales. Il dine avec nous et nous explique que comme de tels objets anciens commencent à se faire rares dans les magasins par ici. Il arbore à ses mains des échantillons de ses produits et n'hésite pas à proposer aux passants qui semblent interessés parses bagues de leur en acheter, s'ils en ont ou s'ils savent qui en a. Il parait que se sont surtout les minorités qui apprécient ces grosses bagues ciselées avec des pierres. Il parait que ses produits sont vendus notamment par Nyca dans le quartier de Cardinal Lemoine à Paris.

Tout en dinant on parle pas mal politique. Et notamment de l'attitude que devrait adopter les pays occidentaux et la diplomatie américaine à l'égard de la Chine. D'où il ressort que l'objectif à long terme s'est que la Chine s'ouvre économiquement et que par cette ouverture le go–t pour les libertés s'infiltre progressivement. On peut espèrer qu'ainsi les chinois respecteront plus les droits de l'homme. Les droits de l'homme à deux niveaux pour quelques exemples mis en exergue, comme ces dissidents qui sont jugés primairement et interdits de parole et les droits de l'homme pour tout un chacun des chinois qui ne peut pas aujourd'hui choisir l'école de ses enfants ni son métier. D'où un système de corruption très dévloppé pour pouvoir accèder à certains choix.

La difficulté s'est que l'occident a une position mouvante et qu'il n'y a pas une frontière ferme sur les limites que l'on n'accepterait pas que les chinois franchissent.

Il parait que la limitation à un enfant n'est valable que pour l'éthnie majoritaire des huyan. Pour les minorités la limite est portée à 3 enfants. Ce qui contribue à doner à Pékin une image tolérante, comme la réouverture des monastères tibétains.

huyan

On parle aussi pas mal de l'Indonésie qui parait il est aussi corrompue que la Chine.

On remonte dans notre chambre où on papote encore un long moment à propos de nos petites et grandes résolutions respectives. Pour ma part je veux tenter de moins organiser mes échecs en guise de grande résolution et de plus exprimer ma tendresse en guise de petite résolution quotidienne.

Samedi 9 aout

On se réveille pour une fois pas trop tôt vers 7h, pour aller prendre le bus à 7h30. Il n'y a pas d'eau dans les douches à cette heure là. Dans cet hotel bizarrement l'eau n'est disponible que de 10h à 15h, ce qui semble plus étudié pour faire des économies que pour rendre service aux voyageurs. D'ailleurs même le nettoyage des douches est fait à l'économie. Hir soir j'ai vu une femme soit disant les nettoyer c'est à dire répandre des seaux d'eau dans les cabines. Mais comme dans la plupart des hotels ils ne semblent pas avoir encore découvert l'eau de javel ou tout autre detergent. On quitte l'hotel à 7h30 pour aller prendre le bus qui en principe part à 8h pour Langmusi.

On attend le bus un petit moment dans le bistrot d'à coté. C'est un tout petit bistrot typique avec un plancher en bois et la porte ouverte sur la rue. Manifestement le temps un peu frais pour nous est estival pour eux. Et ils laissent les portes grandes ouvertes alors que moi même je supporte très bien mon chandail, autrement appelé jumper.

C'est un minibus qui arrive. On monte tout de même à une petite vingtaine dedans sans compter la montagne de caisses et de ballots. Au début il n'y a pas de places assises pour nous. Mais vu notre qualité de touristes qui devont payer au moins le double des indigènes on nous en ménage une chacun. Je me retrouve à coté de la porte arrière. Il pleut un peu sur mes genoux. Mais cela va à peu près;

On fait trois heures de route pour traverser des collines couvertes de paturages. C'est la suite des steppes. Pas un seul arbre à l'horizon. On monte sur ces contreforts de montagne. On doit aller au dessus de 3500m. On voit de loin en loin des tentes de nomades. Et partout des troupeaux de yacks, et quelques uns de ce qui doit être des mouflons, vu la description d'Anne. Ces troupeaux sont gardés par des bergers à cheval. Il y a des passagers qui descendent au milieu de nulle part pour aller probablement rejoindre une tente qui se distingue au loin.

Langmusi

Langmusi est une toute petite ville aux rues en terre battue assez larges, bordées d'échoppes. Il y a aussi un petit marché assez coloré. Coloré notamment par les robes de moines. Car la ville s'est batie autour de deux monastères tibétains. Après la révolution culturelle la plupart des moines ont été évincés si ce n'est massacrés. Mais aujourd'hui les monastères renaissent de leur cendres et on en voit un peu partout dans les rues; Ils sont habilés de longues robes rouges et il y en a de tous les aecirc;ges de 5, 6 ans à 80 ans. Mais beaucoup de jeunes. Il y a des moines dans les restaurants, dans les magasins, dans la rue.

Les deux monastères sont dans deux provinces différentes dont il se trouve que la frontière est à Langmusi. L'un est dans le Sichuan et l'autre dans le Gansu.

Sichuan

Gansu

Ces deux monastères drainent pas mal de jeunes car la tradition veut que le fils cadet des familles deviennent moine. Et donc notamment les enfants de paysans pour qui il n'y aura pas de lopin de terre à léguer ont une chance de faire carrière autrement en allant étudier au monastère. Dans le pire des cas ils y seront accueillis et nourris. Dans le meilleur des cas ils passeront l'examen qui sanctionnent les études de moines et deviendront maitres.

On s'installe dans un petit hotel en face de là où nous a arrété le bus. On prend une chambre avec trois lits au premier étage. Malheureusement elle donne sur la rue principale du village et donc risque d'être bruyante cette nuit.

On va déjeuner dans le restaurant en face de l'hotel: Center of drinking delicious

Center of drinking delicious C'est très bon. On découvre dans ce coin paumé des canettes de jus d'orange au miel très bonnes. On prend du riz frit, une omelette aux tomates excellente.

On papote un peu avec deux anglais à la table voisine qui se font un voyage de 11 mois.

On va faire un petit tour de la ville. On se dirige plutôt du coté du monastère qui est dans le Sichuan car on ira vers l'autre demain, où il y aura une grande fête.

Du coté du monastère du Sichuan on voit différentes pagodes peintes de plusieurs couleurs. Il y a pas mal de batiments plus ou moins religieux un peu partout. Ce sont soit des temples, soit des maisons où habitent les moines.

On est invité par des jeunes moines à rentrer dans l'une d'elles. Il y en a même un qui nous fait monter dans sa chambre. Malheureusement il est d'ethnie tibétaine comme presque tous ici. Et il ne parle pas très bien mandarin du coup on ne peut pas trop l'interroger sur leur vie monastique. Dans sa chambre on voit des posters du Dala‹ lama, de basketeurs américains et de Rambo. Il a un radio cassette où il nous fait écouter de la musique. Ce qui semble indiquer qu'ils n'ont pas l'air trop malheureux et qu'ils ont un peu de superflu. Lui a 18 ans et partage sa chambre avec un autre jeune moine d'une dizaine d'années. Il parait qu'ils son 8 jeunes moines à habiter dans cette maison avec un lama pour les guider.

Notre nouvel ami nous fait redescendre dans la salle commune de la maison qui est au fond d'une petite cour. Il nous laisse dans les mains d'autres jeunes. Ceux ci nous offrent du thé au lait heureusement pas salé. Et un gros morceau de gras de viande, qu'ils ont l'air de beaucoup apprécié. Ils s'en taillent de grosses tranches qu'ils mangent savoureusement. Anne fait semblant d'en prendre un peu. Et Mike et moi nous abstenons. Car cela semble très gras et pas très apétissant. On est d'autant plus content de rester avec eux et faire connaissance, qu'il se met à tomber une grosse averse. Ils ne parlent pas très bien mandarin mais on arrive tout de même à comprendre. Ils nous expliquent comment ils vivent tous ensemble dans cette maison.

Puis on les remercie de pour leur hospitalité et on ressort, alors qu'il fait de nouveau très beau. On voit encore un ou deux temples. Certains sont décorés de grandes tentures d'une bonne dizaine de mètres de hauteur, accrochées sur leur facade. On ne sait pas si cela a ou non une signification religieuse ou si c'est juste pour protéger l'entrée des courants d'air froid durant l'hiver.

on marche un peu sur la colline qui domine le monastère. D'où on a une belle vue sur la petite ville. Je mets le pied dans une partie marécageuse de la colline et j'y laisse carrément derrière moi une de mes chaussures plantée dans la boue.

Un peu plus loin on est abordé par un jeune étudiant chinois-tibétain. Même si on est pas encore au Tibet, l'ethnie locale est clairement le tibétain et c'est pour cela que le mandarin est plus ou moins bien pratiqué; Cet étudiant lui parle très bien mandarin, il fait des études dans l'université du nord-ouest qui est reservé aux minorités. Il étudie la culture tibétaine. On lui pose pas mal de questions. Il nosu explique notamment que les nomades que l'on a vu le long de la route appartiennent à une ethnie tibétaine à part. Il nous explique aussi que depuis que le gouvernement de pékin a autorisé la réouverture des monastères, les traditions vivent un grand renouveau. Notamment celle qui consiste à envoyer le fils cadet de la famille au monastère. Celui à qui on aura pas de lopin de terre a legué. Et qui aura comme cela tout de même l'opportunité de faire des études, peut-être de devenir un maitre et en tout cas d'avoir une promotion sociale; Ce qui explique pourquoi on voit des moines très jeunes. Qui ont été confiées par leur famille au monastère;

Il refuse de répondre explicitiement à la question de Mike sur le Dala‹ lama. Mais il nous explique tout de même que dans l'un des deux monastères il y a un lama qui s'est exilé en Inde tandis que le Lama qui dirige l'autre monastère est resté sur place. Ce qui tendrait à dire qu'il y a des différences de sensibilité entre monastère et que l'un suit plus la ligne du parti que l'autre. Il parait que le sujet est assez sensible en ce moment et qu'il y a même eu quelques arrestations l'année dernière dans le monastère du lama exilé.

Notre ami étudiant est accompagné de sa fiancée et d'un autre copain. On leur donne rendez vous pour prendre un pot vers 8h ce soir.

On s'allonge un peu dans l'herbe pour faire une petite sieste au soleil, sur les flancs de cette jolie colline.

Puis on redescend dans le village et on rentre à l'hotel prendre une douche. Elles sont d'une propreté correcte. L'eau chaude met assez longtemps à couler mais finit par se décider. Elle devient même presque trop chaude. C'est très agréable. Les cabines de douche sont au bout d'un long couloir. Elles sont équipées de radiateurs ce qui laisse présager le froid qui doit règner ici en hiver. Comme dans pas mal de chambre d'hotel que l'on a vu, bien qu'elle ne co–te que 20 huyan par personne, il y a une télé. On dort sur un petit matelas pourri sans drap mais on a la télé.

On fait une petite sieste avant de ressortir. vers 8h35. Nos nouveaux amis chinois nous attendent sagement en bas des marches de l'hotel. Mais comme Anne n'a pas tellement envie de les voir on décale le rendez vous à demain 11h30.

Pour changer on va diner dans un autre bistrot. Qui s'avère n'avoir que des touristes comme clients. On est assis autour d'une table entre australiens, anglais, américains, ...J'ai à coté de moi un anglais Will qui a un accent à couper au couteau. Comme beaucoup d'autres des touristes rencontrés jusqu'à présent il apprend le chinois à Pékin et profite des vacances pour visiter le pays.

Je plie un avion en papier pour le fils des restaurateurs; Ils ont aussi une petite fille très mignonne. Avec qui je m'entraine à réaliser ma petite résolution, à savoir exprimer plus de tendresse. On est venu attiré par le fait qu'ici ils font des apple pie. Mais ce soir il n'y en a pas.

Puis en sortant du restaurant on retourne au Center of drinking delicious. On y prend un dernier verre. Je me contente d'une de ces canettes d'orangeade au miel. A coté il y a une table très bruyante, d'anglais et de danois qui font plus de bruit que dans un pub londonien. L'ambiance est chaude. Mais je n'accroche pas tellement et je préfère aller me coucher; Les autres me rejoignent alors que je n'ai pas encore fini de ranger toutes mes petites affaires et de me laver les dents.

Dimanche 10 aout

Pour une fois je ne dors pas trop mal. On fait presque une grasse matinée en ne se réveillant qu'à 8h30. Puis le temps que les douches soient alimentées en eau chaude on reste au lit jusqu'à 10h.

Après la douche on retourne au restaurant qui fait des apple pie. Je suis un peu réticant à y aller avec encore une de mes peurs irrationnelles. Cette fois ci j'ai peur qu'il n'y ait pas d'apple pie et que l'on se retrouve coincé par cet attrappe touristes obligé de bouffer des plats somme toute moins bon que dans le restaurant en face de l'hotel. C'est encore un exemple de mon esprit d'organisation de l'échec.

En fait il y a de quoi faire des apple pie. Et on nous les fabrique sur commande. Donc on attend un peu le temps de couper les pommes, de faire la paecirc;te et surtout de cuire le tout. Mais cela s'avère très bon. Je bois beaucoup de coca pour me désalterer. On retrouve notre ami chinois avec qui on avait rendez vous à 11h30. On a tout juste fini lorsqu'il nous retrouve au restaurant. Il nous dit qu'il a aussi déjà déjeuner. Mais est il vexé qu'on ne l'ai pas attendu pour déjeuner ou bien n'a t'il plus envie de nous voir en tou cas il nous dit qu'il doit retourner chez lui chercher des vétements supplémentaires et qu'il nous retrouvera sur la colline du monastère où bien s–r on ne le retrouvera pas.

On sort de la ville pour monter sur la colline où est le monastère. Il fait un temps radieux, avec un ciel tout bleu. En tout cas jusqu'à midi car alors quelques nuages ont commencé à se montrer.

On est au milieu d'un flot de chinois qui viennent d'un peu toute la région environnante, ils descendent de camions et de bus qui les déposent dans le village et convergent à pied vers la colline du monastère.

On arrive sur un tertre qui fait face au temple principal du monastère. Il y a déjà toute une foule bon enfant installée sur l'herbe qui attend le spectacle. On se regroupe avec les 7 ou 8 occidentaux que l'on rencontre. On s'assied sur un tronc au bas du tertre juste de l'autre coté du chemin qui nous sépare du temple.

Avant de s'asseoir on va jetter un coup d'oeil à l'intérieur du temple où on voit un moine en train de haranguer les autres de facon humoristique. Mais au bout d'un petit moment un moine fait ressortir tous les curieux.

Sur l'esplanade devant le temple prennent place différents officiels dont une brochette de policiers. On attend un long moment avant qu'enfin résonne les premières notes de musique. Il s'agit d'un grand tambour de 1m20 de haut accompagné de cymbales.

Puis il y a un moine arborant un masque de chien qui vient décrire des ronds au milieu de l'esplanade. Puis un autre affublé d'un masque de cheval, et un troisième avec un masque de vache. Ils font des mouvements très lents et cadencés. C'est à peine assimilable à de la danse, bien qu'accompagné de musique. Je regrette que nous n'ayons pas d'explications sur la signification symbolique de ces danses. On commence à se lasser et à trouver cela pas très drole en tout cas pas très animé. Pourtant il y a une foule d'un bon millier de personnes qui semble très attentive.

Je parle avec ma voisine une anglaise qui veut se lancer dans le Fou Chien Cette technique qui consiste à conseiller les particuliers ou les entreprises sur l'orientation de leur intérieur et l'emplacement des meubles.

fou chien

Fou chien veut dire vent et eau parait il.

Le ciel a finit par franchement se couvrir et une averse nous pousse à quitter notre tronc et à trouver refuge dans une petite épicerie non loin de là.

ON retrouve un couple de français que l'on avait déjà croisé tout à l'heure. Ils sont de Toulouse, Patrick et Françoise et s'avèrent très sympa. Ils voyagent pendant 6 semaines sans parler un mot de chinois. Mais semble plutôt bien se débrouiller. On regarde encore un peu le spectacle, mais le charme n'y est plus. Et on en a assez vite marre.

On redescend dans le village. On s'arrète pour déjeuner dans un restaurant différent de ceux où on a déjà été. C'est Patrick et Françoise qui nous le recommandent et qui nous y emmènent. J'y prends juste une soupe de nouilles avec de la viande, car j'ai toujours aussi peu faim.

On sort de là vers 4h30. Il y a plein de monde dans les rues du village. Manifestement le spectacle devant le temple a d– se terminer et la foule reflue dans la ville.

Comme souvent depuis le début du séjour il y a des chinois qui m'abordent sans complexe et qui me saisissent ma canne pour voir ce que c'est. Souvent même ils ne réalisent pas que je suis aveugle et me chipe ma canne vraiment que par curiosité pour l'objet. Leur sans gène est vraiment incroyable. Mais ils font cela avec beaucoup de gentillesse et de naturel. De la même facon quand on joue aux cartes dans un restaurant ils n'hésitent pas à me chiper le jeu de cartes pour l'observer de près.

On va vers le chapiteau d'un cirque où Françoise a été voir un spectacle hier. Mais le chapiteau est déjà en cours de démontage car il s'est en partie écroulé pendant le coup de vent qui a accompagné l'averse de tout à l'heure. De toute facon il parait que le spectacle n'était pas terrible. Mais cela aurait été rigolo de voir un cirque de campagne chinois.

A l'occasion de la fête du monastère il y a ainsi toute une série d'évenements paralèles. Comme le concert qui a lieu dans la cour d'une maison où on va.

La foule se bouscule à l'entrée de la maison pour tenter de rentrer et d'assister au spectacle. On doit même appeler un policier qui donne de la voix pour rétablir l'ordre. On parvient tout de même à se faufiler. Je parviens même à passer sans payer.

Au delà du goulet d'étranglement de la porte on se retrouve dans une vaste cour où est dressée une estrade avec tout un public tout autour. On va s'asseoir sur un muret au fond de la cour. C'est une troupe de chanteurs et de danseurs qui font différents numéros. Ils sont une quinzaine en tout. Dont le type qui anime les transitions qui a une bonne pêche et fait facilement rire le public. En plus il chante très bien et a beaucoup de succès lorsque c'est à lui de chanter. Il y a aussi une femme qui a une très jolie voix. Il y a plusieurs numéros de danse traditionnelle souvent executés par quatre ou cinq danseurs en même temps.

On reste là pendant une bonne heure. Le soleil est très agréable et il fait très beau. L'ambiance est excellente. Il y a du monde au moins deux ou trois cent personnes. Le public applaudit à la fin de chaque numéro. Mais il applaudissent de facon asez empruntée et je me demande si c'est vraiment dans leurs moeurs d'applaudir ou si c'est un des emprunts qu'ils font à la culture occidentale.

Puis j'ai envie d'aller me balader avant le coucher de soleil. Je motive tout le groupe à bouger et à aller sur la colline où on était hier car il parait qu'à coté il y a des gorges qui sont très sympa.

On ressort donc du village et on remonte sur la colline. Il y a Will, l'anglais d'hier qui avait un accent à couper au couteau et avec qui on a sympathisé. Il y a aussi Patrick Françoise Anne et Mike. Mike qui a fait mine de faire bande à part en allant un peu se reposer à l'hotel puis Anne est passé le chercher à l'hotel et il nous a rejoint.

On passe devant le monastère du Sichuan que l'on a visité hier. On traverse une petite rivière. Puis on arrive à l'entrée de gorges assez encaissées donc on se retrouve à l'ombre. A l'entrée des gorges il y a une grotte creusée dans la paroi de droite.

Il faut pas mal se baisser pour y pénétrer. Il parait qu'hier il y avait des moines qui se lavaient dans un petit bassin qui est au fond de la grotte. Il y a juste deux bougies pour éclairer l'intérieur.

On ressort de la grotte pour remonter un peu dans les gorges. Le sentier n'est pas très praticable avec pas mal de pierres. Mais on s'arrète pas très loin à une petite mare. Là on voit avec surprise trois moines qui arrivent et se déshabillent en partie pour se baigner. Il y en a même un qui reste en robe. On les admire car là ils sont à l'ombre avec un petit vent frais et cette eau de source ne doit pas être franchement chaude. Je l'évalue de la main à environ 15ø. Ils pratiquent la nage des chiens.

On redescend pour ressortir des gorges. A peine ressorti on se retrouve dans les rayons du soleil couchant. On revient au village et à l'hotel où on fait une petit sieste.

On ressort vers 9h pour aller diner en face au Center of Drinking Delicious qui est décidément le meilleur restaurant. On prend une omelette aux tomates, un porc aux légumes et des aubergines frites qui sont très bonnes et du riz frit. Puis on joue à la canasta tous les quatre avec Anne, Mike et Will. Will prendra le bus avec nous demain matin à 6h.

Dans le restaurant aux tables voisines il y a les anglais que l'on avait vu la veille. Ils jouent aussi aux cartes et sont un peu moins bruyants que la veille. Mike papote un peu avec le patron du restaurant qui a un fils moine dans le monastère du Gansu où il y avait la fête aujourd'hui.

Gansu

Lundi 11 aout

On se lève à 6h, pour prendre le bus qui passe à 6h30. Pour une fois je suis prêt le premier et je descends un peu en avance, avec Mike sur les talons. Heureusement Anne et Will ne tardent pas car le bus arrive juste à ce moment là. On l'entends arriver alors que l'on est encore dans l'escalier de l'hotel. C'est un grand mini-bus de 20 places. Lorsque l'on arrive il y a déjà toute une foule qui s'agglutine à la porte pour monter. Mais Mike fait valoir que je suis aveugle; Et de toute facon en tant que touristes qui payons le prix fort on a implicitement droit à la priorité. Donc on parvient à se glisser jusqu'à la porte, le chauffeur m'aide à monter; Je m'assieds encore près de la porte.

Et c'est parti pour un autre voyage en bus. Cette fois ci on est chargé comme jamais, on doit être 50 dans ce bus de 20 places. Et on a laissé plusieurs personnes qui n'ont pas réussi à monter et qui devront marcher jusqu'à la grande route qui passe à l'exterieur du village pour y attendre le prochain bus. J'ai tout juste la place d'avoir mon sac à dos sur les genoux. Et parfois j'étouffe car les personnes poussent le sac qui m'appuie sur le ventre. J'ai un type qui finit à force d'être tassé contre moi, par s'asseoi carrément sur mes genoux et une femme qui s'appuie sur mon épaule. Il y a un enfant qui a à peine le le nez qui emerge de la forêt de fesses. Ce je ne sais pas comment il fait pour respirer. On passe tassés ainsi les 3 ou 4 premières heures du voyage. Puis enfin quelques persones descendent. Ce qui nous donne un peu d'espace pour les deux dernières heures. On finit même par parvenir à jouer aux cartes à l'escalier. Je papote avec Will qui est assis derrière moi. Et il m'apprend que son père est un ancien ministre des Affaires Etrangères de Grande Bretagne.

On arrive dans une ville où on doit changer de bus. On attend une heure le départ du prochain. Il s'agit cette fois ci d'un grand bus. Il y a un type qui nous aborde pour nous demander de lui payer l'assurance, obligatoire pour les touristes. On refuse car on a déjà payé l'assurance avec notre billet pour le premier troncon. En plus il nous demande une somme exorbitante de 30 huyan chacun. Manifestement il va se les mettre dans la poche et on aura probablement pas le mmoindre recu officiel. Mike qui n'aime pas négocier est d'avis que l'on devrait s'executer. Mais Will qui parle un peu chinois veut négocier. Finalement Anne intervient pour imposer un compromis à 25 huyan chacun. Une fois que l'on a payé le type disparait au point que l'on se demande si le prix négocié comprenait bien le prix du billet de bus en plus de l'assurance. Et on se demande si la femme qui passe dans les rangées du bus une fois que l'on est monté dedans ne va pas nous réclamer de payer un billet. Mais finalement elle ne nous réclame rien. Avant de monter dans le bus on a acheté de l'eau et des galettes de pain sans sel, toujours nourrissantes mais pas très bonnes.

On se retrouve à l'arrière du bus, avec un haut parleur qui nous crache de la musique dans les oreilles. Heureusement il s'arrète à un certain moment. Je réalise que jusqu'à présent on a plus ou moins échappé aux voyages en bus avec hauts parleurs assourdissants. On termine le jeu de l'escalier en allant de bas en haut et de 13 à 1 cartes.

Xiahe

Puis on arrive à Xiahe après trois heures de voyage dans ce second bus. A peine descendu du bus on est alpagué par des jeunes qui nosu proposent de nous conduire dans un hotel avec leur triporteur à moteur. Cela ressemble à des tracteurs avec une benne à l'arière où s'entassent passagers et bagages. En tout cas cela en fait tout à fait le bruit pétaradant.

On se fait conduire dans l'hotel conseillé par le guide. Qui est un peu à l'exterieur de la ville. C'est un hotel tout à fait propre, comme on en a pas vu depuis Cheng-Du. La reception est dans une belle salle claire et propre et avec un grand comptoir propre et lisse; Derrière ce comptoir il y a un chinois qui parle très bien anglais et qui frime pas mal avec. L'hotel est tellement sophistiqué que l'on peut même leur demander de nous faire des reservations. de voyage ou d'excursions. Je demande si je peux laisser du linge à laver. Mais malheureusement leur machine à laver est en panne. On hésite à prendre deux chambres doubles ou à se mettre à quatre dans un dortoir.

On opte pour le dortoir de huit places. On se retrouve dans un dortoir au premier étage très clair avec plein de fenêtres, qui donne sur une galerie exterieure qui longe tout le batiment. Il y a déjà deux filles anglaises, qui s'avèrent être des françaises élevées au Kenya, au point qu'elles parlent assez mal français.

On pose nos affaires et on retourne se balader un peu en ville. On descend à pied en empruntant un petit sentier qui passe d'abord un peu dans la campagne le long d'une rivière puis passe dans les faubourgs de la ville.

C'est tout à fait charmant avec le beau soleil qui brille dans un ciel bleu. Il y a des petites maisons de part et d'autre du chemin de terre. De nombreux enfants qui jouent dehors et qui nous saluent d'un hello ou d'un youpi. L'hotel est sur une colline au dessus de la ville et en aval de la rivière. En fait la ville est tout en longueur coincée entre la rivière d'une part et le monastère d'autre part.

Le monastère de Xiahe est parait il le monastère le plus important en dehors de ceux de Lassa. Il y avait là jusqu'à 4000 moines avant la Révolution Culturelle où ils ont été décimés. Aujourd'hui le monastère est de nouveau autorisé depuis quelques années et on compte déjà 1500 moines. Du coup on en voit un peu partout dans la ville.

On arrive ainsi à pied jusqu'au début de la ville. Là comme il y a de la circulation de camionnettes et de vélos c'est moins agréable de marcher et on prend un de ces triporteurs tracteurs pour nous emmener jusqu'à notre rendez vous que l'on a avec Mike devant un hotel où on peut reserver des billets d'avion. Mike y est allé directement de l'hotel, car il doit rejoindre Cheng-Du avant nous pour ratraper un vol qui doit le ramener le 16 aux USA.

On retrouve Mike à la terrasse d'un café. Il a commandé quelque chose à manger; On s'assied confortablement à cette terrasse ensoleillée. On commande un Coca et on papote un long moment. Je m'assoupis même un peu. Anne est montée voir à l'agence de voyages comment nous même ous pourrons aller de Lanzhou à Cheng-Du. On hésite entre prendre le train ou l'avion. Finalement les 36 heures de train nous font un peu peur et on choisit de prendre l'avion qui est à peine plus cher à 770 huyan au lieu de 400 pour le train. Et on gagne 24 heures.

Puis on va se balader un peu dans la ville. Mike s'arrète chez un marchand de lunettes pour acheter une paire d'énormes lunettes de soleil. Cela me permet de toucher à ces paires de lunettes de soleil qui semble très à la mode. Plein de chinois portent ces lunettes de soleil rondes et assez larges.

On s'arrète dans un bistrot pour y diner. Ce n'est pas très bon et surtout le riz sent très fort le beurre de yack. Ce qui est franchement désagréable; Il y a des moines qui passent en chantant des bénédictions de table en table pour obtenir des aumones. Je refuse de leur donner de l'argent ne voyant pas qu'il s'agit de moines et croyant que ce sont des mendiants.

On rentre à l'hotel. On fait conaissance avec les deux soeurs françaises qui n'étaient pas là cet après-midi. Elles nous expliquent qu'il y a encore de l'eau chaude poru la cdouche pendant 20minutes; Anne tient à en prendre une et attend son tour après ces deux filles;

Pendant ce temps Will Mike et moi allons nous installer dans le bar de l'hotel, où on a l'intention de jouer aux cartes. Je commande un brandy qui s'avère ressembler plus à de l'eau avec un gout de calua, au demeurant pas trop mauvais;

On commence par discuter en attendant Anne, avec un tibétain, qui parle bien mandarin. Il est manifestement assez évolué. Il guide des groupes de touristes notamment japonais. En ce moment il guide un groupe de bouddhistes japonais, car Xiahe est une étape importante pour les pélerinages bouddhistes. Il a été moine de 10 à 17 ans. Il est très sympa et pas du tout langue de bois. Il critique ouvertement le gouvernement de Pékin. Il nous explique comment les jeunes moines étudient jusqu'à 30 ans avant de passer un examen qui leur permettra de devenir eux mêmes maitres s'ils réussissent ou bien ils resteront frères converts s'ils ratent. Anne nous a rejoint, on tente vaguement de jouer aux cartes mais en fait on continue à papoter avec le type. Jusqu'à ce que Anne ce décourage et retourne se coucher. Moi même je me suis assoupi pendant la conversation mais j'y reprends interêt à la fin et je redmeande à Mike de me traduire des questions sur leur vie. Le barman s'est joint à nous et nous restons seuls dans le bar. Où nous n'étions pas très nombreux au départ.

Puis on va se coucher, pour la première fois je suis vraiment détendu et le noeud qui me tenaille en permanence depuis notre départ semble s'être dénoué. Je parviens même à rire franchement en me couchant. Je dors une excellente nuit de 7 heures.

Mardi 12 aout

Je me réveille à 8h30, je me précipite sous la douche car en principe il n'y a de l'eau chaude que de 7h30 à 8h et j'ai peur de ne plus en avoir. Anne me souffle que Mike vient d'essayer et qu'il n'y en avait pas. Mais les horaires officiels sont suivis de facon fantaisiste car j'ai toute l'eau chaude que je veux. Cela fait d'ailleurs beaucoup de bien de se laver après 48h d'abstinence; J'en profite même pour me raser. Puis je laisse les autres prendre leur douche. Et quand ils ont fini je fais une bonne partie de ma lessive. Je mets mes t-shirts et mes sous vétements à sécher sur les montants métalliques des lits voisins du mien et qui sont inoccupés. Du coup je fais un peu attendre les autres.

On prend un de ces triporteurs, tracteurs qui attendent en permanence les touristes à la sortie de l'hotel. Il nous conduit dans un restaurant à l'entrée de la ville. Manifestement c'est le rendez vous de tous les touristes. La terrasse et la salle sont pleines de nez longs. Les restaurateurs qui tirent leur épingle du jeu dans ce pays, sont ceux qui comprennent ce qui manquent aux globe trotters au bout de quelques mois de voyage, et qui répondent à ces manques. Comme celui ci qui propose outre tous les plats locaux, des pancakes et des frites. Qui ont beaucoup de succès. Je prends moi même une crèpe aux pommes qui est très bonne. Je bois du thé et je m'en renverse sur le ventre, car la serveuse remplit souvent et très discrètement les chopes, si bien que losque je crois que ma tasse est vide je la penche vigoureusement à mes lèvres alors qu'elle est leine à ras bord. Les deux soeurs françaises qui partagent notre dortoir sont aussi des habituées de cette adresse.

Pendant le petit déjeuner j'ai de nouveau un coup de blouze et je rechute dans le noeud permanent à l'estomac. Décidément l'accalmie d'hier soir n'aura pas duréfait long feu.

Il fait un très beau temps et on va se balader du coté du monastère. Il se compose de nombreux temples voisins les uns des autres. Souvent on ne peut pas rentrer à l'intérieur des temples car il y a des moines qui y sont en train de prier ou de suivre un enseignement. On les voit dans certins temples apparemment en train d'apprendre par coeur quelque chose. En général on peut rentrer dans les cours, où on s'assied deci ou delà su rles marches. Le décor est très beau avec cette ambiance recueillie qui est prenante.

Dans le fond du décor on a les collines qui bordent la vallée dans laquelle se trouve le monastère. Les temples sont en général très décorés avec des piliers peints en rouges, des portes en bois sculptées, des gravures et des statues un peu partout. Le tout est très sale et envahi par la poussière, ce qui donne l'impression d'être très vieux et très mal entretenu. Les temples sont très sombres, car il y a peu l'éléctricité, notamment parceque le temple principal a brulé en 83 à cause d'un court circuit et que depuis les moines se méfient de l'éléctricité;

Autour des temples on trouve de nombreuses niches, ou petites salles ou carrément des cloitres entiers, remplis de moulins à prières, de toute taille. Les plus grands sont équipés de clochettes qui sonnent lorsque le moulin est tourné assez vigoureusement et qu'il vient frapper la clochette avec force; Il y a de nombreux vieilles personnes qui doivent faire un pélerinage et qui font pieusement le tour de tous les moulins à prières en chantant ou récitant des litanies. Et bien s–r pour couronner le tout on voit des moines un peu partout isolé ou en groupe. L'ambiance est donc très religieuse, bien que poussiereuse.

On passe à un moment par une salle qui doit être une salle de musée. Car il y a des vitrines à l'intérieur. Mais les vitrines sont cassées, il y a une couche de poussière impressionnante et c'est à peine éclairé par une petite ampoule au plafond. Et surtout il règne une odeur épouvantable de beurre de yack. Car il y a des sculptures en beurre de yack qui doivent imprégner fortement les lieux; Il y a notamment une sculpture de la place Tianan-Men. On y voit aussi quelques masques plantés sur des grands batons. Et à l'intérieur des vitrines toute une série d'objets inqualifiables.

Dans tous les temples on peut sentir cette odeur de beurre de yack. Soit parcequ'il y a de ces sculptures en beurre de yack, soit parceque les moines eux mêmes transpirent l'odeur du beurre de yack qui est un élément essentiel de leur nourriture. En tout cas c'est pas terrible pour nos nez d'occidentaux.

On marche sur le chemin qui fait le tour de la colline sur laquelle sont adossés de nombreux temples. On croisevisite quelques uns des nombreux temples qui bordent ce chemin et on y croise quelques pélerins.

On ressort du monastère pour aller déjeuner dans le même restaurant que ce matin. On s'assied en terrasse. On prend des plats très bons mais très aillés; On boit de la bière.

Puis on retourne à l'hotel en marchant en empruntant le sentier qui longe la rivière en contrebas de la route. Il fait presque trop chaud et on hésite à s'arréter au bord de la rivière. En fait on passe à l'hotel pour se changer. On revient rapidemment et on s'allonge dans l'herbe au bord de l'eau. Il y a des aecirc;nes autour qui braient en broutant. Mais comme le soleil commence à se coucher il commence à faire un peu frais et on rentre à l'hotel.

Dans notre dortoir on joue aux cartes, à la canasta. On joue les trois quarts d'une partie, jusqu'à ce que nos voisines françaises rentrent. Alors on réalise qu'il est 9h et que l'on devrait sortir diner.

On prend un de ces tracteurs qui nous conduit toujours dans le même restaurant. Les autres ont tellement bien mordu au jeu de la canasta que je leur ai appris, que l'on continue à jouer notre partie une fois que l'on a passé commande.

Mais il se pleuvoir et à souffler un vent qui précipite pas mal de poussière sur mes cartes. Comme on est assis à la terrasse pas très bien protégé par le store, on rentre à l'intérieur du restaurant, où on termine notre partie, tout en dinant. Je prends juste une soupe au porc et aux cornichons et à la moutarde.

On reprend encore un tracteur pour remonter à l'hotel vers 23h30. Comme le bar de l'hotel est fermé on toque à la porte d'une chambre voisine de la notre, où il y a quelques hommes en train de jouer aux cartes au milieu de nombreuses bouteilles de bière. On leur aen achète deux et on va les boire au bord de la rivière. On admire les nuages qui sont au fond de l'horizon agités par un orage sec, dont on voit les éclairs, tandis que au dessus de notre tête le ciel est pur et étoilé;

Will et moi on ne tarde pas à aller se coucher, et on laisse Anne et Mike se dire adieu.

Mercredi 13 aout

Mike se lève à 6h pour ranger ses affaires. Il part vers 7h30 avec les deux françaises. Je suis pas encore franchement réveillé, car j'ai eu encore du mal à m'endormir. Il me réveille pour me dire au revoir. Une fois de plus je ne suis pas très spontané et je ne lui dis pas ce que je pense que j'étais très content de faire sa connaissance.

Comme Anne a aussi passé une nuit courte, on reste au lit tardivement. Et on ne part petit déjeuner que vers 9h30, après que j'ai fait la deuxième moitié de ma lessive. Dont la première moitié faite la veille sèche sur les montants de lits voisins du mien.

Les femmes de ménage sont passées faire semblant de faire le ménage de la chambre. C'est à dire passer un coup de balai dans la partie centrale de la pièce et poser pendant quelques minutes un seau d'eau au milieu de la salle de douche. Mais d'après ce que j'ai p– entendre le seau d'eau n'a même pas servi.

On accueille un coréen et un irlandais à la place des deux françaises.

On va petit déjeuner toujours dans le même restaurant. Je prends encore une crèpe aux pommes. Cette fois ci je suis attentif à ne pas renverser ma tasse de thé en la saisissant. Mais du coup en fait cette fois ci la serveuse ne nous la remplit plus d'office. Will petit déjeune avec Anne et moi.

Il fait de nouveau très beau. Au point que j'ai pris le risque d'avoir froid en mettant un bermuda.

On va se balader vers le monastère. J'aimerai bien que l'on réussisse à trouver une visite guidée. Lorsque l'on demande au guichet d'entrée il est déjà midi. Et on nous répond qu'il faut revenir à 2h pour la visite guidée.

En attendant on va se promener tous les trois dans l'autre partie du monastère que 'lon a pas encore vue. On visite quelques temples.

On passe aussi un long moment dans le grand temple.

Grand Temple C'est l'heure du déjeuner et il y a au moins 300 moines qui sont rassemblés là. Pour ce qui doit être une cérémonie de débat. On s'assied en tailleur dans un coin avec Anne tandis que Will reste timidement à la porte.

Cela commence par des fleurs qui sont répandues au pieds des moines assis tous en rang dans cette grande salle. Il parait que les fleurs sont la seule nourriture que peuvent absorber les moines lorsqu'ils sont en phase de méditation. Puis le débat commence. C'est à dire qu'un moine se lève en lancant une affirmation. Mais un autre le contredit parfois même avec une certaine violence verbale. On ne comprend rien car c'est en tibétain, mais les débats sont animés et manifestement les effets de manche compte autant que le fond du propos dans les appréciations de leurs frères. Appréciations qui se manifestent par un pouffement de rire un peu forcé qui se propage plus ou moins dans les rangs selon que le contradicteur est approuvé ou non. C'est assez impressionnant de voir cette vague de rire qui se propage plus ou moins fort.

Il y a un lama habillé en jaune, tandis que tous les moines sont dans leur robe rouge, qui veille au bon déroulement de la cérémonie. Il passe dans les rangs avec un grand baton. Et de temps en temps il frappe deux coups par terre avec son baton pour donner le signal d'un ordre.

Par exemple à son signal une moitié des moines se lève et va dans les coulises, aux cuisines pour en rapporter des grands pots de thé et de riz au beurre de yack.

On reste ainsi assis pendant une bonne heure à observer tout cela. Il y a vraiment une ambiance recueillie et émouvante. Puis on se lève et n s'éclipse par la porte de coté pour aller voir les cuisines où d'autres moines font cuire les grands chaudrons de riz et de thé. On a vu aussi pas mal de la‹cs qui circulaient dans les rangs des moines pour les servir. Par exemple lancer les fleurs aux pieds des moines.

Puis on va voir un autre temple. On reste un long moment dans sa cour pour méditer un peu. Il fait plutôt chaud.

On monte sur la colline qui domine le monastère et qui a toute une série de minuscules cahutes alignées sur son flanc. On se demande vraiment à quoi elles peuvent servir. Trop petites pour êtredes étables ou des ermitages, elles s'avèreront être des petites cellules à la disposition des jeunes moines qui veulent y monter travailler leurs cours tranquillement. Elles doivent faire à peine un mètre carré avec une petite fenêtre donnant sur le monastère en contrebas et une petite porte sur le coté.

A 14h on se retrouve au guichet d'entrée du monastère. On nous dit que le guide ne vas pas tarder à arriver. Mais comme manifestement le gars qui nous a dit cela aurait très bien p– nous dire n'importe quoi d'autre, je lui montre que je suis aveugle en espèrant que cela va un peu le motiver à se renseigner un peu plus. Effectivement il disparait quelques minutes pour revenir nous dire d'attendre et que le guide ne va pas tarder.

Comme j'entends qu'il y a un groupe de français qui s'apprète à partir en visite avec un guide, j'essaie de m'aglutiner à eux. Mais leur guide qui parle très mal anglais et que j'ai vu prendre leurs billets, ne recoit pas très bien ma demande d'incrustation. Il faut dire que j'ai demandé cela de facon plutôt directe, sans prendre le temps de me présenter. Elle doit n'être qu'une accompagnatrice et non pas guide, car cela me parait incroyable de mettre un groupe entre les mains d'une personne qui ne parle même pas anglais et pas un mot de chinois. Heureusement ses compagnons me recoivent mieux. Mais ils m'expliquent qu'en fait eux terminent la visite qu'ils ont commencé le matin avec le moine guide qui parle anglais et que j'ai plutôt interêt à attendre qu'il démarre un nouveau tour.

On attend donc jusqu'à 3h. Il y a tout un groupe de 21 italiens qui attendent aussi. On achète nos billets. Mais on nous dit qu'il faut attendre encore un peu. On a peur d'avoir acheté les billets pour rien. Mais la présence du groupe d'italiens est rassurante, il est peu probable qu'ils osent leur affecter un guide en chinois. Ce qui est le risque ici vu qu'il n'y a probablement qu'un moine capable de faire le guide en anglais. Et qu'il semble particulièrement fatigué.

Will nous quitte car il n'a pas envie d'attendre. J'achète une bouteille d'eau à la boutique attenante au guichet. Il me vend une bouteille qui n'était plus scellée. Donc j'en bois modérément. Anne est gentiment restée avec moi. Car c'est surtout moi qui ait envie d'avoir les explications d'un guide.

Enfin après 3h le moine guide vient nous prendre en chare. Il parle pas trop mal l'anglais. J'engage la conversation avec lui et apprend qu'il a appris l'anglais à Pékin et qu'il n'est moine que depuis 3 ans.

Il nous emmène dans plusieurs batiments que nous n'avions pas visité. Notamment le grand temple que l'on peut voir de long en large, alors qu'il est tout vide à cette heure. Il est vraiment vaste. Il parait qu'il a brulé en 1985. Et le batiment actuel date de 1990. Mais l'intérieur est telement sale, plein de poussière et de vieilles tentures, qu'on lui donnerait plutôt 300 ans que 7. Cela ne fait vraiment pas neuf. On voit les différents autels qui sont aménagés dans ce grand temple, dédiés à l'un ou l'autre des bouddhas. Le guide nous montre aussi les statues sculptées avec du beurre de yack. Certaines sont sculptées en forme de fleur et du coup sont propres à la consommation des méditatifs. Il nous explique que l'on peut manger les statues en beurre de yack. Et qu'avec l'aecirc;ge elles développent des vertus médicinales. Elles sont comestibles jusqu'à 10 ans après leur fabrication. On voit aussi des livres anciens qui peuvent être écrits en sanscri, en chinois ou en tibétain.

Le guide nous explique que les 1500 moines du monastère se partagent en différents collèges selon la spécialité de leur études. Il y a notamment des collèges de médecine, de théologie, d'astrologie. Il y a 300 moines étudiants dans le collège de médecine. Il y a comme on nous l'a déjà dit un examen que passent les moines vers 30 ans et qui sanctione le passage à la maitrise. Ceux qui ratent l'examen sont relégués aux taches domestiques du monastère. Il y a 25 lamas qui habitent en ce moment dans le monastère. Les lamas ne peuvent être issus que de réincarnation. Un moine ordinaire ne peut pas devenir lama.

Il nous emmène aussi dans le musée. Un plus grand musée que celui que l'on a vu hier. Plus propre aussi. Avec pas mal de tentures, de sculptures et d'objets de culte.

J'essaie de demander au guide en quoi consiste les voeux des moines. Mais je n'obtiens pas de réponse.

Il nous emmène dans un temple d'Or. Avec des grandes statues dorées de bouddhas. Il y a le bouddha du présent, celui du passé et celui du futur: qui est le bouddha Métra‹a

bouddha Métra‹a

De là on va dans le petit musée que l'on a déjà vu hier avec les statues en beurre de yack. Cela sent toujours aussi mauvais. Et Anne préfère rester dehors. Le guide reste aussi dehors et va à la boutique d'à coté boire un coup d'eau et se reposer avec ses copains. Car il manifeste beaucoup de lassitude de trinballer ainsi des groupes de touristes. Il faut dire qu'il doit être le seul à toujours devoir s'y coller.

On ressort avec Anne du monastère. On hèle un pousse-pousse qui a juste une benne à l'arrière de son vélo. Je soupconne qu'ils n'ont rien de taxi officiel et qu'en général leur benne leur sert plus à transporter leur affaires personnelles et de temps en temps des touristes. Il nous emmène jusqu'à l'hotel en pédalant pas trop ferme. Il met d'ailleurs pied à terre à un moment dans la côte.

A l'hotel on retrouve Will dans notre chambre. On fait une petite sieste. Vers 7h on commence à avoir un peu faim, donc on ressort. Will nous laisse pour retrouver des connaissances, avec qui il a convenu d'aller boire un verre.

Il se met à pleuvoir. Du coup on attend sous un auvent pour disposer d'un de ces tracteurs triporteurs qui dispose d'un toit. En fait celui qui arrive c'est la cabine du conducteur qui dispose d'un toit. Donc on s'entasse à trois sur la petite banquette avant tandis qu'il n'y a personne dans la benne. Ce tracteur est particulièrement pourri, mais il nous emmène jusqu'au restaurant habituel. La salle en est déjà bien pleine. Et on se retrouve dans le fond à une petite table, qu'ils dressent plus ou moins pour nous. Il y a pas mal de français. Notamment à la table d'à coté. Et aussi il y a le groupe de français à qui j'ai tenté d'emboiter le pas cet après-midi.

On commande un poulet aux cacahuètes et un autre sweet and sauer. Le sucré, amer s'avère être plein d'ail, alors j'en mange juste une bouchée. On a une longue discussion avec Anne. Puis le petit frère du conducteur de tracteur, petit frère manifestement le plus entreprenant de la famille, a envie de nous faire remonter à l'hotel et nous pousse à quitter le restaurant.

On reprend donc un de ces triporteurs au bruit de tracteur. Il conduise sans feux de position et encore moins de phare. Ils ont simplement de tant en tant une torche à la main en guise de phare, qu'en général un acolyte tient à la main. anne est un peu inquiète de ne pas avoir vu Will, qui devait peut-être nous rejoindre. En plus le bar est déjà fermé donc elle se demande où il peut bien être.

Dans notre chambre on joue aux cartes, d'abord à la canasta, puis à l'écarté. Anne papote un peu avec l'irlandais.

Puis on se couche pas trop tard. Il pleut toujours des cordes. C'est un bel orage qui s'approche. Will rentre à 4h du matin légèrement éméché.

Jeudi 14 aout

Je me lève vers 9h pour prendre une douche chaude pendant qu'il y a encore de l'eau chaude. Puis je me recouche pour bouquiner. Les autres dorment pronfondément. Enfin vers 10h ils émergent pour papoter. Il faut dire qu'il pleut toujours avec persistance et que la perspective d'une sortie n'est pas très motivante. Sauf pour notre voisin coréen qui n'a pas hésiter et est sorti, probablement comme le prévoyait le programme minutieux de son voyage, dès 7h30. Il semble avoir une vie bien réglée, et se couche avec les poules après avoir englouti son bol de nouilles déshydratées.

On finit par aller petit déjeuner vers midi. Le temps se dégage et la pluie cesse. Je prends toujours une crèpe et du thé. On petit déjeune avec notre voisin irlandais.

On lui emprunte son bon d'assurance pour les voyages en bus. Car on ambitionne de se s'acheter des billets pour Lanzhou , sans payer l'assurance en principe obligatoire pour les tourisstes.

assurance touriste

On peut en acheter une valable pour une province et pour quinze jours, mais nous avons jusqu'à présent été les proies faciles des guichetiers ou conducteurs de bus en en achetant une pour chaque voyage. Avec pas toujours un recu en échange de notre argent.

On marche donc pour aller jusqu'à la gare routière. Mais à mi chemin on décide de prendre un pousse-pousse pour se ménager. On monte à trois dans une de ces bennes à vélo. Le type n'a pas l'air de trop peiner et nous emmène jusqu'à la gare de bus.

On voit d'ailleurs assez peu de vélos dans cette petit ville. Mais encore moins de voitures particulières. Cela on doit en voir à pene deux ou trois par jour. En fait les gens semblent surtout se déplacer à pied ou en stop camion ou bus;

Au guichet de la gare de bus alors qu'Anne a déjà commencé à parler à la guichetière une chinoise arrive et la bouscule pour prendre sa place. Il parait que c'est typique chinois ce genre de comportement sans gène. Anne récupère ensuite sa place et achète un billet de bus pour Lanzhou en montrant le bon d'assurance prété par l'irlandais. La guichetière qui ne sait probablement pas lire les caractères romains, y jette un vague coup d'oeil et nous vend une place à 18 huyan en nous épargnant les 30 huyan de l'assurance.

Puis on ressort donner à Will, qui attendait dehors, le bon d'assurance" et il va à son tour acheter un deuxième billet de bus avec le même bon d'assurance.

La gare routière me semble très moderne et propre. C'est tout à fait inhabituel ici.

On rentre en marchant en direction de l'hotel. On se sépare de Will qui a rencontré deux de ses compagnes de la veille au soir. On marche d'abord dans la rue principale entre les différentes boutiques qui la borde. Puis on oblique dans une petite ruelle du coté du monastère.

On se promène dans ces petites ruelles plutôt dégueulasses avec plein d'ordures et de boue par terre. Mais des petites maisons en bois sympa et toute une ambiance de quartier qui vit dans la rue. On est arrété à un moment par une bande de trois ou quatre petit chiens roquets qui nous sautent dessus et tentent de nous mordre. On rencontre aussi une bande d'enfants qui jouent à se battre avec des petites épées.

On revient donc sur nos pas, jusqu'à la rue principale. On rencontre le français que l'on a vu au restaurant hier soir et qu'Anne croit connaitre. Il se promène partout avec un de ces rayons laser rouge qu'il projette un peu partout.

De la rue principale on progresse toujours dans la direction de notre hotel en empruntant encore des rues paralèles mais cette fois ci coté rivière et non plus coté monastère. On s'arrète à une petite boutique de hifi où j'achète un casque de walkman pour 8 huyan.

On arrive au bord de la rivière, qui est bordée d'arbres agréables. On voit un temple qui est là et semble visitable. On achète des tickets dans une cahute voisine. Puis on rentre dans le temple.

Il est assez beau avec des tas de décorations. Avec des peintures qui semblent un peu moins poussiéreuses et sales que celles du monastère. Il y a des ampoules éléctriques un peu partout en guise de parterre de bougies. Il y a aussi une grande bassine de beurre de yack. Au milieu il y a une grande statue de bouddha.

On monte par un escalier en bois plutôt large qui mène à une coursive exterieure qui fait le tour au dessus du premier toit. Par des fenêtres on peut observer la tête du grand bouddha à l'intérieur du temple.

Puis on monter sur une deuxième terrasse qui fait le tour au dessus du deuxième toit. Et de même sur le troisième toit. Qui en guise de quatrième étage est surmonté par un petit pavillon tout doré et rond. Dans lequel on peut voir un moine en train de prier.

Sur les deux premières terrasses il y a un parapet qui nous empéchaient de voir la vue mais au troisième il n'y a qu'un muret de trente centimètres et on a une magnifique vue sur le monastère d'un coté et sur la rivière de l'autre. Avec de toute part les collines qui entourent cett petite vallée de Xiahe. C'et vraiment superbe et propice à une belle prière.

On redescend dans le temple dont on refait une fois le tour pour admirer encore toutes ces décorations multicolores. Ce temple est vraiment agréable et très varié. De plus on est seuls et du coup il règne une ambiance mystique.

En ressortant on continue à longer la rivière. C'est toujours très calme avec un chemin de terre peu emprunté et très champètre. Le chant du flot de la rivière qui est grosse de tout l'orage et pleine d'eau boueuse. Le tout sous les ombrages des arbres du bord de l'eau.

Au bout du village on tourne à droite pour rejoindre la rue principale. Et là dans la rue transversale un type nous aborde pour nous proposer de prendre une douche chez lui. En fait il a un local aménagé de plusieurs douches où les touristes du petit hotel d'à coté viennent prendre leur douche. Il fait payer 2 huyan par douche. Il nous offre un tabouret sur son pas de porte. On papote un peu avec lui.

Il a un copain à coté qui joue aux échecs. ici ils jouent avec des pions plats qui sont marqués d'un signe selon leur valeur en rouge ou en vert selon leur camp. Ce sont des pions en bois vernis.

jeu d'échecs

Ses douches servent à un peu tout le monde. Et il y a même deux moines qui sont en train d'en prendre une. Ce qui prouve qu'il y a toutes sortes de moines, y compris certains qui se lavent. Et qui avec un peu de chance sentent moins le yack que les autres. On voit aussi le vieux monsieur propriétaire de l'hotel voisin qui vient se laver.

De là on reprend la route principale pour aller vers notre hotel. Mais on s'en écarte encore une fois pour marcher le long de la rivière. On arrive ainsi jusqu'à notre hotel. Un peu fatigués mais c'était vraiment une belle balade. On a même eu un peu de soleil qui a brillé.

On se repose en bouquinant, en jouant aux cartes et en écoutant Anne qui me lit l'histoire du Tibet selon Lonely Planet. Que je trouve particulièrement objective. J'arrive même à faire une réussite.

Puis on ressort diner avec Will vers 8h. Toujours dans le même restaurant. On y retrouve notre coturne irlandais. Il nous explique qu'en Irlande il est prof de ga‹lic et d'histoire.

On boit toujours de la bière. Je pioche dans les frites huileuses mais qui sentent bon les pommes de terre fraiches, commandées par l'irlandais. Je pioche aussi dans le poulet aux cacahuètes d'Anne. Ce qui fait que quand ma soupe et mon riz arrive je n'ai plus du tout faim. Et j'en laisse presque la totalité. On a essayé d'éviter les plats à l'ail. Malgré tout l'eggplant de Will et le poulet d'Anne en sont bien pourvus. Les restaurateurs ont d– être initiés aux gouts des touristes par des méridionaux. Et du coup ils mettent de l'ail partout.

On reprend un de ces tracteurs pou retourner à l'hotel. Il voyage toujours tous feux éteints. On partage la bene avec un couple d'anglais qui sont là depuis la veille. Ils nous accompagnent au bar, qui pour une fois n'est pas fermé. Il est même plutôt bien plein. Le barman manifestement agit selon l'offre et la demande et s'empresse de fermer dès qu'il n'y a personne en début de soirée. Le couple d'anglais nous explique qu'ils font partie d'un groupe d'une quinzaine qui voyagent en mini-bus pour faire toute une traversée de la Chine du Pakistan à Pékin. Ici ils ne sont qu'à la moitié de leur périple de quatre semaines, car la frontière ouest de la Chine va vraiment très à l'ouest. Leurs copains sont encore à Lanzhou et eux ont pris 24h d'avance pour venir ici plus tôt.

Je ne suis pas d'humeur à papoter trop tardivement et je bois que peu de ma bière avant d'aller me coucher.

Vendredi 15 aout

Le réveil prété par Will sonne à 6h35. On constate qu'il a découché. Anne est un peu inquiète de ne pas le voir et décue de ne pas lui dire au revoir. Mais vu l'état dans lequel il est rentré hier à 4h, on peut supposer que cette nuit n'a f–t qu'une suite logique à ces nuits de beuverie. En tout cas on se prépare puis on quitte notre dortoir. Je suis toujours aussi constipé et je redoute que mon intestin après 4 jours de grève ne se déclenche en plein voyage de bus.

Il pleut lorsque l'on notre chambre. On retrouve le tracteur que l'on a commandé à 6h45. Malheureusement il ne démarre pas. On attend à l'abri sous un grand parapluie que les deux jeunes chinois qui s'en occupent tentent de le faire démarrer. Je commence à envisager les autres possibilités qui nous permettraient d'atteindre la gare routière si le tracteur persiste à caler. Il y a notamment un range rover qui se gare devant l'hotel en y attendant manifestement des touristes. On pourrait faire du stop mais on ne sait pas à quelle heure ils vont décoller. Notre départ ne s'annonce pas très bien quand l'un des jeunes commencent à sortir une clé à molette et à farfouiller dans le moteur de son tracteur. Heureusement un autre tracteur arrive à ce moment et se propose de nous emmener; On attend quelques minutes par politesse à l'égard des deux jeunes qui seront décus si on part sans eux. Puis au bout de dix minutes d'esai infructueux ils sont bien obligés de s'avouer impuissants. Ils ne sont pas très contents, reprennent leur parapluie et ne nous disent même pas au revoir;

On monte dans l'autre tracteur, on n'est plus abrité sans le parapluie mais heureusement la pluie s'arrète. Notre chauffeur passe par le chemin qui longe la rivière au lieu de passer par la rue principale. Il nous dépose devant la gare routière. Là bonne surprise on retrouve Will qui y est venu pour nous dire au revoir; C'est vraiment très sympa de sa part. Ils ont effectivement joué et bu jusqu'à 4h du matin. Puis ils sont allés dans le monastère assister aux prières du lever dans le grand temple. Ils devaient allumer une bougie pour une de leur amie d'amie;

on dit au revoir à Will et on monte dans le bus pour Lanzhou .

On est dans un bus complètement rouillé. Les vitres des fenêtres sont fendues et soutenues par de grands rubans adhésifs qui recouvrent les fissures.

Il y a pas mal d'autres touristes avec nous. Donc un américain qui parle beaucoup qui est assis derrière nous près de la banquette arrière, où on a empilé nos sacs à dos. Il y a aussi une anglaise, deux luxembourgeois qui parlent allemand et français, un chinois de hong-kong et une chinoise qui parle très bien l'anglais. Ainsi qu'un belge;

Anne a le temps d'acheter deux petits pains sucrés avant le départ du bus vers 7h35. On fait 8h de voyage. Le bus est complètement bringuebalant mais la route elle est bonne. Il pleut pendant une bonne prtie de la journée, du coup comme le toit est complètement rouillé l'eau passe au travers et goutte sur la tête de plusieurs pasagers. On est assis sur des banquettes aussi très médiocres. D'abord elles ne montent qu'à mi dos donc on ne peut pas appuyer la tête. Puis de notre coté ce sont des banquettes de deux places, mais de l'autre coté elles sont pour trois personnes; Enfin il y a un japonais dont le dossier tombe carrément et il est obligé de le rafistoler pour la fin du voyage;

Notre fenêtre déjà bien