Marie-Laure Huon employée au GIAA et montagnarde a eu l'idée il y a deux ou trois moi de monter ce projet de faire partir un groupe d'aveugles à l'ascension du Mont Blanc. Elle a intitulé son projet 2000 pas vers un 4000.
Nou nou ssommes retrouvés six aveugles volontaires dont Didier Fuseau avec qui j'avais déjà fait un stage à l'école de guides de Chamonix l'ENSA et que j'ai contacté pour qu'il revienne tenter l'aventure. La dernière fois nous n'aviions pas p– faire le Mont Blanc car le jour prévu il neigait et donc nous étions resté aux abords du refuge des Cosmiques;
Les autres aveugles du group sont Olivia Pfortner, Nancy, François, et Sahid qui est mal voyant.
Il y a ausis six accompagnateurs qui se sont portés volontaires pour nous aider. La plupart cinq sur six ont été recrutés par l'intermédiaire d'un mail que j'ai envoyé à ma liste de distribution et qui a circulé. Ainsi ont répondu présents: Philippe Renié, Mathilde des Noes, Isabelle Bertrand et Jérôme Dutois qui viennent par l'intermédiaire de Juliette de Boisfleuri. Thomas Dietrich qui vient par l'intermédiaire de Syvlie Santa-Cruz. Et enfin Rémi qui lui a lu une annonce dans le journal Vertical et qui vient de passer son Bac.
A Chamonix on devrait retrouver six guides de la Compagnie des guides conduits par Sam dont Didier avait gardé les coordonnées. Et ainsi chaque aveugle devrait être encadré d'un guide et d'un accompagnateur.
Les préparatifs de l'expedition sont un peu hésitants. On était parti d'abord sur un projet de quinze jours puis je l'ai fait réduire à une semaine, ce qui devrait permettre de limiter les frais à 4000f par personne. Puis il a fallu recruter les accompagnateurs et les guides. Puis trouver des partenaires pour sponcoriser l'opération. Graecirc;ce à Philippe renié on a un don de 10 000f de la Société générale. Et puis le loueur de materiel nous fait des prix interessants (gratuits pour les aveugles), l'adjointe au maire de Chamonix madame Paillot nous a promis les remontées d'abord gratuites puis à 50% de réduction.
Puis on a entrepris de faire un peu de mousse autour de l'évênement en appelant et en faxant des communiqués de presse à droite et à gauche.
Enfin tout le monde semble très motivé et on se retrouve notamment le 29 juin au soir au GIAA pour faire connaissance et l'athmosphère s'annonce très sympathique.
Didier Fuseau est arrivé chez moi à Vital venant de Lille. On est allé diner au Pastavino et puis on s'est couché.
Ce matin le réveil sonne à 5h50 une douche rapide et un petit déjeuner et on est dans le taxi que j'ai reservé à 6h30. Il nous conduit à la gare de Lyon pour 6h45 comme prévu.
Mais là très gentiment il insiste pour nous accompagner au bureau accueil. Je redoute un peu cela car on va perdre beaucoup de temps pour ensuite aller à la voie du départ de notre train. Et en effet il nous faut attendre plus de dix minutes au bureau accueil avant d'avoir enfin un porteur qui nous accompagne. On commencait à s'impatienter un peu d'autant plus que comme c'est moi qui est les billets pour tout le group eles autres doivent commencer à s'inquiéter à nous attendre au début du quai. On finit par aller à la voie 13 qui est à l'autre bout de la gare par rapport au bureau accueil. Le porteur veut à peine attendre que l'on se rassemble avant de me conduire jusqu'à notre voiture.
On monte tous dans le TGV on est les 6 aveugles et trois accompagnateurs: Mathilde, Isabelle et Rémi. Dans le TGV on est tous passablement fatigués et chacun s'assied dans son coin et roupille plus ou moins. Surtou tles accompagnateurs qui semblent avoir bien fait la fête ces derniers temps et manquent de sommeil. De mon coté j'ouvre mon ordinateur et je pianote.
Arrivés à Bellegarde on se retrouve tous sur le quai à attendre pendant une demi-heure le train qui doit nous emmener à Saint Gervais. Je réalise que j'ai oublié mon dictaphone dans le TGV et je demande à des controleurs si on peut me le récupérer.
On monte dans le train corail pour Saint Gervais où on passe encore une heure et demie. Là je somnole. A Saint Gervais on prend le train à crémaillère pour Chamonix. Il est déjà passablement plein et certains d'entre nous se retrouvent debout dans le couloir; Je papote ainsi avec Rémi pendant un bon moment pour faire connaissance. Il veut être secouriste de haute montagne mais son père qui est directeur régional des monuments historiques a eu un peu du mal à admettre que son fils ne fasse pas des études plus brillantes.
Enfin on arrive à Chamonix vers 13h30 on téléphone au chalet des Aiguilles et l'employée Stéphanie vient tout de suite nous chercher avec le mini-bus du chalet et on embarque tous avec nos bagages pour le chalet qui est d'ailleurs tout proche; Il se trouve 213 chemin Biolay téléphone 0450531735
On s'installe dans des chambres de quatre lits. On est passablement fatigués par le voyage mais aussi un peu affamés car il est tard. Donc on va ressortir pour aller déjeuner. Stéphanie nous a fait une gentille description des lieux en nous accueillant et l'endroit a l'air très propre, calme et chaleureux. C'est un grand chalet avec 86 lits qui est prévu pour acueillir des groupes ou des familles.
On repart en formant plus ou moins des couples aveugles accompagnateurs. En fait il n'y a pas assez d'accompagnateurs mais Olivia est avec sa chienne Ethina et Sahid se débrouille seul donc cela va à peu près. On arrive à une cafeteria indiquée par Stéphanie l'hotesse du chalet des Aiguilles. Là c'est un self service où je prends une portion de gratin de paecirc;tes et une part de tarte à la rubarbe.
Puis on va tous en groupe jusqu'au magasin de sports où Marie-Laure Huon nous a reservé du materiel de montagne. On s'installe au premier étage et le vendeur du rayon de location nous fait essayer différentes paires de chaussures. C'est un peu long car on a tous plus ou moins du mal à rentrer dans nos chaussures et par exemple pour moi j'essaie d'abord un 41 que je porte pendant une dizaine de minutes avant de confirmer que je suis vraiment serrer dedans et préférer prendre le 42. Puis il faut adapter une paire de crampons à chaque paire de chaussures. Puis attribuer à chacun un baudrier et le vendeur Nicolas très gentil montre à chaque comment se passe le baudrier; Du coup cela prend une eternité. Au point que moi qui suit passablement fatigué par le réveil matinal je me mets à l'écart et je m'installe sur une banquette de bois. Là je m'allonge et je m'endors au milieu du bruit de tous les autres et malgré l'inconfort de la banquette; Je n'en reviens pas moi même. J'ai mal à la hanche et à l'épaule qui appuient sur le bois et je me dis je n'arriverai jamais à m'endormir là dessus mais non pas du tout en moins de trois minutes je dors. Je dors ainsi pendant une bonne demi-heure;
Puis je vais au rayon voisin me choisir une paire de grosses chaussettes.
Puis on attend longuement que les uns et les autres aient fini leur choix et leur emplettes personnelles; Plusieurs achètent des pantalons en k-way ou des polaires. Tant et si bien que l'on passe plus de trois heures dans ce magasin ou dans les magasins voisins. Car sur la route du retour on s'arrète devant un autre magasin où Isabelle s'achète une veste en gortex plus élégante que celles qui étaient dans le magasin, on s'arrète devant un magasin d'alimentation pour acheter des croquettes pour la chienne ethina, on s'arrète dans une pharmacie.
On finit par revenir au chalet vers 19h. Rémi et Isabelle repartent tout de suite avec stéphanie qui gentiment les raccompagne en mini-bus pour aller chercher tout le materiel de location que l'on a laissé en dépot au magasin jusqu'à 19h l'heure de fermeture;
A peine le temps de se poser et on doit diner à 19h30. On se retrouve dans un refectoire un peu bruyant à une grande table pour nous 9. Le diner n'est pas très bon et je me contente de l'entrée feuilleté au fromage et du fromage et de la tarte aux abricots;
Après le diner on prend un verre au bar qui est dans la salle avec cheminée et feu de bois; Je prends un muscat et j'offre un verre à deux ou trois personnes qui sont là. Les consommations alcoolisées sont à 10f et les non alcoolisées à 8f ce qui est plus que raisonnable.
Je vais dands la salle de lecture à coté du salon qui sert aussi de salle de jeux avec notamment deux ou trois tables de billard indien appelé Karoum qui consiste à jouer un peu comme un billard américain mais au lieu d'envoyer des boules dans des trous on y envoie des jetons type jetons de dames et au lieu d'avoir une queue pour jouer on pousse les jetons en leur donnant une chiquenaude. Cela se joue sur des tables assez petites qui sont tapissées de farine pour permettre aux jetons de mieux glisser.
Puis on ne tarde pas à aller se coucher;
Je dors avec Didier et François dans la chambre 14.
J'ouvre un peu la fenêtre pendant la nuit mais j'ai tout de même trop chaud car les volets sont fermés;
Le réveil de Didier sonne à 8h. Après une douche je pianote un peu sur mon ordinateur puis on descend petit-déjeuneer. Là il y a des fruits, des yoghoourts du pain et du fromage.
Puis vers 9h30 arrivent le capitaine Eric Delaffont de la gendarmerie de Chamonix. C'est un copain de Marie-Laure Huon et il a bien voulu demander à un de ses hommes de venir nous accompagner aujourd'hui pour faire une balade en moyenne montagne; Il vient donc avec Gilles Racovski, qui comme son nom ne l'indique pas est du midi.
Comme Thomas n'est pas encore arrivé de genève je lui téléphone sur son portable. Il me dit qu'il est encore à 30mn de Chamonix. On l'attend donc avant de partir pour la balade; J'en profite pour remonter dans ma chambre avoir un petit moment peinard;
Puis Thomas Dietrich arrive et une fois qu'il est changé on peut partir en balade.
Je marche accompagné par Isabelle. Ce qui me permet de faire plus connaissance avec elle. Bien qu'assez vite le chemin devienne pierreux et un peu difficile du coup gène un peu la conversation car on doit marcher à la queue leu leu. Je la touche par le bas de son sac à dos pour sentir quand elle monte un caillou et quand elle tourne; Ma foi notre système marche pas trop mal et on monte ainsi pendant 3 heures;
Il pleut pratiquemment sans discontinuer; Ce qui n'est pas très agréable. Mais la montée donne tout de même chaud et je suis juste en polo au dessous de ma veste gortex du GRSA toute jaune. Le paysage es tout à fait bouché et on voit à peine de l'autre coté de la vallée. On monte du coté du massif du Mont Blanc vers Montenvert, le long de la voie ferrée d'un petit train à crémaillère qui monte les touristes jusqu'à une des entrées de la mer de glace.
Sahid qui monte devant nous tout seul avec un baton pour l'aider a un peu du mal et il trébuche régulièrement mais il reste très courageux et ne demande jamais de l'aide.
On entend assez peu d'oiseaux à ma grande surprise mais il parait que le paysage est joli avec de nombreuses teintes de vert dans la végétation. On voit aussi de nombreuses petites fleurs roses.
Arrivé en haut du Montenvert on trouve un abri à l'entrée de la gare du funiculaire. Les filles changent de t-shirt car elles sont toutes trempées. Puis on se retrouve dans le hall d'entrée du buffet de la gare; Là le tenancier nous autorise à pique niquer;
On sort donc nos pique-nique. Heureusement ici on est au chaud car je commence à avoir froid. J'ai ma chemise lacoste qui est pour moi aussi passablement mouillée. J'ai mis par dessus ma polaire que j'avais gardé au sec dans le sac de Thomas.
Le pique nique n'est pas mauvais avec un sandwich des fruits, du fromage et du cake.
Puis on va dans le buffet de la gare proprement dit pour prendre un café ou un chocolat chaud. Le chocolat chaud finit de me réchauffer ainsi qu'une série de pompes que je fais sur le sol de la salle.
Tout le monde est assez fatigué et surtout un peu déprimé par la pluie qui est parfois vraiment forte.
On repart tout de même à pied même si la tentation pourrait être grande pour certains de redescendre en train.
Gilles notre guide gendarme qui est en tenue de civil hésite à nous faire passer au retour par un chemin différent. Car il parait qu'au début cela risque d'être plus difficile qu'à la montée. Mais à la fin il parait que ce sera un chemin facile alors on choisit de prendre l'option difficile au début car au moins cela nous changera.
certains couples changeent mais je reste avec Isabelle. Je la tiens toujours par son sac à dos et pour la descente je tiens le haut du sac qui est munie comme un fait exprès d'une poignée parfaite pour cet usage.
On met encore trois heures à descendre toujours sous la pluie. il y a des passages un peu délicats avec des pierres un peu glissantes mais globalement cela nous parait pas plus difficile qu'à la montée. On descend même à un moment une petite échelle métallique; Olivia se demande comme Ethina fera pour descendre l'échelle mais avec l'aide de Rémi qui la tient en laisse elle passe par les rochers sur le coté très facilement; On arrive à un petit lac qui marque une étape intermédiaire.
Puis de là on a un passage dans un pierrier un peu embétant avant de terminer par une longue marche le long d'un chemin presque carrossable. Isabelle appelle à 17h30 son futur drh avec qui elle avait un rendez vous téléphonique; Puis je suit son exemple en appelant Véronique ma secrétaire qui me lit mon mail tandis que je continue à descendre le chemin au bras d'Isabelle.
On arrive à Chamonix vers 18H. On s'arrète dans un bar à coté de la gare pour prendre un pot et pour remercier Gilles; Puis on rentre au chalet des Aiguilles; Je monte rapidemment prendre une douche afin d'éviter les embouteillages à la douche. Isabelle et Mathilde vont faire des courses en ville. Les autres disent au revoir à Gilles.
A peine suis je sorti de la douche que le patron du chalet vient nous annoncer que les guides nous attendent en bas. Didier descend les accueillir et une fois habillé je le rejoins; On papote avec Sam et trois de ses collègues: Christophe Marcial et Marc. Je suis content de revoir Sam. En six ans il est passé d'un petit jeune homme frais à un homme rablé et buriné.
On se met d'accord sur le programme de demain. Il nous dit que vu les conditions de neige trop abondantes il est probable que l'on ne pourra pas monter au Mont Blanc mais on tentera tout de même Jeudi le Mont Blanc du tacul.
On s'assied dans le coin salon et peu à peu les autres nous rejoignent jusqu'à ce qu'il soit l'heure de diner. alors on dit au revoir aux guides et on leur donne rendez vous demain matin à 8h30.
En traversant la petite terrasse qui sépare le batiment principal de celui où se trouve la salle à manger je suis poursuivi par un homme dont je reconnais la voix pour être celle de Philippe Renié qui vient tout juste d'arriver en train de Paris.
On s'installe donc tous ensemble désormais à 11 pour diner. On prend une salade puis un roti de boeuf ratatouille. Puis du fromage et du clafoutis aux poires.
Après le diner on s'installe autour du feu Mathilde Philippe Nancy et moi pour faire une canasta. En fait Nancy nous dit qu'ele ne sait pas reconnaitre les cartes en braille. Du coup un père de famille qui passe aussi ses vacances ici vient jouer avec elle. C'est assez agréable de se retrouver ainsi à coté du feu et on joue trois coups de canasta. Avant de remonter se coucher car tout le monde est un peu fatigué. Philippe s'est installé dans l'autre chambre de garcons;
Pendant que mes compères dorment déjà je pianote ces lignes sur mon ordinateur. Comme je dors avec deux autres aveugles la chambre reste dans le noir presque tout le temps. Presque car en fait Didier et moi nous voyons un peu la lumière et donc on l'allume parfois.
Un réveil sonne un peu tôt à mon go–t. Je tente de paresser un peu au lit mais je ne parviens pas à me rendormir et du coup je me lève pour prendre ma douche; On descend petit déjeuner. Puis on se prépare. Il faut un temps certain pour que tout le groupe soit prêt. A 8h30 heure du rendez vous fixé par les guides on commence tout juste à converger vers la salle commune.
Puis on se répartir dans les voitures des guides. Je monte avec Marc un grand gaillard normand qui a déjà atrappé depuis qu'il est dans la région, un fort accent savoyard. Il a pas mal d'humour et nous fait monter à 4 dans sa voiture deux portes. On fait jusque quelques centaines de mètres pour aller jusqu'au gymnase de l'ENSA car il continue à pleuvoir avec persistence. et du coup Sam nous a reservé le gymnase pour s'entrainer à l'escalade.
On s'installe en posant nos sacs dans un coin puis on se répartit sur deux des murs artificiels. Il y a plusieurs voies qui sont ménagées sur chaque mur.
J'essaie d'abord la voie du milieu du mur de droite. Je parviens jusqu'en haut mais même en tachant de ne pas trop travailler sur les bras et de les garder tendus au profit des jambes, je suis vite crevé. Je ne parviens à prendre que les prises faciles et dès qu'il y a une prise un peu moins franche je m'épuise en vain dessus. Ensuite je tente la voie de gauche plus difficile mais je renonce après quelques prises car je suis épuisé; Les guides sont là pour nous assurer et nous donner des conseils. Nos accompagnateurs aussi s'essaient sur les murs, avec ma foi pas mal de succès. Il faut dire que parmi eux Rémi, Philippe et Thomas sont déjà des montagnards avertis.
Puis après un temps de repos je m'essaie sur la voie de droite qui est plus facile et je réussis sans trop de mal à atteindre le sommet du mur.
Puis on va à l'autre bout du gymnase faire l'ascension d'une autre voie pour ensuite s'asseoir sur le faîte du mur et redescendre en rappel graecirc;ce aux conseils de Marc qui reste assis au sommet à nous voir défiler. Mathilde et Isabelle pour qui c'est la première fois s'offrent une bonne frousse au moment où il faut se jetter dans le vide. De Je me rappelle avoir eu moi même très peur la première fois. Aujourd'hui sachant à quoi m'attendre j'y vais plus décontracté même s'il reste une petite appréhension.
Puis ne voulant pas rester sur un échec je retourne au premier mur tenter la voie qui m'a resisté mais je dois de nouveau y renoncer car je suis très vite épuisé et inefficace pour surmonter les premières prises assez difficiles;
Puis on s'installe par terre dans le gymnase à coté des vestiaires pour pique niquer avec les sacs qui nous ont été préparé par le chalet des aiguilles.
Comme il parait que le téléphérique des grands Montets qui était fermé ce matin à cause du mauvais temps a rouvert on se prépare pour y aller; Il faut comme d'habitude un temps certain pour se mettre en branle. Décidément un groupe est toujours plus lent que des individuels et à fortiiori un groupe d'aveugles.
On reprend donc les voitures et puis le téléphérique des Grands Montets.
A la caisse en tant que représentant du GiAA je dois payer pour les 11 personnes de notre groupe sachant que les 6 guides montent gratuitement. Mais je n'ai pas assez d'argent liquide et pas de carte de crédit; Alors la caissière accepte de m'établir une facture qu'elle enverra au GIAA.
Une fois en haut on descend un grand escalier métallique qui amène de l'arrivée des bennes au col des Grands Montets. Ces escaliers sont très impressionants car avec la tempète de neige qui souffle aujourd'hui il y a des espèces de congères qui se sont accumulées le long des rampes d'escalier et qui élargissent la rampe en formant une rampe de glace parfois de 15cm de large au dessus du vide, juste accrochées à la rampe métallique;
En bas on chausse les crampons en dessous de nos chaussures de montagne à coque plastique. On avait déjà revétu nos tenues et nos baudriers en prévision d'un temps pas très clément; En effet il y a un vent glacé qui souffle de la neige et il ne fait pas bon rester immobile. :p;On se met en route en cordée de trois. Je suis avec le guide Christophe dit Grappe et avec Philippe Renié. Tandis que derrière Didier est avec Sam et Rémi et ainsi de suite. Notre objectif est de montée la Petite Verte, qui est un sommet non loin réputé facile.
Ma cordée prend rapidemment la tête car je suis probablement le plus sportif allié à l'expérience de Philippe. J'ai refusé de mettre la capuche de mon anorak GRSA car j'aime bien avoir froid au visage. Et du coup je n'ai que mon bandeau jaune. J'ai d'ailleurs prété mon bonnet à Sahid. Mais au bout de quelques temps Christophe notre guide me fait remarquer que ma joue et mon oreille droites du coté du vent de neige dominant commencent à geler. Au début je refuse toujours de mettre ma capuche prétendant que cela ne protégera pas ma joue; Mais en tatant celle ci je me rends compte qu'en fait elle est toute dure et que j'ai vraiment interêt à la protéger. Je mets donc ma capuche et en effet cela me protège un peu.
On continue à monter dans des conditions vraiment mauvaises. Puis à un certain moment on passe un petit mamelon et Christophe déroule la corde de notre cordée. Jusqu'à présent nous étions encordés de facon très proche à trois ou quatre mètres les uns des autres. Mais là il avance prudement pour tester un peu le terrain redoutant les crevasses. Il part devant à environ 15 mètres et je le rejoins de loin en loin. Je trouve qu'il en fait un peu trop et cette course réputée facile ne doit pas comporter des risques qui méritent tant de précautions.
On progresse ainsi pendant encore un PETIT quart d'heure.
Soudain alors que comme d'habitude je mets un pied devant l'autre et j'appuie un peu pour tasser la neige fraiche, le sol se dérobe sous mes pieds et je tombe dans une crevasse !
Les choses vont tellement vite que je n'ai pas le temps d'avoir peur et comme je me sens tout à fait en confiance avec Christophe loin devant et Philippe derrière moi pour m'assurer, du coup tout de suite je trouve cela très drole d'avoir l'occasion de vivre ce genre de mésaventure et je me retrouve calé dans mon baudrier retenant mal ma joie. Avec mes deux jambes qui pendent dans le vide au dessus d'une crevasse que 'lon estimera ensuite à environ 20 mètres de profondeur; Ma tête doit être à peu près à 1m ou 1m50 de la surface et quand j'essaie de voir en dessous c'est manifestement un grand trou noir profond qui semble partir plutôt sur la droite. Je suis en fait adossé à une paroi de la crevasse et elle s'etend devant moi avec là où je suis un trou qui s'est formé sous mon poids d'environ deux mètres et cela s'élargit vers la droite en souterrain.
Très vite je me sens hissé vers la surface. C'est Philippe qui étant plutôt coté aval qui me hisse le plus car c'est plu sfacile pour lui de faire contrepoids avec son propre corps et de me tirer par dessus la lèvre inférieure dee la crevasse. Du coup la corde cisaille la lèvre et s'enfonce assez profondément dans la neige d'au moins 50cm. Je dois donc prendre mon piolet et dégager la neige qui se trouve ainsi entre la corde et l'orifice de la crevasse.
Entretemps j'ai emergé une tête de la crevasse ce qui a probablement rassuré tout le monde de voir mon air hilare. Sam qui guidait la cordée suivante a attaché Didier et Rémi dans un coin et est acourru à la rescousse. Mais Philippe a déjà fait tout le boulot et il a même pris le temps de prendre deux photos de ma tête émergeante.
Pendant que Philippe me hissait vers l'exterieur j'essayai d'appliquer les exercices de rappel en gardant les jambes tendues perpendiculaires à la paroi de la crevasse. Mais ce n'était pas facile puisque la corde avait tendance à me tirer vers la paroi.
Je fait un dernier rétablissement pour sortir de la crevasse et tout le monde est soulagé. Les guides décident de rebrousser chemin et on se remet en formation pour repartir vers le téléphérique. Manifestement cela aurait p– se terminer plus mal car les guides ne sont pas très fiers d'eux et n'insistent pas sur l'incident.
En tout cas moi je suis ravi car d'une part c'est une expérience plutôt unique et d'autre part cela me console de la frustration de voir ainsi la balade écourtée.
On redescend donc de ce petit mont pour revenir au téléphérique. Notre cordée est de nouveau en tête et du coup on se refroidit passablement à chaque fois que l'on s'arrète pour attendre les autres. Les guides hésitent un peu sur ce que l'on pourrait tenter de faire dans les environs mais vu les conditions météo et la qualité de la neige il semble qu'il n'y ait rien d'autre à faire qui ne présente pas de danger donc on déchausse les crampons et on remonte les marches des escaliers en fer. Juste avant la dernière volée de marches on s'arrète dans un petit bar d'altitude où sont déjà Nancy et Pinson sont guides à nous attendre au chaud depuis un moment; Là on est aussi bien content de se retrouver au chaud et de pouvoir prendre qui un vin chaud qui un chocolat chaud. Je suis venu ici accompagné par Mathilde et philippe et Grappe qui étaient partis de leur coté nous ont attendu un bon moment dans la gare du téléphérique avant de revenir sur leurs pas pour nous retrouver dans le bar.
Une fois que tout le monde est réchauffé on repart et on prend le téléphérique pour redescendre à Chamonix.
On rentre au chalet des Aiguilles dans les voitures des guides. On se retrouve tous dans la salle du salon pour un brieffing. Sam le leader des guides nous explique que compte tenu du temps et des conditions d'enneigement il faut renoncer à aller dormir aux Cosmiques demain soir. Demain il est prévu encore de la pluie et de la neige en altitude donc on ne pourra pas monter faire une course avec crampons du coté de la vallée blanche. Pour tout de même nous proposer quelque chose d'original et interessant il nous propose de nous emmener faire une via ferrata. Il explique que c'est de l'escalade à l'aide d'échelles et de passerelles sur lesquelles on fait des traversées en se tenant le long d'une main courante. Tout le monde est passablement décu de voir l'objectif du Mont Blanc qui s'éloigne. Car en plus lorsque je lui demande explicitement s'il est possible de décaler la course du Mont Blanc de Jeudi à Vendredi comme j'avais demandé à Marie-Laure Huon de le prévoir en cas de mauvais temps, il me répond qu'il avait déjà répondu explicitement à Marie-Laure que c'était impossible car les guides sont pris le Vendredi. Du coup je ne suis pas très content car c'était justement le point que j'avais voulu anticiper et sur lequel j'avais beaucoup insisté auprès de Marie-Laure.
En plus Sam nous demande d'être prêt pour 8h du matin ce qui me semble pas du tout necessaire de se lever aussi tôt pour aller faire une petite balade touristique sur des passerelles métalliques. Je manifeste un peu mon mécontentement comme d'habitude de facon plutôt maladroite en émettant des propos durs avec ma tête de ronchonneur;
De toute facon on a pas trop le choix. J'envisage à un moment de faire bande à part avec Philippe et que l'on tache d'aller faire une course de notre coté ou bien d'aler faire du golf ou autre chose. Mais en fait je n'ai jamais fait ce truc de via ferrata et Didier qui en a déjà fait une me dit que c'est sympa et que cela vaut la peine d'être essayé. les guides nous quittent et on va diner.
Après le diner on papote un peu dans le salon. Je commencerai volontiers une partie de cartes mais les uns et les autres sont un peu éparpillés. Il y a une équipe de deux journalistes de M6 qui viennent pour suivre Olivia dans son apprentissage de la montagne. La journaliste Agnès a l'air plutôt sympa et elle vient demander à notre table si quelqu'un désire ne pas faire l'objet du tournage. Mathilde manifeste son désir de ne pas être prise en gros plan. En principe ils vont nous suivre pendant les deux prochaines journées. Evidemment ils sont décus comme nous d'apprendre que le projet de Mont Blanc est compromis car cela retire beaucoup d'impact à leur sujet de reportage sur une aveugle au Mont lanc.
Puis certains vont se coucher tandis que les autres vont en ville boire un verre dans un bar conseillé par le frère de Mathilde. Isabelle elle qui est entre deux postes de Canal + vers Vivendi net et qui manifestement est dans une phase amazone reste concentrée sur son ordinateur qu'elle a branché sur internet graecirc;ce à une salle du chalet qui propose des postes multi-médias avec deux e-mak et des prises téléphoniques.
on part donc à cinq ou six vers l' Arbate café
C'est un café plutôt sympa avec des tables disposées un peu comme dans des stalles tout autour d'une piste de danse et avec une mezzanine au dessus. La musique est malheureusement un peu forte et donc on ne peut pas trop avoir de conversation de table. Je parle avec Olivia qui est entre Philippe et moi. Puis je vais danser avec Olivia un rock. Je danse aussi avec Mathilde et même un peu avec Ethina la chienne d'Olivia avec qui j'esquisse quelques pas de danse. Je commande un gin feeze mais en fait je réalise que je n'aime pas tellement cela.
On rentre se coucher vers 23h. Je mets un peu de temps à m'endormir.
Le réveil sonne à 6h30 et je trouve cela un peu dur. Après une petite douche on se retrouve pour petit déjeuner.
Puis vers 8h les guides sont là et on commence à se mettre en branle. En fait le temps que chacun rassemble son materiel que l'on mette nos chaussures de randonnéet que l'on monte dans deux mini-bus qui sont prétés par l'ENSA on ne part pas avant presque 9h.
On se retrouve dans un mini-bus avec les six aveugles et deux accompagnateurs en plus du guide chauffeur. Tandis que dans l'autre bus montent la plupart des voyants accompagnateurs et guides. Au bout d'environ une heure de route, Didier qui est assis à coté de moi commence à demander de plus en plus souvent combien de temps il nous reste à rouler et il consulte sa montre fréquemment. Il finit par ne plus tenir et par dire qu'il ne se sent pas très bien on s'arrète sur le bord de la route et lui et Sahid qui était aussi assis sur la banquette arrière avec moi descendent pour prendre lair, voir dégueuler. Je percois plus ou moins tout cela avec précision au travers de mes somnolence qui se transforme vite en vrai roupillon.
On roule ainsi pendant un long moment pour aller dans le massif des Aravisses.
via ferrata On arrive vers 11h en vue du départ de la via ferrata. On descend des mini-bus et on entre dans un champ de vaches que l'on doit même écarter pour le traverser. on monte le long d'un petit talus qui s'arrète au début de la falaise.
L'équipe de journalistes est avec nous et doit fillmer au moins le départ d'Olivia.
On forme de nouveau la même cordée avec Philippe et Christophe. Je fais un petit pipi sur le coté alors que l'on est déjà sur une vire qui surplombe le reste du groupe. Puis on part gaillardement sous une pluie fine qui ne cesse pas de tomber et qui rend la roche très glissante et donc l'ascension difficile.
En effet là où je m'attendai à une balade sur des passerelles le long de la montagne en fait il s'agit d'une vraie escalade où on est sans arrêt au bord du vide. Particulièrement au début on doit grimper de roche en roche avec pas beaucoup de prise pour les pieds si ce n'est de les poser sur des vires étroites et glissantes. Je ne suis pas très rassuré et j'avance très prudemment en me tenant souvent au cable qui court en permanence le long de la voie et auquel nous sommes assurés chacun par une longe en plus de la corde qui nous relie tous les trois.
Il faut d'ailleurs environ tous les vingt mètres faire passer cette longe de l'autre coté d'une queue de cochon. C'est à dire détacher le mousqueton qui relie ma longe au cable de la voie et rattacher le mousqueton de l'autre coté d'un piton qui sert de relais au cable et auquel on peut en même temps passer dans un anneau non fermé la corde de notre cordée de facon à ce que si l'un de nous dévisse son poids vienne peser sur ce piton avec un compère qui peut faire contrepoids plutôt que de peser directement sur le compère. Notamment dans les passages de traversée horizontale ces queues de cochon pourraient être utiles pour éviter de dévisser et de faire un pendule en entrainant un compère.
Christophe et Philippe m'indiquent très souvent où je dois poser le pied car les prises ne sont pas régulières; Christophe métonne car même en étant devant moi et souvent au dessus il voit très bien où je peux poser les pieds. Evidemment parfois il y a carrément des surplombes et c'est Philippe qui prend le relais. En tout cas on forme une équipe efficace et on avance lentement mais s–rement. Je ressens une appréhension permanente du danger car j'ai pas du tout envie de dévisser dans le vide et de tester ce que cela fait de se faire récupérer dans un pendule. D'ailleurs j'apréhende un peu trop et cela m'empèche de me tenir vraiment debout loin de la falaise ce qui serait pourtant plus confortable pour moi selon mes compagnons. J'ai trop tendance à me plaquer contre la paroi et à progresser en marchant avec les pieds penchés vers l'intérieur. Philippe en bon montagnard est très à l'aise et n'hésite pas même à sortir son appareil de photo pour prendre des vues dans les passages difficiles ou pitoresques.
Il y a souvent des échelons qui sont scéllés dans la paroi et qui permettent d'avoir une prise de pied ou une prise de main. Le problème c'est qu'avec la pluie et le froid mes mains sont vites glacées et glissantes et du coup mes prises de main ne sont pas très efficaces. Je me sens notamment vite incapable si necessaire de retenir le poids de mon corps par une de mes mains. Une prise de main peut m'aider à me lancer à la recherche d'une prise de pied ou à faire un transfert de mon poids du corps. mais certainement pas à me retenir en cas de glissade. Du coup je suis d'autant plus prudent dans mes mouvements et j'appréhende la glissade. Je sens très bien le vide qui est à nos pieds et ma foi cela ne me laisse pas tranquille. Mais à vrai dire j'aime bien avoir cette petite appréhension et le défi de la surmonter.
on s'arrète sur une vire plus large que les autres où se trouve même un arbre qui nous abrite un peu de la pluie. Là j'ai une petite fringale et je suis bien content de prendre une banane que Philippe a dans son sac avec le pique nique; Car je me suis arrangé pour n'emporter que peu d'affaires et du coup nous avons un seul sac pour deux Philippe et moi. Ce qui ma foi doit certainement m'alléger si ce n'est m'aider. On a un peu d'avance sur les autres cordées, de Didier et de François. Les autres sont loin derrière et on ne sait pas si ils ont persisté ou s'ils ont abandonné. Au bout d'une dizaine de minutes alors que nous commencons à nous refroidir arrivent Sam, Didier et Isabelle. Nous leur cédons notre place toute chaude et nous repartons un peu ragaillardis. J'en ai aussi profiter pour chausser une paire de gants que me prète Christophe car il est hors de question d'utiliser mes moufles pour prendre les prises, mousqueter et démousqueter et du coup j'ai les mains bien glacées, glissantes et sales.
Au bout d'un moment on en a un peu marre des queues de cochon et comme je ne suis pas très rapide pour démousqueter et remousqueter de l'autre coté c'est Philippe qui se met à le faire pour moi. Il fait cela avec une dexterité extraordinaire au point que parfois il l'a déjà fait au moment où Christophe annonce qu'il y a une queeue de cochon. En tout cas la plupart du temps il le fait beaucoup plus vite que je ne l'aurai fait moi même et c'est adorable de sa part d'à chaque fois se hisser jusqu'à moi pour le faire car cela doit lui procurer une fatigue additionnelle.
On arrive à un petit pont suspendu au dessus d'un vide profond et qui permet d'éviter un coude de la falaise. On franchit la passerelle très prudemment car elle n'a pas 50cm de large et ce sont des petites planchettes de ois posées sur un cable donc mobiles avec juste deux cables en guise de main courante. Philippe prend des photos même là. On passe cela donc pied à pied et j'essaie de ne pas trop dévier. Au début seuls Christophe et moi étions engagés sur la passerelle et Philippe restait au bord à nous assurer puis un bon moment nous sommes tous les trois sur la passerelle. Si un de nous trébuche et tombe dans le vide graecirc;ce à notre encordement il ne lui arriverait probablement rien mais pour le remonter cela serait certainemeent une galère car comment hisser quelqu'un sur une passerelle mobile où il n'y a rien pour s'appuyer sans que ceux qui vous hissent ne tombent eux mêmes.
Une fois de l'autre coté on continue notre ascension de la falaise. A partir de ce moment on monte plus haut sur la falaise. Jusque là on faisait surtout de la traversée en restant aux environs d'une vingtaine de mètres au dessus du sol puis à partir de là on monte progressivement jusqu'à dominer le vide d'une soixantaine de mètres. A vrai dire cela ne change pas grand chose pour moi et j'ai toujours la même légère appréhension.
Le parcours est toujours parsemée d'échelons et de barres de fer sur lesquels on peut s'appuyer avec les mains ou les pieds. Il y a aussi des plaques de fer qui sont fichées dans la muraille et qui forment des mini-marches de dix centimètres sur 10. Elles ne m'inspirent pas toujours confiance car avec la pluie elles peuvent se révéler glissantes mais elles sont tout de même bienvenues.
On continue ainsi pendant encore un long moment. J'ai atrappé mon deuxième souffle et ma foi je roule assez bien avec un bon petit rythme. Je suis bien s–r passablement fatigué notamment des bras et à chaque fois qu'il faut faire un rétablissement à l'aide des bras je prends mon courage à deux mains avant de me lancer; Mais bonant malant, on avance avec bonne humeur, même en chantonnant ou sifflotant et le moral est encore à peu près intact.
On s'arrète à une vire assez large où la voie se sépare en deux avec d'un coté un surplomb à grimper et qui est indiqué comme la sortie de retournée et l'autre qui semble un passage plus facile indiqué comme la sortie des Aravisses. Christophe préfère attendre les autres guides pour se concerter avec eux. On attend donc un assez long moment que l'on met à profit pour déjeuner en déballant oeuf dur et sandwich qui sont bienvenus. On est rejoint par François Marcial et Thomas qui arrivent et s'installent à coté de nous pour aussi déjeuner. On a même droit à un timide rayon de soleil.
Puis on repart en laissant François passer devant nous. En fait on s'apercoit qu el'on est presque arrivé et la montée devient plus ou moins un sentier pierreux et raide avec toujours quelques passages difficiles. On finit par déboucher un petit quart d'heure plus tard en haut de la falaise. On marche un peu au sommet avant de s'arréter à un endroit plus large et plat. On a pris la sortie facile des Aravisses et on voit que la sortie difficile par le surplomb débouche aussi juste à coté. On attend un peu Didier mais pas très longtemps car il fait froid là haut et le temps devient encore plus menacant. On entend au loin une pelleteuse qui travaille parait il sur un chantier de remontée mécanique à l'autre bout de la vallée.
On a pas trop regardé l'heure mais on a du mettre environ 4h30 pour grimper tout cela, ce qui est à peu près cohérent avec le temps annoncé de 3 à 4 heures sur un panneau qui était au départ et que philippe m'avait lu dans sa version en allemand.
On entreprend de descendre un sentier qui est indiqué comme pouvant durer 40mn et qui selon les souvenirs de Chhristophe Dat le seul guide qui soit déjà venu à cette via ferrata est un chemin utilisable en 4X4. En fait cela s'avère être un chemin très étroit qui passe dans des alpages avec des herbes hautes de chaque coté, de nombreuses pierres à enjamber et pas la place de marcher à deux de front. Je tiens donc Christophe grappe par la lanière de son sac à dos et nous descendons ainsi à la queue leu leu. Philippe nous double assez rapidemment profitant enfin que l'on ne soit plus encordés pour aller à son rythme;Le sentier tournicote pas mal et descend ainsi en fait pendant une bonne heure même à notre rythme plutôt soutenu; A la fin cela devient franchement pierreux, on croise deux ou trois fois le cours d'un petit ruisseau.
Sur certaines portions vers la fin cela devient à peu près régulier avec certes des cailloux un peu partout mais qui permettent tout de même de trottiner gentiment et j'impulse donc à Christophe un petit rythme de footing notamment dans l'espoir de ratrapper des vtt-istes que l'on entend à un moment non loin devant nous.
on arrive au parking et on retrouve Philippe qui est déjà là après avoir de nouveau retraversé le champ de vaches au bord de la route.
Heureusement Christophe a les clés d'un des mini-bus et on peut y poser nos sacs et changer un peu de vétement en se reposant.
Au bout d'une petite demi-heure arrivent François et sa cordée Marcial et Thomas puis au bout d'une autre petite demi-heure Didier et les siens: Isabelle et Sam. Christophe avait sur son téléphone un message de Pinson lui disant qu'il avait rebroussé chemin dans la via ferrata avec Nancy, au niveau environ du tiers de la montée où il y a une possibilité de sortie et un petit sentier qui redescend dans le champ avant que l'on ne soit dans des altitudes sans retour possible.
Il nous manque donc encore Olivia et Sahid. On les attend mais on commence à avoir froid. Heureusement la pluie a à peu près cesser et on a même eu un rayon de soleil dans la descente. Maintenant il fait toujours gris et humide mais il ne pleut pas. Pour me réchauffer je fais des pompes à coté des mini-bus. Isabelle qui n'avait pas son pique-nique dans son propre sac se jette sur ceux que transportaient Thomas. Je me demande comment elle a fait pour fournir tous ses efforts sans rien avaler à part une ou deux barres.
On finit par tous rimper dans le mini-bus pour se tenir au chaud. Philippe lui est remonté pour se réchauffer et pour aller à la rencontre des autres; Thomas l'a suivi peu après.
Les guides ne veulent pas partir sans avoir attendu leurs copains au cas où ils aient eu un problème et aient besoin d'aide ou au cas où ils n'ont pas les clés de l'autre mini-bus.
Sam pense à appeler le refuge des Cosmiques pour annuler les reservations que nous y avions faites pour ce soir. Il se fait un peu atrapper par le responsable car c'est un peu tard pour annuler et il avait déjà préparer des provisions pour nous accueillir.
Comme l'heure avance il est déjà 18h30 je finis par les convaincre qu'il peut y en avoir un qui reste avec un téléphone mobile pour nous appeler en cas de besoin et les autres qui rentrent à Chamonix. Ils décident que Christophe va nous reconduire et que Sam et Marcial resteront.
Au moment où on démarre j'avise que Philippe et Thomas ne sont pas revenus et du coup Christophe qui est au volant ré alise que si on part à 5 les autres seront 10 dans l'autre mini-bus, ce qui pourrait très bien marcher même si certes c'est un peu au delà des 9 places prévus. Il revient donc se garer et on attend 5 minutes de plus Philippe qui revient pour annoncer qu'il a retrouvé les autres, qu'ils s'acheminent vers le parking mais à petits pas car Sahid s'est fait mal à la cheville et du coup il a besoin d'être soutenu pour marcher; Thomas est resté avec eux pour les accompagner.
On part donc à 6 avec Philippe et on rentre au chalet. Où on est content de prendre une bonne douche chaude tandis que le personnel du chalet a accepté de décaler pour nous notre diner à 20h30 au lieu des 19h30 prévues en principe.
On dine donc tous un peu fatigués mais heureux de cette super balade. Les deux dernières cordée ont finies par arriver et ils sont aussi contents même s'ils sont crevés. Sahid a un peu le moral dans les chaussettes avec son mal à la cheville et des genoux passablement écorchés par les roches de la falaise sur lesquelles il s'est pas mal cogné. Mathilde et lui ont fait une bonne équipe Mathilde le soutenant et lui indiquant où marcher et lui aidant Mathilde a ne pas se laisser aller à ses maux de vertige. Il parait qu'elle n'a franchement souffert que pour la traversée de la passerelle où elle a d– se cramponner pour traverser sans rester coincée de terreur au milieu.
Au chalet on a retrouvé Jérôme Dutoit et Marie-Laure Huon qui sont arrivés de Paris en voiture.
Il parait que les guides envisagent pour demain matin de couper les cordées et d'emmener certains des aveugles faire une course en montant l'éperon de l'arète des Cosmiques, mais comme c'est une course variée et difficile ils préférent n'avoir à s'occuper que d'un aveugle sans accompagnateur. Du coup les autres iraient faire une autre balade moins difficile dans la vallée blanche; Mais les accompagnateurs ne sont pas contents d'être ainsi séparés de nous. Cela part surement d'un bon sentiment de la part des guides qui cherchent à nous faire faire des choses variées et performantes. Et cela montre leur motivation pour nous les aveugles. Mais ce serait tout à fait contraire à l'esprit du groupe, jusqu'à présent il y a une excellente ambiance notamment parceque il y a un bon échange entre aveugles et accompagnateurs. Et même s'il y a quelques petits grincements notamment entre les filles qui prennent plus à coeur les petites incompréhensions et malentendus, globalement accompagnateurs et aveugles sont au même niveau on décide et on fait tout ensemble sans distinction.
Philippe prend la tête de la contestation et explique à Marie-Laure qu'il n'est pas venu pour faire une course de plus ou de moins mais pour m'accompagner et la charge de se montrer ferme vis à vis de Sam.
Après le diner on s'assied un peu dans le salon pour papoter, je fais quelques massages à coté du feu de cheminée. Un pour Mathilde, pour Philippe et même un pour Sylvie une des employées au bar.
Je tente de me connecter à Lig le réseau d'IBm pour lancer un transfert de mes messages qui pourrait ainsi se faire pendant que l'on va faire une petite balade nocturne avec Philippe. Mais je n'y arrive pas et je m'énerve un peu car je fais attendre Philippe qui s'impatiente à juste titre à coté; Je dois tacher de faire les manipulations dans le noir et en silence car je branche mon ordinateur dans la salle multi-média où il y a aussi une télé qui marche avec des personnes qui la regarde. Dans le noir bien s–r cela ne me gène pas mais piloter avec ma synthèse vocale dans le silence alors que je n'ai pas pensé à descendre mon casque c'est plus difficile. Je renonce donc et on part avec Philippe et Rémi avec pour objectif d'aller voir le bulletin météo affiché à coté de l'église. Les prévisions sont bonnes pour demain matin mais cela devrait encore se dégrader dès demain après-midi.
On rentre se coucher pas trop tard car demain les guides nous ont donné rendez vous à 7h du matin !
Le réveil est un peu difficile à 6h30. Après une douche rapide on se retrouve au petit déjeuner qui a été avancé spécialement pour nous. On se retrouve vers 7h dans la salle vestiaires du rez de chaussée. Du moins François, Didier et moi. car on attend ensuite encore un bon moment que les autres se préparent. Les pauvres accompagnateurs s'arrachent un peu les cheveux à retrouver nos chaussures, nos crampons et nos petites affaires personnelles, à répondre aux désirs des uns et des autres. On finit par s'ébranler et on monte dans les voitures des guides pour aller jusqu'au départ du téléphérique de l'aiguille du midi.
Marie-Laure nous achète les tickets et on monte par les deux bennes successives jusqu'au haut de l'aiguille du midi à 3800m. Là on admire la vue sur la terrasse qui est coté sud. Il y a enfin un beau soleil qui permet de voir loin une bonne partie du massif du Mont Blanc. Le Mont Blanc du tacul est tout de même dans les nuages. Les appareils photos crépitent puis on traverse le tunnel qui va sur la face nord de l'aiguille. Dans le couloir les cordées s'équipent notamment celles d'Olivia, Sahid et Nancy qui vont descendre l'arète de l'aiguille pour aller faire une course dans la vallée blanche, Jérôme s'encorde avec nancy qui n'avait pas d'accompagnateur et Pinson qui est le bon vieux guide de Chamonix calme et rassurant qui doit bien aller avec Nancy. Tandis que les autres Didier, François et moi il est question que nous prenions d'ici la benne d'Elbrauner qui va en Italie et que nous revenions de là bas jusqu'au pied de l'arète à pied.
On attend dans une petite pièce chauffée qui mène à ce téléphérique d'Elbrauner. Je rends à Isabelle son sac à dos que je lui portait pour la soulager depuis le bas à Chamonix.
Finalement le téléphérique d'Elbrauner ne marchera pas aujourd'hui à cause du vent qui est trop fort donc les trois cordées qui sont encore là on va aussi descendre l'arète de l'aiguille; On franchit donc la barrière qi termine le couloir nord et qui sépare du début de l'arète. En fait le couloir débouche sur une grotte de glace qui a été creusée pour atteindre l'exterieur. On se retrouv donc dans une espèce de vestibule de glace avec un toit et des parois en glace. On chausse nos crampons et on se prépare pour la descente.
On commence à descendre prudemment cette arète nord avec la vallée de Chamonix 1500m en contrebas sur notre gauche et la vallée blanche 150m en bas à droite. La neige n'est pas très bonne et on glisse un peu dessus en posant les pieds donc les prises sont un peu inquiétantes je ne suis pas très s–r que le crampon va s'accrocher et arréter le pied lorsque celui ci commence à glisser lorsque je mets mon poids dessus;
Arrivés en bas on fait une courbe pour revenir vers le sud de l'aiguille et prendre la direction de la pointe de Lachenal. On est encordé relativement serrés car il y a parait il peu de risques de crevasses ou du moins les guides connaissent bien les lieux et savent où elles peuvent se situer. Christophe est devant et les autres cordées nous suivent. Au début c'est plutôt plat puis cela grimpe un peu dans une bonne neige donc c'est pas trop difficile. Quand cela monte je tiens la lanière du sac de Christophe et lorsque c'est plat je me contente de tenir la corde pour suivre la trace. Je fais régulièrement un pas en dehors de la trace ce qui me co–te des efforts supplémentaires pour y revenir mais heureusement pas trop souvent environ 1 pas sur 4 donc cela va à peu près. On arrive tout de même un peu essouflés en haut de la côte où on s'arrète pour attendre les autres. J'en profite pour mettre un chandail car on va vite se refroidir et je n'ai pour l'instant qu'un t-shirt et mon anorak avec polaire.
Une fois que les autres sont là Christophe escalade en tête un mur de glace que l'on va prendre et il l'équipe avec une broche au milieu pour faire un relais de la corde car sa corde n'est pas assez longue pour faire tout le mur de glace. Je dois donc commencer à monter alors qu'il n'est pas encore arrivé en haut. Donc si je tombe en cours de route avant qu'il ne soit arrivé en haut la broche dans laquelle est passée la corde sera là pour m'assurer et faire un point d'appui sans entrainer Christophe dans ma chute.
Je pars donc en tête avec Philippe derrière moi qui m'explique qu'il ne faut pas que j'hésite à envoyer des coups de pied dans le mur de glace pour y loger mes crampons. Je plante mon piolet au dessus de ma tête non pas pour me tracter mais pour m'équilibrer avec un bras tendu dessus. Ma foi cela monte assez bien, même si j'y vais prudemment et donc pas très vite. Evidemment cela tire pas mal sur les mollets à rester ainsi appuyés seulement sur les pointes de pied. Sam qui ouvre une voie paralèle à la mienne me ratrappe vite fait et est en haut alors que je ne suis encore qu'à la moitié; Philippe toujours à l'aise s'offre le luxe de me prendre en photo en pleine escalade.
A la moitié je dois passer le mousqueton de la broche plantée par Christophe de la moitié de la corde qui me relie à Christophe à la moitié qui me relie à Philippe. Puis Philippe laisse lui même le mousqueton derrière lui et désormais c'est Christophe qui est arrivé au sommet du mur de glace qui nous assure.
La fin du mur est un peu plus raide avec environ 60ø de pente. Mais j'y arrive assez facilement et je peux remercier mon entrainement au footing qui m'offre des mollets bien musclés.
On attend un peu les autres qui montent progressivement par les deux cordes ainsi installées par Sam et Christophe.
Puis on repart au bout de quelques mètres on s'arrète de nouveau car on arrive à une traversée que l'on va devoir faire à flanc de rocher au dessus du vide. Christophe passe le premier pour installer une corde qui pourra nous servir de main courante et qui doublera la corde qui nous assure. En attendant je m'allonge dans la neige si possible à l'abri du vent pour profiter un peu du soleil qi nous éclaire et qui apparemment ne sera pas eternel car les nuages se multiplient à l'horizon.
Puis je m'élance dans cette traversée, il y a quelques rochers à contourner ou enjamber mais dans l'ensemble la paroi est couverte de neige et c'est plutôt facile. Il suffit d'être prudent pour ne pas mettre le pied trop à gauche dans le vide à un moment il faut même avancer sur les pointes face à la paroi. Philippe me suit de près et m'indique où poser les pieds;
Après la première traversée on monte quelques mètres entre des rochers très déchirés qui sont assez impressionants comme forme ils ont probablement été cassés sous l'effet du gel et de la glace. Du coup cela offre des prises faciles pour les enjamber ou les contourner.
Puis on arrive à une deuxième traversée à flanc de montagne où Christophe installe encore une main courante avant que je m'élance pour le rejoindre de l'autre coté.
Là il ne nous reste que quelques mètres à monter en pente douce pour atteindre le sommet de cette pointe de Lachenal. Avec toutefois un passage un peu délicat où il faut contourner un rocher qui surplombe le vide juste avant la plate forme du sommet.
On s'installe au sommet dans le creux d'un rocher, les autres ne tardent pas à arriver. On se congratule. François emprunte un téléphone mobile pour exprimer sa joie à sa famille on se régale de quelques barres et de thé chaud apporté par les guides.
Mais on ne tarde pas trop car le temps se couvre de plus en plus et il ne fait pas chaud. Notre cordée repart en tête.
on récupère nos piolets que l'on avait laissé quelques mètres plus bas. On repasse les deux traversées avec main courante. Je ne sais pas pourquoi mais elles me semblent sensiblement différentes au retour qu'à l'aller, je ne reconnais pas du tout les endroits où j'avais posé les pieds tout à l'heure et cela me parait plutôt plus délicat à passer. En tout cas on ne s'attarde pas trop à chaque fin de traversée car il commence à faire froid maintenant que le soleil a disparu.
Arrivé en haut du mur de glace. Les guides installent deux cordes par lesquelles ils vont nous descendrent en moulinette. Sam descend d'abord pour nous receptionner puis je m'élance avec marcial qui me fait descendre en déroulant la corde depuis le haut. Je me contente de m'asseoir dans mon baudrier et de garder les jambes perpendiculaires au mur en descendant par grandes enjambées. Thomas me suit de près sur la corde paralèle. Puis chacun descend à son tour.
On reprend nos formations en cordée. Philippe demande à Christophe si pour gagner du temps il peut s'encorder sur son propre mousqueton qu'il a avec son baudrier. Mais Christophe refuse et préfère ressortir un de ses mousquetons de son sac pour assurer Philippe avec le materiel qu'il connait. On repart en descente dans la neige. C'est Isabelle qui ouvre la marche de toutes les cordées et fait même la trace car celles de l'aller ont été effacées par le vent.
Un peu plus loin Philippe qui est en tête de notre cordée la dépasse et prend lui même la tête. On marche à un bon rythme et on rejoint vite une trace principale où la neige est bien tassée et la marche facile. On se dirige vers l'Aiguille du Midi. Au début de la montée on s'arrète pour souffler un peu et attendre les autres. Je suis content car en s'arrétant j'entends que Christophe est plus essouflé que je ne le suis moi même. J'en profite pour oter mon chandail et rester en t-shirt sous mon blouson en prévision d'une bonne chaleur d–e à l'effort dans la montée. On grignote encore un peu avant de se remettre en marche; Isabelle qui est la moins experimentée des accompagnateurs et malgré tout tout à fait à la hauteur se dépense avec énergie et du coup s'empiffre de barres mars et même d'un sandwich au saucisson qui pourtant n'avait pas ses suffrages au début du séjour.
On repart la trace se sépare en deux avec une piste pour ceux qui vont au refuge des cosmiques et une autre pour ceux qui remontent l'arète du Midi. On prend cette direction. On se fait doubler par deux ou trois cordées d'italiens en stage de guides à l'ENSA. Puis on les double à notre tour lors d'une de leur pause; On traverse des portions où il risque d'y avoir des crevasses du coup Christophe rallonge la cordée et repart en avant. Cela me gène un peu pour bien suivre la trace dans ses pas. Mais pas trop car la trace est bien marquée donc facile à suivre.
On arive au pied de l'arète que l'on monte sans se presser. Philippe m'indique parfois où mettre les pieds notamment dans les passages étroits où il vaut mieux les mettre l'un vraiment devant l'autre et pas en paralèle. Les marches sont en général bien marquées et régulières donc c'est plutôt facile. On arrive en haut au bout d'une dizaine de minutes. Il nous a fallu tout juste une heure depuis le dernier point où on s'était tous rassemblés.
On rentre dans la galerie de glace. Le temps est décidément totalement couvert et le brouillard est partout sur la vallée blanche. On ôte les crampons et on se prépare à descendre. La journée f–t vraiment excellente et cette course était variée et sympa. Je ne suis pas trop fatigué, cependant si on imagine que le Mont Blanc doit représenter environ un effort 10 fois plus important que celui pour la pointe de Lachenal je m'interroge sur notre capacité à enlever le défi d'origine. Philippe qui a déjà fait comme il dit, deux fois et demie le Mont Blanc confirme que c'est une bavante et qu'au bout d'un moment chaque pas co–te. François est content car il a bien tenu le coup et surtout il a beaucoup appris en technique d'alpinisme. Didier est passablement épuisé et la dernière montée de l'arète a été dure.
Malheureusement il parait qu'il y a de la queue pour les bennes à la descente et un message par micro invite les passagers ayant reservé pour la benne 26 à prendre rang alors que nous reservons nous même pour la benne 29 graecirc;ce à un des guides qui va chercher des petits tickets de reservation. Thomas met à parti le quart d'heure d'attente à venir pour faire connaissance avec une paire de touristes canadiennes.
On retraverse le tunnel de l'aiguille pour se retrouver dans la salle d'attente coté sud. Pour y arriver il faut déambuler dans toute une série de couloirs et d'escaliers plus compliqués que le chemin de l'aller.
J'apprendrai plus tard qu'il y a au dessus du batiment du téléphérique une terrasse accessible par ascenseur où on aurait p– aller en profitant de l'attente de notre tour.
Je veux profiter de cete attente pour téléphoner à ma secrétaire véronique. Mais elle n'est pas à son poste et Philippe m'explique à juste titre qu'il n'aime pas que je téléphone devant lui. Cependant je persiste un peu plus loin en laissant Philippe papoter avec Marie-Laure et en empruntant le téléphone d'Isabelle car comme Véronique part en vacances ce soir pour trois semaines j'aimerai la joindre au cas où il y ait des consignes à se transmettre et comme il est déjà plus de 4h elle sera surement partie lorsque nous serons en bas. D'ailleurs lorsque je la joins elle élude au maximum les quelques taches que je peux avoir à lui demander car elle souhaite quitter le bureau au plus vite.
On prend enfin la benne en donnant nos petits tickets de reservation ainsi que les tickets de téléphérique achetés le matin. Après le troncon du haut il faut encore attendre un peu à la station intermédiaire pour prendre le troncon du bas. On arrive enfin en bas où on retrouve Pinson et Nancy qui nous attendent depuis déjà environ deux heures. Ils n'ont pas été loin en haut et se sont contentés de faire un petit tour au pied de l'aiguille du midi. Du coup Jérôme que l'on retrouvera au chalet est un peu frustré de montagne.
Philippe, Isabelle et moi on décide de rentrer à pied en laissant nos sacs dans les coffres de voiture. On marche un peu. En attendant Isabelle qui est rentrée faire un tour dans un café on avise un petit train pour touristes qui affiche la destination de la gare. Pinson qui justement passe par là nous suggère d'y monter car il connait le chauffeur. Il s'ébranle juste quand Isabelle réapparait, on monte tous les quatre dedans, le chauffeur nous salue d'un message amical dans son micro puis il explique que Chamonix était une ville isolée avant la construction de la voie ferrée en 1900 et que c'est l'éthymologie de son nom Chamonix. Il nous décrit quelques monuments et nous explique que la voie ferrée qui vient de Saint Gervais est une voie métrique c'est à dire que l'écartement des voies est d'un mètre.
A la gare on descend du train. Philippe va consulter des horaires car il envisage de rentrer à Paris dès ce soir pour retrouver sa grande famille; Isabelle et moi on prend le chemin du chalet; On s'arrète pour prendre une glace à une devanture.
Au chalet on prend une douche puis je connecte mon ordinateur à Lig pour charger mes messages et j'en profite pendant le transfert pour rédiger ces notes de voyages.
Avant le diner Philippe nous fait ses adieux car il part avec le train de nuit et il sera à Paris demain à 6h. Sam arrive à ce moment et il peut lui dire au revoir.
On dine puis on va faire un tour en ville. On s'arrète d'abord au mur artificiel d'escalade qui a été monté pour une épreuve qui a lieu aujourd'hui et qui compte pour le championnat du monde. Malheureusement quand on y arrive il est déjà 21h et cela vient juste de terminer. On assiste à un petit numéro de cloture fait par deux jeunes de Chamonix qui n'hésitent pas à se jetter dans le vide depuis la nacelle qui monte en haut du mur. Puis il y a la remise des prix. L'épreuve devait être difficile car il pleut et avec des prises mouillées on est bien placé après la via ferrata pour savoir que c'est pas évident.
On ne reste pas pour la remise des prix aux hommes et on va vers le bar de l'Arbate où on a donné rendez vous à Mathilde qui est retourné au chalet chercher Rémi resté en arrière;
A l' Arbate qui se trouve au 80 chemin Sapi téléphone 0450534443 on s'installe à une table et on commande des
Arbate boissons; Je commande juste un jus de pamplemousse car j'ai mal à la tête probablement à cause du changement d'altitude. Je danse avec Mathilde et avec Marie-Laure. Isabelle est fatiguée et a un peu peur de se montrer en spectacle seule à danser avec moi d'autant plus qu'autour de la piste il y a des tables de bidasses qui ne quittent pas les filles des yeux. François trouve à juste titre la musique trop forte et n'apprécie pas l'endroit;
Certains ne tardent pas trop à rentrer; Jérôme Mathilde et moi nous allons dans un autre bar qui semble sympa et qui s'avère être un bar irlandais. Chambre 9 qui se trouve au 272 michel croz téléphone 0450558981
Chambre 9 C'est un bar au décor en bois très sympa un peu bruyant mais beaucoup moins que l'Arbate. En plus on trouve une des rares tables libres dans un coin un peu tranquille. On commande des boissons avec un gin tonic pour moi et on papote un bon moment avant de rentrer se coucher;
Quand on arrive dans la chambre avec Jérôme Didier et François dorment déjà et on tache de ne pas faire trop de bruit, Jérôme allume la lumière sans scrupules pour s'aider mais malgré cela on remue pas mal. Surtout moi car je suis infiniment plus long à me coucher que Jérôme qui fait cela en deux coups de cuillère à pot.
On s'accord une grasse matinée pour une fois en se réveillant vers 9h. On descend petit déjeuner et on débat sur les activités possibles. Une majorité semble d'accord pour aller faire du rafting et Jérôme téléphone pour reserver un slot vers 14h. Mais au fur et à mesure que la matinée passe les esprits commencent à s'imaginer le froid qu'il risque de faire en rafting sous la pluie car bien s–r le temps est toujours à la pluie et la majorité des partants s'effrite au profit d'une option plus calme de balade en sentier;
On va en ville avec Jérôme Mathilde et Didier pour prendre les horaires de train car j'ai suggéré que l'on parte dès Samedi matin plutôt que d'attendre ici sous la pluie le départ prévu de Dimanche; Puis on marche jusqu'au magasin eVolution 2 qui commercialise le rafting. On discute un peu avec la vendeuse des excursions qui nous vend assez bien le produit et les parents de deux enfants qui viennent de le faire nous disent qu'ils n'ont pas eu froid.
Evolution 2 On en profite pour descendre au sous sol et Didier et moi on achète des sursacs à dos pour protéger de la pluie; Mathilde m'offre gentiment le mien en retour du déguisement de panthère rose que je lui ai loué.
On sort du magasin juste à temps pour voir passer le défilé du 14 juillet avec la fanfare en tête les chasseurs alpins, les gendarmes, les pompiers etc. Ils passent entre deux files de spectateurs qui applaudissent un peu mollement. Je me mets à applaudir avec vivacité et à acclamer l'armée et du coup les applaudissements sont tout de suite plus nourris.
On passe par la station météo pour voir le bulletin affiché. Alors qu'il n'a pratiquement pas cessé de pleuvoir de la matinée ils indiquent "les averses clairsemées de la matinée seront remplacées cet après-midi par des averses plus abondantes". Cela promet !
On rentre au chalet pour déjeuner. On débat pour savoir qui va au rafting et qui n'y va pas. Le noyau rafting se reconstitue progressivement et rallie à peu près tout le monde sauf François qui a peur d'avoir froid et Nancy qui ne se sent pas aventureuse. Thomas et Marie-Laure vont rester avec eux pour faire une balade. Jérôme rappelle évolution 2 pour confirmer notre reservation et tacher de négocier le prix; Il obtient 200f de réductio sur les 1440f du prix normal pour 8 personnes. Puis comme je trouve que cela ne fait pas une grosse réduction il me passe l'appareil pour que je tente de faire mieux mais je n'obtiens que 50f de moins pour ariver à 1150f. En fait on réalisera qu'Evolution 2 ne fait que commercialiser la prestation d'autres donc il n'a pas une grande marge de manoeuvre; Il aurait fallu passer en direct.
On se prépare rapidemment car on a rendez vous à 14h à 20km d'içi et il faut être passé à Evolution 2 avant pour payer et avoir le bon de rafting. Comme tout le monde n'est pas prêt notamment Isabelle qui s'est remise à pianoter avec fougue sur son ordinateur, Jérôme part à Evolution 2 avec le mini-bus que nous a très généreusement prété le responsable du chalet. Puis Jérôme repasse après avoir payé à Evolution 2. Je suis allé voir Isabelle qui s'est retranché dans la salle de lecture pour la convaincre de lacher son ordinateur et de venir avec nous. Compte tenu du décalage avec Los Angeles où elle doit envoyer un mail à son chef je lui suggère d'emporter son ordinateur et qu'elle mette à profit les deux fois 20 minutes de route prour préparer son mail qu'elle n'aura plus qu'à envoyer lorsque nous rentrerons vers 17h.
On se retrouve tous donc dans le mini-bus; Il pleut toujours. On roule pendant 20 minutes pour descendre la vallée de Chamonix et suivre le cours de l'Arve jusqu'au village de Passy. Là on trouve le centre de rafting.
On est accueilli par fabrice qui nous donne des chaussons bien mouillés et froids à enfiler. Puis il nous distribue des combinaisons style salopette. J'ai la chance d'hériter d'une sèche car certains d'entre nous doivent s'enfiler dans des déjà mouillées. Puis on revet une espèce de veste k-way. Suivant l'exemple de Jérôme je ne reste pas sec longtemps et on va s'arroser à un jet d'eau voisin, je me mets même carrément le tuyau par le haut de ma combinaison histoire d'être s–r d'y faire rentrer de l'eau. Faisant le calcul que cela laissera le temps à l'eau ainsi entrée de chauffer et que cela devrait être mieux que de prendre des vagues d'eau froides et à des moments où je ne serai pas pret à les recevoir. On a déposé nos affaires sur des clous au dessus d'un banc dans un petit hangar et on s'est mis en maillot de bains.
On monte dans un vieux mini-bus que l'on achève de mouiller et qui traine sur une remorque notre rafting rouge. On va ainsi jusqu'au point de départ à quelques centaines de mètres de là.
On met le rafting à l'eau. Fabrice nous explique quelques règles de sécurité. Je demande à être assis à l'avant droit. L'avant pour recevoir le maximum de remous dans la figure et à droite car j'ai une légère coupure à la main droite donc je préfère tenir la poignée de la pagaie dite l'olive dans la main gauche. Mais Isabelle s'est déjà arogée cette place et ne semble pas prête à la céder;
On part donc tous les huits avec Fabrice en neuvième comme pilote. Je suis assis coté droit en troisième position derrière Didier et devant Olivia. On rame et on passe ainsi quelques rapides. Ils ne chahutent pas trop car le niveau de l'eau est très bas. Aussi paradoxal que cela puisse paraitre compte tenu de la pluie qui ne cesse pas de tomber depuis quelques jours. En fait la pluie qui tombe içi c'est de la neige en altitude et donc s'il fait froid en altitude les neiges ne fondent pas et donc les ruisseaux ne sont pas alimentés;
Nous descendons le cours de la rivière Arve qui est celle qui traverse Chamonix;
Chamonix Il y a tout de même sur la dizaine de rapides que nous passons trois ou quatre qui secouent raisonnablement. Et on s'amuse bien tous ensemble. Notamment à se tirer des bourres entre rameurs de droite et rameurs de gauche.
A un moment Fabrice nous fait accoster sur la berge pour aller houspiller deux rameurs sur un canoé qui gamberge et on stoppé leur balade. Isabelle descend aussi et me taquine. J'en profite pour jouer à chat avec elle sur la berge puis pour prendre sa place à l'avant. Elle revient furieuse de l'avoir perdue et me la réclame avec force. Je me fais un peu prier pour la lui céder et hésite même à m'obstiner. Alors que je finis par céder et par descendre du bateau pour retourner à ma place juste à ce moment on est repartis et je descends en fait dans l'eau. J'ai un peu du mal à remonter seul à bord car avec les gros gilets que l'on a sur le ventre et le dos qui forment des bosses impressionantes on a du mal à prendre appui sur le boudin du rafting. Je me rétablis à l'aide de la corde qui fais le tour du boudin à l'exterieur. En me rasseyant Isabelle me traite de tête à claques ce qui ne me plait pas et je le manifeste car je trouve qu'elle aurait plutôt d– me remercier de lui avoir cédé sa place. D'ailleurs une ou deux voix s'élève pour m'approuver.
Après ce petit moment de tension l'ambiance revient vite et on continue dans les rapides. Fabrice nous motive pour ramer à la poursuite d'un autre rafting qui est devant nous. Au lieu des enfants qu'il nous avait annoncé comme étant nos devanciers on se retrouve côte à côte avec un rafting plein de gaillards qui tentent de nous aborder et notamment de mettre Isabelle à l'eau. Elle réplique par un vigoureux coup de pagaie sur le nez de son assaillant qui n'insiste pas; Pendant ce temps le pilote de l'autre bateau se moque un peu de Fabrice.
Puis on ratrappe un deuxième bateau. Là idem une bataille s'engage Jérôme est happé et tombe à l'eau. Mathilde s'affole car il y en a deux ou trois gaillards qui s'approchent dangereusement d'Olivia. Au bout de quelques secondes on rompt le combat et on s'éloigne. Fabrice nous explique qu'en fait ils s'agit de bateaux exploités par une compagnie concurrente et qu'ils ne s'entendent pas bien car les autres ne sont pas originaires de la région, ils ne viennent dans le coin que pour moissonner au moment de la saison touristique et cela énerve les locaux comme lui.
Il y a un rapide que l'on a passé plusieurs fois graecirc;ce à un exercice assez amusant qui consiste à remonter le courant juste après le rapide le long d'une des rives en s'aidant d'un courant contraire et une fois de nouveau en amont on rame vers le milieu du courant où là on surfe pendant un moment sur la vague du rapide sans le descendre et en se déplacant latéralement jusqu'à l'autre rive et ainsi de suite on revient à la première berge en traversant en aval.
Puis on arrive au point d'arrivée. On porte tous notre rafting sur une remorque attachée à un autre vieux mini-bus que Fabrice conduit sur quelques kilomètres vers l'amont jusqu'au centre.
Là on se change rapidemment avant d'avoir froid. En fait on a eu pas trop froid en tout cas moins que ce que l'on redoutait; J'ai juste les pieds glacés dans mes chaussons; Je réchauffe les filles avec quelques frictions;
Puis une fois changés on remonte dans notre mini-bus; Mais la batterie de celui ci refuse de démarrer et donc on doit appeler les gars du centre pour qu'ils nous aident à pousser le mini-bus. Heureusement celui ci démarre vite en seconde et on peut repartir. Isabelle ne peut pas terminer son travail car son ordinateur n'a plus de batterie. Du coup elle plonge dans une sieste bien méritée après les vagues recues dans la figure; Tout le monde est bien content et on rentre au chalet.
On se repose un peu et j'en profite pour pianoter mes notes de voyages.
A 19h la direction du chalet nous offre un petit pot ainsi qu'à nos guides qui sont revenus pour nous dire au revoir; Je descends un peu en retard et du coup je rate les petits discours du directeur et de Marie-Laure. Je trinque mon kir avec les guides et mes amis. Je papote avec chacun et notamment avec Thomas. Ainsi qu'avec Christophe Dat le guide de Sahid et Mathilde car il a besoin qu'on lui explique que les reproches que Sahid leur ont formulé hier après l'aiguille du Midi ne s'adressaient pas à eux et que ce sont plutôt des balles perdues qui certes les ont blessées mais n'étaient pas volontaires de la part de Sahid qui selon moi avait une petite rancoeur à sortir de ne pas avoir p– être dans le groupe des grands et faire la pointe de Lachenal. Mathilde et Christophe étaient tous les deux très affectés par les reproches amers de Sahid d'hier et j'espère les avoir un peu aidé.
Le pot se prolonge un peu tout le monde est content de se retrouver. Il n'y a que pinson qui n'est pas venu car il habite Argentières et n'a pas de voiture. Marie-Laure remplit six chèques de mon chèquier que je signe pour payer les six guides à raison de 5100f chacun pour trois jours cela fait un budget de plus de trente mille rfrancs.
Puis on doit se séparer. Les guides refusent de venir diner avec nous. Et on monte dans des voitures dont celles de Jérôme et de Thomas pour aller au restaurant que l'on a reservé pour ce soir; Thomas est en effet resté pour diner avec nous bien qu'au début il avai dit qu'il partirait ce matin. De fil en aiguille on a la chance de profiter de sa présence un peu plus longtemps.
On va au restaurant l' Impossible
Impossible qui se trouve 9 chemin Cry téléphone 0450532036 On se retrouve à une belle table de douze au premier étage dans un décor d'une ancienne ferme. On commande différents plats savoyards. Je prends une pella des Aravisses.
pella des Aravisses qui ressemble un peu à une tartiflette avec des pommes de terre, du fromage et quelques lardons; Je suis un peu déçu car cela n'a pas beaucoup de go–t, aucune aromatisation et les pommes de terre ne sont pas cuites. Je papote avec Isabelle et Mathilde qui sont assises à ma droite et à ma gauche. On décide de faire un diner photo chez moi le Mardi 12 septembre prochain.
Au moment de payer l'addition je tends ma carte en donnant mon code à la serveuse mais elle refuse d'aller le taper elle même sur le clavier et me demande de me déplacer. Elle me dit que je pourrai le faire en partant.
En partant elle ne me demande rien lorsque je passe devant elle donc je descends les escaliers et j'attends en bas en laissant les autres sortir. Alors que l'on est presque tous sortis et que je commence à croire que l'on ne va pas avoir à payer ce diner. La serveuse s'élance pour réclamer à Mathilde son d– et je dois remonter pour pianoter mon code. La serveuse refuse toujours de le taper pour moi et c'est Matilde qui doit le faire.
Puis on rentre au chalet. On dit au revoir à Thomas. qui prend la route pour Genève. Il n'a qu'une heure pour y arriver car c'est vraiment proche.
On va se coucher car tout le monde est passablement crevé même Jérôme qui semble pourtant en principe être plutôt fétard.
Sahid vient réveiller Jérôme qui dort au dessus de moi pour lui proposer un footing et du coup il nous réveille. Jérôme décline son offre et on se rendort encore pendant une heure pour se réveiller vers 9h. On papote un peu avec Didier et François des problèmes de compréhension entre accompagnateurs et aveugles; Je retire de ce séjour l'enseignement qu'il faut au départ brieffer les accompagnateurs sur deux différences essentielles chez les aveugles: D'une part que les aveugles sont souvent mal à l'aise lorsqu'ils demandent de l'aide car recevoir de l'aide c'est affronter l'évidence de sa dépendance. Et du coup occupés à digérer cette blessure d'amour propre de se sentir dépendant, les aveugles ont du mal à témoigner de la reconnaissance à celui qui les a aidé et à engager un dialogue libre avec eux. d'autre part les aveugles non presque pas accès à la communication non verbale et les accompagnateurs peuvent manifester sur leur visage des attentes ou des contrariétés avec lesquelles les aveugles ne pourront pas se mettre en empathie pouvant ainsi laisser l'accompagnateur frustré de ne pas avoir été suivi dans ses émotions;
François me suggère d'ajouter un troisième enseignement à destination des aveugles. c'est à dire de ménager un temps au début du séjour pour que les aveugles fassent connaissance avec les lieux, apprennent à ranger eux mêmes leurs affaires, leurs chaussures dans le vestiaire, leur casque etc. De facon à limiter un peu la dépendance pendant le séjour et donc les sources d'incompréhension.
Il faudra aussi probablement pour une prochaine expérience songer à mélanger les cordées en cours de route afin de répartir les risques de frustrations de part et d'autres. Mais cela est difficile car d'un autre coté les cordées bénéficient d'avoir un peu d'expérience et au bout de deux jours une équipe de trois personnes a trouvé un modus vivendi.
Je dis au revoir à Rémi et à Didier qui partent un peu plus tôt pour que Didier ait une correspondance pour Lille en arrivant à Paris.
Puis je descend petit déjeuner juste à temps avant que tout ne soit débarassé. Je remonte dans ma chambre préparer un peu mes affaires. Je pianote aussi sur mon ordinateur.
Vers 11h30 je descends pour proposer d'aller faire une petite balade mais les filles Isabelle et Mathilde que je trouve en train de papoter sur un banc dans la cour me disent qu'il est temps pratiquement de partir et que je dois remonter boucler mes affaires;
Je boucle donc, je récupère deux bouteilles de champagne que j'avais aporté puis mise dans le frigo du bar et que l'on a pas bues.
On dit au revoir à Jérôme et Isabelle qui restent içi pour la fin du week-end. Et on monte dans le mini-bus qui nous emmène à la gare.
A la gare on est 30mn en avance. Je suggère que certains aillent s'installer au chaud dans le bar d'en face pendant que je garde les bagages. Ma proposition a peu de succès mais les uns et les autres s'éparpillent un peu en attendant le départ.
On monte dans le petit train qui nous conduit à Saint Gervais. Cette fois ci il y a des places assises pour nous.
A Saint Gervais on a 11 minutes pour monter dans un autre train qui nous conduira à Annecy. Mathilde avec sa faculté à prendre facilment les choses à coeur dresse un plan de bataille et décide de sortir les bagages par une porte tandis que les aveugles sortiront par l'autre pour ne pas perdre du temps car même si le train d'Annecy est annoncé sur le même quai la pauvre est toute stressée à l'idée du peu de temps que l'on aura.
Je demande au controleur du train de chamonix de m'accompagner au bureau de la gare pour voir s'ils n'ont pas recu mon dictaphone comme me l'avait promis le controleur de Bellegarde. Le controleur y va gentiment seul mais il revient me dire qu'ils n'ont rien qui ressemble à un dictaphone.
On monte dans le train d'Annecy. On y pique nique avec les sandwich préparés par le chalet qui pour une fois sont au paté. A Annecy Olivia reste dans le train qui va jusqu'à Valence car elle va à Beziers. Les autres descendent pour prendre le TGV de Paris;
On attend une petite demi-heure dans le TGV qui est déjà à quai avant son départ. On papote un peu avec François, Sahid et Mathilde qui sont assis à coté de moi. Puis je roupille un peu avant de sortir mon ordinateur et de rédiger ces notes;
On arrive à Paris vers 19h. Olivier le mari de Marie-Laure l'attend. Mathilde conduit Nancy à un taxi. puis Mathilde François, Sahid et moi on va ensemble dans un bistrot l'Encrier conseillé par Mathilde qui est pas trop loin de la gare. C'est très bien et incroyablement peu cher. on s'en sort pour moins de 100f pour entrée, plat, dessert et vin !
Comme j'ai trois sacs passablement lourds je commande un taxi après le diner et j'en profite pour déposer Sahid et François qui habitent tous les deux dans le cinquième arrondissement. On dit au revoir à Mathilde.
Je rentre chez moi et je déballe mes petites affaires avant de me coucher. Je réalise que je n'ai pas mes moufles qui sont certainement restées au chalet.
J'appelerai Isabelle, Philippe puis le chalet pour apprendre qu'elles sont restées sur le sèche gants dans le vestiaire et pour demander au chalet de me les renvoyer par la poste car Isabelle et Jérôme ont déjà quitté Chamonix; Il parait qu'ils vont terminer en beauté le week-end avec balade sur le glacier des Bossons, escalade sur une falaise en exterieur, parapente puis balade à cheval. Tout cela sous un ciel enfin ensoleillé Dimanche.
De mon coté Dimanche je pianote ces notes et je rends visite à JJulie qui est à l'hopital. Avant de reprendre le boulot Lundi matin à Descartes.
Pages personnelles de Sylvain NIVARD