Vendredi 20 septembre

Une fois de plus je me suis couché à pas d'heure pour fignoler mes bagages. Mais cette fois ci en plus je me suis connecté à ma messagerie pour boucler quelques dossiers de special bids et du coup je ne suis au lit qu'à 5h.

Au matin je vais faire une petite course à la pharmacie, avant de retrouver ma soeur Isabelle à 10h35 à la station de taxis de la Muette. Un chauffeur de taxi se précipite pour gentiment m'ouvrir la portière de sa voiture. Mais comme je lui dit que j'attends ma soeur puis seulement que nous irons à Roissy. Il me dit que pour aller à Roissy il attendra le temps qu'il faudra. Mais heureusement pour lui Isabelle ne tarde pas trop. La circulation est très fluide et on est à Roissy avant 11h.

On retire nos billets au comptoir Nouvelles Frontières. Ce système est tout de même pratique car il y a trois jours Mardi nous pensions partir en Grèce ou peut-être en Espagne et tout d'un coup nous nous sommes décidés pour le Cambodge. Le pretexte du voyage c'est d'aller rendre visite à notre cousin Pierre Ader. Heureusement les formalités de visa ne sont pas trop compliquées et on pourra acheter le notre en arrivant à l'aéroport de Pnhom-Penh.

L'avion est prévu à 12h30, on enregistre. On obtient une place près d'un hublot en zone fumeur. Puis on monte dans le satellite 4.

On attend là sagement. Mais alors que l'on devrait embarquer on nous annonce que le vol aura au moins 30mn de retard. Puis on nous annonce que l'on nous ffre des sandwichs au bar du satellite. Entretemps j'ai demandé à un stewart si c'était possible de nous surclasser. Mais la réponse a été très fermement non. Il m'a gentiment expliqué qu'il voudrait bien mais qu'il ne peut pas. Je me suis tout de même payé le plaisir de lui signifier que s'il y a quelque chose dont je suis s–r c'est qu'ils peuvent surclasser s'ils veulent.

Vers 14h30 on a droit à des nuvelles qui n'en sont pas, c'est à dire que le départ n'est pas pour tout de suite, que l'on nous offre le déjeuner, histoire de nous occuper, dans le restaurant "Les Palmes" au deuxième sous-sol et que l'on nous demande d'être de retour à 17h.

On suit en rang d'oignons une hotesse qui nous conduit jusqu'à ce restaurant dans la galerie marchande du sous-sol. Pas de lumière du jour, c'est pas une facon très gaie de commencer nos vacances. Mais contre mauvaise fortune, faisons bon coeur. On se retrouve à la même table de 4 qu'une ta‹landaise très sympa qui parle admirablement français et un japonais peu bavard. Le déjeuner est tout à fait quelconque en terme gastronomique, mais la conversation est très interessante. Avant de nous lever de table je demande l'addition, histoire de rigoler et de nous démarquer de tous ces profiteurs que nous sommes qui se sont baffrés aux frais de la compagnie aérienne en se gardant bien de demander s'il y a quelque chose à payer. Manifestement dans ce restaurant, pour qui les retards d'avion sont une aubaine, ils ne doivent pas souvent avoir des clients qui ont de tes scrupules car ma demande fait son effet.

La plupart des passagers se dépèchent de remonter dans le satellite 4 pour être à l'heure voir en avance au rendez vous de 17h. Isabelle et moi faisons un crochet par le centre spirituel histoire de le visiter et de faire une petite prière dans la chapelle chrétienne. C'est une pièce tout en longueur avec des banquettes tout autour et une porte vitrée. Il y a aussi une salle de prière pour les juifs et une pour les muslmans qui elles ont des portes pleines.

On revient dans le satellite 4, comme il faut toujours attendre on passe quelques coups de fils histoire de s'occuper. Je termine notamment la négociation et j'envoie un chèque d'acompte pour les t-shirts que je fais faire pour le mariage de Charlotte.

En principe on devrait partir vers 18h. On nous fait effectivement monter dans l'avion. Les choses ont l'air de se terminer bien. Car il est encore temps pour atrapper notre correspondance à Bangkok demain matin. Car nous avions 6h d'attente prévue à Bangkok. Donc peu nous importe de les faire ici où là bas, du moment que nous ne ratons pas la correspondance.

Mais en fait nous restons parqués dans l'avion plus de trois heures sans que rien ne se passe. Soi disant d'après un passager ce sont les mécaniciens d'Air France qui se font prier pour fournir la pièce détachée qui manque. En tout cas on nous a fait monter dans l'avion pour être prêt à partir et être s–r de nous avoir sous la main à tout moment. Et aussi probablement parceque au bout de 6h d'attente la Compagnie doit loger ses passagers et les indemniser donc ils ont probablement voulu prévenir de telles demandes.

Toujours est il que comme avant de monter dans l'avion j'avais réclamé d'être surclassé en faisant un cinéma de l'aveugle à bout de nerfs, le préposé avait persisté à refuser mais nous avait accordé deux séries de 4 sièges côte à côte pour que nous puissions nous allonger. Du coup à peine montés dans l'avion, le meilleur moyen de nous reserver ces 4 sièges m'est apparu de m'allonger et de faire une sieste en attendant le décollage. Mais cela fait que je ne me réveille qu'à 21h au moment de partir. Et alors je réalise que notre correspondance à Bangkok sera sans doute ratée et que nous n'avons pas prévenu Pierre ou Yves qui doivent venir nous chercher à l'arrivée à Pnomh Penh.

Je réclame de pouvoir téléphoner, mais les portes de l'avion sont déjà fermées et le stewart qui me répond se contente d'amortir mes réclamations par des paroles molles. Il finit sur mon insistance par aller chercher le chef de cabine qui semble avoir plus d'autorité et nous promet qu'un message à destination d'Hortense que nous écrivons sur un papier sera transmis à la tour de controle. Mais comme je ne me fais par trop d'illusions sur le résultat de cette démarche je me propose de me lever dans la cabine pour demander si quelqu'un peut nous préter un téléphone mobile. J'hésite un peu à me lever ainsi en public mais je prends mon courage à deux mains. Je demande à la cantonnade en français et en anglais mais je n'ai pas beaucoup de succès.

On décolle donc sans avoir prévenu et je me sens très géné vis à vis de Pierre et Yves qui vont faire le voyage de l'aéroport pour rien.

On nous propose l'écran maintenant classique quipermet de suivre en temps réel le parcours de l'avion sur un planisphère. On dine puis un film qui n'est pas encore sorti à Paris est projetté : "Mission Impossible". Mais je préfère dormir. C'est tout de même sympa de pouvoir s'allonger sur quatre sièges. J'ai un peu mal au dos avec les creux entre les sièges mais je fais presque une vraie nuit.

Bangkok

Tha‹lande

Samedi 21 septembre

On aterrit à Bangkok en Tha‹lande à 13h heure locale , alors que l'on devait y être à 5h. Notre avion pour Pnomh-Penh est parti sans nous. Mais il est peut-être encore temps pour prévenir Pierre ou Yves on demande au comptoir de transit qu'il soit appelé. Le préposé prend le message et ous assure que ce sera fait. Première expérience de l'obséquieté des asiatiques incapables de dire non.

On a rencontré au transit un français Jo‰l qui habite au Cambodge et qui y publie un petit périodique pour le compte du ministère de l'intérieur cambodgien , afin d'assurer la publicité des projets de voirie et de travaux publics et tenter de lutter contre la corruption, les marchés passés de gré à gré, etc.

Jo‰l qui semble aimer la bière nous en offre une au bar de l'aéroport. Puis on nous emmène tous les trois jusqu'à notre avion dans un mini-bus spécial. Probablement graecirc;ce à moi car les stewards et hotesses sont très prévenants à mon égard.

Dans l'avion je ne touche pas au repas qui nous ait proposé. Isabelle me lit le guide sur l'histoire de la Tha‹lande.

Pnomh-Penh

Cambodge

Après seulement une heure de vol on arrive à Pnomh-Penh au Cambodge. On achète nos visas sur place auprès d'une rangée de fonctionnaires en rang d'oignons qui tailorise la délivrance des visas. Une fois que nos passeports se sont balladés de main en main on paie 20 dollars chacun pour avoir le visa.

Jo‰l lui a un coupe-fil du ministère qui lui permet d'éviter les controles et formalités. Il nous attend gentiment. Son premier souci à peine avons nous récupéré nos bagages et sa grosse malle pleine parait il de commissions qu'il rapporte de France aux uns et aux autres, qu'il nous invite à boire une bière. On va sur ses conseils dans le bar qui donne sur l'exterieur de l'aérogare car la bière y est à 1 dollar contre 2 au bar qui est dans l'aérogare !

Ici il fait 32ø à l'ombre et l'air très humide nous done une impression de chaleur on ne peut plus dépaysante.

On téléphone à Pierre sur son portable. Il commencait à s'inquiéter. Ils se sont bien retrouvés Yves et lui à l'aéroport ce matin. Mais ils n'ont recu aucun des deux messages qu'on a tenté de leur faire passer. Du coup Pierre a été deguster chez Yves le festin de bienvenue qu'Yves avait fait préparé en notre honneur.

On finit notre bière avec Jo‰l. Isabelle et moi on a partagé une seule bouteille car elles sont énormes d'au moins 50cl. Jo‰l nous raconte sa vie d'expatrié ici. GGraecirc;ce à son expérience de maquettiste il a trouvé facilement ce boulot. Il s'accomode assez bien des difficultés quotidiennes pour arriver à faire sortir un périodique. Et en contrepartie semble ravi de la vie cool entre les copains, les bières et les entraineuses. Au moins lui a l'air à peu près sain. C'est à dire qu'il semble ne pas toucher ni à la drogue ni aux filles ou garcons mineurs. Que ce pays où tout est possible met à votre disposition pour une poignée de dollars.

Je m'impatiente un peu alors qu'il prend son temps pour boire sa bière. Mais c'est ma première lecon de patience à l'asiatique. Et il me l'a donne avec beaucoup de bonhommie. Enfin on va prendre un taxi. Il négocie avec le chauffeur en le traitant vraiment à la néo-colonialiste : sur un ton plus que méprisant. On regardé sur un plan de Pnomh-Penh qu'il nous offre généreusement où se situe la maison de Pierre. Il nous y dépose avant de continuer pour l'hotel Pasteur où il habite et dont il nous a raconté avoir pris quelques parts. Cet hotel semble être un QG des expatriés où ils se retrouvent au moins chaque Samedi midi, pour manger un pot au feu ou tout autre plat bien français.

On a traversé une ville avec des larges avenues, bordées de nombreux arbres. La circulation est assez intense avec pas mal de voitures mais surtout énormément de scooters. Pierre habite dans une rue transversale pas goudronnée, donc pleine de cahots. Le temps est assez grisatre mais il y a un petit vent presque frais, en tout cas très agréable.

Au bas de l'immeuble de Pierre il y a des gardiens qui ne comprenent pas bien où on va, mais on finit par se comprendre.

On monte nos affaires dans le bureau de Pierre, qui nous y attend. Jo‰l nous quitte. Le bureau de Pierre est au premier étage avec l'air climatisé. Alors qu'il habite au quatrième dans un petit studio où il ne branche même pas l'air climatisé. Installation donc assez frustre mais qui semble assez agréable avec une belle vue sans vis à vis, sur les arbres. Pierre nous donne les reservations qu'il a gentiment faites pour nous, pour deux jours à Angkor. Je sors quelques gros billets de 100 dollars de ma ceinture magique, pour le rembourser.

Puis Isabelle monte sur la moto de Pierre, tandis que je monte derrière un scotter taxi : moto-pet. On va ainsi jusqu'au magasin d'antiquités de Yves Bernardeau, l'ami de Bruno van Eeckhout. Le magasin n'est pas encore ouvert. J'apporte d'ailleurs de France des bidons de cire claire, qui n'exite qu'en foncé ici, parait il. Afin de donner une teinte claire et originale aux meubles, généralement venus de Chine qu'Yves compte exposer et vendre. Le rez de chaussée de la boutique n'est pas encore tout à fait aménagé. En entrant on a croisé un ami d'Yves qui sortait. On fait la connaissance de son petit ami Laurent qui est cambodgien.

On monte au premier étage, qui est déjà super bien aménagé. Il y a surtout des meubles du 18ème chinois. Avec notamment des anciens lits qui recouverts d'une vitre pour protéger le canage fragile, deviennent de grandes tables basses. Il y a aussi de belles commodes, des chaises et des meubles qui ressemblent tout à fait à ceux que nous utilisons. Je suis surpris de voir par exemple des bureaux de la même hauteur et les mêmes tiroirs que les notres. Je me demande si c'est la necessité fonctionnelle qui a inspiré les mêmes meubles en occident et en orient. Ou si c'est l'influence et une quelconque communication d'un monde à l'autre.

Yves nous fait monter des jus de citron excellents et on fait un peu conaissance en papotant autour d'une de ces tables basses magnifiques.

on repasse chez Pierre pour prendre nos bagages. Yves nous laisse avec Laurent une petite demi-heure le temps d'aller faire une course. Laurent parle à peine le français. Je suis un peu choqué de voir Pierre le tutoyer alors qu'il vouvoie Yves.

Pierre nous raconte comment Claude Vincent son déjà ami et futur associé au Laos s'est fait assassinné la semaine dernière. C'était un français installé au Laos depuis 40 ans. Amoureux du pays il était plus laos que les laos. Et il avait traversé toutes les périodes troublées depuis la guerre avec les américains, la révolution et lecommunisme; Hier à la tête d'une agence de tourisme il travaillait au développement du tourisme laos, pour faire partager au plus grand nombre son amour de ce pays. D'habitude il allait de Van Tian la capitale à Louhangprabang en avion, mais cette fois ci lasemaine dernière il a voulu essayer la nouvelle route qui vient d'être refaite entre les deux villes. Il est donc parti dans le mini-bus qui emmenait 6 autres personnes de son staff. Au milieu du trajet des bandits de grand chemin on surgit et on mitraillé le mini-bus sans sommation. Une fois leur mitraillettes déchargées et que plus rien ne bougeait dans le mini-bus ils sont montés à bord, on pris l'argent et sont repartis tranquillement. Ce sont deux personnes sur les 7 qu'ils ont laissé pour morts et qui en fait n'étaient que légèrement blessés, protégés par les corps des autres qui ont p– raconter cela. Il parait qu'ils avaient l'accent des Mongs une minorité des montagnes.

Le Far West en 1996 ! Pierre nous parle avec chaleur de la beauté du Laos et nous dit que sans cet accident c'est là qu'il nous aurait envoyé poursuivre nos vacances.

Il parait que le nom de Pnom-Penh vient de Pnom lla colline et Penh le nom d'une femme qui possédait une colline qui était plus ou moins au centre de la ville.

On part dans le 4x4 d'Yves pour sa villa, pendant que Pierre nous suit à moto. On arrive dans une vaste maison magnifique en briques roses au bord du Mécong. Que l'on ne peut pas admirer ce soir car il fait déjà nuit. Mais dans la villa on admire le mobilier riche et choisi avec go–t. Les pièces sont plus que grandes. Isabelle a une chambre au premier étage tandis que je m'installe au rez de chaussée. Chacune fait à peu près 30 ou 40m carrés sans compter une salle de bains, un dressing room et des cabinets à l'avenant. Les hauteurs de plafond sont impressionnantes, notamment dans le hall et le salon qui font 8m de haut. On passe d'ailleurs du hall au salon par la bibliothèque qui a une hauteur de plafond plus ou moins normale de 3 ou 4 mètres et j'ai l'impression de passer par un sas ou un cagibi !

Le salon est en fait un cube de 8m de coté, avec donc 64m carrés au sol. La première moitié de la pièce n'est pas très meublée puis la deuxième descend dans une fosse où sont installés des canapés en cercle autour d'une de ces grandes tables basses anciens lits chinois. Le tout donnant par une immense baie vitrée sur le Mécong. Le volume de cette pièce est franchement impressionnant. Yves nous raconte qu'avec tous les planchers et boiseries qu'il a installé dans cette maison il n'a qu'une terreur s'est de mal se prévenir contre les invasions de termites qui sont parait il très voraces dans ce pays. Cela met la puce à l'oreille de Pierre qui n'a manifestement pas prévenu ce risque là dans l'opération immobilière qu'il entreprend ici. Yves lui explique qu'il faut faire traiter le terrain par des spécialistes avant de poser les fondations.

Le seul truc dommage dans la maison d'Yves ce sont les barreaux aux fenêtres. Avec les chiens méchants qui sont lachés la nuit manifestement le coin n'est pas très sur.

Après un apéro sympa au gin tonic dans le salon, on dine tous ensemble dans la salle à manger qui est dans l'autre aile de la maison. Car elle est dessinnée plus ou moins en U face au fleuve. Là aussi j'ai une impression d'être rammassés dans cette salle à manger qui ne fait que 3 m de plafond. Le diner est succulent avec des plats cambodgiens, des salades de crevettes, des légumes, du riz, de la viande, des haricots. On boit du vin.

Puis on va boire une tisane et une mirabelle sur la terrasse aménagée sur le toit de la maison. On monte par un petit escalier exterieur et métallique qui débouche en colimacon sur le toit. On s'installe à une table de jardin avec un candélabre à 4 bougies. On a une vue imprenable sur le fleuve. La nuit est douce et calme; C'est le dépaysement total, dire qu'il y a 24h on était encore à paris. J'ai l'impression d'être parti depuis une semaine. Probablement graecirc;ce à la petite brise qui souffle, à mon grand étonement et soulagement les moustiques ne sont pas trop virulents.

Puis on va se coucher. Je me retrouve dans ma chambre géante. Je fais un peu le tour du mobilier et de tous les bibelots qui ornent la pièce. J'ai peur d'en renverser un, mais je suis trop curieux et ils sont trop sympa pour que je m'abstienne. Je joue "Oh when the saints" sur un grand Xelophone en bois courbé. Qu'au début je prends presque pour un tabouret romain.

Dimanche 22 septembre

Je me lève vers 7h30 pour être à 8h au petit déjeuner. Je prends une douche dans la baignoire car je n'arrive pas à la boucher. Dommage car j'aurai bien pris un bain dans cette baignoire particulièrement large.

a coté de la baignoire il y a un grand plateau en pierre rond qui est très décoratif. Je me demande d'où il peut venir.

Je suis accueilli dans le hall voisin de ma chambre par Yves qui me conduit sur la terrasse entre les deux ailes de la maison. Là est dressée la table du petit déjeuner. Une petite table avec une nappe blanche et tout un service à petit déjeuner des plus sophistiqués. Nous sommes sous des arbres magnifiques à coté d'une fontaine qui coule et qui fait écho à la musique classique qui vient du salon. Manifestement Yves est amateur de la musique du 17ème. C'est vraiment royal de petit déjeuner dans une telle ambiance. Qui plus est le petit déjeuner est succulent avec une salade de fruits, des oeufs sur le plat. Qu'Yves, avec sa grande délicatesse, me propose comme quelque chose de possible et facultatif, alors que je réalise après que la servante a déjà l'assiette toute prête à me servir dans la main. Enfin un yoghourt au lichi, et des croissants. Bref la totale.

On profite aussi de la musique des voisins qui ne tarde pas à la brancher. Ce doit être particulièrement fort chez eux car on l'entend très bien alors qu'il parait que la maison n'est qu'à 300 ou 400m. Yves nous raconte qu'ils font souvent de la surenchère ses voisins et lui. C'est à celui qui mettra la musique le plus fort. Et souvent on entend la musique des voisins de gauche, celle des voisins de droite plus la sienne. En l'occurence il parait que c'est une musique funèbre car une personne de la famille voisine a d– mourir et c'est leur facon de publier cela en mettant des musiques de deuil à fond toute la journée pendant plusieurs jours.

Après le petit déjeuner, je vais avec Isabelle au bord du fleuve par la pelouse qui descend jusqqu'à la rive. Malheureusement au bord de l'eau il y a une grille pour éviter que le terrain ne soit envahit par les enfants du voisinage et pour éviter que les chiens qui assurent la garde la nuit n'aille trop loin. Même si elle est discrète derrière le rideau d'arbres qui borde le fleuve je trouve cela dommage de ne pas avoir un accès libre à l'eau.

Il commence à faire chaud et la petite allée dallée et couverte de charmilles qui mène de la villa au fleuve ne doit pas être que esthétique mais aussi pratique les jours de grosse chaleur.

On prend le 4x4 rouge avec Laurent et Yves. On passe chercher Pierre chez lui qui nous guettait à la fenêtre. On repasse donc dans sa rue cahotante.

En sortant de Pnom-Penh on s'arrète dans le village où habite la famille de Laurent. Car j'ai manifesté le désir de voir de près une de ces maisons cambodgiennes sur pilotis. Du coup on s'arrète chez lui où vivent ses parents et frères et soeurs. C'est une grande maison manifestement la famille est aisée. Laurent est tout fier de nous en faire les honneurs.

On se tient en général en dessous de la maison, qu isert de salon et de salle à manger. On est là à l'ombre et à l'abri de la pluie. Ici les pilotis sont en ciment mais ils peuvent être en bois ou en bambou. On monte dans la maison qui ne comprend qu'une grande pièce avec plusieurs compartiments plus ou moins isolés. Laurent nous montre les photos qui sont affichées au mur. Notamment on le voit en compagnie de quelques stars locales, d–es à l'époque où il travaillait pour un journal style Paris Match et qu'il avait donc l'occasion de les cotoyer.

Il n'est pas franchement bavard ce Laurent, mais il semble avoir une personnalité bien trempée. Yves m'a raconté qu'il avait vécu la période des Kmeres Rouges et qu'à l'époque entre 75 et 79 il avait été affecté malgré son age de 5 ans au transport de pierres sur des chantiers.

On reprend la route et on fait environ 70km à l'exterieur de la ville, pour arriver jusqu'à un temple. Qui est situé au sommet d'un pnom c'est à dire d'une colline. C'est assez étonnant car c'est la seule colline qui domine un paysage tout plat, couvert de rizières aussi loin que porte le regard.

On gare la voiture sur un parking, où il y a déjà une dizaine de voitures de promeneurs, alors qu'il parait que la semaine dernière il n'y en avait aucune On marche sous un soleil de plomb. On fait le tour de la colline pour aller chercher un escalier qui monte au sommet. Il y a un escalier moderne devant et l'escalier ancien qui est partiellement ruiné et qui se trouve de l'autre coté. On marche un peu dans les broussailles le long d'un sentier.

A un moment on fait une pause sous un arbre et Yves en profite pour s'éclipser. Il revient alors que l'on commencait à se demander ce qu'il faisait Il nous explique qu'il est parti en courant voir un petit temple que l'on peut voir au loin en contrebas plus vers les marécages. Il nous dit que comme les gens d'ici ne sont plutôt paresseux il profite de ce qu'il est avec nous pour faire des marches pou lesquelles autrement il ne trouverait personne pour l'accompagner.

Cettecolline sappelle Pnom Sigor parait il.

Pnom-Sigor

On fait donc le demi tour de la colline pour arriver au pied de l'ancien escalier. On monte en haut. Effectivement il n'est pas facile à monter avec pas mal de marches cassées et irrégulières. Je plains Yves qui porte avec un des gamins qui se sont attachés à nous la glacière avec notre pique-nique. On arrive en haut passablement transpirant. Heureusement il y a un peu d'air. Sur le somet de cette colline qui domine la plaine plate, on trouve un temple.

Entouré par une enceinte murée, les batiments du temple sont en majeure partie ruinés. On voit des restes de pagodes. Tout cela n'a pas beaucoup d'interêt à monsens. Mais c'est vrai que la situation est charmante.

A coté de l'ancien temple s'élève une pagode moderne en béton. On y rentre avec Pierre. Il faut se déchausser à l'entrée. On va s'asseoir en face des bonzes qui nous font signe de nous approcher. Mais on engage pas vraiment de dialogue avec eux;

Entretemps on avait pique-niqué sur des petits tabourets disposés autour d'une nappe apportée par Yves. Avec un saucisson excellent, des tomates, du pain, des oeufs durs de canard, qui ont le même go–t que les oeufs de poule. Et puis les deux bouteilles de Bordeaux que j'avais apporté pour Yves de Paris. J'en avais deux autres que j'ai offertes hier soir à Pierre. Du coup avec les bidons de cire ma valise était asez lourde : 18kg. Ici on a pas vraiment envie de vin vu la chaleur qu'il fait, et les glacons qu'Yves met dedans sont les bienvenus. On termine par des petites tartelettes au flanc faites maison qui sont excellentes. On est assez bien ainsi installés à l'ombre d'un arbre avec la vue sur la plaine à nos pieds.

Avant de redescendre on refait un petit tour au sommet de cette colline. Il y a quelques maisons derrière la pagode, où doivent habiter les bonzes. Il y a même quelques vaches qui routent tranquillement. Il parait qu'il y a aussi un singe mais on ne le voit pas.

On redescend par l'escalier moderne de devant. Les marches sont plus régulières, soit disant il est plus ombragé, mais en fait il n'y a qu'un seul arbre dans toute la descente. Donc la grosse chaleur persiste.--

En bas on renconte encore toute une bande de gamins qui nous propose de porter nos paquets, qui nous ont proposé de garder notre voiture, etc.

On remonte dans la voiture où il fait très chaud et on roule les fenêtres ouvertes avec l'air conditionné branché. On retourne jusqu'à Pnom-Penh en traversant encore des rizières et des marécages.

On ne s'arrète pas chez Pierre et on va directement chez Yves. Une fois là je manifeste le désir de me baigner et si possible de cocher la case baignade dans le Mécong. Yves n'est pas très chaud car il trouve l'eau sale. Il propose d'abord que nous allions dans la piscine d'un hotel de la ville. Mais on insiste un peu et du coup il se laisse faire. Finalement il décide qe l'on va partir avec son petit bateau pour aller se baigner sur une île au milieu du fleuve où l'eau doit être plus propre.

On va se mettre en maillot pendant que les valets mettent le bateau à l'eau. On monte tous les 5 à bord. C'est une petite barque avec un moteur qui a l'air assez puissant. Au début c'est Laurent qui conduit puis Yves le remplace lorsque la navigation devient plus délicate au bord de l'autre rive.

On traverse le fleuve. Il est vraimen super large et il est hors de question pour moi de voir d'une berge à l'autre. On passe à coté d'une île, qui parait il est assez récente. Car les îles fluctuent en fonction des inondations et des quantités de materiau, notamment de bois, charrié par le fleuve et qui constituent souvent les prémices d'une île.

De l'autre coté on passe par un petit chenal qui nous fait franchir la barrière de végétation qui borde le fleuve; On trouve pas mal de maisons de pécheurs et de paysans sur cette bordure de terre qui emerge; De l'autre coté on débouche sur une grande plaine complètement inondée. D'où emerge seulement quelques têtes d'arbres deci delà. Car on est maintenant à la fin de la saison de la mousson et le fleuve a largement inondé tous les champs environnants.

C'est vraiment magnifique de se balader ainsi en barque seuls dans ces champs de riz sous l'eau. Le soleil qui descend à l'horizon donne une belle lumière qui se reflète dans l'eau. On longe ainsi un bon bout de la bande de terre qui nous sépare du fleuve lui même. On voit encore des maisons de paysans qui attendent que les eaux redescendent pour retourner aux champs. On repasse par un autre chenal que l'on a un peu de mal à trouver, pour retraverser la bande de terre et revenir dans le cours du fleuve; De là on retourne jusqu'à chez Yves. C'était une parenthèse de calme et de poésie;

Arrivés au débarcadère on poste nos affaires sur la rive, sur un petit banc qui est au bord de l'eau séparée seulement par la grille. Puis on retourne se baigner dans le fleuve. Elle est vraiment très bone. Très marron. A peine a t'on la tête sous l'eau que l'on est dans le noir total. Il y a pas mal de courant et je dois nager vigoureusement pour le remonter. On peut s'accrocher au balcon de la maison des voisins dont les pilotis sont plantés jusque dans le fleuve. Même Yves s'est baigné et il l'a trouve très bonne.

On rentre à la maison prendre une douche. Pierre vient avec moi dans ma chambre.

Puis on se retrouve dans le salon pour l'apéro. Au début l'ambiance est encore un peu figée. Mais soudain Yves débarque avec un jeu de Triviale Poursuite et en jouant l'ambiance s'est considérablement décontractée.

Le diner qui suit est très gai. On a un gigo succulent avec pas mal d'ail.

On papote d'un peu tout. Notamment des temples d'Angkor où nous serons demain.

Yves nous raconte que les asiatiques, quelque soit leur pays ne se font jamais de cadeaux. Les femmes par exemple s'achètent elles même leurs bijoux. Cela ne se fait pas ou ne se faisait pas, car la mode est de singer les occidentaux. Donc cela ne se fait pas d'offrir un cadeau d'anniversaire ou de mariage. Car comme on ne veut pas perdre la face on a pas le droit de se tromper et donc de prendre le risque de faire un cadeau qui ne plait pas. Comme ils n'expriment pas leur sentiments c'est d'autant plus difficile de savoir ce qui leur plait et donc d'autant plus risqué de se tromper.

cadeau :.Yves raccmpagne gentiment Pierre jusqu'au pont qui mène à Pnom-Penh où il devrait pouvoir trouver une moto-taxi. Car ici on est tout de même à 12km de la ville.

Au bout de quelques minutes il téléphone à la maison où nous sommes restés avec Laurent pour lui demander de venir avec l'autre voiture, pour les aider à changer une des roues qui est crevée. Il parait que la roue est pleine de clous. On soupconne que ce sont les gamins au temple de ce matin à qui Yves a refuser le gardiennage de sa voiture;

Pendant que Laurent est parti dépanner, je papote un peu en français avec la cuisinière qui le parle très bien, beaucoup mieux d'ailleurs que Laurent. Après avoir hésité sur la conduite à adopter, je lui donne 10 dolars à partager entre les 5 personnes employées dans la maison. Je la félicite aussi pour sa cuisine qui est très bonne.

Lundi 23 septembre

Laurent m'a passé un réveil car nous devons nous lever à 5h pour aller prendre l'avion de 6h55 pour Angkor. Malheureusement ce réveil emet un bip toutes les heures qui me réveille. Et je n'ose pas l'interrompre dans la crainte de ne pas être réveillé à 5h. Du coup je passe une assez mauvaise nuit. En plus il y a le bruit de la climatisation qui démarre et s'arrète régulièrement. Je me lève vers 5h35. Isabelle surgit dans ma chambre, surprise que je ne sois pas encore montée la réveiller.

Je prends une douche puis on se retrouve dans la salle à manger pour le petit déjeuner. Hier j'avais répondu 5h30 à la cuisinière qui me demandait à quelle heure nous voulions petit déjeuner. Mais cela a été interprété comme l'heure à laquelle il faut commencer à le préparer, donc on attend de précieuses minutes que le couvert s'installe. Yves s'est réveillé et nous fait les honneurs du petit déjeuner.

Pierre arrive à 6h comme convenu avec un taxi qui va nous emmener à l'aéroport. On dit au revoir à Yves et on monte tous les trois dans le taxi. J'ai hésité à laisser ma grosse valise rouge à Pierre puisque nous repasserons par Pnomh-Penh mais finalement je l'emmène.

Le taxi est une de ces voitures avec conduite à droite. Jo‰l nous a expliqué qu'elles ne valaient presque plus rien car on a officiellement pas le droit de les revendre. Elles font donc l'objet d'un trafic bon marché en contrebande de la Tha‹lande, où on conduit à gauche.

Malheureusement nous sommes tombés sur un chauffeur pas pressé et en plus il y a pas mal de circulation. Il y a même un embouteillage à un croisement en ville car pour aller de chez Yves à l'aéroport il faut retraverser une partie de la ville. Heureusement que Pierre veille car le chauffeur semble tellement bien connaitre la ville que cela n'aurait tenu qu'à lui il serait retourné à son point de départ l'hotel Cambodgiana pour aller de là à l'aéroport. Car il ne semble connaître que les radiales par rapport à son origine.

Tout cela nous amène à l'aéroport vers 6h45 pour un vol prévu à 6h55. On se précipite, mais malheureusement Pierre qui connait l'aéroport a préféré rester avec son taxi. Et le temps que nous cherchions notre chemin dans l'aérogare, que nous fassions passer nos bagages dans le detecteur, nous arrivons un peu hésitants à un comptoir ne sachant pas comment se passe l'enregistrement. Du coup nous heurtons à une hotesse qui nous dit qu'il est trop tard, que les portes de l'avion sont fermées. Le temps que nous discutions avec celle ci puis avec un autre qui fait autant barrage l'avion part effectivement. Les deux avions d'ailleurs. Car il y a deux appareils qui font la rotation avec Angkor et qui partent à 5mn d'intervalle. Il est probable que des personnes du pays ou plus determinées que nous auraient réussi à s'embarquer. Car si le premier appareil avait bien ses portes fermées et les hélices en route quand on est arrivé, le deuxième semblait tout à fait ratrappable, là à portée de main garé à quelques mètres de l'aérogare;

Bref on doit attendre bétement deux heures dans cet aéroport vide à 7h du matin. On va se réfugier dans le bar aux bières à 1 dollar. On y commande un Coca. On lit un peu le guide, on téléphone à Pierre pour qu'éventuellement il tente de prévenir le chauffeur qui devait nous attendre à l'arrivée à Angkor.

A 9h on retourne dans la salle d'embarquement. On repasse nos bagages dans le detecteur. On paie 10 dollars de taxe d'aéroport chacun, on enregistre, puis on monte dans l'un de ces 2 petits avions à hélices ATR72, de fabrication française. Il y a carrément un minibus qui nous emmène jusqu'à l'appareil alors qu'il n'est qu'à quelques mètres.

Dans l'avion on est assis par rangée de 2 fois 2 fauteuls. J'essaie de dormir pour ratrapper ma mauvaise nuit, mais comme je n'y parviens pas je bouquine mon bouquin en braille sur la fiscalité. On nous propose un thé et une petite brioche.

Angkor

Après moins d'une heure de vol on aterrit à Angkor. Dans la petite aérogare on trouve notre chauffeur qui nous attend fidèlement avec une petite pancarte "Nivard". J'étais inquiet à tort et il a bien attendu l'avion suivant. Il faut dire qu'il a besoin du voiture qu'on lui remet pour se faire payer, à l'agence de tourisme qui l'emploie. Notre chauffeur s'appelle Tsing qui veut dire "nouveau". Il est d'origine chinoise. Il nous conduit dans une Toyota climatisée. Et c'est bien agréable d'avoir un havre d'air frais, car ici la température est encore plus chaude qu'à Pnomh-Penh.

On arrive à l'hotel Angkor Village qui est magnifique : des petits bungalows en bois sur pilotis au milieu d'une végétation abondante.

hotel d'Angkor Village On pose nos affaires dans un petit bungalow très mignon, avec un ventilateur au plafond un mobilier bien choisi et une petite salle de douche. La chambre done d'un coté sur un balcon qui court le long de toutes les chambres et de l'autre coté porte sur les escaliers qui desservent les bungalow et qui sont en clairvoies.

La reception se tient sous une galerie en bois et le restaurant est lui aussi à l'exteireur, sous une autre aile de la galerie légèrement en contrebas.

On reprend la voiture et on demande à notre chauffeur suivant les conseils de Pierre et d'Yves de nous conduire au temple de Taprom

temple de Taprom Alors que les 80 ou 100 temples qui peuplent le site d'Angkor ont été dégagé par les archéologues français à l'époque de la colonie, Taprom est le seul qui a été laissé dans l'état où il était lorsque Henri Moore un français a redécouvert le site, un peu oublié, dans les années 1850. La jungle avait gagné du terrain et envahi voir dévoré les ruines. A certains endroits la végétation est tellement imbriqué dans les pierres que pour dégager les autres temples il a fallu démonter les pierres une par une pour le remonter une fois la végétation otée.

Ce temple de Taprom est parmi les plus grands avec son mur d'enceinte rectangulaire de 600m de large sur 1km de long. Et comme il parait que les kmères n'aimaient pas les espaces vides ces enceintes énormes sont bourrées de batiments, de galeries couvertes et de stelles.

Tous ces temples ont été construits à l'apogée de la civilisation kmère du 10 au 13ème siècle. En fait chacun des rois kmères prétendait être un Roi Dieu et se faisait construire un temple mausolée digne de sa dimension divine. D'où ces chefs d'oeuvre de l'homme. Qui plus est, non seulement la construction de ces temples devaient pomper une bonne partie des ressources humaines et financières de ces rois mégalo, mais il déplacait à chaque fois un peu leur capitale de facon à ce que son temple en soit le centre. Du coup le centre de la ville d'Angkor se déplacait de quelques centaines de mètres à chaque règne. D'où un espace archéologique particulèrement étendu. Mais bien s–r la plupart des maisons n'était pas en dur et il ne subsiste que des ruines des rares batiments en pierre.

Notre chauffeur nous laisse à une des quatre entrées qui perce le mur d'enceinte et nous lui donons rendez vous à la sortie opposée. On a ainsi la possibilité de se balader dans le temple de part en part sans avoir à revenir sur nos pas. On progresse dans les différentes galeries en ruines.

Il reste quelques pièces couvertes, mais en général ce ne sont que des pans de murs. Il nous faut souvent enjamber des éboulis ou des troncs d'arbres qui ont poussé intempestivement.

On avance lentement parmi tous ces batiments disposés sans ordre apparent et de facon très dense, il n'y a que des petites courettes de ci delà pour les séparer et pas vraiment de grande esplanade centrale comme on pourrait s'y attendre.

Nous sommes un peu poursuivis par des petits groupes de trois ou quatre enfants qui s'accrochent à nous en tentant de nous vendre des rafraichissements ou des souvenirs. On tente de les éviter mais ils nous collent un peu comme des mouches.

Au demeurant ils ont au moins l'utilité de nous indiquer le chemin et de nous éviter parfois de nous enfiler dans un cul de sac. Car les galeries et batiments sont tellements imbriqués, sans ordre ni orientation précise, que plusieurs fois on a recours au soleil pour s'orienter et savoir dans quelle direction poursuivre notre progression. Et comme le soleil est au zenith ce n'est pas évident de determiner avec précision de quel coté est la sortie ouest où nous attend notre chauffeur.

C'est vraiment fou de voir la quantité de batiments que comprenait ce temple. Il parait qu'à l'intérieur de cette enceinte pouvaient vivre jusqu'à 12000 personnes attachées à la personne du Roi ou au culte de sa personne divinisée.

Non seulement c'est plein de restes de galeries et de batiments qui se suivent, se croisent et s'imbriquent, mais ces restes sont bourrés de bas-reliefs, de sculptures ou de gravures. Le tout perdu dans une végétation pas aussi envahissante que ce à quoi je m'attendai, mais tout de même bien présente. Avec souvent une branche d'arbre qui traverse un pan de mur. Voir un arbre entier dont les racines chevauchent un mur de part et d'autre. Cela rend notre progression assez lente et fatiguante, car il fait chaud, il faut sans arrêt enjamber des racines ou des murets, monter descendre des marches, tourner et zig-zager dans les ruines.

Il y a très peu de touristes. On voit quelques touristes cambodgiens mais aucun occidental. Il faut dire que c'est la saison basse. Mais je crois que même en saison haute il n'y a pas grand monde car tant qu'il restera des portions du Cambodge encore bourrées de mines antipersonnel, les tours operators risquent d'être assez frileux sur ce genre de destination.

On sort du méli-mélo de batiments pour emprunter une large allée sableuse qui longe le mur d'enceinte sud et mène à la porte ouest. L'allée est si large et sans obstacle que là on rencontre des indigènes qui se déplacent en vélo. Manifestement il y a pas mal de cambodgiens qui vivent sur place. On voit des petits baraquements le long de cette allée, qui doivent abriter notamment les vendeurs de souvenirs.

On retrouve notre voiture. Et on s'installe avec plaisir dans l'air conditionné pour les 10mn qui nous sépare du temple de Takéo que nous avons décidé de visiter en deuxième. temple de Takéo

temple de Takéo

Ce temple de Takéo est sensiblement différent car il est construit sur une colline. Il utilise cette colline pour avoir plusieurs plate-formes superposées. avec au sommet 5 petits temples placés en quinquonce. On escalade les trois plate-formes qui sont séparées par des volées de marches assez étroites et hautes, style marches de pyramides mexicaines.

Sur la plate forme supérieure il y a donc 5 temples un au milieu et 1 à chaque point cardinal. On monte encore la volée de marches qui permet d'accèder à l'un d'eux.

A l'intérieur du temple une simple pièce carrée avec une ouverture sur chacun des quatre cotés.

Ici donc une architecture et une conception très simple et logique qui contraste avec l'enchevètrement de Taprom. Mais toujours beaucoup de bas-reliefs et de gravures. Les montants de porte sont ciselés au point que j'ai l'impression lorsque j'y passe la main de toucher des montants de boiseries, tellement les lignes sculptées sont fines. Il y a là des siècles-hommes de travail.

Il y a là un groupe de jeunes filles cambodgiennes assez mignonnes qui nous suivent gentiment sans chercher à absolument nous vendre quelque chose. L'une d'entre elles m'aide à redescendre les marches étroites des différentes plates formes en me guidant par la main. On redescend prudemment marche par marche car les plate formes de plus en plus étroites son bien séparées par une dizaine de mètres de hauteur. C'est comme une grosse pièce montée.

Arrivés en bas on se retrouve dans la grande clairière qui a été dégagée autour du temple. La forêt tropicale ne reprend ses droits que quelques dizaines de mètres plus loin.

On offre 500 riehls aux jeunes filles qui nous ont gentiment accompagner et m'ont aider. Sachant qu'il faut 2700 riehls cambodgiens pour faire 1 dollar US.

riehl

On reprend la voiture qui nous ramène à l'hotel Angkor Village où on déjeune. C'est vraiment charmant, on est sous une véranda plongés dans un décor de végétation et de fleurs. Il y a un petit jet d'eau qui coule à coté de nous et apporte sa petite musique qui se mèle à celle des coqs voisins. Il fait bon notamment graecirc;ce à un petit ventilateur que les serveuses très prévenantes allument et orientent vers nous à peine sommes nous installés à table. Ces serveuses sont des jeunes files qui étudient le français, dans leur petite tenu jaune elles sont vraiment charmantes, toutes douces, accourant à notre moindre désir. La patrone aussi est très sympa et parle très bien français.

On prend une soupe au bambou un peu bizarre mais bonne, des tomates frites bonnes et un plat au gingembre et à l'ail vraiment excellent. Tout cela nous est servi dans des petits plats individuels.

On fait une petite sieste à l'ombre dans notre bungalow, on se fait réveiller au bout de 45mn. Je prends une petite douche avant que l'on reparte. La douche est un peu compliquée et j'ai un peu du mal à trouver comment on démarre le chauffe eau qui a différentes manettes. A vrai dire on a pas vraiment besoin d'eau chaude, mais cela doit poser le standing de l'hotel.

On demande à nnotre chauffeur de nous amener à l'ancien marché, car parait il le nouveau marché est beaucoup plus sale. En tout cas j'appréhendai un ancien marché désormais reconverti en marché à touristes mais pas du tout cela reste un marché typique avec très peu de touristes et une clientèle locale qui se balade entre les étalages répartis en quartier : les poissonniers, les bouchers, les marchandes de légumes, ... Il y a tout une rangée de femmes avec leurs légumes étalés au sol qui est typique. A cette heure creuse il n'y a que le quartier des poissons qui est animé avec toute une agitation de persones qui coupent tranchent et vendent les poissons. Evidemment cela sent pas bon. Le quartier des bouchers ne sent pas trop mauvais et est plutôt propre.

Il y a toute sorte d'étalage, certains sous des auvents avec un toit en plastique dégueulasse, style sac poubelle, d'autres avec un toit en tole, certains sous un parasol et d'autres simplement en plein air sans abri pour la pluie. Il y a aussi certains quartiers qui sont sous la halle.

Dans le quartier des vétements on fouille un peu à la recherche de quelque acquisition à faire. On s'achète des foulards kmères. Foulard traditionnel que porte de nombreuses personnes ici. Et d'où est issu le nom de kmères rouges car ils en portaient un rouge.

foulard kmère

Isabelle s'achète un paquet de cigarettes. Ici le paquet vaut 1 dollar ! Et encore le marchand a d– nous faire le prix pour touristes.

En face de la sortie du marché il y a des batiments assez jolis avec des boutiques sous des galeries au rez de chaussée et un étage avec de jolies fenêtres carrées au premier. Les boutiques sont fermées à cette heure là. Ici il semble que l'on respecte la tradition de la sieste pendant les heures chaudes. D'ailleurs il n'y avait pas beaucoup de chalands dans le marché.

On reprend la voiture qui nous emmène au temple d'Angkor Vat. Ici ce temple a été délibérément construit à l'écart de la capitale pour constituer un centre religieux à part. On s'éloigne donc de quelques centaines de mètres des autres temples.

temple d'Angkor Vat

Ce temple est immense lui aussi. Il est concu cette fois sur une base et avec des proportions très logiques et symétriques et régulières. Le Roi qui s'est fait construire cela devait être franchement mégalo.

Tout est conçu en grand, à commencer par la douve qui précède le temple, elle est large de 200m ! Elle délimite l'enceinte sacrée du Temple domaine du Roi-Dieu.

En fait avant cette douve il y avait un petit mur d'enceinte. On traverse la douve sur une digue qui mène à une première esplanade.

On arrive à une deuxième enceinte ouverte par une énorme poterne toute sculptée et décorée. Une fois franchie cette porte donne accès à une autre grande esplanade d'au moins 200m. Au bout de laquelle on accède à une première plate-forme par un escalier.

On arrive là à une nouvelle enceinte qui comporte une galerie couverte qui fait le tour du temple. On y arrive juste à temps pour être à l'abri d'une grosse averse qui éclate.

Déjà dans cette enceinte tout est sculpté. On déambule dans une galerie couverte de bas-reliefs, de gravures et de murs ciselés. Les fenêtres sont barrées de barreaux en pierre qui sont taillés comme si c'était du bois. Cela me fait penser aux barreaux de la rampe d'escalier à Méry. On fait toute la galerie sur deux cotés. De ses fenêtres d'angle on a une belle vue sur les environs.

On arrive à l'arrière du temple où on emprunte les escaliers assez raides qui accèdent jusqu'à la plate forme du sommet. Comme les marches sont mouillées et les escaliers raides on hésite un peu à monter la dernière plate-forme et on se demande comment on la redescendra. C'est tellement raide que l'on a même du mal à monter les dernières marches. Elles deviennent de plus en plus hautes, étroites et cassées. Je commence même à avoir la trouille et je suis content qu'il y ait des jeunes touristes cambodgiens au sommet pour nous tendre la main et nous aider à gravir ces dernières marches.

Nous sommes au 3ème niveau. Qui est plus étroit. Au centre il y a un sanctuaire qui est fermé et entouré de facon symétrique par 4 chapelles qui jouxtent ce centre et qui contiennent des statues de Bouddha couché.

On voit que le site a été largement pillé et notamment c'est très triste de voir toutes les statues qui ornent les galeries circulaires ainsi que les 4 galeries qui mènent à ces 4 chapelles centrales, décapitées. En effet plus aucune statue n'a gardé sa tête. Mais à leur pieds on trouve des batons d'encens qui témoigne qu'elles font malgré cela l'objet de culte de la part des cambodgiens.

On redescend de cet endroit extraordinaire par la face avant où les escaliers sont plus praticables. Mais là on est géné par tout un spectacle de jeunes danseurs qui se produisent au pied d'un des escaliers et qui font l'objet d'un atrouppement de touristes cambodgiens au point que l'escalier est bloqué par des spectacteurs qui l'on pris comme gradins. Les flashs crépitent autour des danseurs au point que l'on pourrait croire qu'il y a un orage.

On passe par un autre escalier. Partout les murs sont décorés. C'est fou. Si je pose ma main au hasard sur un mur j'ai 9 chances sur 10 de rencontrer un bas-relief ou une pierre ciselée. Et cela sur des kilomètres carrés rien que pour ce temple.

On descend de plate-forme en plate-forme. On retraverse l'esplanade devant le temple puis la douve alors que la nuit tombe. Il fait tout à fait noir lorsque nous retrouvons notre voiture qui nous attend à la sortie.

Notre chauffeur nous dépose à l'hotel. On fait une sieste de 2 bonnes heures avant d'aller diner.

On dine de nouveau sous la véranda de l'hotel. Le diner est encore excellent avec des crevettes manifestement toutes fraiches du lac voisin. Et une soupe de courge farcie. On papote un peu avec la patronne gérante qui parle très bien français. Elle nous explique que l'hotel a été financé et concu par sa soeur et son beau-frère qui sont architectes en France. Lui est d'ailleurs français.

Puis on va se coucher sur le coup de 11h.

Mardi 24 septembre

On se fait réveiller à 6h. Un garcon vient frapper à la porte de notre chambre car les bungalows ne sont même pas équipés de téléphone intérieur. Ce qui contribue à leur charme et leur calme.

On petit déjeune d'une bonne salade de fruitstoujours sous cette véranda verdoyante. Puis je fais un petit tour du balcon qui passe devant les chambres de notre bungalow sur pilotis.

Notre voiture nous attend à 7h. On va visiter le temple du Bayon.

temple Bayon C'est un temple d'un style encore différent de ceux que nous avons vu jusqu'à présent. Ici comme sur les autres on monte sur une plate forme qui domine tout un ensemble de galeries et de batiments. Mais sur le sommet de la plate forme on trouve toute une série de tours couronnée d'une statue géante d'un visage humain. Il y a un de ces visages sculptés qui est taillé au pied d'une des colonnes au lieu d'être au sommet. Ce qui me permet de toucher et de voir l'effet que cela fait. C'est un visage énorme beaucoup plus grand que nature d'environ 1m de haut. Visage souriant très beau. Les traits sont assez fins pour que même moi je distingue très bien le sourire. Il parait que l'on ne connait pas la signification de tous ces visages. On se balade un peu sur cette terrasse entre ces colonnes monumentales.

Il n'est que 8h et on commence déjà à transpirer et à regretter notre douche du matin.

De là on va au Temple Baphuon qui est sous bache pour rénovation et donc on ne peut pas le visiter.

temple Baphuon

Puis on va dans l'enceinte de ce qui est reconnu pour avoir été le Palais Royal d'un des rois Kmères. A l'intérieur il y a le temple de Phimeanakas sur le toit duquel on monte avec l'aide d'enfants. C'est un petit temple par rapport aux autres. Ce devait être une sorte de chapelle privée à l'intérieur du Palais. Mais tout est relatif car ce temple miniature est au moins aussi grand que notre église de la Madeleine à Paris. Il comprend les différentes plates formes superposées. Avec des escaliers escarpés pour y accèder. Toujours un enchevètrément de galeries et de portiques. L'architecture est très symétrique et au sommet un petit sanctuaire. On est monté et descendu par l'escalier de derrière qui est moins défoncé que celui de devant qui donne sur la grande allée du Palais. On croise un couple de touristes occidentaux. Isabelle en a vu quelqu'uns au loin mais dans l'ensemble on ne peut pas dire que l'on soit trop bousculé.

On s'assied un peu au bord de l'allée qui mène du temple à la terrasse des Eléphants. On reste assis à l'ombre sur la margelle d'on ne sait quoi.

temple Phimeanakas

Palais Royal

De là on descend cette allée royale jusqu'à la terrasse des éléphants qui est formée d'une grande esplanade pavée dans enceinte murée, toujours pleine de sculptures et de bas relifs. La terrase est surélevée par rapport au sol, avec des éléphants en haut-relief sculptés dans le socle de la terrasse.

terrasse des éléphants

A coté de la terasse des Eléphants se trouve la terrasse du Roi Lépreux dans le prolongement du palais royal, avec en dessous un dédale en rénovation dans lequel Pierre est allé mais nous n'avons pas osé, franchir les pancartes d'interdiction et passer derrière les baches.

terrasse du Roi Lépreux

On retrouve notre voiture car nous avions fait tout ce parcours à pied. On rentre déjeuner à l'hotel vers 11h30. On est assez fatigués par la chaleur et par cette matinée de marche. On s'allonge pour se reposer quelques minutes, repos qui se transforme en vraie sieste. On se réveille en sursaut vers 1h, alors que nous avons donné rendez vous au chauffeur à 1h30. On va déjeuner rapidemment en renoncant à notre idée d'aller dans un autre restaurant histoire de changer un peu. On reprend encore une douche pour se rafraichir avant de partir, c'est déjà la troisième de la journée: 8h, 11h30 puis maintenant.

On commence l'après midi par la visite du temple Prérup. Le chauffeur nous laisse à une entrée et il nous attend à l'autre bout. On commence la visite par le nord pour terminer par l'ouest. Ce temple ressemble au Taprom sauf qu'il est plus petit et dégagé de la végétation, avec des étais en bois un peu partout. C'est encore une accumulation de galeries, decolonnes et de batiments. et de portiques. On arrête pas d'enjamber des boudins comme les appelle Isabelle pour me prévenir des marches sur les seuils des portiques ou des salles.

Un soldat nous suit pas à pas dans notre visite. Il parait qu'il est là pour protéger les touristes. On a plutôt l'impression qu'il fait cela par sympathie pour nous tellement il a l'air décontracté.

temple Prérup

De là on va voir un dernier temple. Celui du Mébon. En fait le Roi qui est à l'origine de ce temple a éprouvé sa capitale grandissant, le besoin d'avoir un grand bassin d'eau pour servir de reservoir à la ville et à l'irriguation des cultures avoisinantes dont dépendait la capitale. Du coup il n'a pas mégoté et a ordonné que l'on creuse un bassin artificiel de 2km sur 7 avec 3m de fond. Cette énorme pièce d'eau qui a d– monopoliser des milliers de terrassiers était ornée en son centre du temple du Mébon.

Aujourd'hui on ne voit plus l'eau du bassin qui est couvert de rizières. Et le temple émerge d'une nappe de rizières vertes du plus bel effet. Le temple est relativement petit car il ne devait pas peser trop lourd au milieu du bassin d'eau.

Pour une fois nous faisons la visite sans être poursuivis par une bande d'enfants-mouches. On monte en haut du temple sur la plate forme supérieure. Puis on redescend sur la plate forme inférieure qui domine de quelques mètres ce qui devait être le bassin. A chacun des quatre angles de cette plate forme inférieure se trouve un éléphant en pierre presque de grandeur nature. On va se reposer quelques minutes à coté de l'un d'eux. Je l'escalade plus ou moins facilement pour m'asseoir à califourchon dessus, malgré la température assez élevée de la pierre chauffée par le soleil. Je respire ici vraiment l'esprit d'Angkor et il règne une athmosphère de calme et de mysticisme apaisante.

temple du Mébon

En rentrant on passe à coté du grand lac Sarasalanque.

lac Sarasalanque

On s'arrète aussi sur la route au bord d'une rizière pour que je puisse toucher les plants et mieux me rendre compte de ce que c'est. On doit entrer dans le champ inondé pour aller toucher ces plants tous verts. Je suis très content de toucher ces brins d'herbes chargées de petits grains, depuis le temps que j'entends parler de rizières. C'est planté dans une espèce de glaise boueuse, qui baigne dans l'eau.

On repasse à l'hotel. Je paie notre note. Les petites serveuses sont toujours aussi gentilles. Je remercie vivement la patronne.

Notre chauffeur nous accompagne à l'aéroport et nous aide très gentiment à porter nos bagages, à confirmer nos billets puis à enregistrer. Il reste avec nous tout le temps jusqu'à ce que l'on rentre en salle d'embarquement. Je le ratrappe par la manche alors qu'il s'en va pour lui glisser un petit pourboire.

Dans l'avion je m'entraine au braille en lisant la notice sur les impots que j'ai apporté de Paris.

Pnomh-Penh

On prend un taxi qui nous emmène à l'hotel Bayon non loin de l'ambassade de France. Hotel pas trop cher où Pierre nous a reservé une chambre à 36 dollars la nuit. En contrepartie de ce prix modique on nous installe dans une chambre en deuxième jour dont la fenêtre donne sur le couloir et avec une climatisation assez bruyante. Mais il y a tout de même une télévision et de toute facon on s'en fiche.

On appelle Pierre qui vient nous rejoinde. En l'attendant on prend une douche dans une salle de bains sans cabine de douche donc passablement inondée après la douche du premier d'entre nous.

hotel Bayon

On monte à trois sur la moto de Pierre pour aller diner. C'est assez rigolo je suis sur le porte bagages, ma foi plutôt bien installé, sauf quand les cahos de la route sont vraiment trop profonds. Pierre nous emmène dans un restaurant chinois non loin de là.

On prend notamment des coquilles Saint Jacques qui sont succulentes. Pierre me fait aussi manger du piment, qui passe asez bien tout du moins au début de son parcours. Le service est très affable et pousse à la consommation. Dès que l'on a un bol ou un verre vide il est rempli d'office.

Pierre nous invite très généreusement. On parle longuement de sa situation ici. Il semble très bien vivre cette transplantation. On a une discussion pour savoir si dans la vie il vaut mieux faire l'édredon ou bien négocier et se faire respecter. Ce qui implique d'aller dans un rapport de forces. Et de là on est plus looin du gagnant et du perdant.

On va prendre un dernier verre au bar de l'hotel; Je prends un gin tonic après avoir pas mal hésité. On papote encore un petit moment avant d'aller se coucher.

On ne dort pas très bien. Isabelle a beaucoup de mal à s'endormir. Elle profite des ébats du couple qui est dans la chambre voisine. Alors que de mon coté je suis réveillé par la chaleur qui règne au milieu de la nuit à cause d'une coupure d'éléctricité qui a interrompu la climatisation.

Mercredi 25 septembre

On est réveillé par l'appel téléphonique de Pierre à 8h55 qui nous annonce qu'il sera un peu en retard sur notre rendez vous de 9h. Cela nous réveille en sursaut mais nous permet de nous préparer et d'être en bas dans la salle à manger de l'hotel lorsqu'il arrive. On petit déjeune d'un croissant et d'un morceau de pain, assez bons. Il y a pas mal de français dans cet hotel d'où probablement la présence de croissants.

On remonte à trois sur la moto de Pierre pour aller jusqu'au marché central qui est dans une halle construite par les français. Un batiment assez joli aux proportions vastes avec plusieurs salles en étoile autour d'une rotonde au plafond vitré.

On se promène parmi les stands. Isabelle achète une paire de lunettes de soleil. J'hésite à acheter un dictaphone mais je n'ai pas de modèle de cassettes et je ne suis pas s–r que celui qui m'est proposé utilise bien les cassettes de taille standard.

Pendant que l'on déambule dans les allées du marché Pierre recoit plusieurs appels sur son téléphone portable. Notamment un de Yves alors que l'on était encore sur la moto en direction du marché. Il y a aussi un autre appel qui l'oblige à concéder un rendez vous à 11h à son bureau.

Du coup on reprend la moto et Pierre nous dépose devant le musée de Pnom-Penh avant d'aller à son rendez vous. On se fixe rendez vous dans un bistrot pas loin de là à 12h30.

musée de Pnom-Penh

Au début je suis un peu décu car j'aurai préféré aller visiter le musée du génocide. Mais finalement ce musée s'avère plutôt sympa. Au début c'est une série de vitrines donc pas très interessantes pour moi. Mais après on voit pas mal de statues. Qui sont réparties dans les quatre ailes qui forment le musée autour d'une cour centrale.

Au milieu de cette cour se trouve une belle statue du Roi Lépreux. Avec quatre petits bassins autour. Les batiments sont dans un beau grès rose, qui donne une belle allure à l'ensemble.

Nous faisons le tour de ces quatre ailes qui sont ouvertes sur cette cour et qui constituaient un palais à l'époque coloniale. On voit donc pas mal de statues qu'Isabelle me décrit très gentiment. Il y a aussi des palanquins et du mobilier traditionnel cambodgien.

Comme le musée est desert avec aucun touriste et encore moins de gardien je peux tater tout ce que je veux. Ce qui me permet de me rendre compte à quel point c'est mal entretenu. Il y a une épaisse couche de poussière sur chaque meuble ou statue et même souvent des crottes d'oiseaux.

En ressortant on va faire un petit tour sur les rives du Bassak tout proche.

Bassak C'est un affluent du Mécong et la ville de Pnomh-Penh a été construite à leur confluence. Le Bassak a une particularité rare c'est que pendant 6 mois il coule dans un sens et les 6 autres mois il coule dans l'autre sens. Car comme son cours est pratiquemment plat lorsque le Mécong est haut alors le courant va du Mécong à un lac non loin de là. Et lorsque le Mécong est bas c'est le lac qui se deverse dans le Mécong.

Les rives du Bassak ne sont pas aménagées et il y a une grande pelouse qui descend jusqu'au bord de l'eau où il y a un vague quai et une eau boueuse. Il y a un type qui travaille à arracher les herbes qui poussent dans l'eau pour nettoyer la rive. On voit une pirogue qui démarre pour aller sur la presqu'île en face qui sépare les deux rivières. C'est sur cette presqu'île qu'Yves nous a dit avoir failli acheter un terain pour se construire sa villa. Heureusement qu'il ne l'a pas fait car maintenant c'est surconstruit de vilas et de immeubles modernes.

C'est aussi par là sur la rive où nous sommes que doit se trouver le futur complexe construit par Pierre.

On se balade un peu dans le coin. Isabelle prend des photos pittoresques, notamment un type qui passe avec son cyclopousse chargé de foin. Puis on s'arrète dans une boutique Kodak où elle achète de nouvelles péllicules et fait développer celles qu'elles a déjà finies.

On arrive au restaurant où nous avons rendez vous. Pierre est déjà là. On monte au premier étage. Malheureusement la terrasse du coté avec vue sur le Mécong est pleine et on s'installe sur celle qui est de l'autre coté. On donne sur une cour avec des arbres. On est à l'abri d'une véranda très agréable. On mange des beignets de poulets et une salade de poulet aussi. Avec une assez bonne tarte au citron comme dessert. Le tout arrosé d'un coca. Pierre nous régale encore.

De là on remonte encore à trois sur la moto, pour aller voir un autre marché. Celui ci est plus petit et moins interessant. Avec surtout des tissus et pas de nourriture. On en fait assez vite le tour.

On retourne à l'hotel. On prend une rapide douche, on ferme nos bagages et on paie notre note. On dit au revoir à Pierre en montant dans un taxi qui nous conduit à l'aéroport.

Nous y arrivons en avance. Isabele essaie de négocier un paquet de cigarettes contre ses derniers riehs. Mais comme elle a un peu de mal on va dans le bar d'à coté prendre un coca. Là elle parvient à négocier un paquet de cigarettes. C'est toujours le même bar où nous sommes déjà venus.

On se retrouve bientôt assis dans un Boeing 737 de la Tha‹ pour Bangkok. L'air conditionné y est tellement fort qu'Isabelle demande une couverture à se mettre sur les genoux.

Bangkok

Tha‹lande

En arrivant à Bangkok on a une jolie vue d'avion sur les rizières qui entourent la ville avec le soleil qui se reflète dans leurs eaux. Je me demandai vraiment dans quoi le soleil pouvait se refléter dans ces grandes étendues vertes;

Une fois sorti de l'aérogare on a un peu du mal à trouver un taxi. On se fait balader des limousines aux taxis de banlieue et on commence à être exaspérés de n'y rien comprendre quand un taxi veut bien s'arrète pour nou ramasser dans la contre allée où nous marchions pour revenir une nème fois à notre point de départ. Notre chauffeur se fait engueuler par un flic parcequ'il n'a pas chargé à l'endroit officiel. Mais nous sommes bien content qu'il ait bien voulu nous rendre ce service. Cela l'arrange probablement aussi car il n'a peut-être pas eu à payer le backchich du flic qui régule les départs de taxi. Ce qui expliquerait pourquoi nous nous sommes faits engueulés par un flic furieux de nous voir ramassés en dehors des sentiers battus.

Notre chauffeur a une grosse sono dans son taxi et chante à tue tête Billy Jo‰l. On chante en choeur avec lui "That's my life".

On arrive à Bangkok. On a un peu du mal à trouver la résidence d'Yves car notre chauffeur s'est mis en tête, malgré nos explications, de nous déposer dans un hotel. Qu'il ne trouve pas évidemment. Il finit par comprendre que nous ne cherchons pas un hotel.

Yves descend pour nous aider à porter les bagages. On se retrouve dans son appartement. C'est un immeuble des années 70. Qui devait se vouloir très moderne. Les pièces sont rondes, notamment la salle de bains et la cuisine. La climatisation fait un bruit fou. C'est très haut de plafond. Le salon est double et très vaste avec deux petites alcoves rondes pour les fenêtres. Sur le sol du carrelage et une magnifique peau de tigre. Que je redoute d'abimer en marchant dessus par mégarde.

Yves nous présente sa cuisinière qui travaille pour lui depuis 17 années graecirc;ce à notre beau-frère Bruno. Maintenant Yves lui a acheté sa propre maison pour qu'elle y garde les animaux d'Yves. Elle ne vient qu'exceptionnellement faire la cuisine chez Yves. Ce soir elle a laissé les singes chez elle. Mais elle est venue avec le cacatoès, Coco qui est magnifique. Sauf qu'il fait des trous dans ma serviette en tissu en tentant de la bouffer et il essaie de me chiper mes lunettes.

Elle nous sert un diner excellent avec un soufflé aux fruits de mer puis un hachis parmentier de poisson avec une salade verte. Et un gateau chocolat succulent comme dessert. Le tout arrosé d'un mouton cadet blanc.

L'ami Tha‹ d'Yves, Mok avec qui il habite ici, nous a rejoint. C'est un ancien de la police des narcotiques. Il a monté graecirc;ce à yves son agence de detective privés. C'est un grand costaud très vollubile pas grand chose à voir avec Laurent.

On dort sur des petits matelas posés dans le bout du salon près de la salle de bains, à la place de la peau de tigre. Des matelas de mousse qu'Yves très gentiment a acheté spécialement pour nous accueillir. En fait il y a peu de temps qu'il habite dans cet appartement.

Avant il était dans une autre résidence beaucoup plus luxueuse en terme de services notamment mais trop impersonnelle à son go–t. Et encore avant il avait une grande villa qu'il a vendue puisque maintenant il passe une bonne partie de son temps à Pnomh-Penh.

Jeudi 26 septembre

On se lève à 7h30 pour petit déjeuner avec Yves à 8h. Il prépare tout lui même. Pleins d'attentions délicates il a même été acheté des croissants et du pain. Il prépare aussi une bonne salade de fruits.

On part avec lui à pied pour aller à sa boutique; Comme le trajet est plutôt agréable il le fait souvent à pied. On traverse d'abord un jardin public Qui parait il est le seul de la ville. Avec des pelouses et des grands arbres ombrageux.

puis le quartier des ambasades où il y a pas mal d'arbres. Tout du moins pas mal pour Bangkok.

Il n'est que 9h du matin mais il fait déjà bien chaud. La circulation fait un bruit épouvantable; On sent la pollution des pots d'échapement qui vous étoufe tout de suite. Et pourtant il parait que c'est "le" quartier agréable; On passe devant l'ambasade des Pays-Bas qui a un jardin immense avec un tennis.

Onarrive dans sa boutique qui est installé au deuxième étage d'un building qui parait il a été le premier gratte ciel construit à Bangkok. La boutique s'appelle "Yves Joallier". En fait elle est tout petite. Je suis assez surpris car je m'attendai à un magasin spacieux. Yves m'a dit avoir 60 employés. Mais en fait ici il n'y a que deux assistantes et deux coursiers. Avec deux petits bureaux derrière la boutique dont un pour Yves. Il parait que compte tenu de la circulation infernale une grande partie du commerce se pratique à domicile y compris la vente de bijoux. Donc le gros des affaires se fait en dehors de la boutique avec les coursiers qui vont montrer les catalogues et les échantillons aux clients interesés.

Les bijoux de la boutique sont disposés, faussement en vrac, dans des vitrines sur des pierres de gypse.

Yves téléphone à son copain François Doré qui tient une agence de voyages la Compagnie Générale de Siam. Et qui veut bien nous recevoir pour nous concocter un petit voyage au Laos. Car Yves trouve dommage que nous n'y allions pas malgré les problèmes que nous a évoqué Pierre. Il dit qu'en Tha‹lande il n'y a rien d'aussi beau à voir; Moi je suis ravi et tout excité de pouvoir y aller alors que l'on avait cru devoir y renoncer.

Un coursier d'Yves nous met dans un taxi. On a pas eu le temps d'aller dans une banque changer de l'argent. Donc on paie notre taxi en dollars. Mais cela ne lui pose pas de problèmes et Isabelle a ma grande admiration arrive même à négocier qu'il nous rende de la monnaie en Baat. Alors que moi j'étais prêt à arrondir à 5 dollars.

On est très bien recu par François Doré dans son bureau au premier étage. Il nous concocte un petit périple dans le Laos nord. Avec Louhamprabang et la plaine des jarres. Isabelle est un peu réticente car cela fera pas mal de sauts de puce en avion et donc des dépenses et de la fatigue, mais en même temps elle est tentée. Donc elle se laise faire. François Doré se fait fort de nous obtenir rapidemment des visas pour le Laos. Il nous conseille un tailleur et confirme le conseil de Mok pour les massages au Watpou.

On passe par une banque où on change 200 dollars dun coup. Isabelle est un peu agacée car le préposé, sous pretexte que nous avon sorti nos deux billets de 100 dollars pas en même temps, il a pris deux fois sa commission. D'habitude en voyage c'est moi qui me laisse agacer par ce genre de considérations materielles. Mais je me trouve très décontracté face aux problèmes d'argent dans ce voyage.

On prend un taxi pour aller jusqu'à la maison de la princesse. Cette maison était habitée par un couple princier dans les années 50 et ils ont fait construire dans leur jardin 7 ou 8 petites maisons de style traditionnel tha‹, pour y recevoir leurs amis. Depuis ces maisons sont devenues des musées, où on expose toutes les pièces d'art et de mobilier qu'ils avaient accumulé. Il y a pas mal de meubles assez modernes beaucoup de bouddhas. En fait ce sont surtout les maisons elles mêmes qui sont interessantes. Elles sont toutes sur pilotis, en bois ciré noir. On comprend pourquoi Yves m'a demandé de lui apporter de la cire claire de France. Car effectivement ici ils ne connaissent que la cire noire.

De là on marche jusqu'à la maison de Jim Thomson, qui est une autre maison typique.

maison de Jim Thomson Jim Thomson était un américain qui a vécu à Bangkok dans les années 50 aussi. Il a disparu en Malaisie en 1967 et on a récupéré sa maison avec tout son mobilier. C'est une grande maison au milieu d'un beau jardin plein de végétation. Rien que pour ca cela vaut la peine vu le contexte de la ville environnante. La maison est aussi en bois ciré de noir. A l'intérieur au rez de chaussée on voit des tableaux et des objets sans beaucoup d'interêt. On doit se mettre pieds nus pour monter au premier étage. Là haut on voit des pièces avec un mobilier sympa. Tout y est encore en ordre habitable il ne manque que le bouquet de fleurs. Le cadre est vraiment sympa et cela devait être très agréable d'habiter ici. Ce qui est étonnant c'est qu'il n'y a pas de moustiquiaires aux fenêtres; Alors que Yves nous a raconté que dans ce pays ils sont très sensibles aux moustiques.

En sortant Isabelle est un peu fatiguée et se reposerait volontiers avant d'aller au Palais Royal, mais je plaide que l'on ne sait pas à quelle heure cela ferme et qu'il vaut donc mieux y aller directement quitte à se reposer là bas. En effet lorsque l'on descend de notre taxi à 15h45 devant le palais royal on nous annonce à l'entrée que cela fermait à 15h30.

palais royal On a tous les deux piquer un petit roupillon dans le taxi.

On est un peu décu de ne pas pouvoir entrer au Palais Royal. On en fait le tour pour aller au Watpou qui se trouve derrière.

Watpou En faisant le tour on rencontre un touriste allemand isolé qui sort du palais royal et qui nous dit que ce n'était pas génial. Au watpou on paie 20 baat pour entrer. On fait un tour à l'intérieur avec notre copain allemand. Le watpou c'est une grande enceinte qui contient différents temples et toute une industrie qui tourne autour du sacré, des astrologues, des masseurs et des écoles de massages.

Dans un des temples se trouve un bouddha couché géant qui fait 46 mètres de long en platre. Il a été doré à la feuille. Il n'a pas beaucoup d'interêt mais ce coté géant attire de nombreux touristes.

On a envie de se faire masser. Aussi après avoir un peu hésité sur une école de massage voisine. On pénètre sous la véranda qui l'abrite. On se fait masser chacun par une femme. On a demander un massage dou, mais en fait je crois que l'on a tous le même massage. Cela nous co–te 100 baats pour une demi-heure. Soit 4 dollars car 25 baat font un dollar.

baat Cela ne me fait pas grand chose et je trouve cela même presque long. Mais enfin il faut bien cocher la case massage à Bangkok. Ceci dit c'est vrai que lorsque elle me masse le dos avant de le faire craquer je m'abandonne un peu. Elle fait craquer aussi les 20 doigts. Elle passe pas mal de temps sur mes jambes. Et c'est vrai que lorsque elle est à genoux entre mes jambes en train de me masser le haut des cuisses on imagine volontiers que cela puisse déraper. D'ailleurs Yves nous a raconté que c'était assez naturel chez les tha‹landais de finir un massage en beauté. Et ce sont les touristes qui focalisent sur cette fin sans voir l'évolution globale de l'exercice.

De là on marche jusqu'au bord du fleuve. Où on veut prendre un bateau-taxi pour aller à l'hotel Oriental. On ne prend pas un des petits bateaux en bois qui marquent tous les arrêts. On nous fait monter dans un gros bateau métallique un express pour l'Oriental parait il. C'est assez amusant le bateau est plutôt bringebalant. Il faut sauter dessus en marche car il ne marque pas complètement les arrêts. Il y a un type qui use d'un sifflet strident pour guider dans ses manoeuvres d'abordage le conducteur qui est lui même complètement à l'avant. Les passagers se croisent en sautant sur le ponton. C'est assez amusant de voir cette nouvelle facette de la ville vu de la rivière. On voit des gratte ciels un peu partout. Il parait que c'est cela ce qui est spécifique à Bangkok c'est qu'il n'y a pas des quartiers pauvres avec des bidonvilles et d'autres quartiers riches. Ici tout est mélangé on trouve des bicoques délabrées adossées aux building les plus modernes. On entend aussi le bourdonnement de cette ville extremement bruyante.

Ce qui est le plus fou c'est de voir cette circulation automobile, avec ces autoroutes à 8 voies au milieu de la ville qui passent en autopont au dessus des vieux quartiers et des anciens canaux. Comme dit Yves le seul avantage de ces autoroutes c'est qu'elles procurent de l'ombre. Mais qu'est ce que c'est bruyant, en se balladant ce matin Isabelle et moi on devait hausser le ton pour s'entendre bien que côte à côte sur le trottoir. D'ailleurs il y a très peu de piétons, tout le monde se balade en voiture particulières, car il n'y a pratiquemment pas non plus de transport en commun.

Du bateau on voit donc des styles d'architecture très différents et l'urbanisme est manifestement incohérent si ce n'est sauvage.

Arrivés à l'arrêt de l'hotel Oriental, on marche un peu dans le quartier. Le coin a d– être partiellement inondé car on doit franchir une zone d'eau en marchant sur des planches et des sacs de ciment pour rejoindre la partie non inondée de la berge.

En marchant un peu au hasard on passe justement dvant le tailleur conseillé par François Dorré. On rentre pour regarder les tissus, cela semble effectivement interessant. Nous repasserons demain pour faire mon choix. Malheureusement pour Isabelle il ne fait que tailleur d'hommes.

On cherche un taxi pour rentrer à la maison, mais comme on ne parvient pas à en trouver on se contente d'un touk-touk.

touk-touk Espèce de scooter aménagé d'une caisse avec deux places assises. Cela semble très amusant mais dans une ville comme Bangkok c'est horrible. D'abord parceque l'on se prend tous les gazs d'échappement, puis parceque l'on a peur. Le chauffeur ne comprend pas ce que vous lui dites, donc on a déjà peur de se faire promener dans toute la ville, et surtout on a peur de passer sous une des voitures entre lesquelles il slalome. Et pour couronner le tout il nous réclame 50 bats ce qui est pratiquemment le prix d'un taxi normal. Alors que nous n'avons même pas eu l'air conditionné qu'offre les taxis. Ce qui somme toute est assez agréable car cela permet de faire une bonne pause entre deux visites.

On rentre à la maison. Yves nous y attend. La douche et le petit verre sont les bienvenus;

Puis on va diner avec son copain Mouk, et un autre copain Jean Morel, conseiller économique auprès du gouvernement de Pnom-Penh. Que l'on avait croisé en entrant dans la boutique d'Yves à Pnom-Penh et qui est de passage à Bangkok.

On va dans un restaurant tha‹landais restaurant Harmonique

restaurant harmonique 22 Charoelkrung 34, 10500 Bangkok téléphone 23-78175 La cuisine y est très bonne avec plein de saveurs d'herbes différentes, des mets épicés et duriz au coco servi dans une noix de coco.

On rentre dans le beau 4x4 de Mouk.

Lorsque je me couche, la pluie qui a menacé en vain toute la journée se déchaine.

Vendredi 27 septembre

On petit déjeune avec Yves. D'un petit pain au chocolat, qui s'avère avoir été fabriqué avec du beurre rance. Mais le croissand aux amandes est bon ainsi que la salade de fruits;

On appelle Pierre sur son portable au Cambodge pour le prévenir que nous serons à Louhangprabang lorsqu'il sera. Puis Yves part à sa boutique; On reste pour ranger un peu nos affaires; On téléphone à François Dorré pour voir dans quelle mesure on peut changer notre programme pour rester une nuit à notre retour à Bangkok afin d'y diner une dernière fois avec yves. Isabelle est d'assez mauvaise humeur car contrariée de voir notre programme changer. Mais elle a toujours sa belle faculté de se calmer facilement; Finalement on restera une nuit de moins à Cossouma‹ et on sera à Bangkok Jeudi au lieu de Mercredi. On appelle Yves pour le prévenir. Il est ok de son coté.

On quitte l'appartement pour aller faire des courses dans un grand magasin pas très loin. le Narai-thand sur Ragdann road

Narai-Thang On parcourt d'abord le rez de chaussée où on achète différents cadeaux: cravates et ombrelle pour Claire.

Puis au sous-sol c'est le royaume des souvenirs de l'artisanat. On claque pas mal de dollars dans des chemises, des calecons, des pyjamas et autres robes de chambre en soie. Tout cela pour faire une provision de cadeaux mais on ne s'oublie pas. Isabelle s'achète d'ailleurs un tailleur qui lui plait bien. On finit par en sortir vers 2h30 un peu fatigués et mon grand sac à dos est bien plein de tous les paquets. On s'est un peu amusé à négocier les prix mais pas trop car cela joue sur 5 francs alors à quoi bon passer une heure de palabre, pour économiser 1 dollar soit 25 baat.

baat

Quand on sort l'orage est sur le point d'éclater avec de gros éclairs qui strient le ciel. On veut aller au palais royal avant qu'il ne ferme à 3h30.

On a du mal à trouver un taxi, alors que la pluie commence à tomber. A chaque fois qu'un s'arrète il nous réclame 200 baats pour la course. Et alors qu'Isabelle tente de négocier ils s'en vont en rompant les pourparlers; On finit par monter dans un taxi sans lui demander son avis, et une fois dedans on négocie notre course pour 100 baats. Il semble que l'on tape un peu bas car il se fait prier pour accepter. Bien que je suis convaincu que les tha‹landais l'aurait pour moins. Il y a tout de même pas mal d'encombrements et on n'arrive qu'à 3h30 devant le palais-royal.

Il est encore temps pour rentrer. Mais à l'entrée on nous demande de mettre un pantalon et une jupe longue. Du coup cela nous fait réfléchir on se dit que l'on aura peu de temps pour visiter et que donc il vaut mieux sauter cette case qui n'est pas touristiquement capitale.

palais-royal

On va à la rivière pour prendre le bateau comme hier. Cette fois ci on tombe sur un bateau encore plus bruyant qu'hier. Avec la pluie qui tombe on s'installe à l'intérieur. On est toujours aussi peu d'occidentaux à bord. C'est vraiment un moyen de locomotion typique local. Le bateau vibre tellement que je sens mes jambes vibrer sous moi.

On remonte donc la rivière en parcourant cet espèce qu'elle forme dans Bangkok. On descend à l'hotel Oriental. C'est à dire que l'on saute à terre, car le bateau ne marque toujours pas d'arrêt réel. Il y a toujours un assistant du pilote qui le guide avec un sifflet strident.

On va chez le tailleur Ah Song Tailor

Ah Song Taylor 1308 New Road 10500 Bangkok téléphone 2337574 près de l'hotel Oriental On n'y passe qu'une demi-heure. Je lui donne mes modèles, Isabelle choisit les tissus et je passe ma commande pour 2 costumes, un pantalon, un bermuda, et 4 chemises; J'ai un peu du mal à négocier un prix de gros; J'arrive tout de même à ramener le tout de 11800 baats à 11000. On prend rendez vous pour venir faire les essais Jeudi prochain lorsque nous serons de retour à Bangkok.

On téléphone de là à François Dorré pour le prévenir que l'on risque avec la circulation d'arriver un peu en retard à son bureau. Effectivement il nous faut presqu'une heure pour traverser la ville en taxi et aller à son agence, tellement c'est bouché. On roupille un peu dans la voiture. Bien qu'Isabelle ait froid à cause du climatiseur, que l'on demande de baisser.

François Dorré nous recoit toujours très aimablement. Tout notre petit package nous attend. La seule surprise, c'est que comme Yves nous l'a présenté comme un de ses amis je n'avais pas trop discuté les prix par discrétion. Et là où j'avais compris que l'on devrait payer 500 dollars de package plus 110 dollars pour l'option plaine des Jarres. Ce qui me semblait pas très cher. En fait on ne sait pas très bien compris car les 500 dollars ne sont que pour la partie Laos du voyage. En tout il me demande presque 2000 dollars. Je paie sans sourciller mais j'ai un peu du mal à l'avaler. Et puis il est dans ma philosophie de ne pas me restreindre pour les vacances; François nous donne gentiment quelques conseils pour notre voyage, avant de nous raccompagner à la porte au rez de chaussée de son agence.

On décide de marcher jusqu'à la maison. A un moment on veut s'arréter pour prendre un pot. Isabelle avise un panneau "club de billard". On rentre dans une cour, on monte au troisième voir quatrième étage d'une maison pour arriver dans une grande salle éclairée par des néons.

Il y a trois immenses tables de billard avec des joueurs autour. Le décor est vraiment dégueulasse. On s'assied sur des banquettes de moleskine crevées. Il y a des cafards partout qui remontent de la poubelle sur les fauteuils et les tables; Il y a des liasses de billets qui sont posées sur la table à coté de nous et qui servent manifestement d'enjeu à une partie. On se fait servir une grosse bière que l'on partage en regardant les joueurs. Tout cela est plutôt sordide, de voir ces gens claquer leur fortune au jeu.

On continue de marcher jusqu'à la maison. On y est seuls lorsque l'on y arrive. Heureusement nous avons la clé. Malgré la nuit qui est tombée on va prendre un bain dans la piscine de la résidence.

On range nos affaires on va laisser ici ma grosse valise rouge, pendant notre escapade au Laos.

Mouk arrive et nous emmène diner dans un restaurant dont la spécialité est le poulet tha‹landais avec du riz collant. C'est assez bon, il y a une bonne ambiance, un peu bruyante, ce sont surtout des habitués parait il.

Mouk nous ramène à la maison. On serait bien sorti prendre un verre, mais il nous dit devoir se lever tôt demain. On papote un peu avec lui, mais il nous quitte sans nous dire bonsoir. D'une facon générale son attitude est un peu arrogante.

Samedi 28 septembre

Je suis réveillé en sursaut par je ne sais quelle sonnerie, peu avant que le réveil que Mouk nous a prété ne se mette lui aussi à sonner. On prend une douche puis un petit déjeuner avec le reste de gateau au chocolat qui me fait saliver depuis la veille mais qui s'avère pas si bon que cela. Complété par un yoghourt et un morceau de pain. On a pas le temps de trouver et de se faire du thé.

On descend dans la rue avec nos bagages où on hèle un taxi. On lui demande de nous conduire à l'aéroport. Il nous fait payer les péages de l'autoroute. Mais au moins à l'arrivée il n'y a que 140 baats au compteur. Ce qui n'est pas trop cher. Il doit trouver d'ailleurs cela pas assez cher car lorsque je lui donne 500 baats pour le payer il tente de ne m'en rendre que 300 et de se garder 60 de pourboire. Du coup on fouille nos poches et on lui trouve les 140 baats qu'on lui doit.

Une fois dans l'aérogare on passe un controle des bagages avant d'enregistrer puis on monte au premier étage boire un jus d'orange assez dégueulasse et un café. On reste là assez longtemps du coup on est presque en retard pour aller à la salle d'embarquement. On a tout juste le temps de regarder le prix des cigarettes à une boutique duty free. J'ai envie d'acheter des piles pour mon walkman alors qu'Isabelle demande à un type où on peut trouver une boutique qui en vend il lui en sort deux de sa poche qu'il lui offre. On descend au sous-sol porte 4, où on arrive à 10h35 pour un décollage prévu à 10h30. On y est attendu avec impatience. Il ne manquait plus que nous pour partir. On nous fait monter dans un mini-bus pour aller jusqu'à l'avion. C'est un Boeing 737.

A bord il y a un steward complètement idiot ou en tout cas complètement affolé par le fait que je sois aveugle. Il ne veut pas que je garde mon sac dans mes jambes, il veut absolument me tenir par la main pour aller jusqu'au toilettes, etc. Comme il nous le dit il s'occupe de nous. C'est vrai qu'au fond c'est son boulot. On nous offre un repas de jambon macédoine pas terrible, cusine congelée industrielle.

Laos

Van Tian

A l'arrivée dans l'aérogare de Van Tian, nous sommes accueillis par No‹, une petite femme correspondante de l'agence de François Doré. Elle est très gentille et parle très bien français. Elle prend en charge toutes nos formalités d'entrée dans le pays. Elle va pour nous aux différents guichets, visa, douane et police pendant que nous attendons tranquillement sur des chaises de la salle d'attente. Elle s'occupe même de procèder à notre enregistrement pour Luhanpraban. Elle reste avec nous pendant les deux heures d'attente avant le départ de notre vol pour Luhanpraban.

Elle nous raconte des tas de choses interessantes sur le Laos. Mais au bout de deux heures je commence à en avoir marre de l'écouter et je commence à somnoler. Heureusement comme elle a été demandé à quel heure part notre avion et qu'on lui a répondu 14h elle nous quitte à 13h55. Alors qu'en fait notrre vol ne part qu'à 14h30. Du coup on a au moins 30mn de tranquillité.

Ici il fait chaud, environ 30ø. Mais au moins il y a moins d'humidité qu'à Bangkok.

Il y a un autre type de l'agence qui est venu nous voir et nous a demandé s'il pouvait nous confier du courrier pour Manilla Vincent et Pour sa famille à Luhanpraban. En discutant un peu avec lui on apprend que c'est un des deux rescapés de l'atentat qui a vu 15 personnes sur les 17 du mini-bus de Claude Vincent, se faire mitrailler.

On s'installe dans un ATR72, avion de fabrication française. On décolle à 14h30, on nous sert juste un biscuit dans l'avion. C'est un appareil à hélices. Avec seulement deux fois deux plaaces dans la largeur. Mais cela respire le récent et le moderne. Rien à voir avec les autres appareils de desserte locale que l'on voit dans le coin et qui sont souvent des avions de fabrication chinoise.

On s'est installé sur la gauche de l'appareil, sur les conseils de François Doré pour avoir la vue lors de la descente sur Louhangprabang mais on est assez déssus car on ne voit pas de choses si extraordinaire. Il y a tout de même un beau paysage avec un survol du Mécong.

Louhangprabang

Une fois à terre, il y a un mini-bus qui nous attend directement presque sur la piste, avant le batiment de l'aérogare.

Il y a deux types qui nous attendent. Je me rebiffe un peu car la première chose qu'il nous dise c'est pour nous demander de l'argent pour les formalités de police. Cela me donne vraiment l'impression d'un racket, alors je ne réagis pas très bien et on ne s'adresse pas beaucoup la parole pendant le trajet qui suit. En fait cela s'avèrera ne pas être les préposés à l'accueil des touristes et c'est pour cela qu'ils ont moins l'habitude de faire des frais. Ils sont tout de même allés gentiment faire nos formalités à notre place.

Ils nous conduisent jusqu'à la vieille ville et notre hotel. La vieille ville se trouve autour d'une petite colline avec à son sommet quelques temples. Pour y accèder ill faut passer un petit pont sur un affluent du Mécong qui nous sépare de la ville moderne que l'on entend vaguement au loin.

A peine arrivés nos deux guides disparaissent, ce qui contribuent à m'en donner une mauvaise image car en principe nous avons payé pour avoir la voiture à disposition pendant une demi-journée.

Pierre nous hèle du balcon du premier étage de l'hotel Villa Princesse Cela fait plaisir de le voir. Il est en train de déjeuner sur le balcon avec son associé Dominique Freche. On monte faire une petite papote avec eux. On a une vue imprenable sur la rue principale de Luhanpraban et on est tout de suite pris dans le charme de la ville, avec cette ambiance paisible. A peine troublée par de très rares automobiles;

Puis on redescend parler dans le hall de l'hotel car Pierre et Dominique y ont rendez vous avec Manilla Vincent, la femme donc de ce français qui s'est fait mitraillé il y a deux semaines. Mais à 5h elle n'est toujours pas là pour un rendez vous en principe à 4h. Du coup on abandonne et on se propose de faire un petit tour à pied de la ville. On passe d'abord devant le palais royal qui est un peu plus loin que notre hotel dans la rue principale. Puis on revient en longeant la berge du Mécong. Ici il est beaucoup moins large qu'à Pnom-Penh. Les rives sont bordées d'arbres très agréables.

Pendant que Dominique et Pierre rentrent à l'hotel nous retournons avec Isabelle devant le palais royal pour monter en haut du Mont Phousi

Mont Phousi C'est cette colline qui forme le centre de la vieille ville. On monte par une série d'escaliers en pierre.

En haut on trouve deux petits temples et les restes d'une vieille mitrailleuse. Qui devait être très bien placée car d'ici on a une vue superbe sur le fleuve et sur la ville. En fait la vieille ville est enchassée dans la presqu'il que forme le Mécong et un de ses affluents. Il y a un beau soleil qui ne va pas tarder à se coucher. Isabelle prend des photos. On n'attend pas le coucher de soleil car de toute facon il sera perdu dans la végétation. On se rend bien compte d'ici du calme qui règne dans cette ville et à quel point elle est petite au moins pour la vieille ville. Car on entend bien au loin le contraste du bruit des grues et des moteurs au loin qui viennent de la ville moderne. Mais qui ne parviennent pas à couvrir le chant des coqs et les cris des enfants de la vieille ville.

On redescend. Nous étions seuls en haut mais nous croisons un couple en redescendant. Une fois en bas Malheureusement le soleil est déjà couché derrière les arbres et ce n'est donc pas propice à prendre des photos dans la rue.

On rentre à l'hotel; un receptionniste nous fait gentiment visiter une des chambres du rez de chaussée du batiment principal. C'était à l'origine une villa qui appartenait à une princesse de la famille royale de Luhanpraban, qui a été exilée par les communistes en 1975. Le propriétaire actuel est un descendant qui est revenu et à p– récupérer la villa pour s'y installer comme hotelier. En fait je ne trouve pas les chambres géniales, hormis le fait qu'elles possèdent un lit king size. Mais c'est surtout le plaisir de dormir dans une vieille maison. Alors que nous sommes nous installés dans l'annexe qui vient d'être construite. Car comme la vieile maison est en rénovation on ne peut pas y dormir. Comme je fais une reflexion sur le grand lit, le type nous dit qu'il y en a à l'annexe et qu'Isabelle et moi on peut en avoir un demain si l'on souhaite.

Puis nous retournons dans notre chambe à l'annexe. Annexe qui en fait est très agréable au milieu de la végétation avec des chambres très bien décorées et très soignées. En plus tout y est encore récent et même la robinetterie fonctionne encore parfaitement. Notre chambre donne sur un balcon au premier étage avec une vue paisible sur la végétation environnante d'où émerge les toits des maisons voisines et les cris des enfants du voisinage. Je papote un peu avec Pierre et Dominique sur les fauteuils en osier qui sont là tandis qu'Isabelle prend sa douche. Puis je vais prendre la mienne. Avant de faire une petite sieste sur mon lit avec mon bouquin.

Puis on retourne dans le hall de l'hotel où on prend un gin tonic en attendant Manilla qui doit diner avec nous. Enfin elle arrive à 8h et on monte diner sur la terrasse de l'hotel qui donne sur la rue principale.

On passe une soirée très agréable avec le calme à peine troublée de temps en temps par une des mobylettes sur lesquels circulent les otoctones. Cette ville est classée patrimoine de l'humanité par l'Unesco. En fait elle ne contient pas de monuments extra-ordinaires. Mais l'ensemble est tellement homogène et preservé que le tout devient extra-ordinaire.

J'ai diné d'une soupe au cresson et d'un poisson à la moutarde. Puis on va se balader dans la ville Isabelle Manilla et moi. Car Pierre et Dominique font leur pépés fatigués. :.Au départ le pretexte de la balade était d'aller manger une glace un peu plus loin dans la ville; Mais en fait quand on arrive au bar visé il est fermé. du coup on rentre en faisant le tour par le Mécong. On se perd un peu et même Manilla doit demander son chemin à un type en mobylette qui passe par là, pour retrouver l'hotel. On est passé à coté du gymnase, où se déroulait une fête avec des couples de jeunes qui dansaient ensemble; On est rentré pour les observer et, sans son deuil, j'aurai bien invité Manilla pour participer à cette fête locale. C'est amusant de voir comment ces jeunes dansent les danses traditionnelles de facon très prudes en bougeant à peine. Et dès que c'est une musique occidentale qui passe à la sono alors ils se déchainent en se trémoussant autant qu'ils peuvent.

On rentre à l'anexe et on quitte Manilla qui dort dans une chambre voisine. On a eu une conversation très riche pendant cette balade, elle nous a beaucoup parlé de son pays et de son mari Claude, qui était plus laos qu'elle. C'est lui le français qui lui corrigeait ses fautes de laos, alors que c'est elle avec son éducation dans des pensionnats de bonnes soeurs en France, qui connaissait mieux notre culture occidentale.

Elle nous raconte aussi qu'ici la philosophie des laos connait peu la frustration. Notamment par rapport à la mort ils ne pleurent pas les disparus. Contrairement au Vietnam où on peut aller jusqu'à embaucher des pleureuses, pour être sur qu'il y ait un minimum de pleureuses et assurer que le mort soit bien accompagné. Là bas c'est le grand véhicule alors qu'ici c'est le bouddhisme du petit véhicule. On n'accompagne pas le mort, on a pas besoin de lui faire de grandes démonstrations d'amour et de frustration. On vit beaucoup plus sereinement, persuadé que ces évênements arrivent lorsqu'ils devaient arriver. Par contre toute la famille vient habiter chez la veuve pendant le temps du deuil, pour la distraire; Et même Manilla qui est plutôt de culture française était contente d'avoir chez elle la présence de tous ces prôches. Ils sont venus habiter chez elle, se débrouillant pour s'installer où ils veulent et pour so'rganiser, afin que ne subisse pas la charge de maitresse de maison.

Manilla nous expose sa vue de la société occidentale qui selon elle a deux vices majeurs: on est de moins en moins responsable. On paie de plus en plus d'impots et on se déresponsabilise avec l'Etat qui se substitue à nous pour assumer ces responsabilités. Du coup on croit que l'on peut se permettre d'utiliser et d'abuser des services publics, des médicaments, de casser les routes et autres équipements. Alors qu'ici ne payant pratiquement pas d'impots, les équipements sont rares et la population est beaucoup plus soigneuse et responsable;

Le deuxième vice selon Manilla c'est que nou avons de plus en plus peur et que nous vivons dans un monde de plus en plus aseptisé. On ne part plus en voyages sans assurances, médicaments. Les aliments ont tous des dates limite de consommation.

Dimanche 29 septembre

On dort assez tard jusqu'à 8h30 alors que l'on avait rendez vous à 8h30 pour le petit déjeuner. On y retrouve Manilla alors que Pierre et Dominique ont déjà fini leur petit déjeuner. Pendant qu'ils vont discuter business on prend juste un petit déjeuner continental avec du pain beurre, confiture.

Pierre, Dominique et Manilla sont censés nous retrouvés ici au restaurant de l'hotel; Mais comme à 10h35 ils ne sont toujours pas là, on finit par s'impatienter et par partir se promener sans eux.

En attendant on a recu la visite d'un type de l'agence de voyages de Manilla qui nous a annoncé que notre vol prévu Mardi pour aller à la plaine des Jarres était annulé. Il nous demande de lui donner nos billets pour qu'il s'occupe de nous trouver un autre vol. Au début je suis un peu méfiant car je n'ai pas compris de qui il s'agissait. Mais il nous explique que c'est lui le guide qui aurait d– venir nous chercher à l'aéroport , mais comme il était en retard il s'était fait remplacer par les deux types peu aimables qui nous ont accueillis; On finit par lui confier nos billets; Il parle très bien français.

On marche dans la rue principale dans la direction oposée de celle du palais royal. De ce coté là les pagodes s'lignent de part et d'autre de la rue. On va vers la pointe de la presque île où le Mécong et son affluent se rejoignent.

On entre sur les parvis et on fait de le tour de certaines pagodes. On voit pas mal de bonzes d'un peu tous les ages, rasés et habillés de jaune-orange. On voit aussi quelques bonzillons très jeunes qui font des stages à la pagode pour y étudier.

On rentre dans certaines pagodes. Il faut se déchausser à l'entrée. Où que l'on entre on est tout de suite dévisagés par tout le monde. Mais de facon plutôt sympathique et engagante. D'ailleurs Isabelle se met à adresser la parole à quelques jeunes bonzes. Mais là manifestement il s'agit d'un impair. Il ne doivent pas parler avec des femmes ou quelque chose comme cela en tout cas à chaque qu'Isabelle essaie ils battent tout de suite en retraite. Alors c'est moi qui prend le relais et leur adresse la parole et là cela semble passer mieux; De toute facon le dialogue ne va pas très loin.

Les pagodes sont plus ou moins grandes. En général avec un escalier exterieur qui mène à la salle principale. Un petit auvent en haut de ces marches. Et à l'intérieur une salle pratiquemment nue avec des tapis et des colonnes. En général aussi le tout est couvert d'un toit assez pentu.

On fait ainsi le tour de l'avenue principale jusqu'à la pointe de la presqu'île, où se trouve un débarcadère qui sert aux processiosn religieuses qui viennent honorer le fleuve. On revient à l'hotel par la rive du Mécong;

A l'hotel pierre nous attend sous la véranda tandis que Dominique dort. Il parait que Manilla à son agence Studitour.

agence Studitour Comme je suis un peu préoccupé par cette histoire de vol annulé et de billets dont nous nous sommes déssaisis, nous allons voir à l'agence de quoi il retourne. On y trouve Manilla en train de discuter avec un de ses responsables locaux. On explique que l'on vient pour nos billets. Puis on attend poliment qu'elle ait fini de parler. Mais elle parle longuement en laos, comme si nous n'étions pas là et lorsqu'enfin elle termine elle s'apprète à partir sans s'occuper de nous. Quel brillant accueil commercial. Je me rappelle tout de même à son bon souvenir et elle finit par s'occuper de nous; On envisage de changer complètement nos plans si on ne trouve pas de vol pour la plaine des Jarres et par exemple de prendre le bateau sur le Mécong jusqu'au nord de la Tha‹lande vers Shengma‹. Mais après vérification il s'avère que si on ne trouve pas de vol direct pour la plaine des jarres Mardi il y un vol via Van Tian avec une correspondance pas trop mauvaise;

On revient à l'hotel où on retrouve Pierre. On part tous ensemble faire une balade vers la grande pagode;

Cette pagode s'appelle Vat-Xieng-Thong et est plus grande que les autres et a deux entrées dont une

pagode Vat-Xieng-Thong qui descend par un grand escalier jusqu'au Mécong. Il faut acheter un ticket pour entrer visiter dans l'enceinte de la pagode; Une fois que l'on en a fait le tour on redescend du petit plateau sur lequel elle a été construite, et on descend par l'escalier dont les dernières marches baignent dans l'eau du fleuve.

On voit un type qui est en train d'y faire sa lessive; Le tout est très paisible et beau à voir.

On se promène encore un peu dans les ruelles en papotant. Et on rentre à l'hotel à midi et demie. On va déjeuner avec Manilla et Dominique dans une guinguette avec un balcon de bois qui donne directement sur le fleuve. Se joint à nous un guide de Studitour qui parle aussi très bien français et qui a fait un stage d'apiculture en France.

On déjeune de rouleaux de printemps, d'une soupe de poisson et d'un poulet au basilic très bon. En guise de pain on a un riz gluant aporté par Manilla. C'est le riz gluant traditionnel, que les laos transportent à leur ceinture emballé dans une écorce de bambou et qui leur sert de casse croute. Il parait que c'est cuit à la vapeur et au feu de bois en étant mélangé à du lait de coco. En tout cas cela lui donne un go–t de sucré et une excellente arôme de fumé. C'est fait avec une autre race de riz que celui que l'on mange d'habitude.

riz gluant

Puis les autres nous quittent pour aller prendre leur avion. AvaAvant de se quitter le guide de Studitour nous négocie un touk-touk pour Isabelle et moi pour aller voir la tombe de Henri Mouhot.

Mouhot Henri

Henri Mouhot est le français qui a redécouvert ou en tout cas refait connaitre le site d'Ankhor. Il est enterré à 8km de Luhangpraban et sa tombe fait un excellent but de balade;

La route est assez cahotante et paradoxalement on va plus vite qu'un 4X4 que l'on double à un moment et on se fait doubler par des mobylettes. C'est vraiment le monde à l'envers.

Le paysage est splendide la route est bordée de nombreux arbres. La végétation n'est pas très exubérante et plutôt tempérée. Deci delà on voit des petites maisons émergées sur le bord du fleuve.

Notre guide arrète son touk-touk dans un virage. Il m'aide à descende un sentier qui longe la rive pour arriver à la tombe de Henri Mouhot. Elle est quelques mètres au dessus du fleuve. Dans la végétation avec une grosse pierre tombale blanche. Une inscription signale qu'il est mort à 35 ans en 1861. Et que ce monument a été offert en 1990 par la ville de Montbelliard dont il était originaire.

Le guide m'aide de nouveau sur le sentier du retour pour passer sous les frondaisons et franchir le petit ruisseau que l'on doit traverser. On reprend donc le touk-touk après avoir un peu plaisanté avec notre chauffeur;

Il reprend une autre route en direction de Luhangpraban qui passe par le village aux écharpes;

Un peu à l'écart de la route principale s'est un petit village qui s'appelle Ban-Phanom et

Ban-Phanom s'est fait une spécialité de vendre des articles d'artisanat. Il y a toute une série de boutiques les unes à coté des autres. On passe une heure à regarder et à négocier nos achats; Il y a notamment un petit marché couvert avec tout autour des etals par terre d'écharpes brodées, de veste et autres sacs brodés. Elles vendent aussi du papier gaufré. On négocie tout pied à pied en passant d'une marchande à l'autre. On obtient les écharpes à 6 dollars pièce alors que l'on avait commencé à 12. Isabelle s'achète aussi un petit chapeau chinois et cherche des paniers en osier qui sont parait il très bien et servent aux porteurs qui les posent sur un fléau sur leurs épaules.

On rentre à Louhangprabang. Sur la route on embarque un type qui paie un petit quelque chose à notre chauffeur pour le service. En arrivant on lui donne 10 dollars, au lieu des 6000 kips convenus. Sachant que 927 kips font un dollar.

kip

Après être repassé dans notre chambre prendre une douche on va faire encore une balade dans la ville. L'ambiance y est décidément très paisible. Les enfants jouent dans la rue, les habitants devisent sur le pas de leur por