Vendredi 31 juillet

Je suis revenu hier soir de trois jours passés en angleterre pour IBM et j'ai retrouvé mon appartement largement occupé. D'abord il y a eu mes amis tchèques Vlastik et Suzanne qui sont là depuis une semaine, puis la soeur de Suzanne avec sa fille. Enfin Catherine que j'heberge aussi pendant ce mois d'aout. Bref il y en a partout et ce matin je dois louvoyer entre les valises, les sacs et les sous-vétements pour rassembler mes affaires et préparer mes bagages;

J'ai un rendez vous avec Stessi une amie de Luz qui va la remplacer comme jeune fille au pair chez moi.

Je vais faire quelques ultimes courses avec l'aide d'Anne de Ternay qui est arrivée entre temps. Elle écoute patiemment Vlastik qui se venge de mon peu de disponibilité à leur égard, en allant jusqu'à lui réciter un de ses po‰mes;

J'ai fait marcher Anne en lui faisant croire que je lui ai posté son passeport et que je suis surpris qu'elle ne l'ait pas recu. Elle garde admirablement son calme, même si pendant quelques minutes le voyage semble compromis pour elle sans passeport.

Je recois quelques appels du bureau, je traite quelques derniers messages éléctroniques. Je m'enerve sur mon ordinateur qui se fait prier pour faire la réplication, et surtout dont soudain, le lecteur de disquettes refuse de marcher.

Enfin je suis prêt, nous sommes à peine en retard et nous appelons un taxi qui nous emmène à Roissy.

On enregistre, on attend en salle d'embarcement, puis on monte dans l'avion à 15h pour un avion qui devait partir à 14h30. Mais on attend encore une heure et demie assis dans la carlingue de ce DC10 avant de décoller. L'intérieur de l'avion est assez vétuste avec des sièges partiellement cassés et un micro qui fait beaucoup de larsen.

On finit par décoller, on nous sert un déjeuner pas trop mauvais. Puis on profite Anne et moi de ce que l'avion n'est pas très plein pour aller s'allonger chacun sur une banquette du milieu avec 4 sièges libres, où je peux faire une bonne sieste jusqu'à ce que l'on nous annonce notre descente sur Ouagadougou C'est la première escale car l'avion continue ensuite sur Bamako.

On traverse trois fois des couches de nuages turbulentes. Au point qu'Anne doit tenir son sac en papier prêt. Même moi à un moment je me sens légérement barbouillé. Ce qui et très drole bien sur ce sont les cris des passagers lorsque l'on est secoué.

Bourkinafasso

Avant d'être le Bourkinafasso ce pays s'appelait la Haute-Volta. C'est le président Sankara qui l'a rebaptisé Bourkinafasso ce qui

Sankara veut dire: pays de l'homme intègre, pour illustrer l'effort d'assainissement qu'il a entrepris.

Ouagadougou

En effet il y a un bel orage et une fois aterri on doit marcher sous la pluie pour aller de l'avion à l'aérogare; Il est 19h30 heure locale, compte tenu de heures de décalage avec Paris. Le vol a duré un peu plus de 5h.

On passe la police où il faut montrer son certificat de vaccination contre la fièvre jaune. Heureusement Anne m'a incité à Paris à l'emporter.

Il parait qu'ici les gens sont assez formalistes et on en a tout de suite la preuve car le policier qui controle mon passeport me demande de lui faire vraiment face pour qu'il puisse bien comparer ma photo avec mon visage.

On retrouve mon beau-frère Bruno près des tapis à bagages; On attend un petit moment les notres. Certaines valises arrivent bien endommagées. On récupère nos sacs et on va prendre la voiture 205 de location de Bruno.

Je suis content de le revoir et il nous conduit à sa maison dont il nous fait les honneurs; Elle est très bien aménagée avec des meubles fonctionnels et confortables; Il a fait faire des lampes en rotin pour éclairer le tout. Il y a trois chambres, une salle de bains, une cuisine et une grande pièce de séjour.

Il a engagé un gardien de nuit Pierre qui ce soir s'abrite dans le garage car il pleut toujours et surtout il fait très froid pour eux par ce temps. Ils portent tous des chandails et des bonnets de laine alors que nous nous sommes en polo !

Avec Anne nous avons convenus d'appeler les noirs des pimouses pour nous autoriser des reflexions sans froisser leur susceptibilité.

Après avoir bu un bissak c'et à dire un jus de fleurs d'ibiscus que Paul prépare lui même. On ressort diner dans un restaurant style maquis. C'est à dire les maquis ce sont les restaurants locaux contrairement aux restaurants qui s'inspirent de culture occidentale. On s'installe donc sur la terrasse du Bar fly Il y a une musique jaz sympa. On prend un guaccamole excellent presque comme une mousse d'avocas, puis je prends un poulet sénégalais. Enfin je termine par une crèpe au citron et au sucre. Graecirc;ce à la température fraiche d'après pluie on est pas trop attaqué par les moustiques.

Bar fly

De là on reprend la voiture de Bruno. A chaque fois il faut donner un pourboire à un gars qui l'a soit disant surveillée. Bruno conduit très prudemment car il y a pas mal de voitures dans cette capitale mais aussi pas mal d'autres véhicules non éclairés et avec la pluie on ne voit pas grand chose.

On arrive en face de chez Bruno dans la villa du conseiller commercial de l'ambassade de France: Jérôme. Il a 27 ans et est très fétard. On papote un peu autour d'un vere de Suze. Puis il nous entraine au casino Anne et moi. Tandis que Bruno en profite pour aller faire une petite sieste.

Le casino est dans le grand hotel de la ville. Le hall est plus éclairé comme un hall de station de métro que comme un hall d'hotel de luxe. Et l'odeur dans les couloirs ressemble aussi plus à celles des gares. Dans le casino lui même. Il y a surtout des noirs bien habillés en costume cravates. L'air est conditionné Il y a ausis quelques libanais qui tiennent parait il le commerce du pays. Jérôme est manifestement un habitué et s'installe à une table de poker. Tandis qu'Anne et moi nous mettons la roulette. Je change 20 000 des 30 000 francs cfa que Bruno m'a passé. C'est à dire que 100 cfa valent 1 franc francais. Contre l'équivalent de ces 200 francs français je me retrouve à la tête d'un capital de jetons qui tient sur pas moins de cinq piles. Au début on joue timidement puis Anne s'échauffe avec nos premiers gains, alors que tous les premiers coups on avait tout perdu. Alors on se met à jouer un peu plus et à tapisser le tapis de jeton. Chaque joueur a des jetons à sa couleur pour pouvoir les reconnaitre Car certains n'hésitent pas à en étaler partout. Il faut dire que l'on aurait tort de se priver vu le prix de la mise minimum à 200 cfa soit 2f là où je la connais à 50f à Monaco.

J'ai tenté de commander un gin tonic mais ils n'ont pas de tonic, ni jus de tomate, seulement du jus d'orange alors je prends une vodka orange.

Bruno nous a rejoint. On essaie en vain de le pousser à jouer; Mais il ne préfère pas car sinon il jouerait tout d'un coup.

On qitte le casino pour aller dan un bar le Cactus il y a une bonne musique de rapp. Pas mal de jeunes noirs immenses qui jouent au billard. Avec un grand bar rond au milieu.

Puis on rentre se coucher vers 2h chez Bruno. On dort avec le ventilateur allumé. Malgré cela j'ai pas mal chaud.

Samedi 1er aout

On se réveille assez tardivement vers 9h. Bruno commencait à s'impatienter un peu. Car il doit partir bientôt travailler. C'est une grosse averse qui tombe sur le toit en tole qui me pousse hors du lit.

On a tout de meme le temps de petit déjeuner ensemble. Il nous présente Paul son cuisinier. Il y a du lait, du beurre et de la baguette et même une confiture de Méry. Ici ils sont tellement francisés que tout le monde mange de la baguette.

Bruno appelle son provider internet pour atrapper ses messages, puis il part travailler. Tandis que Anne et moi on retourne paresser au lit en bouquinant.

Puis je prends une douche et je branche mon ordinateur dans le salon où l'air conditionné est allumé pour rédiger le début de ces notes de voyages.

On profite d'une parenthèse dans la pluie pour aller se promener. On croise pa mal de voitures et de piétons qui louvoient entre les flaques d'eau. Mais on ne va pas très loin car après avoir tourné au coin de la rue on croise Bruno dans sa voiture qui rentre pour déjeuner. On monte dans sa voiture et on revient tous ensemble.

On déjeune sur la terrasse d'une pizza maison et d'un poulet, gratin dauphinois, cuisinés par Paul. Il fait encore très frais graecirc;ce à la pluie qui est tombée ce matin.

On fait une petite sieste. Interrompue par le couturier que Paul est allé chercher et qui va me coudre un ourlet au pantalon de toile que j'ai acheté à New-York et qui n'en a pas encore.

Puis on se réveille et on va à 15h au grand hotel de l'Indépendance, où se trouve le casino. Et où il y a aussi une agence de voyages, qui pourrait nous proposer une excursion dans le pays Dongon. Mais l'agence qui en principe doit ouvrir à 15h reste obstinément fermée malgré une dizaine de minutes d'attente. Alors on reprend la voiure pour aller dans une autre agence où Bruno nous a déjà reservé une première excursion du coté du Bénin. On discute avec William qui est un lyonnais installé ici depuis 3 ans. On essaie de négocier un peu les prix mais on obtient pas grand chose;

On reserve au moins la première excursion. Puis on va se balader dans le grand marché central; Bruno s'est arrété une minute à son bureau au cas où un des consultants avec qui il travaille soit dans le coin, car ce gars est en même temps directeur du marché et aurait donc p– nous trouver un guide dans le marché.

Non pas tant pour nous guider que pour nous éviter d'être sans arrêt alpaguer par les vendeurs de toutes sortes. En effet on est pas mal suivis par des types qui tentent d'attirer notre atention Ils n'ont pas beaucoup de succès auprès de moi ou de Bruno mais Anne a encore des scrupules à les traiter de facon péprisante et leur fait pas mal de sourires qu'ils interprètent de facon encourageante;

On repasse par l'hotel Indépendance pour y acheter un journal avec le programme des cinémas. Et on en profite pour essayer de nouveau l'agence Savanna Tour. Mais c'est encore fermé, bien qu'il y ait de la lumière à l'intérieur.

Dans le journal il ne donne le programme que de des deux grandes salles de la ville Pour avoir le programme des petites salles il faut aller lire l'affiche sur leur porte; Pour les deux grandes salles il propose contrat sur un terroriste ou Amistade. Anne choisit d'aller voir Amistade, du coup on décide d'aller à la séance de 20h30.

On dine avant cela, avec Jérôme que Bruno a invité. On essaie de déboucher une des bouteilles de vin que j'ai apporté de France. Mais après avoir tenté avec deux tire bouchons dont celui de mon canif qui s'est cassé en deux dans le bouchon, on finit par enfoncer le bouchon dans la bouteille.

On part un peu en retard au cinéma. On y arrive alors qu'il y a encore une longue queue pour y entrer.

Dans la salle c'est déjà presque plein. Pendant le film le public manifeste pas mal surtout lorsque les esclaves qui sont jugés sont déclarés libres.

En rentrant on passe chez Jérôme qui sort d'une sieste et commence à se regarder une vidéo. Il nous propose de regarder son film avec lui puis de sortir en ville. Mais on a pas le courage d'attendre insi deux heures que les bars veulent bien se remplire. Donc on rentre chez Bruno boire une dernière bière avant de se coucher.

Dimanche 2 aout

On se réveille vers 10h trop tard pour aller à 9h à la messe à la cathédrale. On petit déjeune sur la terrasse.

Je me mets à lire les revues de presse d'IBM sur mon ordinateur tandis qu'Anne se plonge dans un bouquin. Puis on déjeune toujours sur la terrasse d'un succulent couscous d'agneau que Paul nous a préparé.

Après le déjeuner on prend la voiture pour sortir de la ville et prendre la route goudronnée qui mène vers le Niger au nord.

Au bout de quelques kilomètres en sortant de Ouagadougou on passe un péage où il faut donner son numéro d'immatriculation. Je somnole dans la voiture. Le temps est toujours couvert et relativement frais.

On s'arrète à coté d'un de ses barrages d'eau qui forment des larges reserves de quelques centaines de mètres carrés, qui recueille les eaux de pluie avant que l'eau ne soit pompées pour être envoyés dans d'autres reservoirs et traitée. Ici personne ne joue dans l'eau car c'est trop précieux et en plus elle croupie donc doit receler pas mal de saloperies.

A une vingtaine de kilomètres de Ouaga, on s'arète sur le bord de la route pour aller voir de plus près un de ces villages qui bordent la route;

On traverse l'ancienne route qui était pavée de laterite et qui se déroulait entre deux rangées d'arbres, paralèlement à la route moderne; Puis on traverse un champ de ma‹s encore maigre. On arrive au niveau d'une case en tere séchée avec un toit de paille. En fait les cases sont regroupées par famille. Il y a en général une dizaine de cases dans lesquelles vivent 5 à 8 personnes; Ils doivent vivre essentiellement dehors et même dormir dehors car la case est franchement pas large avec un diamètre d'environ deux mètres. L'ensemble de ces cases en cercle forme une Zaka.

Zaka

On croise une ou deux femmes puis un vieil homme, qui ne parlent pas un mo de français. C'est incroyable on est à quelques kilomètres de la capitale dans un pays où la langue officielle est le français et ils ne savent même pas dire bonjour;

On finit par croiser un des villageois qui semble être le seul à parler français. Il nous explique qu'il était le pharmacien du village. Mais qu'en ce moment il a arrété cette activité; Il est en train de construire une nouvelle case pour sa famille. Dans le village il y a 849 personnes pour 31 familles. Il y a un petit garcon qui s'enfuit en pleurant en voyant nos visages blancs. Le paysan qui parle français nous dit que cela leur donnera pour les trois prochaine années une raison de taquiner l'enfant en le faisant pleurer à chaque fois qu'on le menacera de refaire venir les hommes blancs;

Le paysan nous explique aussi que sa femme est enceinte du deuxième et qu'elle va accoucher en novembre à la maternité qui est de l'autre coté de la route; Elle restera probablement là bas trois jours avant de revenir chez elle.

On voit un petit grenier à mil avec le materiel pour piler et pour sarcler. Le grenier est un peu surelevé sur des rondins de bois pour être à l'abri.

Il y a très peu d'arbres; Et le paysage est assez pauve;

Kaya

On reprend la voiture jusqu'à la ville de Kaya C'est une petite vile assez vaste. Elle est en pleins travaux avec des bulldozers qui doivent goudronner les rues qui ne le sont pas du tout pour l'instant.

On visite un petit centre artisanal où ils vendent des objets en cuir et autres tissus;

Puis on va au bar du Vatican boire une bière. On s'installe dans une fosse en ciment creusée dans la cour du bar et sous un auvent. C'est là parai il qu'ils dansent le Samedi soir. En ce moment c'est plutôt le bar des intelectuels avec quelques jeunes qui lisent ou écrivent. Il y a un feu où des femmes font chauffer de l'eau.

On reprend la voiture pour rentrer à Ouagadougou

Ouagadougou

De retour à la maison, le gardien de nuit Pierre n'est pas là et il téléphone pour dire qu'il est au chevet de sa fille qui est à l'hopital.

On dine dans le salon avec une quiche salade et un poulet haricots verts; Jérôme nous rejoint après le diner.

Il veut aller diner dans un bar mexicain où on prend un cocktail. Je prends un mélange de gin, curacao, ananas, citron qui est très bon. Il passe des vidéos de sport de glisse. C'est au Show bus

Puis on va dans un restaurant le Verdoyant pour prendre une glace; Comme il n'y a plus de place dans le jardin on va à l'intérieur.

Verdoyant

Show bus

Puis on rentre se coucher à la maison

Lundi 3 aout

Bruno nous réveille à 6h30. On petit déjeune avec lui sur la terrasse. Il est déjà en chemise cravate mais a décidé de ne pas mettre de veste aujourd'hui car il souhaite sécher un conseil d'administration avec son ministre de tutelle. Il part vers 7h à son bureau après nous avoir souhaité vivement un bon voyage.

Je pianote sur mon ordinateur pour rédiger mes notes, puis je prends une douche et je prépare mon sac. Peu après 8h le 4x4 de William s'arrète devant la maison. William nous présente Alain qui sera notre guide et nous dit au revoir car contrairement à ce qu'il avait annoncé hier il ne fera pas le voyage avec nous car il doit accompagner un autre groupe;

On part donc dans le 4x4 avec Alain qui est un pimousse très sympa. Le 4x4 n'est pas très moderne avec des vitres qui ne ferment pas complètement et pas d'air conditionné. Mais il ne fait pas trop chaud car le temps est encore couvert.

On roule pendant plusieurs heures sur une route goudronnée. On passe par le village du président de la République;

On s'arrète dans une petite ville pour déjeuner. On va d'abord faire un petit tour dans le marché voisin. Il y a surtout des femmes et des enfants avec étalages de toute sorte. C'est très local et il n'y a vraiment qe des produits en toue petite quantité. Les femmes sont habillées de robes très colorées qui donne au tout une couleur bigarrée sympa.

On déjeune dans la cour du restaurant d'une simple omelette pour moi, arrosée d'une bière de 66cl

On reprend la route encore une paire d'heures; Le paysage devient de plus en plus vert avec des arbres et notamment des baobas deci delà. La saison des pluies est manifestement bénéfique et on voit des champs de ma‹s où les épis sont grands au point de ne laisser voir que le toit des cases qu'ils entourent. Il parait QUE PAR CONTRE CELA NE DURE QUE LE TEMPS DE LA SAISON ET QUE LA sécheresse sévit aussi ici pendant l'hiver;

village Peul

On s'arrète pour voir un village de peul qui est au bord de la route. Les peul appartiennent à une ethnie de nomades éleveurs. Ils mènent leurs troupeaux vers le sud pendant la saison des pluies pour profiter des paturages verts. Ils s'installent à un endroit pendant la moitié de l'année avant de changer de lieu. On en verra pas mal le long des chemins du coté de Kompienga.

Il parait que la langue peul est une des plus anciennes et des plus complexes parmi les langues vivantes; Ils sont réputés pour avoir une culture très riche et ancienne.

peul

Ici ils ont installés un petit village avec quelques cases de paille On voit d'abord des femmes qui sont en train de piler le mil à tour de role. Elle tape avec un pilon de bois dans le mortier qui contient le grain Elles rigolent beaucoup en nous voyant et nous font des sourires. Plusieurs sont torse nu. Elles ne parlent pas du tout français, ni moré. Donc ni Alain ni nous ne pouvons leur parler. Il y a un homme qui s'approche qui au moins lui comprend le moré, la langue des mossi. Alain lui demande pour nous si on peut visiter une des cases et il nous emmène en voir une ou deux.

Elles sont rondes avec des parois et un toit en paille ressées de facon serrée. C'est démontable et transportable à dos d'aecirc;ne pour aller au campement suivant; A l'intérieur il y a un lit c'est à dire un treillis de paille à dix centimètres du sol, il y a quelques instruments de cuisine, et un petit feu qui brule près de l'entrée par où sort la fumée; C'est pas très grand et ils doivent probablement passer le plus clair de leur temps dehors y compris les nuits, bien que l'homme nous dit qu'il y a la place de faire dormir 4 ou 5 personnes; Ils ont aussi des greniers à mil perchés sur un tas de bois.

On repart puis on s'arrète pour faire une pause pipi car Anne aurait bien voulu se retenir jusqu'au bout mais n'y parvient pas; On profite pour cela d'une pause dans la pluie torrentielle qui nous tombe dessus;

On arrive à une petite ville où se situe un embranchement entre les routes qui vont au Togo et au Bénin. Du coup on y trouve un gros poste de douane où s'arrètent les camions. On passe aussi deux ou trois barrages de police avec des policiers qui somnolent sans préter attention à nous lorsqu'ils sont à leur postes car à d'autres endroits il n'y a carrément personne;

On arrive à l' hotel du Kompienga

hotel Kompienga Il y a une vaste piscine qui malheureusement n'est pas très propre car celui qui est censé l'entretenir est parti enterrer un de ses enfants. On est recu gentiment par un noir. Qui nous offre une boisson.

Puis on nous montre notre chambre. On hésite entre un bungalow avec ventilateur et un autre avec air conditionné. Celui avec ventilateur a plus de charme mais il est fait comme une case malgré des murs en béton et il y a des interstices entre le mur et le toit de paille qui doivent très probablement laisser passer un maximum de moustiques. Les lits sont équipés de moustiquiaires mais on préfère prudemment prendre un bungalow avec air conditionné qui a beaucoup moins de charme avec ses murs en préfabriqué.

On passe la fin d'après midi à bouquiner allongé sur mon lit;

Puis on va diner au bord de la piscine à la terrasse du restaurant de l'hotel. Il y a une autre table de quatre touristes. Car nous sommes seulement 6 clients en ce moment. Georges Morel le patron guide vient se présenter à nous; On dine d'une soupe excellente et d'un roti de porc petits pois médiocres; Avec en dessert des crèpes plutôt bonnes; Je bois un fanta cocktail puisqu'il n'hy a que cela comme jus de fruits. On s'est fait installé un serpentin sous notre table. On papote longuemen avant de retourner dans notre chambre;

On rentre se coucher. On dort avec l'air conditionné pas trop fort, au point qu'Anne se réveille au milieu de la nuit pour le mettre plus fort.

Mardi 4 aout

On se réveille vers 8h on va petit déjeuner de lait chaud et de baguette grillée. Le type qui s'occupe de la piscine est revenu aujourd'hui et il est en train de la nettoyer elle reprend une couleur bleue à vue d'oeil. Et il repèche les grenouilles qui s'y étaient jettées.

Georges nous propose d'aller faire une balade à pied dans le village voisin. Heureusement le temps est couvert, il pleuviote même un peu et donc il ne fait pas trop chaud. Le village n'est pas loin. Il parait qu'il y a maintenant 12 000 habitants à Kompienga, alors qu'avant le barrage qui a été construit dans les années 80 il n'y avait presque personne dans le coin. Mais comme la construction du barrage a duré 5 ans, les blancs venus pour la construction on construit aussi des maisons en dur, des écoles et des dispensaires. Et on drainé toute une économie locale; Du coup Kompienga a été déclarée prefecture depuis le 1er janvier 98. Il y a un prefet nommé et on passe devant sa résidence qui est en construction. Il doit aussi y avoir une municipalité mais il faudra attendre les prochaines éléctions municipales pour que le maire soit nommé mais la mairie est déjà construite en attendant;

C'est donc une petite ville en plein développement que nous traversons; Mais cela a encore l'aspect d'un village avec de la végétation au bord des chemins, plus de maisons en terre que de maisons en ciment. Des parcelles cultivées entre les groupes de maisons. Des petites échoppes partout; Très peu de voitures et même peu de mobylettes ils se déplacent surtout à pied ou en vélo.

Georges est connu de tous et dit bonjour à tous. Tout le monde est très aimable et nous adresse le salut. Certains parlent français et engagent la conversation, notamment les saisonniers qui travaillent à l'hotel pendant la saison touristique. On voit le fou du village qui compte tout ce qu'il peut compter. De nombreux enfants viennent nous voir pour qu'on leur serre la main et c'est vraiment très mignon de serrer ces petites menottes;

On peut constater à quel point ce dont nous avait prévenu Bruno, est vrai: dans ces régions ils sont très formels; Non seulement on se dit bonjour mais on se demande toujours comment ca va et très souvent comment va la famille, ou toute autre question rituelle qui attend une réponse aussi rituelle. Au bureau de Bruno il parait qu'ils sappellent par leur titre: monsieur le directeur général, etc. Ce qui ne les empèche pas de se donner des grandes claques dans le dos lorsqu'ils se retrouvent le soir.

On voit la minoterie éléctrique où les femmes viennent faire la queue pour moudre leur mil ou leur ma‹s plutôt que de devoir le piler elles mêmes. Partout on voit que ce sont les femmes qui travaillent aux champs ou dans les échoppes. Les hommes gardent éventuellement les bestiaux et sont surtout au cabaret à palabrer et boire de la bière de mil.

L'ethnie majoritaire ici ce sont les gourmantché et ils sont réputés pour être paresseux, préférer faire travailler leur femmes et se contenter du minimum pour vivre. Ils n'hésitent pas à demander aux blancs de l'aide ou des "prêts" d'argent et roulent dans la pente de l'argent facile.

gourmantché

Georges nous raconte qu'il refuse de donner aux enfants des petits cadeaux, qu'il refuse de préter de l'argent tout cela pour garder des relations saines avec les gens d'ici. Car sous pretexte qu'il est blanc et riche il est très souvent sollicité. Alors il est attentif à ne faire des cadeaux sans être sous la pression d'une demande.

Il nous explique aussi comment les africains ont peu le sens de l'anticipation. Ils vivent le présent et sont incapables d'épargner ou de planifier. Ainsi au début il se faisait prendre par exemple lorsqu'il demandait au barman de l'hotel s'il restait encore des bières en stock, la veille de l'arrivée d'un groupe de touristes; Le barman répond "pas de problème patron il en reste". Et le lendemain il vient dire qu'il n'y en a plus, car il répond qu'il en reste tant qu'il y en a une, incapable d'anticiper le fait qu'il en faudra beaucoup plus.

On rend visite à Rachel la secrétaire saisonnière de l'hotel. Elle est très sympa et a 22 ans. Elle s'est mise cette année à cultiver une parcelle de terrain où elle a planté des arachides; Comme elle gagne déjà un salaire à l'hotel pendant la saison elle a un peu d'argent et s'est payé les services d'un tracteur pendant une heure pour venir labourer son terrain. Cela lui a co–té 1200 cfa.

Elle nous raconte que pour avoir une parcelle de terrain elle est allée voir le chef des terres du village qui chaque année attribue les parcelles à ceux qui en demandent. Ceux qui tardent à demander se voient parfois attribuer des champs à plusieurs kilomètres du village. Mais comme les gourmantchés sont paresseux tout le monde ne demande pas un terrain ou certains se décident vraiment tard et comme ils n'ont pas le courage d'entretenir de grands champs il y a de la place pour tout le monde;

Dans le village on trouve aussi un chef coutumier qui régit les coutumes et arbitre les petits différents.

On rentre à l'hotel alors qu'il commence à faire chaud. On se jette dans la piscine qui est plus que tiède au moins à 26ø. On bronze un peu sur des transats que l'on nous a gentiment disposés au bord de l'eau. Puis on va se changer et on revient déjeuner.

On déjeune avec Georges qui nous raconte comment il est parti de France, notamment après son divorce qui a fait déborder le vase de son dégout pour la société française où on castre les libertés individuelles. il nous raconte aussi comment il a subi des controles fiscaux dans sa boucherie et une perquisition fiscale sur dénonciation. Il est très bavard et n'en finit plus de raconter, si on ne relance pas la conversation en lui demandant des détails il les donne tout de même. Il se décrit comme très honnète et moral mais il nous explique en même temps qu'il avait sa comptabilité au noir dans l'arrière boutique d'un café voisin de son magasin pendant qu'il avait les controleurs chez lui. Son entreprise des boucheries Marceau semblait être importante jusqu'au jour où il a décidé de tout plaquer; En tout cas il raconte cela comme étant un redoutable négociateur même face aux acheteurs de Carrefour à qui il a tenu tête en s'appuyant sur la qualité de sa viande pour refuser de faire un discount supplémentaire.

On finit par pouvoir aller faire une petite sieste vers 3h. A 4h on part à pied tous les 3 jusqu'au village de pécheurs au bord du barrage qui est à 3 kilomètres;

on marche sur une piste un peu cahoteuse et on croise pas mal de vélos de gens qui vont ou reviennent des champs ou qui vont acheter du poisson au barrage; Tout le monde nous salue, mais peu parlent français. Il y a un beau soleil qui cogne bien.

Arrivés au barrage on voit trois camionnettes du poissonnier de Ouagadougou qui achète l'ensemble de la production des pécheurs, en contrepartie de quoi il finance les pirogues et filets des pécheurs; Les pécheurs ne sont pas des gens du pays car il n'y a pas de tradition de pécheurs au bourkinafasso. Les petits poissons qui sont refusés par le poissonnier de Ouaga alors sont revendus à la population locale ou bien sont rejettés dans l'eau. La chaine de froid n'est pas terrible car les poissons sont entassés dans la camionnette entre quelques pains de glace et le camion ne part que lorsqu'il est plein alors que les pécheurs arrivent un par un avec le produit de leur péche qui ne fait que quelques kilos à chaque fois; Puis le camion fait les 350km jusqu'à Ouaga ou le poisson doit arriver en triste état;

Un autre exemple du peu d'anticipation du caractère africain, c'est que cela ne sert à rien d'expliquer aux pécheurs qu'ils ne devraient pas pécher les petits poissons pour preserver la faune du barrage. Ils péchent tous ce qu'ils trouvent et demain sera un autre jour. Si alors il n'y a plus de poisson et bien ils iront faire autre chose;

On revient en 4x4 qu'Alain nous a conduit jusqu'au barrage pour nous ramener.

On se baigne dans la piscine avant de retourner dans notre chambre prendre une douche et un vere et bouquiner.

Anne ressort prendre un pot dans l'espoir de rencontrer un caporal du détachement de l'armée qui est en poste ici pour surveiller le barrage. Et que Georges nous a présenté tout à l'heure au barrage et qui a promis qu'il viendrait à 7h. Mais comme on pouvait si attendre on ne voit pas le dit caporal;

On dine avec Georges qui nous raconte l'histoire des ethnies somba du Bénin là encore assez longuement et on a du mal à intervenir dans la conversation. Il explique notamment que chez les Pilé Pilé du Bénin il n'y a que peu de temps de que les autorités les ont obliger à s'habiller alors qu'avant ils vivaient nus; Il parait d'ailleurs qu'un peu partou tdans ces régions on voit des femmes travailler nues dans leur champ. Ce qui pose la question de savoir si la pudeur est une notion innée ou acquise;

Puis on rentre se coucher. Nous sommes les seuls ce soir dans l'hotel et c'est assez étonnant d'être ainsi les seuls clients dans cet endroit vaste et calme avec cette grande piscine qui fait 25m sur 12,5 pour nous tous seuls; La piscine est tellement large que j'ai du mal à repérer la longueur pour y nager.

Mercredi 5 aout

Georges vient frapper à la porte de notre bungalow à 6h. On petit déjeune à 6h30 et Georges nous félicite d'être prêt à l'heure pas comme certains touristes que l'on attend jusqu'à 8h35 pour un départ prévu à 7h. On monte dans le 4X4 Toyota qui est en meilleur état que le Land Rover qui nous a amené ici;

Georges est au volant; On passe à la douane croisement des différentes routes et on salue les douaniers au passage qui sont habitués aux allers et venues du Toyota et ne demandent plus rien. Ils sont bien plus occupés à controler les marchandises des camions et des taxis brousse. Leur zèle à faire ouvrir chaque colis est proportionnel à leur corruption. Avec 62% de taxe de douane pour les produits importés la tentation est grande de n'inscrire sur les formulaires de douane qu'une partie des marchandises importées en échange d'une rétribution de la main à la main C'est ainsi que malgré des salaires relativement modestes qui d'ailleurs ne poussent pas à la probité, puisque Georges nous parle de 26000 cfa par mois, les douaniers sont de loin les personnages les plus riches du coin. Ainsi Georges avait un copain parmi eux Evariste qui en un an s'est payé une maison, une chaine hi-fi et tout le confort necessaire plus une BMW. Certains douaniers ont des tracteurs qu'ils louent aux paysans pour labourer leur champ. Au retour on verra ainsi tout un autocar avec tous ses paquets étalés dehors à coté Et Dieu sait qu'il y a des colis dans un bus africain plein de passagers indigènes;

On prend la route vers le Bénin. On passe le poste frontière du Bourkinafasso s'en même s'arréter puis on s'arrète au poste frontière du Bénin où on fait tamponner nos passeports. Cela prend tout de même une bonne dizaine de minutes à Georges pour trois coups de tampon.

Bénin

La route goudronnée s'arrète brutalement à la frontière et du coté Bénin c'est une piste de terre rouge qui se déroule devant nous; La végétation est très vite plus verte qu'au bourkinafasso, avec plus d'arbres et plus de variétés de flore. Le relief est aussi légèrement plus accidenté avec quelques collines au loin. Il faut dire que le Bourkinafasso est particulièrement plat avec un point culminant à 747m d'altitude.

Le Bénin était à l'époque des colonies appelé le Dahomet. :ié refid=pay.Dahomet

Puis on s'arrète à un poste de gendarmerie avec qui manifestement Georges entretient des relations; On embarque d'ailleurs un gendarme avec sa mitraillette kalachnikov qui doit aller jusqu'à la ville voisine; Il monte à l'avant à coté de Georges. Il veut bien me passer son arme qui est déchargée avec laquelle je joue un peu. C'est un joujou pas si lourd que cela environ 3kg parait il.

kalakchnikov

sylvain tient une mitraillette photo

Arrivé dans la petite ville, le gendarme descend et nous aussi. On rencontre un autre gendarme avec qui Georges discute. Je comprend de leur conversation que nous ne rentrerons pas à Konpienga avant demain soir alors que pour Anne et moi nous sommes partis pour la journée. Donc sans affaires de rechange ni de toilette. Si je n'ai pas tous mes médicaments du moins par chance j'ai dans mon blouson que j'ai pris au cas où il pleut une tablette de diamox qui est le médicament le plus important et pour lequel nous aurions été obligés de rebrousser chemin si j'en étais démuni pendant 36h.

On fait un petit tour dans le petit marché quotidien du village. puis on repart.

Une centaine de kilomètres plus loin on s'arrète dans une autre petite ville où c'est jour de marché. Qui n'a lieu que tous les 4 jours; Depuis peu le marché a été organisé, c'est à dire qu'on lui a construite une enceinte murée et qu'à l'intérieur c'est divisé en petits quartiers pour chaque type de commerce; Il y a quelques batiments en durs qui abrite les commerce un peu particuliers comme la boucherie. A sa mise en service ce marché a provoqué la révolte des femmes qui vienne y vendre leurs produits car ppour amortir ces nouvelles installations on leur demandait une taxe patente de 900f au lieu des 180f qui étaient percus pour l'ancien marché; Les femmes ont du coup refusé de venir dans le nouveau marché et il a bien fallu revenir à l'ancien tarif pour la taxe.

Ce qui est étonnant dans tous ces marchés africains c'est que les étals proposent des toutes petites quantités. Comme le cube magie qui est vendu à l'unité ou les céréales qui sont vendus par tous petits tas, la plupart des choses sont disposés en petites pyramides de 5 unités; Car l'africain ne sait pas se projetter dans l'avenir. On ne sait jamais si on sera encore là demain, donc on achète que pour les besoins du jour. Si quelqu'un par hasard veut cinq kilos de tomates alors on va lui emballer autant de petites pyramides de 5 tomates qu'il faudra.

On voit aussi des enfants se balader dans les travées avec des bassines d'alcool dont ils proposent des petits verres aux chalands. En principe l'alcool ne doit pas être vendu avant 13h mais la règle semble être souple.

D'ailleurs le marché lui même ne démarre qu'en début d'après midi; Car il faut laisser le temps aux vendeurs et acheteurs de venir jusqu'à la ville depuis leur campagne. C'est pourquoi de nombreux étalages ne sont pas encore prêts et sont en cours d'installation.

On va dans le coin des cabarets et on s'installe sous une petite paillotte. Georges nous commande une bière de mil. On boit cela dans une calebasse en forme de calice. Cela sent assez fort les céréales. Il y en a deux types les légères non fermentées qui sont plus proches du cidre que de la bière et les fermentées qui sont plus épaisses et plus alcoolisées; Le go–t n'est pas terrible mais c'est amusant d'essayer;

bière de mil Au bourkinafasso la bière de mil s'appelle le dolo, ici au Bénin c'est le tchoukoutouk.

tchoukoutouk

doulou

On repart pour aller au pays des somba, qui est une ethnie locale.

On longe une partie de la reserve d'animaux où Georges fait des safaris photos pendant la saison sèche; En fait se sont parait il trois reserves du Niger, du Bénin et du Bourkinafasso qui se jouxtent et forment un territoire de 2 millions d'hectares où les animaux sauvages sont en liberté. On peut y voir des lions, des éléphants des buffles et autres antilopes; Dans la reserve coté Bénin elle est bien entretenue et c'est pourquoi Georges préfère y venir avec ses clients notamment parcequ'il y a un lodge digne de ce nom pour y loger; Aussi parceque la savane est régulièrement brulée pour couper les hautes herbes qui sans cela pourrait être trop denses et étouffer la flore et trop hautes jusqu'à trois mètres de haut et alors empécher d'admirer les animaux.

On verra aussi ainsi des paturages qui sont brulés jusqu'avant la saison des pluies pour que l'herbe soit plus tendre pour les bètes. Il parait que si on fait cela au bon moment l'herbe avec la pluie repousse en trois semaines;

Sur la route on peut admirer les maisons des sombas ce sont des tatas. Qui sont comme des petits chateaux forts en terre sèche;

somba

tata

tatas maison fortifiée des sombas photo

Ici les champs sont beaucoup plus vastes qu'au bourkinafasso on voit que les gens sont plus travailleurs et ne se content pas de faire le minimum sur une petite parcelle. Ce sont des vrais champs. Et d'ailleurs on y voit des hommes qui y travaillent. La femme est bien plus respectée et elle reste à la maison pour s'occuper du foyer, de la basse cour et des enfants.

Les terres sont souvent cultivées en groupe avec un système d'invitation au travail. C'est à dire que chacun son tour on invite ses voisins et copains à venir cultiver son champ, du coup le champ est fini beaucoup plus vite et l'ambiance est meilleure.

On ne voit plus de gros zébus mais des petites vachettes éflanquées. Il n'y a plus non plus d'aecirc;ne sur lesquels on voyait au bourkinafasso les enfants montés pour garder le bétail. Ici les enfants gardiens montent une des vaches;

On s'est arrété à un moment pour qu'Anne prenne en photo un de ces tatas, du coup une femme qui marchait sur la route nous a demandé de la prendre en stop. Il a fallu que Georges lui ouvre et lui ferme la portière car manifestement elle ne sait pas comment cela fonctionne. On la dépose quelques kilomètres plus loin.

Sur la route on croise beaucoup de marcheurs ou de cyclistes qui vont très probablement au marché; Ils partent parfois de très loin et ne sont pas prêts d'arriver.

village Somba

Somba

Les tatas sont groupés par famille à une portée de flèche les uns des autres, car lorsqu'un fils se marie et doit s'établir alors son père lance une flèche en l'air et l'endroit ou la flèche retombe désigne l'endroit où le fils doit construire son tata. Il doit aussi planter à l'entrée de son tata un baobab, du coup on en voit pas mal.

Devant l'entrée du tata on trouve aussi un fétiche pour chaque membre de la famille; C'est à dire un petit tas de terre, celui des parents est un peu plus gros que celui de chacun des enfants. Au sommet on trouve souvent le craecirc;ne de l'animal qui a été sacrifié au fétiche pour qu'il soit favorable au membre de la famille à qui il est associé. On trouve aussi souvent un craecirc;ne d'animal au dessus de la porte du tata.

On s'est arrété à un endroit de la route où habite une famille dont Georges est l'ami. Un des fils s'appelle Sylvain. Le père s'appelle Pierre et travaille à la perception des impots de la ville voisine du coup il roule en motocyclette; Sylvain est poliomélite; Il habite dans un tata que georges s'est fait construire ici; Il a tenté d'acheter une parcelle de terrain pour cela. Mais ici le terrain ne se vend pas; C'est sacré de transmettre à ses enfants l'intégralité de ce que l'on a recu. Mais Pierre a mis à sa disposition un bout de terrain pour qu'il fasse construire son tata.

On dit bonjour aux enfants et aux hommes mais les femmes restent en retrait. On en parle qu'avec les hommes, qui d'ailleurs parlent bien français car au Bénin la scolarité est obligatoire; Georges a apporté un ballon pour les enfants, qui avaient cessé depuis quelques une de ses visites de le lui réclamer.

Sylvain et son frère Firmin nous emmène visiter le tata de georges; C'est probablement un des derniers tatas construit car car la civilisation gagne du terrain et par exemple un voisin s'est fait construire une maison en dur avec un toit de tôle au lieu d'un tata.

Le tata était donc concu pour protéger toute la famille en cas d'agression. On y rentre chaque soir les boeufs qui dorment dans la pièce du rez de chaussée avec le grand père qui reste au chaud avec eux; Dans une des maisons que l'on visite on nous dit que 7 boeufs y rentrent chaque soir. Pour cela ils ont raboté les montants de la porte d'entrée au niveau des cornes des boeufs pour leur permettre de rentrer. C'est en bas que l'on trouve en général le foyer. avec un trou dans le toit pour la fumée. Ce feu au rez de chaussée est notamment utile pour chasser les termites de la maison.

Mais avant cette grande pièce on a traversé une petite entrée. Dans un coin il y a une petite pièce où la mère va accoucher à l'écart. Dans un autre coin il y a un escalier de fortune taillé dans une branche d'arre où on a fait des encoches en guise de marches et qui conduit moyennant en général un palier intermédiaire (qui peut être la cuisine) sur le toit terrasse; Là on trouve deux ou trois petites pièces construites sur le toit et qui sont les chambres. On ne peut pas s'y tenir debout et l'entrée en est très étroites mais on peut y étaler sa natte et y dormir à trois ou quatre. Sur la terrasse il y a aussi les greniers à grain qui sont un peu comme des tourelles aux coins de la terraasse. Il y en a en général deux ou trois; C'et une petite tour de terre séchée qui parfois s'évase pour contenir plus de grain. Cette petite tour est surmontée d'un toit en paille conique. Qui a la particularité d'avoir deux parties: une base et un chapeau que l'on peut retirer pour rentrer dans le grenier par son sommet; Pour cela on appuie sur le toit en paille une de ces échelles-branches et on monte jusqu'au chapeau que l'on peut oter très facilement. A l'interieur on trouve en général trois compartiments qui peuvent accueillir les différentes sortes de céréales cultivées par la famille; Souvent mil, arachide, ma‹s et parfois riz.

grimpé sur le grenier à mil photo

Comme presque partout on nous demande notre adresse en France et Anne écrit une adresse sur un papier qu'on lui tend. Georges nous explique que si par hasard une correspondance s'engage on peut être s–r que les demandes d'argent ne tarderont pas à arriver;

On quitte la famille de pierre et on se dirige vers les collines. Les terres sont de plus en plus pierreuses et de plus en plus difficiles à cultiver plus on s'approche des collines. Mais les champs restent vastes et les hommes travailleurs;

On arrive en haut d'une colline à un belvédère où est installé un petit restaurant buvette. On est accueilli par Maurice et Ginette qui tiennent le lieu. Ginette nous sert à déjeuner. On s'installe sur la terrasse avec une belle vue sur la plaine malgré un temps encore couvert qui bouche un peu l'horizon. Il y a un petit vent frais au point qu'Anne met sa veste en jean et que les africains sont couverts d'anorak ou de pulls.

Le déjeuner se compose de ce qui est appelé ici la paecirc;te africaine autrement appelé le Tô au Bourkinafasso. C'est une galette de farine de mil ou de ma‹s particulièrement insipide et bourratif. C'est servi avec une sauce qui tente de lui donner du go–t. En l'occurence on a une espèce de sauce dans laquelle trempe

paecirc;te africaine

des feuilles dont ne sais pas quoi et des morceaux de viande fumée infects. Il y a un autre plat avec des morceaux de couane de porc avec un peu de viande dessus qui ne sont pas trop mauvais Il y a aussi un petit bol de piments auxquels on n'ose pas toucher. D'autres clients béninois s'installent à une table voisine et mangent avec bonne appétit en prenant à la main des morceaux de paecirc;te qu'ils trempent au choix dans l'un des bols de sauce. Je finis mon morceau de paecirc;te car j'ai faim et je bois une bière pour faire passer le go–t de terre de la paecirc;te.

On irait bien visiter la maison de Maurice mais il parait qu'il y accueille un couple de touristes qui sont en train d'y faire la sieste. On va donc simplement visiter la cabine en tôle qui sert de toilettes.

Puis on part marcher dans le village. Maurice nous accompagne. Il a vraiment une allure miteuse et est déjà passablement éméché. Il parait qu'il boit beaucoup et la dernière fois il a sifflé en 45mn une bouteille de pastis que Georges lui avait apporté. Qui plus est il l'a bu sans eau. D'une facon générale les gens d'ici ont vraiment l'air miteux avec des vétements troués et usés. Mais ils ont l'air gais, plus travailleurs que les gourmantchés. En tout cas ont voit des cultures beaucoup plus variées. Ici ils font un peu de tout des légumes, des fruits, des céréales et le terrain a beau être très caillouteux il exploite chaque parcelle y compris dans le village lui même où on voit des plantations un peu partout;

On dit bonjour à des tas de gens au hasard de nos rencontres; Ils sont tous très gentils et nous sourient en nous serrant la main. Hormis les très vieux ils savent tous au moins dire bonjour en français car au Bénin la scolarité est obligatoire; Ceci dit ici elle est manifestement pas très efficace ou effective car souvent le français se borne au bonjour.

On rencontre Jean qui est un copain de Georges qui parle bien français et lui sert de guide local. D'ailleurs il lui paie un petit quelque chose pour le remercier de nous consacrer du temps et pour nous faire visiter sa maison On visite en effet son tata. Avec le vieux qui dort sur son bas flanc au rez de chaussée.

Georges nous a raconté qu'ils aiment bien qu'on les prenne en photo car à chaque fois Georges revient avec des photos qu'il a prises lors de ses visites précédentes. Et alors les personnes à qui il montre les photos sont incapables de s'y reconnaitre. Ils n'ont souvent jamais eu l'occasion de se voir dans un miroir. Ainsi une femme s'est reconnue que par déduction car elle a reconnu ses enfants autour d'elle. Ou bien un jour ils ont reconnu un grand-père qui entre les deux visites de Georges était mort. Du coup ils ont eu l'impression que le grand père leur rendait de nouveau visite;

On est invité dans plusieurs cours de maisons, où on nous offre du tchoukoutouk qui passe de main en main dans sa calebasse. En général je me contente d'y tremper les lèvres et de faire semblant d'avaler une gorgée A chaque fois

Donc en plus des tatas traditionnels on trouve des maisons toujours en terre sèche qui sont formées d'un ou deux batiments et d'un mur qui ceint la cour ainsi formée.

Comme un peu partout en afrique occidentale les habitants ont des marques de scarification qui sont des cicatrices distinctives selon leur ethnie ou leur village. Ces coupures sont pratiquées au moment du sevrage des enfants. Mais ici chez les somba ces scarifications sont particulièrement fines et nombreuses. D'habitude il s'agit de deux ou trois traits grossiers sur un coin du visage. Là ce sont pleins de petits traits millimétriques en quadrillage partout sur le visage Il parait que c'est très joli à voir. Cela ne se remarque pas tout de suite, notamment cela dépend de l'éclairage et de leur position, de face on ne voit rien. Les femmes ont les mêmes marques sur le ventre et parfois même dans le dos. Une femme me laisse d'ailleurs caresser son vente pour sentir ses marques A vrai dire je ne sens pas grand chose mais la peau de son ventre est très agréable à caresser et je caresserai bien un peu plus haut si j'osai

Enfin on finit la tournée de tchoukoutouk. J'ai eu une conversation avec Jean pour savoir ce qu'il considerait comme le bonheur et tenter de lui expliquer que l'on est parfois très malheureux en France. Il m'explique aussi que sa femme est enceinte et que du coup comme ils ne sont pas censés avoir de rapports sexuels avec leur femme pendant la grossesse et tant que l'enfant n'est pas sevré, probablement pour éviter qu'une autre conception vienne interrompre la montée de lait avant que le sevrage ne soit fait. Du coup les hommes ne sont pas d'une fidélité absolue et c'est peut-être une des origines de la polygamie En tout cas pendant les fêtes du village où manifestement la boisson coule à flots de nombreux couples se font et se défont au gré des calebasses de tchoukoutouk.

On retourne au belvédère avec Maurice, on croise une jeune française en vélo qui est parait il celle qui dormait chez Maurice il parait qu'elle est jeune et jolie, mais on ne lui parle pas.

On dit au revoir à Maurice Et on redescend de la colline.

Tatitangou

on roule jusqu'à Tatitangou qui est la grande ville du nord du Bénin. C'est à 117 kilomètres de la frontière avec le Bourkinaffaso où nous étions ce matin; Entre la frontière et Tatitangou la route est une piste alors qu'à partir de Tatitangou cela devient une route goudronnée.

on descend à l'hotel Tata-somba

hotel Tata-somba Il parait que c'est un hotel de la chaine Accord. En tout cas il est impeccable. On a le choix entre une chambre ventilée et une chambre conditionnée On choisit le ventilateur. De toute facon il fait plutôt frais

On dine avec Georges dans le restaurant de l'hotel d'un capitaine grillé excellent avec des haricots verts succulents et du riz. On commande en dessert une glace à la vanille et le garcon vient deux fois pour vérifier si c'est bien à la pistache que l'on veut notre glace. On a tout de même une glace à la vanille.

On va se coucher, la toilette est vite fait vu que l'on a rien avec nous. Comme il fait frais une douche avec de l'eau chaude est bienvenue.

Jeudi 6 aout

Georges vient frapper à notre porte vers 7h on va petit déjeuner après une douche rapide. J'ai encore du mal à me repérer dans notre chambre pour trouver la porte de sortie ou celle de la salle de bains car les angles des murs sont arrondis pour imiter ceux des tata somba;

En passant à la reception je demande à Anne de regarder le prix des chambres et elle m'annonce 2700 francs ce qui me semble dérisoire par rapport au prix de 22000 cfa que William nous a demandé par journée d'hebergement à la kompienga. En fait cela s'avèrera être 27 000 cfa ce qui semble plus cohérent et me rassure;

On quitte l'hotel pour reprendre la route d'une autre etnie. Cette fois ci on va rendre visite aux pila-pilas

pila-pila

Taneka-koko

On se gare sous un arbre dans le village et on est très vite entouré d'enfants, qui nous tendent la main. Ici la scolarité ne doit pas trop pénétrer car ppeu savent dire bonjour. Par contre même les plus jeunes enfants sont déjà incroyablement musclés. On sent bien les muscles dans leur poignée de main ou le long de leurs bras.

entourés de jeunes enfants photo

Comme un peu dans toutes les ethnies, les enfants sont des réincarnations des anciens. Ils sont soumis à l'autorité de la mère jusqu'à l'aecirc;ge de 7 ans puis c'est le père qui prend le relais de l'éducation. Comme c'est un ancien qui se réincarne, le décès d'un enfant est annoncé: "il est reparti" c'est vécu comme quelque chose de banal et comme un signe que l'ancien est reparti probablemen pas satisfait de se retrouver dans cet enfant. Du coup si un enfant nait handicapé les parents n'ont pas peur de le supprimer car ce ne serait pas sympa pour l'ancien de l'obliger à se réincarner dans un enfant amoindri, il vaut mieux qu'il reparte et revienne une autre fois dans un corps plus confortable. Ce sont les grands frères et soeurs qui se chargent des cadets et il n'est pas rare de voir une petite fille de cinq ou six ans avec un nourrisson accroché dans son dos.

Ici aussi les habitants sont plutôt déguenillés avec des vétements troués et miteux. Ils marchent tous en tongs ou pieds nus;

on est rapidemment pris en charge par un jeune homme qui parle bien français, qui est parait il le guide officiel du village. En tout cas il est de loin le mieux habillé avec un pantalon propre et une chemise blanche. Il nous explique qu'il est le fils du Roi. Il s'appelle Ya-Ya.

Ici pour se saluer ils ont adopté avec le temps une contraction du bonjour, ca va, et la famille, ... Ils se content d'énonvcer 4 ou 5 hein, hein decrescendo prononcés de facon un peu nasale. C'est assez étonnant de les voir ainsi tous anoner dès qu'ils rencontrent quelqu'un. Si par exemple deux jeunes rencontrent deux vieux tous les quatre vont anoner leur hein decrescendo. Seulement cela sera accompagné d'une révérence de la part des jeunes et d'une simple inclinaison de la tête de la part des vieux; Et ceci apparemment à chaque fois que l'on se voit dans la journée. Les marques de respect dépendent du rang, de l'aecirc;ge et du sexe du vis à vis. Cela va de la simple inclinaison de tête, puis l'inclinaison du buste, avec une flexion des genoux, puis un genou en terre et le corps plié vers le sol avec les yeux qui fixent le sol, jusqu'à se déchausser et s'allonger à plat ventre devant le Roi;

On se promène dans le village. C'est un mélange de petits sentiers étroits et pierreux et de ruelles bordées des murs des maisons. Selon que l'on est dans une zone plus ou moins dense. Toutes les maisons sont en terre séchée qui s'appelle du banco.

banco Les maisons sont rectangulaires ou rondes et se composent de petits batiments autour d'une cour.

La population est très gaie et accueillante. On les trouve avec Anne qu'ils ont l'air plus heureux que les gourmantchés. On rentre dans plusieurs cours où on nous offre du tchoukoutouk. On va aussi dans un cabaret qui est dans une pièce basse d'une petite maison, avec des bancs le long des murs. Il y a une fenêtre et le sol est en terre séchée. On sent une certaine évolution par rapport aux cases basiques que l'on a vu dans certains villages. Il parait qu'il y a 4 autres cabarets dans le village. Ya-Ya nous a annoncé à notre arrivée que le village comprend 14 000 habitants, mais Georges émet des reserves sur ce nombre.

Ce village avec ses ruelles étroites ressemble plus à nos petites villes du moyen-aecirc;ge. En tout cas les moyens materiels restent ceux du moyen aecirc;ge, on ne voit pas une seule radio et encore moins bien s–r d'éléctricité. Il n'y a que le moulin qui fait la farine qui fonctionne au gaz-oil.

Ya-Ya profite d'un moment où nous marchons seuls devant avec Anne pour nous tendre une perche. Il nous raconte une histoire comme quoi le soir il est professeur des enfants pour les aider à faire leur devoir et que comme il n'y a pas l'éléctricité ils s'éclairent à la lampe à pétrole. Et ils leur manquent une lampe à pétrole ... Mais nous ne saisissons pas la balle.

Ya-Ya nous explique qu'ici il y a en plus du roi du village, d'autres autorités comme le chef des terres qui est un descendant du premier homme qui s'est installé dans ce coin qui était à l'époque très giboyeux. C'est comme cela qu'ensuite il a fait venir sa famille puis d'autres sont venus et le village est né

Le village s'appelle Tanékacoco ce qui veut dire sous les pierres. Car il est situé dans le flanc d'une colline.

Parmi les autorités il y a aussi les féticheurs qui sont au nombre de 7 dans le village. Dont le chef féticheur que l'on voi. Il est vétu en permanence seulement d'un pagne et f–me une pipe qui lui sert à dialoguer avec les esprits. Comme il a le pouvoir de jetter des sorts il est craint et très respécté, fixe la date des fêtes et donne des conseils sur le type de sacrifices qui doit être fait pour protéger les uns ou les autres. En principe le chef féticheur ne doit faire que le bien pendant toute sa vie.

On voit aussi la case qui sert de caveau aux chefs féticheurs. C'est là qu'ils sont tous entrerrés depuis 8 générations. Le titre de féticheur est héréditaire. transmis au fils ainé de la première épouse. Si le fils ainé meurt c'est son cadet qui prend la place. Le cas ne sait pas encore produit qu'il n'y ait pas de fils survivant de la première épouse.

Chaque famille a sa case caveau. Même pour la famille du chef féticheur il y a une case-caveau où sont enterrés leurs femmes et leurs autres enfants que celui qui leur succède. Si il n'y a plus de place dans les alvéoles aménagées dans le sous sol du caveau, alors on retire les ossements du plus ancien enterré, on les met dans un coin du sous-sol et on enterre à sa place le nouveau venu. Dans la case caveau on voit aussi des tas d'ossements d'animaux de tous ceux qui ont été sacrifiés au moments des funérailles;

Ce village étant situé un peu dans les collines Du coup pendant la saison des pluies il est partiellement vidé de ses habitants. Car ceux ci partent avec leurs femmes, enfants, bagages et basse-cour dans la plaine où ils ont une case et des champs à cultiver. Pendant la saison sèche tout le monde se retrouve au village.

Et alors pendant les cinq mois de la saison sèche c'est pratiquemment la fête permanente. Déjà il y a les funérailles à célébrer, cela dure une semaine et comme on a pas le temps pendant la saison des pluies, tous les morts attendent la saison sèche pour être enterré. Du coup cela donne lieu à une succession de fêtes Et en plus cela donne le temps aux personnes des autres villages voir même de la ville d'être au courant du décès et de venir pour les funérailles.

funérailles

fête des boeufs

fête des cultures

On fête aussi pendant la saison sèche, la fête des cultures et la fête des boeufs. Les dates de ces fêtes sont fixées par le chef féticheur et donc peuvent tomber pendant la saison des pluies, s'il juge cela plus propice au village, mais en principe c'est pendant la saison sèche

Il y a la fête du niam. Le niam est un tubercule qui est pas mal cultivé dans le coin et qui pousse au sommet d'un petit monticule de terre, que le paysan a ménagé.

Et bien s–r il y a aussi la fête de la circoncision pour les garcons et excision pour les filles.

Ces fêtes traditionnelles donne lieu à des danses rituelles et à des coutumes ancestrales.

Pour la fête des boeufs on débroussaille un petit bois sacré dans le village et alors on y fait la fête.

Bien s–r on participe aux fêtes des villages voisins, ce qui explique pourquoi c'est la fête permanente pendant toute la saison sèche. Le Tchoukoutchouk coule à flot et hommes et femmes sont en état d'ébriété quotidienne.

Ici les scarifications que chacun porte au visage sont beaucoup plus grossières que celles chez les Somba.

On croise un groupe de touristes italiens dont le guide n'impose pas la même discipline que Georges. Du coup on les voit beaucoup plus traités comme des yovos. C'est à dire des blancs et non pas comme des amis. On n'y peut rien on sera toujours à leurs yeux les blancs qui sont respectables parceque nous avons l'argent. Le blanc on le respecte, on l'admire et on le sollicite, car on veut des miettes de sa richesse. Du coup ces notions de respect et d'interêt polluent les relations entre blancs et indigènes et il est difficile d'avoir de vraies amitiés. Et de trouver l'équilibre entre la vache à lait aux dépends de qui chacun peut vivre et l'indifférent qui ne partage pas sa richesse. En tout cas une des touristes italiennes offre à l'un des enfants un mouchoir en papier du coup c'est la bataille parmi la meute d'autres enfants ils s'accrochent tous à ses basques pour en avoir d'autres et se battent entre eux pour savoir qui aura le mouchoir; Ce qui semble doner raison à Georges lorsqu'il impose de ne pas donner si on ne peut pas éviter le problème du précédent;

yovo

Ce qui est dommage c'est que le temps est de nouveau couvert et pluvieux. IL pleut par intermittance. Graecirc;ce à quoi nous n'avons pas trop froid; Mais cela donne aussi à ces villages une image un peu triste et pauvre, sous un beau soleil cela doit paraitre plus coloré et plus gai.

On passe devant un petit marché où quelques femmes vendent leurs produits. Il y a notamment un stand où est vendu de l'alcool de mil distillé. on nous en fait gouter un petit verre dans une petite timbale métallique. Cela a le go–t de céréales un peu comme la vodka, c'est aussi fort. Georges en achète trois bouteilles;

On va aussi visiter le village voisin qui est à quelques centaines de mètres et les villageois ont beaucoup d'interelations. Là aussi notre guide fait de nombreuses litanies de salutations en se mettant à genoux lorsqu'il s'agit d'anciens; On se promène un peu entre les maisons avant de repasser par le premier village pour redéposer notre guide et dire au revoir à nos amis.

on reprend la route vers le bourkinafasso.

Tatitangou

On s'arrète à Tatitangou dans l'hotel restaurant Le Bourgogne Où une française bourguignonne expatriée depuis 7 ans nous accueille. Elle prend l'apéro avec nous et bavarde avec Georges puis nous installe sous une paillotte où on nous sert un déjeuner.

On prend une salade aux foies de volailles très bonne. Puis des rognons sauce madère.

Puis on reprend la route, qui devient une piste de Tatitangou à la frontière. Une piste parfois accidentée. Notamment il y a une longue côte appelée le dixième car elle a une pente à 10%. Dans cette côte il y a un léger virage qui régulièrement est fatal aux camions qui sont tous surchargés. La remorque chasse de coté et déséquilibre le véhicule qui va se coucher dans le fossé. Ainsi on voit un camion qui a d– versé récemment. Un autre camion est là dans lequel des hommes transvasent la marchandise. Puis en général ils récupèrent la remorque et la ressoude à une cabine et cest reparti jusqu'à la prochaine chute.

On arrive à la hauteur du poste de controle de gendarmerie. Les gendarmes sont toujours là affalés sur leur lit à l'ombre d'un gros arbre. Ils ont mis des moustiquiaires sur leur lit car les moustiques ont l'air assez vivaces par ici. On s'arrète et Georges leur offre une des bouteilles qu'il a acheté ce matin. Les gendarmes sont surtout là pour surveiller le braconnage dans la reserve d'animaux; Comme la chasse se pratique surtout à la saison sèche ils sont tranquilles en ce moment; Mais Georges qui doit pouvoir balader ses clients en safari facilement maintient les bonnes relations;

Le problème dans ces pays c'est que contrairement au Kenya par exemple ici les animaux des reserves sont considérés par les paysans comme des animaux nuisibles qui viennent abimer leur champ de mil du coup ils ne se gènent pas pour braconner. Il n'y a aucune politique des autorités pour changer cet état d'esprit et que ces animaux de nuisible soient considérés comme des puits à touristes qui seraient beaucoup plus rentables que leurs traditionnels champs. Mais ils restent très attachés à la terre et même ceux qui ont un bon travail comme les employés de l'hotel par exemple continuent à exploiter le petit champ, par tradition.

Bourkinafasso

On repasse la frontière en se faisant tamponner nos passeports coté Bénin et sans même s'arréter coté Bourkinafasso.

Kompienga

On arrive à l'hotel à la nuit tombante. On voit les gardiens Zacharie et ses collègues qui nous attendent tranquillement en prenant l'air. Air qu'il trouvent très frais car ils sont emmitouflés dans des doudounes et des bonnets de laine. Il y en a même un qui porte des gants de laine !

Pendant se temps on se précipite pour se plonger dans la piscine et se rafraichir d'une journée que nous avons trouvé un peu chaude notamment dans la voiture. Comme ils nous ont gentiment allumé la piscine, par en dessous. Du coup lorsqu'on y arrive elle est couverte d'une couche presque continue d'insectes. Anne n'aime pas trop cela et reste dans le sillage de mes nages.

Puis on dine d'un steak haricots verts aillés. Et on va se coucher.

Vendredi 7 aout

Au réveil je suis pris d'une bonne tourista. qui ne m'empèche tout de même pas de petit déjeuner et de préparer mes affaires. Puis on part dans la land rover avec Alain qui nous reconduit à Ouagadougou.

On s'arrète dans une petite ville au bout de quelques heures de route. Alain nous laisse dans un petit maquis local pour que nous déjeunions; On a commandé du riz sauce poulet mais on voit arriver un poulet très peu ragoutant avec deux bassines d'eau en guise de rince doigts et point de riz. Dans mon état je préfère ne toucher à rien et Anne n'est pas très tentée par le poulet peu avenant; Mais à une table voisine un local s'insurge en nous disant que cela ne se fait pas en Afrique de rester devant de la nourriture sans y toucher. On lui explique que l'on attendait du riz et il ntervient auprès de la serveuse. Alors on nous rapporte une grande assiette de riz couverte d'une sauce. En écartant un peu la sauce on arrive à prendre quelques bouchées de riz.

Puis on cherche Alain qui a disparu. Un autre client du restaurant qui nous voit un peu désemparés se présente à nous. C'est un instituteur local. Il nous explique qu'ici ils ont un bon taux de scolarisation avec 70% d'enfants qui passent à l'école. Puis Alain nous rejoint et on repart.

Ouagadougou

On arrive à Ouagadougou vers 15h. Paul nous accueile et transmet le message qu'il faut que l'on donne nos passeports à Alain pour qu'il a faire faire nos visas pour le Mali. Alain part donc avec nos passeports. Puis il revient car il lui faut aussi des photos d'identité;

Bruno rentre vers 18h30, pour une fois. Car depuis quelques jours il parait qu'il bosse non stop jusqu'à minuit voir plus; Il s'offre une petite pause pour passer la soirée avec nous; Son guide de l'exportateur est enfin chez l'imprimeur depuis cet après-midi alors qu'il devrait être fini pour être distribué Mardi matin.

On dine ensemble. Un orage assez violent éclate. Puis les autres vont se coucher alors que je reste un peu seul dans le salon pour rédiger mes notes, malgré quelques coupures d'éléctricité d–es à l'orage.

Samedi 8 aout

On se lève pour petit déjeuner avec Bruno qui repart au bureau à 8h Puis on se recouche pour bouquiner un peu et dormir beaucoup jusqu'à 11h Je reprends une douche, puis j'écris encore mes notes;

j'appelle Jérôme qui était d'accord hier pour nous conduire chez l'informel qui fait des canapés en cuir. L'informel ce sont les commercants qui ont des étals volants sur les trottoirs et qui au lieu de payer les taxes assez lourdes que paient les commercants avec pas de porte, se content de payer une patente forfaitaire à l'état. Du coup ce système attractif a permis d'éviter les commerces trop clandestins et a beaucoup développé ce secteur d'informels. Jérôme a ainsi chez lui 4 fauteuils et un canapé en cuir qui sont assez sympa et qu'il a eu pour 400 000 cfa. Je me dis que cela peut-être l'occasion d'améliorer le mobilier de mon salon parisien.

Jérôme se réveille à peine alors qu'il est déjà midi. Mais il est sorti hier soir jusqu'à 5h. Sans rien faire de spécial dit il si ce n'est aller au casino. Il est pas très entousiaste pour se lever mais est tout de même d'accord pour y aller; Bruno qui rentre peu après le houspille et il passe nous chercher dans sa voiture climatisée.

On va tous les 4 chez cet informel. On s'assied sur des canapés témoins disposés sur le trottoir sous un auvent; Et on commence à discuter; Bruno feuillette des catalogues à la recherche d'un modèle qui lui plaise. Il a envie de me conseiller des fauteuils clubs; Je ne vois pas ce que c'est mais je lui fais confiance. Finalement on choisit d'en rester à ceux qqui sont exposés et qui sont plus simples à faire que de faire faire un nouveau design simplement on les veut sans plis et réduit on prend les mesures pour décider des nouvelles dimensions. On prend les côtes une par une pour arriver à un modèle qui serait grosso modo les 4/5ème de ceux exposés car mon salon n'est pas si grand; Puis Bruno demande quel est le choix de cuir et c'est alors qu'on lui répond que ce n'est pas du cuir mai du simili cuir Jérôme était reparti pour passer un coup de fil et revient à ce moment pour apprendre que ses canapés sont en simili cuir. Même s'il n'a payé le canapé 3 places plus 4 fauteuils que 4 000f français c'est décevant pour lui. Et le vendeur à qui il demande pourquoi il lui a vendu des canapés qui ne sont pas en cuir, lui répond : "mais tu ne m'as pas demandé si c'était du cuir !".

Jérôme rentre déjeuner chez lui et on va prendre sur la terrasse de Bruno, la tarte aux poireaux et les côtelettes que Paul nous a préparé; Puis Bruno va au bureau et nous dépose à l'agence de tourisme pour que l'on discute avec William et que l'on pique un plongeon dans sa piscine.

On papote un peu avec William. Il est de beaugency d'origine puis établi comme restaurateur à Lyon. Il nous explique que son guide super expérimenté pour le Mali, qui est en Afrique depuis 35 ans, dont il nous avait vanté les mérites est en vacances. Donc c'est lui même qui viendra avec nous faire le tour de cinq jours avec son chauffeur personnel.

On se baigne dans la piscine étroite mais de longueur raisonnable; Juste à temps pour recevoir dans l'eau les premières gouttes d'une averse. Heureusement car si c'est sympa de se baigner sous la pluie cest plus dur de se mettre à l'eau lorsqu'il pleut. On joue au jeu de se laisser flotter entre deux eaux.

Puis on attend que la pluie cesse dans le salon de l'hotel qui est en dessous des chambres qui sont louées au premier étage de la maison. Il y a une femme française et son fils Kevin qui est cloué devant une chaine de télé de dessins animés. Ce doit être capté par une antenne parabolique;

Vers 17h45 on va à pied à la cathédral toute proche. On est là bas à 6h. On attend un peu, il y a des ivoiriens qui sont là pour un concert de musique qui aura lieu le soir dans la cathédrale. On apprend que la messe n'a lieu qu'à 18h30. Du coup Anne en profite pour aller à la recherche d'un orphelinat à coté de la cathédrale où doivent séjourner des guidouilles scouts avec qui elle a fait des camps il y a quatre ans. Elle revient juste à temps pour le début de la messe. L'église est bondée avec surtout des femmes qui sont endimanchées dans des robes très colorées et avec des turbans sur la tête. On est surpris par une messe en moré à laquelle bien s–r on ne comprend rien. Heureusement le rite est le même et on peu suivre la chronologie des prières. Les chants sont très beaux avec toute l'assistance qui entonne et des tam-tams pour accompagner. Je chantonne un peu et cela a l'air de plutôt amuser mes voisins que je m'essaie ainsi. C'est tou tde même plutôt long avec tous ces chants et ce formalisme. 45mn pour terminer la liturgie et encore une petite heure ensuite; Dont 20mn à la fin d'annonces interminables. En tou tcela dure 1h40 J'ai bien songé à m'éclipser avant la fin mais on est un peu coincés par nos voisins. Au moment d'échanger le baiser de paix plusieurs se retournent vers nous pour solliciter nos mains de facon très amicale;

A la sortie il fait nuit et on cherche un taxi. On en arrète un sur l'avenue Boumedien qui passe devant la cathédrale. On cherche avec lui le restaurant new Sa‹gon qui est à coté de chez BRuno. On finit plutôt rapidemment par le trouver et par retrouver la maison.

Mon ordinateur ne veut plus marcher et je ne peux pas profiter de l'absence pendant 30mn de Bruno, parti voir Jérôme pour taper ces notes. Cela m'enerve bien s–r de voir ainsi le materiel me résister.

Puis on dine ensemble tandis que le guide de Bruno s'imprime sur son imprimante car il distribuera des copies le 11 en attendant l'impression officielle

Après le diner on fait la vaisselle Anne et moi, car Paul a son jour de congé le Dimanche et il est déjà parti. Puis mon ordinateur veut bien remarcher , j'en profite pour rédiger ces notes; Les autres font une petite sieste, en attendant qu'il soit l'heure d'aller retrouver Jérome chez lui. Il nous a invité à participer à une partie de black jack qu'il organise chez lui en début de soirée. Mais quand on doit y aller vers 0h35, Anne dort profondément et ni Bruno ni moi navons une grande envie de nous coucher pas avant deux heures. D'autant plus que nous devons nous réveiller à 6h.

Dimanche 9 aout

Le radio réveil que Bruno m'a passé sonne bien à 6h35. Je prends une douche puis on petit déjeune avec Bruno. William arrive vers 7h35, une fois de plus alors qu'il nous avait dit hier encore, qu'il viendrait avec nous, il nous annonce qu'il reste à Ouaga pour s'occuper d'un autre roupe. Il nous présente Bouba, qui sera notre chauffeur guide et ma foi je suis plutôt soulagé de ne pas devoir subir pendant 5 jours la conversation de William. Je ne sais pas si il y a un lien de cause à effet, mais nous sommes dotés du vieux land rover au lieu du Toyota.

On dit au revoir à Bruno, on dépose William chez lui et nous voilà partis. on prend une route goudronnée vers le nord.

Le paysage est très plat avec quelques arbres rares le long de la route. Il fait un beau soleil chaud et dès que l'on s'arrète on est comme dans une cocotte minute dans la voiture.

On doit s'arréter plusieurs fois d'abord au péage, puis à des postes de police où Bouba va faire controler nos papiers;

On s'arrète aussi au bord de la route près d'un village de chercheurs d'or. Il parait qu'il y a encore peu de temps on pouvait aller voir les puits d'accès aux mines. Mais il y a eu un accident avec un touriste ou quelque chose toujours est il que c'est interdit maintenant; On voit tout de même les femmes qui prennent la terre que les homes ont creusé au fond des mines et que les enfants on remonté à l'aide de seau à la surface; Les femmes se chargent alors de tamiser la terre, la laver dans des flaques d'eau et tacher de repérer les paillettes d'or. Et de temps en temps les chanceux trouvent une pépite. Les paillettes sont minuscules et il faut avoir de bons yeux pour les repérer; Cela doit être assez fatiguant de patauger ainsi le dos courbé dans ces flaques d'eau stagnantes, mais il parait que c'est rentable.

On reprend la route et on traverse le village de Bouba, qui s'appelle Yoco. Il dit bonjour au passage à quelques copains. Manifestement c'est celui qui a réussi et il est un peu la vedette. Ici il a encore ses parents, sa femme et son fils. Il nous expliquera que c'est son père qui est taxi brousse, et qui l'a poussé à se marier; Son père a choisi la fiancée et Bouba ne l'a vue que peu avant le mariage. Ils ont parlé et comme cela semblait coller entre eux le mariage c'est fait; La femme reste au village pour s'occuper de ses beau-parents et pour so'ccuper du champ. Car bien qu'ayant un bon boulot Bouba n'a pas abandonné la culture et il garde un champ qu'il cultive quand il rentre chez lui.

Yoco

Ensuite on passe par Ouahigouya. Qui était une ancienne capitale de l'Empereur local. Un de ces empereurs s'y était fait construire une forteresse réputée imprenable; Avec d'après la légende, des femmes emmurées vivantes dans les murs d'enceinte pour offrir en sacrifice aux esprits et qu'il protègent la ville;

Ouahigouya

A la sortie de Ouahigouya la route goudronée devient une piste en bon état au point que l'on ne se rend pas trop compte que c'est une piste, horsmis les petits cailloux qui volent et cognent la carosserie;

après cinq heures de route on arrive ainsi à la frontière du Mali; On passe d'abord le poste de douane, puis plusieurs kilomètres après on passe le poste de police du Bourkinafasso.

Là le policier nous épingle car nous ne pouvons pas lui présenter nos carnet de vaccination que nous avons oublié à Ouagadougou. Du coup il en profite pour nous taxer d'abord 2400 cfa par personne, puis Bouba négocie à 1500 cfa pour nous deux. Heureusement que je n'avais pas compris qu'il s'agissai du poste de police du Bourkina, pensant que c'était celui d'entrée au Mali, car je lui aurai demandé comment il se fait que l'on nous réclame les carnets de vaccination pour sortir du pays. Le poste de police était vraiment frustre en béton avec mobilier rare et métallique;

Mali

Plusieurs kilomètres plus loin on arrive à la frontière proprement dite, là la piste devient franchement mauvaise dès que l'on est coté malien;

Puis plusieurs kilomètres encore nous conduise au poste de police du Mali. Là le préposé est très aimable, surtout avec Anne quand il apprend qu'elle est d'Angers; Car la ville d'Angers est parait il jumelée avec Bamaco la capitale du Mali

On s'arrète dans la ville frontière pour déjeuner. On s'installe dans un petit bistrot bétonné dénué de tout charme; Je commande un soda et on nous facturera aussi le droit de sortir notre pique nique de la glacière; Bouba nous en sort des sandwichs, une salade de riz médiocre sans la sauce vinaigrette que l'on trouvera qu'une fois la salade mangée. Heureusement Bouba a de nombreuses bouteilles d'eau fraiches dans sa glacière;

On papote un peu avec des gens du coin qui sont à la table d'à coté; Ils parlent bien français. Le village ici s'appelle Koro.

Koro

On repart la piste est pas très bonne et ca cahote pas mal et il fait de plus en plus chaud. Mais il faut prendre son mal en patience car il nous reste encore cinq ou six heures de route; Je commence à lire l'Ange et le reservoir de liquide à freins.

On s'arrète plusieurs fois à des postes de controle. A chaque fois on voit devant les postes de police, des lits rangés dehors sur lesquels sont affalés les gendarmes;

Ce qui est étonnant dans les paysages que l'on traverse, c'est que plus on remonte vers le nord, plus le contraste est fort entre des parties très sèches presque desertiques. Et d'autre parties quelques

immense plaine entre le Mali et le Bourkina photokilomètres plus loin, très vertes et cultivées; Manifestement ici les paysans sont bosseurs car les champs sont très grands. Les maisons sont carrées en terre séchée. Parfois dans des briques de terre mélées à de la paille. Il y a toujours un toit de paille cônique. Les champs sont souvent très isolées avec des maisons très loin.

On s'arrète dans un petit village où il y a un marché; On sait à l'avance qu'il doit y avoir un marché pas loin car des kilomètres avant on voit des femmes le long de la route qui s'y dirigent dans des robes impeccables et colorées avec leur panier de produits sur la tête.

Dans ce village ce sont surtout des peuls. On se promène dans les allées de sable entre les petits étals. On a très vite une grande bande d'enfants à nos trousses. Ils sont très mignons. On voit pas mal d'aecirc;nes qui tirent des charettes ou transportent des paniers; Il y a des femmes qui font cuire des morceaux de viande ou des beignets et qui les vendent. Ici peu de gens parlent français et on a droit tout juste à quelques bonjour, ca va ?

Dans la dernière partie de la route on reprend une route goudronnée. Mais les cahots ne sont pas finis car ici ce sont des malades des ralentisseurs il y en a à n'importe quel propos, lorsque l'on croise une autre route, ou avant un pont, ou lorsqu'il y a un léger virage dans la route et bien s–r avan les postes de controle de police;

Mopti

On finit par arriver à Mopti après treize heures de voitures vers 20h. On rentre dans l'hotel où on a reservé; Le hall est climatisé. On s'approche du comptoir où est Bouba mais il nous demande de nous éloigner. On attend donc sagement dans des fauteuils devant une télé;

Bouba accompagné de deux autres types finit par venir nous dire qu'il n'y a plus de chambres dans l'hotel; Il avait fait lui même une reservation la semaine dernière mais l'employée à qui il l'avait dit ne l'a pas notée; Je fais demander s'il n'y a pas encore une suite de libre, mais l'otel est vraiment complet; En fait en principe il ont 60 chambres mais en ce moment il y en a 30 en rénovation. En plus il y a plusieurs grupes de touristes, dont des espagnols qui semblent être très nombreux au Mali.

Bouba va voir dans l'hotel camping à coté s'il y aurait de la place, puis il téléphone dans la ville voisine pour demander à un hotel. Mais il revient bredouille. Entretemps on s'est commandé deux gins tonics et on a regardé les infos sur la télé du Mali; Infos au passage très bien faites, positives et pas anecdotiques.

Mais on a toujours pas de chambres alors qu'un groupe d'américains débarquent et s'installent; Je vais donc moi même réclamer à la reception. Mais le receptionniste ne daigne pas me répondre; Heureusement je me rappelle que cela ne sert à rien de s'enerver dans ce pays. Il continue à parler en je sais pas quoi avec Bouba et ses deux copains; Finalement on nous annonce que le receptionniste a pitié de nous et nous propose l'hospitalité chez lui. Il parait qu'il y a douche et ventilateur. Et ce sera toujours mieux que de dormir dans la voiture;

On dine d'abord à l'hotel. Le diner a un prix affiché plutôt cher à 5000f mais la cuisine n'est pas terrible; Mais ca passe.

On part toujours avec Bouba pour la maison du receptionniste, qui lui reste à son poste toute la nuit; Bouba semble bien connaître la ville car il s'engage dans des petites rues sans hésiter; Il s'arrète devant une maison à un étage. On franchit le caniveau sur une petite planche et on entre dans une cour où des enfants jouent;

On monte par un escalier étroit au premier; Là c'est franchement sinistre, éclairage au néon, murs de béton et portes métalliques; On traverse plusieurs passages à l'odeur de chiottes de gare. Puis on arrive dans une double pièce avec dans la première partie une pile de matelas. mousse; Dans la deuxième partie il y a un autre grand matelas mousse avec une moustiquiaire au dessu. Une fenêtre donne sur la rue et on voit en face les terrasses des maisons sur lesquelles les familles vivent avec les enfants qui jouent et les femmes qui y font la cuisine;

Il fait à vrai dire assez chaud. Mais on nous trouve un ventilateur, Bouba nous monte nos bagages,il y a déjà un serpentin qui brule; Enfin c'est plutôt rigolo de voir l'intérieur d'une famille. Il parait que tout l'immeuble est occupé par une seule fammille; Avec deux ou trois frères, leurs femmes et leurs enfants;

On va prendre une douche dans la salle de douche qui fait wc au moyen d'un trou dans le sol. Trou qui comble de luxe est bouché par une petite trappe. Anne aime pas trop les araignées au plafond et moi j'aime pas trop la couche de poussière sur le rebord de la fenêtre où je pose ma serviette, mais cela fait du bien de se doucher après cette journée de poussière et de transpiratiion.

J'ai peur d'être dévoré pendant la nuit par les moustiques, malgré une vague moustiquiaire à la fenêtre et une autre moustiquiaire qui baille au dessus de notre matelas; Je prends donc mon anti-moustique avec moi dont je m'aspergerai plusieurs fois pendant la nuit; Bouba dort à coté de nous dans la première partie de la pièce;

Lundi 10 aout

On se lève vers 7h après ma foi une plutôt bonne nuit. On a même pas été réveillé par le mezuine dont je redoutai le chant dans cette ville musulmane; Je prends une douche, puis on retourne petit déjeuner à l'hotel;

Le petit déjeuner est lui aussi cher et médiocre; Avec notamment du jus d'orange type tang;

Puis le copain de Bouba qui était avec lui lorsque nous attendions pour une chambre hier, nous prend en main. En fait c'est le guide local qui va nous faire visiter la ville;

On s'arrète à une échope pour acheter des péllicules photos; Alors que le gars en demande 3000 cfa pour une 36 poses. On négocie et on finit par gagner deux pour 4000 cfa prix sur lequel on s'est montré assez ferme;

D'abord le guide nous emmène dans une longue pirogue pour nous faire faire un tour sur le fleuve Niger.

fleuve Niger

On embarque sur les bords d'un affluent du Niger. le Bani

Bani Car Mopti est pratiquemment entouré d'eau à la croisée des deux rivières; C'est d'ailleurs en prévention des crues annuelles que les maisons sont ici construites avec un étage.

Notre pirogue est si longue, au moins vingt mètres, que je crois d'abord que l'on est suivi par un autre bateau avant de comprendre que le bruit de moteur que j'entends au lon derrière, c'est le notre. Tant mieux car comme cela on est pas assourdi. La pirogue est plutôt étroite avec des petits bancs dont un avec trois coussins de front sous une petite paillotte où on s'installe; Heureusement que l'on est à l'ombre car lorsqu'un bout de soleil parvient à nous atteindre sa morsure est brulante.

On passe à coté d'une île où vivent pas mal de pécheurs; Il parait que chaque année elle est couverte par l'inondation et alors les habitants emportent leur toit de paile pour se réfugier sur le continent et reviennet à la décrue récupérer ou reconstruire leur maison.

On passe devant le port où cela grouille de pirogues. Ces pirogues servent à la pêche à la traversée du fleuve et au transport de marchandises; Notamment pour les échanges avec Tombouctou qui est aussi au bord du fleuve;

Tombouctou

Certaines pirogues peuvent être énormes jusqu'à 20 tonneaux parait il et transporter des moteurs ou des voitures; On s'arrète d'ailleurs à un endroit où il y a un chantier naval où les pirogues sont entretenues ou construites; Et on peut en toucher une très grande, qui effectivement est impressionnante, avec le bastinguage qui arrive à 1m50 du sol et de 6 ou 7 mètres de large.

On descend aussi pour voir des pécheurs qui ramènent leurs filets au bord. Avec les petites maisons qui sont au bord de la plage. Elles sont entourées d'une palissade en paille pour faire un enclos aux moutons et à la basse cour. Les femmes sont dehors et font la cusiine devant leur maison. Les enfants jouent dans l'eau et nous disent souvent "cadeau" ou "bic". Manifestement ils savent ces mots de français avant de savoir dire bonjour. Peu de gens d'ailleurs parlent français hormis quelques bonjours deci delà.

On revient à notre point de départ sur le Bani. On voit bien la frontière entre le Niger et le Bani car le Niger a des eaux moins jaunes. On passe aussi à coté d'une énorme maison à en juger par son mur d'enceinte qui est très long.

On retrouve Bouba qui pendant notre balade nautique a été faire valider nos passeports au poste de police local. Ce qui nous a couté deux fois 2000 cfa de taxe.

On reprend la voiture tous ensemble et on va se balader un peu dans la ville;

On s'arrète devant la mosquée qui est hérissée de petits dômes en forme d'obus ou de suppositoires; Il y a aussi des morceaux de charpente en bois qui dépasse un peu partout du toit; Il parait que c'est pour permettre l'entretien de la toiture; Car chaque année tous les croyants consacrent une journée à l'entretien de la mosquée. Ils s'y mettent tous ensemble, c'est un peu une fête avec musique et chants. Les uns refont le crépi pendant que les autres restaurent la toiture, etc;

Le guide local nous fait arréter devant une maison avec une boutique d'artisanat au premier étage; On y monte jetter un coup d'oei mais il n'y a vraiment rien d'interessant, hormis une petite sculpture de cycliste qui tente Anne mais le vendeur en demande 7500 cfa et elle tente en vain de l'avoir pour 2000cfa.

On marche dans les petittes ruelles d'un quartier habité par des peul sédentarisés. Ce sont des toutes petites ruelles qui serpentent entre les murs des cours de maisons. Derrière ces murs il semble y avoir de vastes cours où on peut rentrer le bétail le soir de retour des champs et où toute la famille peut vivre; Les murs et maisons sont faites de briques de terre séchées mélées à de la paille.

On passe par une petite place où se trouve un arbre à palabres; C'est là que se tiennent le soir les anciens qui débattent entre eux les sujets à arbitrer;

Le guide local nous fait remarquer que les peuls ont autour de la bouche une trace plus noire que leur peau qui est caractéristique de cette ethnie. Il parait que c'est fait avec des épingles et que cela vient en plus des scarifications;

peul

On passe devant le petit marché. Il parait que c'est le marché aux condiments, où les femmes viennent quotidiennement pour acheter de quoi nourrir leur famille. Alors que le grand marché qui a lieu le Jeudi, est l'occasion de vendre et d'acheter ses produits; On demande à faire un tour dans ce petit marché ou "marché pour femmes". C'est effectivmene tpas très grand, mais c'est une vraie ruche humaine avec des femmes partout habillées de robes multicolores très jolies avec souvent un turban. Elles se pressent entre les allées de petits étals; Cela sent bon toutes les épices; Il y a ausis un coin aménagé pour les bouchers avec des tables de bois disposées sur une dalle en ciment; Et dans un autre coin on trouve aussi du poisson séché; C'est étonnant à quel point cela bourdonne et combien cela sent bon dans ce marché.

On marche encore un peu sur la plage. Anne y négocie deux calebasses destinées à devenir des saladiers; Puis on arrive dans un restaurant sur une terrasse au dessus de la plage; Bouba nous propose d'y déjeuner. Mais comme il n'est encore que 10h30 on a pas faim et on se contente de boire; Le guide local nous quitte là.

Comme il y a plein d'enfants et d'hommes qui se baignent sur la plage juste en dessous de nous, j'hésite beaucoup à en faire autant; D'abord on décide de rejoindre Bouba qui doit être à la voiture, puis comme on ne le voit pas je me décide à profiter de cete attente pour me baigner;

Les hommes se baignent nus, j'hésite à en faire autant mais comme Anne me dit qu'ils cachent tout de même leur sexe avec leur main avant de rentrer dans l'eau, je décide de garder mon calecon. L'eau est excellente presque trop chaude. Assez jaunasse et j'évite d'en avaler; Il y a des enfants qui se mettent à nager avec moi. Finalement je suis bien content de l'avoir fait;

Je fais sécher mon calecon sur la banquette arrière de la voiture; Et on repart pour de nouvelles aventures en direction de Djenné.

On a trois heures de route environ pour y arriver. C'est du goudron donc cela devrait aller tout seul. C'est compter sans les ralentisseurs qui sont plutôt énervants bien que Bouba les passe très lentement; Ils y en a partout; Anne m'apprend des chansons de beuveries;

A un moment on double un taxi brousse en panne et il y a un blanc sur le bord de la route qui fait du stop; On s'arrète pour voir ce qu'ils désirent; En fait leur taxi brousse est bien en panne et ils sont trois blancs à vouloir continuer leur route; Anne leur propose spontanément et généreusement notre voiture; Et nus voilà repartis avec le père, la mère et la fille Cloé à l'arrière avec moi tandis que Anne et Bouba sont toujours devant; Ils parait que cela fait deux heures qu'ils sont arrétés là et qu'il y a très peu de voitures qui sont passées dans ce sens;

On papote un peu puis je me plonge dans mon bouquin.

On arrive au bac qui traverse un bras du Niger; il y a plein de monde sur la berge d'en face qui reviennent du grand marché de Djenné qui a lieu aujourd'hui Lundi. On attend un peu le bac puis on monte dessus dans la voiture car il y a de l'eau à l'entrée du bac; C'est un grand bac à moteurs, tout métallique; On a enfin un peu d'air frais au milieu de la traversée.

Djenné

On arrive tous ensemble à :' hotel camping de Djenné. La petite famille de français y descend aussi; Ils voyagent ainsi avec des moyens de baroudeurs pendant 1 mois de vacances au Mali. Bouba nous trouve une chambre. Mais elle n'a ni ventilateur, ni salle de douche. Et en plus les moustiquiaires aux portes et fenêtres sont sommaires; L'hotel est encore plein d'espagnols et autres touristes. Heureusement les espagnols s'en vont et on peut récupérer une autre chambre qui a une salle de douche et un ventilateur. Il y a même une table et une prise éléctrique où je pourrai brancher mon ordinateur. Par contre en matière de protection anti-moustiques cela semble tout à fait inefficace leurs moustiquiaires. On aura beau gazer une bonne moitié de bombe d'insecticides achetée au marché rien n'y fera les moustiques sont encore là quand on se couche;

Avant cela on a pris un verre d'eau sous la paillotte qui sert de restaurant à l'hotel; En fait les chambres sont toutes comme des bungalows distribuées au rez de chaussée autour de cette paillotte.

L'orage gronde au loin et un gros vent nous balaie toute la poussière dans la figure, mais on décide tout de même d'aller voir le marché et la ville.

On est accompagné de nouveau par un guide local et par Bouba. La pluie tombe d'abord gentiment et j'ai pris avec moi mon blouson de Chine. Puis elle devient franchement forte quand on arrive au marché et on se réfugie sous un arbre alors que tous les vendeurs et acheteurs se débandent eux mêmes vers les abris.

On profite d'une accalmie pour aller voir la mosquée. Elle est très grande avec cent piliers à l'intérieur parait il. Ici aussi il y a des bouts de charpente qui dépassent et des suppositoires sur le toit; Le guide local nous fait faire le tour de la mosquée en passant par des petites ruelles où coulent des ruisseaux de boue dans lesquels on tente de ne pas glisser. Les ruelles sont ici aussi étroites.

On revient sur la place et on monte sur la terrasse d'une maison communale pour admirer la vue sur la ville. On voit tous les gens qui ressortent de leur abri pour se remettre à leur marché; Mais une nouvelle averse commence et fait détaler de nouveau tout le monde; Nous aussi nous rentrons à l'abri de la maison. Nous redescendons au rez de chaussée par un escalier étroit.

Puis on se promène encore dans le marché; On voit des femmes peuls qui viennent parait il chaque jour vendre le lait de leurs vaches. On voit aussi la partie reservée au marché aux bestiaux qui est passablement desertée à cause de la pluie.

Un peu partout les gens ont repris leur étal avec leurs produits étalés sur une bache dans des flaques de boue. Le guide local nous propose de nous montrer un magasin d'artisanat mais je l'arrète tout de suite.

On voit des étals de coton. Ce qui me permet d'en voir à l'état brut; On peut déjà reconnaitre notre coton hydrophile avec des petites graines qui sont incrustées dedans. Il parait qu'ils retirent les grains pour en faire de l'hile. Et le coton proprement dit leur sert pour fabriquer des couvertures ou des coussins.

coton

On voit aussi des cacahuètes fraiches, qui sont comme nos cacahuètes séchées mais encore vertes et tendres.

cacahuètes

On rentre à l'hotel. Bouba vient dans notre chambre prendre une douche. Tandis que je fais une sieste. Puis j'écris ces notes sur mon ordinateur qui est tombé en marche aujourd'hui. Anne va prendre un verre avec Bouba. Puis elle vient me chercher pour diner. Il fait beaucoup plus frais dehors que dedans.

On dine d'une assiette de spaghettis, petits pois, poisson frit. On parle un peu puis on rentre se coucher. Anne a mal au ventre. Je termine ces notes, avant de prendre une douche et de me coucher.

Mardi 11 aout

Bouba toque à 6h on met du temps à se lever. On prend une douche puis on petit déjeune avec du thé et du lait chaud;

On part en voiture vers 7h et on traverse des paysages où alternent les paysages de cultures et les zones pierreuses desertiques. A un moment on voit même une rizière à gauche de la route et un desert sur la droite; La route est bordée de quelques arbres notamment des rogniers, sorte de cocotiers locale. :ié refid=div.rognier

On s'arrète au poste d'essence de Bandiagara. D'abord l'endroi tsemble desert, puis des jeunes d'une vingtaine d'années nous abordent et engagent la conversation.

Ils me parlent d'une cascade toute proche où ils se proposent de nous guider; Puis je ne les vois pas du tout venir lorsqu'ils me parlent des noix de cola. En me conseillant d'en avoir toujours avec moi en guise de cadeau à offrir plutôt que de donner des bics ou de l'argen; En fait c'était habilement amené une proposition de vente de noix de cola cultivées par le père de l'un d'eux; Ils parlent très bien français. On des expressions de jeunes et me parlent de Zidane le footballeur célèbre depuis la coupe du monde que nous avons gagné en juillet; D'ailleurs plusieurs fois pendant ce voyage des gens nous ont félicité pour la coupe du monde;

Sur la route on voit au passage des villages avec des maisons de pierres qui sont les premiers villages Dogons;

Sanga

On arrive vers 13h après 6h de route au village Dogon de Sanga.

On loge à l'hotel campement du village; On nous attribue une chambre dans un petit pavillon style lodge qui est sur une colline un peu plus loin que le campement lui même; On va y installer nos affaires; :

Le pavillon est plutôt décati avec une serrure qui ne marche que mal, des meubles un peu disparates, des portes qui ne ferment pas sauf avec deux pierres pour les coinser. Il n'y a pas de ventilateur et que de mauvaises moustiquiaires; Pas de chasse d'eau aux wc auxquels on accède par la terrasse. Il n'y a pas non plus d'éléctricité et ce soir on viendra nous allumer des lamps à pétrole; Mais le tout est charmant, on dispose de trois chambres, d'une pièce de séjour, d'une cuisine et d'une salle de douche; Il parait que graecirc;ce au vent qui souffle dans les environs il n'y a pas de moustiques.

A la sortie de notre pavillon qui est avec deu xou trois autres du même style il y a tout un groupe d'indigènes qui attendent des clients éventuels pour on ne sait trop quoi. Et de même à la sortie du batiment principal du campement il y a bien une trentaine de noirs qui attendent pour faire les porteurs ou les guides; Sans compter ceux qui nous abordent pour nous proposer de faire un tour dans leur magasin d'artisanat; Bref le tourisme semble assez développé dans le coin et pas mal d'activités tourne autour;

Bouba qui a extrément confiance en lui, ne doute de rien et s'est même permis de coincer Anne dans un coint pour lui voler un baiser.

On retourne déjeuner au campement, où on prend une salade de concombres macédoine, puis de la viande et des haricots verts; Anne ne prend pratiquemment rien car elle a une bonne tourista.

On retourne dans notre pavillon pour y faire une sieste de 3h à 5h. Je dors difficilement car la porte de notre chambre claque avec le courant d'air, malgré les deux pierres qui sont censées la bloquer; Il faut que je comprenne qu'elles doivent être conjuguées pour que la porte reste bien fermée; Bouba ronfle dans la pièce à coté;

On redescend au campement où on trouve un guide local. C'est un vieux monsieur musulman de 60 ans qui est très gentil et calme. Il parait que c'est obligatoire au Mali d'avoir des guides locaux; Il nous conduit dans le village lui même où on fait une balade à pied;

On serpente dans des petites ruelles étroites. Où parfois on ne peut même pas passer à deux de front; Le sol est assez caillouteux; Et de part et d'autres de ces ruelles s'élèvent des murs qui ceignent des cours de maisons en pierres.

On passe par la place du village où on lieu notamment les fêtes des funérailles.

fête des funérailles

fête des masques

Le guide nous explique qu'ils ont aussi la fête des masques qui n'a pas lieu chaque année. Elle consiste à rendre homage au plus vieux du village;

Car le plus ancien est automatiquement le chef du village. Dans chaque famille on trouve plusieurs batiments disposés autour de la cour. Et un de ces batiments reste inoccupé à l'intention du grand-père de la famille si un jour il devient le plus ancien du village; Alors ce jour là il aménage dans cette maisonnette au fond de la cour et il habite là jusqu'à son décès et remplit les fonctions de chef.

On passe ainsi à coté de la maisonnette qui était occupé jusqu'à il y a peu de temps par le plus ancien, mais il vient de décéder et son successeur n'est pas encore nommé;

Il y a aussi la fête des cultures. Mais ils n'ont pas de fête de circoncision bien qu'elle soit pratiquée.

circoncision La majorité de la population est restée animiste. Mais il y a une mosquée devant laquelle on passe.

On voit aussi la case aux palabres. Ici c'est une case avec un plafond en pierres très bas. De facon que si une personne n'est pas contente de l'arbitrage qui est rendu par les anciens et que s'il se lève brutalemment sous l'effet de la colère, il se cogne la tête sur le plafond.

On rend visite au forgeron qui a son apprenti qui doit pas avoir plus de six ans et qui manie le soufflet. Tandis que le forgeron manie son marteau et ses pinces; Il nous passe ses outils qui sont assez rustiques, le marteau n'a pas de manche par exemple. Il nous montre certains de ses produits et le guide nous propose d'en acheter. Il y a un bracelet qui n'est pas trop moche.

Ici les gens se font force salutations lorsqu'ils se rencontrent. Ainsi notre guide sort à chaque fois toute une litanie de paroles intelligibles mais toujours les mêmes auxquelles l'interlocuteur répond en meêm temps par la même chose. Il parait qu'il n'y a pas de marque de respect particulière et que l'on dit la même chose aux jeunes ou aux vieux;

On voit pas mal de greniers à mil qui sont très grands ici. En principe ils peuvent contenir la provision pour toute une année et pour toute la famille.

grenier à mil dans tours carrées du Mali photo

On rentre au campement et on offre un tonic à notre guide; Il nous raconte qu'il est parti seul en 1978 pour visiter la Lybie et le Cameroun. Ce qui explique probablement son caractère ouvert et posé. Maintenant il habite ici avec ses deux femmes et ses trois enfants; Il a du avoir ses enfants tard car il a bien 60 ans et seul un de ses enfants a plus de dix ans qui est l'aecirc;ge à partir duquel on les fait travailler aux champs;

Il nous explique que chaque habitant doit payer une taxe forfaitaire de 1400 cfa par an et par membre de la famille entre 14 et 60 ans. C'est un impot plutôt lourd et tout le monde ne parvient pas à le payer; Ici la culture essentilele c'est le mil. Qui est complétée par la culture potagère notamment des oignons. Le représentant de l'administration centrale est le chef d'arrondissement qui habite ici car c'est le chef lieu. Lorsqu'il recoit une communication de Bamaco alors il rassemble les 57 chefs de villages de l'arrondissement et leur communique l'information qu'eux mêmes se chargent de démultiplier. Tous les villages de l'arrondissement sont dogons.

Il y a un barrage qui fournit de l'eau pour les potagers mais les cultures restent tributaires des pluies qui sont très irrégulières selon les saisons;

Le village est jumelé avec Chesny dans l'Yonne. C'est ce jumelage qui procure au village un médecin, un infirmier et de nombreux médicaments. On est passé d'ailleurs devant la pharmacie.

On nous annonce le diner à 19h 00 comme l'a précisé le garcon. Du coup on est servi vers 19h30 dans la cour du campement; On a une soupe à l'oignon très bonne puis un couscous viande. Anne est encore plus malade mais on papote tout de même alors qu'elle reste affalée sur la table.

Le gérant de l'hotel est un homme très efficace qui porte des chaussures vernies noires, une veste et une cravate. Il va de table en table et répond à toutes les demandes des touristes. Il nous a même apporté spontanément une table basse alors que l'on prenait notre tonic tout à l'heure devant l'hotel.

On rentre se coucher. Les lampes à pétrole nous attendent déjà allumées. On allume aussi un serpentin.

Mercredi 12 aout

La pluie commence à tomber dès 4h du matin et on voit de nombreux éclairs au travers des persiennes de notre chambre; Bouba vient nous réveiller vers 5h45. Après une petite douche on va petit déjeuner au campement;

Anne est heureusement plus en forme qu'hier et peut petit déjeuner correctement.

Vers 7h on retrouve notre gentil guide local et on part tous les quatre à pied. On quitte le village pour s'engager sur un plateau complètement pierreux et desertique. On dirait quelque chose de volcanique; Le jour est levé mais le soleil reste bien caché par de gros nuages noirs qui menacent au loin. Je me dis qu'il va pleuvoir mais que nos guides ont décidé de faire la balade tout de même. Mais en fait avec le peu de capacité d'anticipation des africains ils attendent de recevoir les premières gouttes sur la tête pour s'interroger sur l'opportunité de faire demi-tour;

On rebrousse donc chemin mais évidemment la pluie ne tarde pas à tomber très fort et on a beau se réfugier chez des indigènes qui habitent avant le village, on y arrive trempés. Il y a déjà là dedans un couple d'allemands et leur guide. Plus toute une famille qui se tiennent au sec. La maison est moitié en pierres et moitié en banco avec un toit en tôle qui ne doit pas beaucoup preserver de la foudre.

Mon blouson de Chine est bien trempé et s'avère peu imperméable à juger par l'&eacut