Pour un décollage prévu à 23h30 de Roissy sur la Varig, compagnie brésilienne, je pars évidemment en retard de la rue Vital. Mais heureusement il n'y a pas trop de circulation ce Jeudi soir d'aout. J'arrive à Roissy 40mn avant le départ. Mais de toute facon l'avion n'est pas très plein et il n'y a pas de queue au comptoir. Mais j'ai quand même eu le temps de m'inquièter un peu et la valise a été préparée un peu à la hate. J'ai récupéré au dernier moment les 2 cassettes avec l'introduction du guide sur la Bolivie, de l'agence Tawa, que mes voisins les Louvet m'ont gentiment enregistré.
Dans l'avion qui vient d'Amsterdam, je me retrouve seul sur une banquette de 2 sièges à coté d'un hublot. Je m'allonge sur des deux sièges. Je ne dors pas trop mal en chien de fusil, hormis les genoux qui réclament un peu de détente au bout de quelques heures. On arrive à Rio vers 5h30 heure locale après 11h de vol. On a une vue magnifique sur les lumières de la ville et la mer, mendant la descente.
On survole à basse altitude une bonne partie de la ville et je vois le" tracé des grandes avenues éclairées. On redécolle de Rio sans être sorti de l'avion. Après 50mn de vol on arrive à Sao Paulo.
Je me retrouve dans la salle de transit. Je demande à une gentille hotesse brésilienne de trouver le numéro des Lafeuille, mais ils ne sont pas dns l'annuaire.
Une américaine en transit aussi m'aide à aller au duty free acheter du champagne pour l'anniversaire de Gonzague. J'en profite pour faire obtenir des petites coupures en dollars avec 2 de mes billets de 100 dollars. Ce que je n'avais pas p– faire à Paris. Car dans tous les guichets où j'avais essayé à Paris, on m'avait expliqué que ce n'était pas possible, car ils n'étaient pas assuré si mon billet de 100 dollars était faux. Un guichetier m'avait même dit que le seul moyen était d'aller à la Federal Reserv Bank!
Après 1h30 de transit je remonte en avion avec ma bouteille de de Cordon Rouge, pour un vol jusqu'à Santa Cruz. Il y a une heure de plus de décalage entre le Brésil et la Bolivie. Soit 6 heures par rapport à Paris. On repart de Santa Cruz après avoir largué quelques passagers, sans être descendus de l'avion. Et on arrive à La paz vers 13h45. J'ai presque fini d'écouter les deux cassettes des Louvet. La Bolivie m'est donc déjà moins inconnue.
L'aéroport est tout petit et je ne risque pas de rater Gonzague. Mais au bout d'une dizaine de minutes d'attente en compagnie d'une hotesse de la Varig il faut bien constater qu'il n'est pas au rendez vous. Je suis en lacoste alors qu'il neige dehors. Je commence donc par sortir mon blouson de ski de mon sac. Puis Ninesco l'hotesse de la Varig, m'emmène au bureau Varig. Je téléphone au bureau american express de La Paz, où nous avons convenus de nous laisser un message avec Gonzague en cas de retard. Mais il n'y a pas de message de lui. Alors je téléphone à des amis de Béatrice du Manoir et de Raphaele de la Chaise. Mais ils sont boliviens et ne parlent qu'assez mal anglais. Ils me disent tout de même qu'ils peuvent me recevoir le lendemain et me conseillent un hotel. L'hotel Eldorado. Cet hotel m'est aussi conseillé par le type d'american express, qui est très gentil avec moi et me propse même de m'y reserver une chambre. Je suis un peu viré du bureau Varig. Ninesco me met dans un taxi.
Le taxi prend l'autoroute qui descend à La Paz. Elle est mlagnifique, descendant du plateau où est l'aéroport jusque dans le canyon où est nichée la ville, avec la neige le long de la route et une vue qui doit être très belle sur les sommets environnants. Dans la ville il y a pas mal de trafic et cela a l'air assez animé.
Arrivé à l'hotel, je fais du change pour payer le taxi 25 bolivianos. Avec 20 dollars j'obtiens 79 bolivianos, sachant que le dolar est à 5f, cela mets le bolivianos à 1,20f.
Je me retrouve dans la chambre 201. Et je me demande où peux bien être Gonzague. Le type d'American Express, pousse la gentillesse jusqu'à appeler pour s'assurer que je suis bien arivé. De mon coté je téléphone à l'agence Tawa pour laisser un message à Gonzague et pour le demander ce qu'ils proposent comme excursions au cas où je dois occuper ces 3 semaines seul. Ils ont l'air d'avoir pas mal de choses à proposer et je suis donc un peu rassurer sur mon sort dans le pire des cas.
Je bouquine un peu lorsque le téléphone sonne et c'est Gonzague qui m'annonce qu'il est dans la ville et qu'il arrive. Il a été ralenti par la tempête de neige et a d– abandonner sa moto à la frontière du Pérou et terminer le voyage en bus. Finalement il a juste assez de retard pour que j'ai eu le temps de m'inquiéter un peu et d'envisager de passer mes vacances seul.
Du comptoir de l'hotel j'ai aussi essayé d'appeler les 2 membres de Servas qui habitent La Paz, mais sans succès.
Gonzague arrive, on est content de se retrouver, je change de chambre pour que l'on puisse être à deux. Il parait que mon choix d'hotel est très luxueux. Et il est content de se plonger dns un bain chaud pour se réchauffer du froid qu'il a affronté depuis la veille.
On va diner dans un restaurant argentin un peu plus haut dans la ville. La ville a l'air assez animée. On mange un bon steak et une saucisse grillée avec une salade et un cocktail au citron. que Gonzague appelle Pisco et qui est ssez bon. Ce repas de fête nous co–te une fortune soit 97 bolivianos.
Dans la rue il fait décidément assez froid et on supporte très bien un chandail avec le blouson de ski. On a peine à croire que nous sommes le 21 aout. En redescendant à l'hotel on passe devant plusieurs galeries de jeux vidéo. Gonzague achète des kleenex dans une échoppe sur le trottoir. Il parait que c'est une denrée rare. Et qu'en général le mouchoir national est le pq. On hésite à sortir, mais on est un peu fatigué. On papote un peu avant de nous coucher.
J'ai le mal de tête caractéristique de l'altitude. On est tout de même à presque 4000m, puisque la ville s'étage de 3000 à 4000m. Je crois que c'est la première fois que je monte à une telle altitude.
A cause de cette altitude, cette ville a la caractéristique d'avoir ses quartiers pauvres en haut, avec les plus pauvres carrément sur le plateau de l'Alto. Et ses quartiers résidentiels et riches en bas, là où il y a plus d'air et de végétation.
Sous l'effet du décalage horaire je suis réveillé dès 5h30. Je bouquine les 3 Mousquetaires en attendant de réveiller Gonzague vers 7h30. Je décide de faire des exercices d'abdominaux et des pompes chaque matin et je commence tout de suite. Puis je prends un bain puisqu'il parait que nous n'en n'aurons pas d'autre avant longtemps. On descend petit déjeuner, on commande des oeufs.
Puis on sort pour se balader dans la ville. On remonte jusqu'à la place San Fransisco.
place San Fransisco Comme me l'on raconté les Louvet c'est le coeur de la ville, autour de cette place on trouve de nombreuses rues populaires et commercantes. Elle se situe un peu plus haut dans la ville que notre hotel qui lui est à la hauteur de l'université dans la partie moderne de la ville.
Sur le chemin on est passé au bureau American Express abrité par Magri Tours. J'ai remercié le type qui a été si gentil avec moi la veille. Gonzague n'a pas pris un fax de sa cousine Fabienne qu'il a déjà recu à Lima, car ici il faut payer pour retirer des fax.
De la place San Fransisco on prend la rue Sagarnagor, qui est une des rues les plus commercantes où se situe l'agence Tawa.
rue Sagarnagor Le patron Pierre que Gonzague avait rencontré à un salon de l'aventure à Lyon avant son départ, n'est pas là. La fille qui nous recoit est très gentille mais reste assez professionnelle. Pierre exploite non seulement l'agence, mais aussi un restaurant à coté qui le soir fait pegna. C'est à dire bar avec orchestre folklorique.
pegna La fille nous indique l'hotelleria Republica, qui semble charmant mais est complet, et l'hotel Torino, où vont de nombreux touristes.
On y va tout de même reserver une chambre, qui s'avère plus économique que l'Eldorado, car on passe de 140 à 30 bolivianos pour 2!
L'hotel Torino est près de la place Murillo qui est le centre du gouvernement, avec le palais présidentiel et le palais du parlement. Il y a aussi la cathédrale sur cette même place. Murillo est l'instigateur de l'indépendance à La Paz. Il a fondé une junte indépendante en 1809, qui f–t matée au bout de quelques jours. Et le pays ne devint indépendant qu'en 1825.
On se balade dans les petites rues du quartier qui serpentent et grimpent sur les flancs du canyon de La Paz. On était entré avant dans l'église San Fransisco, qui est une église de style baroque métisse, avec beaucoup de dorures. C'est un lieu très fréquenté par les indiens qui y apportent beaucoup d'offrandes.
On redescend à l'hotel Eldorado, où on a rendez vous à 13h avec José Terrada, le monsieur que j'ai appelé hier de l'aéroport. On paie l'hotel en faisant un peu de change et on met nos bagages dans la petite volkswqagen de notre nouvel ami. Il nous conduit au travers de la ville et nous descendons dns les quartiers résidentiels. Celui où ils habitent s'appelle San Miguel.
Il s'y ait fait construire une maison moderne au milieu d'un jardin petit mais fleuri. José nous présente à sa femme et à ses deux filles présentent. On nous offre un cocktail assez bon, du genre pisco. Je suis plus ou moins la conversaqtion car personne ne parle français, sauf le gendre qui travaille dans une compagnie minière d'etain. Qui est une ressource importante de la Bolivie actuellement. On déjeune à 6 à la table familiale. Le déjeuner est très bon. On a la soupe traditionnelle au début et à la fin le traditionnel mathé, ou thé à la feuille de coca. Que l'on a déjà bu la veille au soir. Cela n'a pas beaucoup de go–t, mais c'est rigolo de consommer un dérivé de coca‹ne.
mathé De la conversation il ressort que la situation politique est encore assez trouble et qu'en fait les gens se désinteressent des multiples soubressauts et changement de pouvoir. Le déjeuner tire en longueur, José Terrada nous offre un digestif et vers 4 ou 5h, comme on en a marre on parvient à amorcer un mouvement vers la porte. Mais la voiture de José a un pneu crevé et il faut le changer. Puis il nous dépose sur la route principale qui mène au haut de la ville. D'où on hèle un taxi collectif, reconnaissable à leur fanion vert.
On prend un premier taxi collectif jusqu'à San Fransisco, puis un deuxième en mini bus qui nous monte jusqu'à l'Alto, qui est la banlieue pauvre de La Paz perchée sur le plateau de l'Altiplano.
On arrive là haut un peu avant la tombée de la nuit. Avec la tempête de neige, on patauge un peu dans la boue. On traverse une arcade de l'autoroute bordée de maisons et de lamas qui paisent le peu d'herbe qu'il y a. Puis on arrive dans un quartier assez animé avec des rues en terre, mais des maisons en dur. Il y a plein d'échoppes dans la rue, des boucheries et des marchands de bouffe avec des gens qui dinene tne plein air. Le tout est balayé par le vent et il fait assez froid et la pénombre masque mal une pauvreté certaine. Mais c'est assez pittoresque.
On reprend un micro bus, pour redescendre dans La Paz à la place Murillo. On passe à l'hotel où on roupille une petite heure avant de ressortir. On cherche une pegna où finir la soirée en écoutant de la musique folklorique bolivienne. On fait le tour du quartier, mais les restaurants sont fermés et on ne trouve que deux pegna qui ne commencent leur soirée qu'à 22h30. En attendant on continue à cherche un bar ou un restaurant ou boire et diner; On prend un verre dans un bar, où il n'ont même pas d'eau minérale, situé en étage, il est assez desert. Dans un deuxième bar on refuse toujours de nous servir à bouffer, apparemment plus aucun restaurant ne sert après 21h30.
On retourne à la pegnba vers 22h30, on commande une soupe aux pommes de terre. Le spectacle ne commence que vers 23h35. C'est un peu décevant ce sont des groupes folkloriques, qui jouent une musique qui me semblent plus bruyante que musicale avec un espèce de gros tambour et une fl–te de pan pas très harmonieuse. Il ya pas mal de touristes dans la salle. Puis après des danseurs indiens qui calment un peu le jeu, il y a un comique qui ne me fait pas du tout rire, car certaines subtilités du castillan m'échappent encore. Aussi vers minuit je cède aux tentations du décalage horaire et je demande à Gonzague de rentrer. En rentratn on rencontre une bonne femme qui a peur de rentrer chez elle et nous demande des allumettes pour s'éclairer. Ne sachant pas si c'est du lard ou du cochon on lui donne des allumettes, mais on ne l'accompagne pas comme la galanterie française me le suggèrai tout d'abord.
On rentre à l'hotel, notre chambre est vaste et c'est sympa de marcher sur ce parquet, surtout avec la bonne odeur de cire qui l'entretient. Mais les plafonds sont hauts, les vitres fines et le chauffage inexistant, aussi on se couche assez rapidemment et je m'endors avec mon écharpe autour du cou et deux ou trois couvertures!
On se reveille vers 9h, le Dimanche matin rend les rues particulièrement calmes. On descend sur l'avenue principale du Prado et on pénètre dans un hotel pour y commander un petit déjeuner. Le petit déjeuner va nous co–ter 29 bolivianos soit presque aussi cher que notre nuit d'hotel.
Dehors dans la rue sous nos yeux, se déroulent des courses de tous genre pour les petits enfants du quartier Il y a notamment des courses de tricycles. avec tous les parents qui sont autour et qui encouragent leurs bambins. Cela met pas mal d'ambiance, dans cette ville desertée par la circulation de la semaine.
On repasse à l'hotel pour prendre nos affaires, on prend un taxi qui nous demande 10 bolivianos pour nous descendre à l'autre bout de la ville à San Miguel chez nos amis Terrada. Il remonte ses prétentions à 12 bolivianos, car on le fait passer au marché aux fleurs pour acheter un petit bouquet de remerciement pour nos amis. On a un peu du mal à reconnaitre la maison, avec un chauffeur tout à fait borné qui ne comprend même pas Gonzague lui dit d'avancer plus loin!
Mais en arrivant la servante indienne nous apprend que Monsieur dort encore et que madame est partie à la messe. On s'installe dans la cuisine pour trier nos affaires. On laisse mon gros sac boudin en dépot avec des affaires et notamment les pièces détachées de la moto que j'ai apportées de France. Gonzague compte les garder, malgré la mise en garde du vendeur de Paris, qui m'a dit que ce n'était pas évident que les pièces prévues pour une moto européenne fonctionnent sur une moto achetée à Dallas, particulièrement les roues dentées pour la chaine. Après quelques hésitations on ferme le sac boudin au cadenas. Puis on quitte la maison en le confiant à la servante indienne.
Sur le chemin on croise la voiture qui ramène la mère et la fille. On leur dit bonjour, puis on va prendre un taxi sur l'avenue. Le taxi nous monte jusqu'au cimetière. On arrive juste au moment où un car commence à se remplir avec Copacabana comme destination.
C'est à dire qu'il y a un type qui jugé sur le toit harangue les eventuels voyageurs en criant "Copacabana", comme s'il vendait des poissons. Et lorsqu'un passager se présente il hisse ses ballots sur le toit. Gonzague lui confie sa valise, moi je préfère garder mon sac à dos avec moi.
Pour un départ prévu à 14h, le bus part relativement à l'heure vers 15h et est relativement vide puisqu'il reste quelques places assises. Il fait assez chaud pendant l'après midi. Bien qu'il y ait de la neige sur les bords de la route.
On est arrété par un flic qui après avoir fait le tour du bus décrète que les pneus sont trop lisses, c'est à dire en traduction simultanée, plus vite vous me graisser la patte, plus vite vous repartirez. Des passagers dans le bus suggèrent que Gonzague déscende et se fasse passer pour un journaliste, prêt à faire un scandale. Finalement il nous laisse, sans qu'il semble que de l'argent est changé de main.
On arrive aux abords du lac Titicaca, vers lequel on descend avec de belles vues plongeantes.
On arrive au détroit qui sépare deux moitiés inégales du lac et que l'on traverse sur un radeau à moteur, tandis que le bus le traverse sur un bac, qui coule presque sous le poids. Il y a pas mal de courant à cet endroit, car il y a parait jusqu'à 500m de fond pour une largeur équivalente. Aussi les embarccations peinent dans la traversée. L'écoute du guide sur la Bolivie m'a appris qu'à cet endroit, Cousteau est venu explorer et à trouver notamment des grenouilles géantes de 50cm. Sinon le lac est peuplé de nombreuses qui ont été introduites au siècle dernier et qui peu à peu détruisent les nombreuses des poissons qui sillonnaient le lac>.
On assiste à un beau coucher de soleil. Et on arrive à la nuit tombée à Copacabana.
L'arrivée du car est attendue par 4 ou 5 personnes qui tentent de nous attirer chacun dans leur hotel. On en choisit qui nous propose une chambre avec douche chaude pour 12 bolivianos.
On pose nos affaires et on va se balader dans le village. Mais visiblement le Dimanche soir, tout est fermé et on se rabbat sur le restaurant voisin de notre hotel, où on a vu rentrer 4 touristes. Il n'y a plus de truite à servir, bien que ce soit la spécialité locale. Dans le restaurant il n'y a que nous et les 4 touristes, qui s'avèrent être un couple de motards français en side-car qui remontent depuis la Patagonie, où ils ont eu assez froid. L'autre couple sont aussi des motards britanniques en BMW qui eux ont carrément commencés en grande-bretagne traverseé la France, passé en Algérie, traversé l'Afrique. Puis d'Afrique du sud en Argentine, suivi du Chili d'où ils remontent à destination du detroit de Berhing pour peut-être continuer en Asie! Est il besoin de préciser que la conversation roule sur la vie du motard et les petits incidents que les uns et les autres ont p– rencontrer. Les britanniques finissent par manifester une envie d'aller se coucher et nous nous séparons.
On se reveille assez tôt vers 7h. Notre chambre qui est tout en de l'hotel avec une petite terrasse, bénéficie d'un beau soleil levant qui inonde la chambre. On utilise la douche collective de l'étage qui semble avoir un poil de pression en plus que celle notre chambre. Il faut le dire vite, car il fait assez froid, mais cela fait tout de même du bien. On va petit déjeuner dans un restaurant voisin. La confiture de papai est très bonne et Gonzague en demande un supplément qu'il termine avant que j'ai eu le temps d'en prendre.
On se balade dans la ville. On monte en haut du calvaire qui domine le lac à l'entrée de la baie.
Cela grimpe assez raide et on s'essoufle facilement à 4000m. Le sentier est parsemé de pierres car ce calvaire est gravi par les pélerins qui y lachent des pierres en symbole d'abandon de leur péchés. Il y a des croix qui figurent les différentes stations du chemin de croix le long du sentier. En haut on a une vue magnfifique sur la baie et sur le reste du lac. Gonzague prend des photos avec l'appareil que je lui ai apporté de France, cadeau de ses parents. Les seuls personnes qui sont en haut avec sont un bolivien expatrié aux Etats-Unis depuis 23 ans et son fils de 14ans qui a tout du gringo et ne doit même pas parler l'espagnol, avec son chewing-gum et son obesité prématuré.
On redescend pas très rapidemment à cause des pierres qui jonchent la descente. Puis on va visiter la basilique
On attend un peu pour rentrer car il y a un enterrement qui sort, avec toutes les femmes vétues de noir, on ne passe pas inapercu en jean et sac à dos. En fait il y a deux églises superposées. C'est celle du haut qui contient la statue miraculeuse de la vierge, qui fait l'objet du pélerinage qui draine toute une partie de l'amérique du sud vers Copacabana. Copacabana était déjà un lieu de culte et probablement le berceau de la religion Inca, avec sur le la les iles du soleil et de la lune, sur lesquelles étaient édifiées des temples. Copacqbana était déjà à l'époque des Inca un lieu de pélerinage. On voit une plaque en souvenir du passage de Jean-Paul 2 en 1988. La statue de la vierge est blanche aujourd'hui car il parait qu'elle change de couleur. L'édifice lui même est très grand avec ses murs tous blancs. C'est assez impressionnant voir éblouissant lorsque c'est baigné par le soleil comme à présent.
De là on va assister devant la basilique au baptême des véhicules qui ont lieu tous les matins. On arrive pour voir le prêtre bénir avec de l'eau bénite un bus, une voiture et un camion. On s'attarde à regarder le cérémonial quue met en oeuvre le propriétaire du camion : après l'eau bénite il asperge son camion avec la mousse d'un vin mousseux qui ne doit pas être fameux car à 10m on sent le nez vert. Puis il arrose son camion de confettis et de fleurs. Enfin ils boivent lui et sa famille le reste de la bouteille autour du camion. Tout ceci est très recueilli et la seule chose que je regrette c'est que cela serait plus gai avec des chants voir des danses. Mais cela reste très sérieux. Ceci dit quand on voit la facon dont ils conduisent sur ces pistes des andes, on comprend qu'ils tiennenet à mettre toutes leurs chances de leur coté et que l'eau bénite ne soit pas de trop pour les protèger du précipice. Surtout que leur camion doit souvent être toute leur fortune. :p;De la basilique on redescend près du lac. On s'assied un peu au bord de l'eau. Je go–te l'eau entre deux barques de pécheur tirées sur le sable. Elle vraiment fraiche, mais cela n'empêche pas une jeune indienne quelques mètres plus de se mouiller les cheveux pour se faires des tresses. On commande une bouteille de jus d'orange et d'une bière à la terrasse d'un café qui donne sur la plage. Puis on remonte dans le village pour déjeuner dans la cour fleurie d'un restaurant. Où on nous sert une truite assez bonne.
On repasse à l'hotel pour emballer nos affaires et on prend le bus qui part pour Pouno.
On est plutôt mal assis et surtout la musique est tonitruiante avec ces jugli-igleserie dont Gonzague essayait de prendre la défence ce matin, contre le Routard qui les critiquait. Mais là c'est vraiment difficle à supporter.
On peut prendre un peu l'air en sortant à la frontière péruvienne pour accomplir les formalités. On nous tamponne nos passeports. Et nous voilà au Pérou.
On descend du bus quelques kilomètres avant Pouno à Acora, qui est le village ou Gonzague a laissé sa moto.
Car Gonzague veut récupérer quelques affaires qu'il ya laissé et surtout vérifier que la moto est bien toujours là. Il l'a laissé en dépot chez les épiciers du village. On va dans la boutiqUE SUR LA PLACE PRICNIPALE. Mais les tenanciers ne sont pas là. Et c'est la soeur qui garde le magasin. On doit donc attendre leur retour. On s'assied dans le magasin, la soeur nous offre des petits pains, et quelques feuilles de coca à macher. Un vieil ivrogne vient s'assoeir entre Gonzague et moi et nous tient la jambe pendant un moment. La soeur est particulièrement grande pour une indienne.
La soeur nous apprend quelques mots d'indien, que nous oublions malheureusement aussitôt. L'indien parlé presque partout est le Ketchua. C'était la langue des Incas et comme les Incas ont dominé toutes les autres tribus du 13ième au 15ième siècle en imposant leur langue. Puis les espagnols on imposé le castillan, les idiomes mineurs ont peu résisté à cette double imposition.
Les tenanciers finissent par revenir de Pouon, où ils sont aller faire le plein. La femme semble assez contrariée de nous voir, peut-être était elle en train de négocier la vente de la moto? En tout cas celle ci est toujours dans la remise où Gonzague la ranger. Gonzague prend quelques affaires dans ses sacs et nous repartons après avoir précisé que nous viendrons prendre la moto dans une semaine environ. L'homme nous rejoint sur la route pendant que nous attndons un bus. Gonzague lui écrit quelques mots en français sur un papier.
On prend un bus qui passe, on est encore plus mal assis que tout à l'heure, mais il n'y a pas de musique. On a un beau coucher de soleil sur le lac Titicaca que l'on longe de nouveau.
On arrive à Pouno après la nuit tombée. On prend un de ces taxi-vélos. On est assis à l'avant avec nos gages aux pieds et le type pousse le tricylce en pédalant derrière nous. Il ne faut pas avoir peur de verser dans un trou de la chaussée ou de passer sous un des camions qui considèrent ces taxi-vélos visiblement comme tout à fait négligeables!
On paie le pousse-pousse 1 sol, soit 4f. Mais comme il y a eu une dévaluation les nouveaux sols sont équivalents aux anciens billets sur lesquels il y a marqué 1 million. On va dans l'hotel avait déjà été en face de la gare. On installe nos affaires dans une chambre qui donne sur la cour et qui est plutôt fraiche.
On va à la gare pour essayer de reserver nos billets pour Couscau, mais il est trop tard et on ne peut que se renseigner sur les horaires. Gonzague à l'intention de prendre des billets de première classe, craignant le confort des secondes.
On se balade n peu dans la ville. On s'arrête dans un bar pour boire un pisco. Deux jeunes filles rentrent pour nous vendre des chandails soit disant en pure laine d'alpaka. Comme elle est assez mignonne on engage la conversation, je suis sur le point de lui acheter deux chandails, mais finalement je n'en prends qu'un pour que la perspective de m'en vendre un deuxième soit une raison de plus pour qu'elle revienne nous voir à notre retour à Pouno le surlendemain. On donne rendez vous à Martha, en espèrant que la moche qui semble être la chef, ne soit pas encore avec elle.
On va dans un restaurant où il y a un orchestre qui joue des musiques folkloriques. On commande simplement une soupe. Il y a deux couples qui sont venus s'asseoir à la table en face, dont l'une des filles n'arrête pas de sourire à Gonzague. Au point que celui qui l'accompagne est obligé de lui donner des petites tapes pour qu'elle revienne parmi eux. Mais Gonzague n'ose rien faire dans ce cas difficile. Et ils s'en vont sans qu'une parole n'est été échangée. On rentre donc à l'hotel chacun avec nos fantasmes. Et la ville de Pouno nous laisse une assez bonne impression. On nous a déjà dit plusieurs fois de faire attention à nos sacs et aux voleurs, mais pour l'instant, nous n'avons pas eu de problème.
Je mets mon calecon long pour la nuit et on s'enfouit sous les couvertures glacées.
On se reveille assez tôt pour attrapper le bateau pour Takilé. Les mouvements de gymnastique sont un peu durs à faire dans le froid matinal. On petit déjeune à l'hotel. Comme c'est assez cher on se contente d'un petit déjeuner continental, qui nous laisse un peu sur notre faim.
On prend un vélo-taxi pour le port. On arrive sur le bateau qui part à Takilé à 8h35. On attend jusqu'à 9h pour partir. En fait il attend pour larguer les amarres d'avoir au moins 10 touristes, qui paie le prix fort de 8 sols, alors que les indigènes embarquent en ne payant que 1 sol! L'un dans l'autre quand on part on est une bonne quarantaine à bord plus tous les ballots. Il y a des gens ou des paquets partout y compris sur le toit de l'abri de la barque. Me rappelant de mon expérience des back-waters en Inde, j'essaie de rester assis loin du moteur, mais je manoeuvre très mal et me retrouve juste à coté de lui.
Un des membres d'équipage s'agenouille devant le moteur et commence à remonter les diférentes pièces qui ont besoin d'être rafistolées pour le démarrage. Il y en a pas mal qui tiennent par des simples morceaux de chaterton. Il parvient enfin à faire démarrer le moteur en mettant vraiment les mains dans le cambouis pour assurer les contacts. La traversée dure à peu près 3h30.
Comme redouté je suis assis à coté du moteur qui reste ouvert et qui m'exhale ses gazs au parfum de pétrole, sans compter le bruit qui prive de toute conversation.
On fait un petit détour, qui s'avère gratuit car non planifié, pour s'arréter sur une île flottante.
Il s'agit d'une partie du lac où il y a des bas fonds et où les indiens entassent des couches de roseaux coupés pour faire émerger une île qui flotte sur l'eau. Cela impose de rajouter des couches par temps de pluie pour que ce ne soit pas submerger et de veiller à ce que la partie émergée ne pourisse pas par temps sec. Mais moyennant cette maintenance permanente, l'île accueille quelques cabanes de pécheurs qui sont à pied d'oeuvre pour travailler. Les cabanes sont très éphémères et ressemblent plus à des cases tropicales qu'à des habitations pour vivre à 3800m. Car ils doivent démonter et remonter leur cabane à chaque fois qu'ils étalent de nouvelles couches de roseaux!
Malgré ces conditions difficiles il parait qu'il y a encore pas mal d'îles flottantes habitées, bien que celle que nous visitons soit pour les touristes et plus habitées par les pécheurs. Car les pécheurs ne veulenet pas être dérangés.
L'impression est marrante on marche sur un matelas, plutôt mou et qui a une certaine tendance à tanguer. Ceci dit on est tout à fait à pied sec sur un beau tapis genre paille. On fait un petit tour puis on remonte en bateau.
Dans le bateau parmi les touristes on sympathise avec un couple de brésiliens, Gilles et Luciana lui travaille à la reserve du Pentanal, ainsi qu'un américain Tim qu'il vient d'embaucher et qui les accompagne, avec une espagnole Maria dans ces bagages. Il y a aussi 3 suisses.
En arrivant à l'île de Takilé il faut commencer par monter 533 marches. Ce qui nous permet de constater qu'à presque 4000m on s'essouffle vite. Comme je suis un peu maso et que j'aime bien me dépenser, je propose à Gonzague de lui porter sa valise en plus de mon sac à dos. Ce qui me permet d'être bien fatigué en arrivant en haut avec le souffle vraiment court. Dans la montée on a croisé quelques touristes qui redescendaient pour repartir avec le bateau. Et puis un indien qui conduisait un troupeau pour le faire boire dans le lac. Il nous explique qu'il descend ainsi ses bêtes tous les jours. Ce qui est assez impressionnant quand on voit le nombre, l'irrégularité des marches et l'étroitesse du sentier.
En haut un comité d'accueil nous attend, Deux indiens en bonnet assis derrière des tables. on signe le livre d'or. On nous affecte une famille. On suit le père de famille qui nous amène jusqu'à sa maison.
Il semble très gentil, mais j'ai tout de même l'impression d'être pris dans une nasse commerciale. Ils nous installe dans une petite pièce annexe la maison avec un matelas de bambous, des couvertures, une table et un banc. Il nous explique que l'on est obligé de diner chez lui, car lorsque la nuit est tombée s'est difficile de revenir du village, que l'on dinera à part de la famille et il nous fait encore un baratin quelconque pour nous vanter les mérites du petit déjeuner chez lui qui nous sera facturé en supplément bien s–r. Mais tout cela reste aimaboe et on ne parle pas d'argent. Il nous propose de lui acheter les produits qu'il a tissé lui même. Car effectivement comme plusieurs hommes que nous avons déjà vu, il ne perd pas de temps et tricote lorsque il se déplace notamment en nous accompagnant au village. Car sa maison est un peu dans les hauteurs au dessus de la place du village.
Chaque maison est ceinte d'un petit enclos, mais les terres sont exploitées en communauté et le produit des cultures et de l'élevage est partagé entre tous les habitants de l'île. Apparemmenet c'est le produit des extra comme de recevoir des touristes qui leur permet d'avoir une petite enveloppe personnelle pour s'acheter le suprerflu. Car malgré l'absence d'éléctricité sur l'île. Il y a pas mal de postes de radios à piles et même des téléviseurs.
Notre nous descend donc au village, il nous amène dans le restaurant de son copain qui est le grand restaurant sur la place. On y commande une soupe et un poisson frit pour Gonzague. On fait connaissance avec deux suissesses qui sont arrivées par un autre bateau. Gonzague a la côte avec l'une d'elles mais elles ne doivent pas être très mignonnes car il ne relance pas tellement la conversation. On a une vue magnifique au travers des baies vitrées sur le lac, avec un beau ciel ensoleillé.
Il y a une coopérative sur la place qui vend les produits artisanaux, mais on la néglige. Notre hôte nous a quitté.
On se balade un peu dans le village puis à l'exterieur, on pousse jusqu'à l'école qui est sur une hauteur voisine. On longe des champs plus ou moins en terrasses dans lesquels paisent des moutons. Avec une adorable petite fille Rosa de 5 ans pour les garder. Elle joue notamment avec un agneau blanc grand comme un chaton, qu'elle nous met dans les bras.
Dans la cour de l'école il y a des enfants qui jouent au volley-ball et au football. Ils sont habillés dans des costumes folkloriques avec des grandes jupes pour les filles qui apparemment ne les empèche pas trop de jouer au volley-ball.
On comprend qu'il n'y a pas de véhicules sur cette île, car les chemins sont tellement jonchés de pierres qui faudrait commencer par faire venir une armée de buldozers pour pouvoir faire passer un 4x4.
On retourne sur la place du village, et on va dans un autre restaurant plus petit et sombre, où l'on retrouve les 2 suissesses qui s'installent avec nous, il y a deux indiens à une table voisine. Comme je commande du pisco, on m'apporte une bouteille de coca, pleine d'un liquide dont je bois une ou deux gorgées, c'est assez fort et plutôt mauvais. Il parait que c'est leur pisco local, mais qu'ils s'en servent aussi pour alimenter les lambes à pétrole! Je prends un coca après pour purger un peu ce cordial un peu spécial.
On papote, on papote, tellement que lorque le jour tombe et que je suggère de rentrer, Gonzague se montre peu pressé. Du coup on finit par rentrer, mais la nuit tombe et on s'égare, on ne sait plus très bien comment est notre maison, et encore moins le nom de notre hôte. Gonzague a égaré le papier sur lequel est inscrit le numéro de la maison. On demande dans diférentes maisons, sans beaucoup de succès. Gonzague me laisse dans la campagne pour pouvoir ratisser plus rapidemment les environs. Je me mets à chanter un peu de bel canto en attendant. J'entends des voisins qui profitent aussi de ce début de soirée pour s'entrainer à la trompette. Finalement Gonzague a réussi à trouver quelqu'un qui se doute de là où nous devons être logés. Ils reviennent me chercher et on arrive alors qu'il fait bien nuit à la maison de notre hôte. En fait on aurait fit attention elle était facilement repérable car c'est l'une des seules du voisinage à avoir deux étages. On arrive alors qu'il fait nuit noire et on est pas très fier, d'autant plus que le guide du routard nous avait mis en garde en expliquant que cela leur était ausssi arrivé de ne pas retrouver leur maison dans la nuit.
On rentre dans notre petite chambre à part qui est à droite en rentrant dans la cour. On se repose sur notre paillasse en roseau en attendant le diner. Je souffle deux fois la lampe à pétrole rien qu'en expirant, ce qui rend Gonzague furieu, jusqu'à ce que lui aussi la souffle par mégarde.
Notre nous apporte notre diner, on commence par une soupe assez bonne, suivie par une patée de patates riz, poisson qui est assez bouraffe et pas à la hauteur de nos ambitions. On termine par un mathé assez bon, qui est fait avec des herbes genre menthe.
On bouquine un peu les 3 mousquetaires avec chacun une moitié de mon casque cassé. Puis on s'endort.
Pendant la nuit la pluie tambourine sur le toît en tole ondulée. Et à notre reveil le matin il pleut toujours.
Comme nous avions prévu d'aller admirer le lever du soleil je me reveille à 5h du matin. Je fais mes petits exercices de gymnastique et je convains Gonzague de se lever, car il y a une petite chance que le soleil perce les nuages. On descend dans le village, alors que la vie commence à s'éveiller, quelques persponnes sortent de chez elles, on croise un paysan qui conduit ses moutons au champ. Les moutons qui ont peur de nous ne passe en bande que lorsque l'un d'eux s'est décidé à le faire. On est descendu dans le village, encore pratiquemment desert, puis on est allés du coté de l'île que nous n'avions pas visité la veille.
En fait le soleil perce à peine entre les nuages et retourne vite s'y cacher pour faire sa toilette, donc ne peut pas vraiment admirer le lever du soleil, mais le paysage est tout de même très beau et l'ambiance très calme et agréable. Il y a cependant une ou deux averses qui nous poussent à rentrer à la maison.
Là la famille de notre hôte est evéillée et Gonzague peut admirer les enfants jouant dans la cour. Notre hôte nous apporte notre petit déjeuner dans notre chambre. Il s'agit de crêpes soit disant au miel, mais le miel est fait avec un jus de je ne sais pas quoi, mais n'a pas du voir beaucoup d'abeilles. D'ailleurs notre interrogé ne sait pas non plus ce qu'est une abeille! Il se met à pleuvoir de plus belle aussi on reste dans notre chambre pour bouquiner. Vers 10h l'inactivité nous pèse et on a l'impression qu'il devrait être midi, car nous sommes levés depuis 5h.
Notre hôte nous a présenté la facture de ses prestations, comme subodoré, cela relève un peu du piège, il nous réclame 12 sols. Gonzague lui en donne 10 et se montre satisfait.
On finit par sortir pour aller nous balader. On tente à nouveau un tour de l'île, mais à nouveau une averse nous aimante vers le bar de la place. Que j'essaye soigneusement d'éviter depuis un moment sentant le penchant de Gonzague nous y pousser.
Là après un petit moment le soleil reluit et Gilles et Luciana qui nous ont rejoint décident d'aller visiter les ruines incas qui sont sur le sommet de l'île. On part pour les accompagner. Il faut repasser devant l'école, puis monter le long de la colline jusqu'au sommet, le soleil brille et la balade est sympathique.
Les ruines ne sont pas très impressionnantes pour des néophytes comme nous, il y a simplement quelques murets de pierres. Mais c'est toujours impressionnant d'imaginer qu'il y a quelques siècles là vivaient les incas. La trfrdvrnyr rdy un pru plud f"livzyr pout moi.
On retourne dans le petit bar sur la place avec nos amis brésiliens. On commande une truite et une bière. Je discute avec Maria, qui nous a rejoint ainsi que Tim, car elle ne comprend pas l'anglais que parlent les autres. La truite est très bonne, pleine de go–t, ce qui est si rare maintenant dans le poisson.
On remonte à notre maison pour préparer nos bagages, assez rapidemment car nous ne sommes pas en avance. On quitte la maison sans dire au revoir, car il n'y a personne. On coupe directement dans la campagne, sans repasser par le village, pour aller passer sur l'autre versant de l'île, et redescendre par l'escalier jusqu'au débarcadère. Je descends moins fièrement que je ne suis monté car les marches sont assez irrégulières, heureusement il y a des français qui descendent aussi et qui nous proposent gentiment de prendre nos bagages et de faire attendre le bateau si necessaire.
Mais nous n'arrivons pas les derniers, la bateau cette fois est plein de touristes, on se demande d'ailleurs où étaient tous ces gens que l'on n'a pas croisé sur l'île. En fait pas mal d'entre ne sont venus que pour une paire d'heures et repartent avec le bateau qui les a amener.
Cette île nous laissera une impression mitigée, c'est vrai que l'ambiance et le décor sont plus que charmants, mais le coté touristique est exploité dans une certaine hypocrisie un peu génante.
Pendant le trajet je suis assis à coté de 2 garcons suisses très gentils, qui viennenet de Couscau et du Matsupitchu. Ils ont fait la route des incas à pied, en campant le soir où il y a eu la tempête de neige! Ils me donnent quelques adresses utiles à Couscau. A ma droite il y a un prêtre français qui a été curé 2 ans à San Tiago et qui est curé depuis 5 ans dans une paroisse de Lima. On discute un peu sur le peuple péruvien et la situation actuelle, il semble avoir une opinion plutôt sage mais pessimiste. Mais il doit rentrer en France en mars et ne se prononce pas clairement sur l'effet que cela lui procure. Il se met à pleuvoir au milieu du voyage, heureusement le pretre a un grand plastique sous lequel les suisses et moi pouvons nous abriter, alors que lui est abrité par le petit abri du bateau.
On arrive à Pouno, vers 18h30, alors qu'une averse se déchaine sur nos têtes. Heureusement un chauffeur de bus qui est là, nous reconnait pour nous avoir transporter d'Acora à Pouno et nous fait monter dans son bus et nous emmène gracieusement jusqu'à l'hotel Arekipa où nous avons
hotel Arekipa convenus d'aller avec nos amis brésiliens.
Juste avant de rentrer dans l'hotel, deux filles qui m'on repéré me prennent en main, me conduisent sans me demander mon avis dans l'hotel et m'emmènent directement dans une chambre. Je suis assez eberlué par ce procédé que je ne m'explique. Mais à peine dans la chambre, au lieu de me violer ou au moins de se mettre à notre disposition elles sortent de leur sac leur panoplies de chandails et commencent à me faire la réclame. Gonzague part reserver les places de train pour Couscau et me laisse seul avec les deux filles en train de me débattre pour les convaincre que je ne désire ni chandail, ni chaussettes,...
Mais les nouvelles circulant très vite dans cette ville, la belle Martha, la jeune indienne avec qui nous avions sympathisé à notre premier passage, apparait bientôt à la porte de la chambre et les deux filles lui cède le terrain. Je ne sais pas comment elle a s– que nous étions ici, puisque nous avons changé d'hotel et que nous ne sommes là que depuis 30 minutes. En tout cas nous voici face à face et je fais des progrès prodigieux en espagnol pour me faire comprendre. J'arrive à lui parler de ses études, de ses ambitions, de ma vue. Tant et si bien que malgré une interruption de l'une des deux filles précédentes qui tenta de revenir à la charge, Martha se retrouve assise à coté de moi sur le lit, quand Gonzague revient de la gare.
Gonzague rapporte mon jean, que j'avais oublié dans le premier hotel et qu'il a gentiment été récupéré. Je dois avouer que j'étais persuadé, qu'avec toutes les recommandations que l'on nous a fait sur les vols potentiels j'étais persuadé que l'on ne le retrouverait pas.
On va diner tous les 3 dans un petit bistrot loin des touristes, on commande une soupe qui est plutôt mauvaise. Mais Martha malgré sa timidité à l'air d'être à la fête et de se régaler avec un plat de boeuf qui était le plus cher de la carte et un fanta.
On se couche après avoir vainement proposé de payer un taxi à Martha pour qu'elle rentre chez elle dans la ville haute.
Je me lève à 6h, pour aller prendre une douche à l'étage au dessus, comme les couloirs sont encore deserts, je me balade presqu'à poil dans les escaliers. On va petit déjeuner dans une rue voisine. C'est moi qui arrète Gonzague devant le restaurant que l'on nous a conseillé, car il est pas encore au mieux de ses possibilités d'attention. Heureusement il y a de la musique qui s'échappe du dit restaurant. On prend un excellent petit déjeuner avec des oeufs et du jus de banane très bon.
On se dépèche de repasser à l'hotel car on est pas en avance pour un départ théorique du train à 7h35, même si on est pas très inquiet sur la mise en pratique de cette théorie, il vaut mieux ne pas prendre de risques. On remballe nos affaires, on laisse un sac et une paire de baskets dans un cagibi de l'hotel. On va à la gare en vélo-taxi. On rencontre Carmen une des deux vendeuses d'hier soir. Elle essaie encore de nous vendre sa camelote. Et ne semble pas insensible au charme de Gonzague. On retrouve nos 4 amis brésiliens et assimilés dans la salle d'attente. On attend une demi-heure avant de pouvoir pénétrer sur le quai. Finalement sous l'impulsion de nos amis nous avons reservé des places en seconde classe. On monte dans un train qui est déjà bondé avant de partir. Heureusement nous avons des places reservés.
Le train part vers 9h pour un départ officiel à 7h35! Avant le départ et pendant tout le voyage, le train est parcouru par des vendeurs ambulants qui profitent de la distance entre 2 stations pour vendre chacun un produit différent. Ils se frayent un passage dans les couloirs bondés avec leur panier en criant leur produit à tue tête. Gonzague note sur son carnet et compte plus de 30 produits différents qui sont vendus ainsi. Cela va des clochettes au porte-clés en passant par toutes les sortes de comestibles, y compris les plats chauds: truite, grillades, soupe et bien s–r les boissons froides et chaudes et les rouleaux de ma‹s qui s'appelent des tamoulas.
A coté de nous il y a une passagère clandestine, dès que le controleur passe, elle se cache sous les jupons d'une dame qui la cache avec ses paniers. Elles n'ont pas l'air de se connaitre, mais il y a une solidarité dans la pauvreté qui est tout à fait admirable.
A la nuit tombante, nos voisins se sont en partie renouvellés et il y a à coté de nous plusieurs femmes dont l'une semble très attirée par Gonzague. Ils dansent ensemble dans le couloir, sous les aplaudissements du reste du wagon. Elle l'invite à venir s'asseoir à coté d'elle et lui fait des signes sans équivoque. Mais, Gonzague ne veut pas de succès trop faciles. En tout cas celui ci était surprenant de facilité. De mon coté, je passe une grande partie des 13h du voyage à somnoler et à bouquiner, quand les cahos du train me permettent d'entendre mon walkman.
Pendant le voyage on a eu toutes sortes de voisins y compris des moutons qui sont restés un moment à coté de nous dans le couloir. J'ai tenté de m'aventurer dans les wagons suivants, mais il y a tellement de bagages, de ballots, de poules... que je ne peux pas faire plus de deux wagons. De plus pour passer d'un wagon à l'autre, il faut enjamber le vide qui sépare les deux wagons avec les cahots du train, et le monde qui bouche les portes ce n'est pas sans danger. D'ailleurs certains trouvent plus simple de passer carrément par l'exterieur d'une portière à l'autre! Il y a aussi des soldats en arme qui sont dans le train et veillent sur la sécurité du bon peuple. Les wc ne sont pas seulement nauséabonds, mais on marche sur un liquide visqueux que je ne peux identifier, mais en tout cas on n'y va que si on ne pas faire autrement.
A la nuit tombée, il y a une veilleuse symbolique qui éclaire un coin du wagon. On se met à chanter et l'ambiance s'anime un peu.
A la dernière station avant Couscau, deux personnes montent dans le train et proposent un hotel aux touristes. Comme leur produit semble pas trop cher et pas mal, on se laisse tenter.
Arrivésq à Couscau les deux racoleurs du train nous prennent en charge dans un minibus. Ils nous emmènent à l'hotel Huyanapata
hotel Huyanapata On négocie un prix de groupe pour avoir une chambre à 8 sols au lieu de 10 sols. En tout cas les chambres sont plus que confortables, les lits bien durs, la douche bien chaude avec de la pression.
On sort pour diner avec Tim et Maria. Tim nous emmène dans un restaurant où le menu affiché n'est pas cher. Je ne prends qu'une soupe aux nouilles et au poulet. Le menu de mes compagnons s'avère dégueulasse, il n'y a que Tim qui engloutit tout à toute vitesse et déclare qu'il a trouvé cela excellent, ce qui nous conforte dans notre opinion du caractère gastronomique des américains.
En sortant du restaurant, on hésite à prolonger la soirée dans un bar, mais comme j'ai été malade dans les toilettes du restaurant je n'insiste pas et on rentre à l'hotel.
On traverse la place d'armes, où il y a les deux églises principales de Couscau qui sont éclairées avec des éclairages modernes à l'hallogène. Cette ville est magnifique, les maisons très belle et l'ambiance assez heureuse.
On ne petit déjeune pas à l'hotel car on trouve que 2,5 sols c'est trop cher comme prix, du coup on se retrouve dans un bistrot où le petit déjeuner est à 3,5 sols. Et encore on a pas de pain pour ce prix là. On cherche une laverie pour y déposer du linge, les adresses données par le American Handbook ne sont pas très à jour, mais on trouve une laverie ouverte où on laisse 3 kilos de linge. La bonne femme pèse le linge avec un ressort qui a d– être un jour étalonné, en suspendant notre sac à ce ressort. C'est rudimentaire, mais cela semble bien marcher.
On se balade un peu dans la ville, avec ses vieilles rues bordées de maisons coloniales. C'est vraiment joli. On tente de rentrer dans la cathédrale et dans le campanil qui spont les deux grandes églises sur la place d'armes. Mais elles sont fermées et il faut se payer un tour operator de la ville pour pouvoir les visiter.
On rentre dans ce qui devait à l'époque coloniale être un monsatère et quoi est une école. Il y a un magnifique cloitre à deux étages. On monte à l'étage pour admirer les portes massives et les escaliers monumentaux. Il y a des élèves qui déambulent dans les couloirs.
On se balade encore dans les petites ruelles qui montent vers le haut de la ville. Ces rues pavées et cette ville sont vraiment sympa. On rentre à l'hotel où on retrouve Luciana, qui va prend son petit déjeuner dans la cour de l'hotel. On s'installe avec elle et on écrit quelques cartes postales. Nos amis décident de partir tout de suite pour le Matsupitchu. Et de faire une étape ce soir dans une petite ville qui est sur la route. En prenant le bus pour la première étape et le train demain cela nous permet d'éviter de payer le prix fort dont sont taxés parait il les touristes qui prennent le train de Couscau au Matsupitchu.
En partant on change de l'argent et les filles achètent des bijoux dans une boutique. Je m'enerve un peu pour presser le mouvement car tout le monde attend tout le monde, on finit par s'entasser tous les 6 dans un taxi qui nous emmène jusqu'à l'arrêt de bus.
On prend un bus pendant une heure et demie, qui nous amène dans une petite ville pas très belle, où il y a un marché. Les maisons sont peintes en vert et cela à l'air assez pauvre pour ne pas dire sale. On traverse le village pour aller à un autre arrêt de bus.
Là en fait de bus, on monte dans une camionnette à ciel ouvert, où on s'entasse avec des montagnes de bagages et une trentaine de passagers! On est tellement tassé qu'il y a 4 personnes qui tiennent pas dans la camionnette et restent juchés à l'exterieur en s'accrochant aux barres qui en principe doit probablement soutenir une baecirc;che. On roule pendant presque une heure sur une route qui est heureusement goudronnée, ce qui limite les cahots. Car debouts dans cette camionnette difficile de ne pas penser au virage raté, ou au pneu éclaté qui nous fait verser dans le ravin. La route sillonnne pour monter le long de la vallée qui conduit jusqu'au Matsupitchu.
On descend à Ollamtay-Tambo. Gonzague a du maml à quitter une jeune passagère avec qui il avait eu le temps de sympathiser. Au point que j'ai du mal à lui faoire penser à mon sac à dos qui est resté dans la camionnette et qu'il faudrait descendre avec que celle ne redémarre avec sa dulcinée.
On visite un premier hotel qui nous parait trop cher pour ce que c'est. On en cherche un deuxième, mais les esprits fatigués par le voyage sont un peu enervés et notamment Gilles et Tim s'engueulent. Il y a un peu de nervosité dans l'air.
Ce village a l'air charmant, les autres s'arrêtent dans un petit bistrot car ils cèdent à leur appétit. Je préfère attendre sur le trottoir en mangeant un morceau de pain et de fromage que nous avions préparé comme pique nique. Car je voudrais profiter de l'après-midi pour visiter la ville et les ruines incas qui la surplombent. Il y a un petit chien blanc qui fait le beau pour que je lui redonne un morceau de fromage. Car j'aoi eu le tort de lui en donner un premier. Je fais aussi le beau et saute en l'air pour lui répondre.
Enfin les autres sont restaurés et on part visiter les ruines, alors que le soleil commence à baisser. On monte sur des escaliers qui bordent des terrasses qui s'étagent jusqu'à la forteresse qui domine le village et qui était une forteresse Inca qui gardent la route vers le Matsupitchu.
Sur une des terrasses il y a un lama qui est attaché à un piquet. On va le caresser, sa laine est vraiment très douce et toute blanche. Gonzague prend des photos, notamment une juste au moment où le lama me crache à la figure, comme dans Tintin. Après quelques caresses il a commencé à en avoir marre et crache pour manifester sa contrariété.
On continue à monter l'escalier, on voit les autres qui arrivent plus bas. Tim et Maria montent avec un petit guide qu'ils ont embauché. Ils nous rattrapent. Le petit guide s'appelle Washington. Il est très futé et pas timide du tout, visiblement assez fier de lui, en tout cas très spontané Il nous montre. Les différents détails à coté desquels nous serions surement passés sans lui. La chaisze du général qui dominait la vallée et les champs de manoeuvre ou de battaille. Les différentes maisons qui composaient la forteresse.
Avant d'être rejoints par eux, Gonzague et moi étions montés jusqu'à la citadelle accroché au flanc de la montagne. Cela devait être une place assez forte. Tout était construit avec des pierres taillées de dimensions gigantesque (plusieurs mètres cubes). On se demande comment ils les montaient jusque là. D'ailleurs il parait qu'une des pierres qui git seule à l'écart des murs, est restée là suite à une révolte ou une desertion des esclaves qui étaient chargées de les monter.
Non seulement elles sont énormes ces pierres taillées, mais encore elles sont parfaitement jointes, au point qu'il y a des décrochements qui s'adaptent parfaitement et les pierres s'emboitent les une les autres par des prises males et femelles qui s'emboitent. Cette forteresse a été attaquée sans succès par les espagnols de Pisaro, conquérant du domaine des Incas.
On redescend vers le village, au pied de la montagne Washinton nous montre les bains qui étaient alimentés par la rivière et qui servaient à la princesse au général et aux personnages principaux. Chacun avec sa baignoire et même une douche avec une alimentation en haut du courant permanente.
Dans le village il y a plusieurs petites échoppes, dans l'une d'elles nous achetons une dose de shampoing, la nuit est tombée. Ici le climat est plus doux. Car nous devons être seulement à 2800M. D'ailleurs il pleut, et le village est entourée de végétation irriguée par la rivière qui coule partout en petits ruisseaux.
On rentre à l'hotel où on dort pendant une paire d'heure. Notre chambre semble chauffée. Car en fait elle est raversée par la cheminée du four à pain.
On ressort vers 8h pour aller manger une crèpe et une soupe dans un bistrot où il y a un type qui a habité en Espagne qui est assez bougon et qui nous sert avec le moins d'enthousiasme possible. On papote un peu, mais les autres étant fatigués on va vite se coucher. La pluie ne s'arrête pas.
On est reveillé assez tôt par le bruit du four à pain qui démarre en dessous et surtout les sacs de farine qui sont trainés, j'ai l'impression qu'ils sont tirés dans le couloir devant notre chambre tellement le bruit est présent.
On finit par se lever, la cheminée du four à pain chauffe tout ce qu'elle peut. La patronne de l'hotel nous offre des petits pains tout chauds, qui sont délicieux pour se faire pardonner ce reveil un peu trop matinal. On va petit déjeuner avec nos petits pains dans le bistrot de la veille au soir. On y commande des oeufs.
Cette ville est vraiment charmante avec toutes ces maisons en pierre de taille qui datent pratiquement toutes de l'époque des incas et ces petites rues pavées. Et surtout la vue du soleil qui en se levant éclaire la forteresse. Le bruit de l'eau qui coule dans la rivière et les bonnes odeurs de la végétation, notamment ce qui doit être de la menthe et qui doit pousser sauvage au bord de l'eau.
On va prendre le train dans la gare qui est un peu à l'écart du village. On attend le train assez longtemps, je vais au buffet de la gare et je m'éloigne des autres. Ce qui fait que lorsque le train arrive je me retrouve seul sur le quai au milieu de la foule qui se précipite aux portes. Je monte dans un wagon au hasard en espèrant que les autres sont eux aussi montés de leur coté, et surtout que je les verrai avant l'arrivée pour ne pas rater la station où il faut descendre. Mais Gonzague parcourt le quai pour me retrouver et monte avec moi dans le wagon où j'ai grimpé. C'est à dire que j'ai réussi à m'entasser au bout du wagon. Comme on est au bout d'un wagon de première le controleur qui nous vend un billet de seconde nous demande de passer en seconde. On parvient en poussant un peu à passer dans le wagon suivant.
C'est assez amusant d'être ainsi au fond du wagon. On voit notamment comment le controleur réagit avec ceux qui n'ont pas d'argent. Par exemple il demande 1 sol, une dame lui répond qu'elle n'a que 500 centimes, alors suivant son humeur il accepte les 5àà CENTIMES ET LAISSE TOMBER. Sinon il insiste et lui confisque un objet en guise de représailles. Il y a des employés qui sont habillés en bleu et qui passent pour taxer les paquets et ballots.
A coté de nous il y a une dame qui a un bébé et plein de ballots qu'elle entasse dans les wc. Heureusment un de ses ballots contient de la menthe et pour une fois les wc sentent bon.
La porte de communication entre les deux wagons a été verrouillée par le controleur, ceux qui veulent passer et notamment les vendeurs ambulants, passent par les portes extérieures. Il y a des passagers sur le toit du train et d'autres qui passent le voyage à l'extérieur accrochés aux portières. A un moment un homme de type espagnol verrouille la porte d'accès à l'intérieur du wagon pour empécher les indiens d'y rentrer. Mais il ne peut pas résister très longtemps à la pression des deux cotés, des gens qui veulent passer.
Le train s'arrête un peu dans chaque village. La voie traverse une région avec beaucoup plus de vfégétation exubérante du type tropicale. On voit que l'on descend sur le versant oriental des andes. On passe entre deux murailles de végétation.
Il y a pas mal de monde qui descendent à la station qui précède le Matsupitchu à Aquacalliente. Notamment notre voisine avec le ballot de menthe, le bébé et tous ses autres ballots. Comme elle veut être s–r de ne rien oublier, elle entreprend de tout sortir des wc bien longtemps à l'avance. Ce qui perturbe quelque peu notre bout de wagon.
A la gare du Matsupitchu on descend, comme on voit que les péruviens courent. On se met à courir aussi. En fait il faut effectivement cavaler, car toutes les personnes qui veulent monter au Matsupitchu par le bus se mettent en file pour attendre le bus et il n'y a apparemment qu'un bus toutes les 10 minutes. Comme on a pas trop mal couru on arrive à prendre le deuxième minibus. Mais il y a une belle queue derrière nous! D'ailleurs on a perdu nos 4 amis de vue. Gonzague a déjà eu du mal à se frayer un passage dans la foule pour aller nous acheter des tickets de minibus. On sent que l'on arrive au robinet principal du tourisme péruvien, car le prix du bus est de 8 sols aller-retour pour les touristes! Le minubs monte pendant 15mn sur une route en lacets qui monte du fond de la vallée au site du Matsupitchu. Il y a quelques courageux qui montent à pied.
A l'entrée il faut acheter un ticket, il y a trois tarifs celui pour les touristes riches à 10 dollars ou 13,5 sols. Celui pour les latino-américains à 10 sols et celui pour les péruviens à 6 sols! On arrive à négocier pour moi un tarif de latino-américain en tant qu'aveugle.
Ceci dit le site est vraiment exceptionnel, en fait c'est par la conjugaison de 3 caractéristiques exceptionnelles : l'état de conservation parfait des ruines, puisque le site n'a été découvert qu'en 1911 alors que les espagnols qui le cherchaient depuis 3 siècles n'ont pas eu l'occasion de le piller. L'étendue des ruines, car on voit une ville entière et non pas une maison, ou un quartier comme dans la plupart des sites archéologiques. La situation avec cette vue magnifique sur la vallée que domine la ville et qui faisait qu'elle était invisible d'en bas.
En bas on voit la rivière qui coule et les deux parois de végétation exubérante qui couvrent les cotés de la vallée.
On voit les différents quartiers de la ville, le quartier des pauvres, avec les maisons des paysans, qui n'avaient qu'une pièce. Le quartier des riches avec plusieurs portes et fenêtres et des niches nombreuses pour accueillir les divinités du foyer. Le quartier officiel avec le palais, les entrepots, la prison, les bains. On voit très bien le tracé des rues, les escaliers car la ville s'étagait sur plusieurs hauteurs. Dans les maisons des riches les pierres de taille sont toujours impeccablement taillées et jointes. Alors que dans les maisons des pauvres cela laisse à désirer.
Malheureusement Gonzague pose son appareil de photo sur un rocher pour m'aider à enjamber un passage un peu difficile et il oublie de le reprendre, lorsque l'on y repasse 15mn après, évidemment il a disparu. Le site n'est pas très plein. Et il y a assez peu de touristes occidentaux. Il y a surtout des touristes péruviens. Les tour operator doivent être refroidis par les dangers de terrorisme, dont tout le monde parle, même si on en voit pas même les traces.
Gonzague monte en haut du mirador, d'où on a une belle vue. Je l'attends en bas sur un banc ombragé, car la montée est réputée difficile. J'assiste au retour des touristes, qui s'inscrivent au fur et à mesure sur un registre. Il faut s'inscrire avant de monter et en redescendant pour attester que l'on est bien redescendu et que l'on a pas eu d'accident. Il parait que la montée est carrément interdite l'après-midi, car avec la chaleur les pierres peuvent se détacher. Gonzague revient au bout de 45mn il n'a pas été jusqu'en haut pour ne pas me faire trop attendre.
On rencontre pas mal de groupes scolaires péruviens, avec pas mal de filles qui se baladent pas petits groupes, certaines m'aident gentiment dans les escaliers et je fais quelques pas à leur bras.
On se dirige vers la sortie. Comme on a un peu faim on se laisse attirer par la cafeteria, mais les prix honteusement touristiques (mmenu offert à la chaine et presque obligatoire à 17 sols, alors qu'en général un repas nous co–te de 1 à 4 sols!) nous en chasse rapidemment. On retrouve Tim et Maria au poste d'infirmerie de la Croix Rouge.
Tim se fait soigner un bouton qui le faisait souffrir et qui s'est ouvert révélant des vers qui grouillent à l'intérieur! Il a l'air de pas mal souffrir. Et se décide à voir un médecin, mais il n'y en a pas sur place.
On redescend tous les 4 à la gare du Matsupitchu, je réussis à ne payer que 2 sols.
On déjeune dans un petit bistrot à coté de la gare, on fait un excellent repas d'agneau grillé, de paecirc;tes et de bière, le tout pour 4 sols.
Tim et Maria vont essayer de trouver le médecin de garde qui devrait être au dispensaire, mais qui est en balade. Puis ils retrouveront Gilles et Luciana qui ont décidé de se reposer en passant une nuit à Aquacalliente.
De notre coté jnous reprenons le train pour Couscau. Le train arrive assez en retard. Comme je suis aveugle on peut reserver des places assises même au dernier moment. Notre wagon est le même que celui d'un collège de jeunes filles. Quand le train arrive c'est la cohue pour monter à bord. On parvient à s'installer à nos places. Le responsable du groupe qui veut veiller sur la tranquillité de ses oiselles verrouille la porte du wagon de l'intérieur. L'avantage c'est qu'il n'y a personne debout dansle wagon. Mais à Aquacalliente le train était déjà bourré et une nuée de personnes essaie de monter. Cela s'entasse partout, mais le train part en laissant pas mal de monde sur le quai. Dont des touristes dont je n'aimerai pas faire partie qui vont devoir attendre le train du lendemain matin! Le surveillant du groupe ne peut pas resister très longtemps à la pression aux deux portes et un traitre a pitié des sardines qui sont au bout du wagon et va leur ouvrir. Ceux qui tambourinaient sur la porte comme des furieux sur la porte, s'engouffrent dans le couloir. Gonzague se fait insulter par un américain pour être resté sans leur ouvrir, alors que nous étions devant la porte. Heureusment l'athmosphère se calme, le couloir se remplit, les foilles du collège sont ravies, car il y a plusieurs touristes qui font les coqs au milieu d'elles. Des chants sont chantés, par les uns et les autres. La nuit tombe, il y a toujours des veilleuses symboliques. Nous avons des voisins espagnols très gentils. On met tout de même 6 heures pour faire les 68 km qui sépare le Matsupitchu de Couscau! Ce qui est encore mieux que les 10heures pour faire les 390 km entre Pouno et Couscau!
Arrivés à Couscau on partage un taxi avec des touristes pour aller dans le haut de la ville. On retourne à notre hotel Huyanapata. Comme il est 11h du soir on a pas trop le choix des chambres et le veilleur de nuit nous en donne une qui est moins bien que celle que nous avions avant. Moins confortable et avec une douche moins chaude et avec moins de pression. On pose nos affaires et on ressort pour se défouler après cette journée chargée.
On va au Camicase le bar boite qui m'avait été recommandé par les suisses du bateau de Takilé et qui semble être connu de tout le monde ici.
Camicase Il faut payer 1,5 sol à l'entrée. La musique est bonne, l'ambiance est plutôt à l'occidentale. On peut danser seul, sans formalisme particulier. On drague deux jolies péruviennes, qui parlent assez bien anglais. Mais un canadien, semble prendre le pas sur nous. Du coup on part vers 1h du matin, un peu dépités. J'ai aussi rencontré un français Rémi, qui devrait rentrer en France, mais n'arrive pas s'y décider. J'ai aussi taté aussi involontairement que franchement le sein d'une foille, ce qui manque de provoquer une rixe, car elle m'arrache mes lunettes et son copain s'en mèle.
On se lève assez tard vers 9h. On va petit déjeuner dans un café que l'on a repéré sur la place et qui est tout à fait égal à notre attente. Il y a des jus de toutes sortes de fruit. On prend un jus de grenadine, excellent, bien que pas très intense. La confiture de papai est aussi très bonne. On conclut le tout par une part de l'un des gateaux offerts, qui est aussi bon. En petit déjeunant on admire une fête sur la place d'armes. C'est le défilé en l'honneur du cinquantième anniversaire d'un collège de jeunes filles de la ville. Toutes les jeunes filles défilé en jupette, il y a la police, les officiels sur une estrade et la fanfare.
On se balade un peu dans la rue, on croise plusieurs jeunes filles en jupette qui ne laisse pas Gonzague indifférent. On achète des figues à l'étalage d'une vieille indienne. On va à la laverie pour récupérer notre linge.
On trouve un barbier pour nous raser. Il s'avère très agréable, nous passant ne pierre spéciale sur la peau, et un jet de pisco pour l'apaiser après le rasage.
On cherche un tour operator de la ville, pour pouvoir visiter les monuments qui sont fermés à la visite individuelle comme la cathédrale et le campanil. Mais les rares tours operators qui fonctionnent le Dimanche n'ont plus de places et la plupart ne fonctionne pas le Dimanche.
Du coup on rentre faire une petite sieste à l'hotel de 2 à 3h. J'en profite pour terminer les 3 Mousquetaires. On ressort pour se balader encore dans ces belles rues de Couscau.
On visite notamment la rue Loretto, où il y a de vieilles maisons avec des pierres de taille imbriquées et parfaitement jointes, datant de l'époque des incas. On voit aussi la rue Santa-Augustine, où il y a aussi de vieilles demeures et des vieux hotels coloniaux, avec des balcons en bois et des facades peintes en vert.
On rentre dans l'église Saint Dominique. On y assiste à une partie de la messe de confirmation qui y est célébrée par l'évêque de Couscau. C'est comme en France pour maintenir l'interêt des jeunes et marquer l'évênement dans leur esprit, la musique est composée d'un orchestre avec batterie et guitare éléctrique. Mais cela réonne assez mal dans une église et avec des mélodies de cantique.
On passe sur une place derrière la place d'armes sous des arcades où il y a des vendeurs de souvenirs alignés. Notamment plusieurs vendeurs de champas. C'est à dire chandails.
On achète à deux stands différents une dizaine de chandails et quelques écharpes et gants. Ils sont manifestement faits industriellement et soi-disant en pure laine d'alpaka. En tout cas ils ont des coloris et des dessins très sympas et cela fera un bon paquet de cadeaux que je stocke. Les deux filles qui tiennent les stands font leur journée et sont bien sur ravies de les finir autant en beauté. On négocie le tout pour 120 sols. On invite les deux vendeuses à nous raccompagner à l'hotel. Elles confient leur stand à une copine. et l'une d'elles confie aussi son bébé, qu'elle allétait pendant la vente.
Dans ce pays les bébés sont trimballés un peu partout au gré des activités de leur mère. Et celles n'hésitent pas à les alléter, jusqu'à un aecirc;ge assez avancé. En public et à tout moment, notamment pour le calmer lorsqu'il se met à brailler. Parfois le bébé a déjà des dents, mais cela n'empèche pas qu'il continue à téter.
Après nous avoir aidé à porter les paquets jusqu'à l'hotel. L'une d'elles s'appelle Marisol. On leur offre un verre dans un bar.
On va diner dans la rue où il y a toutes les pizzerias. On rentre dans un restaurant chez Maggie
chez Maggie qui nous a été conseillé par un des suisses de Takilé. Je prends des fetuccine aux épinard et à la viande. Qui sont tellement bons que j'en recommande! Les serveurs sont deux garcons d'à peine 13 ans. Le restaurant n'est plein que de touristes, assis en rond sur un bar.
En sortant on réalise que le restaurant chez Maggie qui nous avait été recommandé est juste à coté! Du coup on échange quelques mots avec les types sur le pas de la porte. Il nous offre un petit verre de pisco. Je demande à l'un d'eux qui baragouine quelques mots de français d'où il vient. Et je prends un air tellement convaincu pour affirmer que je connais son pueblo. Chicha Qu'il en est tellement émerveillé que nous devenons amis. Ils nous invite à prendre un verre dans le restaurant. Il nous propose de nous trouver des filles. Et il part nous chercher deux de ses copines. 5 minutes après il réapparait suivies de deux filles à qui ont offrent un verre aussi. Notre copain nous laisse tous les 4 au bout de quelques minutes. On les emmène au Camisarse. On a un peu de mal à faire rentrer l'une d'elles qui est interdit de séjour par le porteir. Mais Gonzague va chercher le patron, qui l'a fait rentrer. On danse avec elles. Un concert de jazz commence, la musique est moins dansante. Gonzague décide de courir un autre lièvre et passe le reste de la soirée avec l'une des deux péruviennes de la veille, que l'on a retrouvées. Comme j'en ai marre de me retrouver tout seul, je demande à Gonzague de me raccompagner à l'hotel.
On y retrouve Tim, Gilles et leurs deux amies, qui viennent d'arriver du train du Matsupitchu. Tim a l'air encore assez mal en point. Gilles est fatigué, il veut prendre une douche, mais l'hotel n'offre plus d'eau à partir de minuit! Donc ils renoncent à sortir.
Je me reveille à 6h. Après mes exercices de gymnastique quotidiens et ma douche, je reveille Gonzague à 6h30. A 7h il grommèle un peu et hésite à se lever, mais il renonce à se rebeller pour partir aussi tôt et se lève. On part à 7h35 de l'hotel, malheureusement il est trop tard pour retourner petit déjeuner au restaurant de la veille où je me faisais une joie d'aller. On trouve un taxi sur la place d'armes qui nous emmène à la gare.
On prend des billets de train pour Pouno. J'ai droit à une réduction en tant qu'aveugle. On monte dans le train sans avoir trop attendu. Il y a un wagon privé qui est accroché en queue du convoi. Visiblement il s'agit d'une famille aisée qui voyage. Gonzague voit une table dressée avec une nappe blanche et un maitre d'hotel qui attendent les passagers, installés dans le coté salon.
Notre wagon, placé donc en avant dernière position, est un wagon de banlieue. Avec les banquettes basses sans appui tête et l'obligation de croiser ses jambes avec celles de son vis à vis, qui est Gonzague en l'occurence. Cela confirme le bruit qui courait que tous les wagons utilisés dans ce pays étaient de seconde main. Celui ci faisait peut-être dans une première vie la banlieue à partir de Pensylvania station. En tout cas notre train départ presqu'à l'heure à 8h30 pour un départ prévu à 8h. C'est peut-être la présence des VIP à l'arrière qui motive un tel zèle.
Le voyage en train est toujours un florilège d'arômes, fourni par tous les produits et animaux embarqués. Cette fois ci on remarque à coté de nous, des fleurs, des oiseaux en cage, en plus des ballots de patates et de tous les produits imaginables.
Le voyage est assez long. On joue à l'écarté dans l'après-midi. Il y a de nouveau des vendeurs tout qui sillonnenet les wagons. On a pris du thé et des petits pains à une dame avant le départ, qui s'est impatientée pour récupérer ses tasses avant que le train ne s'ébranle.
Le controleur fait payer les gens qui n'ont pas d'argent et qui sont debouts. Ceux qui refusent de payer la somme d–e il leur confisque leur chapeau et le jette par la fenêtre en représaille; /P.I y a deux jeunes espagnols d'une quinzaine d'années assis juste derrière nous qui occupent 4 places à eux deux en allongeant leur jambes sur les sièges face à eux. Et ce alors que le couloir est plein d'indiens debouts, parfois agés. Mais les indiens qui ont nettement encore un complexe d'inferiorité face aux européens n'osent rien dire. Nous tentons une protestation un peu molle qui reste sans effet. Mais finalement un audacieux ose poser une fesse sur la banquette à coté de leurs augustes jambes.
On remarque encore la solidarité dans la pauvreté entre les indiens, ceux qui ont beaucoup de paquets se font aider, ce qui n'ont pas d'argent se font cacher,...
Après 11 heures et demie de voyage on arrive à Pouno, alors que la nuit est tombée. On retourne à l'hotel Arekipa. Un type nous poursuit pour savoir si on va utiliser son bus pour aller à Lapaz le lendemain. Mais on ne sait toujours pas si on va y aller en moto ou non. On pose nos affaires à l'hotel. Le portier nous reconnait et nous conduit dans une chambre avant de nouveau sans nous demander de remplir quelque papier que ce soit. A peine arrivé à l'hotel, une vendeuse de chandails vient déjà nous proposer sa camelote. Elle a elle aussi entendu parler de nous. On lui demande de faire circuler le bruit que nous voudrions voir Martha, mais elle ne semble pas vouloir faire la fortune de sa concurrente.
On retroune diner dans le restaurant où nous avions déjà pris une soupe. Cette fois ci je me lance dans un vrai plat avec de la viande po‰lée et des légumes crus variés autour. C'est très bon. Il y a l'orchestre qui joue de facon assez agréable juste devant nous. Cela ne nous emêche pas de consulter le guide et d'établir notre programme de la semaine à venir.
On va prendre un pisco dans le bar où on avait rencontré Martha, mais à cette heure ci elle doit être rentrée chez elle. On prend deux piscos chacun et on écrit des cartes postales avant d'aller se coucher. On achète des cigarettes à un petit garcon qui passe dans le bar. Alors qu'on lui demande de transmettre un message à la dite mARTHA, de la part de l'aveugle, il nous répond qu'il sait l'aveugle, qui vient en train de Couscau. Visiblement nous sommes fichés et le téléphone arabe fonctionne parfaitement!
Sur le chemin de l'hotel on rencontre un trou au milieu d'un carrefour dans la chaussée d'un mètre cinquante de diamètre et de deux mètres de fond, qui n'est absolument pas indiqué, et où je ne souhaite à personne de tomber! Le carrefour lui même n'est pas éclairé!
On va petit déjeuner dans le même café que l'autre jour. On recommande un jus de banane et des oeufs pas trop cuits pour moi. On s'installe à la table d'un espagnol que l'on avait croisé dans le train du Matsupitchu et à Couscau. Il nous dit qu'i vient de Couscau par le bus de nuit. Il y était avec Gilles et Luciana. En sortant on les rencontre justement qui vont au départ du bus pour Lapaz. De notre coté on a décidé de prendre tous les deux la moto.
On passe à l'hotel pour emballer nos affaires. On va à la poste pour poster les cartes postales et essayer de poster quelques chandails. Mais c'est 45 sols pour envoyer 2kg en France, ce qui fait trop cher par rapport au prix des chandails.
On passe à l'hotel prnedre nos bagages. Pour payer l'hotel comme la fille n'a pas de monnaie elle crie par la fenêtre de la cour, en demandant à la ronde de la monnaie. Visiblement la tenancière de l'hotel est connue de toute la cour et une voix féminine lui propose d'envoyer chercher de la monnaie. Pendant ce temps une ultime vendeuse de champas vient nous proposer des chandails, mais apparemment elle a eu aussi connaissance de notre fiche suiveuse et ses propositions sont assez molles et sans illusions sur ses capacités à faire concurrence à Martha.
On prend un dernier vélo-taxi pour la gare routière. Il y a justement un type devant un bus qui fait de la réclame pour Acora. On monte dans le bus. Mais nous sommes les premiers passagers à nous être laissés séduire. Aussi le conducteur attend que le bus se remplisse pour démarrer. Peu à peu les passagers montent dans le bus. Mais au bout d'une demi-heure, il n'est encore qu'à moitié rempli et les passagers commencent à s'impatienter. C'est alors que l'on a un bel exemple de l'offre et de la demande. Le conducteur continuant à tirer sur la corde pour attendre le plus longtemps possible, un passager s'avise du passage d'un autre car sur la route, qui semble aller aussi à Acora, du coup tus les passagers se précipitent, nous y compris et le conducteur se retrouve de nouveau avec un bus vide!
L'autre bus s'avère bourré, et nous restons debouts, mais au moins il démarre tout de suite.
On arrive dans le village d'Acora où Gonzague a laissé sa moto. Les épiciers font une de fois la tête en nous voyant, mais les angoisses de Gonzague sont vite calmées et la moto est bien sagement garée dans la remise, dans une petite rue non de la place du village.
On met une petite heure à se préparer, arrimer les sacs sur la moto, se couvrir pour la route, etc. Lorsque ll'on part, les écoliers ont permission spéciale pour sortir de l'école nous admirer. Nous nous retrouvons sur la place du village avec une quarantiane de collégiens en cercle autour de nous et de la moto. Ils sont vraiment mignons tous dans leur uniforme bleu marine d'écolier. L'attroupement est grossi par les hommes et les femmes du village qui regardent aussi, bref nous sommes l'attraction. Lorsque nous démarrons un collégien plus hardi que les autres s'aventure à me donner un petit coup sur mon casque. Je regrette de ne pas avoir songer plus tôt à leur demander de nous chanter un chant de départ.
On prend la route de Lapaz. On est pas trop mal installé sur la moto, bien qu'elle soit assez chargée. J'ai mon sac à dos sur le dos, qui repose sur la valise de Gonzague qui elle même est sur le porte bagages. Il y a deux gros sacs accrochés de part et d'autre de ce porte bagages. Et Gonzague a encore un sac sur son reservoir d'essence. Avec la vitesse plus l'altitude toujours voisine de 4000m, le froid se fait assez vite sentir et je suis content d'avoir mon calecon long, des gants et un casque intégral. Avec toujours mes vieux après-ski increvables aux pieds.
On s'arrête dans une pompe d'essence, où le type nous pompe de l'essence avec une manivelle à l'huile de coude. Je me demande comment il fait le plein des camions?
On s'offre une petite pointe de vitesse sur la route goudronnée, mais dans l'ensemble Gonzague est plutôt prudent, car on ne sait jamais ce qui peut surgir comme imprévu. Sur le goudron on roule entre 80 et 1000kmh.
Après quelques kilomètres on arrive à un embranchement, la route part à gauche vers la frontière puis Copacabana et à droite vers un autre poste frontière qui évite Copacabana et va ensuite directement à La Paz. On prend la route de droite.
On arrive au poste frontière. On sort du Pérou sans problème, police pour nous et douane pour la moto. On traverse le pont qui enjambe une petite rivière frontière et on se présente à la frontière Bolivienne.
Là on tombe sur un policier qui nous refuse l'entrée en Bolivie, car nos visas ne sont valables que pour une seule entrée. Surtout le mien qui stipule explicitement "une seule entrée". Entrée que j'ai déjà consommée à l'aéroport. Comme ils sont trois dans la pièce, c'est difficile de les corrompre. Il nous faut donc retourner au Pérou, jusqu'au consulat de Bolivie le plus prôche pour y demander un nouveau visa.
Heureusement les douaniers du Pérou, sont kools et nous laissent rentrer au Pérou avec la moto sans avoir à refaire les formalités. Ce qui fait que nous sommes au Pérou tout à fait incognito. Mais comme les formalités de douane pour la moto d'après l'expérience de Gonzague peuvent prendre entre 2 heures et 6 jours, je n'ai aucune envie d'en faire une pour rien.
On retourne au fameux embranchement ci-dessus et on prend à gauche car la ville frontière qui a un consulat de Bolivie est de ce coté. On arrive dans cette ville frontière. Gonzague va demander notre visa dans le consulat, pendant que je fais sécher mes pieds et chaussettes qui sont trempés après les jeux de Gonzague qui consistent à passer assez rapidemment les petits ruisseaux que nous traversons sans me prévenir qu'il lève les pieds! C'est très rigolo sur le moment, mais je crains d'avoir un peu froid quand la nuit sera tombée. Le consul a l'air très sympa. Il a été en poste à Paris et travailler dans ce bled paumé le change pas mal bien sur.
Avec notre visa en poche, on arrive au poste frontière. Heureusement on ne nous fait pas de difficulté pour sortir du Pérou à ce poste frontière où nous ne sommes pas connus et où notre situation irégulière pourrait nous attirer des chicaneries, si ce n'est un peu de rackett.
Au poste de police bolivien, cette fois on nous laisse rentrer. On nous demande seulement, une fois les formalités accomplies, sans scrupules de faire un don. Gonzague sort un billet de 5 sols. Et le type avec encore moins de scrupules lui demande d'en sortir un deuxième pour être quitte. Au moins cela a l'avantage d'être clair. A la douane les douaniers commencent à insinuer que Gonzague devrait avoir un carnet de passage pour sa moto, qui permet de veiller encore plus efficacement à ce que la moto ressorte effectivement du pays et n'y reste pas pour être vendue au marché noir. C'est parce que Gonzague n'avait pas de carnet de passage que Gonzague a été obligé de traverser l'Equateur sans s'arréter avec un douanier sur la selle derrière lui. Mais ici Gonzague ne se laisse pas faire, il sait que le carnet de passage est recommandé, mais pas obligatoire. Ils finissent donc par nous laisser passer. Mais avec cet imprévu du visa on a bien perdu 4 bonnes heures.
Aussi on arrivé à la nuit tombante à Copacabana et jugeant d'un commun zaccord qu'il n'est pas prudent de conduire la nuit, on cherche un hotel pour la nuit.
On trouve un hotel où on peut garer la moto dans la cour, et que l'on négocie pour 10 bolivianos. Ce qui fait royalement 12 francs. Je crois que c'est la nuit d'hotel la moins chère que nous ayons eu. En plus de notre chambre on a une vue magnifique sur la basilique avec derrière un superbe crépuscule violet et rouge.
Après s'être assis puis relevé d'un restaurant, on aterrit dans un autre, où on dine d'une truite assez bonne et d'une bouteille de vin blanc de Trinidade (partie amazonienne de la Bolivie). Le vin est pas trop mauvais sans défaut majeur, hormis son prix aue l'on n'arrive pas à négocier et qui reste à 18 bolivianos. Gonzague négocie tout de même un petit digestif pour couronner ce repas de fête. Il faut dire que c'est la veille de son anniversaire. Puis on ne tarde pas à s'endormir vers 9h.
Grace au vin la nuit a été assez longue. On se reveille à 7h. On va petit déjeuner dans un petit bistrot, où la serveuse est tout seule pour deux tables de clients. Cela s'annonce donc long. D'autant plus quand on voit à quelle vitesse elle se met à nous préparer notre jus d'orange. Surtout si on se met à interrompre son processus pour lui demander du pain, et du thé. Au bout de 45 mn on est presque servi. Paradoxalement les oeufs sont cuits à toute vitesse.
On va au bureau de téléphone Intel proche notre hotel, mais on ne peut pas faire de pcv. Dommage car Gonzague aurait voulu téléphoner en France pour souhaiter bon anniversaire à sa mère, né le même jour que lui.
On charge la moto et on démarre. Depuis que nous sommes en Bolivie les routes ne sont plus goudronnées. On quitte donc Copacabana en montant le long d'une piste qui s'élève au dessus du lac Titicaca, on a une très belle vue sur le lac.
On est arrété à un poste de police, où l'on vérifie les papiers de la moto. De même en arrivant au détroit.
On arrive au détroit pour passer la moto et nous sur le bac en même temps qu'une voiture 4X4 avec deux hollandais, sympas qui nous avait doublé avant, et qui nous aide à pousser la moto pour lui faire remonter le plan incliné du bac.
Le vieux bac pourri a toujours autant de mal à franchir ce petit détroit plein de courant.
De l'autre coté, on reprend la piste. En approchant de La Paz on retrouve une route goudronnée. Après 1h30 de route on arrive à l'Alto au dessus de La Paz.
On est dans La Paz vers 13h30. On cherche un peu l'avenue Max Pressens et l'hotel La Roja. On finit par les trouver dans un quartier très populaire, avec de nombreux marchands sur les trottoirs et toute une foule bruissante qui y déambulent. Sans compter les cris des copilotes de micro-bus qui haranguent les clients en annoncant leurs destinations.
En se recommandant de Gilles et Luciana, ainsi que de Rémi le français rencontré au Camicase, on obtient à l'hotel La Roja un prix de 36 bolivianos la nuit, qui est tout à fait interessant. Car cet hotel est raiment moderne, propre et confortable. Ameublement neuf, ascenseur, serviettes dans les chambres, eau chaude au point que l'on peut se bruler sous la douche! Et même les lits sont cofrtablement durs, avec de magnifiques couvertures.
La moto passe pas du tout inapercue, on la confie au porteir de l'hotel pendant que l'on va déposer nos affaires dans notre chambre.
Puis on ressort, il y a toujours autant d'encombrements surtout dans le quartier populaire de l'hotel. Que serait ce s'il y avait des voitures particulières. Car il y a des encombrements avec seulement les piétons, les mini-bus et les taxis. Les voitures sont assez rares ici et sont plus nombreuses plus bas dans la ville moderne.
On va jusqu'à l'agence Tawa, rue Saganagar. Mais bien qu'une affiche annonce une ouverture à 14h30, après avoir été prendre une crêpe au jambon fromage dans le restaurant voisin, pur attendre, l'agence est toujours fermée à 15h.
Le restaurant est assez kitch, avec des tables et des chaises de couleur et une carte assez chère pour faire à la mode. Mais la serveuse refuse nos cartes de crédit. Elle n'accepte les cartes de crédit que le soir, lorsqu'il y a pegna. Allez savoir pourquoi, le soir et pas le matin? Je suis partisan de partir en promettant simplement de revenir, mais Gonzague qui est plus souple que moi, laisse 20 dollars en caution, pour la rassurer.
On repart en moto, deux ou trois fois dans cet après-midi des agents tenteront nous arréter en nous sifflant, voir une fois en nous courant après. Que ce soit sans motif, ou pour un motif bénin qui permette d'établir le rapport de force. mAIS 0 CHAQUE FOIS Gonzague méprise l'injonction et se faufile entre les voitures, qui encombrent les rues. Car décidément si c'est tous les jours comme cela La Paz est bien encombrée. Gonzague a d'ailleurs du mal à s'y faire après plusieurs mois de vie libre, cela le rend d'autant plus nerveux à l'égard des conducteurs qui osent gèner notre passage.
On va dans une autre agence, sur le Prado, que nous a conseillé, l'espagnol revu, ce matin, avec qui nous avions petit déjeuner la veille à Pouno. Effectivement les filles y sont très sympa. Mais malheureusement elle ne nous trouve pas de vol pour Rurrenabaque.
On passe au bureau Varig, pour que je confirme mon vol de retour, on repasse à l'hotel pour y prendre le chèquier de Gonzague qu'il avait oublié et on va au bureau American Express, où Gonzague achète des travellers checks. Il y a une lettre de Colombie pour Gonzague.
On repasse par Tawa, pour recouper ces renseignements, mais ils confirment qu'il n'y a des vols pour Rurrenabaque que le Dimanche. Et ils nous proposent une excursion dans la jungle à un prix exhorbitant, qui nous prouve que c'est une agence pour pas n'importe quel style d'aventurier. Ils parlent d'une excursion de 4 jours qui reviendrait à environ 300 dollars, alors que la South American Handbook parle de 50!
On repasse encore à l'hotel, il y a deux filles à la reception, qui ne semblent pas trop farouches en tout cas, elles ont repéré que c'était l'anniversaire de Gonzague et s'empressent de lui plastifier une petite carte de voeux personnalisée.
On se balade dans le quartier. On traverse le marché tout proche, où il y a des tas de bonnes femmes qui vendent de tout. On remarque notamment un étal de pieds de moutons et des étalages de foetus de lama. Je mangerai bien un petit quelque chose à l'un de ces étalages sur le trottoirs, mais Gonzague, avec la nuit qui tombe, trouve qu'il n'y voit plus assez pour me conseiller sur les morceaux à commander avec le minimum d'hygiène requis par notre constitution d'occidentaux.
On se dirige au travers de petites ruelles, vers la rue où sont les marchands d'éléctronique de contrebande, que l'on nous a conseillé pour y acheter un appareil de photo. Parmi ces magasins, Gonzague en trouve un vend qui vend un Cannon à un prix acceptable de 120 dollars. Après avoir pas mal hésité et salivé sur cet appareil, Gonzague me demande de lui passer le dernier billet de 100 dollars de ma ceinture, car le marchand n'accepte ni carte de crédit, ni travellers. Mais en sortant le billet de mes fesses, je le déchire en deux. Ce qui fait que nous devons repartir penauds. Je suis aussi furieux que Gonzague, de cette maladresse, qui nous prive d'appareil de photo pour notre expedition dans la jungle.
On repasse à l'hotel et on reprend la moto avec des affaires que nous voulons laisser chez nos amis Terrada. On descend chez eux dans le quartier de San Miguel. On y arrive vers 9h. Comme c'était aujourd'hui l'anniversaire de l'une des illes, il reste plein de petits choux et gateaux, dont nous nous gavons, avec un verre de jus d'orange. D'autant plus que nous n'avons pas diné. Heureusement ils ne font pas trop de manières avec nous et c'est une des filles qui nous recoit alors que la mère reste en haut devant sa télé. On fait un échange d'affaires dans le sac qui reste chez eux. Gonzague profite même de leur hospitalité pour laisser sa moto dans leur garage.
La fille nous emmène prendre un verre dans sa voiture. On monte dans le centre ville, dans un bar Le Gramophone où je commande un tequila sunrise, puisqu'il n'y a pas de pinia-colada. L'ambiance est assez sympa, avec des joueurs de dés ou de cartes et une bonne musique. Visiblement notre amie est une habituée.
Au bout d'une heure on repart. On se quitte sur le trottoir, Gonzague et moi prenons un taxi pour notre hotel plus haut dans la ville. On y arrive vers 23h30. Mais les deux filles de la reception qui terminaient leur service à 23h sont déjà parties. C'est le gardien de nuit qui nous ouvre la grille qui barricade la nuit l'entrée de l'hotel.
On est reveillé à 6h par le veilleur de nuit qui nous apporte au lit le petit déjeuner que nous avions commandé la veille. Ce n'est pas très copieux, juste un petit pain et un chocolat chaud, mais c'est compris dans le prix de la chambre et cela reveille un peu. Surtout associé à une bonne douche chaude.
A 7h on prend un taxi pour la via Fatima, où se trouve l'arrêt du bus qui nous interesse. En principe il doit partir à 7h. Mais on attend assez longtemps sur le trottoir de l'arrêt du bus. Il y a un ou deux bus qui arrivent et repartent avec des passagers. Le soleil commence à poindre au dessus des immeubles et nous réchauffer un peu.
Une dame arrive pour installer son étalage de vente destinée au voyageurs. Gonzague et moi la voyons déplacer la valise de Gonzague de quelques centimètres pour monter son stand. Je dis à Gonzague que je ne surveille plus sa valise, qu'il m'avait chargé de surveiller pendant qu'il allait acheter un journal puisqu'il est revenu et que la valise a été déplacée et n'est plus contre mes jambes. Mais Gonzague est plongé dans la lecture du guide ou du journal et il ne m'entend pas. Comme j'en ai marre de devoir insister pour que mes paroles soient prises en compte, cette fois ci je n'insiste pas. Mais je m'en veux peu après car trois ou quatre minutes après lorsqu'il sort le nez de sa lecture pour s'aviser de la situation de sa valise, celle ci a disparue. L'un des nombreux voyageurs qui nous entourent et dont sans nul doute plusieurs font semblant chaque matin d'attendre le bus, pour guetter l'inattention des touristes comme nous, a d– profiter du déplacement de la valise pour la subtiliser en passant derrière nous. Pourtant l'espace n'est pas large entre le mur, l'étalage de la dame (probablement complice), et nous.
Gonzague est plus agacé que désespéré, car heureusement hormis son chèquier, sur une banque française, il n'avait pratiquement que des vêtements dans cette valise, ainsi que sa trousse de toilette. Il va mettre en garde un suisse qui attend un bus comme nous, contre les risques de vol. Le suiss promet d'être vigilant, mais 5 minutes après alors qu'un type le distrait en lui demandant un renseignement un autre lui vole sa petite valise avec tous ses papiers et appareil Du coup plus desespéré que Gonzague il décide d'abandonner ses projets et de se lancer dans les méandres des déclaration de vol.
Il y a un bus qui part les Yunkas, dans lequel monte les 2 suissesses que nous avions vu à Takilé. Les yunkas sont ces vallées qui descendent de l'Altiplano dans le versant oriental des andes et qui bénéficient d'un climat tempéré voir tropical, tout en étant à 3 heures de route de La Paz. Beaucoup de La Paziens y vont en week-end.
Vers 9h enfin ce présente un bus qui va à Caranabi, où nous devons faire escale avant de repartir demain matin en bateau pour Rurrenabaque.
Le bus quitte La Paz et commence par monter dans la montagne pour aller passer un col à 4725m. On passe au milieu des sommets enneigés et il y a un peu de neige sur le bord de la route. Puis le bus redescend le long du versant oriental des andes.
La route n'est pas goudronnée et on descend en faisant assez peu de lacets, mais en longeant des précipices assez impressionnant. Que parfois on frole, car il y a vraiment tout juste la place pour passer entre la muraille et le vide. Des torrents d'eau coulent parfois de la montagne et mouillant la piste et rendant très probable les éboulements ou les glissements de terrain. D'ailleurs la fille de nos amis Terrada a vu la voiture prétée par son père emportée par un éboulement malgré les efforts un peu vain du gendre pour retenir la voiture avec ses petits bras musclés. Ils descendaient aussi sur cette piste en partant en voyage de noces et on eu heureusement le temps de sortir de la voiture.
Cette route est surtout fréquentée par des camions, qui remontent les produits minéraux et agricoles des Ynkas à La Paz. Il y a quelques bus comme nous et pratiquemment aucune voiture particulière. Apparemment il y a priorité à la montée, car notre bus se range dès qu'un camion apparait à l'horizon. A certains passages sans visibilité, il y a des hommes le long de la route avec des drapeaux verts qui font signe alternativement au deux sens de passer. Mais la circulation est relativement peu abondante, on croise en moyenne un véhicule toutes les 3 minutes pendant la jouréne.
Gonzague assis au bord du précipice est moins fataliste que moi et donc pas très rassuré. Il faut dire que j'ai l'avantage de ne deviner qu'une très belle vue sur un vide verdoyant et profond, sans vraiment mesurer l'à pic. Le bus n'est pas très plein, pour une fois et on a donc deux places chacun.
Au bout de 4 ou 5 heures de descente vertigineuse on arrive dans des reliefs qui descendent beaucoup moins et qui serpentent au milieu de la végétation exubérante et tropicale.
On arrive à un endroit plus dégagé, où la route est bordée de petits barraquements qui font bistrot. Une trentaine de camions et de bus sont arrétés là en file indienne. Comme les autres on a pas le choix et on s'arrête pour déjeuner. Tou le monde est bloqué et attend le bon vouloir du premier qui repart quand il a fini de déjeuner, où le cas échéant quand il voit que le restaurant dont il est actionnaire à fait ses affaires! On s'arrête dans la baraque qui est à notre hauteur, où on nous sert un menu soupe, suivi de poulet bananes-légumes, riz, pour 3 bolivianos, soit 3,60 f. Ce quidoit être notre record du repas économique.
Je me balade un peu le long de la caravane de camions, il y a des stands de jus d'orange frais et des barraquements qui semblent plus appétissant que celui où nous nous sommes assis. Mais la foule des routiers commence à s'agiter, sentant le départ proche.
Soudain le premier de la file doit être monter dans son camion car un avertisseur retentit, suivi d'une ruée de tous les routiers vers leur bahut, les passagers des bus remontent dans à leur place, ainsi que les non moins nombreux passagers des camions. Il parait que même les camions citernes transportent des passagers pendant leur voyage à vide. La file des camions s'ébranle, dégageant un énorme nuage de poussière.
La poussière est telle qu'elle envahit notre bus, j'en ai partout sur mon walkman et mes vêtements.
On arrive à Caranabi. On se renseigne sur les départs de bateau pour Rurrenabaque. Mais en fait, les bateaux ne partent pas d'ici et il semble plus sage de reprendre le prochain bus qui vient de La Paz et qui continue sur Rurrenabaque. Cela nous laisse 3 heures pour flaner dans ce village. On va dans un hotel en face de l'arrêt de bus pour boire un jus d'orange. On y laisse nos sacs à la tenancière, qui semble un peu rude, mais que mon état d'aveugle attendrit assez.
On va sze balader sur ce qui doit être une piste d'avion paralèle à la rue principale. Il y a une piste rectiligne avec assez peu de trous, sur laquelle doit se poser un avion hebdomadaire. Sans compter les avions nocturnes des contrebandiers qui n'osent peut-être pas se poser en plein village.
On se balade dans les rues du village, la saison des pluies doit charrier des ruisseaux de boue, car les trottoirs sont très élevés et souvent abrités par les auvents des maisons.
On va dans le marché où Gonzague achète un short et une chemise pour pallier à la disparition de sa valise. Il a du mal à trouver des vétements à son go–t, mais à focre de fouiller et d'insister à chaque stand. On achète aussi un savon et du spray anti moustique.
On passe devant un magasin plein de produits à la coca, Gonzague achète un dentifrice à la coca. Mais il y a aussi du vin à la coca, des miels à la coca, des pommades à la coca...
On dine dans un petit bistrot à coté de l'arrêt de bus. On prend un paté de paecirc;tes à la viande qui est assez bon. Puis on reprend le bus pour Rurrenabaque qui part vers 9h. On monte avec un couple de boliviens, avec qui on a fait connaissance dans le bureau pour reserver nos places. Elle a fait des études en suisse allemande et parle donc assez bien français.
.On s'installe sur deux places, dont l'une à son siège cassé, ce qui fait que on doit le laisser coucher, mais cela permettra à l'un de nous de s'allonger. Ce qui rendra peut-être la nuit un peu moins longue, car on doit arriver à Rurrenabaque à 7h.
On remonte dans la montagne et on frole encore quelques précipices, mais cette fois ci avec un un chauffeur qui fonce dans la nuit et un bus qui a l'air beaucoup poussif. Mais on quitte la montagne pour descendre rouler dans la jungle qui s'étire le long de la route.
On est arrété vers 2h du matin en pleine cambrousse par un barrage de police qui fouille les véhicules à la recherche de cocaine. Après avoir fouillé un bus qui était devant nous, ils s'attaquent au notre.
Je suis obligé d'interrompre mon somme que j'avais entrepris pendant l'heure où ils fouillaient le bus devant. Car ils font descendre les passagers. En tant qu'aveugle j'ai le droit de rester à bord assis sur un des fauteuils du premier rang. Pendant que des policiers fouillent ceux qui sont dehor, un chien et son maitre montent et commencent à fouiller notre bus.
Cela me permet d'être aux premières loges pour voir leur travail. Le maitre claque dans ses doigts pour relancer le chien et le diriger dans telle ou telle partie du bus. Le chien renifle conscienceusement les endroits qui lui sont désignés. C'est un chien-loup qui a l'air intelligent et incorruptible. Il renifle, la langue pendante un peu partout. J'ai quelques instants d'inquiétude, qu'il ne réagisse à la présence sur moi ou dans mon sac de mes diamox. En tout cas avant de quitter ma place, j'avais soigneusement fermé mon sac à dos, pour éviter que l'on ne me glisse un paquet indésirable dedans.
Ce qui aurait p– arriver car parmi les passagers fouillés dehors on a trouvé 4kg de coke sur un type qui était assis à notre place et que nous avions repoussé derrière nous à notre arrivée. Mais apparemment la carotte ou le baton qui le motive à faire le transporteur doit être tellement gros qu'il a préféré garder son précieux paquet sur lui, plutôt que de s'en débarasser, pendant l'heure où nous avons attendu à l'arrêt.
On repart, c'est à mon tour de profiter du fauteuil couché. Je dors quelques heures jusqu'au lever du jour. Où je laisse la place à Gonzague. La route est assez boueuse. On traverse plusieurs gués de ruisseaux. Il pleut depuis deux jours dans ce coin et on pourrait bien s'embourber ou ne pas arriver à monter l'un de ces talus que le bus peine tant à gravir.
Mais on finit par arriver à Rurrenabaque vers 7h. On se balade un peu dans le village.
On veut aller se renseigner pour les excursions dans la jungle auprès de l'agence fluviale tenue par Tico et conseillé par Rémi et le American Handbook. Mais les bureaux sont sur pilotis et pour y accèder il faut parcourir une trentaine de mètres en marchant sur des troncs d'arbres posés sur l'eau les uns à la suite des autres. Je parcous quelques mètres avec Gonzague, mais mon équilibre légendaire, me conseille de rebrousser chemin et de laisser Gonzague y aller seul.
Il revient en disant que l'on peut faire un tour d'une journée ou des tours de 4 jours, mais pour ceux ci il faut rassembler un groupe de 4 personnes pour faire un départ. Aussi aucun départ n'est prévu aujourd'hui. On demande au couple qui était avec nous dans le bus. Mais ils ne semblent par très tenté par une balade dans la jungle.
Entretemps on s'est installé dans un bistrot qui donne sur la rivière pour y petit-déjeuner. On a attendu assez longtemps les oeufs car personne à la cuisine ne savait faire les oeufs brouillés et il a fallu chercher un copain qui savait les cuire! On commande aussi à un type sur le pas de la porte, deux jus de pamplemousse frais excellents. Les oeufs brouillés sont très bons, mais un peu trop bourré d'échalote.
En sortant on tombe sur les deux suisses du bateau de Takilé Marc et Christophe. Justement ils s'apprêtent à partir pour 4 jours dans la jungle, avec une autre organisation que celle de Tico. Je m'en veux de ne pas avoir penser qu'il pouvait y avoir d'autres fournisseurs que Tico, sur lequel nous sommes restés cablés, car c'est le seul à avoir pignon sur rue. On se met d'accord avec Elio le patron de cette organisation concurrente: Eco Tours . Bien
Eco Tours sur il est ravi d'avoir deux clients de plus au dernier moment. On se met d'accord sur le prix qui semble normal de 55 dollars pour 4 jours. Ils nous fait un peu attendre pour aller complèter le marché de provisions.
On monte dans une longue pirogue à moteur d'une quinzaine de mètres. Outre nos deux copains suisses, nous sommes avec Kevin un américain et John un espagnol. Il y a aussi deux guides et un cuistot.
On remonte la rivière, jusqu'à un autre affluent que l'on remonte également. Le décor est assez beau on passe tanto entre deux parois de roches assez abruptes et souvent éboulées ou érodées ce qui fait que l'on voit les différentes couches de sédimentation. Ou on passe entre deux parois de végétation de jungle épaisse. Le soleil est assez timide, mais lorsque au bout de deux heures de navigation on s'arrête sur une plage jonchée de bois charrié par la rivière il apparait un peu. On déjeune là d'un bol de riz et de corn-beef.
On continue encore une heure, avant de changer de bateau avec un groupe qui revient de leur 4 jours d'expedition. Ils ont l'air trempés et sales, mais contents. Enfin après encore une heure de navigation on s'arrête au campement.
En route on s'est arrété dans un petit village au bord de la rivière et au pied de la maison des parents du guide, pour charger des fruits et différentes denrées qui complètent nos stocks.
Le campement est installé dans une petite clairière qui surplombe la rivière de deux ou trois mètres. Elle est meublée d'une table et de deux bancs en bambu, de l'armature en bambou d'une cabane. Que l'on recouvre d'une toile cirée imperméable et sous laquelle on installe des moustiquiaires.
Penda