Argentine et Chili du 5 au 23 décembre 2007

Mercredi 5 décembre

Il y a deux ans lorsque j’étais au marketing chez IBM j’ai engagé Mélanie comme apprentie en alternance et nous avons partagé pendant six mois le même bureau. Et puis je suis repassé dans les ventes et Mélanie est restée au marketing. A la fin de de ses deux années d’apprentissage, l’été dernier, Mélanie a décidé de couronner ses années d’étude par un grand voyage de trois mois aux USA et en Amérique du sud. Toujours à l’affût d’occasions de voyage j’ai demandé à Mélanie si elle n’avait pas envie à un moment ou à un autre de son périple d’avoir un compagnon de voyage. Et elle m’a proposé de la retrouver à Mendoza pour visiter l’Argentine et le Chili pendant les deux dernières semaines de son voyage. Comme Mélanie doit faire son voyage avec un petit budget je lui ai suggéré de s’inscrire à l’association Servas et nous avons avec un peu de difficulté réussi à lui faire passer un entretien avec un interviewer et récupérer juste avant son départ début octobre les listes pour les USA, l’Argentine et le Chili. Dans le même esprit petit budget implique sac à dos, ce qui n’est pas pour me déplaire. Et j’ai minutieusement préparé mon sac à dos depuis quelques jours pour tâcher d’optimiser son contenu. Je n’oublie pas la tente que Mélanie m’a fait parvenir via un autre Sylvain de ses amis avec qui elle était aux USA et qui me l’a postée en rentrant chez lui à Castres. Je n’oublie pas non plus les guides Lonely Planet que j’ai acheté sur internet et qui complèteront les guides du Routard que Mélanie m’a confiés avant de partir.

Depuis qu’elle est partie début octobre je n’ai que peu de nouvelles d’elle et parfois j’ai redouté de recevoir au dernier moment un mail annulant mon voyage pour cause d’un séjour prolongé aux USA par exemple suite à une chute de cheval dans sa randonnée de quinze jours dans les canyons ou par amour pour un indien du Colorado. Mais non hier j’ai bien reçu un mail de Mélanie me confirmant qu’elle m’attend à Mendoza et me donnant l’adresse d’une auberge de jeunesse où elle nous a réservé deux lits.

Ce matin j’ai travaillé depuis la rue Vital, en liaison avec Guillaume mon stagiaire actuel, pour terminer quelques affaires. Nous perdons pas mal de temps au téléphone avec le 2944, le support informatique, car manque de chance mon Lotus Notes déraille juste avant mon départ. J’ai aussi demandé à Marie la concierge de l’immeuble de monter chez moi pour m’aider à retrouver le capuchon de la clé USB que j’ai bêtement égaré et que je voudrais emporter avec moi et où j’ai mis une copie au cas où du logiciel jaws. Puis je pars déjeuner avec mon amie Virginie alors que mon sac à dos ainsi qu’un petit sac vert d’appoint sont fin prêts.

A 15h je suis revenu rue Vital car j’ai réservé une voiture PAM et c’est un taxi qui passe me chercher et qui m’emmène à Roissy 1. Je trouve le comptoir Air Comète, grâce à un gentil monsieur. Mais au comptoir l’hôtesse à qui je tend ma chemise plastifiée avec mes billets me dit que je n’a pas de billet et qu’il faut que j’aille le retirer au comptoir Lastminute.com. Une hôtesse m’accompagne dans le hall où sont les comptoirs des différents opérateurs mais il n’y a personne au comptoir Lastminute et d’ailleurs il n’y a personne à aucun comptoir. Nous errons ainsi du hall principal à ce hall annexe. Je demande en vain que l’on appelle Lastminute pour comprendre où se trouve mon billet mais comme le numéro qui est indiqué sur mes papiers est un numéro en 0899 surtaxé personne n’accepte de les appeler pour moi et pour être sûr d’être bien dépaysé en vacances je n’ai pas pris mon téléphone portable. Entretemps le comptoir Go Voyages ouvre et on demande à la préposée si par hasard elle n’aurait pas en dépôt un billet d’avion pour moi. Mais non elle n’a rien. Je commence à m’inquiéter ou plutôt à m’énerver mais finalement l’hôtesse qui m’accompagne finit par refouiller dans ma chemise plastifiée et elle trouve dans une enveloppe mon billet en bonne et dûe forme. C’est l’hôtesse d comptoir qui l’avait mal lu et qui me l’avait rendu en me disant « non ceci est votre billet de retour » du coup je l’avais rangé soigneusement dans son enveloppe. Bref, je suis donc enregistré et on m’accompagne en salle d’embarquement. Je demande en vain à être surclassé.

On décolle pour Madrid où on arrive vers 20h. Là j’ai trois petites heures d’attente en salle de transit où je lis un document Braille et où j’écoute mon lecteur baladeur Victor avec le livre Pie XII et les juifs. J’aurai dû appeler mon primo Gonzague qui habite à coté de l’aéroport pour lui suggérer de venir diner avec moi. Je demande à nouveau en vain à être surclassé sur le vol transatlantique mais on me répond le baratin habituel selon quoi ils sont désolés mais ils ne peuvent pas. Si il y a une chose dont je suis sûr c’est que s’ils voulaient ils pourraient. Mais tant pis je ferai donc les onze heures de vol à ma place dans cet Airbus 340 où on nous embarque. Je me retrouve assis à coté d’un jeune français qui part avec des copains visiter l’Argentine pendant trois mois. Le repas servi dans l’avion est dégueulasse avec notamment une salade qui est cuite tellement elle est passée et un poulet insipide. Heureusement j’ai prévu le coup et j’ai du fromage dans mon sac vert qui me reste de la dégustation de vins que j’ai organisé chez moi hier soir. Je bouquine beaucoup et je termine mon livre en cours et commence le récit La nuit est tombée d’Hubert Mathot. Je dors par intermittence et je marche un peu dans le couloir de l’avion.

Jeudi 6 décembre

On arrive au matin à Buenos Ayres, comme d’habitude on me fait sortir le dernier de l’avion et puis le temps de passer la police de récupérer mon sac à dos et de passer la douane, l’employé qui m’accompagne m’amène au comptoir de la navette qi relie le terminal international au terminal domestique où je dois prendre un vol intérieur pour Mendoza. Ni celui qui m’accompagne ni l’employé au comptoir de la navette ne parlent anglais mais je finis par comprendre que la navette est partie il y a une dizaine de minutes et qu’il n’y en a qu’une toutes les heures et surtout qu’il faut 45mn pour aller à l’aéroport domestique car il ne s’agit pas d’un changement de terminal mais d’un changement d’aéroport et qu’ils sont chacun à un bout de la ville. Du coup si j’attend la prochaine navette cela risque d’être un peu juste pour attraper mon vol pour Mendoza on me dit que je dois prendre un taxi. Mais je refuse d’être ainsi livré à moi-même et de devoir assumer les lenteurs de la compagnie aérienne. Je demande suffisamment fermement qu’ils me trouvent une solution que le Stewart qui m’accompagne m’emmène au comptoir Aero Lineas dont dépend Air Comète et là après quelques hésitations comme je reste ferme et calme on m’annonce que l’on va me payer un taxi pour aller à l’autre aéroport. On me met donc dans un taxi qui me conduit là bas et effectivement cela prend pratiquement 45mn.

Une fois là bas mon chauffeur m’amène au comptoir Aero Lineas d’où on m’emmène dans un bureau de la compagnie où je suis prié d’attendre que l’heure de l’enregistrement soit venue. Je reste un peu tranquille et puis je m’agite pour que l’on m’accompagne aux toilettes et à un distributeur de billets. Les employées paniquent un peu à la recherche d’une personne pour m’accompagner car ici comme partout ils ont tellement peu l’esprit d’initiative que cela ne vient à l’idée d’aucune d’entre elles de me prendre par la main et de me faire faire les dix mètres qui nous séparent des toilettes. Je finis par comprendre que c’est aussi que ce sont toutes des femmes et qu’elles imaginent qu’il faut un homme pour entrer avec moi dans les toilettes. Je m’impatiente et force l’une d’entre elles à m’accompagner jusqu’à la porte en lui faisant comprendre que cela me suffit. On m’explique ensuite que pour le distributeur de billets c’est l’employé qui m’accompagnera à l’embarquement qui en même temps fera une pause au distributeur de billets.

L’heure de l’embarquement arrive donc et après avoir fait le plein de pesos argentins je me retrouve à bord d’un Mac Donald douglas qui décolle pour Mendoza.

Mendoza

A l’arrivée à Mendoza il y a un employé charmant qui me prend en charge et qui m’aide r=à retrouver mon sac à dos sur le tapis roulant. Il me met dans un taxi qui m’amène en ville. J’échange quelques mots avec le chauffeur qui baragouine anglais. Il me dit que la ville compte 800000 habitants alors que le pays compte 40 millions d’habitants. C qui m’étonne c’est qu’il parait que la région de Buenos Ayres compte à elle toute seule 20 millions d’habitants. C’est incroyable l’exode rural qu’a dû provoquer la crise économique de ces dernières années. J’arrive vers 15h à l’auberge de jeunesse réservée par Mélanie. C’est l’Itaka hostel Aristide Villanueva 480, Mendoza 5500 téléphone 0542614239793. Il fait très chaud plus de trente degrés et cela contraste avec le temps que nous avions hier à Paris. A la réception de l’auberge de jeunesse on me dit qu’il n’y a pas de chambre réservée au nom de Mélanie ni au mien. Je prends tout de même deux lits et je m’installe dans une chambre au rez de chaussée où il y a quatre lits. Je vais prendre une douche dans l’une des deux salles de bains qui sont dans le couloir. Lorsque je sors de la salle de bains j’entends la voix de Mélanie qui est arrivée. Elle semble très en forme et je suis content de la revoir. Je m’habille et puis nous allons boire un Coca à la terrasse d’un café qui est un peu plus loin sur l’avenue.

Ensuite nous allons nous promener dans Mendoza que Mélanie a déjà eu un peu le temps de visiter depuis trois ou quatre jours qu’elle est là. La ville est faite de larges avenues avec de nombreux arbres qui ménagent une ombre bienfaisante à cette époque de l’été. J’imagine qu’à cause des tremblements de terre qui ont gravement affecté la ville à la fin du 19ème siècle cela a permis de revoir l’urbanisme et de tracer ces larges avenues. Il y a une place centrale qui est entourée de quatre autres ronds points et ces cinq places et leurs alentours constituent le centre ville.

Au milieu de la place centrale il y a un monument à la gloire des italiens qui ont contribué à la libération du pays où quelque chose comme cela. Car ni Mélanie ni moi ne parlons l’espagnol et donc nous tentons tant bien que mal d’interpréter l’inscription sur la plaque.

De là nous nous arrêtons dans un bureau de tourisme au premier étage d’un immeuble où on achète juste avant la fermeture deux tickets d’entrée à cent pesos chacun pour faire trois jours de randonnée dans le parc naturel de l’Aconcagua. Les employées nous ont mis en garde sur la nécessité d’avoir un minimum d’équipement car le camp de base où nous pourrons planter notre tente est à presque 3500 mètres d’altitude. Comme ni l’un n’i l’autre nous n’avons pris nos cartes de crédit nous devons repasser par l’auberge pour les récupérer avant d’aller faire quelques courses. Heureusement la tradition de la sieste règne toujours dans ce pays et du coup après une longue fermeture à l’heure du déjeuner les magasins sont ouverts tard. On ressort et on passe dans un magasin de sport où je loue un sac de couchage pour trois jours. Puis on marche jusqu’à un magasin Carrefour que Mélanie a repéré et où on veut faire nos courses.

On fait cela plutôt lentement car Mélanie choisit minutieusement les fruits et les légumes que l’on voudra emporter pour pique niquer pendant ces trois jours de randonnée. Et comme les produits frais sont vraiment moches cela prend pas mal de temps et d’hésitations. Mélanie m’avait prévenu cet après-midi devant les étalages d’artisans où nous nous sommes un peu arrêtés près de la place centrale, en m’expliquant qu’elle avait beaucoup de mal à choisir et qu’elle pouvait mettre des heures à hésiter entre deux colifichets. Cela se confirme quand on la voit hésiter entre deux sortes de pommes. Je parviens à ne pas m’impatienter et simplement à lui faire remarquer qu’il faudrait peut-être accélérer si on veut avoir une chance d’être chez son amie Sylvinna qui nous attend pour diner vers 22h. ON achète plein de choses pour se régaler. On a même pris un genre Tupperware et quelques ustensiles. On finit par sortir du Carrefour vers 21h30 bien chargés. On repasse déposer nos paquets à l’auberge de jeunesse et puis on va chez Sylvinna qui n’habite pas trop loin et où on arrive vers 22h30.

Sylvinna est très gentille, un peu timide et surtout très susceptible. Sa mère nous sert un diner délicieux avec de la viande et des légumes. J’ai le malheur de faire pendant le diner une réflexion à Sylvinna à propos de je ne sais plus quoi. Je crois que c’est lorsque je lui ai dit en plaisantant que plutôt que de réviser ses examens elle ferait mieux d’aller skier. du coup après le diner Mélanie et elle s’enguelent copieusement. D’autant plus qu’il y a parait il depuis un ou deux jours un malaise entre Mélanie et Sylvinna. Du coup leurs cris réveillent le père de Sylvinna qui faisait la sieste et qui tente maladroitement de les calmer. Pendant ce temps là j’hésite moi aussi à intervenir mais je préfère les laisser se débrouiller et je reste à l’écart dans la salle à manger à tenter de papoter avec la mère qui baragouine un peu d’anglais. Le père qui s’appelle Rodolphe nous rejoint et nous allons avec la mère qui s’appelle Ruth, nous asseoir dans le salon. Là Rodolphe m’explique comment dans le cadre du Rotary club ils aident des aveugles en leur fournissant des micro-ordinateurs et en y installant le logiciel de synthèse vocale Jaws.

Enfin Mélanie et Sylvinna ressortent de leur dispute et se joignent à nous. On échange quelques mots et puis Rodolphe nous reconduit vers 0h30 en voiture jusqu’à l’auberge de jeunesse. Il a insisté pour me prêter un anorak en duvet.

Là on prépare nos sacs à dos pour partir demain matin Mélanie me suggère de prendre l’anorak de Rodolphe ainsi que ma polaire alors que j’hésite à laisser l’un des deux. on se couche. Je suis content de cette première journée et d’avoir retrouvé Mélanie détendue et très ouverte. J’ai déjà découvert quelques facettes d’une Mélanie sensiblement différente de celle que je côtoyais chez IBM. Je suis passablement fatigué par ma longue journée et ma nuit en avion aussi je ne tarde pas à m’endormir après mon traditionnel lavage de dents. Malheureusement d’autres occupants de l’auberge entreprennent de jouer au billard qui est dans le hall voisin de notre chambre. Et ils jouent jusqu’à presque 3h en parlant fort et en me réveillant plusieurs fois.

Vendredi 7 décembre

Au matin je vais prendre une douche dans la salle de bains. Lorsque j’ai fini alors que je suis à quatre pattes à la recherche de la poubelle pour y jeter je ne sais quoi, il y a une touriste qui entre et qui me pousse dehors pour prendre ma place. Elle a dû avoir peur avec la surprise de me voir là d’où sa réaction un peu violente. On va petit déjeuner dans une salle de l’auberge. Le petit déjeuner est un peu frustre mais de toute façon on a pas beaucoup de temps. On paie l’auberge et on négocie d’y laisser des affaires pendant la durée de notre randonnée à l’Aconcagua pour alléger nos sacs à dos. Comme ils n’acceptent pas les cartes de crédit, Mélanie doit aller au distributeur le plus proche pour retirer des espèces.

Puis on quitte l’auberge et au coin de la rue on hèle un taxi qui nous conduit avec nos sacs à dos à la gare routière. Là on achète des billets pour le car qui va à Punta del Linka. Dans la gare il y a une boulangerie où Mélanie nous achète des petits pains pour que nous ayons du pain pendant ces trois jours. Je lui fait retourner en acheter d’autres car je trouve qu’elle n’en a pas acheté assez. Nous montons dans l’autocar et assez rapidement je m’endors pour rattraper ma courte nuit. En fait je passe une bonne partie des quatre heures de voyage à dormir et Mélanie ne doit pas trouver ma conversation passionnante.

Punta del Linka

On arrive à Punta del linka. En fait on descend de l’autocar quelques kilomètres plus loin non loin de l’entrée du parc national de l’Aconcagua. On marche quelques centaines de mètres le long d’une petite route pour atteindre l’entrée proprement dite où il y a une petite maison qui abrite les employés du parc à qui nous présentons les pass que nous avons acheté hier soir.

Puis nous allons un peu à l’écart nous installer pour pique niquer. On s’arrange pour être à peu près à l’abri du vent grâce à un petit muret de pierres et à nos sacs à dos et on s’allonge à moitié pour déjeuner. On se régale avec des céleris branches, des tomates et des sandwichs. Le soleil est très agréable et on passe un bon moment là. Au point que l’on ne se décide à repartir qe vers 4h ce qui est peut-être un peu tard si on ne veut pas arriver trop tard au camp de base qui est à 3400 mètres d’altitude alors que l’entrée du parc est à 2700 mètres.

On entreprend donc l’ascension. Très vite Mélanie se débrouille très bien pour me guider et pour m’indiquer les passages délicats. Selon la largeur du sentier je lui tiens le bras ou bien je reste derrière à lui tenir le sac à dos. La montée n’est pas très difficile et cela reste de la randonnée. On traverse deux ou trois ruisseaux en sautant de pierre en pierre et une fois on traverse sur un pont suspendu. On croise quelques touristes qui descendent et aussi des groupes de mulets avec leur guide qui redescendent du camp de base où ils ont du monter du matériel ou des provisions. Le paysage est de plus en plus aride avec au départ quelques touffes d’herbe qui laissent de plus en plus la place à des cailloux. Mélanie me décrit les montagnes magnifiques qui nous entourent avec des couleurs très variées l’une est blanche avec du sel, l’autre est faite d’une roche ocre, une autre est d’une roche verte, etc. Il y a aussi certaines montagnes qui se composent de strates de couleur très différentes et qui sont très impressionnantes. Le temps est magnifique avec un ciel extrêment pur.

La montée finit par être longue et nous commençons à fatiguer. D’ailleurs Mélanie a la cheville qui flanche et commence à boitiller. Mais vers 8h alors que l’on commence un peu à s’inquiéter en se demandant ce que l’on fait si à la nuit tombée nous ne sommes pas encore arrivés au camp de base, après avoir traversé un grand oued asséché on finit par apercevoir au loin le camp de base. On y arrive alors qu’il fait encore jour. On est accueilli par un des rangers qui surveillent le camp et à qui nous montrons nos pass et qui va les pointer dans leur cabanon chauffé . Il nous montre où nous pouvons installer notre tente et où sont les toilettes et le point d’eau. Il y a quelques grandes tentes igloo qui servent à des tour operators pour accueillir leurs clients et puis toute une série de petites tentes individuelles.

En fait ce camp de base ser à la fois aux touristes comme nous qui viennent pour crapahuter dans la montagne pendant trois ou quatre jours et aussi aux alpinistes qui ambitionnent de monter au sommet de l’Aconcagua. On peut prendre un pass soit pour trois jours soit pour sept jours. C’est le plus haut sommet des Amériques qui culmine à 6962 mètres. Pour monter au sommet il faut depuis ce camp de base faire une grande journée de randonnée d’une dizaine d’heures jusqu’à un autre camp de base Plazza Melasse qui est à environ 4500 mètres et puis de là c’est de l’alpinisme dans la neige et la glace jusqu’à un refuge et il faut encore une autre journée pour arriver au sommet.

Nous nous mettons à monter notre tente. Un israélien qui est dans une tente voisine vient gentiment proposer à Mélanie de l’aider. La nuit tombe progressivement et avec elle un vent froid se lève. Une fois la tente montée nous nous installons et puis nous dinons devant la tente en installant un grand sac poubelle que j’ai en guise de nappe. Mélanie nous prépare une salade dans un bol Tupperware que nous avons acheté à Carrefour. Malheureusement l’avocat qui compose la salade s’avère non seulement pas mûr mais mauvais. Nous parlons un peu fort et nous devons peut-être déranger nos voisins qui sont déjà tous réfugiés dans leur tente. Il faut dire qu’il commence à faire vraiment froid et nous ne nous attardons pas sous le ciel étoilé. Je suis d’ailleurs bien content que Rodolphe et Mélanie aient insisté pour que je prenne la doudoune et ma polaire car les deux ne sont pas de trop. L’absence de gants se fait d’ailleurs sentir.

On se glisse dans nos sacs de couchage et au début je garde mes chaussettes car il y a un courant d’air qui rentre dans la tente par un trou d’aération au niveau des pieds. Nous ne parvenons pas à dormir. L’altitude doit probablement nous énerver sans compter le sol qui est plutôt dur même il n’y a pas trop de cailloux saillants. Vers 1h du matin comme je réalise que Mélanie ne dort pas non plu je me permet de rouvrir la tente pour attraper, dans mon sac à dos resté dehors, un somnifère. Mais il ne fait que peu d’effet et je ne dors pas beaucoup. Mélanie refuse d’en prendre un et dort encore moins. Je suis content d’avoir pensé à prendre ma petite bouteille qui me sert de pot de chambre, cela m’évite d’avoir à sortir de la tente et de risquer de réveiller Mélanie pendant ses brèves somnolences. Comme il faisait froid j’ai passé la nuit avec des chaussettes dans mon sac de couchage.

Samedi 8 décembre

Du coup au matin nous sommes les derniers levés vers 8h alors que les autres tentes sont déjà presque toutes vides. On petit déjeune mais je suis barbouillé par l’avocat d’hier soir que j’ai eu du mal à digérer. J’ai aussi mal à la tête, particulièrement dans les sinus, bref ce n’est pas la grande forme. Mélanie elle semble toute fraiche et dispose. Je ne sais pas comment elle fait n’ayant pas dormi pour sauver ainsi la face. On se prépare sans beaucoup d’entrain. Mélanie déleste le contenu de son sac à dos dans la tente pour que nous ne prenions que son sac avec notre pique nique. Je porte donc son sac qui est nettement moins lourd.

On finit par quitter le camp de base et par emprunter le sentier que l’on nous a indiqué pour rejoindre Plazza Francia qui est un but de randonnée avec parait il un point de vue une heure de marche avant Plazza Francia. Le tout se trouvant à environ 4200 mètres d’altitude. Le sentier est d’abord facile et puis progressivement il grimpe dans des pierriers. Il y a certains passages délicats notamment lorsque le sentier passe sur des corniches étroits d’où il ne vaut mieux pas glisser dans le vide. Mais Mélanie me guide parfaitement et nous commençons à avoir une technique éprouvée. A aucun moment il ne faut escalader ou même grimper. Nous passons par des vallons encaissés qui alternent avec des vallons plus dégagés. Nous doublons ou nous sommes doublés par différents petit groups de randonneurs français, américains, israéliens ou argentins, dont un photographe qui prend abondamment en photo l’image insolite de l’aveugle et son guide. Le paysage est parait il magnifique avec encore des sommets multicolores qui nous entourent et un grand soleil qui nous illuminent.

Au bout de quatre heures de marche alors que nous montons en pente douce sur un plateau assez dégagé nous décidons de nous arrêter pour déjeuner et nous trouvons quelques pierres derrière lesquelles nous pouvons nous abriter du vent. On grignote un pique nique et puis presque immédiatement je m’endors allongé au soleil tellement je suis fatigué par la montée et mon manque de sommeil. Mélanie elle a encore de l’énergie et voudrait continuer à monter au moins jusqu’au mirador à défaut d’aller jusqu’à Plazza Francia. D’après ce que nous a dit un touriste il semble y avoir encore une heure de marche jusqu’au mirador. Mélanie se propose d’y aller seule et de me laisser ici au soleil. Mais cela va lui prendre deux heures aller retour, en supposant que le touriste ai bien évalué la distance, et je redoute que notre descente soit ensuite plus longue que la montée et que le jour baissant le vent glacial nous rattrape. Je parviens à convaincre Mélanie à renoncer à son projet mais intrépide et volontaire comme elle est, elle est plutôt frustrée. Nous faisons donc demi-tour pour amorcer la descente vers le camp de base.

La descente s’avère plutôt plus facile que ce que je craignais car globalement la pente était plutôt douce et nous arrivons au camp de bae vers 4h30 alors qu’il fait encore beau et doux. Finalement peut-être que nous aurions pû tenter d’aller au bout de la randonnée. Après avoir posé nos affaires on va roder autour des grandes tentes igloo à la recherche d’un thé chaud. Nous sommes accueillis dans une des tentes où se trouvent quelques touristes qui devisent assis sur des chaises en sirotant du thé. Latente est chauffée et doit servir de salle à manger aux groupes de ce tour operator tandis qu’il y a une tente cuisine à coté. Nous échangeons quelques paroles avec les touristes qui sont là. Puis nous retournons à notre tente. Nous nous installons à l’intérieur car le vent s’est levé et il se met à faire froid. Finalement heureusement que l’on est revenu assez tôt car je nous imagine pas bien mal équipés en train de terminer la descente dans ce vent glacial. Avec le vent c’est le sable qui pénètre un peu partout dans la tente malgré nos efforts pour la laisser fermée. Nous jouons au rami mais je suis encore épuisé et je dors à moitié en jouant. Puis comme Mélanie n’a pas faim et qu je suis encore un peu barbouillé et avec mal à la tête nous nos contentons de grignoter un peu de pain et de fromage en guise de diner

Enfin on se couche. Cette nuit il semble faire un peu moins froid que la précédente, à moins que ce ne soit juste parce qu’on s’habitue. Je reprend un somnifère. Mélanie refuse par principe d’en prendre un et du coup la pauvre elle ne dort encore pas. De mon coté je dors huit bonnes heures même si le sommeil est léger et si je me retourne souvent d’un coté ou de l’autre.

Dimanche 9 décembre

Au petit matin un léger ronflement de Mélanie m’indique qu’elle a fini par s’endormir, je la laisse donc dormir jusqu’à 6h45 et puis je donne le signal du lever en sortant de la tente. Je suis bien plus en forme qu’hier. Mélanie s’active pour plier la tente tandis que je petit déjeune. Je me fais mal aux doigts en pelant une orange avec des ongles absents et des doigts engourdis par le froid. Je prends aussi du pain et du chocolat. Mélanie elle a du mal à rouler les sacs de couchage dans leur housse. On termine d’emballer la tente. Mélanie va remplir sa gourde d’eau au tuyau d’eau qui est à notre disposition mais où l’eau est tellement froide qu’elle se fait très mal à la main en tachant de canaliser l’eau pour remplir la gourde. Autour de nous la plupart des campeurs sont déjà partis en randonnée ou pour redescendre.

Nous nous mettons en route pour redescendre vers 8h05 alors que nous avions prévu de partir à 8h pour attraper l’autocar qui parait il passe à la sortie du parc naturel vers 11h45 donc c’est parfait. On retraverse le grand oued que nous avions monté à l’aller. Le ruisseau qui y coule est gelé donc il a fait bien froid pendant la nuit. On croise plusieurs groupes de mulets qui montent du matériel et des provisions au camp de base. Nous marchons tantôt dans un terrain sablonneux tantôt dans des pierriers mais globalement la descente est plus facile que ce à quoi je m’attendais. J’avais l’impression qu’à l’aller on avait monté des pentes plus raides ! IL y a tout de même un passage dans une sorte de gorge ou le sentier est très caillouteux, étroit et délicat et où on doit faire attention à ne pas tomber et je me tiens au sac de Mélanie qui passe devant moi tout en tachant d’éviter de lui marcher sur les talons et d’abimer son chapeau de cow-boy qui est suspendu à l’arrière de son sac. .

On descend pendant trois heures dont deux heures jusqu’au pont de singes suspendu au dessus de la rivière. Après le pont cela devient globalement facile et on peut presque partout marcher de front. On ne fait pas beaucoup de pauses car Mélanie est increvable comme d’habitude. On s’arrête tout de même une fois quelques minutes pour boire et je grignote du pain et du chocolat. On passe à coté d’un lac avec des couleurs vertes très belles. Mélanie m’a décrit avec beaucoup de précision toutes les montagnes qui nous entourent et les paysages semblent toujours aussi magnifiques. Grâce aux conversations que nous avons eu là haut avec d’autres randonneurs on peut mieux positionner et nommer les différents sommets. Il y a notamment une montagne qui comporte une couche blanche dont on ne sait pas bien si il s’agit de neige ou de calcaire. En fait cela s’avèrera être du sel. IL y a aussi ces montagnes aux couches multicolores.

On arrive à l’entrée du parc où on pointe notre sortie et où on laisse notre sac poubelle avec nos déchets depuis trois jours. On ne s’attarde pas trop car on est un peu stressé pour être sûr de ne pas rater l’autocar de 11h45 d’autant plus que Mélanie aurait aimé s’arrêter à Punta del Linke et pour cela il faudrait que l’on y arrive avant le passage du car. On marche une vingtaine de minutes jusqu’à la route principale où est l’arrêt d’autocar. Là il y a déjà plusieurs personnes qui attendent l’autocar.

On se met à faire de l’auto-stop il y a plusieurs véhicules qui passent sans s’arrêter mais assez rapidement un camion s’arrête et on grimpe dedans. La cabine est très haute et ce n’est pas facile de grimper avec nos sacs à dos. On échange quelques mots avec le chauffeur qui nous explique qu’il transporte du maïs jusqu’à Buenos Ayres. Il nous dépose donc quelques kilomètres plus loin à Punta del Linke. C’est parfait grâce à lui nous arrivons à Punta del Linke une quinzaine de minutes avant l’heure prévue de l’autocar et cela laisse à Mélanie le temps de se balader un peu dans le village.

C’est un petit village au bord de la route. Une partie du village a été démolie par les éboulements provoqués par un glissement de terrain et on voit des maisons en ruines autour de la chapelle encore intacte. Mélanie va voir un pont de sel qui a parait il été construit par les incas en canalisant l’eau d’une source très salée et qui a déposé du sel jusqu’à formé cette passerelle. Pendant ce temps je m’installe à la terrasse d’un café avec les randonneurs israéliens et le couple de français qui étaient avec nous dans la montagne et qui sont venus jusque là à pied en coupant par un sentier au lieu de suivre la route.

Le car arrive et on monte dedans. Je bouquine car pour une fois je ne m’endors pas bercé par la route tellement j’ai bien dormi la nuit dernière. Mélanie elle est épuisée et dormirai bien mais elle a comme toujours du mal à s’endormir. Elle finit tout de même par s’assoupir. Manque de bol croyant qu’elle ne dort pas je lui parle et je la réveille.

Mendoza

Une fois à Mendoza nous sommes passablement fatigués par le voyage. Ici il fait chaud et nous n’étions plus habitués à cette chaleur estivale. On prend un taxi jusqu’au centre ville . Même Mélanie, qui aime tant aller jusqu’au bout de ses forces et à qui je laisse le choix, est d’accord pour que l’on se dispense de marcher avec nos sacs à dos jusqu’à là en pleine chaleur car il est environ 15h.

En centre ville on passe par la place Espagna l’une des cinq places centrales que Mélanie tenait à me faire admirer. En effet elle est particulièrement belle avec des balustrades décorées de faïence style azoulairos qui font presque tout le tour de la place et qui entourent une grande pelouse avec un bassin en son milieu. Nous sommes à l’heure de la sieste alors il n’y a pas grand monde dehors en pleine chaleur mais en soirée les badauds s’asseyent, parait il, sur les balustrades et profitent des heures fraiches à l’ombre des arbres qui sont nombreux dans cette ville. Au fond de la place il y a une grande fresque couverte de faïences qui représentent différentes scènes : avec des conquistadors en passant par Don Quichotte.

Puis comme Mélanie a faim on marche à la recherche d’un restaurant où on pourrait déjeuner. Mélanie avec sa mémoire visuelle impressionnante se rappelle avoir repéré un restaurant végétarien alléchant et elle le retrouve assez facilement en nous faisant sillonner quelques rues du voisinage. Mais malheureusement il est fermé le Dimanche. En fait avec l’heure de la sieste la plupart des restaurants sont fermés mais on rebrousse chemin pour retourner dans une rue piétonne où on a repéré qu’il y avait quelques cafés ouverts. Là on s’installe en terrasse de l’un d’eux et on commande. Je prends du jambon et des cœurs de palmiers qui s’avèrent plutôt médiocres. L’ambiance est agréable et cela fait du bien de se poser un peu.

Ensuite comme Mélanie a peur que l’offre d’hospitalité que nous ont fait au moment de notre départ, les parents de Sylvina était peut-être de politesse, on choisit l’option discrète et on marche jusqu’à l’auberge de jeunesse. Là on demande deux lits dans un dortoir et la préposée nous indique la chambre au rez de chaussée où nous étions déjà il y a quelques jours. Notre espagnol laisse décidément à désirer et nous tentons en vain d’expliquer à cette femme que nous connaissons déjà les lieux elle persiste à nous montrer en détail la chambre, les salle de bains et les espaces communs.

Je vais prendre une douche ce qui est bien agréable même si les coups de soleil que j’ai au niveau des lèvres et sur tout le bas du visage me brûlent un peu.

De fil en aiguille il est déjà 20h et Mélanie a appelé les parents de Sylvina pour les prévenir que nous sommes rentrés et leur proposer de passer chercher les affaires qu’elle a laissé chez eux. Ils lui reproposent de dormir chez eux mais maintenant que nous sommes installés c’est un peu tard mais nous acceptons leur invitation à diner. Ils passeront donc nous chercher vers 9h. Sylvina elle n’est pas là car elle est partie quelques jours rendre visite à sa grand-mère dans une autre ville. En attendant nous allons nous allonger sur la pelouse devant l’auberge de jeunesse pour lire les guides du Routard et le Lonely Planet ce qu’il y a sur l’histoire de Mendoza car je suis curieux d’en savoir plus. Malheureusement il n’y a pas grand-chose sur cette ville coloniale.

Les parents de Sylvina, Ruth et Rodolphe passent donc nous chercher et nous emmènent en voiture dans un centre commercial à l’exterieur de la ville où il y a un restaurant qui sert une viande parait il succulente. C’est le Don Mario à l’adresse Ruta Panamericana 2650 Godoy Cruz à Palmarès Open Mole téléphone 4394838. On nous installe à une table en terrasse. De fait après une petite salade en entrée on nous sert sur un réchaud placé au milieu de la table, d’énormes morceaux de viande grillés qui sont délicieux. La viande est absolument sans aucun gras ni gras. Elle est un peu trop cuite à mon goût. Les argentins prennent la viande bien à point car ils croient que cela peut éviter des bactéries qui pourraient être dans la viande saignante. C’était ce qui était expliqué dans le guide que nous avons lu tout à l’heure et Rodolphe me met lui aussi en garde lorsque je tente de commander ma viande saignante. Il y a à peine quelques légumes qui viennent en accompagnement mais la viande est tellement bonne qu’ils ne manquent pas. Mélanie prend un tira missu en dessert qui est aussi très bon. Nous avons bû un merlot argentin qui est aussi très bon.

Puis on rentre se coucher et les parents nous redéposent en voiture à l’auberge de jeunesse. On leur confie du linge à laver que nous récupéreront demain chez eux. Je pense à rendre à Rodolphe sa doudoune en plume de canard que j’étais bien content d’avoir le soir dans la montagne. Dans notre chambre il y a un vénézuélien et un argentin qui dorment avec nous et du coup nous sommes cette fois ci sur les lits superposés à droite en entrant dans la chambre.

Lundi 10 décembre

Mélanie me laisse gentiment dormir jusqu’à 9h35 et ne me réveille que parceque le check out est en principe à 10h. J’ai dû accumuler de la fatigue car cela fait lontemps que je n’ai pas dormi aussi longtemps et aussi bien. Je prendre une rapide douche et puis je vais petit déjeuner pendant que Mélanie prépare son sac. Ce qui est un peu la quadrature du cercle car elle a accumulé beaucoup d’affaires et finalement après hésitations décide de faire un paquet et de l’expedier par la Poste au Chili chez le père de son ami Simon dont elle a enfin fini par recevoir un SMS avec l’adresse. Cela devrait être tout de même moins excessivement cher que de l’expedier en France. De mon coté j’ai du mal à me faire servir le petit déjeuner et il faut que j’aille moi-même réclamer à la reception car les autres voyageurs qui sont dans la salle à manger avec moi se contentent de me dire de patienter. Je finis par avoir les deux petits bouts de croissant qui constituent le petit déjeuner décidément frugal dans ce pays. Je papote avec Matt, un jeune américain qui est venu s’asseoir en face de moi et, qui revient de six mois d’enseignement de l’anglais dans un village de Patagonie et il en profite pour voyager un peu avant de repartir aux USA.

On prend nos affaires et on quitte l’auberge de jeunesse pour aller à pied jusqu’à la maison de Ruth et Rodolphe. Ils ne sont pas là quand on sonne mais juste à ce moment arrivent Ruth, sa fille Cécilia et le petit fils Valentinno. Cecilia est la sœur de Sylvina. Les convenances sont encore assez strictes dans ce pays et Cecilia étant enceinte, a dû se marier rapidement bien qu’encore étudiante en architecture. Du coup avec son mari et leur fils Valentino ils habitent dans un appartement juste à coté de la maison de Ruth et Rodolphe ce qui permet aux grand parents de les aider. La maison est fermée par une grille solide que l’on trouve parait il devant chaque maison depuis la crise économique qui a mis dans la rue de nombreux déséspérés et qui faisaient régner de l’insécurité. Dans la maison il y a d’abord deux salle à manger et un salon puis une série de chambres le long d’un couloir.On installe nos affaires dans la chambre du fond. Je me met à bouquiner allongé sur un lit pendant que Mélanie refait son sac en triant ce qui va dans le carton pour le Chili et ce qui reste dans le sac. Puis Mélanie se met à traiter ses mails sur l’ordinateur de la famille. Elle tente d’envoyer un mail général à ses proches avec un reportage photo sur ses dernières semaines aux USA mais elle n’y parvient pas.

Puis la fidèle employée de maison de la famille nous invite à passer à table. En fait nous sommes seuls avec elle car Ruth et Cecilia sont parties travailler et c’est l’employée de maison qui garde Valentino. Elle nous sert une sorte de soupe épaisse de maïs plutôt bonne et une petite salade de légumes. Après le déjeuner malgré la bonne nuit précédente, je me sens mûr pour une petite sieste et je vais m’allonger. En fait je dors carrément deux heures et je me réveille vers trois heures. Mélanie en a profité pour traiter tous ses mails.

On sort pour se ballader un peu en centre ville. On s’installe à la terrasse d’un café dans la rue piétonne où nous avions déjeuner hier où nous passons un moment agréable à papoter autour d’un Coca. On va rendre le sac de couchage que j’avais loué. Nous faisons les boutiques à la recherche d’un cadeau pour Sylvina. Mélanie arrète son choix sur un bracelet repéré dans la vitrine d’une bijouterie. On doit être dans la rue des bijoutiers car ils sont tous côte à côte et dans une autre boutique je fais remplacer la pile de ma montre Braille. Il fait très beau et c’est très sympa de se ballader ainsi et je suis content car avec Mélanie nous nous entendons bien et avons le même rythme. Il y a pas mal de monde dans les rues car la journée est plus ou moins fériée car le pays fête la prise de pouvoir de la nouvelle présidente qui est une femme Christina Kirschner, qui si nous avons bien compris est la femme de l’ancien président. Les badauds flanent comme nous dans les rues de cette ville ombragée par de nombreux arbres.

Nous nous sommes arrétés dans des agences de compagnies d’autocars pour acheter des billets pour aller à Cordoba. J’ai réussi à négocier avec Mélanie que nous prenions des places camas à100 pesos au lieu de semi-camas à 88 pesos. Avec son esprit économe et un peu maso elle aurait préféré voyager à la dure mais je trouve que la différence de prix ne vaut pas la peine de se priver surtout qu’il s’agit d’un voyage de dix heures de route. On rentre à la maison vers 20h ; Il y a Rudolphe qui est là et qui garde Valentino avec beaucoup de tendresse. Ruth ne rentre que vers 21h de son travail. On se propose de commmander des sandwichs lomo spécialité argentine mais quand Ruth téléphone elle apprend qu’il faut 45mn pour être livré alors que nous devons partir à 22h. Donc du coup elle nous prépare rapidemment elle-même un hamburger. Mélanie commence à stresser car l’heure du départ approche. Mais on se met tout de même à table pour déguster ces hamburgers et on ne part qu’à 22h accompagné en voiture par Rodolphe. Le car est à 22h15 mais heureusement la gare routière n’est qu’à dix minutes en voiture. On y arrive tout de même un peu juste avant l’heure de départ officiel et, Mélanie et moi, on se précipite dans le hall et sur le quai de départ de l’autocar tandis que Rudolphe a atrappé nos sacs dans le coffre et nous court après. On a en fait largement le temps de se dire au revoir et de monter dans l’autocar mais Mélanie a de son coté eu le temps de se prendre un bon coup de stress, d’autant plus fort qu’elle nous voyait Rudolphe et moi plutôt décontractés.

J’ai l’agréable surprise de constater qu’il s’agit d’un car à deux étages quand Mélanie m’indique de prendre l’escalier pour aller nous installer en haut au deuxième rang. Je suis curieux de voir comment sont aménagés ces cars camas. En fait il y a trois fauteuils de front au lieu des quatre habituels et ils s’inclinent pas énormément mais tout de même pas mal un peu comme en classe affaires en avion. Et il y a en plus un rabat sur lequel on peut allonger les jambes. Il y a des téléviseurs qui projettent des vidéos mais avec Mélanie on préfère papoter assez longuement. On nous sert un semblant de plateau repas auquel on ne touche pratiquement pas sauf pour prendre les tartelettes sucrées. Sur la rangée devant nous il y a deux voyageuses américaines qui ont fermé les rideaux du pare brise et du coup on ne peut pas admirer la vue. Je vais aux toilettes qui sont dans une mini cabine au rez de chaussée. On tente de dormir mais on n’y parvient pas. Je bouquine assez longuement et ne parvient à m’endormir qu’à 5h15 du matin alors que nous sommes réveillés à 6h45. Mélanie elle n’a pas beaucoup dormi non plus. Je regrette de ne pas pouvoir distinguer si elle dort ou non car si j’avais sû j’aurai volontiers préféré bavarder un peu plus avec elle.

Cordoba

Mardi 11 décembre

On arrive à Cordoba vers 7h. On descend du car et Mélanie qui s’est abstenue d’aller dans les toilettes du car y va dans la gare routière. Pendant ce temps je grignote un des celeris branches qui nous restent de notre randonnée dans l’Aconcagua, en guise de petit déjeuner. Puis mélanie consulte le guide du Routard pour choisir une auberge de jeunesse. Elle en séléctionne une vantée par le Routard comme étant très sympa au moment où un type nous tend un tract avec une publicité sur justement l’auberge que nous venons de viser.

On se met donc en marche pour rejoindre cette auberge qui s’appelle El Refugio entre Rios 478 / BO centro à Cordoba téléphone 005403514231016. Où en effet nous sommes accueillis très chaleureusement et où on nous installe dans une chambre très propre au rez de chaussée On peut prendre un té dans la cuisine qui est accessible à tous et je peux prendre une douche dans une des deux salle de bains. Pendant ce temps Mélanie devise dans la cuisine avec quelques jeunes voyageurs qui sont là dont certains reviennent du nord vers là où on envisage d’aller. Ils lui recommandent particulièrement d’aller faire une excursion en Bolivie dans la région des mines de sel.

Une fois que l’on a posé nos affaires au pied de notre lit superposé on ressort pour aller à la Poste où Mélanie veut poster son paquet à destination du Chili. Mélanie est trop scrupuleuse pour accepter que l’on profite de ma canne blanche pour doubler les queues et on attend plus de deux heures et demie. Il faut faire la queue à plusieurs comptoirs et Mélanie courageusement s’y colle. Elle doit d’abord passer à la douane pour que l’on vérifie le paquet et à un autre comptoir il y a un couple d’aveugles qui emballent les paquets extrêment lentement et ensuite elle doit repasser à la douane. Pendant ce temps là je dors assis sur une chaise. Je suis régulièrement réveillé par des personnes qui me heurtent en passant à coté de moi mais je suis tellement fatigué par ma courte nuit que je me rendors presque immédiatement. Enfin le colis est parti. Il fait tout de même 7 kilos et cela a coûté une fortune à Mélanie soit 240 pesos pour aller jusqu’à San Tiago du Chili chez les parents de son ami.

Avec tout cela il est déjà l’heure de déjeuner et on s’arrête dans un petit bistrot qui ne paie pas de mine mais qui semble tout à fait typique en tout cas il a du succès car il y a une petite queue pour y entrer et à l’intérieur les tables sont bien serrées. Mais le serveur nous en trouve rapidement une de disponible et on commande ces fameux sandwichs au lomo que l’on n’a pas pu avoir hier soir qui sont servis avec une salade.

Après le déjeuner on ressort et on va visiter la ville. On s’arrête pour acheter une glace à un marchand où les clients font la queue. Elles sont énormes et Mélanie qui appris deux boules s’approche d’une poubelle pour y jeter une des deux boules qu’elle a en trop mais manque de chance c’et toute sa glace qui tombe dans la poubelle ! Moi je me suis contenté d’une boule à la vanille qui en fait n’a aucun goût. Je ne sais si c’est encore mon odorat qui me joue des tours ou si les glaces sont plus grosses que bonnes. On marche jusqu’à la place Sans Martin qui est la place centrale où on voit la cathédrale. On ne peut pas visiter l’intérieur car c’est l’heure de la sieste et du coup tout est fermé y compris la cathédrale. On lit le Lonely Plan et on est pas certain de reconnaître la description qu’ils font de la cathédrale car les tours sont noires et Mélanie ne distingue pas bien les anges qui en principe y sont sculptés.

On va s’asseoir à la terrasse d’un café non loin de là, pour boire un Coca Cola et où on papote agréablement installés à l’ombre. Ensuite on retourne sur la place Saint Martin pour admirer les autres bâtiments. A coté de la cathédrale il y a l’hôtel de ville. On entre à l’intérieur où on admire un grand patio magnifique d’époque coloniale pavé de marbre rouge. Mélanie me décrit cela avec beaucoup de minutie et de patience en me faisant toucher les sculptures et les portes monumentales qui ouvrent sur le patio. Puis on ressort et on termine le tour de la place San Martin.

Puis on va dans une autre église qui est non loin de la place. On croit être dans l’église des jésuites mais ce n’est pas cela et on continue à la chercher en parcourant différentes rues bordées de maisons anciennes. On finit par arriver à cette église des Jésuites qui est très chargée dans un style rococo avec à l’intérieur notamment un grand retable sculpté avec plein de personnages. A l’extérieur il y a aussi plein de décorations rococo qui sont sur les colonnes ou sur les portes et de nombreuses sculptures ou bas reliefs. Il parait que c’est l’église la plus ancienne de Cordoba qui date de 1640.

Ensuite on rentre à notre auberge El Refugio où je fais un effort pour ne pas m’endormir. Je bouquine sur mon lit pendant que Mélanie est partie dans la salle ordinateurs consulter ses mails. On discute un peu avec la jeune fille française avec qui Mélanie avait déjà parlé ce matin et qui nous donne des renseignements complémentaires à propos de l’excursion en Bolivie qui est tentante. Vers 20h on sort pour diner. On va dans une gargote proche de l’auberge et conseillée par le Routard où on nous sert une grillade très bonne avec une salade. Mélanie prend une grande bière de 50 centilitres tandis que je prends un pichet de vin. On a un peu du mal à se faire comprendre pour expliquer au serveur que je veux ma grillade bleue et il faut que Mélanie se lève pour lui montrer à même le grill.

De là on va à la recherche d’un bar pour terminer la soirée. On déambule dans quelques rues animées où il y a différents bars et restaurants et Mélanie repère un bar au décor original avec notamment des coussins qui sont accrochés et écrasés au plafond. On s’assied à des tabourets hauts sur le coté et Mélanie va nous chercher au bar une Margarita pour moi et un cocktail Coca avec cet alcool italien que je n’aime pas et qui s’appelle sanbouka je crois. On discute longuement de sujets variés La musique est très bonne avec notamment CCR qui plait beaucoup à mélanie. On s’offre une seconde tournée avec encore une Margarita pour moi et un cocktail à la tequila pour mélanie. Ce qui fait que lorsqu’on quitte le bar vers 2h Mélanie est passablement ivre et moi je ne vaut pas beaucoup mieux. Heureusement Mélanie a une mémoire suffisamment visuelle et fiable pour nous ramener à l’auberge en titubant un peu mais sans se tromper. Elle avait prévu de se coucher dans le lit du haut mais cela me semble risquer de l’y fairemonter au minimum risqué pour le sommeil de nos voisins voir au pire risqué pour nos équilibres et santé respectifs. Je la couche donc toute habillée dans le lit du bas. Je vais me laver les dents à la salle de bains avant de me coucher dans le lit du haut.

Mercredi 12 décembre

On se réveille vers 10h du matin avec nos voisins de chambre qui sont partis. Apparemment je pense ne pas avoir trop bu hier soir car je n’ai pas la gueule de bois ce qui n’est pas le cas de Méanie qui est toute barbouillée et n’en mène pas large. Mais réflexion faite hier soir je ne devais pas être très net car il n’y a plus rien à faire pour que je me rappelle où en me couchant j’ai pû poser ma prothèse oculaire. Je me rappelle bien qu’hier matin j’ai trouvé que ma paupière me grattait trop et je me suis proposé de l’ôter le soir pour laisser l’inflammation commençante se reposer pendant une nuit. J’ai du sans m’en rendre compte, en me couchant, mettre à exécution ce projet mais où ai-je bien pû poser mon œil ? Rien à faire pour le trouver.

Après avoir pris ma douche on sort dehors et on va se balader dans le centre ville. On parcourt différentes ruelles qui nous mène du coté de la place non loin de la place centrale où on avait pris un coca hier soir. On s’installe encore à une terrasse pour déjeuner. On prend des raviolis et des niocchis. On convient finalement de ne pas aller en Bolivie. Cela semble un peu compliqué à organiser et en plus la française hier soir à l’auberge nous a suggéré de consulter la météo car il se peut que s’il pleut trop que les 4X4 s’embourbent trop et que les excursions en Bolivie soient annulées et en regardant sur internet on a vu que la météo prévoit de la pluie.

Après le déjeuner on continue à se balader dans les rues de Cordoba. On va dans une église qui a été construite il n’y a pas très longtemps dans les années 30.Elle est beaucoup plus moderne que les autres avec beaucoup plus de couleurs et plus claire à l’intérieur. Sur la façade extérieure il y a des Atlas qui parait il soulagent le poids spirituel des religieux. On s’arrête dans un bar avec un plancher en tek où on commande deux Coca pour 8 pesos alors qu’un peu plus loin on s’arrête encore dans un Mac Do pour y acheter une bouteille d’eau que l’on paie 9 peso ce qui semble bien cher.

Comme Mélanie est toujours en petite forme de là on va dans un grand parc public où on s’installe au bord d’un lac pour faire une petite sieste. Il y a des canards qui font peur à Mélanie car elle n’aime pas les oiseaux. Il y a aussi des rameurs qui se promènent en barque. Il fait chaud et on est content d’être un peu à l’ombre. Je dors un bon moment mais Mélanie, comme d’habitude, même crevée, ne parvient pas à s’endormir. Lorsqu’on repart vers 6h il fait un peu moins chaud.

On retourne à l’auberge en passant par la gare routière pour réserver deux places cama alias couchées pour Tucuman. A l’auberge Mélanie utilise encore la salle ordinateur pour s’apercevoir entre autres qu’elle a une facture Bouygues de 450euros qui a plombé ses comptes. Car si la plupart du temps elle communique par SMS et qu’elle utilise certes le moins souvent possible son téléphone mobile français elle l’utilise tout de même de temps en temps et lorsqu’elle était aux USA elle a eu en particulier deux fois des conversations de pratiquement 30mn avec la France. On boucle nos sacs et on dit au revoir à la jeune femme qui garde l’auberge et je lui laisse ma carte de visite en tentant de lui expliquer que j’ai perdu mon œil et qu’il faudrait qu’ils me contactent si par hasard ils le retrouvent. Ils sont décidément très gentils dans cette auberge El Refugio.

On va donc à pied jusqu’à la gare routière où il y a beaucoup de cars qui démarrent le soir. Dans le même terminal il y a aussi les bus locaux et c’est une vraie ruche. On va au premier étage où il y a une mezzanine où on s’installe à l’une des tables à la terrasse d’un fast-food pour prendre des parts de pizza, une salade et une grande bière que l’on partage. Puis on redescend attendre quelques minutes à l’entrée du quai d’où partira à 21h45 le car pour Tucuman où il arrivera en principe à 5h30 du matin. On se retrouve assis au premier rang du premier étage de l’autocar. Cette fois ci on peut admirer la vue. Malheureusement il y a de l musique un peu fort qui empêche Mélanie de dormir. Du coup elle regarde Pirates des Caraïbes à la télévision. Mélanie a encore refusé de prendre un de mes somnifères ce dont je ne me suis pas privé et grâce à quoi je dors pratiquement tout du long du voyage jusqu’à 5h30.

Jeudi 13 décembre

Comme à l’auberge de Cordoba les jeunes touristes consultés nous ont dit que Tucuman n’était pas si intéressant que cela à visiter on a décidé de ne pas s’y arrêter et on se contente d’attendre à la gare routière un autocar qui part à 6h pour Cafayate. Décidément le système d’autocars est très efficace dans ce pays et les autocars sont pratiquement toujours à l’heure. On monte donc dans un car local à un seul étage où les fauteuils ne s’allongent pas. Mais cela ne m’empêche pas de continuer à dormir car le somnifère fait manifestement encore de l’effet et je ne me réveille que vers 9h30. Peu avant que l’autocar ne soit arrêté et fouillé par la police qui passe dans les rangs. Comme j’ai laissé mon passeport dans mon sac à dos qui est dans la soute le policier qui nous contrôle me demande de descendre le chercher mais il n’insiste pas quand il comprend que je suis aveugle. Les policiers sont moins indulgents avec deux jeunes hippies qu’ils font descendre pour fouiller leurs bagages. Puis on repart et je devise avec Mélanie puis je lis mon livre, j’ai attaqué maintenant le cri de la Taïga.

Cafayate

On arrive à Cafayate à 13h30 ce qui nous fait plus de quinze heures d’autocar depuis Cordoba. A la descente du car il y a plusieurs personnes qui nous attendent et nous proposent des chambres dans leur hôtel dont un jeune suisse qui habite ici depuis trois mois et qui nous emmène dans un hôtel en nous expliquant en chemin qu’il a trouvé l’endroit sympa et qu’il habit à l’hôtel où il donne un coup de main à la famille qui le tient. Je suppose qu’il y a aussi une fille de la famille qui le retient ici mais il reste discret sur ce point. L’hôtel s’appelle El Balcon Pasaje 20 de Febrero N110 à Cafayate téléphone 03868421739. Il nous explique gentiment ce que l’on peut faire dans le coin et nous vante en particulier les excursions proposées par l’hôtel dont une qui part à 14h30 cet après-midi pour aller dans des gorges. Mais nous ne sommes pas tellement tentés et nous préférons aller tranquillement déjeuner à l’ombre de la halle du marché voisin où il y a un petit restaurant dont il nous vante le rapport qualité prix.

Après le déjeuner on repasse à l’hôtel et on s’installe dans un dortoir puis on ressort pour aller se baigner à la piscine du camping un peu à l’extérieur du village selon ce que nous a indiqué le suisse. On en profite pour apprécier le calme de cette bourgade d’autant plus tranquille que c’et l’heure de la sieste. A part la place centrale et quelques rues autour qui sont goudronnées toutes les rues sont en sable. Il n’y a que des petites maisons basses souvent en piteux état mais il y a aussi quelques maisons modernes qui témoignent d’un regain de vitalité probablement dû au tourisme et à la viticulture qui manifestement sont en pleine expansion. En tout cas c’est très paisible et j’apprécie le calme et le chant des oiseaux qui n’est que de temps en temps couvert par le bruit d’une circulation automobile plutôt modeste. Il parait qu’il y a tout de même 12000 habitants dans cette ville. D’ailleurs on remarque qu’il y a des commerçants spécialisés comme un magasin de téléphonie portable, des magasins de chaussures ou une pharmacie ce qui indique qu’il y a la masse critique de population pour justifier de tels commerces.

On s’arrête dans une exploitation viticole devant laquelle on passe. Car le vin est une des spécialités du coin avec en particulier un cépage spécifique qui s’appelle le Torontès et avec lequel on fait du blanc. La Bodega Domingo où nous entrons est récente. L’employé qui nous reçoit et qui nous fait visiter dans un anglais pas trop mauvais nous explique qu’elle appartient à une famille privée qui est venue investir ici. Ils ont deux cent hectares qu’ils exploitent ici autour du village et une centaine ailleurs sans compter qu’ils achètent pour 20% de leur vinification. Ils font des cuvées d’un peu tous les cépages en rouge et en blanc. On voit de grandes et belles cuves en inox et il y a aussi certaines barriques. L’essentiel du vin est vendu pour la consommation courante en cubitainer. A la sortie on nous fait goûter un vin et je choisis de goûter le Tolorès mais je n’ai toujours pas d’odorat et je n’en profite pas du tout. Cela commence à m’inquiéter cette histoire d’odorat qui m’a quitté depuis plusieurs jours. Serais-je devenu anosmique ou agueusique ? En tout cas c’est assez étonnant de voir le contraste entre cette bodega toute moderne et cette bourgade globalement encore très pauvre.

De là on continue notre chemin pour sortir de la ville et arriver au camping. On peut entrer dans l’enceinte de la piscine moyennant 3 pesos. La piscine est très grande et très rectangulaire. Au bord de l’eau il n’y a pas de place à l’ombre où on pourrait s’installer alors on va se mettre à une table et des chaises de jardin à l’ombre un peu à l’extérieur de l’enceinte où je me change. On nage assez longuement avant de s’allonger au soleil sur la margelle de la piscine. Je me replonge dans l’eau de temps en temps mais Mélanie reste au soleil jusqu’à ce que vers 6h on vienne lui dire que la piscine va bientôt fermer. Il était temps car elle commençait à bien brûler.

On se rhabille et on rentre au village. Sur la route de l’hôtel on s’achète une glace dans un magasin. On s’arrête aussi dans la pharmacie où je veux racheter un somnifère dont je n’ai plus mais malheureusement il faut une ordonnance même pour un tout léger et je dois me contenter d’une boite de mélatonine. Une fois à l’hôtel on se met à faire de la lessive en utilisant un évier lavoir aménagé sur la terrasse avec un fil où on peut suspendre nos affaires à sécher, du moins là où il y a de la place car il est déjà bien chargé. Je suis décidément pas très doué pour faire ma lessive et c’est un peu laborieux mais Mélanie ne me propose pas de la faire et je n’ose pas le lui demander. Je profite également de l’hôtel pour recharger les piles de mon baladeur CD dans mon chargeur de piles. On a aussi un peu le temps de se reposer avant qu’il ne soit 9h l’heure du barbecue organisé par l’hôtel sur la terrasse en haut de l’immeuble et auquel après hésitations nous nous sommes inscrits.

On monte donc sur la terrasse qui domine toute la ville car l’hôtel est un des seuls bâtiments à étages. Le plancher de la terrasse est en bois et l’endroit est très agréable. Malheureusement pour diner on nous a installé dans une salle abritée aménagée dans un coin de la terrasse. J’aurai préféré diner complètement à l’extérieur. On nous apporte des morceaux de grillades moins tendres que celles que nous avons dégustées les jours précédents mais tout de même assez bonnes, avec différentes salades. A ma droite j’ai une espagnole et en face un russe, étonnamment parle mieux l’espagnol que l’anglais. En effet il m’explique qu’il est étudiant depuis trois ans en Argentine. On sympathise avec Charlotte, une suédoise et, Klaus, un allemand, qui partagent notre dortoir qui est un peu plus sans gène qu’elle. Mon nez ne sent toujours rien…C’est un peu bruyant dans cette salle sonore mais c’est sympa d’être là au milieu de tous et de papoter avec les uns et les autres.

Puis avec Mélanie on va prendre l’air frais sur la terrasse et admirer la vue. La lumière des lampadaires s’étend parait il assez loin. Ce qui démontre encore l’importance de la ville. On descend faire cinq minutes d’une petite ballade très agréable en marchant jusqu’à la place centrale avant de rentrer nous coucher. La nuit est passablement agitée car un peu avant 5h je suis réveillé par des fêtards qui braillent dans la rue et puis à 5h15 par le réveil de Mélanie qu’elle avait oublié d’éteindre et puis par Klaus qui va prendre sa douche à l’aube.

Vendredi 14 décembre

Mais je parviens à chaque fois à me rendormir et je dors même jusqu’à 9h donc la nuit finit par être correcte. Je vais me doucher dans l’une des petites salle de douche voisines du dortoir. J’en profite pour me raser. Quand je reviens au dortoir Mélanie est réveillée. On va petit déjeuner dans la grande pièce qui sert de palier. Charlotte me sert très gentiment mon petit déjeuner en me tartinant de la confiture sur des morceaux de pain. Elle me prépare même une demi-pomme, un thé et un jus d’orange. On discute avec deux françaises qui sont sœurs et qui terminent un voyage de trois mois en Argentine, Pérou, Bolivie et Chili. Elles nous racontent un peu ce qu’elles ont vu.

Puis on se prépare tranquillement avant de descendre nos sacs à la réception et de sortir faire une dernière ballade dans le village avant de prendre l’autocar de 13h. On fait tout un tour de 11h à 12h. On est passé à la gare routière pour réserver deux places dans le car de 13h. Mélanie avait un peu envie de rester jusqu’à celui de 18h. Mais, avec mon esprit trop soucieux d’efficacité, j’ai poussé pour que l’on prenne celui-ci car j’ai l’impression que l’on a fait un peu le tour de la ville et je voudrais que l’on puisse voir Salta dès aujourd’hui, au cas où il y ai une possibilité d’en repartir dès demain.

Avant d’aller à la gare routière on se ballade donc dans les rues. On s’arrête en particulier devant une maison qui se distingue des autres. Cela devait être la demeure de notables. Il y a une étoile à quatre branches sur le porche d’entrée. Alors que l’on admire la façade il y a une jeune fille de la maison qui nous repère et nous invite à entrer. Elle nous fait visiter les trois jardins successifs qui constituent la propriété et qui sont séparés par des clôtures et des barrières de bois. Elle nous offre une prune cueillie sur le prunier. Il y a la grand-mère nous montre l’intérieur de la demeure. On voit des pièces de réception avec quelques vestiges de la splendeur d’antan de la famille. Tout est aujourd’hui assez vieillot et l’ambiance est très désuète. Il parait que la maison a été construite il y a 130 ans. En tout cas ils sont charmants et c’était sympa de voir l’intérieur d’une maison. C’est dommage que l’on ne parle pas un peu espagnol pour pouvoir échanger plus avec eux.

On continue à marcher dans les rues en sable. Ici il y a pas mal de chiens errants dans les rues. Il y a aussi pas mal d’enfants qui jouent et qui font de l’animation. On admire aussi au loin les montagnes qui se profilent à l’horizon et les collines très vertes qui entourent la ville. On revient vers le centre ville et les quelques rues goudronnées. On s’arrête dans une Bodega qui fait aussi bar pour s’installer à une table dans la cour et boire un Coca car il commence à faire chaud et on a besoin de se rafraichir.

A 13h on prend donc l’autocar. Cette fois ci il s’agit d’un mini-bus c’est probablement pour cela que la durée du trajet n’est que de trois heures alors que pour l’autocar de 18h il faut quatre heures pour rejoindre Salta. Heureusement le mini-bus est bien climatisé. On traverse de très beaux paysages avec notamment une longue gorge aux roches très rouges. On fait une pause de dix minutes à une station service. Ensuite on traverse une région moins rocailleuse et plus verdoyante et manifestement plus irriguée. D’ailleurs il pleut.

Salta

On arrive à Salta. C’est une grande ville de 400000 habitants, donc plus petite que Mendoza et pourtant elle me semble plus grande c’est probablement parce qu’il y a un centre ville avec des rues plus étroites et plus denses. Comme dans toutes les villes on a été frappé de voir en passant en autocar des banlieues bidonvilles qui révèlent la misère d’une partie de la population qui n’est pas trop visible dans les centre ville. On cherche un restaurant car Mélanie est énervée et a faim. Mais on a du mal à trouver un restaurant qui serve encore à 5h de l’après-midi. Après être entrer demander dans plusieurs restaurants on finit par s’asseoir à la terrasse d’un café sous des arcades sur ce qui semble être la place principale et on commande une bière et des empanadas à la viande, au poulet et au fromage. Ce sont des beignets spécialités argentine et fourrés avec différentes choses.

Puis on se met en quête d’un hôtel. On va dans un premier qui est un peu chic on nous répond que c’est complet. On ne sait pas si c’est vraiment complet ou si c’est à cause de notre mine de globe trotters. On marche assez longuement à la recherche d’un second hôtel. Comme la pluie s’est mise à tomber assez fort on s’abrite quelques instants sous un porche. Puis on arrive dans un hôtel plus modeste on nous désigne un petit dortoir un peu miteux et confiné au bout du couloir au premier étage où il reste deux lits sur quatre. On s’installe là et il est trop tard pour déménager quand je réalise pourquoi j’ai une impression de confinement c’est qu’il n’y a même pas de fenêtre sur l’extérieur. La fenêtre de la chambre donne en fait sur un patio intérieur et donc c’est peu aéré. Mais bon pour une nuit cela devrait aller. Je m’allonge pour bouquiner, pendant que Mélanie prend une douche, sur le haut de notre lit superposé, qui couine car il y a une plaque métallique en guise de sommier qui se gondole quand je bouge. J’espère que je ne dérangerai pas trop mes voisines pendant la nuit. Car nous avons deux jeunes australiennes voyageuses comme voisines.

Nous sortons pour diner. Nous nous dirigeons vers ce qui, selon le Routard, est le quartier animé. Mais en passant dans une rue on avise un restaurant où il y a un orchestre qui joue. On y entre, c’est un peu chic mais cela a l’air sympa. On nous installe à une table. Le serveur qui s’occupe de nous est très gentil. Avec le bruit de l’orchestre on ne comprend pas bien ses explications au moment de la commande et on se retrouve avec deux entrées locales avec un légume mélangé d’une part à du fromage et d’autre part à de la viande, emballés dans une feuille de palmier. Ensuite on commande une grillade et on a toutes les peines du monde à l’avoir saignante car le serveur nous explique encore que cela peut transmettre des microbes. La musique est excellente. Il y a plusieurs orchestres qui s’enchaînent d’abord une formation de quatre instruments à cordes, avec des chanteurs. Ensuite il y a un couple qui danse le tango. Puis il y a un autre orchestre avec deux chanteurs hommes très chouettes. Il y a aussi des chanteuses féminines. Le public est un peu âgé autour de cinquante soixante ans d’où des musiques très traditionnelles. Malheureusement Mélanie se met brutalement à avoir mal au ventre et à avoir des vapeurs deux fois pendant le diner. Je profite de ce qu’elle va aux toilettes pour se rafraichir pour demander l’addition et payer. Mais le serveur ne voulant pas être soupçonné de malhonnêteté n’est pas très délicat en montrant à son retour à Mélanie l’addition et la monnaie qu’il m’a rendu. Mélanie a acheté le CD des deux chanteurs qui nous ont particulièrement plu.

On rentre se coucher. Il fait très chaud dans la chambre et j’ai du mal à m’endormir avant quatre heures du matin.

Samedi 15 décembre

Je suis réveillé vers 10h par les deux australiennes qui quittent la chambre relativement discrètement. Comme il pleut je laisse Mélanie continuer à dormir et je bouquine dans mon lit après avoir été me doucher dans la salle de douche voisine. Mélanie se réveille et on sort de l’hôtel vers midi. On cherche un endroit pour petit déjeuner et sur la place principale on avise un café qui affiche des petit déjeuners complets. On s’installe en terrasse malgré le risque de pluie. Le petit déjeuner est effectivement pour une fois copieux avec des œufs brouillés, des toasts, des croissants, du thé, du jus d’orange. Cela me fait plaisir d’avoir un vrai petit déjeuner. Malheureusement je suis en bermuda et en chemisette du coup j’ai un peu froid car le climat s’est bien rafraichi par rapport au temps estival que nous avons eu depuis le début de notre séjour. Mélanie me passe gentiment son poncho mais au bout de quelques minutes c’est elle qui se met à avoir froid.

On rentre à l’hôtel pour récupérer nos polaires et nos pantalons. Nous avons laissé nos sacs dans un coin de la réception et je me change là ce qui choque un peu Mélanie qui aurait préféré que j’aille me changer dans la salle de bains. Puis on retourne faire un tour dans la ville. On va jusqu’à la gare routière pour y réserver des places pour San Pedro de Atacama au Chili. On a un peu du mal à trouver les guichets des deux compagnies qui desservent le Chili et surtout on apprend que malheureusement l’autocar qui part demain Dimanche est complet et que le prochain n’est pas avant Mardi. On essaie de se renseigner sur les horaires de cars locaux pour aller dans des villages un peu plus au nord mais on est vraiment contrarié par l’impossibilité d’aller au Chili demain et on envisage différentes alternatives : pourquoi ne pas tenter l’auto-stop mais le préposé au comptoir d’information nous le déconseille en nous expliquant que la route est peu fréquentée. On regarde si il y a un autocar qui desservirait une ville intermédiaire ou on envisage de prendre l’avion mais cela veut dire passer par Buenos Ayres ce qui est tout de même un peu compliqué et pas franchement direct. Cela devient un peu notre fixette de trouver un moyen d’aller au Chili mais au bout d’une grande heure on quitte la gare routière sans avoir rien trouvé si ce n’est aller dans les villages un peu plus au nord en attendant le car de Mardi.

On retourne au centre ville où on déambule dans les rues. On s’installe dans un café appelé Van Gogh, on est tous les deux fatigués par cette déconvenue et le temps passé dans la gare routière à aller de guichet en comptoir. On prend un Coca en tentant de se réconforter. Il y a un couple d’américains à une table voisine avec qui on engage la conversation. La femme est d’origine argentine et ils habitent au Nouveau Mexique aux USA depuis 43 ans. Elle tente de nous aider mais ne peut pas faire grand-chose si ce n’est parler abondamment. Il y a aussi un groupe de français qui arrivent alors que l’on s’apprête à quitter le café.

On va visiter la cathédrale dans laquelle nous n’avions pas pû entrer hier. Elle est très spacieuse et surtout large. Puis on va visiter une autre église gothique beaucoup plus simple. Dans les deux il y a un office qui est sur le point de démarrer alors on ne s’attarde pas. On entre dans un bâtiment majestueux qui ressemble à un musée où on monte au premier étage par un escalier monumental et de fait arrivé en haut on peut voir une exposition sur l’art pré-colombien. On parcourt les différentes vitrines qui sont mises en valeur par un éclairage spécifique alors que le reste de la salle n’est pas éclairé. On y voit des poteries ou des sculptures. Il y a aussi une chevelure d’apparat ornée de rubans et de décorations. On se demande comment les cheveux ont pû résister à la dégradation du temps enterrée on ne sait où. On remarque également une poterie avec une scène d’un couple faisant le rodéo de l’amour. Malheureusement les étiquettes explicatives ne sont qu’en espagnol donc restent limitées pour nous. De là je vais aux toilettes où je manque m’enfermer car je ne parviens plus à rouvrir le verrou pour ressortir.

Dehors il continue à pleuvoir. J’ai mis une cape imperméable qui me protège plus ou moins. On tache de s’arrêter dans différentes agences de voyage pour demander des renseignements sur les moyens pour aller au Chili. Mais soit les agences sont fermées soit on nous répond qu’il n’y a pas d’autre moyen que d’attendre l’autocar de Mardi et apparemment contrairement à ce que j’espérais aucune n’a de contingent de billet d’autocar à vendre. Dans une agence on nous propose néanmoins une voiture à louer avec chauffeur qui pourrait nous emmener au Chili moyennant 1000 pesos. On hésite face à la dépense et on va voir plus loin.

On se met à chercher un hôtel car la nuit approche. Dans un hôtel on nous annonce qu’il est complet mais qu’il reste de la place dans l’annexe. On y va et là il reste bien une chambre mais équipée d’un grand lit. La chambre est mignonne et agréable aussi on accepte le léger surcout par rapport à un dortoir. D’autant plus qu’ici il y a une cuisine commune que l’on peut utiliser et justement on envisageait de se faire un diner de crêpes. On repart donc à notre hôtel de la veille pour récupérer nos sacs que nous avons laissé là bas.

En passant on s’arrête encore dans une agence de voyage ouverte à qui on demande de nous trouver un moyen pour aller au Chili. Le préposé nous répond qu’il peut nous trouver une voiture avec chauffeur mais qu’il faut d’abord qu’il téléphone au poste de douane pour savoir si la route est praticable à cause des risques d’inondation avec la pluie. Du coup en attendant qu’il parvienne à avoir la communication on va faire des courses dans un super marché Véa que l’autre employée de l’agence nous a indiqué. On a un peu de mal à le trouver mais on y parvient dans une rue piétonne après avoir sillonné les pâtés de maisons voisins. On achète tout ce qu’il faut pour se régaler avec des crêpes, y compris de la bière et un citron que finalement on laisse tomber à la caisse car on a oublié de le peser. On revient à l’agence vers 21h15 alors qu’en principe ils ferment à 21h, mais gentiment ils nous ont attendus d’autant plus gentiment qu’ils n’ont pas réussi à joindre le poste de douane qui ne répond plus après 20h. On essaie d’insister en demandant si on ne peut pas prendre une option sur la réservation de la voiture et appeler demain matin la douane avant de confirmer la réservation. Mais cela ne semble pas possible. J’insiste encore alors que manifestement ils souhaitent terminer leur journée en demandant à ce qu’il appelle la compagnie d’autocar à la gare routière au cas où des places dans le car de demain ce serait libérées. Il accepte mais la gare ne répond pas. Nous quittons l’agence à 21h30 un peu dépités, d’autant plus que Mélanie m’a dit qu’elle aurait volontiers fait le voyage avec le jeune préposé et que sa collègue est parait il aussi très mignonne.

On passe donc à notre hôtel d’hier prendre nos sacs et puis on retourne à l’annexe de notre hôtel de ce soir. Mélanie se met à la préparation de la pâte à crêpes. Elle a toujours malheureusement un peu mal au ventre. Avec son caractère de Traséaste je me demande d’ailleurs à quel point c’est un peu.. On devise avec deux français Gabriel et Agnès qui sont du sud ouest et ont la pêche. Ils voyagent avec un uruguayen qu’ils ont rencontré en cours de route. On s’installe à table dans la pièce qui jouxte la cuisine commune. Mélanie m’offre la seule crêpe salée avec un oeuf car sur les six achetés elle en a utilisé quatre pour la pâte et en a cassé un autre. La première crêpe est brûlée et elle est désolée, mais les autres à la confiture et au sucre sont délicieuses. On papote avec les français jusqu’à 1h30. Je fais la vaisselle histoire de contribuer un peu car jusqu’à présent c’est Mélanie qui a tout préparé. Gabriel et Agnès hésitent à sortir boire un verre. J’irai volontiers avec eux et leur demande de passer me chercher dans notre chambre. Mélanie est fatiguée et préfère rester se coucher. Mais finalement ils ne passent pas et je me couche aussi. Je masse et gratte le dos de Mélanie pour la détendre car elle est toujours souffrante et puis je me couche d’abord sur le carrelage par discrétion pour elle mais Mélanie m’invite à partager le lit.

Dimanche 16 décembre

Je suis réveillé à 7h mais je n’ose pas bouger pour ne pas réveiller mélanie. J’attends sagement à ses cotés et puis vers 9h je n’y tiens plus et je commence à la caresser délicatement pour lui ménager un réveil agréable. Mais sa respiration reste parfaitement égale et je ne parviens pas à savoir à quel moment elle se réveille bien qu’au bout d’un moment elle ne peut qu’être réveillée. Vers 10h30 je vais prendre une douche pendant que Mélanie est partie cuire les dernières crêpes pour notre petit déjeuner. J’oublie de me raser et j’oublie encore une fois comme hier de prendre avec moi du shampoing pour me laver les cheveux. Dans la cuisine il y a un couple de coréens avec qui nous échangeons quelques mots en anglais. Je prends une crêpe jambon fromage, puis une confiture et une sucre. Elles sont décidément délicieuses. Puis je me mets à faire la vaisselle puis on se prépare assez rapidement car on voudrait pouvoir attraper un autocar à 12h30 en ayant eu le temps de réserver nos places dans l’autocar de Mardi pour San Pedro au Chili et l’heure tourne.

On marche jusqu’à la gare routière. Là on constate que les guichets des deux compagnies qui desservent San Pedro sont fermés le Dimanche. On prend tout de même l’autocar de 12h30 pour aller dans les villages du nord. Un premier autocar nous conduit dans une ville intermédiaire où on doit changer d’autocar. Là au guichet on tente de réserver nos places pour San Pedro car les autocars de la compagnie Gemini qui y vont s’arrêtent parait-il ici et il y a un guichet Gemini. Car dans ce pays les compagnies d’autocar sont privées et chacune à en général son propre réseau de guichet. Mais on nous répond que l’autocar de Mardi est déjà complet et que le prochain n’est que Jeudi et de plus il ne reste qu’une places. De toute façon Jeudi ce sera trop tard pour nous. Car nous avons Samedi notre vol à Santiago pour rentrer en France. Il va vraiment falloir Que nous trouvions une autre solution pour aller au Chili. On aurait peut-être pas du faire les malins et réserver dès Samedi des places dans le bus de Mardi.

On prend un second autocar qui nous conduit jusqu’à Parmamarca.

Parmamarca

Arrivés à Parmamarca on se ballade dans les rues de ce village très paisible. Toutes les rues sont en terre battue bordées de petites maisons. Il n’y a pratiquement aucune automobile qui circule et c’est incroyablement calme. Le village est entouré de montagnes magnifiques un peu de toutes les couleurs. Il y en a notamment une qui a sept couleurs différentes selon les couches de sédimentation qui sont apparentes et que l’on voit depuis le village, de l’orange, au bordeaux violet en passant par le gris vert. Les montagnes sont assez érodées et il y a beaucoup d’eau qui s’écoule. D’ailleurs il pleut un peu.

On a trouvé un hôtel dans une rue latérale où on a réservé deux lits dans un dortoir. Là encore il n’y a pas de fenêtre sur l’extérieur et juste une porte fenêtre qui donne dans le couloir. Il y a deux salle de douches tout en longueur aménagées avec des caillebotis qui elles ne sont fermées que par des portes battantes à mi hauteur style saloon.

On s’arrête dans un restaurant aménagé sous un auvent pour commander une pizza. La patronne est un peu revêche et nous engueule parce que l’on ne commande pas assez vite à son goût. Ensuite elle regarde la télé qui braille dans la pièce voisine.

Après le repas on ressort et on va en dehors du village jusqu’à un hôtel de luxe où les chambres sont à 200 dollars la nuit et on demande si c’est possible de louer une voiture avec chauffeur pour aller jusqu’au Chili. Cela semble possible et le réceptionniste qui est très gentil avec nous et qui a appelé pour nous un chauffeur de taxi commence par nous dire que cela nous coûtera 500 pesos pour aller ne serait ce que jusqu’à la frontière et puis il négocie pour nous et obtient un rabais à 350 pesos. Mais finalement le chauffeur ne peut pas partir avant demain 14h alors nous préférons en attendant tenter la piste de l’auto-stop et il sera toujours temps demain en fin de matinée de confirmer le taxi si l’auto-stop n’a pas marché.

Ensuite on va se balader. On va sur la colline du coté du cimetière qui domine le village puis on déambule dans les rues. On compte sept rues en tout et pour tout. On rentre dans la petite église toute simple peinte à la chaux avec des volets verts et un intérieur encore plus simple. On s’assied quelques instants juste avant qu’elle ne ferme. Dans une boutique j’achète un bonnet typiquement andin pour mon beau-frère Eric.

On rentre à l’hôtel où on fait une petite sieste avant de ressortir pour boire un verre. Mélanie repère un restaurant Sabor Atierra dans lequel il y a un joueur de guitare qui chante. C’est un argentin qui chante avec beaucoup de chaleur et on ne s’attendait pas à trouver cela dans un endroit aussi paumé. Il faut dire que le tourisme se développe manifestement beaucoup et d’ailleurs il n’y a que des touristes dans le restaurant dont un couple de français dont la femme vient engager la conversation avec nous notamment parce qu’elle recherche le numéro d’Iberia pour confirmer son vol de retour en France. Je bois un verre de vin et Mélanie un thé. Puis on rentre à l’hôtel et on fait une partie de cartes au Rami avant de se coucher.

Lundi 17 décembre

Après deux mauvaises nuits celle-ci est excellente pour moi et je dors huit heures d’affilée. On est réveillé par une femme qui semble faire le ménage et qui parle fort dans le couloir à une petite fille. Cela énerve Mélanie. Je vais prendre ma douche, cette fois ci je pense à prendre le shampoing que Mélanie m’a prêté et que j’avais préparé sur la table. Ensuite on va petit déjeuner comme on demande combien de morceaux de pain comprend le petit déjeuner on nous répond trois ou quatre et du coup je dis à Mélanie de commander elle aussi un petit déjeuner complet bien qu’elle se sente encore patraque car je prendrais sa part. Heureusement car en fait nous voyons arriver en guise de pain des petits biscuits sablés qui ne sont pas très nourrissants. Toujours aussi serviable Mélanie me mt un peu de confiture sur chacun et j’en avale une quantité certaine pour tenter de mme rassasier. Mélanie elle se contente d’un thé de coca dont l’odeur lui rappelle l’odeur étrange qu’elle sentait dans les autocars et qui devait provenir d’argentins mâchonnant des feuilles de coca. On paie le petit déjeuner et on quitte l’hôtel.

On va se promener dans le village qui ce matin est beaucoup plus animé qu’hier. Il faut dire qu’aujourd’hui il fait très beau et du coup il y a beaucoup plus de touristes qui flânent dans les rues. Il y a plein de petits artisans qui ont dressé leur étalage sur la place centrale ou dans les rues latérales. Mélanie achète quelques trucs notamment un bonnet.

Puis on quitte le village pour aller sur la grande route qui est un peu plus loin. On s’installe pour faire de l’auto-stop. En fait on est pris pratiquement tout de suite il y a juste une voiture qui est passée sans s’arrêter avant le premier camion qui s’arrête pour nous prendre. Il s’agit d’une cabine sans remorque conduite par un brésilien qui convoie ce camion tout neuf depuis l’usine Volvo de Coretiba au Brésil où il a été fabriqué, en passant par l’Argentine et le Chili, jusqu’au Pérou où il sera exporté vers les USA. Il semble que cela coûte moins cher que de l’exporter directement depuis le Brésil vers les USA. Le chauffeur parle assez bien espagnol mais pas du tout anglais donc on se comprend plus ou moins bien. Je suis installé sur la banquette à l’arrière et cela tangue pas mal dans les virages qu’il prend à fond. Manifestement le chauffeur s’en donne à cœur joie de ne pas avoir de remorque et il grimpe allégrement la Cordillère en prenant des courbes larges. Je dois me cramponner aux lanières qui soutiennent la banquette ou bien m’allonger à moitié avec la tête qui cogne sur la paroi du fond. Il y a la trousse de toilette du chauffeur qui est ouverte à coté de moi sur la banquette et qui se ballade aussi de droite et de gauche mais pourtant rien ne verse. La banquette est recouverte d’un plastique et il y a du papier journal au sol pour préserver le caractère neuf du camion. Il parait qu’ il y a un joli précipice sur le coté de la route. On monte ainsi jusqu’à un col à 4200 mètres d’altitude. Là on commence à traverser le grand plateau qui fait la frontière entre l’Argentine, la Bolivie et le Chili.

Le paysage doit être magnifique car Mélanie prend beaucoup de photos. On traverse de grandes étendues désertiques avec pratiquement aucune végétation si ce n’est de rares touffes d’herbe sèche et surtout des cailloux. On voit au loin des énormes étendues de sel qui scintillent au soleil comme des plaques de neige de part et d’autre de la route avec les montagnes qui se reflètent dedans peut-être parce qu’elles sont couvertes par une pellicule d’eau. En effet l’horizon est barré par une chaîne de montagnes très belles. De temps en temps il y a une vague mare ou un filet d’eau en guise de ruisseau mais manifestement le pays est très sec et d’ailleurs on ne voit pratiquement pas une seule habitation si ce n’est quelques hameaux perdus et très pauvres. On a du mal à imaginer comment il y a des millions d’années il pouvait y avoir un océan ici qui aurait déposé tout ce sel. A un moment on s’arrête car le chauffeur veut aller prendre des nouvelles d’un de ses collègues brésiliens qui a versé dans le décor et qui attend la dépanneuse.

La route est plutôt bonne et bien goudronnée et on peut rouler à 60 kilomètres heure voir plus. On roule ainsi pendant environ 120 kilomètres jusqu’à un village où s’effectue le contrôle de douane des camions. Notre chauffeur nous demande de descendre peu avant en nous expliquant qu’il va devoir faire la queue là pendant plusieurs heures en attendant son tour pour être dédouané et qu’en plus il n’est pas censé transporter des passagers. Il est un peu sec dans sa façon de nous dire au revoir ce qui nous surprend. Peut-être s’est il méprit et a-t-il cru que nous insistions pour rester avec lui alors que nous lui avions juste demandé de répéter car nous n’avons pas compris d’emblée son explication.

Dans le village il y a toute une série de camions rangés un peu dans tous les sens qui attendent leur tour pour être contrôlé par la douane. On va à l’auberge du coin pour commander un déjeuner. C’est vraiment un village paumé et tout à fait typique. Dans le bistrot il y a des gens du coin et des routiers qui déjeunent en regardant les informations à la télévision argentine. La tenancière nous propose un plat local avec de la viande et des pommes de terre et du riz. La viande a un goût fort et est pleine d’os, et on imagine qu c’est de l’âne. A vrai dire c’est la sauce surtout qui est forte et donne un drôle de goût au tout. On boit une bière d’un litre que l’on partage. Ensuite la tenancière nous apporte une soupe de nouilles que je suis le seul à prendre. C’est vraiment très amusant et dépaysant d’être dans cette ambiance typique. En sortant on avise un autocar qui transporte des passagers et qui est arrêté là. On va demander au chauffeur s’il aurait de la place pour nous mais il nous répond qu’il est complet.

Ensuite on va s’installer sur le bord de la route un peu en aval du village pour refaire de l’auto-stop. On se met un peu loin hors de vue des douaniers car on est pas certain de savoir si oui ou non c’est autorisé de faire de l’auto-stop. Il y a d’abord l’autocar aperçu dans le village qui passe et puis il y a un camion qui passe sans s’arrêter, un second où ils sont déjà trois à l’avant et c’est le troisième camion qui s’arrête pour nous prendre. Cette fois ci on a attendu un peu plus longtemps que ce matin, c'est-à-dire royalement moins de dix minutes ! Il s’agit encore d’un brésilien qui conduit une cabine sans remorque de Coretiba au Pérou. Il parait qu’ils sont 90 chauffeurs à faire ainsi la navette en convoyant des camions et en retournant au brésil en autocar. Ce chauffeur fait ce boulot depuis deux ans alors que le précédent le faisait depuis trois ans. Celui-ci parle plutôt mal espagnol et la conversation est encore plus réduite. On roule encore dans un désert avec une route qui se déroule tout droit à plat sur l’altiplano. Ce ne sont encore que du sable, des cailloux et les montagnes au loin avec de rares touffes d’épineux. Il y a 160 kilomètres entre le village du contrôle des camions et la frontière proprement dite qui est au milieu de nulle part et où il y a juste les bâtiments de la police argentine. On y pénètre pour montrer nos passeports Au départ le chauffeur nous avait lui aussi expliqué qu’il ne pourrait pas nous emmener au-delà de la frontière mais il semble s’expliquer et négocier avec les policiers et nous redoutons qu’il ai des problèmes à cause de nous mais en fait une fois à l’extérieur du bâtiment il nous propose de remonter dans son camion et on repart avec lui. Il est décidément très gentil.

Chili

Je me retrouve assis à l’avant sur le fauteuil qui est très raide et je ne parviens pas à trouver comment on peut l’incliner. Je regrette presque ma place brinquebalante à l’arrière. Mais cela ne m’empêche pas de somnoler. Mélanie elle est à l’arrière un peu embêtée car cela l’a gène pour prendre des photos mais elle refuse que nous échangions nos places pour ne pas perturber le chauffeur.

Il fait un peu chaud dans cette cabine notamment quand on se met à redescendre de l’Alti-plano. Il y a 120 kilomètres entre la frontière et San Pedro de Atécama. On descend encore dans des paysages grandioses par une route en lacets moins secs qu’à la montée. C’est toujours très désertique avec de temps en temps un hameau mais très rarement.

San Pedro de Atécama

Arrivés à San Pedro nous allons au poste de police chilienne présenter nos passeports. Notre chauffeur nous dit au revoir et repart lorsqu’il a rempli ses formalités on le remercie chaleureusement. Il y a un policier un peu tatillon devant le poste de police et Mélanie a peur qu’il nous fasse des tracasseries mais finalement il s’avère n’avoir que des bonnes intentions et il nous offre même un plan de la ville. On trouve un distributeur d’argent ou on tente de retirer des pesos chiliens mais il est en panne. On va alors dans une boutique qui fait change et où on échange pesos argentins contre chiliens. 1000 pesos chiliens valent 1,47 euros.

On passe devant l’église qui ici aussi est très simple et ressemble plutôt à une maison dessinée par un enfant. Elle est aussi toute blanche avec cette fois ci des volets et une porte bleu turquoise. On se renseigne sur les horaires d’excursion car on voudrait en particulier aller faire une ballade dans la vallée de la Lune. Le village est manifestement très touristique car les rues sont remplies d’agences de tourisme qui propose des excursions et d’autres magasins pour touristes au détriment de tout commerce local. Mais les excursions pour la vallée de la Lune sont toutes avec un départ à 16h30 car elles sont calées pour permettre aux touristes d’aller y assister au coucher de soleil mais nous voudrions y aller demain matin.

En même temps que nous faisons les agences de voyage pour recueillir ces différentes informations nous cherchons un endroit pour dormir. On sonne entre autres à la porte d’une maison que le Routard indique comme accueil de voyageurs chez l’habitant mais personne ne nous répond. Heureusement la voisine nous dit d’insister et on finit par se faire ouvrir et par s’installer dans une chambre ou il y a deux lits pour 5000 pesos chiliens par personne. Une fois de plus la chambre est confinée avec juste une fenêtre sur la salle de séjour. Les enfants de la maison jouent à la game boy où à je ne sais quel jeu bruyant dans la salle de séjour et j’espère qu’ils n’y joueront pas demain matin à l’aube. On ressort et on va à la gare routière pour réserver deux places dans l’autocar qui part demain à 19h pour Santiago il parait que le voyage dure 24h.

Nous sommes toujours hésitants sur le moyen de faire une excursion demain matin. Une agence nous a proposé une excursion à cheval pour 4000 pesos par heure mais il faut cinq heures pour faire celle de la vallée de la Lune et sinon il propose une autre excursion seulement de trois heures dans une vallée similaire. Mélanie n’est pas très tentée après avoir connu ses deux semaines à cheval dans les canyons aux USA de faire une ballade banale promène couillons. On louerait bien un tandem mais parmi tous les loueurs de vélos que nous ne consultons pas un seul ne loue de tandem. C’est dommage car il y a de nombreux vélos dans les rues et cela semble être un moyen agréable de se déplacer ici où il y a très peu de voitures. On imagine de louer deux vélos et de pédaler côte à côte mais c’est pas gagné surtout si par hasard la route monte ou descend entre le village et la vallée de la Lune.

Finalement sans avoir rien décidé on va diner dans un petit restaurant où on prend un plat local avec du maïs, des pommes de terre et une espèce de courge sucrée, ainsi que de la viande toujours un peu bizarre et pas très bonne. Nous buvons deux verres de vin rouge. Mélanie reçoit un SMS qu’elle aurait préféré ne jamais recevoir de son copain. Du coup elle n’est pas très en forme et on renonce à sortir dans un bar. Nous marchons un peu dans les rues calmes de ce village où là aussi les rues ne sont pas goudronnées mais qui est beaucoup plus touristique que celui d’hier. On rencontre un certain Rodrigue un chilien d’abord gentil qui marche quelques temps avec nous en faisant des frais à Mélanie. Il nous accompagne jusqu’à un pont sur une route à l’extérieur du village. Mais comme il commence à devenir inopportun avec Mélanie on fait demi tour et puis il insiste de plus en plus et lui met carrément la main aux fesses au point que l’on doit s’en débarrasser en le rabrouant sèchement. On rentre se coucher et on écoute ensemble sur mon baladeur CD Daisy le CD des chanteurs argentins que nous avons admirés à Salta et je fais un massage à Mélanie en espérant que musique et massage la détende assez pour qu’elle s’endorme. Mais moi aussi j’ai du mal à m’endormir et surtout je me réveille à 5h du matin. Je récupère alors sur la table de nuit entre les deux lits mon baladeur CD et j’écoute alors mon bouquin ainsi que le CD de musique

Mardi 18 décembre

Mélanie elle se réveille vers 7h30 mais comme je ne perçois pas de changement de respiration, nous ne nous parlons que vers 8h30 lorsque je sors de la chambre pour aller prendre ma douche. Décidément il faudrait imaginer une convention pour prévenir l’autre que l’on est réveillé. On aurait pû partir en excursion plus tôt. Après ma douche on va petit déjeuner. Mélanie retrouve un des restaurants repérés hier soir qui affiche des petit déjeuners complets. On prend une omelette avec du pain et du beurre pour une fois je suis bien calé. Mélanie est pressée de se mettre en route mais n’en laisse rien paraître et ronge son frein en me lisant le lexique du guide du Chili pour que j’apprenne enfin quelques mots d’espagnol. Il faut bien avouer que je ne suis pas fier de moi pendant ce voyage je n’ai toujours pas progressé en espagnol et j’ai bien souvent laissé Mélanie se jeter à l’eau toute seule et lorsque j’ai tenté de parler c’est avec mon horrible mélange de mots bricolés de toutes pièces. On repasse par note chambre pour ranger nos affaires. J’ai profité du temps du petit déjeuner pour recharger les piles du balladeur CD avec mon chargeur de piles. On sort nos sacs de la chambre et on les pose dans la salle de séjour au cas où la maitresse de maison qui est absente veuille relouer la chambre avant notre retour. On hésite à garder avec nous la clé de la maison mais il vaut mieux qu’on la garde au cas où la dame n’est pas chez elle lorsqu’on reviendra cet après-midi. On prend avec nous juste la gourde d’eau de mélanie.

On marche jusqu’à l’entrée du village où on nous indique que l’on peut trouver des taxis. Là en effet il y a un taxi mais il a déjà des passagers. Grâce à l’entremise d’un passant on comprend que le chauffeur nous dit que sa course va être brève et qu’il revient nous chercher dans dix minutes. On attend donc sagement son retour et puis on lui demande de nous emmener à la vallée de la Lune. Il nous fait un prix forfaitaire à 10000 pesos chiliens. Il y a à son compteur une dizaine de kilomètres pour y aller et Mélanie tente de repérer le trajet car nous envisageons de revenir à pied.

Arrivés à l’entrée du parc naturel de la vallée de la Lune on remplit un formulaire et on paie 2000 pesos chiliens. Il y a une préposée qui explique longuement à Mélanie sur un plan le tour qu’elle nous conseille de faire. Puis on se met en route.

On passe d’abord dans un canyon très étroit d’à peine quelques mètres avec un sol en sable et des parois en roche très friables. Il y a de temps en temps des cavernes creusées dans l’une des parois où nous pénétrons accroupis. L’atmosphère est très étonnante avec un énorme silence au milieu de ce canyon encaissé, D’autant plus qu’à cette heure de milieu de journée nous sommes rigoureusement seuls. L’air est très sec et je ne transpire pas malgré la chaleur. Mélanie elle saute comme un cabri d’un promontoire de falaise au sommet d’une dûne pour prendre des photos ou pour revenir en courant à mes cotés lorsqu’elle fait marcher le déclencheur automatique de son appareil. Elle doit avoir plus chaud en cavalant ainsi et d’ailleurs elle boit pas mal d’eau dans la gourde. En courant dans le sable elle embarque du sable dans ses chaussures. Mais elle refuse de prendre le temps de les retirer et cela risque de lui faire des ampoules.

On ressort du canyon pour suivre une route qui serpente dans un paysage montagneux et complètement désertique. On arrive à une grande dune de sable. Le paysage est très étonnant avec cette roche très friable qui doit être de la craie, du sable et le tout balayé par le vent est très ciselé. La moindre tempête ou averse doit chambouler le décor. On marche pendant environ quatre kilomètres soit huit kilomètres aller retour. Vers le milieu de la ballade Mélanie commence à se plaindre de ses pieds. Mais on continue. On a fait demi tour au bout d’une dune dont on a suivi la crête en marchant à la queue leu leu. On a été doublé deux fois par des 4X4 et une autre fois par deux cyclistes mais sinon on ne voit personne d’autre. Ce qui est beaucoup mieux que de se retrouver avec les groupes en excursion à partir de 16h. Je suis passablement fatigué par ma petite nuit de 4h et je m’énerve intérieurement en m’inquiétant de voir l’heure tourner. J’essaie de me calmer en écoutant le silence incroyable qui règne ici et qui n’est troublé que par le reniflement de mélanie. Je suis suffisamment énervé pour faire des statistiques sur la périodicité de son reniflement qui revient toutes les six secondes sauf lorsqu’elle renifle deux coups et alors on a un répit de plutôt 24 secondes. Je m’impatientais sans raison car on ressort de la vallée à 15h alors que l’on avait justement prévu d’en ressortir à 15h donc jusque là tout est parfait.

On quitte la réserve naturelle et comme nous sommes tous les deux tentés par le défi on prend comme prévu la route à pied pour retourner à San Pedro. A un moment Mélanie voit la route qui fait une courbe à l’horizon et propose de couper à travers le désert que nous traversons. On quitte alors la route goudronnée pour marcher dans un terrain sablonneux avec pas mal de cailloux. La marche n’est pas trop difficile et je suis content de me retrouver ainsi au milieu de nulle part, le fait de ne plus fouler le goudron rend pour moi la chose encore plus dépaysante. Au bout de quelques kilomètres on rejoint la route que Mélanie voyait à l’horizon et on la suit mais au bout de quelques centaines de mètres Mélanie voit qu’elle nous mène à un chantier or elle ne se rappelle pas avoir vu le taxi passer près d’un chantier. On a donc dû se tromper de route et on aurait peut-être pas dû couper à travers le désert. On fait donc demi tour pour rejoindre le croisement avec la route qui venait de la vallée de la Lune et qui continue jusqu’à San pedro. Mélanie est vexée de s’être trompée même si cela nous a fait faire juste un kilomètre ou deux en plus. Et surtout elle a maintenant vraiment mal aux pieds. Elle a chaud et soif et la gourde est vide depuis longtemps. Mélanie avise une sorte de ruisseau qui sort d’un tuyau et a suffisamment soif pour tenter d’y boire même si l’eau en sort parait il un peu savonneuse. Evidemment elle est dégueulasse et Mélanie la recrache. Une fois que l’on est revenue sur la route principale heureusement il y a une voiture qui passe et qui s’arrête pour nous prendre en stop. Cela nous épargne les trois derniers kilomètres jusqu’à l’entrée de San Pedro. On repasse d’ailleurs par le pont où Rodrigue nous avait conduit hier soir. On arrive en ville à 17h après deux heures de marche depuis la vallée de la Lune. On est passablement fatigués et Mélanie a les pieds blessés mais on est content de notre journée et il est assez tôt pour que l’on n’ai pas à courir prendre l’autocar.

On passe par la gare routière pour demander si des repas sont servis pendant le voyage en car jusqu’à Santiago. On passe dans un magasin où on achète des boissons fraiches sur lesquelles on se jette. On repasse à la chambre pour se doucher et pour récupérer nos sacs. On se réinstalle quelques minutes dans notre chambre et Mélanie est choquée car j’ai traversé la salle de séjour en caleçon pour aller de la chambre à la douche qui est dans un cabanon en tôle derrière la maison alors que la femme et ses enfants ne sont pas loin. On quitte la maison et on se dirige vers la gare routière. On s’arrête dans une superette pour acheter de quoi manger, des bananes, du chocolat et du pain. De là on va sur la place centrale pour tenter de téléphoner et prévenir de notre arrivée, une française Florence amie de ma sœur Hortense, qui habite à Santiago. Mais on ne parvient pas à faire marcher aucune des cabines téléphoniques. Il y a manifestement un système compliqué d’indicatifs à composer selon l’opérateur utilisé. Puis comme il nous reste du temps on s’installe dans une gargote pour commander des sandwichs à la viande et végétarien. On boit à la grande bouteille de Coca que l’on a acheté. Le tenancier accepte que j’utilise son téléphone portable pour téléphoner à Florence que cette fois ci je parviens à joindre. Puis on va à la gare routière où l’autocar est déjà là et commence à charger ses passagers. Je fais une blague à Mélanie en lui faisant croire que j’ai oublié les tickets dans la chambre.

On s’installe d’emblée sur deux places côte à côte alors qu’en principe les deux seules places qui restaient lorsque nous avons réservé étaient séparées. Il y a des toilettes à l’arrière du bus qui n’a qu’un étage. J’y vais pendant qu’elles sont encore propres. On est tous les deux bien fatigués et je m’endors assez rapidement quelques instants tout en écoutant à deux le CD de musique argentine. Puis on papote et on regarde une vidéo des aventures de Mr Bin qui alterne à l’écran avec un autre film. Mélanie est depuis quelques temps assez affectueuse avec moi et cela se traduit par des petites tapes ou des pincements amicaux et nous nous taquinons ainsi jusqu’à 1h où je m’endors jusqu’à 6 ou 7h. Je reste éveillé pendant une grande heure mais ensuite je me rendors à nouveau jusqu’à midi. Donc en principe j’ai ma dose de sommeil et cependant en fin d’après-midi j’aurai encore du mal à rester éveillé. Nos fauteuils sont cette fois ci des semi camas. Ils semblent s’allonger à peu près autant que lorsque nous avions des camas par contre il sont plus étroits car y a quatre fauteuils de front au lieu de trois dans les autocars camas. Nos voisins sont chiliens mais il y a aussi un petit groupe d’israéliens. Mélanie elle a très mal dormi, juste deux heures, tordue en chien de fusil.

Mercredi 19 décembre

On nous sert un petit snack c'est-à-dire le soir un petit paquet de biscuits salés et le matin un biscuit à la noix de coco et du thé. On joue aux cartes au Rami. Il y a régulièrement des arrêts mais on a pas le droit de descendre de l’autocar. Sauf une fois où il y a un arrêt où on peut descendre une dizaine de minutes. Mélanie en profite pour utiliser une cabine téléphonique et appeler à Santiago les parents de son ami Simon. Elle se trompe en croyant parler à sa mère et en fait réalise à la fin de ses pièces qu’elle parlait à l’amie de son père. Du coup gênée par sa méprise elle rappelle depuis l’autocar avec son téléphone portable pour demander pardon.

On arrive à Santiago en retard vers 19h30 du coup on a fait un voyage de vraiment 24h. On voit d’emblée qu’il s’agit d’une grande ville beaucoup plus grande que tout ce que l’on a vu jusqu’à présent. A la gare routière on se renseigne pour les cars à destination de Valparaiso et on prend deux places dans un qui part justement à 20h. on fait donc encore presque deux heures de car.

Valparaiso

On arrive donc à Valparaiso et à la descente du car on tombe sur une femme qui nous propose une chambre chez l’habitant mais lorsqu’elle voit que je suis aveugle elle nous dit que ce n’est pas possible que nous allions chez elle car il y a des escaliers à monter et elle nous propose de nous conduire chez une de ses amies qui habite à coté. En effet l’amie tient une grande maison classique avec des pièces très vastes desservies par un immense couloir en haut d’un escalier en bois majestueux. Il n’y a que des chambres avec grand lit mais on a la flemme d’aller ailleurs. On négocie la nuit à 12000 car l’hôtesse nous annonce 14000 pesos pour la nuit alors que sa copine nous avait annoncé 11000.On se lave les mains dans une des immenses salles de bains avant de ressortir diner.

On va dans un restaurant très sympa que Mélanie a repéré dans le Routard. Le décor est très rigolo avec des tas de statuettes par exemple il y a une statuette qui représente un chien écoutant un vieux phonographe à l’image de la marque la Voix de son maitre. Il y a des vitrines avec des couverts et différents objets d’art décoratif. On prend un plat pour deux de viande, de pommes de terre et d’œufs plus ou moins mélangés. Il y a un petit groupe de musicien qui passe entre les tables.

En rentrant on s’arrête dans un bar pour prendre une vodka orange. Il est très vaste et peu rempli au début avec une musique qui est très bonne. Cela se remplit un peu quand on repart. On a un peu du mal à retrouver la gare routière et la maison où nous habitons car tellement confiants dans la mémoire visuelle de Mélanie nous n’avons pas songé à noter l’adresse. On essaie la clé dans deux portes différentes avant de rentrer dans notre maison. On se couche mais on ne dort pas tout de suite.

Jeudi 20 décembre

Je vais prendre une douche et me raser dans l’immense salle de bains. Je me demande dans quel état d’esprit Mélanie va se réveiller. Mais lorsque je retourne dans la chambre elle est bien réveillée et comme souvent ne se livre pas beaucoup en restant à l’abri derrière sa carapace. Nous rangeons nos affaires et les posons dans un coin du vestibule. On sort de la maison, après hésitation, on décide de garder avec nous la clé pour pouvoir revenir tout à l’heure car l’hôtesse n’est pas là. On marche jusqu’au port qui en fait n’est pas très visible car le long des quais il y a une voie pour des camions qui déchargent les bateaux, une route à trois voies et une ligne de tramway ce qui rend la ballade le long des quais peu bucolique. On s’imaginait Valparaiso comme une station balnéaire de charme mais c’est raté. C’est le port industriel dans toute sa splendeur. Il parait que la station balnéaire existe mais elle est dans une autre ville un peu plus loin sur la côte. Alors on retourne vers le centre ville où on avise un restaurant un peu chic pour petit déjeuner. Mais en fait on finit par commander un rizotto aux fruits de mer et aux coquilles saint Jacques et je commande même un verre de vin. Il faut dire qu’il est déjà 11h30 alors pourquoi ne pas directement déjeuner. Mélanie a malheureusement mal à la tête et la nourriture lui redonne mal au ventre.

Ensuite on continue à marcher dans les rues. On arrive à une vaste place où il y a toute une série d’étalages d’artisans que Mélanie parcourt rapidement en se promettant d’y repasser. De là on grimpe dans les deux rangées de collines qui dominent la ville tout autour de la baie. Elles sont construites de petites maisons multicolores très étonnantes car il y en a des roses, vertes, jaunes, bleues, turquoises, … non seulement les maisons sont presque toutes peintes d’une couleur vive mais il n’est pas rare qu’elles soient décorées avec une fresque parfois très grandes. C’est amusant à voir et cela donne un charme particulier et cela rajeunit cet urbanisme qui par ailleurs est plutôt pauvre et désuet. On parcourt ainsi plusieurs collines en suivant les indications de la villa musée Sebastiano. Les indications sont peintes sur la tranche des trottoirs comme un jeu de piste que l’on suit. Le temps qui était d’abord couvert se dégage progressivement.

Cette villa Sebastiano c’est là où habitait le poète Paulo de Neruda qui est célèbre au Chili où il a été sénateur, candidat à l’élection présidentielle qui s’est désisté en faveur de Salvadore Aliende, qui a terminé sa carrière politique comme ambassadeur à Paris et qui avait trois maisons dont une à Valparaiso. On continue à parcourir ces petites rues étroites qui grimpent à flanc de colline. On s’exerce avec Mélanie à me faire marcher sans canne, juste en lui tenant le bras. C’est un peu une révélation pour moi d’avoir suffisamment confiance en quelqu’un pour me lâcher suffisamment et pour lâcher ma canne qui reste pliée à ma ceinture. Cela fonctionne tout à fait bien en tout cas tant qu’il n’y a pas trop d’escaliers. On arrive sur une placette où on s’installe pour se reposer sur la margelle d’une grande croix car Mélanie se sent mal. Cela commence à être inquiétant ce mal qu’elle développe depuis quelques jours. En tout cas ne perdant pas mes habitudes je met à profit ce repos pour m’endormir allongé sur cette margelle pendant une petite demi heure. La nuit précédente a été trop courte et je suis vraiment fatigué. D’ailleurs avant cette petite sieste j’avais du mal à écouter les descriptions de Mélanie et je somnolais. Ceci dit après la sieste j’ai du mal à me réveiller et je continue à somnoler !

On arrive à la villa de Sebastiano où je suis enfin un peu plus réveillé. On commence par prendre un Coca à la terrasse de la cafeteria qui est dans un bâtiment voisin de la villa proprement dite. Puis on va visiter la villa. Elle est sur quatre étages. Comme cela faisait une trop grande maison pour lui Paolo de Neruda avait fait venir des amis qui habitaient au rez de chaussée. Le Poète occupait lui les trois étages supérieurs. Au premier on visite un salon biscornu avec des grandes baies vitrées avec des décrochements selon les pans de mur et qui ménagent une vue magnifique sur toute la baie. Il y a différents meubles qui ont été patiemment récupérés par la Fondation qui gère les lieux et qui collectionne les souvenirs de Paolo de neruda . Il y a notamment une grande vasque dans laquelle il avait l’habitude de préparer un cocktail de sa spécialité à base de champagne, de cognac et de cointreau. Au dessus il y a la chambre et la salle de bains avec beaucoup de recoins et de petites cloisons. La chambre a aussi une vue magnifique sur la baie. Il y a un escalier très étroit qui monte au troisième étage et qui est percé d’un hublot de bateau. En haut c’est le bureau de Paolo de Neruda où sont conservés certains de ses objets personnels comme une vieille machine à écrire ou un ancien planisphère qui date de 1698 et où la Californie apparaît comme étant une île. Enfin sur le toit il parait qu’il y a une plate-forme qui dans l’esprit de monsieur Sebastiano le concepteur de la villa, était destiné à servir d’héliport à d’éventuels extra-terrestres.

On redescend et on ressort de la villa pour redescendre de la colline en direction du centre ville. On aurait bien aimé emprunter un de ces ascendios vanté par les guides comme pittoresque et que l’on imagine comme des trolleybus qui grimpent les collines mais nous n’avons pas le temps de tout faire et il est déjà 18h. On voudrait encore passer voir la place principale. Une fois là bas on admire le bâtiment officiel de style classique qui orne la place. Il y a un concert ou un spectacle qui se prépare avec une estrade qui est déjà dressée et la sono qui chauffe. On est juste à coté du port.

On retourne à notre pension pour récupérer nos bagages et passer aux toilettes avant d’aller à la gare routière juste en face. On a 10 bonnes minutes avant le départ de notre autocar pour Santiago mais Mélanie préfère ne pas prendre de risques et nous fait monter dedans plutôt que de chercher une cabine téléphonique pour appeler Florance. On appelle depuis l’autocar avec le téléphone portable de Mélanie mas Florence n’est pas chez elle et c’est l’employée de maison qui ne parle qu’espagnol qui répond.

Santiago

En arrivant à Santiago on trouve donc une cabine téléphonique pour rappeler Florence. Mais décidément on ne sait pas bien faire marcher ces cabines téléphoniques et on a du mal. Quand on finit par y arriver c’est pour retomber sur l’employée de maison. Alors tant pis il se fait tard et on décide de trouver une auberge de jeunesse pour ce soir. On commence par trouver un distributeur d’argent car nous sommes un peu à court de liquide. Pis on va prendre le métro et en trois stations il nous amène dans l quartier où sont la plupart des hôtels et auberges de jeunesse. Le métro est très moderne et rapide.

On arrive dans une énorme bâtisse genre ancien pensionnat qui a été racheté par un australien qui y fait auberge de jeunesse et qui nous accueille à la réception. Il nous explique que si on paie en dollars ou en euros notre nuit alors on ne paiera pas la TVA de 19%. Il parait qu’il y a une centaine de lits répartis dans des grands dortoirs avec une hauteur de plafond énorme. L’australien nous conduit jusqu’à notre dortoir en nous montrant au passage la salle télé, la salle ordinateur et la cuisine commune. Je me couche tandis que Mélanie va à la salle ordinateur. Je ne m’endors pas avant son retour et au matin je suis réveillé par le premier voyageur qui se lève du coup la nuit est encore courte.

Vendredi 21 décembre

Je suis passablement contrarié par cette petite nuit et par les multiples dérangements à chaque fois qu’un voyageur se lève dans le dortoir ou dans celui qui est contigu. Pendant que je vais prendre ma douche dans une salle de douche très propre Mélanie rencontre Maëlle qui, incroyable coïncidence était aussi en stage au marketing d’iBM. Il y a une autre française qui travaille à la réception de l’auberge et qui nous aide pour que l’on puisse confirmer nos billets d’avion de retour. D’ailleurs elle retourne elle aussi en France par le même vol que nous demain. Elle nous aide aussi pour téléphoner à Florence sur son mobile où je laisse un message. Puis on laisse nos bagages en consigne sans réserver de chambre pour ce soir au cas où on finirait par joindre Florence.

On quitte l’auberge et on va dans une superette où il n’y a que des produits de boulangerie et où on achète des croissants et des muffins. C’est la première fois que je vois une boulangerie self service. De là on va en face à la terrasse d’un café pour manger nos gâteaux et boire un thé. Il y a plein de thés différents. Mélanie a encore mal au cœur.

Puis on va marcher à la découverte de santiago. On parcourt une grande avenue au nom également très long raccourci par le nom avenue Lbertado Brnado Okeyem. C’est apparemment l’avenue principale qui nous conduit vers le centre historique. On arrive à la place d’Armes qui est la place principale. O y admire d’abord la Moneda qui à l’époque coloniale servait pour frapper la monnaie et qui est maintenant la résidence des présidents de la République. On voit les gardes à l’entrée qui sont vêtus de veste blanche et de pantalons kakis. Il y a des gardes féminines. Il fait très beau et chaud. D’ailleurs ensuite on va prendre un peu de frais en allant visiter la cathédrale où on rentre par l’arrière. Il ya une cérémonie de litanies. Mélanie me décrit patiemment et minutieusement l’intérieur avec de nombreuses statues et de nombreuses décorations assez chargées. Il n’y a pas de transept. Puis on ressort par l’avant de la cathédrale et on continue notre tour de la place principale. On passe aussi devant le théâtre national, l’académie de diplomatie et différents bâtiments officiels, jusqu’à la bibliothèque municipale où on retrouve l’avenue Libertado Bernado Okeyem.

Ensuite on trouve un endroit pour déjeuner à la terrasse d’un restaurant sous une galerie d’arcades qui ménage une ombre bienvenue. On prend un menu à 2900 pesos avec une soupe de poireaux ou une salade au fromage puis une brochette de viande ou un plat typique avec du riz et une sauce de viandes. On boit des bières. Florence nous a rappelés sur le mobile de Mélanie pendant que nous marchions et elle a accepté de nous héberger ce soir et nous avons convenu qu’elle nous envoie un SMS avec son adresse exacte. Alors que ce matin Mélanie était en grande forme et que c’est moi qui était au ralenti après le déjeuner c’est à son tour d’avoir un coup de mou et moi qui prend le relais.

On se dirige vers le quartier de Bellavista qui est réputé être le quartier animé et culturel de Santiago et de fait on y voit de nombreux cafés aux terrasses remplies et des maisons aux couleurs multicolores. On essaiera de revenir y prendre un verre ce soir. Mais en attendant Mélanie a appelé avec son portable le père de Simon qui nous attend chez lui quand on veut. On prend un taxi pour y aller. Il nous accueille gentiment autour de la table de séjour et nous offre un verre d’eau. On engage la conversation mais il ne parle pas un mot de français et Mélanie avec un courage que j’admire parvient à alimenter la conversation en rassemblant tout son maigre espagnol et en dominant son trouble de voir des photos affichées au mur de son ami Simon. Le père est aussi musicien comme le fils et il y a parait il notamment des photos où on les voit jouer ensemble.

On repart de là avec la boite que Mélanie avait posté de Cordoba et on hèle dans la rue un autre taxi pour aller chez Florence qui habite dans une autre banlieue de Santiago. Quand on pénètre dans sa maison Mélanie s’exclame en voyant des joueurs de polo. E crois d’abord qu’il s’agit d’un poster affiché au mur mais ce sont de vrais joueurs de polo qui jouent au bout du jardin qui jouxte le terrain d’un club de polo. Florence nous reçoit très aimablement au bord de sa piscine où jouent sa fille Pauline et une de ses copines. Florence nous offre du pisco boisson typiquement chilienne avec de la tapenade. Je bois trois petits verres de pisco. Puis arrive Raphael l’ami de Florence qi se joint à notre apéro. Ils sont invités à diner chez des amis mais prennent le temps de nous déposer au restaurant de poisson que Florence nous a recommandé et où elle a appelé pour nous réserver une table. Il s’agit du restaurant Ostras Azocar à l’adresse Bulaves 37 téléphone 6822203.

A peine arrivés au restaurant on nous propose en guise d’apéritif une dégustation de petites huîtres arrosée d’un verre de sauvignon. Cela se passe dans une pièce dédiée où il y a un serveur qui ne fait qu’ouvrir des huitres avec dextérité. Elles sont petites et avec un goût original mais bon. Puis on passe à table et un serveur francophone noir est affecté à notre table. Il nous traduit gentiment la carte et on commande un cevicce, des coquilles saint Jacques et des gambas accompagné d’un sauvignon vendanges tardives très intéressant. Il y a un joueur de guitare qui passe entre les tables et qui chante très fort. La salle est plutôt grande et assez luxueuse c’est certainement le restaurant le plus chic et le plus cher que nous ayons fait. Je parviens à attraper l’addition et à inviter Mélanie. On marche un peu dans le quartier notamment pour admirer une petite placette à l’architecture ancienne et avec une fontaine au milieu, que nous a indiqué Florence.

Ensuite on repasse à l’auberge de jeunesse pour récupérer nos sacs restés en consigne. Il y a toujours la jeune française à la réception. Mais grâce à Dieu, elle n’a pas travaillé toute la journée. De là on hèle encore un taxi pour retourner chez Florence. J’ai trouvé cela amusant de la revoir après tant d’années mais Mélanie trouve, à juste titre, que cela nous revient un peu cher à force de prendre des taxis. On arrive chez Florence vers 2h30. On dort dans une chambre au rez de chaussée où dormait avant Florence mais qui maintenant sent un peu le fuel. Au moment où on se couche vers 3h on entend Florence rentrer à son tour. Mélanie est, comme moi ce matin, énervée d’être énervée et je lui fait un massage tendre pour tenter de la décontracter.

Samedi 22 décembre

Le réveil du téléphone de Mélanie sonne à 8h30. je vais prendre une longue douche pour me réveiller. Je rassemble mes affaires et vide un peu mon sac vert en bandoulière qui nous a servi tout au long du voyage de sac auxiliaire. Je jette et j’offre aux filles de Florence du chocolat et des barres de céréales qui nous restaient. Je fais le tour de la cuisine à la recherche de quoi petit déjeuner mais je ne trouve pas et je retourne bredouille dans la chambre où Mélanie s’est levée. L’employée de maison qui était sortie revient et me guide jusqu’à la salle à manger où est dressé le petit déjeuner. Florence descend nous rejoindre et nous devisons en petit déjeunant. Mais le taxi qu’elle avait réservé pour nous téléphone pour signaler qu’il est arrivé et du coup nous accélérons un peu car le compteur doit tourner en attendant. J’offre à Florence la demi bouteille de champagne que j’avais apporté de France et que nous n’avons pas eu l’occasion de boire. Florence nous offre 10000 pesos pour nous aider à payer le taxi car je pense que nous n’avons plus assez de liquide pour le payer. Puis nous nous disons au revoir. Elle-même part en France pour les vacances de Noël mais elle prend un avion Air France demain.

A l’aéroport on enregistre et puis on va faire les boutiques. Mélanie achète un écusson, ultime cadeau pour son frère. Malheureusement au duty free nous n’avons pas le droit d’acheter une bouteille de vendanges tardives de Risseling qui aurait bien complété ses cadeaux, car nous changeons d’avion à Madrid et il ne faut pas de liquide pour passer le contrôle de sécurité. Au comptoir d’embarquement je tente en vain que nous soyons upgradé mais les employés qui y sont ne parlant pas un mot d’anglais la négociation est limitée.

On se retrouve dans l’avion assis à la dernière rangée de deux sièges. L’un des deux ne peut pas être incliné car il y a le strapontin de l’hôtesse derrière. Du coup je m’y installe. Mélanie s’énerve sur les télécommandes de l’écran vidéo qui ne fonctionnent pas non plus. On joue aux cartes et j’apprends à Mélanie l’écarté. Elle n’a pas la culture des cartes et ne sait ni ce qu’est une levée ni ce qu’est un atout. Mais elle comprend très vite et gagne même une manche. On grignote du chocolat et des biscuits. Je dors un peu puis je bouquine. On nous sert deux repas pendant les onze heures de vol et je me lève plusieurs fois pour aller chercher des canettes de jus de fruit que nous buvons et pour me détendre les jambes. Les hôtesses sont vêtues de robes vertes élégantes qu’elles portent au décollage et à l’atterrissage et entre les deux elles se changent pour se mettre en pantalon.

A Madrid on s’installe à la table d’un self service de l’aéroport où on prend un petit déjeuner avec un pain aux raisins et un chocolat chaud. Au contrôle de sécurité on nous confisque même notre bouteille d’eau. Dans l’avion de Madrid à Paris il y a une hôtesse qui tient à me faire carrément essayer le gilet de sauvetage et le masque à oxygène. Nous sommes un peu fatigués et dormons un peu puis j’écoute mon livre.

Arrivés à Paris nous sommes accueillis par les parents de Mélanie qui sont là tous les deux évidemment très contents de la revoir et très aimables avec moi. Je leur exprime à quel point j’étais content de faire ce voyage avec leur fille et que j’ai apprécié sa compagnie et découvrir tout un pan de sa personnalité que je n’avais pas perçu chez IBM. Je nous ai baptisé le boucher et la fleuriste car pendant le voyage souvent elle m’a reproché d’être bouché et de ne pas me souvenir de ce qu’elle pouvait m’avoir dit la veille ou quelques temps auparavant. Tandis que pour moi sa présence à mes cotés a été ma fleur quotidienne. Nous nous sommes vraiment bien entendus et étions sur le même rythme voir sur la même longueur d’onde. Avec Mélanie nous nous répartissons quelques affaires qui étaient dans le sac de l’un ou de l’autre. puis je prend un taxi qui me conduit rue Vital où je range quelques affaires avant de repartir dans l’après-midi pour Méry où je vais fêter Noël. Tandis que Mélanie elle fête Noël chez ses chers grand parents en région parisienne.

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