Samedi 10 février

Agnès Lafont m'a donné rendez vous à 3h chez elle pour que son père nous accompagne de là jusqu'à l'aéroport. Mais Jérôme Le Quéré qui fait aussi partie du voyage m'a dit au téléphone que le rendez vous était en fait à 4h. Ce qui me laisse le temps de bien ranger toutes mes affaires avant de partir et d'aller rue du Bac en métro. J'arrive presqu'à l'heure comme d'habitude à 4h05. Jérôme et Chrystèle Scherrer sont partis faire quelques ultimes achats au Bon Marché. On attend donc un bon moment avant de partir.

On quitte la rue du Bac vers 5h pour rencontrer un bel encombrement rue Saint Placide qui commence à faire monter l'inquiétude parmi nous. Mais on parvient à se dégager et on arrive tout à fait à l'heure à Orly. Sauf qu'il n'y a plus de place avec hublot dans l'avion. Agnès se sent assez mal et va consulter la pharmacienne de l'aéroport. Qui diagnostique tout de suite une mauvaise réaction au Laryam. La pauvre était presque prête à renoncer à partir avec nous, tellement elle se sentait remplie de tremblements. Ce qui me conforte dans mon choix de ne rien prendre pour prévenir le paludisme et de garder l'effet de ces médicaments intact pour curer si necessaire.

On décolle à 18h30. Nous nous sommes donc retrouvés assis dans uen rangée du milieu. Donc pas moyen pour moi de dormir correctement si je n'ai pas la tête calée. Du coup j'entame sérieusement mon capital de livre sur cassettes en en mangeant 5 dans la nuit. Avec le diner on aeu un avant go–t des vins d'Afrique du sud. D'abord j'ai pris un simili champagne qui était assez sucré mais pas mauvais. Puis on a gouté avec Jérôme deux sortes de vin rouge différents dont un le Egel Rot très agréable.

Dimanche 11 février

Je saute le petit déjeuner au lever du jour car je viens enfin de m'endormir. Pendant une bonne partie du voyage on a sur l'écranune carte qui nous positionne en temps réel avec des compteurs pour nos coordonées. Il n'y a qu'au décollage et à l'aterissage que ces coordonnées ne s'affichent plus. Afin probablement de ne pas attirer l'attention des passagers en cas de problème.

Afrique du sud

On arrive à Johannesburg à 8h30. Il y a tout un groupe de Lahénin style voyage de CE que l'on fait descendre en premier car ils ont une correspondance et on est un peu en retard. On est pas mécontent de s'en débarrasser car ce n'est pas la facette de la France dont je suis le plus fier.

On a quatre heures à attendre dans la salle de transit. J'en profite pour téléphoner un petit coucou au répondeur des amis chez qui Inès Maureau a d– arriver depuis 24h. Pour cela j'ai d– changer un dollar US en Rand. Soit 3,7 rand par dollar US. Je me renseigne aussi tant qu'à faire sur les horaires des vols de Johannesburg au Cap puisque certains d'entre nous ont l'intention de faire un crochet par le Cap. Puis je m'allonge entre deux rangées de dossiers de fauteuils de la salle d'attente, sur la couverture que j'ai chipé à SAA (South Africa Airways) et je termine ma nuit.

Je suis réveillé par une femme noire qui hurle comme une hystérique. On dirait qu'elle est possédée par les démons. Plus probablement on lui a refusé son visa et elle va être expulsée dans son pays d'origine, ou quelque chose comme cela. En tout cas c'est impressionnant de la voir courir partout en hurlant et en échappant aux employés qui tentent de la maitriser.

Puis on prend un autre airbus de SAA qui nous emmène en 1h à Mapouto au Mozambique.

Mapouto

On voit tout de suite qu'il s'agit d'un pays incomparablement plus pauvre. On arrive dans une aérogare semi hangar, mal éclairée évidemment pas conditionnée avec des fonctionnaires qui brassent les formulaires et passeports à grands coups de tampon.

Agnès trouvait qu'il faisait humide et chaud à Johannesburg mais ce n'est rien par rapport à ce que nous trouvons ici.0

Nous sommes sollicités à peine le dernier tamponneur passé par des jeunes hommes qui se proposent pour nous servir de porteur, de guide etc. Mais nous trouvons un peu plus à la sortie Jean-Luc le coordinateur de la mission au Mozambique de Médecins Sans Frontières. C'est un ami d'un ami de Jérôme. Il nous emmène à la maison de la mission avec sa voiture et nous explique en route qu'ils sont en train de fermer la mission considérant que les besoins du pays ne relève plus d'une organisation comme MSF, c'est surtout d'aide au développement dont le pays a besoin.

On arrive dans une vaste maison avec un beau jardin gardée jour et nuit par un gardien noir. On se répartit trois chambres où sont installés des matelas par terre. Jean-Luc nous explique que lui habite un peu plus loin dans la ville car il est marié à une mozambicaine. Il va nous laisser nous balader cet après-midi et nous retrouvera ce soir ou demain. Le couple qui habite la maison est en vacances en ce moment mais ne devrait pas tarder à rentrer.

Mais après s'être apprété à nous laisser nous balader seuls à pied dans la ville, Jean-Luc se ravise et propose de nous tenir compagnie et de nous balader avec sa voiture à condition que l'on passe chez lui chercher son fils, car sa femme qui est infirmière de nuit doit dormir cet après-midi.

On passe donc chez lui on voit un intérieur simple mais bien aménagé. Il y a plein d'enfants qui joue dans la rue.

Il nous conduit jusqu'au bout de la baie où se trouve un village de pécheurs. On marche un peu le long de la grève. On voit un petit marché très typique avec les petits étalages fait de trois planches qui vendent tout et rien.

Sur le chemin du retour on s'arrète dans un bar le Costa del sol où on prend des sardines grillées très bonnes et des bières locales. C'est très agréable, le temps est magnifique avec du soleil et du vent qui rafraichit.

On revient dans la ville proprement dite. Elle est elle aussi très agréable, avec des avenues larges bordées de nombreux arbres. Il reste encore beaucoup de maisons coloniales du temps des portugais qui sont partis en 1975. A vrai dire pratiquement toutes les maisons en dur datent de cette époque.

On s'est arrété au bureau des cars Blue Panther pour reserver nos places pour Johannesburg Mardi. On a hésité à repartir plus tard pour avoir le temps d'aller dans une des îles paradisiaques parait il qui sont au large de Mapouto, mais cela impliquait d'y consacrer au moins deux jours et personnellement je préfère bouger plutôt que de passer deux jours sur une plage.

Jean-Luc nous fait gentiment faire un petit tour de la ville avant de rentrer à la maison de MSF. On y arrive en même temps que Nciolas et Christine qui en sont les occupants. Nicolas est l'administrateur de la mission, il a remplacé Philippe l'ami de Jérôme qui nous a envoyé ici. Christine elle a été longtemps infirmière dans la campagne de l'arrière pays: le bush, souvent seule blanche à des kilomètres à la ronde, elle a l'air d'avoir une sacrée personnalité sous son charme plutôt discret.

La maison est vraiment très agréable et bien équipée. Les salles de bains sont un peu salles et déglinguées à l'africaine fils éléctriques qui pendent etc. Mais l'eau chaude n'est pas limitée. Après une bonne douche on va diner à la ferra popular au restaurant Coquero.

C'est au milieu d'une fête foraine. Il parait que pour une fois les manèges fonctionnent car isl sont souvent en panne. Il y a tout une série de petites estaminets qui font bar et restaurants.

Celui où on s'est installé offre des spécialités de cuisine zambienne on commande un assortiment de petits plats dans lesquels on pioche tous. On go–te notamment des fèves, des friands, des petites chips, des piments, des haricots aux crevettes, du poulet au coco ...

Ensuite on va à l'hotel Polonar qui est un des deux grands hotels de la ville. on rentre pour en faire un petit tour. Il n'y a pas beaucoup de touristes à cette heure là.

On fait le tour de la piscine on va voir la vue de la terrase. On est sur une colline qui domine la mer et la ville.

Puis on rentre se coucher, je suis dans une chambre seul sur un petit matelas. Il est très chaud et je ne regrette pas de ne pas avoir pris de sac de couchage. Dans ma chambre il y a un superbe panier en osier qui fait armoire tellement il est grand vertical avec des casiers où on peut ranger des tas de choses. Il ne serait pas aussi gros j'en rapporterai volontiers un en France.

Lundi 12 février

On se réveille plutôt tard vers 10h surtout pour ce pays où on est en général matinal. Mais cela prouve que nous en aviosn besoin. On descend prendre un petit déjeuner tout à fait normal avec du bon pain, des céréales des tranches d'ananas frais. Je suis surpris qu'il trouve dans ce pays réputé très pauvre et à peine sorti d'une guerre civile douloureuse tous ces produits de consommation occidentale.

On marche jusqu'au bureau de MSF avec Christine. Les rues sont animées avec des trottoirs plutôt défoncés par les pluies diluviennes et le manque d'entretien.

Au bureau de MSF les chefs Nicolas et Jean-Luc travaillent au premier étage alors que les employés locaux sont au rez de chaussée. Mais les bureaux sont déjà presque vide puisqu'ils liquident. Nicolas nous emmène dans un bureau de change semi-officiel qui est soit disant une agence de voyages. Là le change est un intermédiaire entre le noir de la rue peu sur et celui de la banque pas interessant.

On rentre à la maison on va piquer une tête dans la piscine de la résidence voisine avant de déjeuner. Il faut payer 20 000 méticash c'est à dire un peu moins de 2 dollars US pour pouvoir se baigner. Car un dollar vaut 11500 méticash.

On a droit à un déjeuner très mozambicain avec du massa, c'est-à-dire de la farine de manioc. Cela ressemble un peu à de la semoule c'est assez bon. Un peu insipide du coup il le relève avec le caryl qui est une sauce qui peut-être avec n'importe quoi, si possible de la viande quand on en a. Je suis surpris car ils mangent aussi des tas de crudités et personnellement j'ai été assez prudent sur la quantité de salade prise en entrée.

On emprunte leur téléphone pour s'annoncer au père Emmanuel Lafont oncle d'Agnès à Préttoria. Puis le chauffeur de la mission nous conduit avec le pick-up jusqu'à un marché typique qui est un peu lon de la maison. On va en profiter pour acheter un morceau de tissu local une capoulana que Philippe a demandé dans un fax qu'ils ont recu ce matin à la mission.

On fait le tour du marché, c'est un peu boueux car il a pas mal plu ces derniers jours. Il y a vraiment de tout dans ce marché, sauf des touristes. C'est très local et sympa. Cela va du poisson séché qui sent plutôt mauvais. Il reste étalé sous les paillottes des marchandes pendant toute la journée et ca dégage ferme. Jusqu'au étalages des sorciers qui vendent leur gri-gri. On voit des pattes de lapin dans des pots de mayonnaise et des tas d'autres accessoires du bonheur plus ou moins ragoutants. Christine n'hésite pas à demander bien qu'elle ne connaisse pas la traduction en portugais s'il y a des produits aphrodisiaques à un vendeur. On voit aussi à un autre stand des serres de vautours. J'hésite à en acheter une je crois que cela plairait à Juliette.

marché typique avec étoiles de merphoto

A la sortie du marché il y a des boutiques dans des maisons en dur toutes tenues par des indiens qui représentent la classe commercante. Notamment avec des boutiques de tissus, tailleurs. On achète la capoulana pour Philippe, on en prend un grand en qualité chère qui nous co–te 50 000 méticash, c'est à dire 5 dollars! C'est vraiment pas cher.

Le chauffeur nous a attendu et nous emmène dans le pick-up à la plage, après avoir fait un crochet par le bureau pour prévenir Nicolas.

On se retrouve sur une belle plage de sable blanc au soleil couchant. L'eau est excellente, chaude mais pas très belle plutôt grise avec des algues au fond.

On passe un long moment dans l'eau avec Jérôme, on observe les pécheurs qui ramènent leur barque et leur filets.

Nicolas est venu nous rejoindre sur la plage. On s'était installé juste devant le grand mur d'enceinte du club nautique. Au retour on passe devant le "monument".

C'est un grand building qui était destiné à être un hotel de luxe, mais l'indépendance est intervenu avant qu'il soit achevé. Et les portugais furieux d'avoir investi pour rien ont avant de partir tout saboté dedans notamment en coulant du béton dans les canalisations. De facon que la carcasse de l'immeuble qui subsiste est inutilisable et cela couterait trop cher au Frénimo le parti au pouvoir de le faire démolir.

On rentre à la maison. Je fais une bonne sieste. Puis on se fait un bon diner avec Jean-Luc et sa femme Bernarda ainsi que Nicolas Christine et Bourguibaa un architecte noir qui habite aussi dans la maison. On a apporté du magret de canard et du vin de bordeaux de France. La conversation roule longtemps sur le role de MSF et les différentes sections de l'organisation.

Mardi 13 février

Je réveille les autres à 7h moins le quart, on prend une douche on petit déjeune. Et Nicolas nous dépose à la gare des bus avant d'aller à son boulot à 8h.

On quitte nos hôtes qui ont été vraiment charmants, après l'accueil de Jean-Luc qui au départ était un peu minimal: "voici le plan de la ville, à vous de jouer ".

On prend donc le car à 8h pour Johannesburg. C'est un bus moderne avec air conditionné, wc, hotesse qui offre des boissons et des sandwichs à ceux qui le souhaitent. Le billet nous a couté 45 dollars ou 150 rand sud africains.

On prend la route pour Johannesburg. Ce qui est très surprenant pour un pays réputé si pauvre c'est que le paysage est très vert avec beaucoup d'arbres et des paturages bien gras pendant une bonne moitié de la route. Tant que l'on est encore proche de la côte et pas trop dans les collines montagneuses.

On arrive à la frontière avec l' Afrique du sud au bout de deux heures. La eroute est bonne. Dès le poste frontière on fait la différence, coté Mozambique c'était éclairage sombre, tampon et formulaire à remplir. Certains passagers paient je ne sais trop quelle taxe pour sortir du pays. Coté sud africain c'est un batiment conditionné avec force éclairages et terminaux d'ordinateurs pour gérer les liste d'immigration. Les fonctionnaires apposent sur les passeports des petits stickers code barres en guise de visa.

On reprend le bus. Je somnole pas très bien sur l'épaule d'Agnès, ce n'est que peu avant l'arrivée que je réalise que dans un bus moderne comme celui ci les sièges doivent avoir une position allongée.

On arrive à Johannesburg vers 16h. Devant le bureau des bus où le car nous a déposé on est assailli par les propositions de taxi. Avec tout ce que l'on raconte sur l'insécurité à Johannesburg les filles ne sont franchement pas à leur aise. On les laisse avec les bagages dans le bureau qui semble bien sur pendant que Jérôme et moi partons nous renseigner sur les possibilités de location de voiture.

On cherche une agence Avis car j'ai téléphoné de Paris à IBM Johannesburg et ils m'ont dit qu'ils travaillent avec Avis. On fait un peu le tour du quartier de passant en agence de voyage avant d'apprendre qu'il y a une agence Avis à l'hotel Carlton. Il faut traverser toute une série de rue galeries marchandes avant d'y arriver. Cela nous permet de prendre la température de la ville. Il n'y a que des noirs dans les rues. Le sentiment d'insécurité doit être assez répandu car cela devient carrément un commerce et on rencontre deux vigiles d'un grand magasin qui nous mettent en garde contre les dangers de notre balade avant de nous proposer de nous servir de guide. Mais nous ne nous laissons pas influencer et parvenons sans aucun problème jusqu'à l'hotel Carlton.

On y est à 17h05, la fille au comptoir nous explique qu'elle ferme à 5h30 et qu'à cette heure ci elle ne peut plus joindre le dispatching des voitures pour savoir s'il en reste. Mais heureusement un type vient rendre celle qu'il a loué en début d'après-midi. Jérôme va voir chez Budget à coté pour comparer les prix. On hésite à louer ou à prendre un taxi qui lui au moins connaitra la route pour Préttoria où on doit aller chez l'oncle d'Agnès.

Finalement on décide de ne pas louer, on rentre à la station de bus. Il se met à pleuvoir des cordes. Jérôme n'est plus très sur du chemin pour retrouver le bureau des bus. Heureusement je m'en rappelle à peu près, puis on voit Chrystèle qui a risqué une sortie du bureau à notre recherche.

Les filles sont complètement paniquées car nous sommes restés absent presqu'une heure et demie et elle nous imaginait déjà trucidé par des malfrats noirs.

On demande au bureau des bus qu'ils nous appellent un taxi. C'est justement le chauffeur avec qui Jérôme avait commencé à négocier le prix de la course pour Préttoria en descendant du car qui répond à l'appel par radio-taxi.

On charge les bagages dans son taxi il dévisse son emblème de taxi sur le toit et le met dans aussi dans le coffre et on part. On a négocié un prix forfaitaire de 150 rands. Comme le père Lafont s'avère ne pas habiter exactement dans Préttoria mais dans une banlieue on a un peu de mal à trouver. Notre chauffeur demande son chemin dans plusieurs stations BP. On finit par arriver au séminaire où le père Lafont est professeur. Jérôme commence par donner 40 dollars à notre chauffeur pour finir par 45.

Le père Lafont nous attendait. Une collation très agréable nous est offerte. J'ai la bone surprise d'être accueilli à notre arrivée par Inès Maureau et son amie Isabelle Berge, qui connait le père Lafont par ailleurs.

On papote un bon moment d'abord dans la salle à manger des professeurs puis dans leur salon au premier étage. Où on boit un petit verre de cognac avec une rondelle du saucisson qui a été apporté par les parents d'Agnès qui sont venus deux semaines avant nous.

Puis on va dormir dans les chambres d'hotes qui sont à coté du salon. Elles sont très confortables avec une grande salle de douche. Je dors avec Jérôme qui dort par terre à coté de mon lit, car il fait des chichis pour prendre une autre chambre pour lui tout seul. Le père ne semble pas insister pour qu'il prenne une chambre pour lui. Donc je fais attention en allant faire pipi pendant la nuit pour ne pas le piétiner.

Mercredi 14 février

Nous sommes réveillés par Agnès vers 8h. Elle sort de la messe où elle sont allées avec Chrystèle et Inès, quui a dormi ici aussi. Je prends une douche et je me rase sauf le bouc que j'ai décidé de laisser pousser. Car suite à mon accident de footing dans le bois de Boulogne il y a trois semaines on a pas souvent l'occasion de se laisser pousser la barbe pendant six semaines d'affilée. Et je suis curieux de voir ce que cela donnera.

Après le petit déjeuner, on prend la voiture d'Inès, c'est à dire cele qu'Isabelle Berge lui a très gentiment prétée. On va à Préttoria pour se renseigner sur les locations de voiture. On s'arrète chez Budget, qui semble faire des prix équivalents à ceux d'Avis.

Inès et moi partons à la recherche d'informations pour touristes tandis que les autres vont changer de l'argent dans une banque. On aterrit avec Inès dans une agence de voyage où un type très gentil nous donne des tas de tuyaux sur le locavengo et sur les horaires d'avion pour aller dans ce coin. On attend les autres assez longtemps car ils ont galéré pour trouver une banque.

On rentre en vitesse au séminaire du père Lafont car il est presque 11h et on a rendez vous avec lui. On le trouve dans son bureau en train de travailler sur son micro-ordinateur. Il semble contrarié par notre léger retard et refuse d'envoyer le fax que j'aimerai adresser à maman pour avoir des nouvelles de mon prêt au Crédit Lyonnais pour la rue d'Amsterdam.

On part en deux voitures la sienne et celle d'Inès pour Sowetto. Malheureusement Inès et ses passagers ne profitent pas de ses explications.

Soweto est la contraction de South Western Township. Les Township étaient les zones qui étaient reservées pour l'habitat des noirs. Et quelque soit leur fortune ils n'avaient pas le choix ils n'avaient pas le droi td'habiter dans les quartiers résidentiels reservés aux blancs. Du coup les quelques noirs qui avaient réussi à s'en sortir à franchir par exemple le parcours d'obstacles dressé pour leur rendre impossible l'accès aux études, étaient entassés avec les plus pauvres dans ces township.

On voit aussi dans ces township beaucoup de noirs vivant aux dépens de leur congénères plus pauvres. Ainsi ceux qui ont p– se faire construire une maison en sous loue une partie ou le garage par exemple à des familles noires plus pauvres. On voit ainsi dans Soweto de nombreux jardins coupés en trois ou quatre par des clotures perpendiculaires à al facade de la maison qui délimitent les jardinets de chaque famille sous locatrice. De même on voit de nombreux garages qui n'ont pas encore vu de voiture et en attendant que le locataire se soit suffisamment engraissé sur le dos de ses sous-locataires pour s'en payer une, le garage heberge deux ou trois familles sous locataires. On voit aussi des tas de cabanes en planches, appentis au bout des jardins..

En vertu du principe que les noirs étaient des étrangers immigrants sur cette terre tolérés par les blancs, bien contents d'avoir cette main d'oeuvre moins chère et plus conciliante que les petits blancs syndicalistes, les noirs n'ont pas le droit d'être propriétaires de terrain et doivent louer aux municipalités les terrains que celles ci veulent bien leur accorder.

On voit aussi des patés de maisons entiers sans maisons mais avec que des bidonvilles de tôle ondulées, de cartons et de planches.

La ville est découpée en quadrilatère avec des avenues goudronnées et des rues en terre toutes rectilignes. Exprès parait il de facon à permettre aux voitures de police d'avoir la perspective et de surveiller de loin comment cela se passe. Il y a peu d'arbres, pas de trottoirs, aucune maison à étage. Sauf ces hotels qui entassaient les travailleurs immigrés qui devaient laisser leur famille dans les Boutsouland. Etats enclaves crées de toute pièce par le régime d'Apartheid où les noirs étaient obligés de vivre selon leur ethnie.

Il y a une impression de pauvreté fatale qui se dégage de cette ville de Soweto. Ecrasée par le soleil qui brille aujourd'hui avec ces terrains vagues plantées de barraques entre lesquelles poussent des taches d'herbe folle.

Le père Lafont nous désigne les lieux où se sont déroulés les principaux évênements de Soweto. C'est à dire les différentes émeutes qui ont opposé les noirs et la police. Notamment à un carrefour où a eu lieu le 16 juin 1976, la première grande émeute sanglante qui a marqué le début de la fin de l'Apartheid. Ce jour là on a compté plus de 600 morts. Le père Lafont nous raconte aussi le seul jour où il a porté sa soutane. C'était en 84, la veille la police avait tiré sur une émeute et 26 morts étaient rests sur le carreau. Le scénario classique c'est donc déroulé, les noirs ont voulu le lendemain enterrer leurs morts et la police craignant une nouvelle émeute a voulu interdire le rassemblement. La tension commencait sérieusement à monter quand le père Lafont avec un autre prêtre et un évêque se sont interposés et ont commencé à courir des uns aux autres pour désamorcer la tension explosive. Les autres prêtres nous dit il étaient partis se cacher. J'admire son courage car il faut avoir des tripes pour s'interposer ainsi quand on sait que les policirs nerveux ont eu la gachette facile la veille. On comprend mieux pourquoi il se morfond un peu maintenant dans son séminaire à Préttoria et qu'il revient sous le moindre pretexte à Soweto où il a laissé ses tripes. Il parait que dès le début il s'est investi à fond. Et alors que son prédécesseur se contentait de desservir la paroisse en retournant après chaque office habiter dans un quarier blanc. Le père Lafont lorsqu'il est arrivé à décider d'habiter d'emblée dans sa paroisse et s'est construit sa cahute adossée à son église seul blanc au milieu de ses paroissiens noirs.

Il nous raconte aussi comment un jour où la police avait évacuhé un bidonville, des milliers de noirs se sont retrouvés dans la rue avec même un endroit pour reconstruire leur cahute de planches. Alors il est allé à la mairie à la tête d'une délégation. L'officier de sécurité les as laisser entrer rassuré par son état de prêtre et de blanc. Mais ils se sont installés dans la salle du conseil municipal pour une grève de la faim qui a duré 15 jours. Jusqu'à ce que la municipalité leur octroie un terrain. Quinze jours à camper sous la table du conseil municipal. Bref un bonhomme pas banal et qui ne laisse pas indifférent. En tout cas qui n'a pas laisser indifférent ses anciens paroissiens de Soweto et dans les maisons où nous serons introduits nous verrons des photos du père Lafont punaisées au mur. En s'impliquant tant il a appris les différents dialectes noirs et c'est en zwa‹li ou en zoulou qu'il interpelle les femmes que nous croisons dans la rue. Par contre par idéologie il a toujours refusé d'apprendre l'afrikaner. Il aborde donc des passantes pour leur dire bonjour et pour trouver une personne à qui il puisse nous confier pendant qu'il va à son rendez vous de chantier. Car Aujourd'hui il assiste à la reconstruction d'une école technique de Soweto. Il a trouvé des financements avec notamment des subventions du conseil général du Val de Marne. Il est aussi l'éminence grise et participe aux réunions de chantier.

Il finit par trouver une jeune fille qui est disponible. Elle s'appelle Taglia. On gare nos voitures devant chez elle après avoir déposé le père à son école. Taglia nous présente à ses copines. Vu le taux de chômage qui tourne entre 50 et 90% parmi les noirs, beaucoup sont chez eux. Lorsqu'ils ne trainent pas dans les rues pour tomber dans la délinquance. Taglia nous explique que chez elle ils habitent à 10 avec ses grands parents et les six enfants. Et il n'y en a qu'un à avoir un travail sa jeune soeur qui est caissière dans un magasin de Johannesburg. Ils vivent tous sur son salaire avec la précarité que cela implique.

Taglia et ses copines nous emmène déjeuner au Kentucky Fry Chicken du coin. Mais sur la route on lui explique que l'on préfèrerait de la nourriture africaine. Alors on dévie pour aller dans une boutique locale.

On arrive dans une peite boutique toute peinte en rouge orange plutôt gaie. Mais ce qui est moins gai ce sont les grilles qui la protègent. Doubles grilles aux fenêtres et aux portes. Le comptoir qui sépare les clients des vendeurs est fait d'un bar comme dans toutes les boutiques surmonté d'une grille au travers des barreaux de laquelle on passe sa monnaie et on recoit ses marchandises. Il parait qu'il faut bien cela pour se protéger contre les pillards isolés et ou contre les émeutes de faim. Le père Lafont nos a raconté à une époque particulièrement dure, La faim de certains était telle que le pain était distribué devant les postes de police.

Dans la boutique on achète des espèces de petits pains beignets et des canettes de Coca. Il ne vende pas d'eau minérale.

On va chez l'une des filles qui habite une petite maison probablement jugée digne de nous accueillir. En effet la pièce commune est assez propre de taille raisonnable avec des fauteuils en faux simili ska‹ plutôt confortable. On écoute une cassete de la chorale paroissiale où on entend la voix du père Lafont lisant une épitre. Les filles nous explique un peu comment elles vivent. Il parait qu'ils sont de plus en plus pauvres, mais ils manifestent un grand espoir en Mandela. Et elles sont heureuses d'être libres même si c'est plus pauvres qu'avant.

On déjeune de ces beignets un peu gras avec du poivron piment et des frites un peu huileuses mais pas mauvaises du tout. en partant on salue la grand mère qui s'est tenue à l'exterieur pendant que nous étions dans la maison et on quitte ce petit pavillon en pré-fabriqué avec son jardinet pauvre mais bien tenue.

Devant chez Taglia où on récupère les voitures qui n'ont pas été fracturées malgré les craintes de certaines. Il faut dire que le père Lafont c'est amusé à nous mettre dans l'ambiance en nous demandant de verrouiller nos portières lorsque l'on est arrivé dans le quartier. Devant chez Taglia on rencontre donc deux voisins désoeuvrés qui manifestement à leur haleine se sont occupés en biberonnant et nous harcèle pour obtenir quelques sous. Ce qui me surprend le plus c'estque Taglia et les membres de sa famille qui sont là les laisse faire comme si cela faisait partie du paysage, alors que l'on aurait p– imaginer qu'elles les écartent.

On retourne don cà l'école retrouver le père Lafont. En attendant la fin de son rendez vous on papote Inès et moi avec un groupe de professeurs qui devisent là. Ils nous expliquent que ce collège accueille des élèves de 16 à 21 ans, pour former des techniciens menuisiers, éléctriciens, ...

L'insécurité semble vraiment être de leur propre aveu le problème majeur. I y a beaucoup de violence partout. Et en effet il parait que seuls blancs au milieu de tous ces noirs on nous a plusieurs fois gratifiés depuis ce matin de regards si ce n'est hostiles au moins de travers. Heureusement le nom du père Lafont est un passe magique. Mais on ne se sent tout de même pas très à l'aise, quand on voit toute cette pauvreté entassée prête à exploser à la première provocation. Les professeurs nous raconte d'ailleurs que le sujet du jour c'est de savoir ce que l'on va mettre comme materiel dans les nouvelles salles de classe. Ces formations exigent du materiel mais ils savent qu'il est probable qu'il sera vite saboté ou volé. Donc certains disent à quoi bon. Mais le père Lafont leur réplique c'est à vous de vous organiser pour en assurer une protection efficace. On visite ce qui reste des anciens batiments qui étaient très vétustes sans carreaux aux fenêtres, ni plafons correct. Les crédits pour les écoles noires étaient toujours minimums. Encore aujourd'hui les fonds rassemblés par la fondation du père Lafont ont payés la moitié des travaux alors que l'Etat doit en principe payer l'autre moitié, mais on attend toujours les crédits. Malgré toute cela on sent chez tous ces noirs une joie de vivre dont certains de nos banlieusards parisiens ferait bien de s'inspirer.

On passe voir une dame qui parait il est très active et travaille beaucoup avec le père Lafont. Mais elle n'est pas chez elle. On nous installe et on nous offre un Coca dans son salon en l'attendant. Elle habite dans une des rares vraies maisons en dur.

Puis comme elle n'arrive pas on va voir un sculpteur à qui le père Lafont à commander des allégories pour l'autel de la chapelle du séminaire. Ce matin on a pas p– passer le voir car la rue qui menait chez lui était inondée par les pluies d'hier. Ce soir on le voit et il promet une fosi de plus au père Lafont qu'il sera prêt bientôt.

On quitte Soweto pour retourner à Préttoria. On accompagne Inès dans son quartier et on se dépèche de rentrer au séminaire car le père Lafont ne veut pas être en retard à un rendez vous à 18h30.

On arrive juste à temps pour diner dans le refectoire du séminaire avec les séminaristes. Je me retrouve seul touriste à une table de séminaristes. Au début j'en ai un peu marre et j'appréhende de devoir raconter encore une fois ma vie. Mais cela se passe très bien et ils me racontent comment le père Lafont l'année dernière à l'occasion de la coupe du monde de rugby s'est arrangé avec le consulat de France pour que l'équipe de France vienne une après midi au séminaire. Ils ont fait une partie de foot équipe de France contre séminaristes puis ils ont p– assister à une séance de leur entrainement sur le terrain de sport su séminaire. Ce devait être un temps vraiment fort.

Le père Lafont nous a raconté qu'il a aussi réussi dans la série de ses manoeuvres de relations publiques, il y a peu de temps à faire venir une journée dans Soweto l'ambassadeur de France et son épouse.

Le diner est typique cantine c'est à dire léger, sain et pas très bon, mais cela tombe bien car je n'ai pas très faim. On papote ensuite dans la cour du séminaire par petits groupes avec les élèves. Jérôme et moi on a cherché la piscine mais il parait qu'elle est fermée.

Je remonte asez vite dans ma chambre pour prendre un petit moment de calme.

Puis on se retrouve dansle salon des professeurs à l'étage. On fait les comptes, puis le recteur et la bonne soeur intendante qui a beaucoup d'humour nous rejoignent. Suivi par le père Lafont qui semble d'assez mauvaise humeur. Il a gentiment envoyé mon fax à maman. Je vais téléphoner à Inès dans son bureau. Puis on va se coucher.

Je propose que l'on se lève à 7h30 avec le père Lafont qui veut bien nous conduire à Préttoria à condition qu'on ne le retarde pas. Cela nous évitera si on part tous à la première heure de repasser ici et du coup de perdre la matinée. Mais il y a une espèce d'intertie qui s'installe chacun disant moi je suis d'accord mais ce sont les autres qui ne veulent pas. Je décide de dénouer cette inertie et je pars retrouver les filles qui sont déjà parties se coucher. Jérôme a la flemme de m'accompagner mais je décide que je vais me débrouiller tout seul.

J'ai un peu du mal à retrouver les filles et j'erre dans la cour à la recherche de leur batiment, je rentre dans plusieurs salles communes avant d'aterrir dans un couloir de chambrées. Un séminariste sort alors de sa chambre pour m'aider. Chez les filles je papote un peu avec elles. Elles s'avèrent d'accord pour partir à 7h30.

De notre coté avec Jérôme nous réglons le réveil du poste téléphonique à 7h. On dort encore la fenêtre fermée ce qui fait que je ne dors pas très bien, et que je m'enrhume de plus en plus.

Jeudi 15 février

Le téléphone ne sonne pas à 7h. Heureusement Jérôme se réveille à 7h30. on prend notre douche en catastrophe pour être prêts dans la cour à 7h30. Où les filles nous rejoignent. On attend sous les auvents à l'abri de la pluie qui s'est remise à tomber, la sortie de la messe où le père Lafont est.

On monte dans sa voiture avec des tas de paquets de nourriture qu'il compte déposer à des familles pauvres de Soweto. Il nous dépose devant l'agence Budget à Préttoria. Ce matin il est plus cordial.

On loue une voiture catégorie A qui s'avère être une grosse Nissan assez confortable. J'aimerai que l'on roule car on a pas mal de route à faire. Mais les autres préfèrent le plaisir avant le devoir et souhaitent petit déjeuner. Je me plie bien volontiers à la majorité et on aterrit dans un restaurant à quelques pas de Budget. On prend des oeufs et du bacon. On me sert mon lait froid avec des glacons. Cet endroit est manifestement plutôt pour blanc et c'est d'ailleurs un serveur blanc qui s'occupe de nous.

Puis on prend la route et on roule, roule, roule. On va vers l'est du Transval qui est la province dont Johannesburg est la capitale. Je roupille une bonne partie de la matinée. Je papote un peu avec Chrystèle. On s'est arrété pour acheter de quoi grignoter pour le déjeuner car "même si personne n'a faim, il est quand même 14h" donc il faut déjeuner. Je me contente d'une bouteille d'eau.

Le paysage est très vert partout. Ce qui n'est pas étonnant vu ce qui tombe comme pluie. Il n'y a pas beaucoup de champs, ce n'est pas très cultivé. C'est très plat ce grand plateau du Transval. On voit des troupeaux de ci de là. On voit aussi quelques mangoustes sur le bord de la route.

On arrive à l'une des entrées du parc Kruger à 3h. Au bureau on est accueilli par une afrikaner professionnelle mais on ne plus froide. On prend un ticket d'entrée. Elle ne veut même pas téléphoner pour nous au lodge pour savoir s'il y a de la place pour la nuit, sous pretexte que si elle téléphone et qu'il y a de la place on devra reserver.

Dans le parc la vitesse est limitée à 50km sur les artères goudronnées et à 40 sur les pistes transversales. De toute facon on roule très lentement l'oeil aux aguets des moindres animaux.

On commence par ne voir que quelques oiseaux, puis quelques antilopes, devant lesquelles on s'extasie. Même si on sait qu'après deux jours de reserve animalière on ne les regarde même plus tellement elles sont banales, du moins la race commune d'antilope.

En attendant j'ai froid car toutes les fenêtres sont grandes ouvertes pour pouvoir mitrailler et les courants d'air n'arrange pas mon rh–me. Surtout qu'avec ce temps pluvieux j'ai fait le mauvais choix ce matin en mettant un bermuda. Je m'enmitoufle dans mon blouson et j'attends que cela passe en écoutant mon bouquin sur l'histoire de l'Afrique du sud par Bernard Lugan.

On arrive au lodge à la nuit tombante. On hésite à prendre deux bungalows de deux places. Mais je préconise de prendre un bungalow et un emplacement de tente et on s'arrangera ensuite. Car les bungalows sont assez chers à 230 rands soit 300f.

En fait on ne nous donne pas de clé pour fermer notre bungalow il parait que le coin est assez sur et sin a des affaires précieuses on n'a qu'à les laisser dans notre voiture. Du coup tous les bungalows sont ouverts. Donc plutôt de s'entasser à quatre dans un comme je l'envisageai je me propose pour aller m'installer dans celui d'à coté qui est manifestement vide et comme le parc ferme à 18h30 peu de risques que des nouveaux clients arrivent.

Les bungalows sont très confortables avec deux petits lits, une douche, un frigo, des toilettes. Tout cela en bois et en parfait état.

On fait un tour dans le magasin du lodge pour y acheter notamment de quoi petit déjeuner. Il y a surtout des souvenirs de plus ou moins bon go–. On espèrait y trouver de quoi se faire un pique nique pour diner, mais il n'y a rien de la sorte.

Du coup on va au restaurant. Devant il y a une statue grandeur nature d'un éléphant ce qui me permet de me rendre compte de ce que c'est en le tatant.

Agnès ne dine pas avec nous car elle est un peu malade. On a droit à un menu unique avec trois plats: poisson, viande bouillie puis poulet. Plus une crèpe comme desseert. On a arrosé tout cela d'une bouteille de vin à 16 rand soit 20 francs qui est tout à fait convenable. Le diner pour trois nous revient en tout à 160 francs, vin compris ! Cela défie toute concurrence. D'autant plus que le restaurant se veut chic, avec couverts à poisson, nappe rouge, vase de fleurs, serveur stylé, décor colonial, petite fontaine...

On a un peu du mal à retrouver notre bungalow dans la pénombre parmi tous les autres. Je squatte donc un bungalow vide. Jérôme après avoir hésité vient me rejoindre et dort dans son sac de couchage sur un lit. Alors que sans scrupules ni sac de couchage j'utilise carrément les draps du mien.

Comme les filles nous démarre une longue série de veillées avortées par leur fatigue, on est au lit à 9h30! Mais à minuit moins le quart je me réveille et plus rien à faire pour me rendormir avant le lever du jour à 4h35. J'entends chanter les premiers oiseaux à 3h45 alors qu'il fait encore bien nuit.

Vendredi 16 février

A 5h45 je suis réveillé de nouveau par le bruit des voitures de touristes qui partent observer les animaux à leur réveil. J'hésite à réveiller les autres. Mais le temps que je paresse un peu Chrystèle vient nous réveiller. On petit déjeune sur la terrasse du bungalow. Les filles s'impatientent car j'ai mis assez longtemps à bien ranger mon bungalow ni vu ni connu, à remettre chaque objet dans l'état et notamment à plier les serviettes de toilette. Heureusement pour moi Jérôme n'est pas prêt non plus et nous sommes solidaires. Ce petit déjeuner est très agréable avec le chant des oiseaux dans les arbres qui nous entourent et des tas de petits singes qui nous observent et attendent probablement pour chiper nos restes.

Les filles vont voir la rivière pendant que l'on termine de se préparer. Puis on part vers 7h. On laisse notre bungalow ouvert comme on l'avait trouvé. Avec juste la moustiquiaire rabbattue. Je trouve cela vraiment super à notre époque de surprotection et craintes contagieuses de trouver un endroit sans clés.

On se balade toute la journée dans le parc. Malheureusement avec les pluies de la veille la plupart des pistes sont fermées et on doit rester sur les routes goudronnées. On voit tout de même pas mal d'animaux. Des tas de gnoux, de buffles, d'antilopes, même une coudou. Un éléphant, la tête d'un lion. Et des girafes dont une que l'on voit en fin de journée sur une piste. Lorsque Chrystèle qui conduit s'approche d'elle, elle ne fuit pas et se contente d'avancer sur la piste d'un petit galop tranquille. On la course gentiment pendant un bon moment, jusqu'à ce qu'elle finisse par sortir de la piste. C'est vraiment un animal immense. 5m50 au garrot pour les maecirc;les et 4m50 pour les femèles d'après le guide. Même moi j'arrive à la distinguer. Sinon le reste du temps je ne vois pas grand chose. J'essaie pourtant de ne pas trop dormir afin de ne pas encore avoir d'insomnie cette nuit.

Pour déjeuner on s'est arrété dans un lodge où on a pris une soupe. J'en profite aussi pour me renseigner sur les possibilités pour rejoindre Johannesburg. Et je téléphone pour reserver une place de Nelsprut. L'hotesse est très aimable au téléphone.

Vers 5h on sort du parc. Je commence à en avoir un peu marre. Mais les autres semblent toujours passionnées bien que l'on n'est rien vu d'extraordinaire. On a un peu du mal à retrouver la grande route, car en fait il faut traverser une autre reserve privée voisine lorsque l'on sort du Kruger par la porte que l'on a empruntée.

On prend la route en direction de Pelgrin rest.

Graskop

Il pleut des cordes. On s'arrète dans un petit village avant Pilgrin rest car le pompiste chez qui nous avons fait le plein nous dit que les hotels sont moins ici qu'à Pilgrin rest. On trouve deux chambres dans l'hotel du coin. Il y a de belles salles de bains au bout du couloir.

On essaie de téléphoner au father Lafont pour savoir si Christophe le copain de Jérôme qui doit normalement venir de Ta‹pé nous rejoindre, lui a laisser un message. Mais la cabine en face de l'hotel ne marche pas.

Pilgrin rest

On reprend la voiture pour aller diner à Pilgrin rest. Les filles seraient bien restées se coucher, mais on les entraine avec nous. On traverse une forêt sous une pluie mélée à un brouillard qui rendent la route sinueuse très difficile. Il parait que cette forêt n'existait pas il y a un siècle. Elle a été plantée par les mineurs qui ont découvert des gisements d'or à Pilgrin rest en 1884 et qui avaient besoin de bois pour étayer leur mines.

La dernière mine rentable a fermée il y a vingts ans et la ville a été rachetée par l'Etat pour en faire un village musée.

Le village est effectivement construit de maisons en bois typiques. On trouve un restaurant dans le Grand hotel

On se renseigne pour connaitre le prix des chambres qui est effectivement plus cher, 550 rand pour une chambre à quatre alors que notr ehotel nous co–te 250 rands pour deux chambres. :.Le restaurant est très sympa. Avec un décor typique de saloon, des photos sur l'époque des mines d'or. Une excellente musique jazz. On prend un merlot très bon comme vin. Je choisis un plat malais. L'ambiance est excellente et je me sens enfin en vacances et détendu. Même les filles qui étaient crevées se réveillent un peu pendant le diner. Le serveur un petit noir rondouillard est aussi très sympa.

En sortant on joue un peu puis les filles retombent crevées dans la voiture. Au point qu'en rentrant à l'hotel elles foncent dans leur chambre sans nous dire bonsoir.

Jérôme accepte que l'on ouvre malgré le risque de bruit de la circulation sur la route. Du coup je dors beaucoup mieux et mon rhume se dégage.

Samedi 17 février

Je me réveille à 7h45. Je réveille les autres en allant prendre un bain dans la salle de bains commune qui est plus loin dans le couloir. Il y a un local avec une baignoire qui s'avère être particulièrement grande et agréable. C'est rare de trouver une baignoire moderne où on puisse avoir les épaules dans l'eau tout en ayant les jambes allongées. Puis on descend petit déjeuneer. On a droit un buffet excellent et très riche. Je ne commande que du bacon sans oeufs pour pouvoir profiter du reste.

Blyke River Canyon

On prend la voiture pour parcourir la Bkyke Canyon River. C'est un grand canyon de plusieurs dizaines de kilomètres de long. On peut le suivre par une route qui en longe le bord supérieur. Il y a des points de vue qui sont aménagés de loin en loin et chaque curiosité est mise en valeur, avec un parking aménagé, des vendeurs de bibelots et une buvette.

Ce canyon s'est creusé dans les flancs du massif du Dragensberg du Transval.

Dragensberg

On commence notre tour par les chutes Mac Mac. Baptisées ainsi car il parait qu'il y avait des émigrants écossais qui habitaient dans le coin.

chutes Mac Mac Elles sont très impressionnantes. Jérôme leur donne même au début carrément 200m de haut. En fait elles doivent n'en faire qu'une cinquantaine. Mais c'est très difficile car nous sommes cantonnés sur un point de vue, au demeurant très bien aménagé. Mais trop bien. Une petite plate forme complètement grillagée pour éviter tout accident avec juste des petits trous de la taille d'une tête au travers desquelles on peut passer sa tête pour prendre une photo avec son appareil. On domine la chute qui tombe assez loin plus bas dans une végétation luxuriante. Le spectacle est très beau.

chute Mac Mac photo

De là on va aux Mac Mac pools.

Mac Mac pools C'est un petit bassin dans lequel le début de la rivière encore toute maigre vient se jetter et former une piscine. Autour il y a des pelouses et des arbres très agréables. Les autres se trempent les pieds dans l'eau, je m'abstiens car je sui splutôt du style tout ou rien on se baigne complètement ou pas du tout. Et je ne veux pas nous retarder pour arriver au Blyke River Canyon, où il doit y avoir des tas de choses à voir. Pourtant c'est encore un chaud soleil qui nous chauffe.

Puis on va à la God Window.

God Window Il s'agit d'une colline couverte de végétation luxuriante qui domine la vallée. Et il y a aussi des points de vue qui sont aménagés d'où on a une vue magnifique sur toute la région. Ou plutôt on doit avoir une vue magnifique car lorsque l'on y va on est plongés dans une brume épaisse qui se déplace à vue d'oeil. Les nuages se heurtent à la montagne, on a l'impression de pouvoir les toucher à la main.

On fait le tour de la colline en suivant un sentier qui mène au sommet. Agnès m'aide à grimper. On croise un couple d'allemands avec qui j'échange quelques mots et qui m'explique qu'ils ont du mal à comprendre l'afrikaner. En haut aussi la vue est bouchée. En redescendant cela se dégage un peu.

Puis on reprend la voiture pour aller au site suivant. Là on peut franchir le début du canyon sur trois passerelles qui enjambent deux petites rivières qui confluent à cet endroit et forment le canyon. C'est le début de la faille qui a permis le canyon. C'est amusant de voir les caprices du courant et de la faille qui passe par des endroits bizarres dans ces gorges encore étroites.

Puis on va sur un point de vue d'où on voit une bonne partie du canyon en enfilade. Ces vues semblent très impressionnantes, mais je ne vosi pas grand chose personnellement.

Puis on va à un autre point de vue qui domine deux méandres du canyon. On se rapproche du lac marron dans lequel débouche le canyon et la rivière.

Les filles achètent deux toukans en bois avec des pieds en fil de fer.

Puis on quitte le canyon, alors que le ciel se dégage et le soleil commence à briller. Ce canyon est vraiment majestueux et très beau. Je regrette que 'lon soit confiné sur la route du sommet à aller en voiture de point de vue en point de vue. J'aimerai bien pouvoir plus marcher et notamment descendre dans le fond. Mais il parait que cela ne se fait que dans des randonnées de deux jours.

On fait le tour du Drakensberg. C'est aussi très beau à voir de la plaine qui l'entoure. Il y a toute la plaine plate du Transval et cette chaine de montagnettes qui émerge du plateau.

A un moment on s'engage sur une piste qui devrait être un raccourci pour rejoindre Graskop. Mais on arrive à un endroit complètement inondé qui nous oblige à faire demi-tour. De toute facon on a rencontré des afrikaners en voiture qui nous on dit que ce n'était pas la bonne route.

D'une facon générale on voit pas mal de noirs marcher le long des routes.

On traverse des forêts de sapins très belles. Jérôme s'amuse à fumer pendant que Chrystèle tient son volant.

Graskop

On rentre à Graskop. On troue un restaurant sans repasser par la case hotel. On prend des ladys steaks qui font déjà 200 ou 300g contre 400 ou 500g pour les steaks d'hommes!

En rentrant à l'hotel un noir nous aborde en nous annoncant qu'il a lavé notre voiture ce matin et qu'il réclame son salaire. Effectivement on avait remarqué en prenant la voiture ce matin qu'elle avait été lavée. On commence par refuser d'être mis ainsi devant le fait accompli. Puis une fois qu'on lui a bien montré que l'on était pas les pigeons de service et que ce n'était pas un d–. Jérôme redescend pour lui donner volontairement un petit quelque chose.

On prend un bain dans la piscine de l'hotel avant d'aller se coucher. L'eau est plutôt froide mais cela fait du bien.

Dimanche 18 février

Après un bon bain, avec rasage et shampouinage, nous descendons petit déjeuner. Puis on prend la voiture pour aller à Pilgrin rest. Pour une fois un beau soleil brille. Agnès et Jérôme veulent tacher de trouver une messe dominicale.

Pilgrin rest

A Pilgrin rest on truve l'église catholique. Mais en guise d'affiche pour les horaires on voit une indication sur l'horaire de la messe de No‰l. On apprend dans le village qu'il n'y a qu'une messe par mois. Mais on voit des pancartes qui indiquent une église méthodiste et une anglicane. Jérôme et Agnès ne sont pas regardants sur le culte du moment qu'ils peuvent cocher la case messe. Chrystèle et moi ne sommes pas très chauds.

Je propose que nous allions voir les petits musées sur la vie des mines qui ont été aménagés dans le village. Mais à ma surprise au moment de se séparer, Chrystèle décide de rester avec les autres et d'aller à la messe. Heureusement je lui ai posé la question que je croyai de pure forme de savoir ce qu'elle préférait faire. Je me retrouve un peu désemparé seul.

J'achète mon billet pour visiter la mine. La caissière m'explique qu'en raison des inondations seul la visite au bord de la rivière est faisable celle au fond de la mine est fermée. Je trouve un anglais qui gentiment me propose de m'accompagner à la visite. Heureusement car cela s'avère à quelques kilomètres de là. Il m'emmène dans sa voiture, mais ne reste pas pour faire la visite qu'il a déjà fait l'année dernière. Je me retrouve encore seul. Un noir me prend mon billet et m'accompagne jusqu'à un banc rondin de bois et me laisse là en m'enjoignant d'attendre. Au bout de quelques minutes je suis un peu inquiet car je demeure seul alors qu'il est l'heure du début de la visite. Je crains donc que l'on m'est oublié dans un coin et qu'elle ne démarre sans moi. Je me lève pour aller me manifester auprès d'un vieux bonhomme qui engueule des touristes à coté d'unetente meublée comme au temps de celles des chercheurs d'or. Avec dans la tente des ustensiles de cuisine et un gros meuble bahut.

Le type qui bougonne s'avère être le guide qui fait une petite crise aurpsè de deux touristes français parcequ'ils ne comprennent pas bien l'anglais. Je me propose pour servir d'interprète.

On revient au banc où je m'inquiétai sans raison pour démarrer la visite par un petit speech d'introduction du vieux guide bougon qui est un blanc. Il nous retrace l'historique du lieu. Puis lorsqu'il a fini la partie noble il passe la main à un noir qui nous emmène au bord de la rivière où il empoigne une pelle pour nous faire une démonstration de chercheur d'or.

Le processus commence par le prélèvement de cailloux dans le flanc de la colline. Puis ces cailloux sont cassés en petit morceaux au moyen d'une grosse masse actionnée par une roue à aube, qui sera plus tard remplacée par une machine à vapeur. Pusi les petits cailloux ainsi obtenus sont placés dans le cours de la rivière. L'eau qui pase dessus permet de laver le caillou. Il passe ainsi par plusieurs casiers superposés dans el cours de l'eau, comme une grosse conduite en demi-cylinde découpée en compartiment filtre successifs. Débarassés de la terre et des impuretés, les miettes de cailloux qui subsistent sont placées dans une grande écuelle. Où le chercher d'or lave encore les miettes et fait disparaitre par rincages successifs toutes les impuretés, pour ne garder ensuite que les paillettes d'or.

Et effectivement dans son écuelle on voit bien quelques paillettes d'or.

Le problème c'est la rentabilité de telles techniques, car il faut beaucop de temps et de moyens pour amasser une somme significative. D'où la technique qui a été développée ensuite, qui consiste à creuser une mine à l'intérieur de la montagne. Ce qui suppose des étais digne de cenom. On repère une veine où il semble y avoir de l'or, à l'intérieur de la montagne et on exploite ce filon. On dissocie l'or des impuretés par analyse chimique. Une fois que l'on a trouvé la veine le rendement en or est bien meilleur, que dans la première technique, mais cela suppose d'avoir eu les moyens lourds necessaires por creuser jusqu'à la veine. Notamment il faut étayer les galeries des mines. D'où toutes les forêts de sapin que l'on voit aux alentours et qui n'existaient pas il y a cent ans. Elles ont été plantées par les chercheurs d'or qui souhaitaient avoir du bois sur place. On a du mal à imaginer le paysage sans tous ces arbres.

Nosu terminons la visite par la cahute qui servait au préposé de la compagnie qui pesait et achetait aux chercheurs d'or le résultat de leurs fouilles. On retrouve le vieux guide bougon qui s'est radouci et plaisante même avec nous.

Tous les touristes de la visite se retrouvent dehors c'est à dire, les deux français qui ne comprennent pas bien le français et moi. Je pars avec le père à pied en direction du village, tandis que le fils monte dans les collines par un petit sentier à la recherche d'orchidées dont c'est la passion. J'irai bien moi même crapahuter dans la montagne, mais les autres risques de s'inquiéter si je disparais pendant deux heures.

On les croise d'ailleurs sur la route, tandis que je papote avec le vieux français qui est un orticulteur à la retraite. Son fils travaille à Air France et lui a payé le billet d'avion pour venir ici se distraire car il a perdu récemment un autre fisl piqué par des abeilles. Les autres eux aussi sont en compagnie d'un petit vieux qui nous dit avoir 90 ans et être le dernier survivant des mineurs du coin. Il nous raconte un peu comment cela se passait, mais ce n'est pas facil ed el ecomprendre car il a un accent gallois à couper au couteau.

Jérôme récupère les clefs de la voiture que j'avais gardé et part la chercher. Je repère son retour à la conduite nerveuse qui le caractèrise et qui nous secoue bien sur les petites routes à 150km/h. Ils vont faire la visite que je viens de faire, tandis que je retourne au village avec mon ami orticulteur.

On s'installe à une terrasse de café pour prendre une bière. J'aurai bien été visiter les autres musées de la mine, mais il ne veut pas rater son fils lorsqu'il reviendra. Et en effet celui ci nous retrouve assez rapidemment car sa balade a été un peu avortée par un senier sans issue.

Les autres me retrouvent. On essaie d'aller voir les deux musées qui sont des maisons aménagées en épicerie et en imprimerie de l'époque. Mais elles sont fermées lorsque l'on arrive.

On reprend donc la voiture pour quitter Pilgrin rest. On tente de monter à cheval en trouvant le club d'équitation du coin, mais il s'avère presque desert et fermé.

Blyke River Canyon

On retourne aux abords de la Blyke River Canyon.

Comme on passe à coté des Mac Mac pools on a failli se baigner hier, je propose de s'y arréter pour profiter du beau soleil et du bain, mais ma proposition est rejettée. On va plutôt à une autre cascade que l'on a pas encore vue. Au début je ne suis pas ravi de voir une cascade de plus.

Mais elle s'avère super cette Lone Creek Falls. D'abord parceque pour une fois on peut

Lone Creek Falls la voir d'en bas. On se balade au pied de la chute, dans une végétation luxuriante abondamment arrosée par les projections de la cascade.

On monte d'abord jusqu'à mi hauteur le long de la chute par un petit escalier aménagé, où on est bien arrosé. Puis Jérôme repère un petit sentier un peu plus loin qui grimpe à flanc de la colline. On l'emprunte et on grimpe en crapahutant. L'ascension n'est pas très facile et Agnès qui avait d'abord pris la tête cède vite sa place à Jérôme, car elle n'est pas trop rassurée de se frayer ainsi un chemin pratiquemment au coupe-coupe.

On arrive sur le plateau au sommet de la chute. Là le paysage est tout à fait différent. La végétation qui n'est plus arrosée par la cascade ressemble plus à une garrigue sèche avec pas mal de pierres. Ces contrastes sont assez fort. D'ailleurs dans les derniers mètres de la montée on a traversé une petite pinède, contrastant bien avec la forêt vierge en dessosu et la garrigue au dessus.

Là où on voit que ce pays est civilisé et bien organisé c'est qu'il y a une barrière qui empèche d'approcher trop près du vide formé par la cascade. On va au bord de la rivière en amont. Le courant est assez fort, mais pas tant que cela. Je m'approche pieds nus pour aller mettre le pied dans l'eau.

Puis on redescend au fond de la cascade. On va plus en ligne direct, face à la pente. Et on s'accroche de racine en liane, de liane en rocher, lorsque c'est vraiment pentu. On glisse un peu et j'ai un peu du mal à preserver mon bermuda de la boue, mais j'y parviens à peu près.

En bas on rince nos mains et nos chaussures dans un bassin près du parking et on reprend la voiture.

On va à l'aéroport de Neulpruit.

Neilpruit Où je dois prendre un avion pour Johannesburg. Tandis que les autres ont l'intention de retourner au Krugger Park. On tournicote un peu pour trouver l'aéroport. Il faut dire qu'il n'est pas grand.

En effet c'est vraiment l'aéroport de campagne avec juste un petit batiment et une piste en herbe. Les autres me quittent là. Et j'attends mon vol qui est prévue dans une heure à 5h, sou sun petit auvent assis sur des meubles de jardin. C'est vraiment la plus agréable salle d'attente que j'ai jamais vue.

Il y a plusieurs noirs qui attendent avec moi. Démonstration qu'il y en a tout de même quelques uns qui s'en sortent. Je papote avec certains et j'écoute mon bouquin.

Au moment où on s'apprète à monter dans notre petit avion qui vient d'arriver de Johannesburg, on nou sarrète à quelques pas de la passerelle en nous annoncant que l'on ne peut pas partir tout de suite car l'avion à un pneu crevé.

Et le problème avec ces petits aéroports, c'est que même si la panne est mineure comme c'est le cas aujourd'hui, il n'y a personne sur place de compétent pour réparer. Donc il va falloir attendre qu'un technicien vienne par le prochain vol de Johannesburg pour réparer. Soit au moins 1h30 de retard.

Je demande à pouvoir téléphoner pour prévenir Inès de ce retard et lui éviter de m'attendre à l'aéroport. Mais le temps que l'hotesse m'emmène à son comptoir Isabelle m'annonce au téléphone qu'Inès vient tout juste de partir me chercher.

Je retourne bouquiner sous le petit auvent, jusqu'à la tombée de la nuit, où la crainte d'une attaque de moustiques me fait rentrer dans l'aérogare.

J'ai demandé avantà récupérer mon pantalon dans mon sac. Du coup un noir m'a accompagné jusqu'à l'avion. On a fouillé ensemble dans la soute où j'ai récupéré mon babage. Dans lequel j'ai pris mon pantalon. C'est la première fois que je vais ainsi dans une soute à bagages. J'en profite pour faire le tour de l'avion et prendre mon temps pour le palper. C'est un bimoteur à hélices. Je touche les ailes, la carlingue, les moteurs.

Enfin à 7h on nous appelle pour monter dans l'avion. Malheureusement il fait nuit donc on ne verra pas le coucher de soleil en vol. C'est un avion de 28 places, assis deux et un par rangée. On peut tout juste tenir debout au milieu de l'allée et surement pas au niveau des sièges.On nous sert un jus de fruits et un petit snack froid de crudités et de saucisses assez bon.

Johannesburg

On aterrit à Johannesburg à 20h30. Une hotesse m'emmène dans une Espace jusqu'à l'aérogare. On retrouve Inès qui m'attend patiemment à l'arrivée des bagages. Malheureusement la voiture qu'elle avait garée sur une place pour handicapé a été embarquée pour la fourrière. Donc on doit aller la chercher sur un parking éloigné. On se fait accompagner par un agent de la sécurité Joseph Coumala avec qui Inès a sympathisé en négociant pour récupérer sa voiture. Donc on la récupère sans avoir à payer les 150 rands d'amende.

On arrive chez Isabelle berge vers 9h30. Elle nous attend toujours aussi aimable. Elle nous offre une tarte à la tomate succulente, ainsi qu'une non moins bonne salade verte. Malheureusement il n'y pas de vin pour arroser cela.

On papote un peu sur les prénoms avant d'aller se coucher.

Leur maison est très spacieuse avec un vaste salon, une cuisine aussi très grande et plusieurs chambres. Comme les pièces de reception ne sont pas équipées de barreaux aux fenêtres, comme le sont les chambres à coucher. Il y a une grille qui ferme le couloir qui mène aux chambres et les protège contre les intrus. Car ce quartier résidentiel est souvent visité par les voyous. Et leur maison a déjà été cambriolé deux fois depuis qu'ils sont là! Et à chaque fois pendant qu'ils dorment là. On leur a à chaque fois pris tous les objets de valeur transportables du salon. D'où cette grille assez impressionnante à voir dans une telle villa résidentielle. Isabelle la verrouille avant d'aller se coucher et branche le système d'alarme.

Je dors dans une chambre sympa avec la télé. Je résiste à la tentation de lire trop longtemps Marie Iggins Clarke, de crainte de ne pas avoir assez de cassettes pour tout le séjour si je dévore tout trop vite.

Lundi 19 février

Je me réveille à 6h50, je commence par prendre une douche dans la baignoire qui s'avère ne pas avoir de pommeau de douche. Mais Inès entre dans la salle de bains pour me signaler que parmi les qualités de la maison il y a une salle de douche indépendante de la salle de bains.

Après un excellent petit déjeuner avec du melon et des céréales, Isabelle toujours aussi adorable, nous emmène à l'aéroport, où nous devons accuellir Emmanuelle Vercollier et prendre le premier avion pour le Cap. Heureusement les vols pour le Cap se font du même aéroport.

On y arrive juste à 8h30, horaire de l'arivée de l'avion d'Emmanuelle, Inès se précipite de peur de ne pas là pour l'accueillir, mais le temps qu'elle passe la police et récupère ses bagages on a le temps. Et en plus son vol est annoncé avec 1h30 de retard.

Donc on a largement le temps de prendre nos billets pour le Cap, d'aller dans un autre terminal reserver des Johannesburg Victoria Falls auprès de Air Zimbabwe, puis de reserver des Victoria Falls - Maoun, qui est l'aéroport proche du Loquavengo, auprès de Air Bossuana.

Tout cela laisse le temps au vol d'Emmanuelle d'arriver. On l'accueille à la sortie des bagages. Elle se lance d'emblée dans une grande papote avec Isabelle qu'elle n'a pas vue depuis longtemps. Tandis que nous allons vers le terminal des vols domestic pour le Cap. On rencontre en route notre copain de la veille Joseph Coumalow. Emmanuelle ne réalise qu'elle devra attendre quelques heures pour récupérer de sa nuit de vol, qu'au moment où on enregistre pour le Cap.

On monte dans un gros Airbus 300 avec au moins 200 passagers. On voit que c'est une ligne fréquentée. Le vol dure 1h40mn.

Cap Town

Arrivé à Cap Town, je retrouve Guilaume Vernier pendant que les filles s'occupent gentiment de récupérer nos bagages. On voit un type qui trimballe une paire de skis ce qui est assez insolite par ici. Je lui demande ce qu'il compte en faire et il m'explique qu'il revient d'un séjour de ski en Autriche. Guillaume profite manifestement de la vie locale avec un bronzage insolent.

Il nous emmène chez lui dans sa voiture de location. C'est à dire chez Martine, une française qui tient un Bed and Breakfast de luxe, où il est choyé et beaucoup mieux qu'à l'hotel.

On fait un petit détour pour avoir un apercu de la ville et des points de vue sur l'océan. Les paysages sont magnifiques, très verts, avec la montagne qui tombe dans la mer. Un soleil magnifique brille et il ne fait pas trop chaud.

On arrive au Bed and Breakfast. L'endroit s'appelle La Fontaine 14 Avery avenue, Constantia, téléphone 27-21-7941749

La Fontaine Il y a une maison principale, et une annexe derrière séparée de la maison par un bassin avec jets d'eau, statues et plantes. Les filles trouvent cela d'assez mauvais go–t et prétentieux. En tout cas c'est calme et sympa d'avoir le chant de la fontaine. Chaque chambre est indépendante et a sa porte fenêtre. Le miracle ici qui rend le Cap paradisiaque c'est que graecirc;ce aux vents abondants il n'y a pas de moustiques.

On pose nos affaires et on va déjeuner à la pizzeria du coin, en laissant Emmanuelle faire un petit somme récupérateur.

On repasse la chercher avant d'aller au Cap de Bonne Espérance.

Cap de Bonne Espérance qui est à une trentaine de kilomètres plus au sud de la ville. En fait d'ailleurs les premiers explorateurs croyaient compte tenu de la difficulté que représentait son franchissement que c'était le Cap qui sépare les deux océans Atlantique et Indien. Mais le vrai est encore plus au sud.

On s'arrète sur une plage occupée par une colonie de pingouins. C'est toute le paradoxe de ce pays qui est environ au degré 36 de latitude sud, donc pas si loin du tropique et qui bénéficie des courants polaires de l'antartique avec lesquels viennent notamment les pingouins. C'est vraiment amusant de voir des pingouins sous ce chaud soleil. Ils sont là à se balader sur la plage protégés des touristes par une corde. Certains pataugent dans l'eau.

pingouin

Puis on va jusqu'à la reserve naturelle qui englobe le Cap proprement dit. Le site est très bien preservé et c'est très sauvage, avec très peu d'arbres et des grandes étendues balayées par le vent. Il parait que l'on trouve dans cette reserve plus de 1500 espèces différentes de plantes, graecirc;ce au climat particulier dont elle bénéficie comme cap.

On roule au travers de la reserve jusqu'au parking au bout. On a vu au passage une antilope gambader. Il n'y a aucun arbre dans cette partie, on ne voit que de l'herbe rase.

Après avoir garé la voiture sur un parking, On grimpe la petite colline qui forme l'extremité du cap. C'est un gros rocher battu par les vents avec pratiquement rien comme végétation dessus. Le vent est tellement fort que l'on a du mal à monter les marches qui sont plus ou moins bien aménagées avec un vague escalier de bois de temps en temps. J'ai parfois du mal à tenir seul debout face au vent !

Mais cela vaut vraiment la peine car en haut on a une vue vraiment magnifique sur l'océan qui est donc Atlantique des deux cotés puisque le vrai point le plus au sud du cntinent est plus à l'est. Mais ici c'est le point le plus à l'ouest de l'Afrique Australe et on comprend quand on voit ce cap impressionnant balayé par les vents et l'océan qu'il puisse être pris par des navigateurs pour un Cap majeur. Il y a un beau soleil qui brille sur l'eau. C'est assez émouvant de se retrouver à cet endroit symbolique.

Puis on redescend. Je m'aide de la main de Guillaume car ce n'est pas facile. Le chemin est vraiment très caillouteux, ce qui donne son air désolé à l'endroit.

On reprend la voiture pour revenir un peu plus loin dans le Cap, à l'endroit où émerge une vraie colline. On y monte à pied, le long d'un chemin qui cette fois ci est goudronné en plans inclinés très accessible. Ce doit même l'être pour les fauteuils roulants. Au sommet de la colline se dresse un phare entourée d'une terrasse panoramique.

D'en haut on a une vue que je trouve encore plus belle que du bout du Cap. La lumière est plus belle. Et on a une meilleure vue d'ensemble sur le Cap avec la côte qui part de part et d'autre, en petites criques plus ou moins ensoleillées par le soleil qui se couche. C'est vraiment superbe.

On retourne dans la ville du Cap. On passe à la maison avant d'aller diner dans un restaurant conseillé par Martine pas très loin de chez elle. Là un des serveurs me reconait comme m'ayant ce matin à l'aéroport et en effet c'est le type qui avait une paire de skis! Du coup ils nous soignent gentiment et notamment nous conseillent des exploitations viticoles pour la route des vins que l'on compte faire demain.

On dine d'un excellent poisson grillé avec surtout des très bons petits légumes cuits aldente.

Après le diner on dépose Emmanuelle à la maison, car elle accuse le voyage, puis on va prendre un verre dans un bar du centre ville, avec un petit orchestre de jazz qui joue. Ensuite on tente de rentrer dans la boite l'Emmingway, mais elle est fermée le Lundi. D'après Guillaume c'est la seule qui vaut la peine et il vaut mieux renoncer à danser pour ce soir. Cette fin prématurée n'est pas pour déplaire à Inès qui nous accompagnait plus par esprit de groupe que par envie fétarde.

Emmingway

En rentrant je bouquine jusqu'à 2h avec la fenêtre grande uverte. Quel bonheur de pouvoir la laisser ainsi ouverte sans crainte de moustiques.

Mardi 20 février

Je me réveille à 8h. On prend un excellent petit déjeuner sur la terrasse au bord de la piscine. Avec des céréales, des crèpes, ... La terrasse est ornée de rambardes, de statues et de pots de fleurs, qui d'après les filles ne sont pas de très bon go–t.

On prend la voiture pour la route des vins. Elle se trouve dans une vallée à 80km de la ville.

route des vins

Stellenbosch

Les exploitations viticoles sont concentrées autour du village de Stellenbosch.

On essaie d'abord en vain une première exploitation Meerlust qui a très bonne réputation. Mais le régisseur nous explique très gentiment mais fermement qu'ils ne recoivent que sur rendez vous.

Dans une deuxième exploitation Rust-en-Vrede nous sommes impressionnés par l'état impeccable des installations. Au point qu'il y a des jardiniers qui ratissent les allées lorsque nous arrivons. D'une facon générale toutes les exploitations sont nickel, avec des massifs de fleurs, des pelouses tondues comme des grenne de golf, des batiments modernes peints en blanc, des cuves en inox partout. Mais celle ci est particulièrement soignée car on apprend une fois dans le chêt qu'ils attendent la Reine du Danemark qui doit passer aujourd'hui pour déjeuner ici.

L'exploitation semble assez conue et fait bien ses relations publiques. Notamment dans le chêt où se troue un bar pour les dégustations on voit parmi toutes les photos souvenirs, les diplômes de prix gagnés, un grand poster de Nelson Mandela remettant un diplôme au propriétaire. Il y a aussi un exemplaire du menu du banquet à Oslo pour le prix Nobel de Mandela où figure le vin de la maison.

Et de fait le vin est bon, surtout les cabernay sauvignon. Je fais un petit cours de dégustation aux autres.

Dans une troisième exploitation Blaauwklippen on go–te encore des vins très bons. Avec notamment un risseling qui me plait beaucoup. On rencontre de l'autre coté du comptoir un français qui travaille ici pour accueillir les groupes de touristes francophones. Car les groupes semblent défiler à un bon rythme.

Dans une quatrième exploitation morgenhof ici c'est carrément l'usine. Il faut payer pour avoir le droit de déguster, et on ne peut go–ter que cinq vins choisis dans une liste finie. Et pour le prix on peut même repartir avec notre verre. Cela semble assez difficile de déroger au processus bien codifié du traitement des touristes. Il y a une énorme salle qui est toute tournée vers l'accueil des touristes avec pleins de trucs à vendre, en plus bien s–r des bouteilles.

L'exploitation elle même est gigantesque, ils produisent 1,2 millions de litres dont 700 000 vont en f–t de chêne, qui vienent de France et sont entreposés dans une immense salle que l'on peut voir derrière une vitre. Il parait que c'est l'un des plus grand stock de barriques au monde.

Les vins n'ont aucun interêt et on se dépèche de fuir cette ambiance merkantile. On monte avec notre voiture au sommet d'un coteau qui domine l'exploitation, où on trouve une aire de pique nique qui semble nous tendre les bras. Il y a un auvent avec un bar, des tables et des chaises, qui doit servir à accueillir des groupes. L'endroit est désert et on s'installe dans l'herbe à coté pour pique niquer des provisions que l'on vient d'acheter dans un magasin de Stellenbosch.

Mais les noirs qui travaillent non loin de là doivent nous avoir dénoncer car un afrikaner débarque pour interrompre notre sieste et nous signifier fort peu aimablement que l'endroit est privé et que nous devons quitter les lieux.

On va dans une cinquième exploitation Neethlingshof où on est encore pas très bien accueillis par des hotesses qui s'en fichent pas mal. Là aussi il faut payer, il y a deux prix selon que l'on veut déguster dans un petit verre à vodka ou dans un verre de dégustation. Et en plus les vins ne sont pas terribles.

On va dans une sixième et dernière exploitation, Overgaauw où là on est très bien accueillis. C'est une exploitation familiale, la femme qui nous accueille est très gentille et nous explique pas mal de choses. On est dans un intérieur confortable et chaleureux, au lieu des espaces nickels mais impersonnels précédents.

On reprend la route en direction de Cap Town. C'est toujours Guillaume qui conduit, je lui enjoint d'être prudent car il n'a pratiquemment craché aucun des vins que nous avons gouté tout au long de la journée. Donc il a beau dire qu'il est en parfait état, son alcotest serait probablement d'une couleur prononcée.

On retourne à Cap Town chez Martine pour enfiler un pantalon propre qui nous rendra présentable pour aller prendre le thé à l'hotel du Mount Nelson.

hotel Mount Nelson C'est l'hotel le plus classique et le plus chic de Cap Town, avec son décor très colonial. On s'imagine parfaitement dans la société oisive du début du siècle qui sillonnait le globe de palace en palace. On s'installe dans les profonds fauteuils de la véranda. Je ne cède pas à l'engouement pour le thé qu'Emmanuelle communique autour d'elle et dont elle fait une consommation sans bornes. Je me contente d'un bldymerry et de cacahuètes.

Puis on s'arrache au confort pour aller admirer le coucher de soleil du haut de la montagne de la Table, qui domine la baie de la Table.

Mais en route Guillaume accroche une belle BMW blanche qui arrive dans son angle mort. Guillaume est vraiment désolé car malgré le très léger froissement de tôle provoqué dans l'aile avant de la BM, il est probable que cela lui co–te la franchise de 3000 rands de son assurance. Le conducteur de la BM a l'air aussi embété, il propose d'aller faire une déclaration à la police, mais reste ouvert à tout autre engagement. Il n'a pas plus l'air que Guillaume d'avoir envie de faire cela officiellement. Ce qui me laisse supposer qu'il n'est pas très et avec la police. Mais en fait il nous explique que c'est un musulman malais et aujourd'hui c'est le dernier jour du ramadan. Il a donc faim et est donc pressé de rentrer chez lui. Et n'ayant pas bouffé de la journée cela explique pourquoi il a l'air si mou et indécis. Finalement après une longue papote et des hésitations où chacun intervient, on se donne rendez vous ici pour le lendemain matin. Pour aller chez un carossier qui saura peut-être redresser l'aile à moindre frais.

Du coup le soleil c'est couché et la montagne de la Table c'est rapé pour aujourd'hui. Guillaume s'en veut vraiment de son inattention.

Du coup on va diner dans un restaurant à la mode, sur le bord de mer: Blues à l'adresse the Promenade, Victoria road Camps Bay

Blues Comme on a pas reservé on doit attendre en buvant une margarita offerte par Emmanuelle, que l'on boit au bar. Une table se libère sur le balcon. Il fait un peu frais mais c'est très sympa de diner avec la mer juste de l'autre coté de la rue. On est au premier étage.

Je prends de l'autruche grillée. Qui s'avère être une viande rouge succulente, plus tendre que du roti de boeuf et moins grasse. On boit un vin sympa de cépage Rubicon. La serveuse est très professionnelle et ne se laisse pas émouvoir malgré nos petites taquineries. Elle nous remercie tout de même chaleureusement à la fin pour notre pourboire généreux. 50 rands alors qu'une fois de plus le diner a été très économique: 300 rands pour quatre personnes dans un restaurant à la mode.

autruche

Ensuite on essaie encore d'aller à la boite de nuit l'Emmingway, mais aujourd'hui c'est le jour de fermeture. On rencontre le patron Jonathan que connait Guillaume. Du coup on rentre se coucher.

Mercredi 21 février

Inès vient me réveiller assez tôt juste alors que je pète dans mon lit. Je prends de nouveau un bain dans la baignoire en forme de coeur de ma salle de bains. Ces chambres sont vraiment très agréable avec leur porte fenêtres de plein pied. D'une facon générale cette région du Cap est vraiment super, avec son climat chaud mais aéré, sans aucun moustique. Ces paysages magnifiques, il n'y a que la ville qui ne me semble pas très belle.

On va sur la terrasse de la piscine pour petit déjeuner vers 8h30. Comme le petit déjeuner n'est pas tout à fait prêt on en profite pour faire les comptes et éplucher le contrat de location de Guillaume. Sur mon conseil il appelle le service de la Carte Premier pour voir dans quelle mesure ils peuvent racheter la franchise. On apprend ce qui est bon à savoir qu'ils rachètent la franchise seulement pour les dégaecirc;ts provoqués sur le véhicule loué et par sur les véhicules tiers.

Guillaume appelle la compagnie de location pour les avertir qu'il a eu un accrochage. La préposée lui dit qu'on le cherche partout qu'ils attendaient le retour de la voiture il y a déjà quatre jours, du coup ils l'ont déclarée volé auprès de la police.

J'appelle maman qui me rappelle gentiment pour me rassurer sur mes offres de prêt du Crédit Lyonnais. Elle n'a pas eu le temps de répondre à mes fax, car papa a été hospitalisé pour un problème d'intestin.

On se prépare à partir. Martine nous donne notre note. Cela s'avère un peu cher soit 1200 rands, dont notamment 60 rands pour ma petite lessive. Mais au moins la qualité y était.

On se dépèche un peu car on a rendez vous à 10h avec Hussein. Une fosi de plus le temps est magnifique. On arrive au rendez vous à l'endroit de l'accrochage presqu'à l'heure. Hussein arrive encore plus en retard que nous. Il doit être encore en train de s'empifrer. Car il nous a expliqué hier que ce matin il ne pourrait arriver qu'après la fête qui célèbre la fin du ramadan. Il nous a expliqué qu'il travaillait comme avocat dans une boite d'import export avec l'Asie.

On repère que le quartier malais se trouve juste en face du rendez vous. Du coup Inès et moi on monte y faire un tour. On parcourt des rues qui grimpent le long d'uen petite colline. Ce sont des petites rues pavées avec des magasins musulmans et malais. L'ambiance semble bien spécifique, mais on ne voit pratiquemment personne. Alors qu'Emmanuelle qui a tenté de nous ratrappé est passée elle par des rues pleine de monde. Après avoir fait un petit tour du quartier on revient au rendez vous. Où Hussein est arrivé entretemps. Il est beaucoup plus en forme qh'hier. Il plaisante, sourit et nous aborde très familièrement. Manifestement la fête de ce matin s'est bien passée. Il nous emmène dans un petit garage du quartier malais qu'il connait. Le garagiste évalue la réparation à 615 rands. Guilaume négocie d'avoir une facture au nom de sa voiture afin de pouvoir se faire rembourser par la Carte Premier.

On quitte Hussein et la ville. On fait une trentaine de kilomètres vers le nord. Jusque à une plage qui est deserte en ce jour de semaine. Mais où il doit y avoir du monde le week-end, Car entre le parking et la plage il y a des bungalows d'accueils qui servent de cafeteria, de vestiaires ou de crèche.

On fait uen longue marche au soleil sur le sable blanc de la plage. Elle est immense et magnifique. L'eau ne semble pas très chaude. Mais à un moment je ne résiste plus à la tentation et je propose de se baigner. En fait elle s'avère fraiche mais très bonne. On se baigne longuement. Elle doit être à peu près à 18ø pour être aussi agréable. Puis on court en footing avec Guillaume jusqu'au bout de la plage pour se réchauffer. Puis on revient à pied en papotant, toujous sus un soleil magnifique.

On revient à Cap Town au Water Front, qui est un grand centre commercial installé dans des anciens entrepôts sur les quais du port.

On y déjeune à l'intérieur. Je prends une hot potatoe fourrée aux champignons et au bacon. C'est très bon.

Puis vers 3h on repart pour lamontagne de la Table. J'avais envie de visiter aussi le chateau hotel de ville musée, mais les autres craignent que nous soyons trop juste pour être au coucher de soleil en haut de la Table. Pour une fois la fin de journée s'annonce bien dégagée donc il faut en profiter.

Plutôt que de faire la queue au funiculaire, on demande le chemin pour monter à pied. L'hotesse nous indique qu'il y a un sentier avec des marches qui démarre un peu plus loin sur la route. On trouve en effet un petit sentier rocailleux qui grimpe dans la montagne. En fait de marches il faut choisir son caillou et le passage est assez délicat pour moi. Je monte sur les pas de Guillaume en lui tenant la main. Je me tort assez souvent les chevilles dans mes chaussures bateau. Mais c'est vraiment superbe. Peu à peu on s'élève dans une gorge qui se rétrécit pour finir en petit goulet qui débouche sur le plateau. Au début on était dans l'ombre de la montagne et dans une végétation avec quelques arbres accrochés à la paroi. Puis lorsque cela devient vraiment encaissé il n'y a plus que des cailloux et on ne retroue le soleil qu'en débouchant au sommet. On a une vue magnifique sur la côte lorsque l'on prend des petites pauses. On a un rythme soutenu et on double un couple de sud africans épuisés. Les filles nous suivent de loin. Cela fait vraiment du bien d'enfin se dépenser et de se sentir dans la nature. Cette gorge avec deux mètres de neige serait géniale à descendre mais avec tous ces cailloux je m'abstiendrai.

Après m'être copieusement tordu la cheville dans mes chaussures bateau pas très adaptées à ce genre de balade, on finit par déboucher hors de la gorge.

On attend les filles une bonne vingtaine de minutes allongé sur le talus d'un sentier qui monte les derniers mètres en pente douce qui nous sépare du plateau proprement dit de la table. Le soleil se couche mais est encore doux. Il y a une végétation de garrigue broussailles sèches et rases qui doit être balayée par les vents.

Ce site est vraiment extraordinaire avec ce plateau qui est effectivement plat comme un dessus de table et ces parois qui descendent à pic de tous cotés. C'est vraiment le site idéal pour construire une forteresse. Il n'y aurait qu'à garder les débouchés des une ou deux gorges telles que celle que nous avons empruntée.

On fait un petit tour au bord du vide. On domine la ville au loin et la côte avec la baie de la Table. Le plateau est trop large pour que l'on est d'un coup d'oeil une vue circulaire. Malheureusement le ciel est un peu brumeux.

On arrive à l'autre bout du plateau où se trouve la gare du funiculaire qui amène le gros des touristes, ainsi qu'unebuvette dont la terasse est balayées par les vents.

On redescend par la funiculaire. On passe sans billet car la caisse est fermée. oN attend un petit moment notre tour au milieu d'un groupe de retraités français asez caricatural. Nous voici dans la benne du funiculaire. Elle est assez impressionnante car ouverte à tous les vents. On est en fait dans une nacelle avec un toit et un grillage qui monte jusqu'au toit. Mais on se sent tout de même beaucoup plus du vide que si on était enfermé dans une cabine de verre. On passe au dessus d'un autre sentier qui grimpe dans les cailloux et on mesure mieux l'à pic vu d'en haut.

On retrouve notre voiture avec un noir qui s'en était proclamé le gardien car nous avions laissé une portière avant ouverte. Du coup il a droit à quelques rands. Mais comme par hasard Guillaume n'a pas de monnaie à lui donner. Il faut dire que depuis le début du séjour égal à lui même il ne nous a pas montré une seule fois la couleur de son porte monnaie. Il s'est laissé de facon très décontractée, entretenir, sauf ce matin où il s'est fendu du plein d'essence.

Il n'en demeure pas moins qu'il a été adorable tout le long de notre séjour avec sa voiture, sa gentillesse, sa connaissance des lieux. Mais les meilleures choses ont une fin et il nous accompagne gentiment à l'aéroport, où on se sépare.

On a le temps avant notre avion de prendre un verre d'eau et bien sur un thé pour les filles. On se retrouve dans un airbus A320.

Johannesburg

A Johannesburg, Isabelle Berge nous attend fidèlement à l'aéroport. Il pleut encore sur cette ville, que décidément je n'aurai pratiquement vue que sous la pluie.

Chez Isabelle, on prend un Coca dans le salon avant d'aller se coucher. On prépare aussi la journée de demain . Je pousse un peu pour que l'on prenne le temps d'aller visiter le Goldrive Park et les filles se laissent gentiment faire. Je regarde un peu les infos sur CNN dans ma chambre, avant de m'endormir.

Jeudi 22 février

Je dors très bien et me reveille seul vers 6h45. Je vais faire un petit gazou aux illes qui se réveillent de l'autre coté du couloir. Puis je prends une douche avec du shampoing. On petit déjeune plutôt léger avec des frosties.

Je vais faire un tour dans le jardin qui est vraiment magnifique, très grand avec des arbres très beaux. Il y a d'énormes billes de bois, restes de quatre arbres qui ont été abbatus car il faisait de l'ombre à la piscine. La piscine est entourée d'un grillage probablement à cause des enfants. La piscine n'occupe qu'un petit bout du jardin qui en tout doit bien faire 5000m2.

Je téléphone au Goldrive Park pour connaitre l'horaire de la première descente dans la mine. On m'annonce dix heures ce qui est juste compatible avec l'horaire de notre avion pour les Victoria Falls. J'appelle ensuite un taxi, d'abord celui qui vient de Sowetto et qu'appelle en général les Berge mais comme il lui faudra trop de temps pour arriver j'en appelle un autre au hasard dans l'a nnuaire.

On voit arriver un vieux monsieur blanc qui est très stylé et gentil.

Goldrive City

Il nous emmène à Goldrive City. Après quelque hésitation on accepte sa proposition de nous garder nos bagages et de nous attendre. Pour nous convaincre il nous explique qu'il est actionnaires de sa compagnie de taxis.

On rentre dans Goldrive City, je ne paie pas l'entrée. Il s'agit d'un parc d'attractions concu autour du thème des mines d'or et de la vie des chercheurs d'or.

On perd quelques minutes à trouver le pavillon d'entrée à la visite de la mine elle même. Du coup lorsque l'on y arrive le groupe de visite de 10h vient tout juste de partir.

Je tente de négocier la possibilité d'emprunter tout de même la série d'ascenseurs qui permettent d'atteindre le fond de cette ancienne mine aménagée en musée et de là de ratrapper le groupe de 10h. Cela implique tout d'abord de trouver un interlocuteur valable pour négocier, susceptible de pouvoir prendre cette décision. Mais le pavillon est particulièrement vide de tout gardien et la caissière ne veut rien entendre. Pour elle on doit attendre la visite prochaine à 10h30 et peu importe que l'on est un avion à 10h30. On finit par trouver un type, qui pendant qu'on lui explique notre histoire nous reconduit à la sortie pour nous montrer un panneau stipulant que l'entrée de la mine est interdite à toute personne s'aidant d'un baton ou d'une canne pour marcher. Ce qui complique encore la négociation. Je me résouds donc à laisser tomber, bien à contre coeur.

On fait un petit tour des panneaux d'une exposition qui explique comment se passait l'extraction de l'or. Lorsque l'on avait trouvé un filon on remontait les roches extraites du fond de la mine . Puis on les passait dans différents bains d'acide pour que le minerai d'or se précipite et soit isolé.

On passe devant un pavillon où deux fois par jour on lieu des démonstrations de fondue d'or. tout autour il y a différentes attractions qui n'ont pas l'air terribles. Il y a un petit train avec des wagonnets comme celui qui remontait les roches le long des galeries souterraines.

On voit pas mal de mamas noires avec leur enfant dans leur dos, attaché simplement par une serviette de toilette nouée autour de leur buste. Je ne serai pas rassuré pour mon enfant.

A la sortie on éprouve un soulagement en retrouvant notre taxi qui nous attend sagemen. On explique au chauffeur que l'on a raté la visite de la mine.

Du coup il nous raconte que lui même est un ancien mineur. Il a été mineur entre 46 et 49 car après la guerre c'était pas facile de trouver du boulot. Puis il a p– trouver un poste à l'air libre de chauffeur de bus avant de devenir taxi.

Il nous explique qu'en tant que blanc il avait dans la mine un poste à responsabilité. En l'ocurrence il devait surveiller la montée des roches extraites par une des cheminées. Elles étaient tractées d'en haut par un opérateur qui démarrait le treuil sur son signal. Cela supposait d'être bien précis pour que le treuil s'arrète au bon niveau. En tant que blanc il était payé 15 rands par semaine, on lui procurait une maison pour laquelle il devait payer 4 rands de loyer par mois. Les noirs qui récupéraient eux les travaux les plus durs, c'est à dire l'extraction n'étaient payés que 3 rands par semaine. Mais ils étaient totalement pris en charge nourris, blanchis, logés. Cette prise en charge complète devait certainement contribuer au sentiment d'absence de liberté. Il aurait fallu que ce soit un choix d'être ou non pris en charge.

Le chauffeur nous explique encore que toutes les taches délicates étaient confiées aux blancs, comme d'allumer la dynamite qui risquait de provoquer des coups de grisou. Encore aujurd'hui il parait qu'aucun noir n'est capable d'occuper le poste de conducteur de ces treuils. Pour remonter ou descendre dans la mine on passait alternativement par des cheminées verticales et des galeries en pente, le long desquelles courent des wagonnets tirés par ces treuils. Les wagonnets servent à descendre les ouvriers et à remonter les roches. Certaines galeries descendent jusqu'à 3000m de fond. Il faut plus d'une heure pour atteindre son poste de travail.

On remonte jusqu'à 15 tones de roches par jour. Le rendement en or est environ de 5% soit environ 750kg d'or par jour.

Avant la fin de l'Apartheid, les mineurs noirs étaient payés environ 300rands par mois , alors qu'aujourd'hui ils demandent à être payés 1000 rands. Du coup toute une série de mine sont devenues trop chères à exploiter, car la main d'oeuvre pèse lourd dans le coût de revient et des tas de mines ferment. Entrainant ainsi le chômage et la crise économique.

mine d'or

Il nous explique aussi qu'à l'époque il votait pour le parti progressiste qui réclamait le droit de vote pour les noirs, mais c'était un parti très minoritaire. Aujourd'hui en tant que chauffeur de taxi il est content que l'apartheid soit fini. Car avant sa licence de taxi stipulait qu'il n'avait pas le droit de charger des noirs, d'où un marché beaucoup plus réduit car les blancs ont souvent des voitures. Aujourd'hui il peut charger tout le monde et a beaucoup de clients noirs.

On arrive à l'aéroport. On va au comptoir de South African Airlines qui vend les billets d'Air Zimbabwe. On achète nos billets pour les Victoria Falls. Les files doivent acheter un aller-retour pour prouver qu'elles ressortiront bien du pays. Mais l'aller retour même en open (qu'elles pourront se faire rembourser) ne vaut que 1385 rands contre 1085 rand mon aller simple.

On embarque assez rapidement. On se retrouve dans un vieux 707. Les filles sont placées au milieu d'un groupe de français plus ou moins sympa. Moi je suis heureusement à l'écart de l'autre coté du couloir. On a un déjeuner très bon avec une quiche et des légumes.

Zimbabwe

On aterrit sur le petit aéroport de Victoria Falls. La ville a poussé autour du centre touristique que constitue les chutes Victoria. On arrive les derniers dans l'aérogare car Emmanuelle a oublié ses journaux dans l'avion. Du coup on fait une longue queue pour les formalités d'immigration. On finit au bout d'une demi-heure par avoir nos coups de tampon. Lorsque l'on sort de l'aérogare il ne reste plus qu'un taxi.

Difficile donc de négocier le prix de la course pour aller jusqu'à la ville. Avec mon mauvais esprit je suppose que ces collègue attendent sagement leur tour un peu plus loin. Je demande à un policier qui est là, s'il y a d'autres taxis. Mais il me répond que c'est le seul, ce qui ne prouve rien car il peut très bien être de mèche. On doit donc accepter le prix de 150 dollars zim que nous demandent le chauffeur pour aller en ville.

Emmanuelle a changé de l'argent au bureau de change de l'aéroport. A raison de 1 dollar zim pour 55 centimes français. On constate que le rand baisse pas mal car lorsque l'on est arrivé à Johannesburg on nous en donnait 3,50 à 3,60 pour un dollar US, alors qu'aujourd'hui on peut en avoir 3,78 pour un dollar US.

On traverse une campagne avec quelques troupeaux dans une végétation très verte et luxuriante avant d'arriver au village des Victoria Falls.

Tout ici est fait manifestement pour les touristes, des magasins, des agences de voyages, des restaurants, des hotels et même une agence Hertz et un super marché.

On arrive au camping qui loue des emplacements pour tentes ou des bungalows. On a reservé par téléphone un bungalow au 263-134311.

Cela nous coûte 60 dollars zim par personne soit 40f ce qui n'est pas excessif. On demande si Jérôme, Agnès et Chrystèle à qui on a donné rendez vous dans cet hotel sont déjà arrivés. Mais la préposée est très à cheval sur ses procèdures administratives et l'établissement du registre ayant une jourée de retard on ne peut pas savoir qui est arrivé aujourd'hui.

On s'installe dans un petit bungalow équipé de deux chambres avec deux lits, une salle de bains, une cuisine plus ou moins équipée et une salle de séjour. Le tout est assez rustique mais froid mais pour le prix on ne peut pas faire les difficiles.

On fait le tour des agences de voyages pour faire une petite enquète de marché sur les excursions et les prix proposés. Après avoir hésité à s'inscrire pour le rafting dans les gorges du Zambèse en aval des chutes, dans une petite agence, on se laisse aller à la sécurité qui consiste à s'inscrire dans la grosse agence agence Shewater. C'est manifestement l'usine à touristes, mais au moins les conditions de sécurité doivent être maximums. Et demain il n'y a pour l'instant que 5 bateaux de 8 personnes inscrites, ce qui n'est pas encore trop énorme. Ils ont parfois des groupes jusqu'à 120 personnes.

Cela nous coute 70 dollars US pour s'inscrire au rafting. Comme ils doivent avoir besoin de devises on ne peut pas payer en dollars zim. De plus, probablement pour éviter la circulation d'argent liquide au noir. C'est plus cher de payer en liquide qu'en carte de crédit ou en travellers check. Il y a une taxe supplémentaire pour ceux qui paient en liquide. On se renseigne aussi sur les tours en canoé, soit au Locavengo ou au Zimbabwe. Je pose aussi des questions sur le saut à l'élastique qui se pratique dans le coin et qui me tente fortement. On voit des vidéos de rafting qui sont projetées sur des écrans au dessus des vendeurs. Cela a l'air assez sportif et Emmanuelle hésite à s'inscrire mais elle reste solidaire.

Il continue de pleuvoir, depuis que l'on a aterrit cet après-midi il 'a pratiquement pas arrété de pleuvoir. Espèrons que demain cela ira mieux pour le rafting.

On fait une balade dans le village. On veut marcher jusqu'aux chutes. Mais il parait que leur accès est fermé à partir de 6h. Or il est presque 6h. Donc on se contente plus prosa‹quement d'aller acheter des bouteilles d'eau au supermarché. On repasse au bungalow pour voir si on a un message des autres. On laisse un message à leur intention sur le panneau d'affichage à la reception du camping. Puis on va diner.

Au passage on rentre dans une agence qui s'avère proposer des randonnées en canoé moins chères que ce que l'on a vu jusqu'à présent. Ca a l'air plu ssportif car on rame nous même. Le seul inconvénient c'est que ce n'est pas dans le Locavengo et il parait que cocher la case Locavengo c'est un must.

On se retrouve dans un steak house, assez bon. La viande est bonne, le serveur sympa. Et en plus iciaussi les restaurants sont vraiment peu chers. On s'en tire pour environ 40f chacun, sans s'être privé.

On fait les comptes de nos dépenses. Ce qui est un peu laborieux car je trouve que les filles se noient dans un verre d'eau.

On rentre au bungalow. Inès et moi on fait un petit crochet par le bar de l'hotel. Qui se matérialise par un pavillon en bois qui abrite une buvette. A l'exterieur il y a un groupe folklorique qui jue pour les touristes force tam-tam. A l'intérieur on trouve pratiquemment que des noirs qui sont des employés des restaurants ou magasins occupés à boire des bières.

On lie assez facilement connaissance avec certains, ils sont très sympa. Il y en a un qui m'offre une bière tandis qu'Inès est partie chercher l'argent que nous n'avions pas. Je papote notamment avec un type qui est originaire de Boulaouayo et cuistot dans un hotel ici, et sa petite amie qui est de Zambie et traverse la frontière pour venir le voir.

Manifestement le village est tout petit et tout le monde se connait. Au point que plusieurs personnes me demandent des nouvelles d'Emmanuelle (ton amie brune qui t'accompagnait cet après-midi)!

On va se coucher assez tôt vers 9h30, car demain on doit se réveiller sans réveil pour être au rafting à 8h. Je suis d'ailleurs un peu inquiet pour notre petit déjeuner car on a demandé en vain dans plusieurs hotels ou restaurants et à chaque fois ils ne servent qu'à partir de 9h du matin.