Samedi 10 février

Agnès Lafont m'a donné rendez vous à 3h chez elle pour que son père nous accompagne de là jusqu'à l'aéroport. Mais Jérôme Le Quéré qui fait aussi partie du voyage m'a dit au téléphone que le rendez vous était en fait à 4h. Ce qui me laisse le temps de bien ranger toutes mes affaires avant de partir et d'aller rue du Bac en métro. J'arrive presqu'à l'heure comme d'habitude à 4h05. Jérôme et Chrystèle Scherrer sont partis faire quelques ultimes achats au Bon Marché. On attend donc un bon moment avant de partir.

On quitte la rue du Bac vers 5h pour rencontrer un bel encombrement rue Saint Placide qui commence à faire monter l'inquiétude parmi nous. Mais on parvient à se dégager et on arrive tout à fait à l'heure à Orly. Sauf qu'il n'y a plus de place avec hublot dans l'avion. Agnès se sent assez mal et va consulter la pharmacienne de l'aéroport. Qui diagnostique tout de suite une mauvaise réaction au Laryam. La pauvre était presque prête à renoncer à partir avec nous, tellement elle se sentait remplie de tremblements. Ce qui me conforte dans mon choix de ne rien prendre pour prévenir le paludisme et de garder l'effet de ces médicaments intact pour curer si necessaire.

On décolle à 18h30. Nous nous sommes donc retrouvés assis dans uen rangée du milieu. Donc pas moyen pour moi de dormir correctement si je n'ai pas la tête calée. Du coup j'entame sérieusement mon capital de livre sur cassettes en en mangeant 5 dans la nuit. Avec le diner on aeu un avant go–t des vins d'Afrique du sud. D'abord j'ai pris un simili champagne qui était assez sucré mais pas mauvais. Puis on a gouté avec Jérôme deux sortes de vin rouge différents dont un le Egel Rot très agréable.

Dimanche 11 février

Je saute le petit déjeuner au lever du jour car je viens enfin de m'endormir. Pendant une bonne partie du voyage on a sur l'écranune carte qui nous positionne en temps réel avec des compteurs pour nos coordonées. Il n'y a qu'au décollage et à l'aterissage que ces coordonnées ne s'affichent plus. Afin probablement de ne pas attirer l'attention des passagers en cas de problème.

Afrique du sud

On arrive à Johannesburg à 8h30. Il y a tout un groupe de Lahénin style voyage de CE que l'on fait descendre en premier car ils ont une correspondance et on est un peu en retard. On est pas mécontent de s'en débarrasser car ce n'est pas la facette de la France dont je suis le plus fier.

On a quatre heures à attendre dans la salle de transit. J'en profite pour téléphoner un petit coucou au répondeur des amis chez qui Inès Maureau a d– arriver depuis 24h. Pour cela j'ai d– changer un dollar US en Rand. Soit 3,7 rand par dollar US. Je me renseigne aussi tant qu'à faire sur les horaires des vols de Johannesburg au Cap puisque certains d'entre nous ont l'intention de faire un crochet par le Cap. Puis je m'allonge entre deux rangées de dossiers de fauteuils de la salle d'attente, sur la couverture que j'ai chipé à SAA (South Africa Airways) et je termine ma nuit.

Je suis réveillé par une femme noire qui hurle comme une hystérique. On dirait qu'elle est possédée par les démons. Plus probablement on lui a refusé son visa et elle va être expulsée dans son pays d'origine, ou quelque chose comme cela. En tout cas c'est impressionnant de la voir courir partout en hurlant et en échappant aux employés qui tentent de la maitriser.

Puis on prend un autre airbus de SAA qui nous emmène en 1h à Mapouto au Mozambique.

Mapouto

On voit tout de suite qu'il s'agit d'un pays incomparablement plus pauvre. On arrive dans une aérogare semi hangar, mal éclairée évidemment pas conditionnée avec des fonctionnaires qui brassent les formulaires et passeports à grands coups de tampon.

Agnès trouvait qu'il faisait humide et chaud à Johannesburg mais ce n'est rien par rapport à ce que nous trouvons ici.0

Nous sommes sollicités à peine le dernier tamponneur passé par des jeunes hommes qui se proposent pour nous servir de porteur, de guide etc. Mais nous trouvons un peu plus à la sortie Jean-Luc le coordinateur de la mission au Mozambique de Médecins Sans Frontières. C'est un ami d'un ami de Jérôme. Il nous emmène à la maison de la mission avec sa voiture et nous explique en route qu'ils sont en train de fermer la mission considérant que les besoins du pays ne relève plus d'une organisation comme MSF, c'est surtout d'aide au développement dont le pays a besoin.

On arrive dans une vaste maison avec un beau jardin gardée jour et nuit par un gardien noir. On se répartit trois chambres où sont installés des matelas par terre. Jean-Luc nous explique que lui habite un peu plus loin dans la ville car il est marié à une mozambicaine. Il va nous laisser nous balader cet après-midi et nous retrouvera ce soir ou demain. Le couple qui habite la maison est en vacances en ce moment mais ne devrait pas tarder à rentrer.

Mais après s'être apprété à nous laisser nous balader seuls à pied dans la ville, Jean-Luc se ravise et propose de nous tenir compagnie et de nous balader avec sa voiture à condition que l'on passe chez lui chercher son fils, car sa femme qui est infirmière de nuit doit dormir cet après-midi.

On passe donc chez lui on voit un intérieur simple mais bien aménagé. Il y a plein d'enfants qui joue dans la rue.

Il nous conduit jusqu'au bout de la baie où se trouve un village de pécheurs. On marche un peu le long de la grève. On voit un petit marché très typique avec les petits étalages fait de trois planches qui vendent tout et rien.

Sur le chemin du retour on s'arrète dans un bar le Costa del sol où on prend des sardines grillées très bonnes et des bières locales. C'est très agréable, le temps est magnifique avec du soleil et du vent qui rafraichit.

On revient dans la ville proprement dite. Elle est elle aussi très agréable, avec des avenues larges bordées de nombreux arbres. Il reste encore beaucoup de maisons coloniales du temps des portugais qui sont partis en 1975. A vrai dire pratiquement toutes les maisons en dur datent de cette époque.

On s'est arrété au bureau des cars Blue Panther pour reserver nos places pour Johannesburg Mardi. On a hésité à repartir plus tard pour avoir le temps d'aller dans une des îles paradisiaques parait il qui sont au large de Mapouto, mais cela impliquait d'y consacrer au moins deux jours et personnellement je préfère bouger plutôt que de passer deux jours sur une plage.

Jean-Luc nous fait gentiment faire un petit tour de la ville avant de rentrer à la maison de MSF. On y arrive en même temps que Nciolas et Christine qui en sont les occupants. Nicolas est l'administrateur de la mission, il a remplacé Philippe l'ami de Jérôme qui nous a envoyé ici. Christine elle a été longtemps infirmière dans la campagne de l'arrière pays: le bush, souvent seule blanche à des kilomètres à la ronde, elle a l'air d'avoir une sacrée personnalité sous son charme plutôt discret.

La maison est vraiment très agréable et bien équipée. Les salles de bains sont un peu salles et déglinguées à l'africaine fils éléctriques qui pendent etc. Mais l'eau chaude n'est pas limitée. Après une bonne douche on va diner à la ferra popular au restaurant Coquero.

C'est au milieu d'une fête foraine. Il parait que pour une fois les manèges fonctionnent car isl sont souvent en panne. Il y a tout une série de petites estaminets qui font bar et restaurants.

Celui où on s'est installé offre des spécialités de cuisine zambienne on commande un assortiment de petits plats dans lesquels on pioche tous. On go–te notamment des fèves, des friands, des petites chips, des piments, des haricots aux crevettes, du poulet au coco ...

Ensuite on va à l'hotel Polonar qui est un des deux grands hotels de la ville. on rentre pour en faire un petit tour. Il n'y a pas beaucoup de touristes à cette heure là.

On fait le tour de la piscine on va voir la vue de la terrase. On est sur une colline qui domine la mer et la ville.

Puis on rentre se coucher, je suis dans une chambre seul sur un petit matelas. Il est très chaud et je ne regrette pas de ne pas avoir pris de sac de couchage. Dans ma chambre il y a un superbe panier en osier qui fait armoire tellement il est grand vertical avec des casiers où on peut ranger des tas de choses. Il ne serait pas aussi gros j'en rapporterai volontiers un en France.

Lundi 12 février

On se réveille plutôt tard vers 10h surtout pour ce pays où on est en général matinal. Mais cela prouve que nous en aviosn besoin. On descend prendre un petit déjeuner tout à fait normal avec du bon pain, des céréales des tranches d'ananas frais. Je suis surpris qu'il trouve dans ce pays réputé très pauvre et à peine sorti d'une guerre civile douloureuse tous ces produits de consommation occidentale.

On marche jusqu'au bureau de MSF avec Christine. Les rues sont animées avec des trottoirs plutôt défoncés par les pluies diluviennes et le manque d'entretien.

Au bureau de MSF les chefs Nicolas et Jean-Luc travaillent au premier étage alors que les employés locaux sont au rez de chaussée. Mais les bureaux sont déjà presque vide puisqu'ils liquident. Nicolas nous emmène dans un bureau de change semi-officiel qui est soit disant une agence de voyages. Là le change est un intermédiaire entre le noir de la rue peu sur et celui de la banque pas interessant.

On rentre à la maison on va piquer une tête dans la piscine de la résidence voisine avant de déjeuner. Il faut payer 20 000 méticash c'est à dire un peu moins de 2 dollars US pour pouvoir se baigner. Car un dollar vaut 11500 méticash.

On a droit à un déjeuner très mozambicain avec du massa, c'est-à-dire de la farine de manioc. Cela ressemble un peu à de la semoule c'est assez bon. Un peu insipide du coup il le relève avec le caryl qui est une sauce qui peut-être avec n'importe quoi, si possible de la viande quand on en a. Je suis surpris car ils mangent aussi des tas de crudités et personnellement j'ai été assez prudent sur la quantité de salade prise en entrée.

On emprunte leur téléphone pour s'annoncer au père Emmanuel Lafont oncle d'Agnès à Préttoria. Puis le chauffeur de la mission nous conduit avec le pick-up jusqu'à un marché typique qui est un peu lon de la maison. On va en profiter pour acheter un morceau de tissu local une capoulana que Philippe a demandé dans un fax qu'ils ont recu ce matin à la mission.

On fait le tour du marché, c'est un peu boueux car il a pas mal plu ces derniers jours. Il y a vraiment de tout dans ce marché, sauf des touristes. C'est très local et sympa. Cela va du poisson séché qui sent plutôt mauvais. Il reste étalé sous les paillottes des marchandes pendant toute la journée et ca dégage ferme. Jusqu'au étalages des sorciers qui vendent leur gri-gri. On voit des pattes de lapin dans des pots de mayonnaise et des tas d'autres accessoires du bonheur plus ou moins ragoutants. Christine n'hésite pas à demander bien qu'elle ne connaisse pas la traduction en portugais s'il y a des produits aphrodisiaques à un vendeur. On voit aussi à un autre stand des serres de vautours. J'hésite à en acheter une je crois que cela plairait à Juliette.

marché typique avec étoiles de merphoto

A la sortie du marché il y a des boutiques dans des maisons en dur toutes tenues par des indiens qui représentent la classe commercante. Notamment avec des boutiques de tissus, tailleurs. On achète la capoulana pour Philippe, on en prend un grand en qualité chère qui nous co–te 50 000 méticash, c'est à dire 5 dollars! C'est vraiment pas cher.

Le chauffeur nous a attendu et nous emmène dans le pick-up à la plage, après avoir fait un crochet par le bureau pour prévenir Nicolas.

On se retrouve sur une belle plage de sable blanc au soleil couchant. L'eau est excellente, chaude mais pas très belle plutôt grise avec des algues au fond.

On passe un long moment dans l'eau avec Jérôme, on observe les pécheurs qui ramènent leur barque et leur filets.

Nicolas est venu nous rejoindre sur la plage. On s'était installé juste devant le grand mur d'enceinte du club nautique. Au retour on passe devant le "monument".

C'est un grand building qui était destiné à être un hotel de luxe, mais l'indépendance est intervenu avant qu'il soit achevé. Et les portugais furieux d'avoir investi pour rien ont avant de partir tout saboté dedans notamment en coulant du béton dans les canalisations. De facon que la carcasse de l'immeuble qui subsiste est inutilisable et cela couterait trop cher au Frénimo le parti au pouvoir de le faire démolir.

On rentre à la maison. Je fais une bonne sieste. Puis on se fait un bon diner avec Jean-Luc et sa femme Bernarda ainsi que Nicolas Christine et Bourguibaa un architecte noir qui habite aussi dans la maison. On a apporté du magret de canard et du vin de bordeaux de France. La conversation roule longtemps sur le role de MSF et les différentes sections de l'organisation.

Mardi 13 février

Je réveille les autres à 7h moins le quart, on prend une douche on petit déjeune. Et Nicolas nous dépose à la gare des bus avant d'aller à son boulot à 8h.

On quitte nos hôtes qui ont été vraiment charmants, après l'accueil de Jean-Luc qui au départ était un peu minimal: "voici le plan de la ville, à vous de jouer ".

On prend donc le car à 8h pour Johannesburg. C'est un bus moderne avec air conditionné, wc, hotesse qui offre des boissons et des sandwichs à ceux qui le souhaitent. Le billet nous a couté 45 dollars ou 150 rand sud africains.

On prend la route pour Johannesburg. Ce qui est très surprenant pour un pays réputé si pauvre c'est que le paysage est très vert avec beaucoup d'arbres et des paturages bien gras pendant une bonne moitié de la route. Tant que l'on est encore proche de la côte et pas trop dans les collines montagneuses.

On arrive à la frontière avec l' Afrique du sud au bout de deux heures. La eroute est bonne. Dès le poste frontière on fait la différence, coté Mozambique c'était éclairage sombre, tampon et formulaire à remplir. Certains passagers paient je ne sais trop quelle taxe pour sortir du pays. Coté sud africain c'est un batiment conditionné avec force éclairages et terminaux d'ordinateurs pour gérer les liste d'immigration. Les fonctionnaires apposent sur les passeports des petits stickers code barres en guise de visa.

On reprend le bus. Je somnole pas très bien sur l'épaule d'Agnès, ce n'est que peu avant l'arrivée que je réalise que dans un bus moderne comme celui ci les sièges doivent avoir une position allongée.

On arrive à Johannesburg vers 16h. Devant le bureau des bus où le car nous a déposé on est assailli par les propositions de taxi. Avec tout ce que l'on raconte sur l'insécurité à Johannesburg les filles ne sont franchement pas à leur aise. On les laisse avec les bagages dans le bureau qui semble bien sur pendant que Jérôme et moi partons nous renseigner sur les possibilités de location de voiture.

On cherche une agence Avis car j'ai téléphoné de Paris à IBM Johannesburg et ils m'ont dit qu'ils travaillent avec Avis. On fait un peu le tour du quartier de passant en agence de voyage avant d'apprendre qu'il y a une agence Avis à l'hotel Carlton. Il faut traverser toute une série de rue galeries marchandes avant d'y arriver. Cela nous permet de prendre la température de la ville. Il n'y a que des noirs dans les rues. Le sentiment d'insécurité doit être assez répandu car cela devient carrément un commerce et on rencontre deux vigiles d'un grand magasin qui nous mettent en garde contre les dangers de notre balade avant de nous proposer de nous servir de guide. Mais nous ne nous laissons pas influencer et parvenons sans aucun problème jusqu'à l'hotel Carlton.

On y est à 17h05, la fille au comptoir nous explique qu'elle ferme à 5h30 et qu'à cette heure ci elle ne peut plus joindre le dispatching des voitures pour savoir s'il en reste. Mais heureusement un type vient rendre celle qu'il a loué en début d'après-midi. Jérôme va voir chez Budget à coté pour comparer les prix. On hésite à louer ou à prendre un taxi qui lui au moins connaitra la route pour Préttoria où on doit aller chez l'oncle d'Agnès.

Finalement on décide de ne pas louer, on rentre à la station de bus. Il se met à pleuvoir des cordes. Jérôme n'est plus très sur du chemin pour retrouver le bureau des bus. Heureusement je m'en rappelle à peu près, puis on voit Chrystèle qui a risqué une sortie du bureau à notre recherche.

Les filles sont complètement paniquées car nous sommes restés absent presqu'une heure et demie et elle nous imaginait déjà trucidé par des malfrats noirs.

On demande au bureau des bus qu'ils nous appellent un taxi. C'est justement le chauffeur avec qui Jérôme avait commencé à négocier le prix de la course pour Préttoria en descendant du car qui répond à l'appel par radio-taxi.

On charge les bagages dans son taxi il dévisse son emblème de taxi sur le toit et le met dans aussi dans le coffre et on part. On a négocié un prix forfaitaire de 150 rands. Comme le père Lafont s'avère ne pas habiter exactement dans Préttoria mais dans une banlieue on a un peu de mal à trouver. Notre chauffeur demande son chemin dans plusieurs stations BP. On finit par arriver au séminaire où le père Lafont est professeur. Jérôme commence par donner 40 dollars à notre chauffeur pour finir par 45.

Le père Lafont nous attendait. Une collation très agréable nous est offerte. J'ai la bone surprise d'être accueilli à notre arrivée par Inès Maureau et son amie Isabelle Berge, qui connait le père Lafont par ailleurs.

On papote un bon moment d'abord dans la salle à manger des professeurs puis dans leur salon au premier étage. Où on boit un petit verre de cognac avec une rondelle du saucisson qui a été apporté par les parents d'Agnès qui sont venus deux semaines avant nous.

Puis on va dormir dans les chambres d'hotes qui sont à coté du salon. Elles sont très confortables avec une grande salle de douche. Je dors avec Jérôme qui dort par terre à coté de mon lit, car il fait des chichis pour prendre une autre chambre pour lui tout seul. Le père ne semble pas insister pour qu'il prenne une chambre pour lui. Donc je fais attention en allant faire pipi pendant la nuit pour ne pas le piétiner.

Mercredi 14 février

Nous sommes réveillés par Agnès vers 8h. Elle sort de la messe où elle sont allées avec Chrystèle et Inès, quui a dormi ici aussi. Je prends une douche et je me rase sauf le bouc que j'ai décidé de laisser pousser. Car suite à mon accident de footing dans le bois de Boulogne il y a trois semaines on a pas souvent l'occasion de se laisser pousser la barbe pendant six semaines d'affilée. Et je suis curieux de voir ce que cela donnera.

Après le petit déjeuner, on prend la voiture d'Inès, c'est à dire cele qu'Isabelle Berge lui a très gentiment prétée. On va à Préttoria pour se renseigner sur les locations de voiture. On s'arrète chez Budget, qui semble faire des prix équivalents à ceux d'Avis.

Inès et moi partons à la recherche d'informations pour touristes tandis que les autres vont changer de l'argent dans une banque. On aterrit avec Inès dans une agence de voyage où un type très gentil nous donne des tas de tuyaux sur le locavengo et sur les horaires d'avion pour aller dans ce coin. On attend les autres assez longtemps car ils ont galéré pour trouver une banque.

On rentre en vitesse au séminaire du père Lafont car il est presque 11h et on a rendez vous avec lui. On le trouve dans son bureau en train de travailler sur son micro-ordinateur. Il semble contrarié par notre léger retard et refuse d'envoyer le fax que j'aimerai adresser à maman pour avoir des nouvelles de mon prêt au Crédit Lyonnais pour la rue d'Amsterdam.

On part en deux voitures la sienne et celle d'Inès pour Sowetto. Malheureusement Inès et ses passagers ne profitent pas de ses explications.

Soweto est la contraction de South Western Township. Les Township étaient les zones qui étaient reservées pour l'habitat des noirs. Et quelque soit leur fortune ils n'avaient pas le choix ils n'avaient pas le droi td'habiter dans les quartiers résidentiels reservés aux blancs. Du coup les quelques noirs qui avaient réussi à s'en sortir à franchir par exemple le parcours d'obstacles dressé pour leur rendre impossible l'accès aux études, étaient entassés avec les plus pauvres dans ces township.

On voit aussi dans ces township beaucoup de noirs vivant aux dépens de leur congénères plus pauvres. Ainsi ceux qui ont p– se faire construire une maison en sous loue une partie ou le garage par exemple à des familles noires plus pauvres. On voit ainsi dans Soweto de nombreux jardins coupés en trois ou quatre par des clotures perpendiculaires à al facade de la maison qui délimitent les jardinets de chaque famille sous locatrice. De même on voit de nombreux garages qui n'ont pas encore vu de voiture et en attendant que le locataire se soit suffisamment engraissé sur le dos de ses sous-locataires pour s'en payer une, le garage heberge deux ou trois familles sous locataires. On voit aussi des tas de cabanes en planches, appentis au bout des jardins..

En vertu du principe que les noirs étaient des étrangers immigrants sur cette terre tolérés par les blancs, bien contents d'avoir cette main d'oeuvre moins chère et plus conciliante que les petits blancs syndicalistes, les noirs n'ont pas le droit d'être propriétaires de terrain et doivent louer aux municipalités les terrains que celles ci veulent bien leur accorder.

On voit aussi des patés de maisons entiers sans maisons mais avec que des bidonvilles de tôle ondulées, de cartons et de planches.

La ville est découpée en quadrilatère avec des avenues goudronnées et des rues en terre toutes rectilignes. Exprès parait il de facon à permettre aux voitures de police d'avoir la perspective et de surveiller de loin comment cela se passe. Il y a peu d'arbres, pas de trottoirs, aucune maison à étage. Sauf ces hotels qui entassaient les travailleurs immigrés qui devaient laisser leur famille dans les Boutsouland. Etats enclaves crées de toute pièce par le régime d'Apartheid où les noirs étaient obligés de vivre selon leur ethnie.

Il y a une impression de pauvreté fatale qui se dégage de cette ville de Soweto. Ecrasée par le soleil qui brille aujourd'hui avec ces terrains vagues plantées de barraques entre lesquelles poussent des taches d'herbe folle.

Le père Lafont nous désigne les lieux où se sont déroulés les principaux évênements de Soweto. C'est à dire les différentes émeutes qui ont opposé les noirs et la police. Notamment à un carrefour où a eu lieu le 16 juin 1976, la première grande émeute sanglante qui a marqué le début de la fin de l'Apartheid. Ce jour là on a compté plus de 600 morts. Le père Lafont nous raconte aussi le seul jour où il a porté sa soutane. C'était en 84, la veille la police avait tiré sur une émeute et 26 morts étaient rests sur le carreau. Le scénario classique c'est donc déroulé, les noirs ont voulu le lendemain enterrer leurs morts et la police craignant une nouvelle émeute a voulu interdire le rassemblement. La tension commencait sérieusement à monter quand le père Lafont avec un autre prêtre et un évêque se sont interposés et ont commencé à courir des uns aux autres pour désamorcer la tension explosive. Les autres prêtres nous dit il étaient partis se cacher. J'admire son courage car il faut avoir des tripes pour s'interposer ainsi quand on sait que les policirs nerveux ont eu la gachette facile la veille. On comprend mieux pourquoi il se morfond un peu maintenant dans son séminaire à Préttoria et qu'il revient sous le moindre pretexte à Soweto où il a laissé ses tripes. Il parait que dès le début il s'est investi à fond. Et alors que son prédécesseur se contentait de desservir la paroisse en retournant après chaque office habiter dans un quarier blanc. Le père Lafont lorsqu'il est arrivé à décider d'habiter d'emblée dans sa paroisse et s'est construit sa cahute adossée à son église seul blanc au milieu de ses paroissiens noirs.

Il nous raconte aussi comment un jour où la police avait évacuhé un bidonville, des milliers de noirs se sont retrouvés dans la rue avec même un endroit pour reconstruire leur cahute de planches. Alors il est allé à la mairie à la tête d'une délégation. L'officier de sécurité les as laisser entrer rassuré par son état de prêtre et de blanc. Mais ils se sont installés dans la salle du conseil municipal pour une grève de la faim qui a duré 15 jours. Jusqu'à ce que la municipalité leur octroie un terrain. Quinze jours à camper sous la table du conseil municipal. Bref un bonhomme pas banal et qui ne laisse pas indifférent. En tout cas qui n'a pas laisser indifférent ses anciens paroissiens de Soweto et dans les maisons où nous serons introduits nous verrons des photos du père Lafont punaisées au mur. En s'impliquant tant il a appris les différents dialectes noirs et c'est en zwa‹li ou en zoulou qu'il interpelle les femmes que nous croisons dans la rue. Par contre par idéologie il a toujours refusé d'apprendre l'afrikaner. Il aborde donc des passantes pour leur dire bonjour et pour trouver une personne à qui il puisse nous confier pendant qu'il va à son rendez vous de chantier. Car Aujourd'hui il assiste à la reconstruction d'une école technique de Soweto. Il a trouvé des financements avec notamment des subventions du conseil général du Val de Marne. Il est aussi l'éminence grise et participe aux réunions de chantier.

Il finit par trouver une jeune fille qui est disponible. Elle s'appelle Taglia. On gare nos voitures devant chez elle après avoir déposé le père à son école. Taglia nous présente à ses copines. Vu le taux de chômage qui tourne entre 50 et 90% parmi les noirs, beaucoup sont chez eux. Lorsqu'ils ne trainent pas dans les rues pour tomber dans la délinquance. Taglia nous explique que chez elle ils habitent à 10 avec ses grands parents et les six enfants. Et il n'y en a qu'un à avoir un travail sa jeune soeur qui est caissière dans un magasin de Johannesburg. Ils vivent tous sur son salaire avec la précarité que cela implique.

Taglia et ses copines nous emmène déjeuner au Kentucky Fry Chicken du coin. Mais sur la route on lui explique que l'on préfèrerait de la nourriture africaine. Alors on dévie pour aller dans une boutique locale.

On arrive dans une peite boutique toute peinte en rouge orange plutôt gaie. Mais ce qui est moins gai ce sont les grilles qui la protègent. Doubles grilles aux fenêtres et aux portes. Le comptoir qui sépare les clients des vendeurs est fait d'un bar comme dans toutes les boutiques surmonté d'une grille au travers des barreaux de laquelle on passe sa monnaie et on recoit ses marchandises. Il parait qu'il faut bien cela pour se protéger contre les pillards isolés et ou contre les émeutes de faim. Le père Lafont nos a raconté à une époque particulièrement dure, La faim de certains était telle que le pain était distribué devant les postes de police.

Dans la boutique on achète des espèces de petits pains beignets et des canettes de Coca. Il ne vende pas d'eau minérale.

On va chez l'une des filles qui habite une petite maison probablement jugée digne de nous accueillir. En effet la pièce commune est assez propre de taille raisonnable avec des fauteuils en faux simili ska‹ plutôt confortable. On écoute une cassete de la chorale paroissiale où on entend la voix du père Lafont lisant une épitre. Les filles nous explique un peu comment elles vivent. Il parait qu'ils sont de plus en plus pauvres, mais ils manifestent un grand espoir en Mandela. Et elles sont heureuses d'être libres même si c'est plus pauvres qu'avant.

On déjeune de ces beignets un peu gras avec du poivron piment et des frites un peu huileuses mais pas mauvaises du tout. en partant on salue la grand mère qui s'est tenue à l'exterieur pendant que nous étions dans la maison et on quitte ce petit pavillon en pré-fabriqué avec son jardinet pauvre mais bien tenue.

Devant chez Taglia où on récupère les voitures qui n'ont pas été fracturées malgré les craintes de certaines. Il faut dire que le père Lafont c'est amusé à nous mettre dans l'ambiance en nous demandant de verrouiller nos portières lorsque l'on est arrivé dans le quartier. Devant chez Taglia on rencontre donc deux voisins désoeuvrés qui manifestement à leur haleine se sont occupés en biberonnant et nous harcèle pour obtenir quelques sous. Ce qui me surprend le plus c'estque Taglia et les membres de sa famille qui sont là les laisse faire comme si cela faisait partie du paysage, alors que l'on aurait p– imaginer qu'elles les écartent.

On retourne don cà l'école retrouver le père Lafont. En attendant la fin de son rendez vous on papote Inès et moi avec un groupe de professeurs qui devisent là. Ils nous expliquent que ce collège accueille des élèves de 16 à 21 ans, pour former des techniciens menuisiers, éléctriciens, ...

L'insécurité semble vraiment être de leur propre aveu le problème majeur. I y a beaucoup de violence partout. Et en effet il parait que seuls blancs au milieu de tous ces noirs on nous a plusieurs fois gratifiés depuis ce matin de regards si ce n'est hostiles au moins de travers. Heureusement le nom du père Lafont est un passe magique. Mais on ne se sent tout de même pas très à l'aise, quand on voit toute cette pauvreté entassée prête à exploser à la première provocation. Les professeurs nous raconte d'ailleurs que le sujet du jour c'est de savoir ce que l'on va mettre comme materiel dans les nouvelles salles de classe. Ces formations exigent du materiel mais ils savent qu'il est probable qu'il sera vite saboté ou volé. Donc certains disent à quoi bon. Mais le père Lafont leur réplique c'est à vous de vous organiser pour en assurer une protection efficace. On visite ce qui reste des anciens batiments qui étaient très vétustes sans carreaux aux fenêtres, ni plafons correct. Les crédits pour les écoles noires étaient toujours minimums. Encore aujourd'hui les fonds rassemblés par la fondation du père Lafont ont payés la moitié des travaux alors que l'Etat doit en principe payer l'autre moitié, mais on attend toujours les crédits. Malgré toute cela on sent chez tous ces noirs une joie de vivre dont certains de nos banlieusards parisiens ferait bien de s'inspirer.

On passe voir une dame qui parait il est très active et travaille beaucoup avec le père Lafont. Mais elle n'est pas chez elle. On nous installe et on nous offre un Coca dans son salon en l'attendant. Elle habite dans une des rares vraies maisons en dur.

Puis comme elle n'arrive pas on va voir un sculpteur à qui le père Lafont à commander des allégories pour l'autel de la chapelle du séminaire. Ce matin on a pas p– passer le voir car la rue qui menait chez lui était inondée par les pluies d'hier. Ce soir on le voit et il promet une fosi de plus au père Lafont qu'il sera prêt bientôt.

On quitte Soweto pour retourner à Préttoria. On accompagne Inès dans son quartier et on se dépèche de rentrer au séminaire car le père Lafont ne veut pas être en retard à un rendez vous à 18h30.

On arrive juste à temps pour diner dans le refectoire du séminaire avec les séminaristes. Je me retrouve seul touriste à une table de séminaristes. Au début j'en ai un peu marre et j'appréhende de devoir raconter encore une fois ma vie. Mais cela se passe très bien et ils me racontent comment le père Lafont l'année dernière à l'occasion de la coupe du monde de rugby s'est arrangé avec le consulat de France pour que l'équipe de France vienne une après midi au séminaire. Ils ont fait une partie de foot équipe de France contre séminaristes puis ils ont p– assister à une séance de leur entrainement sur le terrain de sport su séminaire. Ce devait être un temps vraiment fort.

Le père Lafont nous a raconté qu'il a aussi réussi dans la série de ses manoeuvres de relations publiques, il y a peu de temps à faire venir une journée dans Soweto l'ambassadeur de France et son épouse.

Le diner est typique cantine c'est à dire léger, sain et pas très bon, mais cela tombe bien car je n'ai pas très faim. On papote ensuite dans la cour du séminaire par petits groupes avec les élèves. Jérôme et moi on a cherché la piscine mais il parait qu'elle est fermée.

Je remonte asez vite dans ma chambre pour prendre un petit moment de calme.

Puis on se retrouve dansle salon des professeurs à l'étage. On fait les comptes, puis le recteur et la bonne soeur intendante qui a beaucoup d'humour nous rejoignent. Suivi par le père Lafont qui semble d'assez mauvaise humeur. Il a gentiment envoyé mon fax à maman. Je vais téléphoner à Inès dans son bureau. Puis on va se coucher.

Je propose que l'on se lève à 7h30 avec le père Lafont qui veut bien nous conduire à Préttoria à condition qu'on ne le retarde pas. Cela nous évitera si on part tous à la première heure de repasser ici et du coup de perdre la matinée. Mais il y a une espèce d'intertie qui s'installe chacun disant moi je suis d'accord mais ce sont les autres qui ne veulent pas. Je décide de dénouer cette inertie et je pars retrouver les filles qui sont déjà parties se coucher. Jérôme a la flemme de m'accompagner mais je décide que je vais me débrouiller tout seul.

J'ai un peu du mal à retrouver les filles et j'erre dans la cour à la recherche de leur batiment, je rentre dans plusieurs salles communes avant d'aterrir dans un couloir de chambrées. Un séminariste sort alors de sa chambre pour m'aider. Chez les filles je papote un peu avec elles. Elles s'avèrent d'accord pour partir à 7h30.

De notre coté avec Jérôme nous réglons le réveil du poste téléphonique à 7h. On dort encore la fenêtre fermée ce qui fait que je ne dors pas très bien, et que je m'enrhume de plus en plus.

Jeudi 15 février

Le téléphone ne sonne pas à 7h. Heureusement Jérôme se réveille à 7h30. on prend notre douche en catastrophe pour être prêts dans la cour à 7h30. Où les filles nous rejoignent. On attend sous les auvents à l'abri de la pluie qui s'est remise à tomber, la sortie de la messe où le père Lafont est.

On monte dans sa voiture avec des tas de paquets de nourriture qu'il compte déposer à des familles pauvres de Soweto. Il nous dépose devant l'agence Budget à Préttoria. Ce matin il est plus cordial.

On loue une voiture catégorie A qui s'avère être une grosse Nissan assez confortable. J'aimerai que l'on roule car on a pas mal de route à faire. Mais les autres préfèrent le plaisir avant le devoir et souhaitent petit déjeuner. Je me plie bien volontiers à la majorité et on aterrit dans un restaurant à quelques pas de Budget. On prend des oeufs et du bacon. On me sert mon lait froid avec des glacons. Cet endroit est manifestement plutôt pour blanc et c'est d'ailleurs un serveur blanc qui s'occupe de nous.

Puis on prend la route et on roule, roule, roule. On va vers l'est du Transval qui est la province dont Johannesburg est la capitale. Je roupille une bonne partie de la matinée. Je papote un peu avec Chrystèle. On s'est arrété pour acheter de quoi grignoter pour le déjeuner car "même si personne n'a faim, il est quand même 14h" donc il faut déjeuner. Je me contente d'une bouteille d'eau.

Le paysage est très vert partout. Ce qui n'est pas étonnant vu ce qui tombe comme pluie. Il n'y a pas beaucoup de champs, ce n'est pas très cultivé. C'est très plat ce grand plateau du Transval. On voit des troupeaux de ci de là. On voit aussi quelques mangoustes sur le bord de la route.

On arrive à l'une des entrées du parc Kruger à 3h. Au bureau on est accueilli par une afrikaner professionnelle mais on ne plus froide. On prend un ticket d'entrée. Elle ne veut même pas téléphoner pour nous au lodge pour savoir s'il y a de la place pour la nuit, sous pretexte que si elle téléphone et qu'il y a de la place on devra reserver.

Dans le parc la vitesse est limitée à 50km sur les artères goudronnées et à 40 sur les pistes transversales. De toute facon on roule très lentement l'oeil aux aguets des moindres animaux.

On commence par ne voir que quelques oiseaux, puis quelques antilopes, devant lesquelles on s'extasie. Même si on sait qu'après deux jours de reserve animalière on ne les regarde même plus tellement elles sont banales, du moins la race commune d'antilope.

En attendant j'ai froid car toutes les fenêtres sont grandes ouvertes pour pouvoir mitrailler et les courants d'air n'arrange pas mon rh–me. Surtout qu'avec ce temps pluvieux j'ai fait le mauvais choix ce matin en mettant un bermuda. Je m'enmitoufle dans mon blouson et j'attends que cela passe en écoutant mon bouquin sur l'histoire de l'Afrique du sud par Bernard Lugan.

On arrive au lodge à la nuit tombante. On hésite à prendre deux bungalows de deux places. Mais je préconise de prendre un bungalow et un emplacement de tente et on s'arrangera ensuite. Car les bungalows sont assez chers à 230 rands soit 300f.

En fait on ne nous donne pas de clé pour fermer notre bungalow il parait que le coin est assez sur et sin a des affaires précieuses on n'a qu'à les laisser dans notre voiture. Du coup tous les bungalows sont ouverts. Donc plutôt de s'entasser à quatre dans un comme je l'envisageai je me propose pour aller m'installer dans celui d'à coté qui est manifestement vide et comme le parc ferme à 18h30 peu de risques que des nouveaux clients arrivent.

Les bungalows sont très confortables avec deux petits lits, une douche, un frigo, des toilettes. Tout cela en bois et en parfait état.

On fait un tour dans le magasin du lodge pour y acheter notamment de quoi petit déjeuner. Il y a surtout des souvenirs de plus ou moins bon go–. On espèrait y trouver de quoi se faire un pique nique pour diner, mais il n'y a rien de la sorte.

Du coup on va au restaurant. Devant il y a une statue grandeur nature d'un éléphant ce qui me permet de me rendre compte de ce que c'est en le tatant.

Agnès ne dine pas avec nous car elle est un peu malade. On a droit à un menu unique avec trois plats: poisson, viande bouillie puis poulet. Plus une crèpe comme desseert. On a arrosé tout cela d'une bouteille de vin à 16 rand soit 20 francs qui est tout à fait convenable. Le diner pour trois nous revient en tout à 160 francs, vin compris ! Cela défie toute concurrence. D'autant plus que le restaurant se veut chic, avec couverts à poisson, nappe rouge, vase de fleurs, serveur stylé, décor colonial, petite fontaine...

On a un peu du mal à retrouver notre bungalow dans la pénombre parmi tous les autres. Je squatte donc un bungalow vide. Jérôme après avoir hésité vient me rejoindre et dort dans son sac de couchage sur un lit. Alors que sans scrupules ni sac de couchage j'utilise carrément les draps du mien.

Comme les filles nous démarre une longue série de veillées avortées par leur fatigue, on est au lit à 9h30! Mais à minuit moins le quart je me réveille et plus rien à faire pour me rendormir avant le lever du jour à 4h35. J'entends chanter les premiers oiseaux à 3h45 alors qu'il fait encore bien nuit.

Vendredi 16 février

A 5h45 je suis réveillé de nouveau par le bruit des voitures de touristes qui partent observer les animaux à leur réveil. J'hésite à réveiller les autres. Mais le temps que je paresse un peu Chrystèle vient nous réveiller. On petit déjeune sur la terrasse du bungalow. Les filles s'impatientent car j'ai mis assez longtemps à bien ranger mon bungalow ni vu ni connu, à remettre chaque objet dans l'état et notamment à plier les serviettes de toilette. Heureusement pour moi Jérôme n'est pas prêt non plus et nous sommes solidaires. Ce petit déjeuner est très agréable avec le chant des oiseaux dans les arbres qui nous entourent et des tas de petits singes qui nous observent et attendent probablement pour chiper nos restes.

Les filles vont voir la rivière pendant que l'on termine de se préparer. Puis on part vers 7h. On laisse notre bungalow ouvert comme on l'avait trouvé. Avec juste la moustiquiaire rabbattue. Je trouve cela vraiment super à notre époque de surprotection et craintes contagieuses de trouver un endroit sans clés.

On se balade toute la journée dans le parc. Malheureusement avec les pluies de la veille la plupart des pistes sont fermées et on doit rester sur les routes goudronnées. On voit tout de même pas mal d'animaux. Des tas de gnoux, de buffles, d'antilopes, même une coudou. Un éléphant, la tête d'un lion. Et des girafes dont une que l'on voit en fin de journée sur une piste. Lorsque Chrystèle qui conduit s'approche d'elle, elle ne fuit pas et se contente d'avancer sur la piste d'un petit galop tranquille. On la course gentiment pendant un bon moment, jusqu'à ce qu'elle finisse par sortir de la piste. C'est vraiment un animal immense. 5m50 au garrot pour les maecirc;les et 4m50 pour les femèles d'après le guide. Même moi j'arrive à la distinguer. Sinon le reste du temps je ne vois pas grand chose. J'essaie pourtant de ne pas trop dormir afin de ne pas encore avoir d'insomnie cette nuit.

Pour déjeuner on s'est arrété dans un lodge où on a pris une soupe. J'en profite aussi pour me renseigner sur les possibilités pour rejoindre Johannesburg. Et je téléphone pour reserver une place de Nelsprut. L'hotesse est très aimable au téléphone.

Vers 5h on sort du parc. Je commence à en avoir un peu marre. Mais les autres semblent toujours passionnées bien que l'on n'est rien vu d'extraordinaire. On a un peu du mal à retrouver la grande route, car en fait il faut traverser une autre reserve privée voisine lorsque l'on sort du Kruger par la porte que l'on a empruntée.

On prend la route en direction de Pelgrin rest.

Graskop

Il pleut des cordes. On s'arrète dans un petit village avant Pilgrin rest car le pompiste chez qui nous avons fait le plein nous dit que les hotels sont moins ici qu'à Pilgrin rest. On trouve deux chambres dans l'hotel du coin. Il y a de belles salles de bains au bout du couloir.

On essaie de téléphoner au father Lafont pour savoir si Christophe le copain de Jérôme qui doit normalement venir de Ta‹pé nous rejoindre, lui a laisser un message. Mais la cabine en face de l'hotel ne marche pas.

Pilgrin rest

On reprend la voiture pour aller diner à Pilgrin rest. Les filles seraient bien restées se coucher, mais on les entraine avec nous. On traverse une forêt sous une pluie mélée à un brouillard qui rendent la route sinueuse très difficile. Il parait que cette forêt n'existait pas il y a un siècle. Elle a été plantée par les mineurs qui ont découvert des gisements d'or à Pilgrin rest en 1884 et qui avaient besoin de bois pour étayer leur mines.

La dernière mine rentable a fermée il y a vingts ans et la ville a été rachetée par l'Etat pour en faire un village musée.

Le village est effectivement construit de maisons en bois typiques. On trouve un restaurant dans le Grand hotel

On se renseigne pour connaitre le prix des chambres qui est effectivement plus cher, 550 rand pour une chambre à quatre alors que notr ehotel nous co–te 250 rands pour deux chambres. :.Le restaurant est très sympa. Avec un décor typique de saloon, des photos sur l'époque des mines d'or. Une excellente musique jazz. On prend un merlot très bon comme vin. Je choisis un plat malais. L'ambiance est excellente et je me sens enfin en vacances et détendu. Même les filles qui étaient crevées se réveillent un peu pendant le diner. Le serveur un petit noir rondouillard est aussi très sympa.

En sortant on joue un peu puis les filles retombent crevées dans la voiture. Au point qu'en rentrant à l'hotel elles foncent dans leur chambre sans nous dire bonsoir.

Jérôme accepte que l'on ouvre malgré le risque de bruit de la circulation sur la route. Du coup je dors beaucoup mieux et mon rhume se dégage.

Samedi 17 février

Je me réveille à 7h45. Je réveille les autres en allant prendre un bain dans la salle de bains commune qui est plus loin dans le couloir. Il y a un local avec une baignoire qui s'avère être particulièrement grande et agréable. C'est rare de trouver une baignoire moderne où on puisse avoir les épaules dans l'eau tout en ayant les jambes allongées. Puis on descend petit déjeuneer. On a droit un buffet excellent et très riche. Je ne commande que du bacon sans oeufs pour pouvoir profiter du reste.

Blyke River Canyon

On prend la voiture pour parcourir la Bkyke Canyon River. C'est un grand canyon de plusieurs dizaines de kilomètres de long. On peut le suivre par une route qui en longe le bord supérieur. Il y a des points de vue qui sont aménagés de loin en loin et chaque curiosité est mise en valeur, avec un parking aménagé, des vendeurs de bibelots et une buvette.

Ce canyon s'est creusé dans les flancs du massif du Dragensberg du Transval.

Dragensberg

On commence notre tour par les chutes Mac Mac. Baptisées ainsi car il parait qu'il y avait des émigrants écossais qui habitaient dans le coin.

chutes Mac Mac Elles sont très impressionnantes. Jérôme leur donne même au début carrément 200m de haut. En fait elles doivent n'en faire qu'une cinquantaine. Mais c'est très difficile car nous sommes cantonnés sur un point de vue, au demeurant très bien aménagé. Mais trop bien. Une petite plate forme complètement grillagée pour éviter tout accident avec juste des petits trous de la taille d'une tête au travers desquelles on peut passer sa tête pour prendre une photo avec son appareil. On domine la chute qui tombe assez loin plus bas dans une végétation luxuriante. Le spectacle est très beau.

chute Mac Mac photo

De là on va aux Mac Mac pools.

Mac Mac pools C'est un petit bassin dans lequel le début de la rivière encore toute maigre vient se jetter et former une piscine. Autour il y a des pelouses et des arbres très agréables. Les autres se trempent les pieds dans l'eau, je m'abstiens car je sui splutôt du style tout ou rien on se baigne complètement ou pas du tout. Et je ne veux pas nous retarder pour arriver au Blyke River Canyon, où il doit y avoir des tas de choses à voir. Pourtant c'est encore un chaud soleil qui nous chauffe.

Puis on va à la God Window.

God Window Il s'agit d'une colline couverte de végétation luxuriante qui domine la vallée. Et il y a aussi des points de vue qui sont aménagés d'où on a une vue magnifique sur toute la région. Ou plutôt on doit avoir une vue magnifique car lorsque l'on y va on est plongés dans une brume épaisse qui se déplace à vue d'oeil. Les nuages se heurtent à la montagne, on a l'impression de pouvoir les toucher à la main.

On fait le tour de la colline en suivant un sentier qui mène au sommet. Agnès m'aide à grimper. On croise un couple d'allemands avec qui j'échange quelques mots et qui m'explique qu'ils ont du mal à comprendre l'afrikaner. En haut aussi la vue est bouchée. En redescendant cela se dégage un peu.

Puis on reprend la voiture pour aller au site suivant. Là on peut franchir le début du canyon sur trois passerelles qui enjambent deux petites rivières qui confluent à cet endroit et forment le canyon. C'est le début de la faille qui a permis le canyon. C'est amusant de voir les caprices du courant et de la faille qui passe par des endroits bizarres dans ces gorges encore étroites.

Puis on va sur un point de vue d'où on voit une bonne partie du canyon en enfilade. Ces vues semblent très impressionnantes, mais je ne vosi pas grand chose personnellement.

Puis on va à un autre point de vue qui domine deux méandres du canyon. On se rapproche du lac marron dans lequel débouche le canyon et la rivière.

Les filles achètent deux toukans en bois avec des pieds en fil de fer.

Puis on quitte le canyon, alors que le ciel se dégage et le soleil commence à briller. Ce canyon est vraiment majestueux et très beau. Je regrette que 'lon soit confiné sur la route du sommet à aller en voiture de point de vue en point de vue. J'aimerai bien pouvoir plus marcher et notamment descendre dans le fond. Mais il parait que cela ne se fait que dans des randonnées de deux jours.

On fait le tour du Drakensberg. C'est aussi très beau à voir de la plaine qui l'entoure. Il y a toute la plaine plate du Transval et cette chaine de montagnettes qui émerge du plateau.

A un moment on s'engage sur une piste qui devrait être un raccourci pour rejoindre Graskop. Mais on arrive à un endroit complètement inondé qui nous oblige à faire demi-tour. De toute facon on a rencontré des afrikaners en voiture qui nous on dit que ce n'était pas la bonne route.

D'une facon générale on voit pas mal de noirs marcher le long des routes.

On traverse des forêts de sapins très belles. Jérôme s'amuse à fumer pendant que Chrystèle tient son volant.

Graskop

On rentre à Graskop. On troue un restaurant sans repasser par la case hotel. On prend des ladys steaks qui font déjà 200 ou 300g contre 400 ou 500g pour les steaks d'hommes!

En rentrant à l'hotel un noir nous aborde en nous annoncant qu'il a lavé notre voiture ce matin et qu'il réclame son salaire. Effectivement on avait remarqué en prenant la voiture ce matin qu'elle avait été lavée. On commence par refuser d'être mis ainsi devant le fait accompli. Puis une fois qu'on lui a bien montré que l'on était pas les pigeons de service et que ce n'était pas un d–. Jérôme redescend pour lui donner volontairement un petit quelque chose.

On prend un bain dans la piscine de l'hotel avant d'aller se coucher. L'eau est plutôt froide mais cela fait du bien.

Dimanche 18 février

Après un bon bain, avec rasage et shampouinage, nous descendons petit déjeuner. Puis on prend la voiture pour aller à Pilgrin rest. Pour une fois un beau soleil brille. Agnès et Jérôme veulent tacher de trouver une messe dominicale.

Pilgrin rest

A Pilgrin rest on truve l'église catholique. Mais en guise d'affiche pour les horaires on voit une indication sur l'horaire de la messe de No‰l. On apprend dans le village qu'il n'y a qu'une messe par mois. Mais on voit des pancartes qui indiquent une église méthodiste et une anglicane. Jérôme et Agnès ne sont pas regardants sur le culte du moment qu'ils peuvent cocher la case messe. Chrystèle et moi ne sommes pas très chauds.

Je propose que nous allions voir les petits musées sur la vie des mines qui ont été aménagés dans le village. Mais à ma surprise au moment de se séparer, Chrystèle décide de rester avec les autres et d'aller à la messe. Heureusement je lui ai posé la question que je croyai de pure forme de savoir ce qu'elle préférait faire. Je me retrouve un peu désemparé seul.

J'achète mon billet pour visiter la mine. La caissière m'explique qu'en raison des inondations seul la visite au bord de la rivière est faisable celle au fond de la mine est fermée. Je trouve un anglais qui gentiment me propose de m'accompagner à la visite. Heureusement car cela s'avère à quelques kilomètres de là. Il m'emmène dans sa voiture, mais ne reste pas pour faire la visite qu'il a déjà fait l'année dernière. Je me retrouve encore seul. Un noir me prend mon billet et m'accompagne jusqu'à un banc rondin de bois et me laisse là en m'enjoignant d'attendre. Au bout de quelques minutes je suis un peu inquiet car je demeure seul alors qu'il est l'heure du début de la visite. Je crains donc que l'on m'est oublié dans un coin et qu'elle ne démarre sans moi. Je me lève pour aller me manifester auprès d'un vieux bonhomme qui engueule des touristes à coté d'unetente meublée comme au temps de celles des chercheurs d'or. Avec dans la tente des ustensiles de cuisine et un gros meuble bahut.

Le type qui bougonne s'avère être le guide qui fait une petite crise aurpsè de deux touristes français parcequ'ils ne comprennent pas bien l'anglais. Je me propose pour servir d'interprète.

On revient au banc où je m'inquiétai sans raison pour démarrer la visite par un petit speech d'introduction du vieux guide bougon qui est un blanc. Il nous retrace l'historique du lieu. Puis lorsqu'il a fini la partie noble il passe la main à un noir qui nous emmène au bord de la rivière où il empoigne une pelle pour nous faire une démonstration de chercheur d'or.

Le processus commence par le prélèvement de cailloux dans le flanc de la colline. Puis ces cailloux sont cassés en petit morceaux au moyen d'une grosse masse actionnée par une roue à aube, qui sera plus tard remplacée par une machine à vapeur. Pusi les petits cailloux ainsi obtenus sont placés dans le cours de la rivière. L'eau qui pase dessus permet de laver le caillou. Il passe ainsi par plusieurs casiers superposés dans el cours de l'eau, comme une grosse conduite en demi-cylinde découpée en compartiment filtre successifs. Débarassés de la terre et des impuretés, les miettes de cailloux qui subsistent sont placées dans une grande écuelle. Où le chercher d'or lave encore les miettes et fait disparaitre par rincages successifs toutes les impuretés, pour ne garder ensuite que les paillettes d'or.

Et effectivement dans son écuelle on voit bien quelques paillettes d'or.

Le problème c'est la rentabilité de telles techniques, car il faut beaucop de temps et de moyens pour amasser une somme significative. D'où la technique qui a été développée ensuite, qui consiste à creuser une mine à l'intérieur de la montagne. Ce qui suppose des étais digne de cenom. On repère une veine où il semble y avoir de l'or, à l'intérieur de la montagne et on exploite ce filon. On dissocie l'or des impuretés par analyse chimique. Une fois que l'on a trouvé la veine le rendement en or est bien meilleur, que dans la première technique, mais cela suppose d'avoir eu les moyens lourds necessaires por creuser jusqu'à la veine. Notamment il faut étayer les galeries des mines. D'où toutes les forêts de sapin que l'on voit aux alentours et qui n'existaient pas il y a cent ans. Elles ont été plantées par les chercheurs d'or qui souhaitaient avoir du bois sur place. On a du mal à imaginer le paysage sans tous ces arbres.

Nosu terminons la visite par la cahute qui servait au préposé de la compagnie qui pesait et achetait aux chercheurs d'or le résultat de leurs fouilles. On retrouve le vieux guide bougon qui s'est radouci et plaisante même avec nous.

Tous les touristes de la visite se retrouvent dehors c'est à dire, les deux français qui ne comprennent pas bien le français et moi. Je pars avec le père à pied en direction du village, tandis que le fils monte dans les collines par un petit sentier à la recherche d'orchidées dont c'est la passion. J'irai bien moi même crapahuter dans la montagne, mais les autres risques de s'inquiéter si je disparais pendant deux heures.

On les croise d'ailleurs sur la route, tandis que je papote avec le vieux français qui est un orticulteur à la retraite. Son fils travaille à Air France et lui a payé le billet d'avion pour venir ici se distraire car il a perdu récemment un autre fisl piqué par des abeilles. Les autres eux aussi sont en compagnie d'un petit vieux qui nous dit avoir 90 ans et être le dernier survivant des mineurs du coin. Il nous raconte un peu comment cela se passait, mais ce n'est pas facil ed el ecomprendre car il a un accent gallois à couper au couteau.

Jérôme récupère les clefs de la voiture que j'avais gardé et part la chercher. Je repère son retour à la conduite nerveuse qui le caractèrise et qui nous secoue bien sur les petites routes à 150km/h. Ils vont faire la visite que je viens de faire, tandis que je retourne au village avec mon ami orticulteur.

On s'installe à une terrasse de café pour prendre une bière. J'aurai bien été visiter les autres musées de la mine, mais il ne veut pas rater son fils lorsqu'il reviendra. Et en effet celui ci nous retrouve assez rapidemment car sa balade a été un peu avortée par un senier sans issue.

Les autres me retrouvent. On essaie d'aller voir les deux musées qui sont des maisons aménagées en épicerie et en imprimerie de l'époque. Mais elles sont fermées lorsque l'on arrive.

On reprend donc la voiture pour quitter Pilgrin rest. On tente de monter à cheval en trouvant le club d'équitation du coin, mais il s'avère presque desert et fermé.

Blyke River Canyon

On retourne aux abords de la Blyke River Canyon.

Comme on passe à coté des Mac Mac pools on a failli se baigner hier, je propose de s'y arréter pour profiter du beau soleil et du bain, mais ma proposition est rejettée. On va plutôt à une autre cascade que l'on a pas encore vue. Au début je ne suis pas ravi de voir une cascade de plus.

Mais elle s'avère super cette Lone Creek Falls. D'abord parceque pour une fois on peut

Lone Creek Falls la voir d'en bas. On se balade au pied de la chute, dans une végétation luxuriante abondamment arrosée par les projections de la cascade.

On monte d'abord jusqu'à mi hauteur le long de la chute par un petit escalier aménagé, où on est bien arrosé. Puis Jérôme repère un petit sentier un peu plus loin qui grimpe à flanc de la colline. On l'emprunte et on grimpe en crapahutant. L'ascension n'est pas très facile et Agnès qui avait d'abord pris la tête cède vite sa place à Jérôme, car elle n'est pas trop rassurée de se frayer ainsi un chemin pratiquemment au coupe-coupe.

On arrive sur le plateau au sommet de la chute. Là le paysage est tout à fait différent. La végétation qui n'est plus arrosée par la cascade ressemble plus à une garrigue sèche avec pas mal de pierres. Ces contrastes sont assez fort. D'ailleurs dans les derniers mètres de la montée on a traversé une petite pinède, contrastant bien avec la forêt vierge en dessosu et la garrigue au dessus.

Là où on voit que ce pays est civilisé et bien organisé c'est qu'il y a une barrière qui empèche d'approcher trop près du vide formé par la cascade. On va au bord de la rivière en amont. Le courant est assez fort, mais pas tant que cela. Je m'approche pieds nus pour aller mettre le pied dans l'eau.

Puis on redescend au fond de la cascade. On va plus en ligne direct, face à la pente. Et on s'accroche de racine en liane, de liane en rocher, lorsque c'est vraiment pentu. On glisse un peu et j'ai un peu du mal à preserver mon bermuda de la boue, mais j'y parviens à peu près.

En bas on rince nos mains et nos chaussures dans un bassin près du parking et on reprend la voiture.

On va à l'aéroport de Neulpruit.

Neilpruit Où je dois prendre un avion pour Johannesburg. Tandis que les autres ont l'intention de retourner au Krugger Park. On tournicote un peu pour trouver l'aéroport. Il faut dire qu'il n'est pas grand.

En effet c'est vraiment l'aéroport de campagne avec juste un petit batiment et une piste en herbe. Les autres me quittent là. Et j'attends mon vol qui est prévue dans une heure à 5h, sou sun petit auvent assis sur des meubles de jardin. C'est vraiment la plus agréable salle d'attente que j'ai jamais vue.

Il y a plusieurs noirs qui attendent avec moi. Démonstration qu'il y en a tout de même quelques uns qui s'en sortent. Je papote avec certains et j'écoute mon bouquin.

Au moment où on s'apprète à monter dans notre petit avion qui vient d'arriver de Johannesburg, on nou sarrète à quelques pas de la passerelle en nous annoncant que l'on ne peut pas partir tout de suite car l'avion à un pneu crevé.

Et le problème avec ces petits aéroports, c'est que même si la panne est mineure comme c'est le cas aujourd'hui, il n'y a personne sur place de compétent pour réparer. Donc il va falloir attendre qu'un technicien vienne par le prochain vol de Johannesburg pour réparer. Soit au moins 1h30 de retard.

Je demande à pouvoir téléphoner pour prévenir Inès de ce retard et lui éviter de m'attendre à l'aéroport. Mais le temps que l'hotesse m'emmène à son comptoir Isabelle m'annonce au téléphone qu'Inès vient tout juste de partir me chercher.

Je retourne bouquiner sous le petit auvent, jusqu'à la tombée de la nuit, où la crainte d'une attaque de moustiques me fait rentrer dans l'aérogare.

J'ai demandé avantà récupérer mon pantalon dans mon sac. Du coup un noir m'a accompagné jusqu'à l'avion. On a fouillé ensemble dans la soute où j'ai récupéré mon babage. Dans lequel j'ai pris mon pantalon. C'est la première fois que je vais ainsi dans une soute à bagages. J'en profite pour faire le tour de l'avion et prendre mon temps pour le palper. C'est un bimoteur à hélices. Je touche les ailes, la carlingue, les moteurs.

Enfin à 7h on nous appelle pour monter dans l'avion. Malheureusement il fait nuit donc on ne verra pas le coucher de soleil en vol. C'est un avion de 28 places, assis deux et un par rangée. On peut tout juste tenir debout au milieu de l'allée et surement pas au niveau des sièges.On nous sert un jus de fruits et un petit snack froid de crudités et de saucisses assez bon.

Johannesburg

On aterrit à Johannesburg à 20h30. Une hotesse m'emmène dans une Espace jusqu'à l'aérogare. On retrouve Inès qui m'attend patiemment à l'arrivée des bagages. Malheureusement la voiture qu'elle avait garée sur une place pour handicapé a été embarquée pour la fourrière. Donc on doit aller la chercher sur un parking éloigné. On se fait accompagner par un agent de la sécurité Joseph Coumala avec qui Inès a sympathisé en négociant pour récupérer sa voiture. Donc on la récupère sans avoir à payer les 150 rands d'amende.

On arrive chez Isabelle berge vers 9h30. Elle nous attend toujours aussi aimable. Elle nous offre une tarte à la tomate succulente, ainsi qu'une non moins bonne salade verte. Malheureusement il n'y pas de vin pour arroser cela.

On papote un peu sur les prénoms avant d'aller se coucher.

Leur maison est très spacieuse avec un vaste salon, une cuisine aussi très grande et plusieurs chambres. Comme les pièces de reception ne sont pas équipées de barreaux aux fenêtres, comme le sont les chambres à coucher. Il y a une grille qui ferme le couloir qui mène aux chambres et les protège contre les intrus. Car ce quartier résidentiel est souvent visité par les voyous. Et leur maison a déjà été cambriolé deux fois depuis qu'ils sont là! Et à chaque fois pendant qu'ils dorment là. On leur a à chaque fois pris tous les objets de valeur transportables du salon. D'où cette grille assez impressionnante à voir dans une telle villa résidentielle. Isabelle la verrouille avant d'aller se coucher et branche le système d'alarme.

Je dors dans une chambre sympa avec la télé. Je résiste à la tentation de lire trop longtemps Marie Iggins Clarke, de crainte de ne pas avoir assez de cassettes pour tout le séjour si je dévore tout trop vite.

Lundi 19 février

Je me réveille à 6h50, je commence par prendre une douche dans la baignoire qui s'avère ne pas avoir de pommeau de douche. Mais Inès entre dans la salle de bains pour me signaler que parmi les qualités de la maison il y a une salle de douche indépendante de la salle de bains.

Après un excellent petit déjeuner avec du melon et des céréales, Isabelle toujours aussi adorable, nous emmène à l'aéroport, où nous devons accuellir Emmanuelle Vercollier et prendre le premier avion pour le Cap. Heureusement les vols pour le Cap se font du même aéroport.

On y arrive juste à 8h30, horaire de l'arivée de l'avion d'Emmanuelle, Inès se précipite de peur de ne pas là pour l'accueillir, mais le temps qu'elle passe la police et récupère ses bagages on a le temps. Et en plus son vol est annoncé avec 1h30 de retard.

Donc on a largement le temps de prendre nos billets pour le Cap, d'aller dans un autre terminal reserver des Johannesburg Victoria Falls auprès de Air Zimbabwe, puis de reserver des Victoria Falls - Maoun, qui est l'aéroport proche du Loquavengo, auprès de Air Bossuana.

Tout cela laisse le temps au vol d'Emmanuelle d'arriver. On l'accueille à la sortie des bagages. Elle se lance d'emblée dans une grande papote avec Isabelle qu'elle n'a pas vue depuis longtemps. Tandis que nous allons vers le terminal des vols domestic pour le Cap. On rencontre en route notre copain de la veille Joseph Coumalow. Emmanuelle ne réalise qu'elle devra attendre quelques heures pour récupérer de sa nuit de vol, qu'au moment où on enregistre pour le Cap.

On monte dans un gros Airbus 300 avec au moins 200 passagers. On voit que c'est une ligne fréquentée. Le vol dure 1h40mn.

Cap Town

Arrivé à Cap Town, je retrouve Guilaume Vernier pendant que les filles s'occupent gentiment de récupérer nos bagages. On voit un type qui trimballe une paire de skis ce qui est assez insolite par ici. Je lui demande ce qu'il compte en faire et il m'explique qu'il revient d'un séjour de ski en Autriche. Guillaume profite manifestement de la vie locale avec un bronzage insolent.

Il nous emmène chez lui dans sa voiture de location. C'est à dire chez Martine, une française qui tient un Bed and Breakfast de luxe, où il est choyé et beaucoup mieux qu'à l'hotel.

On fait un petit détour pour avoir un apercu de la ville et des points de vue sur l'océan. Les paysages sont magnifiques, très verts, avec la montagne qui tombe dans la mer. Un soleil magnifique brille et il ne fait pas trop chaud.

On arrive au Bed and Breakfast. L'endroit s'appelle La Fontaine 14 Avery avenue, Constantia, téléphone 27-21-7941749

La Fontaine Il y a une maison principale, et une annexe derrière séparée de la maison par un bassin avec jets d'eau, statues et plantes. Les filles trouvent cela d'assez mauvais go–t et prétentieux. En tout cas c'est calme et sympa d'avoir le chant de la fontaine. Chaque chambre est indépendante et a sa porte fenêtre. Le miracle ici qui rend le Cap paradisiaque c'est que graecirc;ce aux vents abondants il n'y a pas de moustiques.

On pose nos affaires et on va déjeuner à la pizzeria du coin, en laissant Emmanuelle faire un petit somme récupérateur.

On repasse la chercher avant d'aller au Cap de Bonne Espérance.

Cap de Bonne Espérance qui est à une trentaine de kilomètres plus au sud de la ville. En fait d'ailleurs les premiers explorateurs croyaient compte tenu de la difficulté que représentait son franchissement que c'était le Cap qui sépare les deux océans Atlantique et Indien. Mais le vrai est encore plus au sud.

On s'arrète sur une plage occupée par une colonie de pingouins. C'est toute le paradoxe de ce pays qui est environ au degré 36 de latitude sud, donc pas si loin du tropique et qui bénéficie des courants polaires de l'antartique avec lesquels viennent notamment les pingouins. C'est vraiment amusant de voir des pingouins sous ce chaud soleil. Ils sont là à se balader sur la plage protégés des touristes par une corde. Certains pataugent dans l'eau.

pingouin

Puis on va jusqu'à la reserve naturelle qui englobe le Cap proprement dit. Le site est très bien preservé et c'est très sauvage, avec très peu d'arbres et des grandes étendues balayées par le vent. Il parait que l'on trouve dans cette reserve plus de 1500 espèces différentes de plantes, graecirc;ce au climat particulier dont elle bénéficie comme cap.

On roule au travers de la reserve jusqu'au parking au bout. On a vu au passage une antilope gambader. Il n'y a aucun arbre dans cette partie, on ne voit que de l'herbe rase.

Après avoir garé la voiture sur un parking, On grimpe la petite colline qui forme l'extremité du cap. C'est un gros rocher battu par les vents avec pratiquement rien comme végétation dessus. Le vent est tellement fort que l'on a du mal à monter les marches qui sont plus ou moins bien aménagées avec un vague escalier de bois de temps en temps. J'ai parfois du mal à tenir seul debout face au vent !

Mais cela vaut vraiment la peine car en haut on a une vue vraiment magnifique sur l'océan qui est donc Atlantique des deux cotés puisque le vrai point le plus au sud du cntinent est plus à l'est. Mais ici c'est le point le plus à l'ouest de l'Afrique Australe et on comprend quand on voit ce cap impressionnant balayé par les vents et l'océan qu'il puisse être pris par des navigateurs pour un Cap majeur. Il y a un beau soleil qui brille sur l'eau. C'est assez émouvant de se retrouver à cet endroit symbolique.

Puis on redescend. Je m'aide de la main de Guillaume car ce n'est pas facile. Le chemin est vraiment très caillouteux, ce qui donne son air désolé à l'endroit.

On reprend la voiture pour revenir un peu plus loin dans le Cap, à l'endroit où émerge une vraie colline. On y monte à pied, le long d'un chemin qui cette fois ci est goudronné en plans inclinés très accessible. Ce doit même l'être pour les fauteuils roulants. Au sommet de la colline se dresse un phare entourée d'une terrasse panoramique.

D'en haut on a une vue que je trouve encore plus belle que du bout du Cap. La lumière est plus belle. Et on a une meilleure vue d'ensemble sur le Cap avec la côte qui part de part et d'autre, en petites criques plus ou moins ensoleillées par le soleil qui se couche. C'est vraiment superbe.

On retourne dans la ville du Cap. On passe à la maison avant d'aller diner dans un restaurant conseillé par Martine pas très loin de chez elle. Là un des serveurs me reconait comme m'ayant ce matin à l'aéroport et en effet c'est le type qui avait une paire de skis! Du coup ils nous soignent gentiment et notamment nous conseillent des exploitations viticoles pour la route des vins que l'on compte faire demain.

On dine d'un excellent poisson grillé avec surtout des très bons petits légumes cuits aldente.

Après le diner on dépose Emmanuelle à la maison, car elle accuse le voyage, puis on va prendre un verre dans un bar du centre ville, avec un petit orchestre de jazz qui joue. Ensuite on tente de rentrer dans la boite l'Emmingway, mais elle est fermée le Lundi. D'après Guillaume c'est la seule qui vaut la peine et il vaut mieux renoncer à danser pour ce soir. Cette fin prématurée n'est pas pour déplaire à Inès qui nous accompagnait plus par esprit de groupe que par envie fétarde.

Emmingway

En rentrant je bouquine jusqu'à 2h avec la fenêtre grande uverte. Quel bonheur de pouvoir la laisser ainsi ouverte sans crainte de moustiques.

Mardi 20 février

Je me réveille à 8h. On prend un excellent petit déjeuner sur la terrasse au bord de la piscine. Avec des céréales, des crèpes, ... La terrasse est ornée de rambardes, de statues et de pots de fleurs, qui d'après les filles ne sont pas de très bon go–t.

On prend la voiture pour la route des vins. Elle se trouve dans une vallée à 80km de la ville.

route des vins

Stellenbosch

Les exploitations viticoles sont concentrées autour du village de Stellenbosch.

On essaie d'abord en vain une première exploitation Meerlust qui a très bonne réputation. Mais le régisseur nous explique très gentiment mais fermement qu'ils ne recoivent que sur rendez vous.

Dans une deuxième exploitation Rust-en-Vrede nous sommes impressionnés par l'état impeccable des installations. Au point qu'il y a des jardiniers qui ratissent les allées lorsque nous arrivons. D'une facon générale toutes les exploitations sont nickel, avec des massifs de fleurs, des pelouses tondues comme des grenne de golf, des batiments modernes peints en blanc, des cuves en inox partout. Mais celle ci est particulièrement soignée car on apprend une fois dans le chêt qu'ils attendent la Reine du Danemark qui doit passer aujourd'hui pour déjeuner ici.

L'exploitation semble assez conue et fait bien ses relations publiques. Notamment dans le chêt où se troue un bar pour les dégustations on voit parmi toutes les photos souvenirs, les diplômes de prix gagnés, un grand poster de Nelson Mandela remettant un diplôme au propriétaire. Il y a aussi un exemplaire du menu du banquet à Oslo pour le prix Nobel de Mandela où figure le vin de la maison.

Et de fait le vin est bon, surtout les cabernay sauvignon. Je fais un petit cours de dégustation aux autres.

Dans une troisième exploitation Blaauwklippen on go–te encore des vins très bons. Avec notamment un risseling qui me plait beaucoup. On rencontre de l'autre coté du comptoir un français qui travaille ici pour accueillir les groupes de touristes francophones. Car les groupes semblent défiler à un bon rythme.

Dans une quatrième exploitation morgenhof ici c'est carrément l'usine. Il faut payer pour avoir le droit de déguster, et on ne peut go–ter que cinq vins choisis dans une liste finie. Et pour le prix on peut même repartir avec notre verre. Cela semble assez difficile de déroger au processus bien codifié du traitement des touristes. Il y a une énorme salle qui est toute tournée vers l'accueil des touristes avec pleins de trucs à vendre, en plus bien s–r des bouteilles.

L'exploitation elle même est gigantesque, ils produisent 1,2 millions de litres dont 700 000 vont en f–t de chêne, qui vienent de France et sont entreposés dans une immense salle que l'on peut voir derrière une vitre. Il parait que c'est l'un des plus grand stock de barriques au monde.

Les vins n'ont aucun interêt et on se dépèche de fuir cette ambiance merkantile. On monte avec notre voiture au sommet d'un coteau qui domine l'exploitation, où on trouve une aire de pique nique qui semble nous tendre les bras. Il y a un auvent avec un bar, des tables et des chaises, qui doit servir à accueillir des groupes. L'endroit est désert et on s'installe dans l'herbe à coté pour pique niquer des provisions que l'on vient d'acheter dans un magasin de Stellenbosch.

Mais les noirs qui travaillent non loin de là doivent nous avoir dénoncer car un afrikaner débarque pour interrompre notre sieste et nous signifier fort peu aimablement que l'endroit est privé et que nous devons quitter les lieux.

On va dans une cinquième exploitation Neethlingshof où on est encore pas très bien accueillis par des hotesses qui s'en fichent pas mal. Là aussi il faut payer, il y a deux prix selon que l'on veut déguster dans un petit verre à vodka ou dans un verre de dégustation. Et en plus les vins ne sont pas terribles.

On va dans une sixième et dernière exploitation, Overgaauw où là on est très bien accueillis. C'est une exploitation familiale, la femme qui nous accueille est très gentille et nous explique pas mal de choses. On est dans un intérieur confortable et chaleureux, au lieu des espaces nickels mais impersonnels précédents.

On reprend la route en direction de Cap Town. C'est toujours Guillaume qui conduit, je lui enjoint d'être prudent car il n'a pratiquemment craché aucun des vins que nous avons gouté tout au long de la journée. Donc il a beau dire qu'il est en parfait état, son alcotest serait probablement d'une couleur prononcée.

On retourne à Cap Town chez Martine pour enfiler un pantalon propre qui nous rendra présentable pour aller prendre le thé à l'hotel du Mount Nelson.

hotel Mount Nelson C'est l'hotel le plus classique et le plus chic de Cap Town, avec son décor très colonial. On s'imagine parfaitement dans la société oisive du début du siècle qui sillonnait le globe de palace en palace. On s'installe dans les profonds fauteuils de la véranda. Je ne cède pas à l'engouement pour le thé qu'Emmanuelle communique autour d'elle et dont elle fait une consommation sans bornes. Je me contente d'un bldymerry et de cacahuètes.

Puis on s'arrache au confort pour aller admirer le coucher de soleil du haut de la montagne de la Table, qui domine la baie de la Table.

Mais en route Guillaume accroche une belle BMW blanche qui arrive dans son angle mort. Guillaume est vraiment désolé car malgré le très léger froissement de tôle provoqué dans l'aile avant de la BM, il est probable que cela lui co–te la franchise de 3000 rands de son assurance. Le conducteur de la BM a l'air aussi embété, il propose d'aller faire une déclaration à la police, mais reste ouvert à tout autre engagement. Il n'a pas plus l'air que Guillaume d'avoir envie de faire cela officiellement. Ce qui me laisse supposer qu'il n'est pas très et avec la police. Mais en fait il nous explique que c'est un musulman malais et aujourd'hui c'est le dernier jour du ramadan. Il a donc faim et est donc pressé de rentrer chez lui. Et n'ayant pas bouffé de la journée cela explique pourquoi il a l'air si mou et indécis. Finalement après une longue papote et des hésitations où chacun intervient, on se donne rendez vous ici pour le lendemain matin. Pour aller chez un carossier qui saura peut-être redresser l'aile à moindre frais.

Du coup le soleil c'est couché et la montagne de la Table c'est rapé pour aujourd'hui. Guillaume s'en veut vraiment de son inattention.

Du coup on va diner dans un restaurant à la mode, sur le bord de mer: Blues à l'adresse the Promenade, Victoria road Camps Bay

Blues Comme on a pas reservé on doit attendre en buvant une margarita offerte par Emmanuelle, que l'on boit au bar. Une table se libère sur le balcon. Il fait un peu frais mais c'est très sympa de diner avec la mer juste de l'autre coté de la rue. On est au premier étage.

Je prends de l'autruche grillée. Qui s'avère être une viande rouge succulente, plus tendre que du roti de boeuf et moins grasse. On boit un vin sympa de cépage Rubicon. La serveuse est très professionnelle et ne se laisse pas émouvoir malgré nos petites taquineries. Elle nous remercie tout de même chaleureusement à la fin pour notre pourboire généreux. 50 rands alors qu'une fois de plus le diner a été très économique: 300 rands pour quatre personnes dans un restaurant à la mode.

autruche

Ensuite on essaie encore d'aller à la boite de nuit l'Emmingway, mais aujourd'hui c'est le jour de fermeture. On rencontre le patron Jonathan que connait Guillaume. Du coup on rentre se coucher.

Mercredi 21 février

Inès vient me réveiller assez tôt juste alors que je pète dans mon lit. Je prends de nouveau un bain dans la baignoire en forme de coeur de ma salle de bains. Ces chambres sont vraiment très agréable avec leur porte fenêtres de plein pied. D'une facon générale cette région du Cap est vraiment super, avec son climat chaud mais aéré, sans aucun moustique. Ces paysages magnifiques, il n'y a que la ville qui ne me semble pas très belle.

On va sur la terrasse de la piscine pour petit déjeuner vers 8h30. Comme le petit déjeuner n'est pas tout à fait prêt on en profite pour faire les comptes et éplucher le contrat de location de Guillaume. Sur mon conseil il appelle le service de la Carte Premier pour voir dans quelle mesure ils peuvent racheter la franchise. On apprend ce qui est bon à savoir qu'ils rachètent la franchise seulement pour les dégaecirc;ts provoqués sur le véhicule loué et par sur les véhicules tiers.

Guillaume appelle la compagnie de location pour les avertir qu'il a eu un accrochage. La préposée lui dit qu'on le cherche partout qu'ils attendaient le retour de la voiture il y a déjà quatre jours, du coup ils l'ont déclarée volé auprès de la police.

J'appelle maman qui me rappelle gentiment pour me rassurer sur mes offres de prêt du Crédit Lyonnais. Elle n'a pas eu le temps de répondre à mes fax, car papa a été hospitalisé pour un problème d'intestin.

On se prépare à partir. Martine nous donne notre note. Cela s'avère un peu cher soit 1200 rands, dont notamment 60 rands pour ma petite lessive. Mais au moins la qualité y était.

On se dépèche un peu car on a rendez vous à 10h avec Hussein. Une fosi de plus le temps est magnifique. On arrive au rendez vous à l'endroit de l'accrochage presqu'à l'heure. Hussein arrive encore plus en retard que nous. Il doit être encore en train de s'empifrer. Car il nous a expliqué hier que ce matin il ne pourrait arriver qu'après la fête qui célèbre la fin du ramadan. Il nous a expliqué qu'il travaillait comme avocat dans une boite d'import export avec l'Asie.

On repère que le quartier malais se trouve juste en face du rendez vous. Du coup Inès et moi on monte y faire un tour. On parcourt des rues qui grimpent le long d'uen petite colline. Ce sont des petites rues pavées avec des magasins musulmans et malais. L'ambiance semble bien spécifique, mais on ne voit pratiquemment personne. Alors qu'Emmanuelle qui a tenté de nous ratrappé est passée elle par des rues pleine de monde. Après avoir fait un petit tour du quartier on revient au rendez vous. Où Hussein est arrivé entretemps. Il est beaucoup plus en forme qh'hier. Il plaisante, sourit et nous aborde très familièrement. Manifestement la fête de ce matin s'est bien passée. Il nous emmène dans un petit garage du quartier malais qu'il connait. Le garagiste évalue la réparation à 615 rands. Guilaume négocie d'avoir une facture au nom de sa voiture afin de pouvoir se faire rembourser par la Carte Premier.

On quitte Hussein et la ville. On fait une trentaine de kilomètres vers le nord. Jusque à une plage qui est deserte en ce jour de semaine. Mais où il doit y avoir du monde le week-end, Car entre le parking et la plage il y a des bungalows d'accueils qui servent de cafeteria, de vestiaires ou de crèche.

On fait uen longue marche au soleil sur le sable blanc de la plage. Elle est immense et magnifique. L'eau ne semble pas très chaude. Mais à un moment je ne résiste plus à la tentation et je propose de se baigner. En fait elle s'avère fraiche mais très bonne. On se baigne longuement. Elle doit être à peu près à 18ø pour être aussi agréable. Puis on court en footing avec Guillaume jusqu'au bout de la plage pour se réchauffer. Puis on revient à pied en papotant, toujous sus un soleil magnifique.

On revient à Cap Town au Water Front, qui est un grand centre commercial installé dans des anciens entrepôts sur les quais du port.

On y déjeune à l'intérieur. Je prends une hot potatoe fourrée aux champignons et au bacon. C'est très bon.

Puis vers 3h on repart pour lamontagne de la Table. J'avais envie de visiter aussi le chateau hotel de ville musée, mais les autres craignent que nous soyons trop juste pour être au coucher de soleil en haut de la Table. Pour une fois la fin de journée s'annonce bien dégagée donc il faut en profiter.

Plutôt que de faire la queue au funiculaire, on demande le chemin pour monter à pied. L'hotesse nous indique qu'il y a un sentier avec des marches qui démarre un peu plus loin sur la route. On trouve en effet un petit sentier rocailleux qui grimpe dans la montagne. En fait de marches il faut choisir son caillou et le passage est assez délicat pour moi. Je monte sur les pas de Guillaume en lui tenant la main. Je me tort assez souvent les chevilles dans mes chaussures bateau. Mais c'est vraiment superbe. Peu à peu on s'élève dans une gorge qui se rétrécit pour finir en petit goulet qui débouche sur le plateau. Au début on était dans l'ombre de la montagne et dans une végétation avec quelques arbres accrochés à la paroi. Puis lorsque cela devient vraiment encaissé il n'y a plus que des cailloux et on ne retroue le soleil qu'en débouchant au sommet. On a une vue magnifique sur la côte lorsque l'on prend des petites pauses. On a un rythme soutenu et on double un couple de sud africans épuisés. Les filles nous suivent de loin. Cela fait vraiment du bien d'enfin se dépenser et de se sentir dans la nature. Cette gorge avec deux mètres de neige serait géniale à descendre mais avec tous ces cailloux je m'abstiendrai.

Après m'être copieusement tordu la cheville dans mes chaussures bateau pas très adaptées à ce genre de balade, on finit par déboucher hors de la gorge.

On attend les filles une bonne vingtaine de minutes allongé sur le talus d'un sentier qui monte les derniers mètres en pente douce qui nous sépare du plateau proprement dit de la table. Le soleil se couche mais est encore doux. Il y a une végétation de garrigue broussailles sèches et rases qui doit être balayée par les vents.

Ce site est vraiment extraordinaire avec ce plateau qui est effectivement plat comme un dessus de table et ces parois qui descendent à pic de tous cotés. C'est vraiment le site idéal pour construire une forteresse. Il n'y aurait qu'à garder les débouchés des une ou deux gorges telles que celle que nous avons empruntée.

On fait un petit tour au bord du vide. On domine la ville au loin et la côte avec la baie de la Table. Le plateau est trop large pour que l'on est d'un coup d'oeil une vue circulaire. Malheureusement le ciel est un peu brumeux.

On arrive à l'autre bout du plateau où se trouve la gare du funiculaire qui amène le gros des touristes, ainsi qu'unebuvette dont la terasse est balayées par les vents.

On redescend par la funiculaire. On passe sans billet car la caisse est fermée. oN attend un petit moment notre tour au milieu d'un groupe de retraités français asez caricatural. Nous voici dans la benne du funiculaire. Elle est assez impressionnante car ouverte à tous les vents. On est en fait dans une nacelle avec un toit et un grillage qui monte jusqu'au toit. Mais on se sent tout de même beaucoup plus du vide que si on était enfermé dans une cabine de verre. On passe au dessus d'un autre sentier qui grimpe dans les cailloux et on mesure mieux l'à pic vu d'en haut.

On retrouve notre voiture avec un noir qui s'en était proclamé le gardien car nous avions laissé une portière avant ouverte. Du coup il a droit à quelques rands. Mais comme par hasard Guillaume n'a pas de monnaie à lui donner. Il faut dire que depuis le début du séjour égal à lui même il ne nous a pas montré une seule fois la couleur de son porte monnaie. Il s'est laissé de facon très décontractée, entretenir, sauf ce matin où il s'est fendu du plein d'essence.

Il n'en demeure pas moins qu'il a été adorable tout le long de notre séjour avec sa voiture, sa gentillesse, sa connaissance des lieux. Mais les meilleures choses ont une fin et il nous accompagne gentiment à l'aéroport, où on se sépare.

On a le temps avant notre avion de prendre un verre d'eau et bien sur un thé pour les filles. On se retrouve dans un airbus A320.

Johannesburg

A Johannesburg, Isabelle Berge nous attend fidèlement à l'aéroport. Il pleut encore sur cette ville, que décidément je n'aurai pratiquement vue que sous la pluie.

Chez Isabelle, on prend un Coca dans le salon avant d'aller se coucher. On prépare aussi la journée de demain . Je pousse un peu pour que l'on prenne le temps d'aller visiter le Goldrive Park et les filles se laissent gentiment faire. Je regarde un peu les infos sur CNN dans ma chambre, avant de m'endormir.

Jeudi 22 février

Je dors très bien et me reveille seul vers 6h45. Je vais faire un petit gazou aux illes qui se réveillent de l'autre coté du couloir. Puis je prends une douche avec du shampoing. On petit déjeune plutôt léger avec des frosties.

Je vais faire un tour dans le jardin qui est vraiment magnifique, très grand avec des arbres très beaux. Il y a d'énormes billes de bois, restes de quatre arbres qui ont été abbatus car il faisait de l'ombre à la piscine. La piscine est entourée d'un grillage probablement à cause des enfants. La piscine n'occupe qu'un petit bout du jardin qui en tout doit bien faire 5000m2.

Je téléphone au Goldrive Park pour connaitre l'horaire de la première descente dans la mine. On m'annonce dix heures ce qui est juste compatible avec l'horaire de notre avion pour les Victoria Falls. J'appelle ensuite un taxi, d'abord celui qui vient de Sowetto et qu'appelle en général les Berge mais comme il lui faudra trop de temps pour arriver j'en appelle un autre au hasard dans l'a nnuaire.

On voit arriver un vieux monsieur blanc qui est très stylé et gentil.

Goldrive City

Il nous emmène à Goldrive City. Après quelque hésitation on accepte sa proposition de nous garder nos bagages et de nous attendre. Pour nous convaincre il nous explique qu'il est actionnaires de sa compagnie de taxis.

On rentre dans Goldrive City, je ne paie pas l'entrée. Il s'agit d'un parc d'attractions concu autour du thème des mines d'or et de la vie des chercheurs d'or.

On perd quelques minutes à trouver le pavillon d'entrée à la visite de la mine elle même. Du coup lorsque l'on y arrive le groupe de visite de 10h vient tout juste de partir.

Je tente de négocier la possibilité d'emprunter tout de même la série d'ascenseurs qui permettent d'atteindre le fond de cette ancienne mine aménagée en musée et de là de ratrapper le groupe de 10h. Cela implique tout d'abord de trouver un interlocuteur valable pour négocier, susceptible de pouvoir prendre cette décision. Mais le pavillon est particulièrement vide de tout gardien et la caissière ne veut rien entendre. Pour elle on doit attendre la visite prochaine à 10h30 et peu importe que l'on est un avion à 10h30. On finit par trouver un type, qui pendant qu'on lui explique notre histoire nous reconduit à la sortie pour nous montrer un panneau stipulant que l'entrée de la mine est interdite à toute personne s'aidant d'un baton ou d'une canne pour marcher. Ce qui complique encore la négociation. Je me résouds donc à laisser tomber, bien à contre coeur.

On fait un petit tour des panneaux d'une exposition qui explique comment se passait l'extraction de l'or. Lorsque l'on avait trouvé un filon on remontait les roches extraites du fond de la mine . Puis on les passait dans différents bains d'acide pour que le minerai d'or se précipite et soit isolé.

On passe devant un pavillon où deux fois par jour on lieu des démonstrations de fondue d'or. tout autour il y a différentes attractions qui n'ont pas l'air terribles. Il y a un petit train avec des wagonnets comme celui qui remontait les roches le long des galeries souterraines.

On voit pas mal de mamas noires avec leur enfant dans leur dos, attaché simplement par une serviette de toilette nouée autour de leur buste. Je ne serai pas rassuré pour mon enfant.

A la sortie on éprouve un soulagement en retrouvant notre taxi qui nous attend sagemen. On explique au chauffeur que l'on a raté la visite de la mine.

Du coup il nous raconte que lui même est un ancien mineur. Il a été mineur entre 46 et 49 car après la guerre c'était pas facile de trouver du boulot. Puis il a p– trouver un poste à l'air libre de chauffeur de bus avant de devenir taxi.

Il nous explique qu'en tant que blanc il avait dans la mine un poste à responsabilité. En l'ocurrence il devait surveiller la montée des roches extraites par une des cheminées. Elles étaient tractées d'en haut par un opérateur qui démarrait le treuil sur son signal. Cela supposait d'être bien précis pour que le treuil s'arrète au bon niveau. En tant que blanc il était payé 15 rands par semaine, on lui procurait une maison pour laquelle il devait payer 4 rands de loyer par mois. Les noirs qui récupéraient eux les travaux les plus durs, c'est à dire l'extraction n'étaient payés que 3 rands par semaine. Mais ils étaient totalement pris en charge nourris, blanchis, logés. Cette prise en charge complète devait certainement contribuer au sentiment d'absence de liberté. Il aurait fallu que ce soit un choix d'être ou non pris en charge.

Le chauffeur nous explique encore que toutes les taches délicates étaient confiées aux blancs, comme d'allumer la dynamite qui risquait de provoquer des coups de grisou. Encore aujurd'hui il parait qu'aucun noir n'est capable d'occuper le poste de conducteur de ces treuils. Pour remonter ou descendre dans la mine on passait alternativement par des cheminées verticales et des galeries en pente, le long desquelles courent des wagonnets tirés par ces treuils. Les wagonnets servent à descendre les ouvriers et à remonter les roches. Certaines galeries descendent jusqu'à 3000m de fond. Il faut plus d'une heure pour atteindre son poste de travail.

On remonte jusqu'à 15 tones de roches par jour. Le rendement en or est environ de 5% soit environ 750kg d'or par jour.

Avant la fin de l'Apartheid, les mineurs noirs étaient payés environ 300rands par mois , alors qu'aujourd'hui ils demandent à être payés 1000 rands. Du coup toute une série de mine sont devenues trop chères à exploiter, car la main d'oeuvre pèse lourd dans le coût de revient et des tas de mines ferment. Entrainant ainsi le chômage et la crise économique.

mine d'or

Il nous explique aussi qu'à l'époque il votait pour le parti progressiste qui réclamait le droit de vote pour les noirs, mais c'était un parti très minoritaire. Aujourd'hui en tant que chauffeur de taxi il est content que l'apartheid soit fini. Car avant sa licence de taxi stipulait qu'il n'avait pas le droit de charger des noirs, d'où un marché beaucoup plus réduit car les blancs ont souvent des voitures. Aujourd'hui il peut charger tout le monde et a beaucoup de clients noirs.

On arrive à l'aéroport. On va au comptoir de South African Airlines qui vend les billets d'Air Zimbabwe. On achète nos billets pour les Victoria Falls. Les files doivent acheter un aller-retour pour prouver qu'elles ressortiront bien du pays. Mais l'aller retour même en open (qu'elles pourront se faire rembourser) ne vaut que 1385 rands contre 1085 rand mon aller simple.

On embarque assez rapidement. On se retrouve dans un vieux 707. Les filles sont placées au milieu d'un groupe de français plus ou moins sympa. Moi je suis heureusement à l'écart de l'autre coté du couloir. On a un déjeuner très bon avec une quiche et des légumes.

Zimbabwe

On aterrit sur le petit aéroport de Victoria Falls. La ville a poussé autour du centre touristique que constitue les chutes Victoria. On arrive les derniers dans l'aérogare car Emmanuelle a oublié ses journaux dans l'avion. Du coup on fait une longue queue pour les formalités d'immigration. On finit au bout d'une demi-heure par avoir nos coups de tampon. Lorsque l'on sort de l'aérogare il ne reste plus qu'un taxi.

Difficile donc de négocier le prix de la course pour aller jusqu'à la ville. Avec mon mauvais esprit je suppose que ces collègue attendent sagement leur tour un peu plus loin. Je demande à un policier qui est là, s'il y a d'autres taxis. Mais il me répond que c'est le seul, ce qui ne prouve rien car il peut très bien être de mèche. On doit donc accepter le prix de 150 dollars zim que nous demandent le chauffeur pour aller en ville.

Emmanuelle a changé de l'argent au bureau de change de l'aéroport. A raison de 1 dollar zim pour 55 centimes français. On constate que le rand baisse pas mal car lorsque l'on est arrivé à Johannesburg on nous en donnait 3,50 à 3,60 pour un dollar US, alors qu'aujourd'hui on peut en avoir 3,78 pour un dollar US.

On traverse une campagne avec quelques troupeaux dans une végétation très verte et luxuriante avant d'arriver au village des Victoria Falls.

Tout ici est fait manifestement pour les touristes, des magasins, des agences de voyages, des restaurants, des hotels et même une agence Hertz et un super marché.

On arrive au camping qui loue des emplacements pour tentes ou des bungalows. On a reservé par téléphone un bungalow au 263-134311.

Cela nous coûte 60 dollars zim par personne soit 40f ce qui n'est pas excessif. On demande si Jérôme, Agnès et Chrystèle à qui on a donné rendez vous dans cet hotel sont déjà arrivés. Mais la préposée est très à cheval sur ses procèdures administratives et l'établissement du registre ayant une jourée de retard on ne peut pas savoir qui est arrivé aujourd'hui.

On s'installe dans un petit bungalow équipé de deux chambres avec deux lits, une salle de bains, une cuisine plus ou moins équipée et une salle de séjour. Le tout est assez rustique mais froid mais pour le prix on ne peut pas faire les difficiles.

On fait le tour des agences de voyages pour faire une petite enquète de marché sur les excursions et les prix proposés. Après avoir hésité à s'inscrire pour le rafting dans les gorges du Zambèse en aval des chutes, dans une petite agence, on se laisse aller à la sécurité qui consiste à s'inscrire dans la grosse agence agence Shewater. C'est manifestement l'usine à touristes, mais au moins les conditions de sécurité doivent être maximums. Et demain il n'y a pour l'instant que 5 bateaux de 8 personnes inscrites, ce qui n'est pas encore trop énorme. Ils ont parfois des groupes jusqu'à 120 personnes.

Cela nous coute 70 dollars US pour s'inscrire au rafting. Comme ils doivent avoir besoin de devises on ne peut pas payer en dollars zim. De plus, probablement pour éviter la circulation d'argent liquide au noir. C'est plus cher de payer en liquide qu'en carte de crédit ou en travellers check. Il y a une taxe supplémentaire pour ceux qui paient en liquide. On se renseigne aussi sur les tours en canoé, soit au Locavengo ou au Zimbabwe. Je pose aussi des questions sur le saut à l'élastique qui se pratique dans le coin et qui me tente fortement. On voit des vidéos de rafting qui sont projetées sur des écrans au dessus des vendeurs. Cela a l'air assez sportif et Emmanuelle hésite à s'inscrire mais elle reste solidaire.

Il continue de pleuvoir, depuis que l'on a aterrit cet après-midi il 'a pratiquement pas arrété de pleuvoir. Espèrons que demain cela ira mieux pour le rafting.

On fait une balade dans le village. On veut marcher jusqu'aux chutes. Mais il parait que leur accès est fermé à partir de 6h. Or il est presque 6h. Donc on se contente plus prosa‹quement d'aller acheter des bouteilles d'eau au supermarché. On repasse au bungalow pour voir si on a un message des autres. On laisse un message à leur intention sur le panneau d'affichage à la reception du camping. Puis on va diner.

Au passage on rentre dans une agence qui s'avère proposer des randonnées en canoé moins chères que ce que l'on a vu jusqu'à présent. Ca a l'air plu ssportif car on rame nous même. Le seul inconvénient c'est que ce n'est pas dans le Locavengo et il parait que cocher la case Locavengo c'est un must.

On se retrouve dans un steak house, assez bon. La viande est bonne, le serveur sympa. Et en plus iciaussi les restaurants sont vraiment peu chers. On s'en tire pour environ 40f chacun, sans s'être privé.

On fait les comptes de nos dépenses. Ce qui est un peu laborieux car je trouve que les filles se noient dans un verre d'eau.

On rentre au bungalow. Inès et moi on fait un petit crochet par le bar de l'hotel. Qui se matérialise par un pavillon en bois qui abrite une buvette. A l'exterieur il y a un groupe folklorique qui jue pour les touristes force tam-tam. A l'intérieur on trouve pratiquemment que des noirs qui sont des employés des restaurants ou magasins occupés à boire des bières.

On lie assez facilement connaissance avec certains, ils sont très sympa. Il y en a un qui m'offre une bière tandis qu'Inès est partie chercher l'argent que nous n'avions pas. Je papote notamment avec un type qui est originaire de Boulaouayo et cuistot dans un hotel ici, et sa petite amie qui est de Zambie et traverse la frontière pour venir le voir.

Manifestement le village est tout petit et tout le monde se connait. Au point que plusieurs personnes me demandent des nouvelles d'Emmanuelle (ton amie brune qui t'accompagnait cet après-midi)!

On va se coucher assez tôt vers 9h30, car demain on doit se réveiller sans réveil pour être au rafting à 8h. Je suis d'ailleurs un peu inquiet pour notre petit déjeuner car on a demandé en vain dans plusieurs hotels ou restaurants et à chaque fois ils ne servent qu'à partir de 9h du matin.

Vendredi 23 février

Le réveil à 6h30 est un peu difficile car j'ai bouquiné tard hier soir. On se dépèche de se préparer pour être sur le lieu de rendez vous de Shewater à 7h, pour un rendez vous donné aux clients à 8h. Car on espère pouvoir petit déjeuner dans le grand hotel Makassa hotel à coté duquel nous avons rendez vous.

Et effectivement là le petit déjeuner est possible dès 7h. C'est un hotel de luxe et il nous en co–te 55 dollars par personne soit environ 30f, de nous empiffrer de saucisses, oeufs, pommes de terre, salade de fruit, ...

Makassa hotel

rafting

On se retrouve à 8h au rendez vous de Shewater. l'activité rafting est gérée par des canadiens très bon ton et dynamiques. Ils s'emploient d'abord à rassurer la quarantaine de touristes de tous age et de toute sportivité qui se sont inscrits ce matin avec vraisemblablement une inquiétude certaine pour la plupart d'entre nous. Moi même je ne me rends pas du tout compte à quel point cela va être sportif. Mais je suis assez rassuré quand je vois la variété des profils qui nous entourent. Et tout à fait quand le responsable m'explique qu'il ne voit aucun inconvénient à ce que je fasse le tour de rafting. Que la seule précaution qu'il souhaite c'est de me faire porter en civière pour descendre le sentier qui conduit au bord de la rivière, car ce sentier est assez accidenté. Alors si on me porte pour descendre un sentier et que l'on veut bien que je fasse du rafting c'est que vraiment le rafting doit être sans risques. Car même si j'ai rencontré des sentiers difficiles qui m'obligent à descendre asez lentement, je ne crois pas en avoir rencontré de dangereux.

En attendant nous assistons à un grand numéro psychologique. Un des canadiens fait un discours devant tout le monde, abondamment parsemé de blagues pour détendre l'athmosphère mais avec tout de même des passages où il insiste bien sur les consignes de sécurité. Il insiste notamment sur le fait que 90% des accidents survenus en rafting sont provoqués par le mauvais maniement des pagaies qi font que les touristes s'en envoient mutuellement des coups. Ceux qui veulent peuvent se désigner comme rameur et prendre une pagaie.

Puis on peut laisser nos effets personnels dans une grande malle qu'ils ferment avec un cadenas pendant la durée de la balade. Et on part avec juste nos lunettes de soleil et crème solaires glissées dans nos maillots de bains ou t-shirt. Car il faut s'attendre à avoir en abondance soleil et eau. On choisit chacun un casque et un gilet de sauvetage. Puis on monte dans un bus qui nous conduit par la route jusqu'à une piste. Où c'est un pick-up qui prend le relais. Emmanuelle et moi avons le droit de nous asseoir à l'avant, tandis que les autres s'entassent sur le pick-up. On fait encore quelques kilomètres ainsi sur cette piste jusqu'au haut de la gorge.

Là tous les touristes descendent à pied le long d'un petit sentier qui descend dans la gorge jusqu'à l'eau. De mon coté je me retrouve ficelé sur une planche avec des gilets de sauvetage comme vague coussin et les lanières des gilets qui me ficellent, voir me cisaillent au niveau des tibias. Je descend porté ainsi par six noirs. C'est assez royal, bien que je ne sois pas très rassuré car ils glissent de temps en temps et finissent par être passablement fatigués donc moins attentifs. En plus leur transpiration n'est pas tout à fait de mon go–t olfactif. Je crois que cela aurait été plus rapide et plus rassurant pour moi de descendre au bras de quelqu'un pour négocier les quelques passages où effectivement le sentier est mouillé et glissant.

Arrivés nous sommes répartis en équipage dans chaque bateau. Emmanuelle, Inès et moi sommes avec Vern un canadien comme guide et deux couples, sud-africain et autrichien. On part. On s'est copieusement crèmé car il y a un beau soleil qui promet de cogner. On passe d'abord un petit moment sur un petit plan d'eau calme où on s'entraine à pagayer et Vern nous apprend à réagir selon ses ordres: back, forward, right paddle, left paddle. On a un beau du mal à atrapper un synchronisme correct. Mais cela rentre peu à peu. Je n'ai pas de pagaie et je suis cantonné à l'arrière du bateau. Je peux rester assis sur le boudin mais Vern me demande de m'asseoir au fond à l'abri pour les passages de rapides. Au début je trouve cela plutôt rigolo de voir les autres pagayers puis à la fin je finirai par trouver le temps un peu long.

Puis on prend le vrai départ et on se lance dans le courant. Pour aborder d'abord le rapide 11. Ils sont tous numérotés de 1 à 24. A cette saison compte tenu du niveau de la rivière on ne fait du rafting que des rapides 11 à 24. Il parait qu'en pleine saison on peut démarrer à partir du rapide 6 et que les rapides les plus en amont sont les plus difficiles.

Notre premier le 11 est celui qui semble être le plus impressionnant avec un véritable mur d'eau qui se dresse devant nous soudainement. On se sent un peu comme des fétus de paille, petite chose de plastique ballottée dans le courant surpuissant. Mais manifestement il y a facon et facon de les aborder ces rapides et Vern connait bien son affaire. Il choisit ses passages et ses angles d'attaque.

rafting sur le Zambèse photo

Je crois que le rapide 15 est celui où nous sommes le plus ballotés, c'est vraiment rigolo de se sentir ainsi la proie du courant et de faire ainsi quelques secondes de montagne russe. Les réactions sont assez variées parmi nous entre ceux qui n'en mènent pas large et se demandent pour combien de temps ils sont encore en vie, ceux qui rigolent, ceux qui obéissent à contre sens aux ordres de Vern, ceux qui à l'avant tombent facilement dans l'eau.

Le rapide 16 se décompose en trois sous rapides. Au 16 B, enfin des émotions et je tombe à l'eau comme une bonne partie d'entre nous. Vern réagit prestemment et ne s'occupe que de me faire remonter à bord. Il semble même un peu paniqué par ma chute. J'apprends qu'il vaut mieux hisser les personnes tombées à l'eau par leur gilet plutôt que par leur membre, afin d'éviter les luxations. J'ai trouvé cela vraiment sympa de tomber à l'eau et j'espère que cela va nous arriver encore.

Il fait toujours aussi beau. Il y a quatre kayaks qui nous escortent. Ils rament vraiment très bien tous les quatre et font ce qu'ils veulent de leur kayak, notamment remontent le courant pour accompagner les bateaux les uns après les autres dans les rapides. Il y en a un qui tient en plus une caméra vidéo parait il non étanche. C'est un noir très marrant et qui kayak remarquablement bien. Ils sont là pour aider les éventuels naufragés, qui pourraient ne pas avoi rréussi à saisir la corde qui entoure chaque bateau et permet de s'y accrocher lorsque l'on est tombé à l'eau.

Au rapide 18, je profite d'une pause pour prendre la pagaie d'Inès et je me mets à me défouler un peu en m'appliquant à bien respecter les ordres de Vern. Je souque à fond pour me dépenser. Je trouve cela beaucoup plus amusant et je garde la pagaie pour passer les rapides suivants. Dommage que je ne sois pas assis à l'avant car c'est là que l'on est beaucoup plus secoué et fouetté par les vagues. Les deux garcons qui sont à l'avant sont un peu patauds et donc notre bateau avance assez médiocrement. Et surtout l'ambiance est plutôt sérieuse avec Vern qui reste très professionnel. Alors que sur les quatre autres bateaux l'ambiance semble plus détendue, notamment sur un bateau dirigée par deux noirs. Où ils font chanter leur passagers, ils s'amusent à passer les rapides faciles debout dans leur bateau etc.

Tout cela se passe dans un canyon assez profond formé par les gorges du Zambèse. C'est très impressionnant. On voit des oiseaux qui nous survolent et des camps de touristes qui sont plantés en haut au bord de la Ces parois verticales donnent envie de se lancer à l'escalade. Mais Vern m'explique que la roche est trop friable et donc impraticable. On ne peut pas non plus se baigner dans la rivière car il parait qu'il y a pas mal de crocodiles. D'ailleurs on en voit un qui se prélasse sur une roche au soleil. Il est petit d'environ 60cm mais il parait qu'il y en a un d'environ 2m50 qui rode dans le coin. Au passage du rapide 21 Vern nous crie que si on veut cet endroit est baignable, mais comme je ne suis pas sur d'avoir bien compris je ne me lance pas à l'eau.

Il y a eu deux passages où on est resté une quinzaine de minutes tranquilles entre deux rapides, ce qui nous a permis de carrément oter nos gilets, nos casques et se prélasser en se laissant porter par le courant jusqu'au prochain rapide.

Autrement c'était vraiment une éxpérience intense. C'est à faire. Le seul inconvénient je trouve c'est que c'est trop safe. Les mesures de sécurité sont très complètes et les risques réduits au minimum. D'où une absence d'appréhension un peu décevante. Effectivement le plus gros risque c'est de recevoir un coup de pagaie de son voisin ou de glisser dans le sentier d'accès.

On débarque au point d'arrivée. Le caméraman vidéo fait des petites interviews des uns et des autres. On me remet sur une civière improvisée.

La montée est assez longue de dix ou quinze minutes. C'est assez amusant de passer allongé comme un pacha à coté des autres qui peinent dans le sentier. Cela me fait aussi penser à ce que ce doit être d'être dans une bière transporté au cimetière par six officiers spahis.

Arrivés en haut on nous offre un petit sandwich et une boisson. Puis on rentre asez vite car il se met à pleuvoir. Il est déjà 14h30. On reprend le bus qui nous remonte au village des Victoria Falls. On récupère nos affaires personnelles dans la malle, dont ils ont perdu la clé.

Dans le bus Inès m'a gentiment branché sur un type qui a fait le saut à l'élastique hier. Il m'explique comment cela se passe. Et me rassure sur les risques potentiels. Notamment il me dit que l'on ne subit pas de secousses violentes comme on pourrait se l'imaginer. Et cela me rassur sur le risque de secouer un peu trop mes yeux.

On repasse dans notre bungalow pour se changer et prendre un bain avant de repartir pour le benji.

benji

On va à pied jusqu'au pont qui passe au dessus des gorges en aval des chutes Victoria et relie le Zimbabwe à la Zambie. C'est un pont routier avec également une voie ferrée. Pouraccèder au pont on doit passer le poste frontière et sortir du Zimbabwe.

Il faut donc remplir un formulaire et se le faire tamponner. On doit faire deux fois la queue car une première fois on se fait refouler au passage de la barrière et on doit retourner dans le poste frontière pour avoir notre papier dument tamponné.

Zambie

On rencontre par hasard Agnès, Jérôme et Chrystèle qui reviennent d'un petit tour en Zambie. Ils sont arrivés hier soir tard dans la nuit et n'ont pas réussi à nous retrouver. Ils ont trouvé notre mot au tableau d'affichage que ce matin.

On arrive tous les 6 ensemble sur le pont proprement dit. Il y a une fille qui est en train de sauter. Les gorges en dessous ont l'air vraiment profonde, mais cela n'a pas l'air si dur que ca. Certes j'ai le ventre un peu noué à l'idée du saut que je vais entreprendre, mais je m'attendai à avoir beaucoup plus peur. Comme le jour où je suis allé sur un pont en Normandie, où j'ai eu terriblement peur durant tout le trajet qui nous y a conduit. Et plus on approchait plus j'avais peur, jusqu'à arriver au sommet du pont à la cabane d'inscription, où on m'a annoncé que c'était complet pour aujourd'hui et que je ne pourrai pas sauter. Du coup je reste sur une envie rentrée et c'est une des raisons qui me motive aujourd'hui. Avec bien sur l'ambition de se faire peur et de se prouver que l'on est capable de passer au dessus. Mais malheureusement mon go–t pour les sensations fortes est un peu décu car j'appréhende mais très modérément. Probablement graecirc;ce aux explications du type dans le bus tout à l'heure qui m'a bien aidé à réduire les peurs rationnelles. Il reste néammoins toute une dimension irrationnelle, incompressible. Et puis avec u peu de chance l'appréhension va se transformer en peur tout à l'heure lorsque le moment du saut va approcher.

Il n'y a qu'Inès et moi qui sommes partants. Les autres préfèrent regarder. On va donc tous les deux sur la rive zambienne dans la cabane des organisateurs pour payer notre inscription. On tombe sur une belge sympa qui nous fait payer cash 90 dollars US chacun. Ils abusent allégrement de leur situation de monopole, étant probablement les seuls à proposer cela à 10 000 km à la ronde. Du coup c'est plus cher qu'en France, où c'est environ 300 à 400f le saut. En Zambie il n'y a pas de problème de taxe et on peut payer cash. Elle nous pèse et marque au feutre dans le creux de notre main notre numéro de passage de la journée 34 et 35 et notre poids;

On retourne vers le pont. Je plaisante un peu histoire de dissiper la crainte et de donner le change. Mais l'appréhension reste à un niveau maitrisable. Notre tour arrive. Je passe le premier, je vide les poches de mon pantalon, j'ôte mes chaussures bateau qui ne me tiennent pas tellement aux pieds.

Je m'avance vers la plate forme du plongeoir qui est séparée de la chaussée du pont proprement dite par des barrières et une passerelle métallique sur laquelle se tiennent les organisateurs.

Ce qui est amusant et propre à rassurer les touristes c'est que les trois postes clés comme celui qui attache l'élastique à vos pieds et celui qui se tient sur le plongeoir pour accompagner le sauteur et dévider l'élastique sont tenus par des blancs. alors que tous les autres postes à moindre responsabilité sont tenus par des noirs.

Il y a donc un grand gaillard américain ou canadien qui après avoir échangé quelques paroles banales destinées à établir le contact, m'explique le déroulement des opérations à venir. Il m'attache un baudrier à la taille qui servira à me remonter. Puis il m'attache des serviettes autour des chevilles pour amortir l'élastique. Puis il m'attache l'élastique proprement dit autour des chevilles. Je demande à le toucher. Vu de l'exterieur cela ressemble à un tuyau d'évacuation de machine à laver, avec destas de petits bouts d'élastique qui sont noués autour tous les 30cm pour le maintenir serré. On peu tespèrer qu'à l'intérieur ce soit un peu plus plein qu'un tuyau d'évacuation ! Je continue à plaisanter pour donner le change à la galerie et à moi. Ma tension a passablement augmenté mais cela reste très raisonnable.

Le type m'explique comment je dois sauter les deux bras en avant en tentant de faire un saut de l'ange à 45ø. Il me demande aussi de lever les pouces après la deuxième oscillation pour indiquer que tout est ok. Je plaisante en promettant de le faire si je suis encore en vie. Je pense surtout que je me suis promis d'en profiter pour faire un exercice d'expression et de défoulement. C'est à dire que j'ai prévu de pousser un grand cri en sautant et il ne faudrait pas que je l'oublie.

Comme j'ai les chevilles attachées on m'aide à progresser vers le plongeoir et à passer sous la barrière qui en protège l'accès. Je progresse par tout petits pas avec l'aide de l'autre blanc qui est seul à rester de ce coté de la barrière et qui est bien assuré à celle ci. Toutes les mesures de sécurité ont l'air très sérieuses et ils font tout pour inspirer confiance et rassurer. Le simple fait qu'eux soient bien protégés par une double barrière ou par des mousquetons d'assurance est rassurant à mon sens.

J'avance avec mes chevilles attachées jusqu'à avoir les doigts de pied dans le vide. Au bord il y a un petit carré de plastique anti-dérapant. A partir du moment où je suis passé sous la barrière je commence à sentir la présence du vide, dont je ne m'étais pas trop préoccupé avant. Une fois au bord plus moyen de l'ignorer il est là, il m'enveloppe. Et je ne pense plus du tout au peti bout d'élastique qui est ma sécurité pour ne penser qu'à lui: le vide. Je n'ai pas trop le temps d'admirer le paysage, où ce que je pourrai en voir. Mais je réalise très bien que l'on est bien au dessus de tout et que le sol est bien loin sur les cotés ou en dessous.

Les deux blancs pour doner une dynamique au sauteur décompte rapidement et avec energie five, four, three, two, one, go ! Ils se gardent bien de décompter au rythme des secondes ce qui serait beaucoup trop lent et laisserait tout le loisir de remettre en cause son choix de faire le saut. Et malgré cette précaution les deux secondes que durent ce compte à rebours sont déjà très longues. Et j'ai largement le temps de me demander ce que je fais là. Je suis envahi par une angoisse bien réelle et bien forte celle là. Une comme je regrettai presque tout à l'heure de ne pas avoir. Mon corps est envahi par un frisson, mon cerveau s'emballe. Il n'est plus question de fanfaronner. Je suis seul face à moi même et face au vide. Au One je songe à attendre ou du moins à ne pas prendre le départ au Go, en me laissant le temps d'un autre décompte pour me préparer. Mais je crois que ce serait trop risqué de m'accorder le droit de réexaminer ma décision de sauter. Et puis il ne faut surtout pas que j'oublie de crier. Bon allez le Go est là donc détente sur les genoux, les bras en avant et j'ouvre la bouche pour partir en criant.

Ca y est je me suis lancé, j'ai heureusmeent surmonté ma peur. J'ai bien les bras en avant comme on me l'a dit. Au tout début ce n'est qu'un saut en l'air avec la tête en haut puis le corps bascule et cela devient un plongeon. J'ai bien crié au départ mais mon cri s'éteint dans ma gorge

début du saut à l'élastique photoassez vite, je pense à peu près quand j'ai fini de basculer la te ête en avant. Je commence à prendre de la vitesse et d'un petit plongeon cela devient un grand plongeon. Puis je vais de plus en plus vite. Je m'imagine à la place de quelqu'un qui tomberait comme cela par accident d'un pont, mais sans élastique.

milieu du saut à l'élastique photoJe commence à sentir le vent siffler à mes oreilles et à creuser mes joues, signes manifeste de vitesse. Là une deuxième angoisse réelle et forte m'envahit. Je me demande si cela va jamais s'arréter. Et je commence à ne plus être capable de penser à rien et mon angoisse se transforme en panique. Heureusement je sens que ma vitesse finis par ralentir et je reprends mes esprits, en réalisant que ce doit être l'élastique qui remplit son office.

fin du saut à l'élastique photo

Mais j'ai à peine repris mes esprits que c'est reparti je reprends de la vitesse en remontant. Le temps que je réalise qu'il s'agit de la première oscillation et je repars vers le bas en vrillant sur moi même. Ce qui est très désagréable, mais pas trop inquiétant graecirc;ce au type de cet après-midi qui m'avait raconté que l'on partait en spin, ce dont je me rappelle à ce moment.Heureusement qu'il m'avait prévu car je n'ose imaginer ma panique à me sentir partir en toupie.

Je remonte une deuxième fois, je n'oublie pas qu'il faut que je lève les pouces pour indiquer que tout est ok. J'écarte bien grand les bras pour marquer ma satisfaction et que le message soit clair. J'oscile encore deux ou trois fois en me balancant de droite et de gauche avant de me retrouver à peu près stabilisé la tête en bas au dessus du vide.

Je vois la rivière au fond de la gorge une vingtaine de mètres en dessous. Je vois de l'écume blanche qui avance et recule comme s'il y avait des vagues à cet endroit de la rivière. Ce qui me semble assez étonnant. Mais je finis par comprendre après un petit moment que c'est moi qui tourne lentement sur moi même ce qui me donne l'impression de voir l'écume du courant sur des rochers avancer et reculer. Je suis vraiment content de l'avoir fait. Et j'éprouve un grand soulagement mélé de plaisir. Comme le type du bus me l'avait assuré on ne subit vraiment aucune secousse. alors que je m'attendai à avoir la colonne vertebrale chahutée ou l'estomac me remontant dans la gorge. Mais pas du tout, tout se fait en douceur. C'est vraiment super. J'ai un grand éclat de rire d'exultation. J'attends un long moment deux ou trois minutes il me semble à faire le cochon pendu, ce qui est probablement la partie la plus inconfortable, avant qu'un type ne descende le long d'une corde pour m'en accrocher une autre au harnais que j'ai autour de la taille et que l'on nous treuille vers le haut. Ce qui me permet enfin lorsque la montée démarre de me redresser et de me retrouver la tête en haut.

Ils prétendent qu'avec 110m de saut c'est le plus haut du monde. Bien que les types du bus tout à l'heure parlaient d'un immeuble de 130m à Hambourg équipé pour le benji. En tout cas mon idée selon laquelle peu importe la hauteur 80 ou 110m puisque ce qui fait le plus peur c'est l'approche et une fois que l'on a sauté le plus dur est fait, est complètement fausse. J'ai bien vu que là où j'ai eu le plus peur c'est pendant le saut avec cette accélération qui doit être moins impressionnante car moins longue dans un saut de 80m.

Le treuil nous remonte le noir qui m'a accroché et moi jusqu'au début des infrastructures en dessous du pont. Là on me fait passer une barrière et un autre noir me prend en charge après m'avoir assuré avec un mousqueton à la balustrade. Il me conduit le long de tout un réseau de passerelles et d'échelles métalliques qu court sous la route, pour enfin après un long moment de crapahutage à moitié courbé pour ne pas se cogner, déboucher à la surface à l'extremité du pont. Ce parcours sportif me fait pas mal transpirer à moins que ce soit aussi l'angoisse du saut qui ressorte. Je me demande si c'est un parcours spécial par prudence à l'égard de mon handicap ou si on l'impose à tous les touristes.

J'ai beau me dépécher pour arriver à temps pour voir le saut d'Inès, lorsque l'on arrive elle a déjà sauté. Dommage j'aurai bien aimé l'encourager et voir comment elle s'en sortait. Elle finit par nous rejoindre après le même gin cana que moi . Elle n'est pas très contente de son saut, elle dit ne pas réaliser encore qu'elle l'a fait. Moi je peux dire que je réalise tout à fait et je suis vraiment ravi.

Nous étions les derniers clients de la journée. Les types me félicitent et disent que j'ai fait un saut exceptionnellement beau. Pourtant j'ai l'impression de m'être contenté de suivre leurs instructions. Il faut dire que la plupart des autres touristes doivent être moins disciplinés, moins bien retenir ce qu'on leur a dit et peut-être plus prisonnier de leur panique. Du coup ils se laissent tomber comme des pierres, négligeant tous les conseils. Et puis peut-être que le défi que je me suis lancé d'être capable de crier en sautant m'a été utile car pour être sur d'y penser il m'a absorbé une partie de ma concentration au détriment de l'appréhension;

On peut si on veut retourner au bureau du coté zambien pour voir la vidéo de notre saut et prendre notre diplôme. Mais on a la flemme et on rentre tous les six en direction du village.

On passe à l'agence de voyages pour reserver pour un safari canoé. Mais il est trop tard pour qu'ils téléphonent au camp, on se contente de laisser nos noms et de reserver verbalement.

On va prendre un pot à la terrasse du Winpie voisin. On ne peut pas commander de bière sans quelque chose à manger. On achète des bouteilles d'eau pour la nuit. Puis on repasse à notre bungalow avant de se retrouver à l'hotel où sont exposées les photos de nos sauts à l'élastique et du rafting, et où doit avoir lieu la projection de la vidéo de notre descente en rafting.

On commande quelques photos du rafting pas passionnantes. La vidéo non plus ne semble rien avoir de spécial. Par contre il y a parait il de belles photos de mon saut à l'élastique et je prends le package complet pour avoir les négatifs et peut-être une fois à Paris faire un poster de l'une d'elles.

Les autres nous ont retrouvé pour la projection de la vidéo. On part tous les six dans la voiture pour diner au restaurant d'hier soir. Je me commande juste une soupe et des crudités. On boit un vin blanc du pays, un peu sucré mais pas trop mauvais.

Puis on commande un autre vin en deuxième bouteille. Celui ci s'avère carrément infect. Il a un nez d'éther, de pneu brulé, de chou-fleur. Je crois que j'ai jamais rien bu de pareil. C'est viticulteur rhodésien qui ferait bien d'apprendre à vinifier. En bouche il est aussi dégueulasse. Il doit être radical pour avoir mal à la tête.

Puis on décide Inès, Emmanuelle et moi d'aller dans le bar du camping où nous étions hier soir. Comme Inès est passée poser des affaires au bungalow, je cherche longuement l'entrée avec Emmanuelle qui n'était pas là hier. Je ronge un peu mon frein car on passe trois fois devant la guérite avant de comprendre que c'est par là qu'il faut entrer. Dans le bar il y a de nouveaux pratiquement que des noirs. On rencontre encore pas mal de personnes. Notamment une Elizabeth qui est secrétaire à Arrare. On met des pièces dans le juke box pour avoir des musiques dansantes et danser avec les nouveaux amis qui entourent Inès. Emmanuelle elle a préféré aller se coucher assez tôt.

Avant de me coucher je fais une petite balade nocturne dans le camping avec Elizabeth. Graecirc;ce à Inès et à un repérage préalable des lieux, je parviens à retrouver notre bungalow.

Puis une fois couché je revis encore très intensément les sensations de mon saut. Je revis le film au ralenti. Je crois que c'est vraiment une première pour moi de revivre ainsi un évênement non seulement avec la mémoire factuelle mais aussi en revivant les sensations. Je comprends mieux toutes ces personnes sensibles qui revivent sensiblement des évênements et restent ainsi fortement marquées.

Samedi 24 février

Probablement encore sous l'excitation de la veille je me réveille spontanément à 6h45. Je plains les autres qui doivent ce matin aller faire du rafting car il pleut des cordes et de grosses gouttes rebondissent sur le toit de tôle du bungalow. Le rafting cela risque d'être moins rigolo sous la pluie.

Je vais dans la salle de bains prendre un bain et me raser, toujours en me laissant un bouc pousser. Inès vient faire pipi.

Je croise Agnès, Chrystèle et Jérôme qui passent déposer les clés de leur voiture, avant de partir faire le tour de rafting. Malheureusement pour eux la pluie redouble. Nous sommes chargés de rendre leur voiture de location avant dix heures car hier soir l'agence était fermé et à partir d'aujourd'hui on compte partir en safari canoé donc sans utilisation de la voiture.

Avant on va admirer le Big Tree

Big Tree Il s'agit d'un baobab géant qui est à la sortie du village non loin des chutes. Il parait qu'il a 1500 ans. Avec 38m de haut et 20m de circonférence il est vraiment impressionnant. Il a un gardien qui ne sert à rien à part récolter les pourboires des touristes. Il nous fait un vague speech en prétendant qu'il s'agit du plus vieux baobab du monde. L'arbre est entouré d'une enceinte grillagée. Le gardien m'aide à la franchir afin que je puisse exceptionellement aller le toucher.

baobab géant photo

Le gardien nous propose un des crocodiles sculptés par son neveu. On refuse mais on lui laisse tout de même un peu d'argent. Je propose de lui 10 ou 20 dollars Zim, mais Emmanuelle qui a le don des de ce genre de situation se contente de lui en donner cinq et il es ravi. Alors tant mieux.

A cause de la pluie ce baobab nous semble moins impressionnant que ce que nous avait annoncé les autres.

On revient en ville pour aller à l'agence Safari Excellence

Safari Excelence où on a reservé un safari canoé. Malheureusement il parait que la reserve naturelle qui borde notre traj en canoé sur le Zambès est fermée à cause des pluies et donc l'accès au point de départ de la randonnée est interdit pour l'instant. On repasse à midi pour faire le point en espèrant que la situation se soit améliorée et que la reserve est p–e être ouverte par les autorités, pour nous laisser passer jusqu'au point de départ des canoés. On laisse en dépôt au fond de l'agence un tas avec les bagages de tout le groupe car on a rendu la clé du bungalow et on va rendre la voiture.

On passe dans la librairie où sont disponibles les photos que l'on a commandé hier soir. Je vois les photos de mon saut à l'élastique. Il y en a une agrandie qui est raiment excellente. On voit bien le canyon en contrebas. Et c'est impressionnant de me voir ainsi dans le vide. Je suis très content.

On va à Europcar pour rendre la voiture des autres. On parvient à négocier sans trop de difficulté qu'ils transforment le contrat qui était prévu pour une semaine, en contrat pour deux jours effectivement utilisés.

puis on va petit déjeuner dans un hotel voisin. Emmanuelle négocie magnifiquement avec le maitre d'hotel noir une réduction sur le prix alors que l'on a déjà fini de petit déjeuner. Elle obtient de payer 130 zims au lieu des 150 prévus. En disant simplement qu'ici c'est moins bien qu'au Makassa hotel, donc cela doit être moins cher. Jadmire surtout son ton ferme mais gentil, qui passe très bien et que j'aimerai savoir imiter.

On achète des cartes postales à la boutique de l'hotel et on les écrit dans le lobby de l'hotel. Pendant que dehors il continue à pleuvoir. Enfin la pluie s'arrète et sous l'impulsion d'Inès on sort respirer les arômes d'après pluie.

On fait le tour des agences de location de voiture, pour comparer les prix et trouver si possible un mini-bus que l'on pourrait louer tous les six à notre retour du safari canoé.

On repasse à l'agence Safari Excellence où on apprend que l'on ne pourra pas partir ce soir et que c'est remis à demain matin si le parc rouvre demain matin. On dit que l'on va consulter les utres à leur retour du rafting mais le projet perd de la consistance.

On va voir les chutes Victoria. On s'arrète à l'hotel Makassa pour y acheter des timbres car la poste en ville est fermée. on se retrouve à coller des quantités de timbres car il en faut cinq par carte postale !

On ressort enfin de l'hotel pour aller aux chutes Vicoria. Malheureusement il se remet à pleuvoir. Alors que l'on a gaché les deux heures de soleil à faire des courses et autres tournée d'agence. C'est bien d'ailleurs de ma faute, car c'est moi qui comme d'habitude ait poussé au devoir avant le plaisir.

On rentre dans l'enceinte des chutes Victoria en achetant des tickets. Le gardien que l'on a d– voir un soir au bar nous reconnait et me laisse rentrer gratuitement. On entend le bruit de plus en plus assourdissant des cataractes d'eau qui doivent tomber derrière le rideau de végétation qui nous les masque encore.

On avance sous la pluie, sur un petit sentier qui trace un circuit pedestre autour des chutes. Au détour d'un arbre on voit enfin une grande chute d'eau. Mais on est pas très impressionné, certes elle est grande, mais il parait pas possible qu'elle fasse 1,7km de large comme annoncé par Jérôme. Ou alors on doit vraiment être placé très loin.

En fait en avancant encore un peu sur ce petit sentier qui s'étire sur le sommet des gorges face aux chutes, on voit le corps central des chutes. Et là c'est effectivement époustouflant. Les 1700m de mur d'eau y sont. Un rempart d'eau qui tombe d'une hauteur de 110m. Le Zambèse en amont s'est évasé sur un terrain plat dans un genre de lac. Mais un jour tout un pan de ce lac s'est affaissé sur 1,7km et est tombé dans une faille qui s'est creusée là. L'eau tombe ainsi du lac dans les gorges, provoquant un énorme nuage de vapeur que les hélicoptères qui trimballent les touristes ont parait il du mal à éviter. De là où nous sommes sur la rive opposée des gorges on sent très bien les embrunts et la chaleur de la vapeur monter.

On avance ainsi le lng du sentier en face de ces chutes prodige de la nature. Emmanuelle nous chante du Purcell sous la pluie, sur l'une des plate-forme points de vue qui sont ménagées de loin en loin. On prend quelques photos. Notamment on se fait prendre en photo par un géant noir pratiquement à poil sous un parapluie qui l'abrite lui et sa compagne.

Emmanuelle et moi regagnons la sortie en poursuivant le sentier qui fait une boucle, alors qu'Inès revient par le chemin des chutes.

On l'attend à la sortie en visitant le petit musée sur les chutes qui occupe un pavillon de bois.

On hésite à prendre un taxi pour aller faire un petit tour en Zambie à Livingstone la ville la plus proche. Les autres nous ont dit qu'il y avait un marché sympa. Mais les filles ne sont pas très chaudes. Il est déjà 14h30 et elles ne veulent pas être en retard à l'arrivée des autres prévue à 16H Dommage car j'aurai volontiers coché vraiment la case Zambie. Mais c'est vrai que le marché sous la pluie ce doit être moins animé. Et juste quand on on a renoncé à y aller, le soleil nargueur reparait.

Les filles préférent aller atles autres en buvant un thé à la terrasse du Makassa hotel. Je trouve cela un peu dangereux car on risque de les rater. On attend 45mn à ne rien faire. Emmanuelle boit du thé, pour changer et Inès toujours aussi sympa me lit le guide. On finit par renoncer à attendre et par aller à l'agence Safari Excellence, où on trouve les autres qui y sont arrivés depuis une heure. Ils ont déjà plié leur tente et sont prêts à partir.

On tient un conseil au sommet, d'où il ressort que l'on renonce au safari canoé, tel qu'il nous est proposé ici: une seule journée, avec pluie probable dans une nature incertainement jolie. On préfère aller voir ailleurs. Mais où, le débat reste à tenir.

En attendant certains vont relouer des voitures dont celle que l'on a rendu ce matin, d'autres vont vérifier que le cas échéant on pourra réutiliser ce soir notre bungalow, dont nous avions rendu la clé. Mais qui heureusement n'a pas été nettoyé et remis en circulation. Car les chambres même à cette saison sont très demandées ici.

On s'installe à la terrasse du Winpy pour débattre de notre prochaine destination. J'essaie de pousser pour le Likavengo au Bossuano dont tous les guides parlent avec lyrismes. Mais nos compagnes qui s'effraient d'un rien se voit assez mal partir ainsi à l'aventure sans savoir exactement ce que l'on fera, où on dormira et combien on paiera. Car le Lokavengo a la réputation d'être très cher. Bien que hier soir au restaurant Inès a rencontré un type qui semblait bien connaitre le coin et nous a dit que si la face est du delta est très touristique et chère, la face ouest l'est beaucoup moins et qu'en faisant un peu plus de route pour contourner le delta on peut faire des balades aussi superbes.

Lokavengo

Bossuana

Bref même Inès n'est pas très partante. Et seul Jérôme et moi sommes pour. En plus comme j'ai été contrarié de ne pas avoir p– aller en Zambie et d'avoir d– annuler notre safari canoé, je sens que mon coté capable de faire un forcing négatif risque de ressortir et je préfère rester un peu en retrait du débat car je n'aurai pas l'enthousiasme necessaire pou rréduire l'irrationnel négatif qui retient ces demoiselles. Décidément l'irrationnel c'est ce qu'il y a de plus dur à gérer, j'essaierai de faire mieux la prochaine fois.

On a réussit à relouer la voiture que l'on a rendue ce matin. Inès, Emanuelle et moi on va partir avec ce soir. Tandis que les autres n'auront une voiture que demain matin, de toute facon ils ont envie de rester pour voir la vidéo de leur rafting. Je préfère partir car j'en ai un peu marre de ce petit village touristique.

On se retrouvera au parc Hwangi où on part maintenant.

parc Hwangi On prend donc la route à trois. On roule en direction de Boulaoyo, sur une belle route goudronnée. On a droit à un magnifique coucher de soleil. Et à un orage sec qui nous gratifit au loin de quelques beaux éclairs.

Après avoir admiré les couleurs violettes du crépuscule la nuit finit par tomber. On quitte la route pour se retrouver sur une piste qui traverse une forêt assez dense.

On avance prudemment car on est pas très sur de notre route. On demande notre chemin au soldat armé d'une mitraillette qui est en faction devant la grille d'entrée d'une base militaire. Puis à un moment un éléphant apparait dans la lumière des phares. On pile et on attend sagement qu'il veuille bien passer son chemin. C'est le premier éléphant que l'on voit de près. C'est assez rigolo, surtout l'effet qu'il produit sur les filles, qui ne sont pas trop rassurées.

On finit par arriver dans un village, qui s'avère être le lodge que l'on cherchait. On réveille plusieurs personnes avant de tomber sur le gardien qui veut bien tout en maugréant nous conduire à un bungalow libre.

On se retrouve dans un grand bungalow avec deux chambres de deux lits, une grande salle de séjour avec un frigo qui fait un bruit d'enfer, une cuisine toute équipée et une salle de bains. Les murs sont tendus d'un tissu qui rappelle la peau de zèbre. Le tout va nous co–ter 240 dollars zim soit environ 130f ce qui est franchement pas cher pour quatre personnes. Ce genre de lodge dans les reserves naturelles sont souvent gérés par l'Etat d'où leur prix modique.

Je fais une partie de cartes avec Inès tandis qu'Emmanuelle prend un bain froid, car il n'y a pas d'eau chaude.

Dimanche 25 dévrier

J'ai passé une nuit moyenne car fort de la moustiquiaire qui pend au dessus de chacun des lits et dont j'avais recouvert le mien et d'un petit serpentin que j'avais allumé, je m'étais risqué à dormir la fenêtre ouverte. Mais ma moustiquiaire s'est avérée posséder un magnifique trou qui a donné l'occasion à quelques moustiques de me harceler. J'ai d– me relever en pleine nuit pour m'asperger de spray. Je suis tout de même le premier réveillé vers 6h, je vais prendre un fond de bain toujours froid.

On va payer notre nuit au bureau du lodge où on trouve Joseph le gardien que l'on a réveillé à 7h30 hier soir et qui est déjà au travail à 6h du matin. On comprend mieux pourquoi à 7h30 il dort déjà. On se fait expliquer le trajet à suivre à l'intérieur du parc, on achète des bouteilles d'eau et on rentre dans le parc.

On avance sur les pistes sans voir beaucoup d'animaux: des impalas, des girafes, un facochère, des zèbres et c'est à peu près tout.

On arrive vers 10h30 au camp principal qui est situé à une autre entrée du parc. Chaque entrée dans le parc naturel fait l'objet d'un lodge.

On s'installe à la terrasse du restaurant sous des grands arbres très agréables. On commande juste à boire car la carte n'est pas très apétissantes et on préfère pour ce qui est de la bouffe aller s'acheter des cookies à la boutique voisine du restaurant. Ce qui fait un petit déjeuner un peu léger, cookie et verre de lait.

En tout cas on est vachement bien sous ces larges frondaisons. Puis on va au bureau se mettre sur la waitng list pour avoir une chambre ce soir, on se renseigne aussi sur les possibilités de balade à pied accompagnées d'un ranger.

On laisse un mot, comme on l'a fait dans le lodge de ce matin, au gardien qui garde la barrière d'entrée dans le parc, pour prévenir les autres que nous serons de retour ici cet après-midi vers 4h pour la balade à pied avec ranger.

On repart encore deux heures sur les pistes du parc pour tenter de voir quelques animaux. Il fait très chaud et on ne voi pratiquement rien d'animal, sauf des autruches. Mais on prend de belles photos de paysages qui sont très variés. Cela va de la plaine avec herbe espacée et peu d'arbres à la forêt très verte avec végétation touffue. On voit un petit lac.

Au bout de deux heures on en a un peu marre, et on a chaud. Emmanuelle s'est risqué à conduire. Sa conduite est assez hésitante, mais elle évite très bien les nids de poule. De retour au parc on retrouve les autres qui profitent aussi des ombrages de la terrasse du restaurant. Puis on se translate sous la véranda du restaurant pour commander un vrai déjeuner. Pendant qu'ils papotent et déjeunent, comme je n'ai pas faim, je vais au bureau pour me renseigner sur l'évolution de la waiting list pour les chambres de ce soir et pour en savoir plus sur la balade à pied que nous projettons de faire tout à l'heure.

Mais je recois un accueil plutôt désagréable au bureau de la reception. Est ce parceque j'aborde le type pas très bien, en tout cas il m'explique qu'il y a déjà 13 personnes inscrites pour la balade à pied et les deux guides ne peuvent emmener que deux groupes d'au plus 7 personnes. Donc il n'y a pas de place pour nos trois amis qui viennent d'arriver. Et de toute facon la balade m'est interdite car comme aveugle, c'est beaucoup trop dangereux. Il parait que si par hasard un lion attaque il faudra se mettre à courir, ce que je ne pourrai pas faire. Et donc il ne veut pas prendre cette responsabilité. L'argument a beau être débile car vu toutes les vieilles dames qu'ils emmènent en balade, je dois bien être capable de courir aussi vite qu'elles. Mais il reste buté sur sa position. Et j'ai beau discuter le plus gentiment possible, rien n'y fait.

Il faudra donc que deux d'entre nous se désistent pour la balade. Et pour demain matin, même topo, il y a d'ores et déjà trop d'inscrits. En ce qui concerne la disponibilité de chambres ce soir on ne peut rien savoir avant 5h ce soir car alors ils feront le bilan des reservations qui n'ont pas été honorées et des chambres libérées.

Je retourne raconter ce piètre résultat aux autres. Inès et Emmanuelle prennent mon relais et vont elles aussi au bureau. Mais malgré leur talent de négociatrice le type reste inflexible sur l'interdiction qui me frappe de participer à la balade.

Entre temps il se met à pleuvoir des cordes. Ce qui n'est pas plus mal car avec un peu de chance cela va libérer des places pour la balade.

A 16h30 un ranger en basket avec un fusil vient prendre en charge un premier groupe de promeneurs. Mais c'est à peu près le moment que choisisse les filles pour aller se changer. Il part donc en retard avec seulement les 5 personnes de notre groupe car il y a eu des désistements. Je reste donc tout seul alors qu'il y a eu des assauts de préséances pour savoir qui allait rester avec moi si deux personnes, en me comptant, étaient de trop. Je reste assis dans le bureau de la reception à bouquiner en attendant 17h30 pour savoir si ils vont ouvrir la liste d'attente pour les cottages.

Je vois arriver encore des touristes qui louent des cottages. Dont un couple de français. On voit pas mal de français dans ce coin du monde. Finalement à 17h30 la bonne femme qui était à la reception à notre arrivée, me conduit à deux petits cottages que l'on peut louer pour la nuit.

Ils sont tout mignons un de quatre places pour les filles et un pour deux pour Jérôme et moi.

Dans la hiérarchie des logements proposés par les parcs animaliers on trouve les chalets qui ont des lits, un frigo, mais pas de sanitaires. Il y a les cottages qui ont lits, frigo, sanitaires mais pas cuisine. Et les lodges qui sont tout équipés avec la vaisselle dans les placards de la cuisine.

chalets

cottages

lodges

En l'occurence le cottage pour quatre nous coutera 400 dollars zim et celui pour deux 200 dollars. Mais je n'ai pas p– payer car décidément ici ils ont des idées très précises sur les capacités des aveugles et il parait que je suis incapable de payer, donc elle nous fait crédit jusqu'au retour de mes amis. La contrepartie positive de ces à-priori c'est que le receptionniste borné devient tout gentil avec moi et me propose de conduire notre voiture du parking à l'entrée du cottage pour que je puisse y décharger nos bagages. Après avoir d'abord refusé par peur qu'il n'abime la voiture, je me dis que le risque est faible et que ce sera rigolo de faire une surprise aux autres avec leur bagages déjà transportés dans les chambres et la voiture déplacée. Je leur installe donc leur bagages sur chaque lit.

Je me retrouve ensuite dans notre petit cottage rond assez mignon peint en vert. C'est pas mal arrangé avec des meubles rustiques et cette fois ci il y a des moustiquiaires aux fenêtres.

Je retourne au bar, où je commande un jus de tomate qui s'avère dégueulasse. La nuit commence à tomber. Je m'asperge d'anti-moustiques et j'attends les autres tranquillement en admirant le crépuscule, sous les arbres ornés de lampions.

Les autres reviennent d'une balade sympa et très tranquille, que j'aurai évidemment p– faire sans danger. Ils sont un peu surpris de ne plus voir la voiture sur le parking mais pas trop inquiets. Je leur indique où sont les cottages. Les filles vont se changer, tandis que Jérôme reste avec moi pour boire une bière.

Les filles mettent une bonne heure pour revenir diner enfin, lavées et propres. Elles me remercient pour les bagages et les ventilateurs branchés.

On dine à l'intérieur du restaurant de l'hotel. Je commande une soupe soit disant maison qui s'avère être un consommé de tomate surement pas maison. Puis je prends un vegetable curie, assez bon, qui ressemble un peu au plat que nous avons eu au Mozambique. Dont nous ne sommes d'ailleurs pas très loin. On reste à table assez longtemps et l'ambiance est très sympa.

Puis les filles veulent aller se coucher, je propose de faire une partie de cartes, mais je n'ai pas beaucoup de succès. Bien que pour une fois j'ai réussi à être positif et à tenter de motiver les autres avec enthousiasme et positivisme. Et cela me fait plaisir. Je reste à table à papoter un peu plus longtemps avec Jérôme.

Puis nous allons dans notre cottage, où nous papotons encore plus longuement en se couchant, sur nos ambitions respectives de boulot.

Lundi 26 février

Graecirc;ce à un réveil et surtout à Agnès qui dort très mal les filles se lèvent à 5h pour aller faire la promenade à pied guidée du matin. Jérôme préfère rester me tenir compagnie dans une grasse matinée qui nous conduit jusqu'à 7h35. Après avoir pris un bon bain dans la baignoire de notre cottage, nous allons petit déjeuner, avec les filles qui sont revenues de la balade. Il parait que c'était assez sympa, ils ont fait le même parcours qu'hier dans le sens inverse. Ils ont vu quelques traces d'animaux dont des traces de lion. On prend encore un petit déjeuner copieux dans la véranda du restaurant, je prends des oeufs bacon. Le service est très lent.

On se sépare de nouveau en deux groupes, Jérôme, Agnès et Chrystèle ont envie de faire un tour en voiture dans cette reserve. Notamment parceque nous leur avons dit avoir vu une autruche dans notre balade d'hier après-midi et qu'ils n'ont pas encore coché la case autruche. Cela m'embète un peu que l'on se sépare, car demain Inès et Emmanuelle veulent retourner en Afrique du sud et donc j'espère que l'on retrouvera bien les autres ce soir pour que je puisse changer de groupe.

On décide de se retrouver au camping du Grand Zimbabwe, ou au moins de s'y laisser un message ce soir.

Inès, Emmanuelle et moi reprenons la route vers 10h. Après avoir payé nos cottages et subi une fois de plus le caractère bureaucratique de ces parcs naturels d'Etat. Cette fois ci c'est parceque pour pouvoir sortir du camp il faut un bon attestant notre acquittement et le préposé au bureau nous fait tout une histoire pour délivrer un bon seulement au vu du passeport d'Emmanuelle.

On prend donc la route. A la sortie du parc on prend en stop un couple de noirs qui attendaient l'autocar. On les conduit chez eux à 19km où ils vont passer leurs jours de repos. Après les avoir déposés, on prend une autre femme noire en stop qui va elle jusqu'à Boulaoyo. C'est à dire que nous profitons de sa présence et surtout son odeur pendant 200km.

La route est une vraie nationale toute droite, parfaitement asphaltée. Au point qu'Inès s'endort au volant et doit le passer à Emmanuelle dans la dernière portion.

Boulaoyo

On arrive à Boulaoyo vers 2h. On se balade un peu à pied dans la ville. On cherche les horaires de bus pour Johannesburg ou Petersburg pour les filles demain. On finit par trouver un bus qui part demain après midi à 5h de Boulaoyo. Puis on réalise qu'il faut que l'on change de l'argent. Mais alors il est déjà 3h et toutes les banques sont fermées.

Cette ville nous semble toute à fait anodine, relativement moderne, avec beaucoup de voitures et de gens dans les rues. Il y a des magasins, des galeries marchandes, etc. Pas beaucoup de cachet spécifique.

Vers 5h on reprend la voiture en direction du sud vers le Grand Zimbabwe. On roule tout compte fait pendant pas mal de temps, cela dure bien trois heures avant d'arriver dans la petite ville voisine du Grand Zimbabwe. Peu après Boulaoyo on a pris une autre femme en stop, qui cette fois ci est toute parf–mée avec des petites chaussures de ville blanches, manifestement elle s'est mise sur son 31.

Aujourd'hui on a eu un grand ciel bleu avec seulement quelques petits nuages blancs. Le paysage est très beau et a pas mal changé depuis la reserve de Hwangi, où il y avait un terrain très vert, avec beaucoup d'arbres. Puis le décor f–t beaucoup plus dégagé avec beaucoup moins d'arbres, mais encore assez vert, avec des petits champs de ma‹s deci delà. Et à l'approche du Grand Zimbabwe on a commencé à voir des paysages plus montagneux, on est ici à 1000m d'altitude, avec une chaine de collines qui se succèdent.

A la sortie de la ville voisine du Grand Zimbabwe on tourne un peu pour trouver le Grand Zimbabwe. On a beau avoir une carte assez précise elle représente l'ensemble du pays. On cherche une piste que l'on ne trouve pas et on tourne dans la campagne alors que le soleil tombe peu à peu. On demande notre route à un couple d'américains en voiture qui nous disent chercher eux l'hotel du Grand Zimbabwe. On comprend de leur explication qu'au bout de la piste d'où ils émergaient il y a le Grand Zimbabwe et un camp.

On arrive en effet au bout de la piste à une barrière gardée qui ressemble à l'entrée d'un camp. Le gardien est très gentil. On lui explique que l'on doit retrouver des amis. Il nous laisse consulter le registre d'entrée, mais nos amis ne sont apparemment pas encore arrivés. Le gardien nous propose de nous guider jusqu'au lodge qui est dans l'enceinte du site.

Une fois qu'il est dans la voiture on lui demande où se trouvent précisément les ruines du Grand Zimbabwe. Et il nous explique qu'elles sont à 30km d'ici. Alors que nous étions persuadés que c'était là. On décide de rester là maintenant que nous y sommes. En fait il s'agit d'une autre reserve d'animaux. Le gardien nous explique que le lodge ne comprend pas de restaurant et que l'on devra faire régime ce soir. En fait le camping du Grand Zimbabwe où nous avons rendez vous avec les autres est à coté du Grand Zimbabwe à 30km et n'a rien à voir avec le camping qui est attaché à cette reserve. Il parait qu'elle s'appelle la reserve de Mutiliqué, anciennement appelée Kaylé.

Mutiliqué

Kaylé Et la ville voisine que l'on a traversée s'appelle Masvingo.

Masvingo

On passe chez le gardien du lodge qui nous conduit à un lodge libre. J'attends les filles en m'installant pendant qu'elles repartent raccompagner en voiture le gardien du lodge et le garde barrière chez eux. En plus elles s'égarent un peu au retour pour retrouver notre pavillon.

Notre lodge est très sympa avec un confort très soigné. Je suis très impressionné car il parait que c'est un lodge d'Etat et pourtant l'aménagement est plein de petits détails sympathiques. Ainsi dans la salle de bains on trouve des serviettes, du savon, un tapis de bain, un couvercle en mousse pour la lunette des wc ... Et le tout est très propre, avec pas du tout de terre ou de sable sur le sol. Ce qui n'était pas le cas dans les autres lodges.

On passe une soirée sympa à jouer au jeu de cartes mongol que je leur apprends. On se couche assez tôt le ventre vide car on n'a vraiment rien trouvé pour diner. Et on a rien pris depuis le petit déjeuner. Mais je trouve que cela fait le plus grand bien car depuis le début du séjour on chôme pas de la fourchette.

Je dors dans le salon. J'hésite à ouvrir la fenêtre pour dormir car elles ne sont pas équipées de moustiquiaires. Il y a comme à Hwangi une moustiquiaire au dessus du lit. Mais comme celle ci a l'air étanche, que j'allume un petit serpentin et que j'asperge la pièce de spray anti-moustiques, je ne résiste pas au plaisir de dormir la fenêtre ouverte avec tous les bruits de la nuit africaine. Et je dors très bien sans être importuné par aucun moustique.

Mardi 27 février

Les filles me réveillent vers 6h. Le gardien vient peu après faire l'état des lieux. Peu lui importe que nous restions seuls après cela dans le lodge et donc que nous puissions voler tout ce que nous voulions. L'essentiel c'est qu'il ait suivi la procèdure. On passe par le bureau de la reception pour payer notre nuit. Les tarifs sont les moins chers que nous ayons vu. 60 zim dollars pour le lodge, soit environ 30f auxquels s'ajoutent les 40 zim dollars par personne pour l'entrée dans le parc de nuit. Alors que c'est 20 zim dollars par entrée dans le parc de jour. Bref cela nous fait globalement la nuit à 30f par personne, ce qui reste très raisonnable. Cela a tout du même du bon le système étatique. Car il s'agit d'un parc propriété de l'Etat.

On reprend la voiture. On passe par Masvingo, avant d'arriver au Grand Zimbabwe. On va d'abord au camping pour voir si les autres y sont. Ils y ont laissé un message pour nous à la reception. Qui nous indique qu'ils sont au Grand Hotel voisin. En fait on les croise en voiture sur la route du Grand Hotel.

On va tous petit déjeuner au Grand Hotel. On prend un solide petit déjeuner après nos 24h de diète. Du coup j'évite de trop manger. Avant de repartir je fais nos comptes avec Inès.

Puis on va au Grand Zimbabwe voisin.

On paie notre entrée avant de pénétrer sur le site archéologique d'une capitale primitive. Dont il ne reste plus que les parties en pierre. Mais déjà cela témoigne d'une civilisation puissante avec des fortifications et des temples,des palais en pierre. Il ne reste plus grand chose d'une ville qui devait abriter 20 000 habitants sur 720 hectares, florissante du 13ème au 15ème siècle.

On monte en haut d'une enceinte religieuse qui est construite sur une colline à moitié avec des murs de pierres et à moitié en se servant des parois de la colline elle même. Le tout culmine à 80M. D'en haut on admire tout le panorama environnant. Il y a une grande esplanade à l'intérieur de cette enceinte religieuse. Ils ne devaient pas savoir faire de toit en pierre, mais elle est entourée de hauts murs.

Le tout s'intègre parfaitement dans le paysage et de loin on ne remarque pas que cette colline a été manipulée par l'homme. Les murs qui sont de construction humaine sont faits de pierres empilées de facon plus ou moins solides. D'ailleurs selon la facon dont les empilements sont ajustés on peut déterminer l'aecirc;ge de la construction. Le petit prospectus en anglais on a obtenu à l'entrée repertorie trois styles P, Q, R.

Au 15ème siècle la ville a été abandonnée, on ne sait pas très bien pourquoi. Une des hypothèses c'est qu'elle s'est étouffée, c'est à dire que la ville grossissant de plus en plus les ressources naturelles aux alentours pour nourrir toute cette population sont venues à manquer. Ou bien c'est parceque les conditions écologiques se sont modifiées brutalement.

On suit un petit moment un groupe de touristes qui a un guide noir très marrant mais qui ne nous apprend pas grand chose donc on les laise tomber au bout d'un moment. On monte et on descend le long de petits sentiers pierreux pas très pratiques pour moi, qui sillonnent les flancs de cette colline. Notamment il y a des couloirs étroits entre le mur d'enceinte et la coline elle même.

On a trouvé des restes de tissu d'Inde ou de porcelaine de Chine, qui prouvent que cette civilisation était ouverte vers l'exterieur et commercait notamment avec l'Extreme Orient. Probablement en offrant en échange de l'or ou de l'ivoire. Donc cette civilisation a bien existée, bien que les blancs et notamment les rhodésiens ont longtemps soutenu le contraire en prétendant que les noirs n'étaient que des bêtes humano‹des, sans culture et donc bons pour l'esclavage.

Du coup le gouvernement zimbabwien investit sur les fouilles au Grand Zimbabwe et s'appuit sur l'exemple de la civilisation de cette tribu.

Un petit musée a été ouvert sur le site, que l'on va visiter. Y sont exposés les différents éléments archéologiques et ethnologiques découverts par les fouilles. On remarque un arbre en plastique avec tout son décor qui reproduise une savane miniature. C'est sympathiquement na‹f. Il y a aussi des statues qui représentent ce qui est devenu l'emblème du Zimbabwe, c'est à dire un oiseau à genoux.

Puis on va à l'autre bout du site par rapport à l'enceinte religieuse, voir ce qui était l'enceinte royale. Où habitait le Roi et sa famille. Il y a aussi des tas de murs ruinés qui entourent différentes cours intérieures.

Emmanuelle et Inès nous quittent. Emmanuelle stresse un peu car elle a déjà peur de rater le bus. Je les raccompagne jusqu'au parking. Je me laisse aller à une petite danse d'adieu, qui prouve que je suis bien détendu. Tandis que les autres terminent leur visite du site, je les attends dans la voiture, qu'ils avaient oublié de fermer. Je bouquine un peu avant leur retour.

On prend un pot à la terrasse de la buvette à coté du parking, avant de repartir vers de nouvelles aventures. Puis on reprend la voiture pour faire les 700km de route pour remonter jusqu'au lac Cariba. On s'arrange pas trop mal avec notre carte routière grossière pour éviter Arrare la capitale.

On a le plaisir de voir un coucher de soleil magnifique sur une nature qui est aussi très belle. Le ciel prend des couleurs qui vont du rose au viole en passant par le traditionnel orange. C'est superbe. La végétation devient plus classique (à l'européenne), avec moins d'arbres. La route est très bonne donc on n'hésite pas à rouler vite. Surtout quand Jérôme prend le relais d'Agnès au volant.

On s'arrète dans une petite ville pour téléphoner aux agences de tourisme que les guides indiquent comme proposant des safaris canoé. Car on va arriver à Cariba après l'heure de fermeture et pour être efficace il vaudrait mieux que l'on puisse démarrer un safari dès demain matin. Après en avoir essayé plusieurs qui ne proposaient pas de départ demain, on tombe sur l'agence Buffalo Safari qui a un package disponible pour 3 jours et 2 nuits départ demain. Je négocie le prix qui était dabord de 250 dollars us et qui devient à ma demande 1536 zim dollars (c'est à dire le tarif pour les locaux). Ce qui fait une réduction substantielle de 2250 zim dollars à 1536. On s'engage par téléphone à être présent demain et ils préparent tout pour notre départ. Ce sera un tour entre nous avec seulement le guide pour nous accompagner. On a choisi une formule où on rame nous même. Le seul inconvénient c'est que l'on ne pourra pas faire la partie réputée du fleuve vers Magnapool.

On reprend la route pour Cariba. La nuit est tombée lorsque l'on commence à descendre par une route très sinueuse dans la vallée du Zambèse vers le lac Cariba. Il tombe aussi une pluie battante. Qui heureusement dissuade les autres d'aller au camping, car je sens que sinon j'aurai été en minorité pour la formule hotel. Le camping dans un camping cela ne me motive pas tellement.

Cariba

lac Cariba

Il pleut de plus en plus fort et la route devient mauvaise, mais on arrive dans la ville de Cariba. Pas un chat dehors à qui demander notre chemin. Après avoir un peu tourner on trouve le camping dont le gardien sort gentiment de son poste de garde pour nous renseigner. Le pauvre il est complètement trempé. Il nous indique comment aller à l'hotel Lake View Inn

Lake View Inn

Une fois à l'hotel, Jérôme se dévoue pour aller demander s'il reste des chambres libres. Il y en a mais c'est cher et ils n'ont pas l'air disposé à négocier. Jérôme parvient tout de même à faire passer le prix pour une nuit de 76 us dollars à 280 zim dollars. L'hotel se veut assez luxueux avec en effet quelques détails agréables, comme le restaurant qui est en terasse avec vue plongeante sur le lac. Mais par contre l'air conditionné fait un bruit infernal dans les chambres, au point qu'il faut se contenter du ventilateur. Cela sent fort les chiottes quand on passe devant dans les couloirs. La bouffe au restaurant que l'on commande pour le diner n'est pas très bonne. L'hotel est assez moderne du moins dans sa construction qui ne doit pas avoir plus de vingt ans. Mais tout cela laisse un peu à désirer.

On dine dans le restaurant au bord de l'eau. On a commandé un pinot noir qui pour une fois n'est pas mauvais. Je prends juste une salade, vu l'heure tardive.

Puis on descend se baigner dans la piscine de l'hotel, qui est très chaude. Et c'est très sympa. Là aussi la conception des abords de la piscine est assez spéciale avec des marches en béton un peu partout.

Puis on va se coucher. Je dors dans le même lit que Jérôme. On n'ouvre pas la fenêtre par crainte des moustiques.

Mercredi 28 février

On ne voit pas venir l'early morning tea que l'on avait commandé. Autre signe de l'inadéquation entre les ambitions de luxe affichées par l'hotel et la réalité des faits. C'est Agnès qui toujours insomniaque nous réveille à 7h. On prend une douche, pour une fois il y a un pommeau de douche accroché au dessus de la baignoire et pas uniquement une baignoire, comme dans les autres hotels de conception datant de l'époque anglaise.

Puis on petit déjeune au restaurant toujours au bord du lac. Le soleil cogne comme un malade alrs qu'il n'est pas 8h du matin. Cela promet pour le reste de la journée.

On arrange nos bagages entre ceux que l'on va laisser à l'agence de safari et ceux que 'lon veut emporter pendant le safari, qu'il convient d'emballer de facon étanche. Je demande des grands sacs en plastique à la reception mais il ne me trouve que des petits sacs à linge sale additionels. Je me rappelle à quel point nos sacs prenaient l'eau lors de ma balade en khayak au Sptizberg, aussi je suis assez prudent sur l'emballage de ceux d'aujourd'huui. Agnès et Jérôme vont changer de l'argent pour payer l'agence.

Puis un chauffeur vient nous chercher à l'hotel avec un pick-up. Il nous amène à l'agence Buffalo Safari. C'est dans une petite maison protégé par la végétation. Il y a deux filles sympa qui nous accueillent dont une qui a son bébé dans un couffin à coté d'elle. On paie puis on part. notre guide s'est joint à nous. Il s'appelle Simion.

On roule jusqu'en amont des gorges que forment le Zambèse en aval du lac. On s'est arrété dans un super marché pour acheter des boissons, car le forfait comprend tout sauf les boissons autre que de l'eau.

Le pick-up nous laisse à l'entrée d'un petit sentier pierreux qui descend jusqu'à la rivière. Simion m'aide car c'est très accidenté et je me tord plusieurs fois la cheville dans mes vieilles chaussures bateau. Il fait très chaud dès que l'on n'est plus à l'ombre. Et on transpire pas mal. Il y a le chauffeur qui gentiment me porte mon petit sac rouge qui constitue mon bagage. On arrive au bord de la rivière après quinze à vingt minutes de marche assez fatiguantes. Au début du sentier il y avait quelques noirs qui attendent là les touristes pour leur proposer de porter leurs bagages moyennant quelque pièce. Mais vu le minimum de bagages que nous avons gardé nous ne sommes pas les prospects révés.

Enfin on est au bord de la rivière, car je commencai à en avoir marre de cette descente pierreuse, d'autant plus qu'à chaque fois que je tentai d'accèlerer Simion me retenait. Une fois au bord de l'eau, les autres qui sont arrivés avant ont eu le temps de se baigner dans la rivière. Mais Simion refuse que je le fasse car parait il c'est trop dangereux, avec les crocodiles qui rodent. Il nous fait un petit speech sur la sécurité avant que l'on embarque. On devra rester bien groupé, naviguer à moins de deux mètres les uns des autres, rester silencieux et communiquer par signes à l'approche des bêtes sauvages, sauf pour les hippopotames avec lesquels au contraire il ne faut pas hésiter à être bruyant pour les dissuader d'approcher.

On embarque dans les canoés. Nos bagages ont été arrimés avec les provisions et le materiel de camping, sous de grosses baecirc;ches au milieu des canoés. Les filles se mettent ensemble, le guide est seul et nous faisons équipe Jérôme et moi. Je me met à l'avant, car c'est celui qui est à l'arrière qui imprime la direction.

On descend le cours du fleuve dans des gorges assez larges. Dont les pentes ne sont pas très abruptes avec pas mal de végétation.

Enfin on profite de la nature, c'est le grand calme, sans touristes. Ni même pratiquemment pas d'hommes. A part quelques petites cahutes de pécheurs au bord de l'eau de loin en loin.

On s'arrète pour déjeuner sur une petite île très boisée. On prend des sandwichs et une pomme. On fait une petite sieste à l'ombre de ce bois dense, allongés sur des coussins qui font partie du materiel de camping.

Mais on ne tarde pas trop à repartir car l'heure tourne et les moustiques sont assez agacants. On reprend les canoés. Il fait un temps magnifique. Le soleil tape tellement fort que je me mets une serviette sur les genoux pour les protéger des coups du soleil. Puis assez rapidemment une grosse averse nous arrive dessus. Il pleut très fort pendant quinze mintues. On a mis toutes nos affaires y compris nos t-shirts à l'abri sous les toiles cirées qui couvrent les bagages. En fait tout cela est très bien fichu et ce n'était pas la peine d'emballer nos bagages dans des sacs en plastique.

On continue à ramer gentiment dans le courant. De loin en loin on voit des crocodiles qui somnolent au soleil sur les berges de la rivière.

Vers 4h30 ou 5h notre guide donne le signal de l'étape et on accoste sur une petite plage d'une petite île deserte au milieu de la rivière. On débarque les bagages et le materiel des canoés. On réalise alors à quel point c'est bien organisé. C'est pas du tout du camping au rabais. Il y a les tables et les fauteuils pliants. Les petites nappes pour couvrir les tables, tout une batterie de cuisine...

On monte trois tentes puis on aide Simion à préparer le diner. La nuit tombe peu à peu et on dine à la lumière de photophores. On prend des spaghettis bolognaises. Et c'est vraiment royal d'être ainsi confortablement installés en pleine nature. Le confort de ce camping nous donne une petite idée de ce que devait être la vie des rhodésiens à la grande époque des colons. On pense bien s–r aux athmosphères du Lion de Kessel.

On joue à l'ascenseur avant d'aller se coucher assez tôt vers 9h30. Je préfère dormir à la belle étoile plutôt que d'être enfermé dans une tente. Simion m'installe ingénieusement une moustiquiaire accrochée à une rame plantée verticalement dans le sable. Je me glisse dessous avec un matelas et un sac de couchage fournis par Buffalo Safari. Je suis un peu inquiet à l'idée que la moustiquiaire puisse être trouée et je m'asperge d'anti-moustiques. Mais en fait elle est bien étanche et je dors parfaitement, sauf que j'ai un peu chaud dans le sac de couchage.

J'entends tous les bruits de la forêt et c'est génial. Beaucoup d'oiseaux, mais aussi quelques éléphants qui viennent boire à la rivière et des bêtes sauvages qui chassent dont des lions.

Jeudi 29 février

Quand on se lève, Simiion nous offre un early morning tea c'est à dire pour moi un verre de lait et quelques biscuits. Le temps est couvert ce matin.

On reprend les canoés. On sort des gorges et on arrive dans un paysage plus découvert avec peu d'arbres. C'est très beau et calme. Il y a pas mal d'animaux sur les berges, on voit toujours beaucoup d'oiseaux, des impalas.

Le guide a quelques soucis avec des touristes français et donc pas très disciplinés comme nous. C'est à dire Jérôme et moi car les filles ont en permanence à l'esprit le risque d'un crocodile venant les croquer tout cru, que du coup elles suivent scrupuleusement les indications de Simion. Mais tous les deux nous nous amusons à quelques fantaisies sur le parcours. Simion aimerait que nous restions toujours dans les passages les plus profonds, car on traverse des portions de rivières assez larges et très peu profondes où on passe difficiliment. Et plusieurs fois on doit sortir du canoé pour le haler. On passe à un moment dans des hautes herbes très sympa qui me font penser à ce que l'on m'a décrit du Locavengo.

On voit encore comme hier, pas mal d'hippopotames. Il y en a notamment un qui voulant probablement protèger sa famille paisiblement installée à patauger au bord de l'eau, se précipite sur le canoé Simion. Il sort de l'eau et pousse un grand cri à un ou deux mètres de son canoé. Et il faut dire que c'est assez impressionnant mais juste du bluff, car après cette manoeuvre d'intimidation, il fait demi-tour. Mais cela a quand même donné l'occasion aux filles d'avoir quelque émotion.

On voit aussi quelques gros crocodiles. Et deux ou trois fois le guide nous autorise à nous baigner pour nous rafraichir. Mais il choisit soigneusement les endroits où il y a à peine d'eau. Tout juste jusqu'aux mollets pour être s–r que l'on ne puisse pas être surpris par un crocodile. Il choisit plutôt des endroits avec du sable, car il parait que les crocodiles n'aiment pas beaucoup le sable. Il m'interdit même de me baigner à un endroit où j'avais de l'eau jusqu'au genou. Ce qui me conforte dans mon sentiment de sécurité sur les passages qu'il nous fait emprunter en canoé. S'il prend tant de précautions pour nos lieux de baignade c'est qu'il doit être s–r de lui lorsqu'il nous laisse ramer à trente mètres d'un crocodile.

On s'arrète vers 10h et Simion nous annonce que l'on va petit déjeuner. J'ai trouvé le verre de lait et les petits biscuits un peu légers, mais là on est servi c'est omelette, bacon, saucisses, céréales, pain, ... Toujours avec le même standing dans le camping de luxe avec les petites nappes sur les tables pliantes.

Peu après on fait une autre pause, soit disant pour déjeuner mais on a pas vraiment faim avec le petit déjeuner que l'on vient à peine de prendre. On en profite pour modifier les équipages des canoés. Car Jérôme et moi on va trop vite pour les filles. Du coup je ne rame pratiquemment pas pour nous ralentir. Mais même quand je ne rame pas du tout Jérôme, seul va parfois trop vite ! Je fais donc désormais équipe avec Chrystèle. Enfin je peux me dépenser un peu et c'est quand même plus sympa de faire du sport.

On s'arrète assez tôt vers 3 ou 4h sur une autre île du fleuve. Comme le soleil tape encore assez fort, on essaie de monter une toile sur des piquets pour faire de l'ombre mais il manque une corde donc on renonce. On monte les tentes et on installe tout pour le camping. On joue au jeu de cartes mongol. Simion esaie de s'y mettre mais ce n'est pas facile à assimiler d'un coup. Puis on se baigne dans la rivière.

On a une famille d'hippopotames qui s'ébat juste de l'autre coté de la rivière.

campement sur une île du Zambèse photo

Après un autre diner super sympa à la lumière des photophores j'essaie de trouver des partenaires de jeu de cartes. Mais les autres sont assez fatigués et préfèrent aller se coucher tôt. On parvient à mon grand plaisir à les convaincre de faire un petit ascenseur, jusqu'à 10h.

Je me réinstalle pour dormir à la belle étoile, sous mon filet moustiquiaire. Cette nuit il y a moins de bruits d'oiseaux, mais plus de chants de grillons et de cigales. Il y a encore pas mal de cris d'animaux qui vivent, boivent, chassent la nuit. C'est vraiment génial.

De plus c'est amusant de savoir que l'on dort dans un no man's land. Car ces petites îles au milieu du fleuve ne sont ni au Zimbabwe, ni en Zambie. Et en fin de compte on a pas souvent l'occasion de dormir sur une terre sans souveraineté.

Vendredi 1er mars

Simion nous prépare un nouveau petite déjeuner aussi bon et confortable, sur les petites tables avec napperons et sièges pliants. Je prends encore du bacon sans oeufs et des céréales. Puis on lave et on essuie la vaisselle.

La journée s'annonce assez cuisante, avec le soleil qui tape dur dès 8h du matin. On embarque vers 8h30. On continue à descendre le cours du fleuve.

C'est toujours très calme avec les berges qui s'élargissent. Il y a également moins de fond. Le terrain est assez sableux et il faut souvent descendre du bateau pour l'alléger et le haler au travers de petits chenaux où il y a quelques centimètres d'eau.

On voit encore des hippopotames. On voit aussi la vie des indigènes qui vivent au bord du fleuve. On voit notamment des pécheurs, surtout du coté zambien. Qui semble plus habité que le coté zimbabwéin. Du coté du Zimbabwe, on voit surtout des animaux. Simion nous explique que les animaux évient de traverser le fleuve, car ils craignent d'être chassés du coté zambien.

Du coté du zimbabwe on voit des camps de chasse.

On s'arrète de temps en temps pour prendre des petits bains, ou plutôt des petites trempettes, car on a toujours le droit de se baigner qu'avec de l'eau jusqu'aux mollets. Mais c'est tout de même agréable de pouvoir s'allonger dans l'eau et barboter quand il fait chaud comme aujourd'hui. On se crème abondamment entre deux trempettes. Je mets ma serviette sur mes genoux.

On voit aussi des crocodiles qui semblent donner raison à la prudence de Simion.

Shirodou

On arrive aux abords de la ville de Shirodou vers 10h30. On est à l'heure sur l'horaire. Car mine de rien pendant ces trosi jours Simion a toujours surveillé l'heure et manoeuvrait comme il pouvait notre indiscipline naturelle de français. A chaque fois on avait 5mn pour se baigner, etc. Mais il le faisait très bien et cela n'était pas du tout pesant. Plutôt drole de le voir aussi appliqué. Alors que nous nous fichions bien de l'horaire et que nous vivions sans montre. Cette expérience était vraiment super et cela a été un grand moment de détente et de dépaysement. Enfin je me sens en vacances, alors que jusqu'à présent je me sentai dans une ambiance un peu trop touristique et je me sentai pas très détendu.

En arrivant à Shirodou on longe la verge qui est très agréable. Il y a une belle forêt avant l'entrée dans la ville. Qui nous ménage une alternance de zones d'ombre et de soleil. Je fais toujours équipe avec Chrystèle. Aujourd'hui on rame moins dur. Mais on a quand même du mal à se synchroniser car elle a du mal à compenser mes coups de rame vigoureux, bien que je tente de ne pas ramer trop fort.

On passe le pont de Shirodou, qui relie le Zimbabwe à la Zambie. C'est un pont suspendu. Il y a quelques camions qui le traversent. Mais le débit est assez faible. Probablement à cause des postes frontières, où on doit fouiller les camions un par un.

Au delà du pont on accoste à un débarcadère muni d'un plan incliné en béton et de pneus pour amortir les accostages. Il y a un bateau à moteur arrimé là.

On vide les canos, on met tout leur contenu sur la remorque d'un 4X4 qui nous attendait et s'est garé juste en haut du plan incliné. On porte les canoés pour les installer sur la remorque. Puis on s'installe tous dans le 4X4.

C'est un gros 4X4 Toyota. Il est tout noir et métallique. Tout ouvert sur l'exterieur, avec juste la partie inférieure grillagée. C'est assez marrant de rouler ainsi à tous vents. Il y a trois rangées de sièges et la place pour tout le monde;

On roule assez vite pendant deux heures pour revenir à Cariba. On s'arrète juste au pied d'un baobab, aménagé en aire de repos avec une table et des bancs pour déjeuner, d'un hamburger insipide et de Coca.

Cariba

On arrive à Cariba vers 14h. A l'agence Buffalo Safari on récupère notre voiture et nos bagages. On dit au revoir à notre guide Simion. On lui laisse un petit pourboire de 100 zim dollars.

On reprend la route avec notre voiture pour aller au barrage qui est en aval du lac Cariba. Il sert également de pont sur le fleuve pour aller en Zambie.

On passe la frontière du Zimbabwe, en laissant nos passeports en gage, pour aller voir la vue du milieu du pont.

Ce barrage est assez vieux, il date de 1971. Et cela se sent car les structures font vieilles. En amont on voit tout le lac où est retenue l'eau et en aval l'eau s'écoule petit à petit dans une gorge.

Il parait que le matin ils ouvrent les vannes plus largement pour répondre à une demande d'éléctricité et alors le débit est plus important. D'ailleurs Simion nous faisait remarquer pendant notre balade les heures où le courant était plus fort qui correspondaient à l'ouverture des vannes du barrage.

En tout cas ce soir le débit est franchement faible.

On revient sur nos pas, on récupère nos passeports au poste frontière. Le ciel devient un peu menacant mais il ne pleut pas. Pour l'instant on a eu juste une petite pluie pendant notre retour de Shirodou à Cariba. On est en dessous de notre quota quotidien de pluie aujourd'hui.

On repère dans le guide qu'il y a une ferme de crocodiles à 20km de Cariba et on décide d'aller la voir.

ferme de crocodiles

On arrive dans cette ferme où sont élevés des crocodiles. Un guide nous emmène faire le tour avec tout un groupe de touristes dont des hollandais. Il parait qu'ici ils élèvent jusqu'à 13 000 crocodiles en même temps. En tout cas cela ne sent pas bon.

On fait le tour des différentes fosses. Il y a notamment des fosses où sont gardés de grands specimen qui servent à la reproduction et à être montrer aux touristes. Le plus grand fait 5m30 de long ! Il parait qu'il a 60 ans. Il habite seul dans une fosse car il est encore trop fort et trop ombrageux pour accepter de partager avec d'autres maecirc;les. Ils sont obligés de faire attention à ce que les maecirc;les ne se disputent pas trop entre eux. On voit aussi toute une série de crocodiles qui font entre 2 et 4 mètres. Ils sont vraiment impressionnant et on aimerait pas être seul au milieu d'eux.

Sinon les autres crocodiles de la ferme sont élevés de 0 à 2 ans. A 2 ans ils font environ 1M50 de long. Et alors ils sont tués. Soit pour leur peau, soit pour leur chair. On ne peut pas utiliser la peau de ceux qui sont destinés à la consommation, car pour s'assurer de l'hygiène de la chair on a mélangé à leur eau du désinfectant qui a tendance à colorer leur peau en bleu. Ceux qui sont pour la consommation en fait on ne mange que la queue et le reste de la chair est redonnée aux crocodiles comme nourriture mélangée à du poisson ou du poulet.

En fait de 0 à 13 mois le crocodile se nourrit de chair de poisson. De 13 à 24 mois il se nourrit de poisson mélangé à de la viande. Et après 24 mois il ne lui faut plus que de la viande. Ce qui devient très onéreux. C'est pourquoi 2 ans c'est 'l'optimum pour les tuer et les exploiter.

On voit quelques employés occupés à les nourrir où à nettoyer les fosses. Notre guide nous explique les précautions à prendre lorsque l'on pénètre dans les cages. Une manoeuvre délicate notamment c'est la cueillette des oeufs. Car alors la mère les surveille et n'aime pas que l'on vienne ramasser sa couvée. Ensuite les oeufs sont placés dans des couveuses artificielles.

Simion nous avait également expliqué que les crocodiles sont capables de tenir 45mn tapi sous l'eau. Pour cela il fait passer son rythme cardiaque de 50 ou 60 pulsations lorsqu'il est actif à 3 pulsations minute lorsqu'il est aux aguets sous l'eau.

Le crocodile est un bluffer. Il attaque souvent par derrière, car de face il se laisse facilement intimider.

Le crocodile régule la température intérieure de son corps vis à vis de l'exterieur en ouvrant la bouche. C'est pour cela que les crocodiles ont souvent la bouche ouverte.

crocodile

hippopotame

Alors que l'hippopotame lui ne tient que 5 à 6 minute sous l'eau. En fait ce n'est pas un animal marin et il se contente de marcher sur le fond de l'eau. Il ne sait pas nager. Sinon il peut aussi se laisser flotter dans le courant. Lui aussi est facilement impressionnable et au bluff il cède souvent.

L'éléphant lui ausis est timide mais il ne faut pas trop l'agacer car il peut facilement s'enerver et devenir alors très colèreux et dangereux. On voit facilement s'il est droitier ou gaucher selon que sa défense droite ou gauche est plus courte que l'autre. La défense la plus courte est celle qui lui sert le plus. Celle avec laquelle il se bat, avec laquelle il éfeuille les arbres, il arrache l'écorce de certains arbres dont il rafole. Il parait que l'on peut aussi reconnaitre s'il s'agit d'un maecirc;le ou d'une femelle, selon qu'il a le front bombé ou creux. Et l'éléphant utilise ses oreilles comme système régulateur de température. Le sang qui vient dans ses oreilles est facilement, vu leur largeur, au contact de la température exterieure. Et de là il reflue dans tout le corps, refroidi ou réchauffé.

On n'achète rien à la boutique de souvenirs qui ne semble vraiment pas receler d'objets interessants. On demande juste où on peut trouver à Cariba un restaurant qui sert du crocodile. Il parait que l'on est pas s–r d'en trouver car les restaurants n'ont pas de stock et ne sont pas toujours réapprovisionnés.

On retourne à Cariba pour aller au camping où on loue un lodge, avec deux grandes chambres. Une a deux lits et l'autre quatre.

Pour une fois on peut prendre une douche en allant dans un batiment voisin de notre lodge. Je vais en prendre une.

Puis on part diner à la nuit tombée. On va d'abord à l'hotel Cutisard. Car le guide de la ferme de crocodiles nous a dit que c'est là où on avait le plus de chances de trouver de la viande de crocodile. On met assez longtemps à le trouver cet hotel. On y retrouve le groupe de hollandais qui visitait la ferme avec nous. On demande s'il y a du crocodile au restaurant, mais il n'y en a pas ce soir.

On reprend la voiture. On tourne un peu en rond dans la campagne à la recherche du centre ville de Cariba. Mais cette ville ne semble pas avoir d'aglomération. On ne trouve que des maisons deci delà et beaucoup de campagne.

On finit par aterrir au Lake View Inn, comme l'autre jour. La carte du restaurant ne me laisse pas un super souvenir. Mais o surprise lorsque l'on demande sans beaucoup d'espoir s'il y a du crocodile le garcon nous répond par l'affirmative. C'est proposé en entrée seulement. Et le garcon nous recommande l'inpala en plat principal.

Lake View Inn Je commande aussi une soupe de poisson sans crème en entrée. On commande également un cabernet qui s'avère excellent. Un peu acide mais avec un nez très agréable.

On profite toujours de la vue magnifique sur le lac. On entend aussi des joueurs de billard.

Les filles sont crevées, nnotamment Agnès. Mais Jérôme et moi avons pris nos maillots et proposons d'aller se baigner dans la piscine. On y prend un long bain très agréable. J'admire la patience des filles qui ne protestent pas pour que l'on rentre. On s'en va au bout d'une demi-heure alors qu'il y a un groupe de sud-africains qui viennent se baigner.

On rentre au lodge. Les filles ont l'air soudain moins crevées et on papote dans notre chambre avec mes petites enceintes de walkman qui nous diffusent de la musique.

J'ai beau me coucher sous la moustiquiaire après avoir aspergé la chambre et moi même de spray anti-moustiques, je suis bouffé sur la main pendant la nuit.

Samedi 2 mars

Je me lève et je vais prendre un bain dans la baignoire de notre lodge. Car bien s–r il y a toujours une baignoire dans ce pays. Notre lodge est plutôt sympa avec une véranda sur laquelle bizarrement la salle de bains donne. Il y a aussi une grande salle de séjour et une cuisine toute équipée.

Les filles et Jérôme se lèvent et se préparent. Puis on part. On hésite à aller petit déjeuner quelque part dans un hotel comme le Lake View Inn ou un autre. Mais un vent nous pousse à prendre le large et on se contente de s'arréter dans un super marché pour acheter des petites brioches et des yoghourts. Malheureusement cela ne nourrit pas beaucoup. Mais les filles m'ont très gentiment acheté une petite bouteille de lait qui me console de l'absence d'un vrai petit déjeuner.

On reprend donc la route. C'est Chrystèle qui conduit courageusement pendant 200km qui nous éloigne du lac Cariba. Je réalise que l'on a même pas été au bord du lac proprement dit. Mais il parait que l'on a rien manqué.

Une centaine de kilomètres avant Arrare, on fait étape pour visiter un gouffre.

gouffre

On descend par un petit escalier rocailleux, qui nous conduit au fond du gouffre au niveau d'une pièce d'eau qui occupe une partie du fond du gouffre. Il parait que c'est une source et que l'eau a 100m de fond. Au bord du bassin il y a un petit bateau pneumatique avec des combinaisons de plongée dedans. Jérôme va voir jusqu'au bord de l'eau. On s'abstient car le terrain est assez accidenté. L'eau est d'une pureté extraordinaire. Il parait que l'on peut voir très loin au fond. En tout cas cela lui donne une couleur magnifique un bleu roi ou sac poubelle.

Ce bassin est à ciel ouvert. Mais il y a aussi des galeries qui sont aménagées dans l'épaisseur du gouffre. On va en visiter quelques unes. C'est assez rigolo c'est un vrai fromage. On fait même un peu d'escalade d'une paroi boueuse pour passer d'une galerie à l'autre.

On remonte et on ressort de l'enceinte du gouffre. On va déjeuner dans un motel en face. On s'installe sous les arbres dans le jardin. C'est trs agréable. Je prends un club sandwich qui n'est pas très bon. Jérôme se tape un foie de boeuf et Agnès touche à peine à son plat comme d'habitude. Après s'être bourrée de pain en attendant le plat.

On reprend la route pour faire les derniers kilomètres qui nous séparent d'Arrare. On contourne un peu la ville pour aller vers le sud, pour aller jusqu'au Lions and Chita Park.

C'est donc un ultime parc d'animaux qui est ouvert au public, à moitié parc, à moitié zoo. Il faut payer 5 dollars par voiture pour y entrer.

On se promène en voiture en faisant des tournicotis dans une partie où il y a des lions et des guépards en semi-liberté, séparés par des grillages qui cloturent chaque espace de liberté. Evidemment cela n'a pas le charme des grands parcs naturels que l'on a vu jusqu'à présent, car ici les animaux sont confinés dans peu d'espace. Mais au moins on voit des lions comme on en a pas encore vu, de près et nombreux. Le décor, parait complètement naturel, est fait de gros rochers disséminés et empilés deci delà. Très propices pour les ébats des animaux. C'est très beau. On voit notamment un lion au sommet d'un gros rocher qui se profile sur le soleil couchant, pas banale comme vue. On voit en fait surtout des lionnes. On voit aussi dans une autre partie du parc quelques zèbres et des impalas, bien séparés des lions et guépards. Qui eux même parait ne font pas très bon ménage, d'où la necessité de les séparer.

On voit aussi deux éléphants qu'un employé du parc fait venir pour nous du bout de son enclos jusqu'à notre voiture.

Puis on va dans une troisième partie du parc, qui est le zoo, là les animaux sont en cage.

Comme j'en ai un peu marre de faire de la route et d'être trimballé. Je laisse les autres aller visiter le zoo et préfère rester un peu seul à me reposer. Mais après reflexion je trouve cela un peu bête de rester dans la voiture. Je sors donc pour faire quelques pas.

Je rencontre alors un type qui me voyant déambuler autour du parking, me propose gentiment de m'aider à trouver les toilettes. Je lui explique que je ne les cherche pas et que je me contente de me balader en attendant mes amis. Alors il me dit faire partie du personnel du zoo et qu'il se propose de me faire faire un petit tour spécial pour moi qui suis aveugle. En fait il s'avère être peut-être le patron du parc ou tout du moins le vétérinaire.

Il commence par me faire revenir sur mes pas pour me faire tater la carapace d'une tortue géante. Elle est vraiment énorme. Elle m'arrive jusqu'à la taille. En fait je réalise que tout à l'heure j'étais déjà passé à coté d'elle. Mais je m'étais écarté prudemment de ce gros rocher qui s'était mis à emettre un souffle animal. Je n'avais pas été rassuré de me sentir seul à coté d'un animal invisible à mes yeux et peut-être dangereux comme un serpent. En fait ce n'était qu'une inoffensive tortue qui émettait ce souffle rauque et inquiétant.

Alors que la tortue rentre peu à peu vers la niche qui lui a été aménagée. Mon guide m'explique qu'elle vient des Galapagos. C'est peut-être le seul animal du parc qui vient de l'étranger. On ne sait pas très bien son aecirc;ge, mais elle doit avoir entre 150 et 250 ans.

De là on va vers les cages d'animaux du zoo. On a rencontré les autres sur le chemin qui nous emboitent le pas. On rentre dans la cage des guépards. Mais le jeune guépard que mon guide veut me faire caresser, est en train de diner avec les restes d'un poulet. Donc ce n'est pas trop le moment de le déranger.

On reviendra donc plus tard et en attendant on va rendre visite aux lions. On rentre dans la cage aux lions. Malheureusement sans Jérôme qui nous a quitté un moment pour aller fermer la voiture que j'ai laissée ouverte. Les lions se montrent assez nerveux à notre entrée à quatre dans leur cage. Il parait que c'est surtout l'arrivée du vétérinaire qui les énerve. Car souvent son entrée est synonymes de piquures et d'injections. Du coup les lions nous tournent autour l'air méchant et d'un pas pas énervé. Alors que nous sommes pelotonnés au centre dos à dos. Car le vétérinaire nous a recommandé de ne pas leur présenter nos fesses car ils risquent tant qu'ils ne sont pas calmés d'avoir envie de mordre dedans. Et aucun d'entre nous a envie de tester si c'était ou non une plaisanterie de sa part. Le vétérinaire m'a emprunté ma canne et l'utilise pour taper sur le museau et repousser les lionnes qui s'approchent un peu trop de nous. Car il nous explique que ce sont surtout les lionnes qui sont hargneuses. Les filles sont proprement terrorisées et je dois avouer que je ne suis pas non plus très fier.

Au bout de 5mn comme annoncé par notre guide, les lionnes se calment peu à peu. Notre guide isole alors de ses congénères un jeune lion. Il lui enjoint de se coucher. Et une fois qu'il est sagement couché il m'invite à m'accroupir pour le caresser. Il me donne la patte. On peut lui caresser la crinière. Et je mets même plus ou moins par inadvertance la main dans sa gueule. Le guide a beau ne pas arréter de nous expliquer qu'il n'y a aucun risque, que c'est un jeune lion à qui il a donné le biberon, c'est assez impressionnant et unique d'avoir la chance de caresser et de voir de près un lion. Je regrette juste que compte tenu de son jeune aecirc;ge, il n'a pas encore de crinière digne de ce nom et je ne peux donc pas me rendre compte de comment s'est fait une crinière de lion. Mais c'est vraiment super de pouvoir appréhender la forme et la puissance de cet animal mythique. On pense bien s–r à la petite fille du Lion de kessel.

sylvain caresse le lion photo

Il y a tout un attrouppement devant la cage aux lions de touristes qui nous observent avec curiosité.

On ressort mais le jeu n'est pas fini puisque notre guide nous remmène dans la cage des guépards. Le jeune guépard a fini son diner. Et il vient très gentiment vers nous en réponse à l'appel de son maitre. Il ronronne comme un gros chat. Il se couche à nos pieds et on peut le caresser à loisir. Il se met même à me lécher la main. Au début je retire ma main, dans la crainte d'être mordu. Mais notre guide me rassure et je me laisse lécher. Il a une grosse langue rapeuse. C'est comme un gros chat dont le ronronnement fait un vrai bruit de chaudière. C'est quand même impressionnant de se dire que l'on caresse un guépard. Il a un pelage très doux et c'est très interessant de voir de près cet animal qui a la vitesse et la puissance pour chasser les antilopes et presque tous les animaux de ce style. Alors qu'il est beaucoup plus petit.

On remercie beaucoup notre guide. il nous explique qu'ici nous sommes dans un parc privé. La grosse partie de leur revenu provient des productions de films cinématographiques ou publicitaires pour lesquels ils louent des animaux qui servent de figurants. Ils ont fait notamment un film publicitaire pour la 309 en Espagne ou la Renault 19 en France, un spot avec Claude lelouch. Mais comme ils ont beaucoup de demande du public et notamment des écoles pour venir visiter le parc, ils sont en train de l'aménager de facon plus exploitable. Car ici aussi les enfants urbanisés ne savent plus très bien comment sont les animaux et il faut qu'ils viennent dans ce genre de parc pour voir un lapin ou un lion. Il y a une cage avec des lapins où on laisse les enfants jouer par petits groupes.

Après avoir encore vivement remercié notre guide, on reprend la voiture direction Arrare.

On arrive à Arrare à la nuit tombante. On passe à l'agence Europcar pour négocier l'heure de retour de la voiture demain matin. Ils nous laissent jusqu'à 10h, alors qu'on l'avait prise à 7h. On trouve ensuite un hotel.

On aterrit à l'hotel Elizabeth. Il semble être dans un quartier assez chaud. Il y a plein de noirs dans les rues aux abords de l'hotel. Il y a un bar dans notre hotel qui semble être bien fréquenté si ce n'est en qualité au moins en quantité à juger par le monde à la porte et le volume de la musique qui en sort. On nous loue deux chambres au deuxième étage. Les chambres sont grandes et propres. Bien que très simples. On ne perd pas une miette de l'ambiance du bar dont le bruit monte par la cour intérieur. La nuit s'annonce bruyante. On ne croise que des noirs dans les couloirs. J'essaie de téléphoner à Tina la soeur de Ka‹n une amie de Pascale qui habite à Arrare. Mais cela ne répond pas chez elle. On a hésité à passer aujourd'hui dans leur proprité familiale mais on a pas eu le courage de faire les kilomètres supplémentaires que cela imposait d'autant plus que l'accueil au téléphone que j'avais eu en appelant avant de Paris, avait été assez mitigé.

On ressort pour faire un petit tour de la ville. On voit l'immeuble du parlement. Qui à l'origine a été construit pour abriter un hotel. On voit aussi la cathédrale qui a été construite par dessus l'ancienne église. Qui avait été construite en 1890 et f–t la première église de la ville qui s'appelait Salisbury. C'est quand même fou de voir cette ville qui n'existait pas il y a un siècle et qi est devenue une grande capitale urbaine en si peu de temps et en partant de rien.

On voit aussi la Cecil House, baptisée ainsi en l'honneur de Sir Cecil le premier ministre britannique de l'époque. On voit le jardin public qui avait été dessiné en forme d'Union Jack, le drapeau britannique. Il a été rebaptisé Africa Unit Square en l'honneur de la réunion des deux partis noirs d'abord ennemis qui une fois unis ont permis l'indépendance du Zimbabwe : le Zanu et le Zapu.

La vilel dans son ensemble nous donne une impression d'assez propre et moderne. Il y a pas mal de gratte ciels très moderne au milieu des immeubles plus classiques. Cela ne fait pas tellement ville africaine hors mis tous les noirs que l'on voit partout. Les blancs sont peu visibles.

On va diner au restaurant le Ramambo. C'est un restaurant très sympa sur le thème du safari. Il y a des photos d'animaux. Des trophées en guise de décor, un mobilier en gros bois rustique. Avec notamment des chaises hautes et lourdes, magnifiques. Il y a des belles peaux de bêtes un peu partout.

Je commande une bière et une soupe de gibier. On prend un cabernet merlot très bon. La carte propose des tas de gibiers de la savane. Je porte mon choix sur du zèbre, mais comme il n'y en a plus je me rabats sur un oiseau. Qui s'avère très bon servi avec des champignons et des petits légumes en forme d'avocat, un peu filandreux et pas mauvais. Comme c'est aujourd'hui mon anniversaire j'ai le plaisir d'être invité ce soir.

Et en plus pour marquer le coup les filles qui veulent toujours se coucher tôt sont prêtes à aller boire un verre dans un bar avant de rentrer à l'hotel. Mais on sillonnne la ville avec la voiture à la recherche d'un bar, sans en trouver un qui satisfasse les critères des uns et des autres. Au point que c'est moi qui finit par m'assoupir dans la voiture pendant que l'on tourne.

On finit par renoncer et par rentrer à l'hotel Elizabeth.

En fait on réalise que le bar de l'hotel bat son plein et que l'on a cherché loin ce que l'on avait tout prêt. On rentre dans le bar pour voir comment est l'ambiance. C'est bondé avec de la musique mi africaine, mi techno. Il n'y a que des noirs et notre arrivée de 4 blancs ne passe pas inapercue. Les filles ont bien s–r pas mal de succès. Mais les garçons aussi. J'ai trois hommes qui me tournent autour et Jérôme n'en a pas moins. L'embétant c'est qu'ils sentent assez mauvais, entre les odeurs d'alcool, de vomi, et de noir, cela fait un mélange subtil.

On commande un verre. C'est la première fois que je vois dans une boite de nuit le serveur revenir alors que je lui ai commandé un gin tonic. Il revient avec une bouteille de schweppes d'une main et une bouteille de bière contenant du gin de l'autre et il m'explique qu'il est désolé mais la maison ne dispose pas de verre pour faire le gin tonic. Donc je dois boire alternativement une gorgée de chaque bouteille.

Je me fait draguer de près par un type assez pressant. Et je me retrouve dans le role d'une femme courtisée qui a envie de s'amuser donc pas envie de dissuader trop son soupirant tout en devant maintenir une distance minimum pour ne pas que l'autre devienne trop pressant. En l'occurence mon partenaire est très bien fichu et danse très bien. La musique est excellente afro. Il y a assez peu de filles. Ou tout du moins sur la piste de danse car il parait qu'elles sont assisent dans el fond de la boite attendant leur homme qui se défoulent.

On monte se coucher vers 1h du matin ce qui est un record. On passe par la porte de la boite qui donne dans la cage d'escalier de l'hotel.

Dimanche 3 mars

Je me réveille vers 7h, je vais prendre un bain dans la sale de bains commune. Ce n'est pas très propre, il n'y a pas de bouchon pour fermer la baignoire hors-mis un morceau de tissu roulé en boule et l'eau n'est pas très chaude. Mais c'est mieux que rien et on n'a pas le choix car il n'y a pas de douche et l'autre baignoire est occupée. J'ai cherché à trouver une autre solution et suis même entré par mégarde dans la salle de bains des femmes, provoquant quelques gloussements plutôt amusés.

On descend petit déjeuner, là non plus on ne semble pas avoir le choix c'est oeuf bacon et saucisse. Moi cela me va très bien mais aux autres moins.

On est dans la voiture avant 9h, après avoir laissé nos bagages en dépot à la reception. On va à Mdebé le quartier qui d'après les guides est le plus authentique d'Arrare et le seul à peu près animé le Dimanche.

En effet là bas on se gare à coté du marché. On le parcourt un peu dans tous les sens. Il est très étendu avec plein de stands qui vendent de tout. Cela va des fruits légumes, aux appareils hifi en passant par les vétements. J'hésite un peu devant un chapeau en peau de léopard. Mais je ne sais vraiment pas ce que j'en ferai à Paris. Les filles ne trouvent pas de grand tissu pour faire des nappes. Ils sont tous limités à 1m20 de large. Et en plus ils ne sont pas très beaux.

Après avoir fait le tour du marché on va dépenser nos derniers dollars Zim dans un magasin d'artisanat en face du marché. Il y a aussi des tas de petits étals avec tous les objets souvenirs statues et ustensiles divers. J'achète un petit éléphant en bois pour ma filleule et une petite moto en fil de fer marrante. Jérôme s'est laissé tenté par une grosse statuette qui pèse bien 5kg à porter en bagages à main!

On a dépensé tous nos zims au point que l'on a du mal à en trouver pour payer le gamin qui nous a gardé notre voiture. Mais Agnès a encore des reserves/

On va chez Europcar pour rendre la voiture. Ils ne nous facturent que le prix de la location sur une semaine et pas le prix de l'assurance, d'où une substantielle économie par rapport à ce que j'avais prédit (120 dollars x7) Ils nous proposent en plus de nous conduire à l'aéroport.

En attendant qu'il soit l'heure, on va faire un petit tour dans le parc où on est passé hier soir. On ne voit pas plus ce qui selon le guide est censé évoquer les chutes Victoria et les gorges du Zambèse. On fait une petite sieste à l'ombre des arbres. Car le soleil cogne.

Puis on va visiter le musée de la National Gallery.

National Gallery On passe devant le club de bowling local où on voit des gens jouer à une espèce de pétanque sur herbe avec des grosses boules.

A la National Gallery alors que l'on se demandait comment on allait négocier nos entrées sans zim dollars dans nos poches. Le gardien nous propose de nous laisser rentrer gratuitement si on lui paye un verre après!

Dans le musée on voit quelques tableaux de peintre européens au rez de chaussée répartis dans une grande pièce. Puis au premier étage il y a des oeuvres africaines plus interessantes. Mais pour cela devient vraiment inaccessible les musées.

Puis on retourne chez Europcar où un chauffeur nous emmène à l'aéroport en passant par notre hotel pour récupérer nos bagages.

On arrive suffisamment en avance à l'aéroport pour que je puisse écrire sur une feuille empruntée au kiosque à journaux et agrafée sans enveloppe, un joyeux anniversaire à Basile.

On doit aussi payer une taxe d'aéroport de 20 dollars US à laquelle on ne s'attendait pas. Alors que c'est 20 zim dollars pour les résidents.

On monte dans un Airbus qui nous emmène en 1h30 à Johannesburg. Là on doit attendre cinq heures en transit.

J'en profite pour me raser ma barbiche de six semaines aux toilettes. Je vais la regretter car c'était sympa de la sentir pousser sous mes doigts. On achète aussi des poufs en peau d'antilope au duty free shop. Au niveau du magasin des alcools ils doivent avoir des accors particuliers car il n'y a pratiquement qu'une seule marque: KVW.

Quelques cassettes plus tard notre vol est prêt à embarquer. En montant dans l'avion je regrette d'avoir oublié de demander si je pouvais être surclassé. Car tant qu'à faire d'être seul puisque j'ai choisi d'être en fumeur pour avoir un hublot à droite, d'où j'espère que l'on pourra voir le lever du soleil.

Je fais un diner très sympa seul près de mon hublot avec gin tonic et vin que je trouve très bon.

Vers 3h du matin en cherchant les toilettes à l'arière je découvre trois couchettes surperposées. Je m'allonge sur la plus basse. Jusquà ce que je sois désolé par un membre de l'équipage qui m'explique que ce sont leur couchettes pour après leur service, donc dans peu de temps.

Je retourne à ma place pour y terminer la nuit. Heureusement le siège voisin est vide donc je peux m'allonger en chien de fusil.

Lundi 4 mars

On arrive à Orly avec un légerretard. Après être passé à Zurich.

Comme j'aime tant faire, je prends un taxi direct pour la tour Descartes et je décline l'offre du général Lafont qui raccompagne les autres. On se quitte donc devant le distributeur où je prendre de l'argent. J'ai troqué dans les toilettes de l'avion ma tenue crade contre un pantalon bleu pas trop défroissée une chemise et une cravate.

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